{"id":2020,"date":"1952-04-01T00:00:00","date_gmt":"1952-04-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/avril-1952-le-vocabulaire\/"},"modified":"2025-05-30T17:30:41","modified_gmt":"2025-05-30T17:30:41","slug":"avril-1952-le-vocabulaire","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/avril-1952-le-vocabulaire\/","title":{"rendered":"Avril 1952 &#8211; Le vocabulaire"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/avril1952.pdf\" data-dig-id=\"LP-Uncategorized-2020-d1d0f291\" data-dig-category=\"LP-Uncategorized\" data-dig-action=\"link click\" data-dig-label=\"T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF\" class=\"rbc-link-format standalone-pdf\" data-icon-class=\"standalone-pdf\">T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF<\/a><\/p>\n\n\n<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Le ma\u00eetre d&rsquo;Esope, car Esope                     \u00e9tait un esclave, lui ordonna un jour de pr\u00e9parer                     un festin pour des amis qui d\u00e9siraient manger ce qu&rsquo;il                     y a de meilleur au monde. Esope n&rsquo;acheta que des langues qu&rsquo;il                     fit accommoder \u00e0 toutes les sauces. <\/p>\n<p> Au troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me plat, les convives                     s&rsquo;\u00e9cri\u00e8rent\u00a0: \u00ab\u00a0Quoi\u00a0! encore                     de la langue\u00a0!\u00a0\u00bb Et Esope, qui avait la sienne bien                     pendue, n&rsquo;eut pas de peine \u00e0 les convaincre de tout                     le bien que la langue \u00e9tait capable de faire. \u00ab\u00a0Eh                     bien,\u00a0\u00bb lui dit son ma\u00eetre, \u00ab\u00a0donne-nous demain                     ce qu&rsquo;il y a de pire.\u00a0\u00bb Le lendemain, Esope ne fit servir                     encore que des langues, disant que la langue est la pire chose                     qui soit au monde, car elle est la m\u00e8re de tous les                     d\u00e9bats, la nourrice de tous les proc\u00e8s\u00a0;                     que si elle est l&rsquo;organe de la v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est                     aussi celui de l&rsquo;erreur et, qui pis est, de la calomnie. <\/p>\n<p> Nous nous en tiendrons, dans ce Bulletin, \u00e0 l&rsquo;usage                     que nous faisons de notre langue comme organe de la v\u00e9rit\u00e9                     et de la raison, dans nos rapports journaliers avec nos semblables,                     au moyen de la multitude de mots dont nous ne sentons peut-\u00eatre                     pas toujours l&rsquo;importance, la force et la beaut\u00e9. <\/p>\n<p> Le si\u00e8cle dans lequel nous vivons portera sans doute                     le nom d&rsquo;Age atomique, mais nous pourrions tout aussi bien                     l&rsquo;appeler l&rsquo;Age de la parole. Nous sommes continuellement                     inond\u00e9s par un d\u00e9luge de paroles et de mots                     que r\u00e9pandent la radio, les livres, les journaux, la                     correspondance et les orateurs. Nous sommes tellement submerg\u00e9s                     par les mots que nous avons souvent la sensation d&rsquo;\u00eatre                     noy\u00e9s par eux et emport\u00e9s par leur tourbillon.                   <\/p>\n<p> Essayons de lutter contre le courant et examinons froidement                     tout ce verbiage. <\/p>\n<h3>Notre pr\u00e9cieux h\u00e9ritage<\/h3>\n<p> C&rsquo;est le langage qui nous distingue des animaux. Sans le                     langage, nous ressemblerions aux chiens ou aux \u00e2nes,                     et c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 lui que nous sommes des \u00eatres                     humains, capables de bien ou de mal et dou\u00e9s d&rsquo;une                     haute intelligence. Priv\u00e9s du langage, nous serions                     incapables de raisonner. Les mots sont les pierres avec lesquelles                     nous avons b\u00e2ti notre civilisation. <\/p>\n<p> Ce sont les gens du peuple comme vous et moi qui font le                     langage, car le langage est par-dessus tout d\u00e9mocratique.                     Les savants l&rsquo;enrichissent et le cultivent, mais c&rsquo;est de                     son origine populaire qu&rsquo;il tire sa vigueur et sa nourriture.                     \u00c0 mesure que nous \u00e9prouvons le besoin d&rsquo;exprimer                     de nouvelles id\u00e9es, le langage grandit, et les nouvelles                     id\u00e9ologies ainsi que les nouvelles conditions d&rsquo;existence                     font na\u00eetre des mots nouveaux et de nouvelles phrases.                   <\/p>\n<p> Comme l&rsquo;a si bien dit un auteur am\u00e9ricain, le langage                     n&rsquo;est pas \u00ab\u00a0l&rsquo;oeuvre abstraite des savants ou des lexicographes,                     mais il \u00e9mane du travail, des besoins, des liens, des                     joies, des affections, des go\u00fbts de longues g\u00e9n\u00e9rations                     d&rsquo;\u00eatres humains et il est assis sur des bases solides,                     tout pr\u00e8s du sol.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Puisque nous, les gens du peuple, sommes les possesseurs                     et les cr\u00e9ateurs du langage, il convient de nous consid\u00e9rer                     h\u00e9ritiers de son glorieux pass\u00e9, d\u00e9positaires                     de son pr\u00e9sent et gardiens de son avenir. Il nous convient                     \u00e9galement d&rsquo;en bien user. <\/p>\n<p> Ceux qui ont r\u00e9ellement conscience de l&rsquo;importance                     du langage sont mieux \u00e0 m\u00eame de l&#8217;embellir et                     de le renforcer. Un \u00e9crivain du si\u00e8cle dernier                     a dit que le langage est l&rsquo;ambre dans lequel des milliers                     de pens\u00e9es subtiles et pr\u00e9cieuses ont \u00e9t\u00e9                     ench\u00e2ss\u00e9es, et qu&rsquo;il a pr\u00e9serv\u00e9                     des milliers d&rsquo;\u00e9tincelles de g\u00e9nie qui, bien                     que tr\u00e8s brillantes, auraient p\u00e9ri aussi rapidement                     que la lueur du tonnerre. <\/p>\n<p> Pourquoi parlons-nous ou \u00e9crivons-nous\u00a0? Pour                     beaucoup de raisons. Pour d\u00e9crire des objets ou des                     \u00e9v\u00e9nements, exprimer nos sentiments, persuader,                     exhorter, expliquer, plaire, faire la causette, et souvent                     pour nous sentir moins seuls. Et la principale raison qui                     nous pousse \u00e0 parler ou \u00e9crire est de transmettre                     les id\u00e9es de notre esprit \u00e0 l&rsquo;esprit des autres.                   <\/p>\n<h3>Les pens\u00e9es sont des mots<\/h3>\n<p> Nous avons besoin de mots m\u00eame pour nous parler \u00e0                     nous-m\u00eames. Nos plus simples id\u00e9es, comme le                     choix d&rsquo;un restaurant pour d\u00e9jeuner, l&rsquo;achat d&rsquo;une                     cravate bleue ou verte, etc., sont formul\u00e9es dans notre                     esprit au moyen de mots. L&rsquo;auteur qui invente un nouveau mot                     est oblig\u00e9 d&rsquo;en expliquer le sens par d&rsquo;autres mots                     qui nous sont d\u00e9j\u00e0 familiers. <\/p>\n<p> Attendu que les mots jouent un r\u00f4le si essentiel dans                     notre vie, il importe de les \u00e9tudier avec soin, de                     les appr\u00e9cier \u00e0 leur juste valeur, d&rsquo;en faire                     le meilleur usage et de comprendre toute leur puissance. Le                     langage a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 une \u00e9p\u00e9e                     \u00e0 deux tranchants, qui peut aider l&rsquo;homme \u00e0                     faire des conqu\u00eates, et avec laquelle il peut aussi                     se blesser gravement. <\/p>\n<p> La communication est la cha\u00eene qui nous relie \u00e0                     nos voisins, \u00e0 nos associ\u00e9s, aux habitants des                     autres villes, des autres provinces et de tous les pays du                     monde. Les mots, \u00e9crits ou parl\u00e9s, sont les                     maillons dor\u00e9s de cette cha\u00eene. <\/p>\n<p> Le principal objet de la communication est de se faire comprendre.                     Rien n est plus infructueux que de se r\u00e9pandre en mots                     incompr\u00e9hensibles pour ceux qui les \u00e9coutent.                   <\/p>\n<p> C&rsquo;est principalement \u00e0 cela que nous devons veiller                     en parlant ou en \u00e9crivant. Si ce que nous disons pr\u00eate                     \u00e0 double sens ou fait se demander aux gens, \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce                     qu&rsquo;il veut dire\u00a0?\u00a0\u00bb, nous avons manqu\u00e9 notre                     but. <\/p>\n<p> Il y a des mots qui produisent un grand effet sur nous tandis                     que d&rsquo;autres nous laissent indiff\u00e9rents. La puissance                     des mots d\u00e9pend enti\u00e8rement des images qu&rsquo;ils                     \u00e9voquent et n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le sens du                     dictionnaire. <\/p>\n<p> Il est impossible que deux personnes aient appris le m\u00eame                     mot exactement dans les m\u00eames circonstances, en m\u00eame                     temps et dans le m\u00eame milieu. Nous ne pouvons jamais                     <em>\u00eatre <\/em>une autre personne, de si pr\u00e8s que                     nous lui ressemblions mentalement, physiquement et intellectuellement,                     et il en est de m\u00eame pour les mots. Les mots les plus                     simples comme \u00ab\u00a0table\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb                     \u00e9veillent des id\u00e9es diff\u00e9rentes selon                     les gens, quoique le sens fondamental soit le m\u00eame.                   <\/p>\n<p> D\u00e8s qu&rsquo;un mot p\u00e9n\u00e8tre dans notre esprit,                     il est color\u00e9 par nos propres associations d&rsquo;id\u00e9es.                     C&rsquo;est pour cette raison, dit Stuart Chase dans son livre <em>La                     Tyrannie des mots<\/em>, qu&rsquo;en lisant les classiques grecs ou                     latins, nous n&rsquo;arrivons jamais qu&rsquo;\u00e0 en comprendre une                     partie du sens, car nous ne pouvons pas nous transporter dans                     le milieu o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits.                   <\/p>\n<h3>Faisons-nous comprendre<\/h3>\n<p> Voil\u00e0 une belle occasion de se faire comprendre pour                     les hommes d&rsquo;affaires, les correspondants, les orateurs et                     ceux qui veulent devenir bons causeurs. Ils doivent s&rsquo;appliquer                     \u00e0 choisir les mots qui transmettent exactement et clairement                     \u00e0 l&rsquo;esprit des gens ce qu&rsquo;ils ont eux-m\u00eames \u00e0                     l&rsquo;esprit. <\/p>\n<p> Pour atteindre nos lecteurs, il faut les garder constamment                     \u00e0 l&rsquo;esprit et s&rsquo;exprimer en mots <em>qu&rsquo;ils <\/em>connaissent                     et comprennent, dans un langage qui <em>leur <\/em>est familier.                     Autrement, nous perdons notre temps. <\/p>\n<p> En \u00e9crivant des lettres d&rsquo;affaires, par exemple,                     il est essentiel d&rsquo;\u00e9tudier notre marche, les gens qui                     le composent, leurs go\u00fbts, leurs d\u00e9sirs et leurs                     besoins &#8211; et ensuite leur \u00e9crire avec des mots qu&rsquo;ils                     aiment et des phrases qu&rsquo;ils comprennent. Comme dans tous                     les actes de d\u00e9sint\u00e9ressement, cet oubli de                     soi-m\u00eame porte sa propre r\u00e9compense. <\/p>\n<p> Avec le lecteur fermement \u00e0 l&rsquo;esprit et son int\u00e9r\u00eat                     \u00e0 coeur, comment s&rsquo;y prendre pour le convaincre\u00a0?                   <\/p>\n<p> Par la clart\u00e9 et la simplicit\u00e9, dont nous                     avons souvent plaid\u00e9 la cause dans ces Bulletins. <\/p>\n<p> L&rsquo;id\u00e9e et la fa\u00e7on de l&rsquo;exprimer sont ins\u00e9parables                     car la relation entre elles est celle de cause et effet. <\/p>\n<p> Nous sommes oblig\u00e9s d&rsquo;analyser, grouper, coordonner                     et d\u00e9finir nos pens\u00e9es pour qu&rsquo;elles soient                     admises par notre intelligence, ou par ceux \u00e0 qui nous                     nous adressons. <\/p>\n<h3>La t\u00e2che est ardue mais elle                   en vaut la peine<\/h3>\n<p> Pour gagner nos lecteurs, il importe de leur d\u00e9crire                     et sugg\u00e9rer des choses non pas abstraites, mais concr\u00e8tes.                     Dans notre correspondance commerciale, nos mots devraient                     toujours permettre au lecteur de s&rsquo;imaginer facilement la                     proposition, le service ou l&rsquo;article, avec ses avantages et                     ses profits. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas facile d&rsquo;\u00e9crire. Le conseil de Goethe                     un jeune \u00e9crivain\u00a0: \u00ab\u00a0Bah\u00a0! il suffit                     de se cracher dans les mains\u00a0!\u00a0\u00bb ne dit probablement                     pas tout, mais il donne l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;effort n\u00e9cessaire                     en plus du talent naturel et du travail c\u00e9r\u00e9bral.                   <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas facile non plus d&rsquo;exprimer exactement ses pens\u00e9es.                     L&rsquo;exactitude est parfois dangereuse et nous pr\u00e9f\u00e9rons                     nous r\u00e9fugier dans l&rsquo;obscurit\u00e9 de l&rsquo;abstraction.                     Mais les termes abstraits causent ais\u00e9ment des malentendus,                     et il faut les \u00e9viter si on veut se faire comprendre.                   <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0On ne peut pas embellir la simplicit\u00e9,\u00a0\u00bb                     a dit Epict\u00e8te il y a plus de 2,000 ans, et c&rsquo;est encore                     vrai de nos jours. <\/p>\n<p> Il y a des gens qui s&rsquo;imaginent que l&rsquo;obscurit\u00e9 dans                     le style est un signe de profond savoir et haute intelligence.                     Il n&rsquo;y a pas \u00e0 nier que l&rsquo;abus de l&rsquo;abstraction et                     des mots de plus de cinq ou six syllabes, dont les philosophes                     et certains auteurs techniques sont si friands de nos jours,                     obscurcissent leurs ouvrages au point de n&rsquo;y plus rien comprendre.                   <\/p>\n<p> Il para\u00eet qu&rsquo;Emile Faguet, pri\u00e9 de donner son                     opinion sur Bergson, r\u00e9pondit textuellement\u00a0:                     \u00ab\u00a0J&rsquo;ai lu et relu bien, des fois les ouvrages de M. Bergson\u00a0;                     mais, faute d&rsquo;\u00e9ducation philosophique suffisante, je                     n&rsquo;en ai jamais compris une seule page.\u00a0\u00bb Pas mal, de                     la part d&rsquo;un critique comme Emile Faguet\u00a0! <\/p>\n<p> D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, Bergson a \u00e9crit dans                     la Revue de Paris\u00a0: \u00ab\u00a0On peut dire que la philosophie                     fran\u00e7aise s&rsquo;est toujours r\u00e9gl\u00e9e sur le                     principe suivant\u00a0: il n&rsquo;y a pas d&rsquo;id\u00e9e philosophique,                     si profonde ou si subtile, qui ne puisse et ne doive s&rsquo;exprimer                     dans le langage de tout le monde.\u00a0\u00bb Et alors\u00a0! <\/p>\n<h3>Le choix des mots<\/h3>\n<p> D&rsquo;abord, les verbes. Ce sont les verbes qui font la force,                     la r\u00e9sistance et m\u00eame l&rsquo;\u00e9clat de la parole                     \u00e9crite. Le style de Bossuet en fournit le meilleur                     exemple. Bossuet ne se contente pas d&#8217;employer les verbes                     ordinaires, il en cr\u00e9e de nouveaux qui surprennent                     par leur originalit\u00e9, leur image, leur sens ou leur                     application impr\u00e9vue. \u00ab\u00a0Seigneur, votre gr\u00e2ce                     <em>pleut <\/em>sur le pauvre comme sur le riche&#8230; <em>Versez                     <\/em>des larmes avec des pri\u00e8res.\u00a0&#8230;\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Admirez ce passage\u00a0: \u00ab\u00a0La raison nous <em>conseille                     mieux<\/em>\u00a0; les sens nous <em>pressent plus violemment<\/em>\u00a0;                     c&rsquo;est pourquoi le bien <em>pla\u00eet<\/em>, mais le mal <em>pr\u00e9vaut<\/em>\u00a0;                     la vertu nous <em>attire<\/em>, mais les passions nous <em>emportent<\/em>.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> N&rsquo;abusons pas cependant du verbe dans la m\u00eame phrase.,                     Le trait\u00e9 de Stylistique fran\u00e7aise de Legrand                     dit qu&rsquo;\u00e0 la diff\u00e9rence du latin et du style                     classique, la langue moderne tend \u00e0 faire pr\u00e9dominer                     le substantif sur le verbe, et donne cet exemple au sujet                     d&rsquo;accus\u00e9s qui s&rsquo;\u00e9taient d&rsquo;abord refuses \u00e0                     tout aveu\u00a0: \u00ab\u00a0Ils c\u00e9d\u00e8rent parce qu&rsquo;on                     leur promit formellement qu&rsquo;ils ne seraient pas punis,\u00a0\u00bb                     et donne \u00e0 la place\u00a0: \u00ab\u00a0Ils c\u00e9d\u00e8rent                     \u00e0 une promesse formelle d&rsquo;impunit\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Pour que le verbe contribue \u00e0 la vigueur et \u00e0                     l&rsquo;\u00e9clat du style, il faut qu&rsquo;il fasse image. \u00c9vitons                     par cons\u00e9quent <em>\u00eatre, se trouver, il y a<\/em>.                     Par exemple, au lieu de\u00a0: \u00ab\u00a0Sur le clocher, il y                     a un drapeau\u00a0\u00bb, disons\u00a0: \u00ab\u00a0Sur le clocher <em>flotte                     <\/em>un drapeau.\u00a0\u00bb Non pas \u00ab\u00a0Une soupe bien chaude                     est sur la table,\u00a0\u00bb mais <em>fume <\/em>sur la table. Voir                     le trait\u00e9 de Stylistique cit\u00e9 plus haut. <\/p>\n<h3>L&rsquo;adjectif<\/h3>\n<p> Les Am\u00e9ricains abusent des adjectifs et, malheureusement,                     nous en faisons aussi une grande consommation. Nous nous imaginons,                     en les multipliant, faire preuve d&rsquo;originalit\u00e9, traduire                     des nuances, cr\u00e9er du nouveau. On raconte qu&rsquo;un journaliste                     disait \u00e0 un coll\u00e8gue\u00a0: \u00ab\u00a0Je te joue                     douze adjectifs, \u00e0 choisir par moi dans le dictionnaire,                     et tu ne peux plus \u00e9crire un article.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Boileau avait raison de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Il suffit d&rsquo;\u00e9noncer                     simplement les choses pour les faire admirer. Le <em>passage                     du Rhin <\/em>dit beaucoup plus que le <em>merveilleux passage                     du Rhin<\/em>.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Rien de plus d\u00e9testable que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te                     banale, mais l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te neuve et impr\u00e9vue                     a beaucoup de charme. Rappelons en passant \u00ab\u00a0le vieillard                     harmonieux\u00a0\u00bb de Ch\u00e9nier, \u00ab\u00a0les sons velout\u00e9s                     du cor\u00a0\u00bb de Chateaubriand, la \u00ab\u00a0p\u00e2le Adriatique\u00a0\u00bb                     de Musset et bien d&rsquo;autres. <\/p>\n<h3>Le substantif<\/h3>\n<p> \u00ab\u00a0Dans le style,\u00a0\u00bb dit Joubert, \u00ab\u00a0le substantif                     est de nature et de n\u00e9cessit\u00e9\u00a0\u00bb. C&rsquo;est                     \u00e0 nous de choisir celui qui convient le mieux \u00e0                     notre id\u00e9e et qui \u00e9voquera, dans l&rsquo;esprit du                     lecteur, l&rsquo;image n\u00e9cessaire. <\/p>\n<p> De deux mots ayant le m\u00eame sens, dit-on en anglais,                     prenez le plus court qui est g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;origine                     anglo-saxonne et par cons\u00e9quent, mieux dans le g\u00e9nie                     de la langue. Oui, mais voil\u00e0, le fran\u00e7ais n&rsquo;a                     pas de mots tir\u00e9s de l&rsquo;anglo-saxon et nous n&rsquo;avons                     pas le choix entre \u00ab\u00a0freedom\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0liberty\u00a0\u00bb                     pour dire \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Il est vrai que le latin nous offre parfois deux mots \u00e0                     peu pr\u00e8s identiques, comme \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb et                     \u00ab\u00a0habitation\u00a0\u00bb auxquels nous en avons ajout\u00e9                     un troisi\u00e8me \u00ab\u00a0home\u00a0\u00bb d&rsquo;importation \u00e9trang\u00e8re.                   <\/p>\n<p> Nous avons bien des mots d&rsquo;origine grecque, mais le vocabulaire                     gr\u00e9co-fran\u00e7ais est pour ainsi dire exclusivement                     scientifique. Presque tous les nouveaux termes de ce genre                     sont tir\u00e9s du grec, particuli\u00e8rement en m\u00e9decine.                     Les m\u00e9decins de Moli\u00e8re parlaient latin\u00a0;                     aujourd&rsquo;hui, les n\u00f4tres parlent grec, probablement en                     l&rsquo;honneur d&rsquo;Hippocrate. T\u00e9moin le Bulletin du mois                     dernier\u00a0: hygi\u00e8ne, n\u00e9vroses, psychoses,                     neurasth\u00e9nie, etc., sans oublier le dernier-n\u00e9\u00a0:                     m\u00e9decine psychosomatique. <\/p>\n<h3>Les mots font image<\/h3>\n<p> Pour trouver des images, il suffit d&rsquo;avoir un peu d&rsquo;imagination.                     Naturellement, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00eatre                     un Chateaubriand ou un Victor Hugo pour \u00e9crire une                     lettre d&rsquo;affaires ou un article de magazine, mais rien ne                     nous emp\u00eache de rechercher l&rsquo;originalit\u00e9, la                     gr\u00e2ce et la distinction dans notre style. <\/p>\n<p> Chaque mot et chaque phrase de nos lettres, de nos rapports,                     de nos articles ou de nos discours, sont aussi importants                     que le coup de pinceau d&rsquo;un peintre. Pour rendre nos descriptions                     r\u00e9elles et int\u00e9ressantes, nous n&rsquo;avons pas besoin                     de mots \u00e9tranges ou myst\u00e9rieux, de termes techniques,                     d&rsquo;exag\u00e9rations ou d&rsquo;inexactitudes. Il suffit de mots                     concrets et vivants qui font image. <\/p>\n<p> Au moyen de mots et de phrases agr\u00e9ables \u00e0                     l&rsquo;oreille, nous faisons appel aux \u00e9motions, nous \u00e9veillons                     la sympathie du lecteur, et nous gagnons notre point. Nous                     sommes alors en passe de devenir artistes du style. <\/p>\n<p> Les m\u00e9taphores et les comparaisons, quand elles sont                     simples et brillantes, aident \u00e0 faire comprendre nos                     id\u00e9es. Les plus belles images sont toujours des sensations                     vraies. Rien n&rsquo;est plus r\u00e9el que \u00ab\u00a0cette faucille                     d&rsquo;or dans le champ des \u00e9toiles\u00a0\u00bb de Victor Hugo.                     Comparer \u00ab\u00a0la lune \u00e0 un grand morceau de glace                     plein d&rsquo;une lumi\u00e8re immobile,\u00a0\u00bb comme Flaubert,                     c&rsquo;est rendre exactement ce qu&rsquo;on voit. <\/p>\n<p> Encore faut-il que les images soient assez neuves, sinon                     originales. Quand elles ont trop vieilli, elles deviennent                     des clich\u00e9s \u00e0 peine admissibles dans la conversation.                   <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Toutes les images vraies et vives\u00a0\u00bb, dit Victor                     Hugo, \u00ab\u00a0deviennent populaires en entrant dans la circulation                     universelle. Ainsi, courir ventre \u00e0 terre, rire \u00e0                     ventre d\u00e9boutonn\u00e9, \u00eatre \u00e0 couteaux                     tir\u00e9s, prendre ses jambes \u00e0 son cou, etc.\u00a0&#8230;                     autant d&rsquo;admirables m\u00e9taphores autrefois, autant de                     lieux communs aujourd&rsquo;hui.\u00a0\u00bb R\u00e9fl\u00e9chissons                     avant d&#8217;employer une expression banale qui a perdu toute sa                     fra\u00eecheur \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9tition,                     et essayons de trouver mieux. <\/p>\n<p> L&rsquo;argot, admis dans la conversation, est enti\u00e8rement                     d\u00e9plac\u00e9 dans une lettre ou un article. Il est,                     sans contredit, pittoresque, mais son emploi r\u00e9pugne                     g\u00e9n\u00e9ralement aux gens bien \u00e9lev\u00e9s.                   <\/p>\n<p> Il arrive souvent, toutefois, qu&rsquo;un mot d&rsquo;argot ou une expression                     famili\u00e8re, devienne respectable. C&rsquo;est qu&rsquo;alors, comme                     nous l&rsquo;avons dit au d\u00e9but de cet article, il a \u00e9t\u00e9                     consacr\u00e9 par l&rsquo;usage, adopt\u00e9 par le peuple,                     et il fait partie du langage. <\/p>\n<h3>La beaut\u00e9 des mots<\/h3>\n<p> R\u00e9fl\u00e9chissons un instant \u00e0 la beaut\u00e9                     des mots, comme un collectionneur contemple ses tr\u00e9sors.                     On parle de \u00ab\u00a0la musique des mots\u00a0\u00bb et, sans \u00eatre                     musiciens, nous pouvons trouver plaisir \u00e0 entendre                     des mots qui sonnent harmonieusement \u00e0 notre oreille.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;harmonie d&rsquo;une phrase d\u00e9pend de l&rsquo;assortiment des                     mots, comme les pierres dans un collier. \u00c9tranges ou                     sublimes, amusants ou tragiques \u00e0 eux seuls, ils produisent                     beaucoup plus d&rsquo;effet quand un artiste de la plume les groupe                     habilement. <\/p>\n<p> Songez \u00e0 une phrase ou \u00e0 des vers qui vous                     sont familiers. Par exemple, ces vers de Victor Hugo\u00a0:                   <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">Un frais parfum sortait des touffes d&rsquo;asphod\u00e8le\u00a0;<span class=\"boldtext\"> Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.<\/span><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p> et analysez le sentiment de plaisir que vous \u00e9prouvez                     \u00e0 les r\u00e9citer. Ce sont des mots bien simples                     en soi, mais combien m\u00e9lodieux dans leur ensemble.                   <\/p>\n<p> Ne nous laissons pas toutefois enivrer par les mots, car                     nous perdrions de vue la clart\u00e9 \u00e0 laquelle nous                     aspirons. <\/p>\n<p> Un bon \u00e9crivain recherche d&rsquo;abord la lucidit\u00e9                     et la m\u00e9lodie ensuite. <\/p>\n<h3>\u00c9tendons notre vocabulaire<\/h3>\n<p> Que faut-il faire pour mieux conna\u00eetre et mieux aimer                     notre langue\u00a0? Le meilleur moyen est d&rsquo;enrichir et d&rsquo;\u00e9tendre                     notre vocabulaire. Plus nous connaissons de mots, mieux nous                     sommes \u00e0 m\u00eame de les comparer et d&rsquo;en remplacer                     un par un meilleur. Nous avons ainsi un vaste tr\u00e9sor                     de mots \u00e0 notre disposition. <\/p>\n<p> Comment faire pour acqu\u00e9rir ce tr\u00e9sor\u00a0?                     Par la lecture des classiques et des bons auteurs. Nous faisons                     ainsi connaissance avec une grande vari\u00e9t\u00e9 de                     mots, de nouvelles tournures de phrase, et toutes sortes d&rsquo;expressions                     pour toutes les occasions et toutes les nuances de sens. <\/p>\n<p> Plus nous connaissons de mots, plus nous devenons difficiles                     sur le choix. Celui qui conna\u00eet peu de mots est souvent                     port\u00e9 \u00e0 en employer cinq ou six quand un seul                     suffirait. Cela a l&rsquo;air d&rsquo;un paradoxe, mais rien n&rsquo;est plus                     vrai. <\/p>\n<p> Il est impossible de faire des amis sans jamais voir personne.                     Pour enrichir notre vocabulaire, il faut rencontrer de nouveaux                     mots, et pour cela il faut lire, et plus on lit, plus on s&rsquo;enrichit.                   <\/p>\n<h3>L&rsquo;enseignement par la lecture<\/h3>\n<p> La litt\u00e9rature est le grand-livre de l&rsquo;histoire intellectuelle                     de l&rsquo;humanit\u00e9, de ses joies et de ses peines, de ses                     espoirs et de ses craintes, de ses aspirations et de ses d\u00e9faites.                     C&rsquo;est la vie en entier. <\/p>\n<p> Les livres nous permettent, a dit un po\u00e8te, \u00ab\u00a0de                     voir par les meilleurs yeux, d&rsquo;\u00e9couter par les meilleures                     oreilles, et d&rsquo;entendre les voix les plus m\u00e9lodieuses                     de toutes les \u00e9poques.\u00a0\u00bb Chacun choisit ses livres                     comme il choisit ses amis, et son esprit s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve                     ou s&rsquo;abaisse au niveau de ceux qu&rsquo;il fr\u00e9quente. <\/p>\n<p> Passer notre temps \u00e0 lire des niaiseries dans un                     monde qui contient Racine et Corneille, Shakespeare et Shaw,                     Chateaubriand et Victor Hugo, c&rsquo;est choisir un morceau de                     verre au lieu d&rsquo;un joyau. <\/p>\n<p> Lisons les bons auteurs &#8211; ne nous contentons pas d&rsquo;en entendre                     parler. Faisons d&rsquo;eux notre ordinaire, et lisons \u00e9galement                     des romans modernes, des magazines et les journaux. Nous apprendrons                     ainsi non seulement \u00e0 mieux conna\u00eetre le coeur                     humain, l&rsquo;histoire et la g\u00e9ographie, mais nous enrichirons                     notre vocabulaire et notre culture litt\u00e9raire. <\/p>\n<p> Ne n\u00e9gligeons pas le dictionnaire et ayons-y recours                     quand nous rencontrons un mot qui nous est \u00e9tranger.                     Quand nous le rencontrerons de nouveau, il nous sera familier.                     Commen\u00e7ons ensuite \u00e0 nous en servir et il fera                     bient\u00f4t partie de notre bagage. <\/p>\n<h3>La pratique<\/h3>\n<p> Robert Louis Stevenson savait bien que la facilit\u00e9                     de s&rsquo;exprimer s&rsquo;acquiert par la pratique et il dit \u00e0                     ce sujet\u00a0: \u00ab\u00a0Quoique j&rsquo;\u00e9crive si peu, je                     passe tout mon temps consacre au jardinage en conversations                     et correspondances imaginaires. Je n&rsquo;arrache pas une mauvaise                     herbe sans inventer une phrase \u00e0 ce propos.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Amusons-nous \u00e0 comparer l&rsquo;ensemble des mots \u00e0                     un grand jardin. Comme les fleurs, ils poss\u00e8dent parfum,                     texture et beaut\u00e9\u00a0; comme les arbres, force, grandeur                     et vitalit\u00e9. Nous sommes les jardiniers charg\u00e9s                     de leur culture. <\/p>\n<p> Cultivons joyeusement ce jardin\u00a0; semons soigneusement                     la graine des id\u00e9es et soignons-en tendrement les fleurs\u00a0;                     n&rsquo;h\u00e9sitons pas \u00e0 arracher les mauvaises herbes                     qui menacent d&rsquo;\u00e9touffer notre langue. <\/p>\n<p> Abondante et riche sera notre r\u00e9colte. Les mots nous                     donnent beaut\u00e9, nourriture intellectuelle et facult\u00e9                     d&rsquo;expression\u00a0; protestations d&rsquo;amiti\u00e9 et sentiments                     de responsabilit\u00e9. Ils nous permettent de nous faire                     comprendre par nos semblables et de les amener \u00e0 notre                     point de vue.<\/p>\n<\/p><\/div>","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[24],"class_list":["post-2020","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-24"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Avril 1952 - Le vocabulaire - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/avril-1952-le-vocabulaire\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Avril 1952 - Le vocabulaire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF Le ma\u00eetre d&rsquo;Esope, car Esope \u00e9tait un esclave, lui ordonna un jour de pr\u00e9parer un festin pour des amis qui d\u00e9siraient manger ce qu&rsquo;il y a de meilleur au monde. 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