{"id":2025,"date":"1957-04-01T00:00:00","date_gmt":"1957-04-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/"},"modified":"2022-10-17T15:55:33","modified_gmt":"2022-10-17T15:55:33","slug":"vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","title":{"rendered":"Vol. 38, N\u00b0 4 &#8211; Avril 1957 &#8211; La conservation de notre sol"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Au cours de millions d&rsquo;ann\u00e9es,                     la nature a \u00e9tabli un certain \u00e9quilibre entre                     les r\u00e8gnes animal, v\u00e9g\u00e9tal et min\u00e9ral.                     Elle a li\u00e9 entre eux les divers \u00e9l\u00e9ments                     qui forment la surface de la terre en entrela\u00e7ant les                     radicelles des brins d&rsquo;herbe de nos prairies et les racines                     des arbres de nos for\u00eats. Les feuilles dont elle se                     d\u00e9pouille en automne retournent au sol d&rsquo;o\u00f9                     elles \u00e9taient sorties. <\/p>\n<p> Mais les hommes ont labour\u00e9 les prairies et d\u00e9frich\u00e9                     les for\u00eats. Ils ont rompu l&rsquo;\u00e9quilibre de la nature.                     Aujourd&rsquo;hui, notre terre est malade. <\/p>\n<p> Nous avions des ressources en abondance lorsque nos anc\u00eatres                     sont venus s&rsquo;\u00e9tablir dans notre pays. Mais nous avons                     fait comme les personnages d&rsquo;un th\u00e9 chez des fous dans                     <em>Alice au pays des merveilles<\/em>\u00a0: quand il n&rsquo;y avait                     plus de th\u00e9 ni de g\u00e2teaux aux places qu&rsquo;ils occupaient                     autour de la grande table, le chapelier et le li\u00e8vre                     de mars allaient s&rsquo;asseoir \u00e0 d&rsquo;autres places. Lorsque                     Alice demanda ce qui arrivait quand ils revenaient au point                     de d\u00e9part, le li\u00e8vre de mars proposa de changer                     de sujet. <\/p>\n<p> Nous avons lutt\u00e9 \u00e0 longueur de si\u00e8cle                     pour arracher la terre \u00e0 la nature, mais notre conqu\u00eate                     a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sastreuse. La nature ne se soumet                     pas volontiers \u00e0 la conqu\u00eate, et on peut lire                     aujourd&rsquo;hui le triste r\u00e9cit de notre \u00ab\u00a0victoire\u00a0\u00bb                     dans la d\u00e9gradation des terres agricoles, l&rsquo;ensablement                     des p\u00e2turages et le d\u00e9peuplement des campagnes.                     Point n&rsquo;est besoin d&rsquo;aller chercher des exemples dans les                     d\u00e9serts de l&rsquo;Asie Mineure, o\u00f9 l&rsquo;on comptait                     jadis 500 villes florissantes, soutenues par une excellente                     agriculture\u00a0; il suffit de faire une heure de voiture                     \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de n&rsquo;importe quelle ville canadienne                     pour d\u00e9couvrir les premiers indices de l&rsquo;\u00e9puisement                     de notre sol. <\/p>\n<p> Il serait injuste de bl\u00e2mer nos premiers colons, comme                     on le fait si souvent. Ils n&rsquo;avaient pas nos connaissances                     scientifiques. Leur seul moyen de survivre \u00e9tait peut-\u00eatre                     d&rsquo;abattre les arbres afin de pouvoir cultiver la terre. Il                     fut un temps o\u00f9 l&rsquo;on croyait que les terres foresti\u00e8res                     \u00e9taient destin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;agriculture. Et                     il y eut des \u00e9poques, au d\u00e9but de la colonie,                     o\u00f9 les vivres \u00e9taient difficiles \u00e0 trouver.                   <\/p>\n<p> Mais c&rsquo;est l\u00e0 de l&rsquo;histoire ancienne. L&rsquo;eau et le                     vent ont d\u00e9pouill\u00e9 de sa couche fertile la terre                     laiss\u00e9e sans protection, et, si cette destruction s&rsquo;est                     poursuivie jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours, c&rsquo;est \u00e0 notre                     n\u00e9gligence et non pas \u00e0 l&rsquo;action de nos a\u00efeux                     que le mal est imputable. <\/p>\n<p> Une partie de nos terres en labour n&rsquo;auraient jamais d\u00fb                     \u00eatre livr\u00e9es \u00e0 la charrue, et nous devrions                     les rendre \u00e0 la for\u00eat et aux herbages. Certaines                     de nos terres agricoles ont besoin d&rsquo;\u00eatre reconstitu\u00e9es                     organiquement si l&rsquo;on veut qu&rsquo;elles continuent \u00e0 assurer                     le bien-\u00eatre de leurs propri\u00e9taires. D&rsquo;autres                     r\u00e9clament des soins pour pouvoir \u00e9chapper \u00e0                     la ruine. Tout notre sol demande \u00e0 \u00eatre exploit\u00e9                     avec prudence et m\u00e9thode. <\/p>\n<p> Et en quoi, direz-vous, cela concerne-t-il les citadins\u00a0?                     Tout simplement en ceci que la prosp\u00e9rit\u00e9 de                     l&rsquo;agriculture est une condition essentielle de la bonne marche                     des affaires, du commerce et de l&rsquo;industrie, et de la sant\u00e9                     de la population. <\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9rosion humaine<\/h3>\n<p> Que repr\u00e9sente en fait pour nous-m\u00eames la d\u00e9t\u00e9rioration                     de la terre\u00a0? L&rsquo;un des r\u00e9sultats auxquels aboutit                     le manque de conservation est d&rsquo;abaisser le niveau de la vie                     et d&rsquo;entra\u00eener cette \u00e9rosion humaine qui se manifeste                     dans les diverses maladies par carence et la faim dissimul\u00e9e.                     On peut concevoir que si le gaspillage du meilleur de la terre                     se continue au rythme actuel, nous aurons bient\u00f4t \u00e0                     faire face non pas \u00e0 la lutte pour les march\u00e9s,                     mais \u00e0 la lutte pour la nourriture. <\/p>\n<p> La sant\u00e9 est tellement importante pour nous qu&rsquo;il                     serait sage de notre part de d\u00e9penser un peu plus pour                     conna\u00eetre notre sol et veiller \u00e0 ce qu&rsquo;il soit                     florissant, et de d\u00e9penser un peu moins pour nos maladies,                     qui ne sont souvent que les signes ext\u00e9rieurs d&rsquo;une                     insuffisance vitale du sol, ignor\u00e9e dans bien des cas.                   <\/p>\n<p> En consid\u00e9rant la sant\u00e9, on court le risque                     de se tromper si l&rsquo;on s\u00e9pare les hommes des animaux                     et des plantes. Tous font partie int\u00e9grante du m\u00eame                     cycle de nutrition qui r\u00e9git toutes les cellules vivantes.                     Le tapis de verdure de la terre est l&rsquo;une des principales                     sources de la nourriture que consomment le b\u00e9tail et                     l&rsquo;esp\u00e8ce humaine. <\/p>\n<p> Cette id\u00e9e universelle de l&rsquo;unit\u00e9 de la nature                     est un champ d&rsquo;\u00e9tude relativement nouveau. Dans son                     rapport au gouvernement de l&rsquo;Ontario, une commission d&rsquo;enqu\u00eate                     sur la conservation disait, en 1950, qu&rsquo;il existait aux \u00c9tats-Unis                     neuf centres o\u00f9 s&rsquo;effectuaient des recherches sur les                     relations entre le sol et la sant\u00e9 humaine, tandis                     qu&rsquo;au Canada on n&rsquo;avait encore fait que tr\u00e8s peu de                     chose dans cet important domaine. <\/p>\n<p> La science a maintenant tourn\u00e9 les yeux vers une                     voie qui conduit peut-\u00eatre \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration                     de la race humaine. Les plantes jouent le r\u00f4le d&rsquo;interm\u00e9diaires\u00a0;                     elles tirent de la terre avec leur s\u00e8ve des substances                     chimiques et les changent en compos\u00e9s dont se servent                     les animaux pour constituer leur chair, leur sang et leurs                     os. En faisant porter leur effort sur la production d&rsquo;aliments                     d&rsquo;une haute valeur nutritive, les savants poursuivent un noble                     but. <\/p>\n<h3>La conservation<\/h3>\n<p> La conservation consiste \u00e0 employer nos ressources                     naturelles avec sagesse et mesure. Elle n&rsquo;est pas l&rsquo;affaire                     des hommes de science seuls ni des cultivateurs seuls, mais                     notre affaire \u00e0 tous. <\/p>\n<p> Pour le cultivateur, la conservation se fait par des m\u00e9thodes                     m\u00e9caniques, comme le labourage, pour ralentir l&rsquo;\u00e9coulement                     de l&rsquo;eau, ou par des m\u00e9thodes chimiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire                     l&rsquo;incorporation dans le sol de mati\u00e8res qui en accroissent                     la fertilit\u00e9. Dans l&rsquo;application de ces proc\u00e9d\u00e9s,                     le cultivateur re\u00e7oit des directives d\u00e9taill\u00e9es                     du Minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture, \u00e0 Ottawa, de                     son minist\u00e8re provincial et de son agronome. <\/p>\n<p> Quand la terre perd sa fertilit\u00e9, il y a certaines                     mesures peu compliqu\u00e9es \u00e0 prendre\u00a0: apport                     d&rsquo;engrais et de mati\u00e8re organique\u00a0; pratique des                     cultures herbag\u00e8res\u00a0; assolements et rotations.                     Pour sauver le sol, il est n\u00e9cessaire de retenir l&rsquo;eau                     de pluie, de retarder l&rsquo;\u00e9coulement des eaux, de freiner                     l&rsquo;\u00e9rosion par le vent, de recourir \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation                     et aux moyens de conservation m\u00e9caniques. <\/p>\n<p> La plupart des m\u00e9thodes de conservation sont assez                     simples. Elles consistent seulement \u00e0 adapter les op\u00e9rations                     agricoles ordinaires \u00e0 la voie de la nature. Il ne                     s&rsquo;agit pas de remettre tout notre pays en herbe et en for\u00eat,                     mais nous devons utiliser l&rsquo;herbe et les arbres aux endroits                     voulus et aux moments opportuns. <\/p>\n<p> Les hauteurs sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables,                     parce que c&rsquo;est l\u00e0 que commence le ruissellement de                     l&rsquo;eau. Aussi la premi\u00e8re chose \u00e0 faire pour                     combattre l&rsquo;\u00e9coulement et l&rsquo;\u00e9rosion est-elle                     de cr\u00e9er un puissant \u00e9cran d&rsquo;herbe ou d&rsquo;arbres                     pour retenir et absorber l&rsquo;eau des pluies \u00e0 la partie                     sup\u00e9rieure des pentes. <\/p>\n<p> Quelle est exactement la gravit\u00e9 de cette question\u00a0?                     Elle constitue l&rsquo;un des grands probl\u00e8mes du jour. <\/p>\n<p> Les autorit\u00e9s du Canada central, qui ont le souci                     de la conservation, proc\u00e8dent actuellement \u00e0                     un inventaire en vue de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer et                     prot\u00e9ger la terre sur laquelle les premiers colons                     blancs s&rsquo;\u00e9tablirent en 1842, il y a tout juste 115                     ans. <\/p>\n<p> M. Georges Maheux, de l&rsquo;Universit\u00e9 Laval, disait                     au cours d&rsquo;une r\u00e9union de la Soci\u00e9t\u00e9                     Royale, en juin dernier, que le Canada a besoin d&rsquo;un programme                     de conservation pour mettre fin au \u00ab\u00a0gaspillage alarmant\u00a0\u00bb                     de nos ressources naturelles. <\/p>\n<p> Et M. B. T. Dickson, qui fit ses premi\u00e8res \u00e9tudes                     aux universit\u00e9s Queen et McGill, affirmait \u00e0                     l&rsquo;Acad\u00e9mie am\u00e9ricaine pour l&rsquo;avancement des                     sciences\u00a0: \u00ab\u00a0Nous devons aujourd&rsquo;hui nous demander                     s&rsquo;il sera possible, malgr\u00e9 toutes les connaissances                     technologiques dont nous disposons, de subvenir aux besoins                     alimentaires de la population avec les sources d&rsquo;approvisionnement                     existantes. <\/p>\n<h3>Il n&rsquo;en reste que les deux tiers<\/h3>\n<p> Nous avons d\u00e9pass\u00e9 le stade o\u00f9 nous                     consid\u00e9rions les plantes et la v\u00e9g\u00e9tation                     comme des ressources in\u00e9puisables, mais nous ne comprenons                     pas encore parfaitement \u00e0 quel point la couche arable                     peut \u00eatre p\u00e9rissable. Sur les pentes des Vosges,                     le sol que l&rsquo;eau a entra\u00een\u00e9 dans la vall\u00e9e                     pendant la saison de culture est soigneusement recueilli dans                     des hottes, au cours de l&rsquo;automne et de l&rsquo;hiver, et rapport\u00e9                     \u00e0 dos d&rsquo;homme dans les champs, o\u00f9 on le remet                     en place. Des autorit\u00e9s en la mati\u00e8re affirment                     que les \u00c9tats-Unis, qui ont \u00e9difi\u00e9 leur                     civilisation sur neuf pouces de terre arable, ont d\u00e9j\u00e0                     perdu le tiers de ce sol. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;y a pas lieu cependant de voir les choses en noir\u00a0;                     nous n&rsquo;avons aucune raison d&rsquo;abandonner la partie. On nous                     a trop bien avertis pour qu&rsquo;il nous soit possible d&rsquo;\u00e9carter                     la question comme n&rsquo;\u00e9tant pas digne d&rsquo;attention, mais                     nous devons nous rappeler qu&rsquo;elle exige une attention active.                   <\/p>\n<p> Ce que nous demandons \u00e0 la terre, c&rsquo;est qu&rsquo;elle serve                     de base au niveau de vie le plus \u00e9lev\u00e9 possible                     pour la population canadienne. \u00c0 notre \u00e9poque                     de technologie, nous sommes port\u00e9s \u00e0 compter                     sur notre ing\u00e9niosit\u00e9 pour compenser notre gaspillage.                     Mais les technologues eux-m\u00eames doivent manger, et nous                     ne sommes pas encore s\u00fbrs qui la synth\u00e8se permettra                     de r\u00e9pondre aux besoins essentiels de l&rsquo;alimentation.                     Quoi qu&rsquo;il en soit, si nous n&rsquo;avons pas su sauver nos sources                     naturelles d&rsquo;aliments, qui nous dit que nous aurons la sagesse                     de faire bon usage de nos sources chimiques. <\/p>\n<p> Il reste cependant que nous pouvons nous servir de la technologie                     pour accro\u00eetre les ressources agricoles en augmentant                     le rendement du sol. <\/p>\n<h3>Quelques indices<\/h3>\n<p> Une grande partie de notre sol est marqu\u00e9e de cicatrices                     profondes, preuves \u00e9videntes de notre n\u00e9gligence                     \u00e0 appliquer des mesures de conservation. Mais il est                     d&rsquo;autres signes, qui n&rsquo;apparaissent qu&rsquo;aux yeux de l&rsquo;observateur\u00a0:                     les centaines d&rsquo;acres de r\u00e9coltes rabougries r\u00e9sultant                     de la perte de fertilit\u00e9 subie par le sol. <\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9rosion par l&rsquo;eau attaque surtout les terres en                     pente. L&rsquo;eau entra\u00eene le sol par couches (\u00e9rosion                     en nappes), le sillonne de petits ruisselets (\u00e9rosion                     en ruisselets) ou y creuse de profonds ravins (ravinement).                     L&rsquo;\u00e9rosion par le vent ronge les plaines comme les pentes.                     Toutes deux sont dues \u00e0 la destruction de la couverture                     v\u00e9g\u00e9tale. <\/p>\n<p> En remplissant un seau de l&rsquo;eau qui s&rsquo;\u00e9coule d&rsquo;un                     champ en culture et en la laissant reposer, on constate que                     la boue ainsi recueillie contient jusqu&rsquo;\u00e0 25 p. 100                     de sol v\u00e9ritable. Prenons un exemple pr\u00e9cis\u00a0:                     le d\u00e9bit maximum de l&rsquo;\u00e9coulement de l&rsquo;eau le                     long des ar\u00eates bois\u00e9es d&rsquo;une section de la r\u00e9gion                     des Appalaches, durant un peu plus de trois ans, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9                     que de six pieds cubes par seconde et par mille carr\u00e9,                     tandis qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 de 403 pieds cubes par seconde                     et par mille carr\u00e9 sur les terres agricoles abandonn\u00e9es                     et de 785 pieds cubes sur les p\u00e2turages ravin\u00e9s.                   <\/p>\n<p> Dans une autre section d&rsquo;exp\u00e9rimentation, les pertes                     se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es encore plus alarmantes.                     Avec une quantit\u00e9 de pluie annuelle de 35 pouces, sur                     une pente de 8 p. 100, l&rsquo;eau a arrach\u00e9 69 tonnes de                     sol en un an dans un champ enti\u00e8rement d\u00e9nud\u00e9                     par la culture, alors que dans un champ prot\u00e9g\u00e9                     par une r\u00e9colte \u00e0 grande densit\u00e9, les                     pertes n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 en moyenne que de\u00a0.3 tonnes.                     Les sp\u00e9cialistes de l&rsquo;\u00e9tude du sol estiment                     que dans un champ compl\u00e8tement mis \u00e0 nu par                     la culture il ne faut que 16 ans pour voir dispara\u00eetre                     sept pouces de sol de surface, mais qu&rsquo;il faudrait 3,900 ans                     \u00e0 un champ prot\u00e9g\u00e9 pour perdre la m\u00eame                     couche superficielle. <\/p>\n<p> Ces exemples n&rsquo;ont pas seulement un int\u00e9r\u00eat                     abstrait\u00a0; ils mettent au grand jour un probl\u00e8me                     aussi r\u00e9el que vital. Un relev\u00e9 de l&rsquo;\u00e9rosion                     du sol et de l&rsquo;utilisation de la terre, fait par le Coll\u00e8ge                     d&rsquo;agriculture d&rsquo;Ontario et la Ferme exp\u00e9rimentale centrale,                     sur une \u00e9tendue de 22,000 acres, dans le comt\u00e9                     de Durham, a permis de d\u00e9terminer sous forme de statistiques                     dans quel \u00e9tat se trouvent actuellement des terres                     agricoles jadis consid\u00e9r\u00e9es comme bonnes. Soixante-trois                     p. 100 du terrain a subi une certaine \u00e9rosion, ainsi                     r\u00e9partie\u00a0: \u00e9rosion l\u00e9g\u00e8re,                     27 p. 100\u00a0; \u00e9rosion moyenne, 24 p. 100\u00a0;                     \u00e9rosion s\u00e9rieuse, 6 p. 100\u00a0; \u00e9rosion                     tr\u00e8s s\u00e9rieuse, 6 p. 100. <\/p>\n<h3>La goutte de pluie<\/h3>\n<p> Les chansons et les histoires nous ont appris d\u00e8s                     notre enfance \u00e0 consid\u00e9rer la goutte de pluie                     comme un bienfait. C&rsquo;est peut-\u00eatre pour cela qu&rsquo;il nous                     a \u00e9t\u00e9 si difficile de croire qu&rsquo;elle pouvait                     d\u00e9truire notre sol. <\/p>\n<p> Chaque goutte de pluie qui tombe sur la terre d\u00e9nud\u00e9e                     agit \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;une bombe miniature. Elle                     fait jaillir des particules de sol au point d&rsquo;impact. Elle                     tient le sol en suspension, favorisant ainsi son \u00e9rosion                     par l&rsquo;eau de ruissellement. Elle tasse la surface et forme                     une esp\u00e8ce de cro\u00fbte qui rend l&rsquo;infiltration                     \u00e0 peu pr\u00e8s impossible. <\/p>\n<p> Cette imperm\u00e9abilisation de la surface nuit \u00e0                     l&rsquo;a\u00e9ration, d\u00e9truit la vie des vers et entrave                     l&rsquo;action microbienne \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du sol. L&rsquo;\u00e9rosion                     due au battage du sol par la pluie peut arracher et emporter                     les petites substances organiques si importantes pour la sant\u00e9                     de la terre. Selon le rapport pr\u00e9sent\u00e9 au gouvernement                     de l&rsquo;Ontario, \u00ab\u00a0un pouce de pluie peut d\u00e9placer                     100 tonnes de sol par acre\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> L&rsquo;effet exerc\u00e9 par le choc des gouttes de pluie est                     confirm\u00e9 par les essais effectu\u00e9s \u00e0 la                     Ferme exp\u00e9rimentale centrale \u00e0 Ottawa. La r\u00e9partition                     et l&rsquo;intensit\u00e9 des temp\u00eates de pluie sont des                     facteurs beaucoup plus importants que la quantit\u00e9 totale                     de l&rsquo;eau tomb\u00e9e. Au cours d&rsquo;une saison de culture,                     on a enregistr\u00e9 une perte de 28.7 tonnes de sol par                     acre dans un champ de ma\u00efs situ\u00e9 sur une pente                     de dix pour cent, tandis que l&rsquo;ann\u00e9e suivante, avec                     une pr\u00e9cipitation totale presque identique mais plus                     \u00e9tal\u00e9e, la perte subie dans le m\u00eame champ                     n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 que 2.3 tonnes par acre. Une autre exp\u00e9rience                     a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que durant les p\u00e9riodes                     des pluies les plus intenses, l&rsquo;eau qui coule \u00e0 la                     surface des terrains arides repr\u00e9sente de 75 \u00e0                     95 p. 100 de la tomb\u00e9e de pluie. <\/p>\n<h3>Utilisation abusive de la terre<\/h3>\n<p> Il ne faut pas en conclure que tout le mal caus\u00e9                     par l&rsquo;\u00e9rosion vient de la pauvre petite goutte de pluie.                     Elle n&rsquo;est vraiment nuisible que lorsqu&rsquo;elle tombe brutalement                     sur un sol d\u00e9pouill\u00e9 par l&rsquo;homme du manteau                     protecteur dont la nature l&rsquo;avait recouvert. <\/p>\n<p> Quelques-unes des terres foresti\u00e8res que nous avons                     d\u00e9bois\u00e9es sont impropres \u00e0 la culture\u00a0;                     seules quelques familles \u00e0 bout de ressources y tirent                     tout juste de quoi vivre d&rsquo;un sol \u00e9rod\u00e9 que                     rien ne saurait rendre fertile. Certaines terres ont \u00e9t\u00e9                     \u00e9goutt\u00e9es d&rsquo;une fa\u00e7on peu judicieuse,                     et leur exploitation, m\u00eame si elle \u00e9tait tr\u00e8s                     bien conduite, ne permettrait pas \u00e0 leurs propri\u00e9taires                     de se procurer les n\u00e9cessit\u00e9s de l&rsquo;existence.                     Enfin, un certain nombre de terres ont souffert du \u00ab\u00a0sur-p\u00e2turage\u00a0\u00bb,                     de sorte que la s\u00e9cheresse et l&rsquo;\u00e9rosion par                     l&rsquo;eau y causent maintenant des ravages consid\u00e9rables.                   <\/p>\n<p> Le mauvais usage des sols est le fruit de l&rsquo;ignorance et                     de l&rsquo;indiff\u00e9rence. Les efforts consacr\u00e9s actuellement                     \u00e0 faire l&rsquo;inventaire de notre sol suffiront sans doute                     \u00e0 rem\u00e9dier au premier de ces maux\u00a0; quant                     au second, on peut le gu\u00e9rir par l&rsquo;\u00e9ducation                     et, au besoin, par la r\u00e9glementation. <\/p>\n<p> Conscient de la n\u00e9cessit\u00e9 de recueillir des                     renseignements sur les sols, le Canada a institu\u00e9,                     vers 1941, une commission nationale de prospection et de classification                     des sols. Les provinces font des relev\u00e9s approfondis                     des comt\u00e9s, bassins hydrographiques et autres divisions                     territoriales. Le minist\u00e8re de l&rsquo;Am\u00e9nagement                     et du D\u00e9veloppement de la province d&rsquo;Ontario a publi\u00e9                     plusieurs \u00e9tudes sur la conservation, pr\u00e9par\u00e9es                     en collaboration par le Coll\u00e8ge d&rsquo;agriculture d&rsquo;Ontario                     et la Ferme exp\u00e9rimentale centrale du Canada. Au d\u00e9but                     de cette ann\u00e9e, le S\u00e9nat a charg\u00e9 un                     comit\u00e9 de 26 membres de faire une enqu\u00eate g\u00e9n\u00e9rale                     sur l&rsquo;utilisation des terres au Canada. <\/p>\n<p> Quelle sera l&rsquo;utilit\u00e9 pratique de ces inventaires                     de notre sol\u00a0? La mise \u00e0 profit des constatations                     auxquelles ils aboutiront contribuera sans doute \u00e0                     assurer un meilleur peuplement des terres, \u00e0 fournir                     aux cultivateurs de pr\u00e9cieux renseignements pour l&rsquo;exploitation                     de leurs fermes et \u00e0 guider les gouvernements provinciaux                     dans la constitution de r\u00e9serves foresti\u00e8res.                   <\/p>\n<p> Les recherches sur les sols permettront de d\u00e9terminer                     l&rsquo;esp\u00e8ce, le rendement et la qualit\u00e9 des plantes                     que l&rsquo;on peut r\u00e9colter, selon diverses m\u00e9thodes                     d&rsquo;exploitation, dans diff\u00e9rentes sortes de sol. <\/p>\n<p> Jusqu&rsquo;\u00e0 ces derniers temps encore, les cultivateurs,                     les horticulteurs et les sylviculteurs apprenaient \u00e0                     conna\u00eetre le sol en proc\u00e9dant par t\u00e2tonnements,                     avec tout ce que cela comporte d&rsquo;\u00e9checs et de soucis.                     Aujourd&rsquo;hui, les sp\u00e9cialistes de l&rsquo;\u00e9tude du                     sol formulent des th\u00e9ories et donnent des avis sur                     le comportement des sols dans diverses circonstances. <\/p>\n<p> Mais ce que l&rsquo;inventaire et le savant d\u00e9couvrent                     et nous pr\u00e9sentent comme de bonnes choses, il faut                     que les particuliers le mettent en pratique. La prise de conscience                     personnelle est le commencement de la conservation, et seul                     un sens actif de la responsabilit\u00e9 collective peut                     en assurer le plein succ\u00e8s. <\/p>\n<p> Les principes de la conservation trouvent un excellent milieu                     de diffusion dans les mouvements comme celui des soci\u00e9t\u00e9s                     de conservation, des clubs 4-H, des cercles de jeunes naturalistes,                     etc. Les scouts canadiens ont adopt\u00e9 la conservation                     pour mot d&rsquo;ordre en 1956. Plus de neuf millions d&rsquo;enfants,                     au Canada et aux \u00c9tats-Unis, appartenaient aux clubs                     Audubon en 1952. <\/p>\n<h3>Oeuvre de collaboration<\/h3>\n<p> Il est plus facile de pr\u00eacher la conservation que                     de l&rsquo;appliquer. L&rsquo;enseignement, les recherches et l&rsquo;organisation                     ne sont pas suffisants. Il faut les compl\u00e9ter et les                     mettre \u00e0 ex\u00e9cution au moyen de programmes d&rsquo;action.                   <\/p>\n<p> Nous ne pourrons conserver effectivement nos ressources                     si chacun agit \u00e0 sa guise et dans son seul int\u00e9r\u00eat                     sur sa parcelle de terrain. La conservation est une t\u00e2che                     nationale, provinciale et sociale en m\u00eame temps qu&rsquo;un                     probl\u00e8me personnel. <\/p>\n<p> Pour ne mentionner qu&rsquo;un exemple du caract\u00e8re social                     de la conservation, songeons au fait que les bornes de la                     nature ne co\u00efncident pas toujours avec celles des propri\u00e9t\u00e9s                     fonci\u00e8res. L&rsquo;unit\u00e9 de base o\u00f9 doit s&rsquo;exercer                     la conservation est souvent une vall\u00e9e qui peut compter                     jusqu&rsquo;\u00e0 une centaine de fermes. Un bon programme, fond\u00e9                     sur le travail en terrasses ou les courbes de niveau, ne peut                     pas respecter les cl\u00f4tures. <\/p>\n<p> Les exigences de la nature ne cadrent pas non plus avec                     les limites des diverses branches du savoir. Les chercheurs                     de plusieurs disciplines scientifiques &#8211; \u00e9conomistes,                     biologistes, botanistes, chimistes, physiciens, agronomes                     et plusieurs autres &#8211; doivent mettre en commun leurs d\u00e9couvertes                     et leurs recommandations. Les m\u00e9thodes de conservation                     concert\u00e9es qui en r\u00e9sulteront ne seront pas                     l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un homme ni d&rsquo;une discipline, mais d&rsquo;un groupement                     ou d&rsquo;un ensemble. <\/p>\n<h3>Un programme d&rsquo;action<\/h3>\n<p> Cet expos\u00e9 du probl\u00e8me de la destruction du                     sol et de ses causes ne veut pas \u00eatre une chambre des                     horreurs destin\u00e9e uniquement \u00e0 nous faire frissonner.                     S&rsquo;il nous pr\u00e9sente un tableau plut\u00f4t sombre de                     la situation, c&rsquo;est pour mieux nous faire voir les obstacles                     que nous avons \u00e0 vaincre pour faire un bon usage de                     notre sol. <\/p>\n<p> Il est temps que les Canadiens commencent \u00e0 pratiquer                     l&rsquo;\u00e9conomie du sol. Les terres vierges que l&rsquo;on trouvait                     encore au Canada il y a un si\u00e8cle constituaient une                     tr\u00e8s riche r\u00e9serve, mais elle est maintenant                     bien entam\u00e9e. <\/p>\n<p> Le travail de conservation accompli au cours des vingt-cinq                     derni\u00e8res ann\u00e9es semble peu de chose \u00e0                     c\u00f4t\u00e9 de tout ce qui reste \u00e0 faire, mais                     il est encourageant. Nous avons agi comme des adolescents                     n\u00e9s de parents riches et indulgents, mais nous commen\u00e7ons                     \u00e0 faire preuve de sagesse et de pr\u00e9voyance.                   <\/p>\n<p> Nous devons conserver les avantages acquis, changer les                     m\u00e9thodes qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es                     inutilement co\u00fbteuses et dangereuses, et ma\u00eetriser                     les forces nouvelles ou nous assurer leur concours. <\/p>\n<p> Il convient que l&rsquo;opinion publique appuie tous les efforts                     entrepris en faveur de cette oeuvre vitale. Il serait peut-\u00eatre                     bon aussi que les doyens des facult\u00e9s d&rsquo;agriculture                     de nos universit\u00e9s tiennent des colloques pour faire                     un examen approfondi et objectif des besoins, des m\u00e9thodes                     et des solutions. Ce serait rendre un grand service au pays,                     un service qu&rsquo;aucun autre groupe ne pourrait nous assurer                     avec le m\u00eame d\u00e9sint\u00e9ressement. Leurs conclusions                     seraient accept\u00e9es par la majeure partie de la population                     et pourraient servir \u00e0 diriger le travail de collaboration                     national, provincial ou municipal. <\/p>\n<p> La t\u00e2che de maintenir l&rsquo;harmonie de la nature et de                     la r\u00e9tablir lorsqu&rsquo;il y a lieu m\u00e9rite certes                     que nos hommes de science y consacrent leurs meilleurs talents                     et que chaque Canadien s&rsquo;efforce d&rsquo;en comprendre l&rsquo;importance                     et d&rsquo;en assurer le succ\u00e8s. <\/p>\n<p> Nous avons tous des int\u00e9r\u00eats dans cette entreprise,                     car il y a moins loin que nous ne le pensons entre la goutte                     de pluie qui fait jaillir le sol sur le sommet pel\u00e9                     d&rsquo;une colline et la perte d&rsquo;une ferme tout enti\u00e8re.                   <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[29],"class_list":["post-2025","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-29"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.5 (Yoast SEO v27.5) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 38, N\u00b0 4 - Avril 1957 - La conservation de notre sol - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 38, N\u00b0 4 - Avril 1957 - La conservation de notre sol\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Au cours de millions d&rsquo;ann\u00e9es, la nature a \u00e9tabli un certain \u00e9quilibre entre les r\u00e8gnes animal, v\u00e9g\u00e9tal et min\u00e9ral. Elle a li\u00e9 entre eux les divers \u00e9l\u00e9ments qui forment la surface de la terre en entrela\u00e7ant les radicelles des brins d&rsquo;herbe de nos prairies et les racines des arbres de nos for\u00eats. Les feuilles dont [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-10-17T15:55:33+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"18 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\\\/\",\"name\":\"Vol. 38, N\u00b0 4 - Avril 1957 - La conservation de notre sol - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"1957-04-01T00:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2022-10-17T15:55:33+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\\\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 38, N\u00b0 4 - Avril 1957 - La conservation de notre sol - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 38, N\u00b0 4 - Avril 1957 - La conservation de notre sol","og_description":"Au cours de millions d&rsquo;ann\u00e9es, la nature a \u00e9tabli un certain \u00e9quilibre entre les r\u00e8gnes animal, v\u00e9g\u00e9tal et min\u00e9ral. Elle a li\u00e9 entre eux les divers \u00e9l\u00e9ments qui forment la surface de la terre en entrela\u00e7ant les radicelles des brins d&rsquo;herbe de nos prairies et les racines des arbres de nos for\u00eats. Les feuilles dont [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","og_site_name":"RBC","article_modified_time":"2022-10-17T15:55:33+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"18 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","name":"Vol. 38, N\u00b0 4 - Avril 1957 - La conservation de notre sol - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1957-04-01T00:00:00+00:00","dateModified":"2022-10-17T15:55:33+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 38, N\u00b0 4 &#8211; Avril 1957 &#8211; La conservation de notre sol","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[],"creator":[],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1957-04-01T00:00:00Z","datePublished":"1957-04-01T00:00:00Z","dateModified":"2022-10-17T15:55:33Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 38, N\\u00b0 4 &#8211; Avril 1957 &#8211; La conservation de notre sol\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-38-n-4-avril-1957-la-conservation-de-notre-sol\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[],\"creator\":[],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1957-04-01T00:00:00Z\",\"datePublished\":\"1957-04-01T00:00:00Z\",\"dateModified\":\"2022-10-17T15:55:33Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/","display_name":""},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 69 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 4 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 avril 1957","modified":"Mise \u00e0 jour le 17 octobre 2022"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 avril 1957 12:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 17 octobre 2022 3:55  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1957\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1957<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1957<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2025","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/87"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2025\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2025"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2025"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2025"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2025"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}