{"id":2063,"date":"1964-12-01T00:00:00","date_gmt":"1964-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-45-n-12-decembre-1964-le-sept-centieme-anniversaire-du-parlement\/"},"modified":"2022-10-17T16:07:47","modified_gmt":"2022-10-17T16:07:47","slug":"vol-45-n-12-decembre-1964-le-sept-centieme-anniversaire-du-parlement","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-45-n-12-decembre-1964-le-sept-centieme-anniversaire-du-parlement\/","title":{"rendered":"Vol. 45, N\u00b0 12 &#8211; D\u00e9cembre 1964 &#8211; Le sept centi\u00e8me anniversaire du Parlement"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Dans leur long cheminement vers la forme id\u00e9ale de gouvernement autonome, les hommes devaient inventer plusieurs sortes d&rsquo;assembl\u00e9es et de parlements.<\/p>\n<p>L&rsquo;ann\u00e9e 1965 marquera le sept centi\u00e8me anniversaire de la naissance du parlement anglais, anc\u00eatre du r\u00e9gime parlementaire pratiqu\u00e9 au Canada. Cet \u00e9v\u00e9nement capital survenait cinquante ans \u00e0 peine apr\u00e8s un autre fait d\u00e9cisif dans la conqu\u00eate de la libert\u00e9\u00a0: la signature de la <em>Grande Charte<\/em>.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le monument distinctif du monde occidental n&rsquo;est pas une colonne comme celles qui ornaient le Forum romain, ni un temple comparable \u00e0 ceux de l&rsquo;ancienne Gr\u00e8ce, ni une usine enti\u00e8rement automatique, ni m\u00eame un immense gratte-ciel. C&rsquo;est une petite cabine faite de draps tendus sur un s\u00e9choir dans un sous-sol quelconque ou de tableaux noirs dispos\u00e9s autour d&rsquo;un pupitre d&rsquo;\u00e9colier ou encore de vieux panneaux publicitaires formant \u00e9cran devant le comptoir d&rsquo;un magasin inoccup\u00e9, et qu&rsquo;on appelle l&rsquo;isoloir, c&rsquo;est-\u00e0-dire le petit coin isol\u00e9 o\u00f9 les hommes et les femmes libres expriment leur volont\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Le parlement \u00e9lu de cette fa\u00e7on n&rsquo;est pas n\u00e9 du jour au lendemain. Il plonge profond\u00e9ment ses racines dans des traditions et des coutumes fort anciennes, et il a surv\u00e9cu \u00e0 beaucoup d&rsquo;orages et d&rsquo;assauts. La \u00ab\u00a0grande assembl\u00e9e\u00a0\u00bb des rois saxons avec leurs conseillers trouve son pendant \u00e0 notre \u00e9poque dans le discours du tr\u00f4ne du Parlement canadien, de m\u00eame que dans l&rsquo;adresse en r\u00e9ponse \u00e0 ce discours et dans les d\u00e9bats qui s&rsquo;ensuivent.<\/p>\n<p>On dit souvent du parlement britannique qu&rsquo;il est \u00ab\u00a0la m\u00e8re des parlements\u00a0\u00bb. C&rsquo;est juste en ce sens qu&rsquo;il a servi de mod\u00e8le aux parlements de la plupart des pays du monde. Partout o\u00f9 ils se sont \u00e9tablis, les colons britanniques ont apport\u00e9 la conviction qu&rsquo;ils se devaient d&rsquo;avoir un parlement \u00e0 eux. Les pionniers qui d\u00e9barqu\u00e8rent en Am\u00e9rique avaient, pour ainsi dire, le parlementarisme dans leurs effets, car la premi\u00e8re Charte de la Virginie, sign\u00e9e par le roi Jacques 1er, assurait aux \u00e9migrants \u00ab\u00a0les m\u00eames libert\u00e9s, privil\u00e8ges et immunit\u00e9s que s&rsquo;ils habitaient et \u00e9taient n\u00e9s dans le royaume qui est le n\u00f4tre\u00a0\u00bb, et l&rsquo;Acte de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique de 1867 conf\u00e9rait \u00ab\u00a0tous les pouvoirs, attributions et fonctions\u00a0\u00bb au gouvernement du Canada.<\/p>\n<p>Pour bien comprendre les origines de tout cela, il importe de remonter aux premiers si\u00e8cles de l&rsquo;Angleterre, \u00e0 ses conflits avec la Couronne, ses luttes pour la libert\u00e9 de parole et toutes les \u00ab\u00a0immunit\u00e9s et privil\u00e8ges\u00a0\u00bb que le Pr\u00e9sident de la Chambre des communes du Canada revendique encore officiellement du repr\u00e9sentant de la Reine et qu&rsquo;il octroie encore express\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;ouverture de chaque session du Parlement.<\/p>\n<p>La d\u00e9mocratie est une entreprise noble et difficile. Nous y sommes parvenus nous-m\u00eames par une longue et laborieuse \u00e9volution. Elle ne nous a pas \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e\u00a0: nous y avons en quelque sorte grandi et nous l&rsquo;avons \u00e9difi\u00e9e autour de nous au cours des vingt g\u00e9n\u00e9rations qui se sont succ\u00e9d\u00e9 depuis sept si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Pourquoi et comment la chose s&rsquo;est-elle produite\u00a0? Il semble que l&rsquo;Angleterre ait acc\u00e9d\u00e9 beaucoup plus t\u00f4t que ses voisins au stade de l&rsquo;existence nationale par opposition \u00e0 celui de l&rsquo;existence f\u00e9odale ou communale. \u00c0 partir de 1265, les Anglais \u00e9tendent graduellement les pouvoirs du peuple. Au seizi\u00e8me si\u00e8cle, les grandes lignes du parlement commencent vaguement \u00e0 se dessiner, et il est fait mention de la Chambre des communes comme d&rsquo;une institution importante dans les d\u00e9p\u00eaches des ambassadeurs. D\u00e8s le dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, il est nettement \u00e9tabli que la souverainet\u00e9 doit r\u00e9sider dans la personne du roi en parlement et non pas dans la personne du roi seul ou du roi en conseil.<\/p>\n<h3>Le gouvernement<\/h3>\n<p>Le gouvernement a pris naissance dans la vie familiale des temps anciens. Partout o\u00f9 des \u00eatres humains vivent ensemble, il y a quelqu&rsquo;un qui commande, quelqu&rsquo;un qui donne des directives. Lorsque les familles se sont r\u00e9unies en tribus, un des membres de la soci\u00e9t\u00e9 en est devenu le chef. Ce n&rsquo;est que petit \u00e0 petit que les hommes ont appris qu&rsquo;on pouvait mieux r\u00e9soudre les difficult\u00e9s en raisonnant \u00e0 plusieurs qu&rsquo;en s&rsquo;en remettant au jugement d&rsquo;un seul.<\/p>\n<p>Les id\u00e9es se d\u00e9velopp\u00e8rent avec les espoirs. On commen\u00e7a \u00e0 se demander, comme les \u00e9lecteurs doivent encore le faire aujourd&rsquo;hui\u00a0: Que voulons-nous de la vie\u00a0? Dans quelle mesure le gouvernement peut-il contribuer \u00e0 rendre notre vie heureuse\u00a0? Quelle sorte de gouvernement sera le meilleur\u00a0? Quelles qualit\u00e9s devons-nous exiger de ceux qui composent le gouvernement\u00a0?<\/p>\n<p>Tous les gouvernements, anciens et actuels, ont une chose en commun\u00a0: le pouvoir. Leur pouvoir est de trois sortes\u00a0: le pouvoir l\u00e9gislatif ou pouvoir d&rsquo;\u00e9laborer des lois\u00a0; le pouvoir ex\u00e9cutif ou pouvoir de faire appliquer les lois\u00a0; le pouvoir judiciaire ou pouvoir de juger ceux qui sont accus\u00e9s de violer la loi.<\/p>\n<p>La meilleure forme de gouvernement est celle o\u00f9 ces divers pouvoirs tendent \u00e0 assurer \u00e0 chaque citoyen la possibilit\u00e9 de mener une vie agr\u00e9able, s\u00fbre et paisible, et de jouir en s\u00e9curit\u00e9 de ses biens et de sa libert\u00e9.<\/p>\n<p>Par-del\u00e0 les si\u00e8cles, nous entendons encore la voix du divin Platon nous murmurer que, somme toute, le gouvernement id\u00e9al est le gouvernement par des hommes de bien. Et Churchill nous donne la version moderne de cette doctrine en disant\u00a0: \u00ab\u00a0Nous \u00e9tions ainsi parvenus \u00e0 ces vastes et heureux hauts lieux o\u00f9 tout est r\u00e9gl\u00e9 pour le plus grand bien du plus grand nombre par le bon jugement de la majorit\u00e9 apr\u00e8s consultation de tous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>La libert\u00e9 d\u00e9mocratique<\/h3>\n<p>Le mot \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb est un terme riche des plus beaux espoirs de l&rsquo;homme. Il se fonde sur la conception de la libert\u00e9 politique selon laquelle la libert\u00e9 individuelle n&rsquo;est limit\u00e9e que par l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9galit\u00e9, principe qui s&rsquo;est lentement \u00e9labor\u00e9 dans l&rsquo;esprit des hommes au cours des \u00e2ges.<\/p>\n<p>La d\u00e9mocratie est pour nous la forme de gouvernement des gens libres et droits qui se font gloire de se gouverner et qui se gouvernent effectivement eux-m\u00eames. Les lois \u00e9clair\u00e9es et les justes restrictions qu&rsquo;adopte leur gouvernement librement \u00e9lu ne sont pas des entraves \u00e0 leur libert\u00e9. Apr\u00e8s avoir mentionn\u00e9 la libert\u00e9 de la personne et des biens, la libert\u00e9 de la presse, le droit de ne pouvoir \u00eatre jug\u00e9 que suivant les termes pr\u00e9cis de la loi et la libert\u00e9 de religion, Voltaire faisant l&rsquo;\u00e9loge de la constitution anglaise, dans son <em>Dictionnaire philosophique<\/em>, ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;ose dire que si on assemblait le genre humain pour faire des lois, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on les ferait pour sa s\u00fbret\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces lois, qui ont co\u00fbt\u00e9 tant de peines et d&rsquo;efforts, n&rsquo;ont vu le jour et n&rsquo;existent encore aujourd&rsquo;hui que gr\u00e2ce au gouvernement parlementaire et d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Il est vrai que la notion m\u00eame de d\u00e9mocratie est n\u00e9e \u00e0 Ath\u00e8nes il y a 2,400 ans, mais le mot et la chose se limitaient alors \u00e0 certaines classes de la soci\u00e9t\u00e9. Au cours des 750 derni\u00e8res ann\u00e9es, nous avons mis au point un r\u00e9gime de gouvernement dans lequel tout citoyen adulte a droit \u00e0 une voix dans le choix de ceux qui seront charg\u00e9s de gouverner de fa\u00e7on \u00e0 assurer la bonne administration de l&rsquo;\u00c9tat et le bien-\u00eatre de la population.<\/p>\n<p>Il nous faut croire \u00e0 la d\u00e9mocratie, sinon quelle option nous resterait-il\u00a0? Nous ne pouvons vivre heureux ensemble dans le monde actuel que si nous sommes empress\u00e9s \u00e0 prot\u00e9ger notre propre libert\u00e9 et soucieux de la libert\u00e9 de tous les autres. Aldous Huxley nous donne un avertissement salutaire dans <em>Retour au meilleur des mondes<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Les jeunes gens qui ont si pi\u00e8tre opinion de la d\u00e9mocratie combattront peut-\u00eatre pour d\u00e9fendre la libert\u00e9. Le cri de \u00ab\u00a0Donnez-moi la t\u00e9l\u00e9vision et des saucisses chaudes, mais ne m&rsquo;assommez pas avec les responsabilit\u00e9s de l&rsquo;ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb fera peut-\u00eatre place, dans des circonstances diff\u00e9rentes, \u00e0 celui de \u00ab\u00a0La libert\u00e9 ou la mort.\u00a0\u00bb L&rsquo;\u00e9ducation d\u00e9mocratique doit viser \u00e0 produire des hommes et des femmes qui seront capables de sauvegarder l&rsquo;autonomie de l&rsquo;\u00c9tat parce qu&rsquo;ils auront appris \u00e0 se gouverner eux-m\u00eames et \u00e0 se ma\u00eetriser.<\/p>\n<h3>La Grande Charte<\/h3>\n<p>Un demi-si\u00e8cle avant l&rsquo;av\u00e8nement du premier parlement, dont on c\u00e9l\u00e9brera le sept centi\u00e8me anniversaire en 1965, avait lieu la signature de la <em>Magna Carta<\/em>. Par un jour d&rsquo;orage de 1215, sur un \u00eelot mar\u00e9cageux des environs de Runnymede, un groupe de barons r\u00e9volt\u00e9s arrachaient au roi Jean la promesse de respecter \u00e0 l&rsquo;avenir la loi du pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ici commence l&rsquo;histoire de la nation anglaise\u00a0\u00bb, nous dit lord Macaulay. Ce qui pr\u00e9c\u00e8de n&rsquo;est que le r\u00e9cit des m\u00e9faits perp\u00e9tr\u00e9s et subis par diverses tribus. D\u00e9sormais, la nation poss\u00e8de un texte constitutionnel qui, malgr\u00e9 toutes les vicissitudes, conservera toujours son identit\u00e9, une constitution dont s&rsquo;inspireront toutes les constitutions d\u00e9mocratiques du monde par la suite.<\/p>\n<p>La Charte, qui repr\u00e9sente l&rsquo;un des documents les plus importants dans la longue histoire du gouvernement des peuples, avait pour but de restreindre le pouvoir du roi et de garantir certaines libert\u00e9s. Elle marque la transition entre l&rsquo;\u00e9poque des droits traditionnels, inscrits dans la m\u00e9moire de la nation, et l&rsquo;\u00e9poque des lois \u00e9crites et des parlements.<\/p>\n<p>Il existe au <em>British Museum <\/em>un exemplaire de la Charte, ab\u00eem\u00e9 par le temps et par le feu, mais le sceau royal est toujours suspendu au parchemin jauni et dess\u00e9ch\u00e9. Ce sceau a maintenant re\u00e7u la sanction solennelle de la communaut\u00e9 des pays d\u00e9mocratiques de tout l&rsquo;univers. Sur le cairn comm\u00e9moratif de Runnymede on peut lire cette inscription\u00a0: \u00ab\u00a0En ce lieu, le 15 juin 1215, le roi Jean c\u00e9dant aux instances des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la population tout enti\u00e8re du royaume, apposa sa signature \u00e0 la Grande Charte, premier des documents constitutionnels \u00e9dict\u00e9s pour confirmer des traditions anciennes et v\u00e9n\u00e9r\u00e9es, redresser les abus, faciliter l&rsquo;administration de la justice, \u00e9tablir de nouvelles dispositions pour la sauvegarde de la paix et assurer \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 \u00e0 chaque citoyen la libre jouissance de sa vie et de ses biens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Le Parlement<\/h3>\n<p>Le mot \u00ab\u00a0parlement\u00a0\u00bb appara\u00eet dans la langue anglaise d\u00e8s le XIIIe si\u00e8cle. Il a d&rsquo;abord le sens de d\u00e9bat, puis de conf\u00e9rence officielle et enfin de grands conseils comme en tenaient les Plantagenet. En fran\u00e7ais, <em>parlement <\/em>d\u00e9signe une assembl\u00e9e de gens qui discutent ou d\u00e9lib\u00e8rent\u00a0; mais, \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XIIIe si\u00e8cle, c&rsquo;est aussi le nom que l&rsquo;on donne aux sessions de la cour du roi. L&rsquo;acception d&rsquo;assembl\u00e9e politique est reprise \u00e0 l&rsquo;anglais vers 1825, et aujourd&rsquo;hui le mot a la m\u00eame signification dans les deux langues.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;origine m\u00eame des parlements est beaucoup plus ancienne. Il y avait chez les Anglo-Saxons ce qu&rsquo;on appelait le <em>folkmoot<\/em>, assembl\u00e9e du peuple, et le <em>shire moot<\/em>, assembl\u00e9e de comt\u00e9 ou des citoyens du comt\u00e9. Au-dessus de ces assembl\u00e9es si\u00e9geait le <em>witenagemot<\/em>, assembl\u00e9e des sages de qui le roi prenait conseil en mati\u00e8re de loi et de gouvernement. \u00c0 l&rsquo;arriv\u00e9e de Guillaume le Conqu\u00e9rant en Angleterre, en 1066, le principe selon lequel le roi ne doit gouverner qu&rsquo;avec l&rsquo;avis de ses conseillers est d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9tabli.<\/p>\n<p>Pourtant, il manque encore quelque chose pour assurer la permanence et la solidit\u00e9 du r\u00e9gime. Alors que la Grande Charte de 1215 visait surtout \u00e0 d\u00e9finir certains points de droit, les Provisions d&rsquo;Oxford, en 1258, et celles de Westminster, en 1259, cherchaient \u00e0 r\u00e9soudre la question primordiale de savoir avec l&rsquo;avis de qui et par l&rsquo;entremise de quels repr\u00e9sentants le gouvernement devait \u00eatre exerc\u00e9.<\/p>\n<p>Six ans plus tard, Simon de Montfort convoquait au fameux Parlement du 28 janvier 1265 cinq comtes et dix-huit barons, de nombreux membres du clerg\u00e9, deux chevaliers de chaque comt\u00e9 et deux citoyens de chacune des vingt et une villes d\u00e9sign\u00e9es. Bien qu&rsquo;on ne puisse pour autant clairement revendiquer pour Montfort le titre de \u00ab\u00a0fondateur de la Chambre des communes\u00a0\u00bb, qui lui est parfois attribu\u00e9, cette initiative n&rsquo;en constituait pas moins une \u00e9tape importante dans l&rsquo;histoire de son av\u00e8nement. Jamais encore la bourgeoisie ou les gens du peuple n&rsquo;avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la repr\u00e9sentation directe. Gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9volution silencieuse, la totalit\u00e9 des propri\u00e9taires fonciers se voyaient admis \u00e0 participer au gouvernement du royaume.<\/p>\n<p>Les luttes qui suivront et les conqu\u00eates post\u00e9rieures ne modifieront gu\u00e8re la structure r\u00e9elle de nos institutions politiques. Elles ne repr\u00e9sentent que les diverses phases de la rude discipline \u00e0 laquelle il a fallu nous soumettre pour apprendre comment utiliser au mieux et d\u00e9velopper les ressources latentes de notre vie nationale et comment r\u00e9gler l&rsquo;\u00e9quilibre de ses forces sociales et politiques suivant l&rsquo;\u00e9volution des temps et des circonstances.<\/p>\n<h3>Le fonctionnement du parlementarisme<\/h3>\n<p>Sous notre r\u00e9gime parlementaire, le pouvoir l\u00e9gislatif est contr\u00f4l\u00e9 par le parlement, compos\u00e9 du S\u00e9nat et de la Chambre des communes, le pouvoir ex\u00e9cutif par le cabinet et le pouvoir judiciaire par les tribunaux.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire du parlementarisme, nous dit un sp\u00e9cialiste, s&rsquo;identifie en grande partie avec celle des \u00e9tapes successives par lesquelles la Chambre des communes acquiert graduellement droit de regard sur les pouvoirs de la royaut\u00e9. Et pourtant, le souverain continue \u00e0 faire partie du parlement. La reine a le droit d&rsquo;\u00eatre tenue au courant de ce que fait le cabinet et de se faire communiquer tous les renseignements, m\u00eame les plus secrets, dont il dispose\u00a0; elle a aussi le droit de donner des avis et des avertissements au cabinet, m\u00eame si celui-ci n&rsquo;est pas oblig\u00e9 d&rsquo;en tenir compte.<\/p>\n<p>Le volume croissant des lois qui \u00e9manent de la Chambre des communes fait ressortir toute la valeur et l&rsquo;utilit\u00e9 du S\u00e9nat, o\u00f9 les d\u00e9bats sont toujours plus pond\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce qui serait grave, disait feu le s\u00e9nateur Moraud, dans sa r\u00e9ponse \u00e0 ceux qui en pr\u00e9conisaient l&rsquo;abolition, \u00ab\u00a0ce ne serait pas la disparition du S\u00e9nat lui-m\u00eame, mais l&rsquo;an\u00e9antissement de la protection que par sa nature m\u00eame cet organisme assure aux minorit\u00e9s et au r\u00e9gime social \u00e9tabli.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le Cabinet, qui se compose des ministres choisis au sein du parti ayant la majorit\u00e9 \u00e0 la Chambre des Communes, est l&rsquo;une des caract\u00e9ristiques les plus importantes du r\u00e9gime parlementaire. Le XVIIe si\u00e8cle avait d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait impossible de gouverner sans la collaboration de la Chambre des communes\u00a0; l&rsquo;exp\u00e9rience acquise au XVIIIe si\u00e8cle avait prouv\u00e9 que cette collaboration ne pouvait subsister que si le roi choisissait ses ministres dans les rangs du parti dominant de la Chambre. C&rsquo;est pendant la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle que devait s&rsquo;accro\u00eetre dans une tr\u00e8s large mesure le pouvoir du Cabinet et se produire un certain d\u00e9calage du centre de gravit\u00e9 des forces politiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;Opposition officielle fait partie int\u00e9grante du r\u00e9gime parlementaire. Le seul moyen pour un \u00eatre humain de conna\u00eetre le tout d&rsquo;une question est encore d&rsquo;\u00e9couter ce qu&rsquo;en disent des personnes de toutes les opinions. Au sein de l&rsquo;unit\u00e9 de ceux qui croient au r\u00e9gime parlementaire, il peut et doit exister une diversit\u00e9 de pens\u00e9es sur beaucoup de points.<\/p>\n<p>L&rsquo;Opposition constitue un critique s\u00e9v\u00e8re de la politique du gouvernement tout en \u00e9veillant l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du public pour les questions discut\u00e9es.<\/p>\n<p>Cependant, le r\u00f4le de l&rsquo;opposition n&rsquo;est pas exclusivement n\u00e9gatif. Elle doit avoir des solutions de rechange valables \u00e0 offrir aux projets du gouvernement. Il lui faut conserver un sens tr\u00e8s vif du jour sous lequel appara\u00eet la politique \u00e0 ceux qui ne sont pas sur la colline du Parlement.<\/p>\n<p>Les partis politiques repr\u00e9sentent un autre organe essentiel du gouvernement parlementaire. L&rsquo;Encyclop\u00e9die <em>Britannica <\/em>nous dit avec une d\u00e9sinvolture assez \u00e9tonnante\u00a0: \u00ab\u00a0Le Parlement est un moteur qui a besoin, semble-t-il, d&rsquo;\u00eatre aliment\u00e9 par l&rsquo;esprit de parti pour fonctionner.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un parti politique est un groupe de personnes r\u00e9unies par des id\u00e9es ou une action communes, qui cherchent \u00e0 diriger les membres et la politique du gouvernement. La pr\u00e9sence de deux ou plusieurs partis en lice \u00e9carte le danger de la concentration permanente du pouvoir entre les mains d&rsquo;une seule \u00e9quipe de dirigeants. Le r\u00e8gne de la majorit\u00e9 n&rsquo;est tol\u00e9rable que parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit toujours d&rsquo;une majorit\u00e9 temporaire et rempla\u00e7able.<\/p>\n<p>Les partis politiques attireraient certes un plus grand nombre d&rsquo;adh\u00e9rents s&rsquo;ils s&rsquo;effor\u00e7aient d&rsquo;accorder une attention constante et intelligente aux questions en litige plut\u00f4t qu&rsquo;aux personnalit\u00e9s. Ils pourraient en r\u00e9alit\u00e9 accro\u00eetre leur prestige en adoptant, sans toujours les associer \u00e0 la politique de parti, des principes comme ceux de la tol\u00e9rance, du bon sens et de la logique du raisonnement. Quel contraste n&rsquo;y aurait-il pas alors avec le portrait des politiciens que brossait la princesse Victoria dans une lettre au roi des Belges\u00a0: \u00ab\u00a0Je d\u00e9plore profond\u00e9ment cette violence et cette lutte acharn\u00e9e, des deux c\u00f4t\u00e9s. On s&rsquo;irrite si inutilement de part et d&rsquo;autre en se traitant d&rsquo;idiots, de buses, de menteurs, etc., pour rien du tout.\u00a0\u00bb Et voici ce que lui r\u00e9pond le roi\u00a0: \u00ab\u00a0Il s&rsquo;en faut de beaucoup que les gens agissent en g\u00e9n\u00e9ral selon les exigences de leurs int\u00e9r\u00eats\u00a0; ils \u00e9coutent plus souvent la voix de leurs passions\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Le parlement actuel<\/h3>\n<p>Le probl\u00e8me qui se pose aujourd&rsquo;hui est d&rsquo;adapter les m\u00e9thodes parlementaires aux attributions changeantes des gouvernements. Le parlement, pas plus que les affaires, ne peut demeurer inchang\u00e9 d\u00e9cennie apr\u00e8s d\u00e9cennie. La structure et les habitudes de la soci\u00e9t\u00e9 se sont transform\u00e9es, le domaine de la responsabilit\u00e9 gouvernementale s&rsquo;est consid\u00e9rablement accru et les conditions, tant en ce qui concerne notre vie nationale que nos rapports avec les autres pays, ont \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment modifi\u00e9es par la r\u00e9volution scientifique.<\/p>\n<p>Quels que soient les changements adopt\u00e9s, et leur effet sera sans doute aussi salutaire que ceux du pass\u00e9, il y a certaines choses essentielles que nous devons conserver. Le prix de la libert\u00e9 consiste plus que jamais \u00e0 exercer la vigilance politique n\u00e9cessaire \u00e0 la sauvegarde des droits et des privil\u00e8ges du r\u00e9gime parlementaire. Il serait vraiment insens\u00e9 que l&rsquo;on exhume maintenant les pr\u00e9rogatives royales dont on a peu \u00e0 peu d\u00e9pouill\u00e9 les souverains au cours de la longue histoire de l&rsquo;\u00e9volution de la d\u00e9mocratie pour en parer les l\u00e9gislateurs.<\/p>\n<p>Rappelant comment les anciens empires ont perdu par apathie leurs libert\u00e9s si ch\u00e8rement acquises, George Hambleton \u00e9crivait en 1951\u00a0: \u00ab\u00a0Qui n&rsquo;avance pas recule. Et si nous reculons, des parlements faibles et h\u00e9sitants engendreront des formes de gouvernement oligarchiques, peu \u00e9loign\u00e9es de la tyrannie des rois m\u00e9di\u00e9vaux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les nombreuses manifestations publiques dont nous sommes t\u00e9moins aujourd&rsquo;hui dans plusieurs pays sont une preuve d&rsquo;anti-parlementarisme. Elles sont organis\u00e9es par des gens qui se passionnent pour toutes sortes de choses, depuis la bombe atomique et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 raciale jusqu&rsquo;aux probl\u00e8mes paroissiaux, mais qui n&rsquo;ont plus confiance dans l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;action politique. Leurs d\u00e9fil\u00e9s et leurs attroupements sont en d\u00e9finitive l&rsquo;expression d&rsquo;un d\u00e9faitisme aussi profond qu&rsquo;inconscient devant leur devoir de chercher \u00e0 agir sur les \u00e9v\u00e9nements. C&rsquo;est, comme dit le <em>Manchester Guardian<\/em>, \u00ab\u00a0l&rsquo;antipolitique de la protestation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Le r\u00f4le du public<\/h3>\n<p>La force de l&rsquo;opinion publique repr\u00e9sente le moyen de survie le plus s\u00fbr de la d\u00e9mocratie parlementaire. Les peuples qui sont parvenus \u00e0 exercer eux-m\u00eames la \u00ab\u00a0souveraine puissance\u00a0\u00bb ont le devoir de se munir de solides connaissances afin de pouvoir s&rsquo;acquitter avec sagesse et discernement des fonctions aff\u00e9rentes \u00e0 leur souverainet\u00e9. Et cela ne peut se faire sans maturit\u00e9 d&rsquo;esprit, sans libert\u00e9 et sans intelligence.<\/p>\n<p>Le danger le plus grand qui menace la d\u00e9mocratie est peut-\u00eatre l&rsquo;ignorance et l&rsquo;indiff\u00e9rence de l&rsquo;\u00e9lecteur ou du votant. Mais l&rsquo;\u00e9ducation politique ou d\u00e9mocratique d&rsquo;un peuple ne se fait pas toute seule ni m\u00eame par la lecture d&rsquo;ouvrages sur le civisme. Elle exige que les citoyens apprennent d\u00e8s leur jeunesse \u00e0 aimer la vie libre et ind\u00e9pendante qu&rsquo;offre le gouvernement parlementaire et \u00e0 reconna\u00eetre qu&rsquo;il leur incombe d&rsquo;en assurer la survie.<\/p>\n<p>Si le citoyen ne participe pas \u00e0 la vie du pays, s&rsquo;il ne lit pas, s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tudie pas les \u00e9v\u00e9nements et ne vote pas, quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre devra le faire \u00e0 sa place et il perdra sa libert\u00e9. \u00ab\u00a0Les droits et les privil\u00e8ges individuels\u00a0&#8230;, \u00e9crit Eisenhower dans <em>Croisade en Europe<\/em>, ne peuvent subsister que si le citoyen accepte de faire tout son devoir pour assurer le bien-\u00eatre de la nation qui le prot\u00e8ge dans l&rsquo;exercice de ces droits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comment le citoyen s&rsquo;acquittera-t-il de ses obligations\u00a0? En votant, en allant visiter le Parlement et en assistant au moins une fois dans sa vie aux d\u00e9bats\u00a0; en lisant les rapports officiels du Parlement et des livres sur le Parlement (on peut s&rsquo;en procurer la liste \u00e0 l&rsquo;Imprimerie nationale, \u00e0 Ottawa), en s&rsquo;int\u00e9ressant aux programmes et aux d\u00e9clarations des partis politiques\u00a0; en parlant quelquefois du Parlement.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, le gouvernement et les divers partis se doivent de veiller \u00e0 ce que les citoyens soient toujours renseign\u00e9s avec exactitude sur les affaires publiques.<\/p>\n<p>Une partie des renseignements n\u00e9cessaires nous sont fournis dans la publication o\u00f9 sont consign\u00e9es toutes les d\u00e9lib\u00e9rations des deux chambres du Parlement et que l&rsquo;on appelle commun\u00e9ment <em>Les D\u00e9bats <\/em>ou <em>Hansard<\/em>. Il y a aussi des chroniques et des comptes rendus p\u00e9riodiques dans les journaux et les revues, ainsi qu&rsquo;\u00e0 la radio et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Il n&rsquo;est pas exag\u00e9r\u00e9 de dire qu&rsquo;en mati\u00e8re d&rsquo;information le plus humble citoyen canadien d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est mieux au fait des grandes questions de la politique de l&rsquo;\u00e9tat que ne l&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9put\u00e9 ordinaire du XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime du gouvernement parlementaire \u00e9labor\u00e9 au prix de tant de peines au cours des sept cents ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es demeurera fort et prosp\u00e8re aussi longtemps que les chefs politiques garderont la conviction que le meilleur moyen de servir leurs propres int\u00e9r\u00eats est de rechercher ce qu&rsquo;il y a de plus avantageux pour leur pays et que les citoyens resteront fid\u00e8les \u00e0 leur devoir de choisir leurs gouvernants avec sagesse et de leur accorder l&rsquo;appui auquel ils ont droit.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[36],"class_list":["post-2063","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-36"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 45, N\u00b0 12 - D\u00e9cembre 1964 - Le sept centi\u00e8me anniversaire du Parlement - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-45-n-12-decembre-1964-le-sept-centieme-anniversaire-du-parlement\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 45, N\u00b0 12 - D\u00e9cembre 1964 - Le sept centi\u00e8me anniversaire du Parlement\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Dans leur long cheminement vers la forme id\u00e9ale de gouvernement autonome, les hommes devaient inventer plusieurs sortes d&rsquo;assembl\u00e9es et de parlements. 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