{"id":2016,"date":"1948-04-01T00:00:00","date_gmt":"1948-04-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/avril-1948-les-besoins-humains\/"},"modified":"2022-10-17T15:46:41","modified_gmt":"2022-10-17T15:46:41","slug":"avril-1948-les-besoins-humains","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/avril-1948-les-besoins-humains\/","title":{"rendered":"Avril 1948 &#8211; Les besoins humains"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">\u00ab\u00a0Que d\u00e9sirons-nous\u00a0?\u00a0\u00bb Voil\u00e0 la grande question de la vie.<\/p>\n<p>De la r\u00e9ponse d\u00e9pendent non seulement notre carri\u00e8re, notre conduite journali\u00e8re et notre fa\u00e7on de juger les gens et les choses selon leur effet sur nos d\u00e9sirs, mais aussi les progr\u00e8s de notre collectivit\u00e9 et de la nation, et jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique du monde.<\/p>\n<p>Beaucoup de besoins sont communs \u00e0 tous les hommes\u00a0: manger, s&rsquo;abriter et s&rsquo;habiller, par exemple. On peut facilement s&rsquo;imaginer des millions de femmes dans toutes les parties du monde en train de peler des patates pour nourrir leur famille\u00a0; des ouvriers en train de construire des maisons et des m\u00e9tiers tissant des millions de verges de tissus pour nos v\u00eatements. Mais il existe aussi des milliers de besoins personnels dont la poursuite distrait notre ennui.<\/p>\n<p>Dans tous les pays on trouve des disciples de Bouddha qui aspirent par-dessus tout \u00e0 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, et qui d\u00e9barrassent leur existence de tous les d\u00e9sirs et tous les besoins dont ils peuvent se passer. Ils se font gloire de vivre d&rsquo;une assiette de lentilles, avec un linge autour des reins pour tout v\u00eatement et une hutte de paille pour abri. Ce n&rsquo;est pas gr\u00e2ce \u00e0 eux que la civilisation a fait des progr\u00e8s. Nous n&rsquo;avan\u00e7ons que parce que nous \u00e9prouvons des d\u00e9sirs, car c&rsquo;est le d\u00e9sir qui stimule l&rsquo;initiative et qui nous fait entreprendre de grands projets pour am\u00e9liorer notre sort.<\/p>\n<h3>D\u00e9sirs et n\u00e9cessit\u00e9s<\/h3>\n<p>Nos d\u00e9sirs et nos n\u00e9cessit\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement deux choses bien diff\u00e9rentes. On ne peut pas pr\u00e9tendre r\u00e9ellement que pour vivre il nous faut plus de trois bons repas par jour, des v\u00eatements suffisants pour nous prot\u00e9ger du froid, une chambre confortable et un lit pour dormir. Mais nos d\u00e9sirs sont innombrables. Outre les n\u00e9cessit\u00e9s physiques, ils comprennent les r\u00e9cr\u00e9ations intellectuelles ou physiques, le sentiment d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la hauteur d&rsquo;une t\u00e2che ou d&rsquo;une situation, le plaisir de fr\u00e9quenter les gens qui nous plaisent et de sentir qu&rsquo;ils ont bonne opinion de nous. Du point de vue \u00e9conomique, les n\u00e9cessit\u00e9s comprennent toutes les choses dont le manque affaiblit d&rsquo;une mani\u00e8re quelconque la comp\u00e9tence ou le rendement d&rsquo;un homme\u00a0; on peut appeler d\u00e9sir ou besoin tout ce qui fait consentir un homme \u00e0 travailler pour le satisfaire.<\/p>\n<p>Aucune personne intelligente ne peut vivre sans d\u00e9sirs. Un philosophe grec qui a m\u00e9dit\u00e9 sur ce sujet il y a plus de 2,000 ans, et qui ne peut gu\u00e8re \u00eatre appel\u00e9 vieux jeu puisqu&rsquo;il est le pr\u00e9curseur de la th\u00e9orie atomique que les d\u00e9couvertes scientifiques ont mise \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, a dit ceci\u00a0: il y a trois sortes de d\u00e9sirs\u00a0: ceux qui sont naturels et n\u00e9cessaires\u00a0; ceux qui sont naturels sans \u00eatre n\u00e9cessaires, et ceux qui ne sont ni naturels ni n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Ce sont les d\u00e9sirs du genre humain qui ont donn\u00e9 lieu au progr\u00e8s, et aujourd&rsquo;hui nos d\u00e9sirs sont innombrables. \u00c0 mesure qu&rsquo;ils augmentent, ils nous ouvrent de nouveaux horizons. Cela est arriv\u00e9 \u00e0 tout le monde. \u00c0 16 ans nous pensons que si nous avions seulement $35 par semaine nous serions les ma\u00eetres du monde. \u00c0 25 ans et \u00e0 $45 par semaine, nous d\u00e9sirons une auto, un meilleur radio et une maison. Chaque d\u00e9sir satisfait en am\u00e8ne un autre.<\/p>\n<p>Ce qui donne beaucoup de satisfaction est de r\u00e9ussir dans la vie. L&rsquo;homme ne travaille pas simplement pour vivre, mais pour obtenir ce qu&rsquo;il d\u00e9sire le plus dans la vie. Ce d\u00e9sir varie selon les gens. De grands exploits ont \u00e9t\u00e9 accomplis par des personnes qui semblaient satisfaire simplement des d\u00e9sirs frivoles. Les aventuriers qui ont d\u00e9couvert l&rsquo;Am\u00e9rique ne voulaient pas fonder de grands empires industriels, ils cherchaient tout bonnement des \u00e9pices. Ceux qui ont colonis\u00e9 le Canada n&rsquo;\u00e9taient pas d&rsquo;ambitieux hommes d&rsquo;\u00c9tat ou d&rsquo;affaires\u00a0: ils \u00e9taient pouss\u00e9s par l&rsquo;esprit d&rsquo;aventure.<\/p>\n<p>Les marchandises nous inspirent un d\u00e9sir psychologique aussi r\u00e9el que nos app\u00e9tits physiques, et c&rsquo;est ce qui cause des embarras financiers. Beaucoup de gens &#8211; la plupart des gens &#8211; ne valent pas mieux sous ce rapport que Wilkins Micawber. Dickens nous dit dans <em>David Copperfield <\/em>comment M. Micawber se trouvait souvent en prison pour dettes. Un jour que David y \u00e9tait all\u00e9 le voir, Micawber lui exposa son fameux principe\u00a0: l&rsquo;homme heureux est celui qui ne d\u00e9pense que 19 livres, 19 shillings et six pence sur son revenu de 20 livres, tandis que celui qui d\u00e9pense 20 livres et un shilling est dans la mis\u00e8re. <em>Cela dit, Micawber emprunta un shilling \u00e0 David pour acheter une bouteille de bi\u00e8re<\/em>.<\/p>\n<h3>Satisfactions<\/h3>\n<p>Chacun de nous doit calculer \u00e0 sa fa\u00e7on quels sont les d\u00e9sirs dont la satisfaction lui procurera le plus grand plaisir, et s&rsquo;il y a lieu d&rsquo;attendre mieux ou de prendre ce qu&rsquo;il peut. Il est impossible de juger \u00e0 quel point les gens d\u00e9sirent une chose et celle qui leur procurera le plus de plaisir. La valeur d&rsquo;une chose d\u00e9pend de son utilit\u00e9 \u00e0 un certain moment et dans certaines circonstances. Une personne paiera volontiers un dollar pour un service dans une crise alors qu&rsquo;il h\u00e9siterait \u00e0 payer cinquante cents en temps normal. C&rsquo;est parce qu&rsquo;\u00e0 ses yeux le service vaut un dollar \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n<p>Quant il s&rsquo;agit de choisir entre plusieurs choses, nous prenons celle qui nous promet la plus grande satisfaction. Un homme d\u00e9pense un dollar pour dix cigares qu&rsquo;il fume en deux jours, tandis qu&rsquo;un autre ach\u00e8te une demi-livre de tabac \u00e0 pipe qui lui dure deux semaines. Ce dernier pense probablement que l&rsquo;autre est extravagant, tandis que l&rsquo;autre pense que fumer la pipe est un signe de mauvais go\u00fbt. L&rsquo;habitude de penser que tous ceux qui ne partagent pas nos go\u00fbts sont un peu timbr\u00e9s a caus\u00e9 beaucoup de dissensions illogiques. Il y a des gens qui trouvent plus de plaisir \u00e0 escalader une montagne pour contempler un beau panorama qu&rsquo;\u00e0 faire un bon repas. \u00c0 chacun ses go\u00fbts\u00a0; pourquoi les go\u00fbts d&rsquo;autrui nous feraient-ils sourire d\u00e9daigneusement\u00a0?<\/p>\n<h3>D\u00e9sirs croissants<\/h3>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les besoins ont donn\u00e9 lieu \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 humaine dans les premiers \u00e2ges, mais plus tard chaque pas en avant a \u00e9veill\u00e9 de nouveaux d\u00e9sirs. Au d\u00e9but, les besoins dictaient le progr\u00e8s\u00a0; par la suite, le progr\u00e8s a cr\u00e9\u00e9 les besoins. Depuis la caverne \u00e0 l&rsquo;appartement moderne, l&rsquo;homme a \u00e9prouv\u00e9 de nouveaux besoins.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on veut se rendre compte \u00e0 quel point les besoins ont augment\u00e9, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 regarder la diff\u00e9rence entre les premi\u00e8res ann\u00e9es du si\u00e8cle et aujourd&rsquo;hui. Nous consommons des quantit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes des m\u00eames denr\u00e9es, mais en outre nous avons beaucoup de nouvelles denr\u00e9es \u00e0 consommer. Les gens d\u00e9sirent aujourd&rsquo;hui, exigent, et ont les moyens d&rsquo;acheter, beaucoup de choses que leurs parents ou leurs grands-parents ne connaissaient non seulement pas mais auxquelles ils n&rsquo;auraient m\u00eame pas song\u00e9.<\/p>\n<p>La possession de ces nouvelles choses est loin d&rsquo;assouvir les d\u00e9sirs. Au contraire, chaque nouvelle possession semble ne faire que stimuler les d\u00e9sirs. Le monde entier consid\u00e8re les \u00c9tats-Unis comme le pays o\u00f9 les gens sont capables de satisfaire plus de d\u00e9sirs humains que n&rsquo;importe o\u00f9. Et pourtant la Federal Reserve Bank of Atlanta, Georgie, dit dans la <em>Revue <\/em>de janvier\u00a0: \u00ab\u00a0D&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre des \u00c9tats-Unis (en 1947) la plupart des consommateurs ont sembl\u00e9 r\u00e9solus de montrer que s&rsquo;ils avaient l&rsquo;argent pour acheter tout ce qu&rsquo;ils voulaient, ils l&rsquo;auraient d\u00e9pens\u00e9 en marchandises et services. Ils ont fait moins d&rsquo;\u00e9conomies, ils ont puis\u00e9 dans leur bas de laine et ils ont fait des dettes. Ils ont m\u00eame pay\u00e9 leurs achats de plus en plus cher, quoique \u00e0 contre-coeur, plut\u00f4t que de renoncer au plaisir de satisfaire leurs d\u00e9sirs autant que possible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au Canada, le total des d\u00e9penses personnelles en marchandises de consommation et en services se chiffrait \u00e0 $3,714 millions en 1938 et \u00e0 $5,926 millions en 1946, c&rsquo;est-\u00e0-dire 60 pour cent de plus par rapport \u00e0 un accroissement de population de 10 pour cent.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la rapidit\u00e9 avec laquelle les marchandises sortaient des usines, elles n&rsquo;ont pas suffit \u00e0 la demande. Aujourd&rsquo;hui, nous sommes loin de fournir ce que les gens demandent. Devant des tables couvertes de bonnes choses qui auraient paru le comble du luxe aux grands seigneurs d&rsquo;il y a un si\u00e8cle, les gens du peuple d&rsquo;aujourd&rsquo;hui demandent encore davantage. Au milieu de l&rsquo;abondance, nous regrettons ce qui nous manque.<\/p>\n<h3>Niveaux d&rsquo;existence<\/h3>\n<p>Ce que nous appelons \u00ab\u00a0notre niveau d&rsquo;existence\u00a0\u00bb a beaucoup \u00e0 faire \u00e0 tout cela. Les niveaux varient selon les groupes dans un pays et selon les pays. Ils ont \u00e9galement chang\u00e9 selon les \u00e9poques, parfois en peu d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Quelques pays, pauvres en ressources naturelles, doivent se contenter du strict n\u00e9cessaire, mais un pays neuf et riche comme le Canada peut faire beaucoup mieux, et tel est le cas. Sans affirmer que le niveau y est d\u00e9j\u00e0 aussi \u00e9lev\u00e9 que possible, il est bon, de temps \u00e0 autre, de jeter un coup d&rsquo;oeil sur le monde et d&rsquo;\u00eatre reconnaissants de ce que nous avons.<\/p>\n<p>Un bon niveau g\u00e9n\u00e9ral a pour r\u00e9sultat de rendre les diff\u00e9rences moins perceptibles dans le pays. Stephen Leacock a dit dans un de ses essais\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 mesure que le terrain s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve les montagnes perdent leur hauteur apparente, et aucune nouvelle altitude ne para\u00eet \u00e9gale a l&rsquo;ancienne.\u00a0\u00bb Notre plus bas niveau d&rsquo;existence est plus \u00e9lev\u00e9 que le plus haut d&rsquo;il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un niveau d&rsquo;existence\u00a0? On pourrait l&rsquo;appeler la somme des jouissances que procurent les marchandises et les services. D&rsquo;aucuns se font une id\u00e9e que c&rsquo;est la possession de certaines choses qui d\u00e9termine le niveau d&rsquo;existence. Une auto, ou un r\u00e9frig\u00e9rateur \u00e9lectrique, ou un appareil de t\u00e9l\u00e9vision, ou un manteau de vison, semblent \u00eatre la marque de certains \u00ab\u00a0niveaux\u00a0\u00bb. Mais d\u00e8s qu&rsquo;on perd de vue l&rsquo;id\u00e9e de satisfaction pour celle de possession, il n&rsquo;y a plus de vrais niveaux.<\/p>\n<p>Certaines gens parlent de \u00ab\u00a0niveaux d&rsquo;existence\u00a0\u00bb quand ils veulent dire \u00ab\u00a0train de vie.\u00a0\u00bb Chaque augmentation de revenus les invite \u00e0 mener un nouveau train de vie, et chaque nouveau train de vie cr\u00e9e de nouveaux besoins et d\u00e9sirs avec ou sans rapport aux n\u00e9cessit\u00e9s de l&rsquo;existence. Quand un homme dit \u00ab\u00a0Je veux une chance de vivre\u00a0\u00bb, il veut dire davantage que ne pas mourir. Il veut vivre sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec des gens qui partagent les m\u00eames int\u00e9r\u00eats. Le sentiment de \u00ab\u00a0faire partie\u00a0\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 est important. Les hommes aiment qu&rsquo;on fasse cas de leur personne et de leurs qualit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le d\u00e9sir de para\u00eetre a presque autant d&rsquo;effet sur les gens que la sombre vision du besoin. Sous son aiguillon, les gens s&rsquo;efforcent de consommer une plus grande quantit\u00e9 et une plus grande vari\u00e9t\u00e9 de choses que leurs voisins, et de marcher de pair avec eux ou de faire mieux. Ils \u00e9changent une auto encore bonne pour une du dernier mod\u00e8le\u00a0; la femme remplace son simple anneau de mariage par une bague avec un gros brillant\u00a0; les modes f\u00e9minines changent avec rapidit\u00e9 et extravagance. La personne qui cherche \u00e0 briller en soci\u00e9t\u00e9 veut du nouveau \u00e0 tout prix, m\u00eame au prix d&rsquo;\u00eatre ridicule aux yeux des gens d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s.<\/p>\n<p>Si le but de la vie est de nous procurer la plus grande somme de satisfaction possible, il convient de mesurer soigneusement le co\u00fbt de la nourriture et du logement en proportion des v\u00eatements, des amusements, de l&rsquo;\u00e9ducation et des plaisirs intellectuels. Autrement, on peut se trouver \u00e0 d\u00e9penser une grande partie de son argent \u00e0 des choses qui procurent un plaisir temporaire aux d\u00e9pens de celles qui seraient plus profitables \u00e0 la longue. Celui qui \u00e9change son argent pour des marchandises donne quelque chose de pr\u00e9cieux &#8211; sa seule possession r\u00e9elle &#8211; le produit d&rsquo;une partie de sa vie. Il est bien b\u00eate s&rsquo;il n&rsquo;obtient pas tout ce qu&rsquo;il peut.<\/p>\n<p>Cela demande une nouvelle technologie, la technologie des achats. On peut faire preuve d&rsquo;intelligence dans les achats aussi bien que dans la production et les ventes. Autrefois, quand un homme produisait tout ce qui suffisait \u00e0 sa consommation et \u00e0 celle de sa famille, il y avait peu de chances de produire ou de consommer sans sagesse. Il y avait peu d&rsquo;occasions de satisfaire des d\u00e9sirs frivoles ou de faire de mauvais choix. Les besoins fondamentaux \u00e9taient trop urgents. Mais la vie est devenue plus complexe, les besoins sont plus vari\u00e9s, et le choix des choses qui procurent de la satisfaction est immense.<\/p>\n<p>La famille complique le choix. \u00c0 mesure qu&rsquo;elle s&rsquo;accro\u00eet, les habitudes de consommation changent et les enfants \u00e9prouvent des besoins inconnus de leurs parents. La rapide urbanisation de notre \u00e2ge qui marche de pair avec l&rsquo;industrialisation, modifie l&rsquo;ancien train de vie, et les id\u00e9es contradictoires au sujet des besoins et de l&rsquo;ordre dans lequel ils doivent \u00eatre satisfaits rendent la vie de famille plus difficile que lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agissait simplement de produire assez pour vivre.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rez un instant les deux extr\u00eames d&rsquo;une famille\u00a0: l&rsquo;enfance et la vieillesse. L&rsquo;enfant se pr\u00e9pare \u00e0 s&rsquo;\u00e9manciper de la tutelle familiale\u00a0; mais en attendant il a besoin d&rsquo;amour autant que de soins. Quelques-unes des id\u00e9es modernes sur la fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9lever les enfants ignorent souvent ce fait essentiel. Ce n&rsquo;est que r\u00e9cemment, apr\u00e8s une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es pendant lesquelles certains experts conseillaient aux mamans \u00ab\u00a0de laisser pleurer les b\u00e9b\u00e9s\u00a0\u00bb que nous en sommes revenus \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e plus rationnelle que ce que l&rsquo;enfant d\u00e9sire surtout c&rsquo;est le sentiment d&rsquo;amour et de s\u00e9curit\u00e9 qu&rsquo;il ne trouve que dans les bras de sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>La vieillesse est la derni\u00e8re s\u00e9rie des adaptations \u00e0 la vie. Elle est marqu\u00e9e par une diminution de forces et un r\u00e9tr\u00e9cissement du champ d&rsquo;action. Son plus grand besoin est d&rsquo;accepter le changement sans anxi\u00e9t\u00e9 ou r\u00e9sistance. Ce qu&rsquo;elle peut esp\u00e9rer de mieux c&rsquo;est de finir heureusement dans la paix et la r\u00e9flexion, car, comme le dit Cic\u00e9ron dans son trait\u00e9 <em>De la vieillesse<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Le meilleur fruit \u00e0 cueillir dans l&rsquo;hiver de la vie est de pouvoir se rappeler avec satisfaction les heureuses et abondantes r\u00e9coltes d&rsquo;ann\u00e9es plus actives.\u00a0\u00bb La vieillesse n&rsquo;\u00e9prouve plus gu\u00e8re de besoins comme le d\u00e9montre bien le cas de John Hilton, ouvrier en retraite de 75 ans, publi\u00e9 dans les journaux en octobre dernier. Il vivait avec sa pension de $17.40 par semaine quand on lui apprit qu&rsquo;il venait d&rsquo;h\u00e9riter de $1,080,000. \u00ab\u00a0Il y a trente ans, cela aurait \u00e9t\u00e9 bien beau\u00a0\u00bb, dit-il, \u00ab\u00a0mais maintenant cela ne sert qu&rsquo;\u00e0 me donner des soucis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les besoins sont \u00e9galement modifi\u00e9s par le talent. Ceux qui ont des dispositions pour la musique sont plus enclins \u00e0 d\u00e9penser de l&rsquo;argent \u00e0 des le\u00e7ons et des concerts que ceux qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;oreille. D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la femme qui aime la couture d\u00e9pense moins d&rsquo;argent pour les v\u00eatements de la famille.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9ducation transforme non seulement les besoins de ceux qui cherchent \u00e0 s&rsquo;instruire, mais aussi de ceux qui rendent l&rsquo;\u00e9ducation possible. Les parents se passent de confort et de plaisirs pour donner \u00e0 leurs enfants une meilleure chance qu&rsquo;eux dans la vie.<\/p>\n<p>Il existe une demande croissante pour ce qui embellit la vie, comme les livres, les tableaux, la musique et le th\u00e9\u00e2tre. Quand les n\u00e9cessit\u00e9s de la vie sont satisfaites, les gens se tournent vers les choses intangibles qui satisfont le cerveau et l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>Depuis un demi-si\u00e8cle les salaires augmentent tandis que les heures de travail diminuent, deux facteurs qui permettent aux gens de satisfaire plus que jamais leur d\u00e9sir de se livrer \u00e0 des occupations en dehors de leur travail.<\/p>\n<h3>Demande \u00e9conomique<\/h3>\n<p>Nous avons parl\u00e9 des \u00ab\u00a0besoins\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0demande\u00a0\u00bb comme si c&rsquo;\u00e9taient des choses r\u00e9elles, mais elles n&rsquo;ont de r\u00e9alit\u00e9, si fortes qu&rsquo;elles soient, qu&rsquo;\u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre accompagn\u00e9es des moyens de les satisfaire. On peut d\u00e9sirer une auto de toutes ses forces, par exemple, mais le d\u00e9sir ne peut \u00eatre exauc\u00e9 que si on a l&rsquo;argent pour l&rsquo;acheter. Le d\u00e9sir doit \u00eatre accompagn\u00e9 du pouvoir d&rsquo;achat avant de devenir une demande \u00e9conomique r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Les articles qui ne sont pas \u00e0 la port\u00e9e de tous, dont la production exige une certaine somme de travail, poss\u00e8dent de la valeur, et il faut que la personne qui les d\u00e9sire d\u00e9pose sur le comptoir l&rsquo;\u00e9quivalent de cette valeur.<\/p>\n<p>Quand une personne d\u00e9sire certaines choses dans l&rsquo;avenir plus que celles qu&rsquo;elle peut acheter dans le moment, elle \u00e9conomise son argent et en fait une r\u00e9serve de valeur repr\u00e9sentant le travail qu&rsquo;elle a accompli. Les Canadiens ont une grosse somme de valeur r\u00e9elle dans leurs r\u00e9serves d&rsquo;\u00e9pargne. Il y avait, le 30 septembre dernier, 6,357,000 comptes d&rsquo;\u00e9pargne dans les banques \u00e0 charte, se chiffrant \u00e0 $3,805,900,000. Cela fait $502 par personne au Canada, par comparaison avec $130 par personne il y a 25 ans. En dollars de la m\u00eame valeur cela repr\u00e9sente une augmentation de 192 pour cent.<\/p>\n<p>Les ventes des magasins \u00e0 rayons en 1947 se chiffrent \u00e0 $547,750,000, soit $257,800,000 de plus qu&rsquo;en 1939. En 1947, les Canadiens ont d\u00e9pens\u00e9 plus d&rsquo;argent que jamais, $8,700,000,000, c&rsquo;est-\u00e0-dire pr\u00e8s d&rsquo;un milliard de plus que l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Entre ces deux ann\u00e9es, les revenus des ouvriers ont augment\u00e9 de 12.2 pour cent, ceux des cultivateurs et des commerces autres que les soci\u00e9t\u00e9s par actions de 13.2 pour cent, et les revenus de placements de 8.3 pour cent. En 1939, chaque Canadien avait $230 \u00e0 sa disposition pour ses achats, $528 en 1946, et $566 \u00e0 la fin de 1947.<\/p>\n<p>Le prix des marchandises varie selon la demande r\u00e9elle. Si beaucoup de gens ont un surplus d&rsquo;argent, et les choses qu&rsquo;ils d\u00e9sirent sont rares, les prix montent. Les fluctuations de prix, \u00e0 leur tour, d\u00e9terminent le degr\u00e9 auquel les gens peuvent satisfaire leurs besoins. L&rsquo;inflation, comme en ce moment, est le r\u00e9sultat de trop peu de marchandises par rapport \u00e0 la quantit\u00e9 d&rsquo;argent disponible. En cons\u00e9quence, les particuliers et les commer\u00e7ants apprennent de nouveau \u00e0 acheter de la meilleure mani\u00e8re possible pour satisfaire leurs plus importants besoins.<\/p>\n<p>Le consommateur doit se rappeler que lorsque son co\u00fbt de la vie augmente, les frais g\u00e9n\u00e9raux des affaires augmentent \u00e9galement. Ils sont mesur\u00e9s par le m\u00eame genre de dollars qui ach\u00e8tent aussi peu, des choses que les hommes d&rsquo;affaires d\u00e9sirent, qu&rsquo;ils ach\u00e8tent de celles que d\u00e9sirent les consommateurs. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Banque Royale du Canada en a donn\u00e9 un exemple \u00e0 la Credit Men&rsquo;s Trust Association de Toronto, il y a deux mois quand il a dit que si on compte les imp\u00f4ts, les int\u00e9r\u00eats aux d\u00e9posants et les traitements du personnel, on trouve que rien que sous ces trois rubriques les banques avaient pay\u00e9 en 1946 en moyenne $9.90 pour chaque dollar de dividende aux actionnaires.<\/p>\n<h3>L&rsquo;industrie satisfait les besoins<\/h3>\n<p>Nous ne vivons pas seulement du produit de nos propres mains. Ceux qui sont enclins \u00e0 citer Robinson Cruso\u00e9 dans son \u00eele comme exemple d&rsquo;un homme qui trouve les moyens de se suffire, doivent ne pas oublier qu&rsquo;il avait une bonne quantit\u00e9 de choses faites par les autres pour commencer. Dans notre monde moderne, chacun doit produire sa propre sp\u00e9cialit\u00e9 et vivre par l&rsquo;\u00e9change de ses produits contre ceux d&rsquo;autres sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Ce dont nous avons besoin pour r\u00e9compenser aussi bien que possible le travail de chacun, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on pourrait appeler un r\u00e9servoir d\u00e9bordant de choses utiles. Mais pour remplir ce r\u00e9servoir il faut que chacun produise le maximum de marchandises par heure de travail. Il est \u00e9vident qu&rsquo;un r\u00e9servoir qui d\u00e9borde est plus apte \u00e0 contenter les besoins de tous les Canadiens qu&rsquo;un r\u00e9servoir \u00e0 moiti\u00e9 plein. Le niveau d&rsquo;existence auquel les Canadiens aspirent, ou sont arriv\u00e9s, ne peut pas \u00eatre maintenu par le rythme de production ou de main-d&rsquo;oeuvre d&rsquo;avant-guerre. Il nous faut un meilleur rendement par ouvrier, plus de commerce international et un plus gros revenu national.<\/p>\n<p>Ainsi donc, pour contenter nos d\u00e9sirs il faut travailler. Sans travail, nous ne contribuons aucune chose de valeur, sous forme de marchandises ou de plaisir intellectuel, \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9. Les gens n&rsquo;aiment pas trop les cadeaux\u00a0; il est plus agr\u00e9able de recevoir une chose qu&rsquo;on a gagn\u00e9e par son travail.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas un p\u00e9ch\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e9go\u00efste sous ce rapport, de travailler pour gagner les choses qu&rsquo;on d\u00e9sire plut\u00f4t que parce qu&rsquo;elles rendent service \u00e0 autrui. Platon avait invent\u00e9 une communaut\u00e9, une de ces \u00ab\u00a0Utopies\u00a0\u00bb qu&rsquo;on trouve dans les livres, mais Aristote qui \u00e9tait r\u00e9aliste disait que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat personnel est plus puissant que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans le bien-\u00eatre g\u00e9n\u00e9ral. Il \u00e9tait s\u00fbr qu&rsquo;un homme travaille plus assid\u00fbment pour sa famille que pour des gens qu&rsquo;il ne conna\u00eet pas. Nous ne pouvons pas \u00e9chapper \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de travailler pour gagner ce que nous d\u00e9sirons, et l&rsquo;homme sage se rend compte que plus il travaille plus il a de chances de retirer une bonne part du produit commun pour contenter ses d\u00e9sirs.<\/p>\n<h3>Pensons \u00e0 l&rsquo;avenir<\/h3>\n<p>Dans notre soci\u00e9t\u00e9, des millions de gens produisent les choses dont nous avons besoin, et cette vaste production a \u00e9t\u00e9 rendue possible par des m\u00e9thodes de travail tr\u00e8s efficaces et l&#8217;emploi de puissantes machines. Nous en sommes arriv\u00e9s \u00e0 ce stade d&rsquo;efficacit\u00e9 dans un d\u00e9lai relativement court, quand on juge le \u00ab\u00a0temps\u00a0\u00bb par l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;humanit\u00e9. Un voyageur transport\u00e9 d&rsquo;une ville de l&rsquo;an 2000 avant J.-C., au Londres de l&rsquo;an 1700 de notre \u00e8re aurait trouv\u00e9 peu de diff\u00e9rence dans le mode de vie\u00a0; mais si un londonien de l&rsquo;an 1700 \u00e9tait transport\u00e9 aujourd&rsquo;hui \u00e0 Montr\u00e9al, Toronto ou Vancouver il croirait que nous vivons luxueusement avec l&rsquo;aide de nombreuses machines fantastiques.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tous les nouveaux moyens de fabriquer ce que nous d\u00e9sirons, il est un besoin qui n&rsquo;a pas encore re\u00e7u toute l&rsquo;attention qu&rsquo;il m\u00e9rite. Nous n&rsquo;avons pas r\u00e9solu le probl\u00e8me des milliers de complications que le nouveau train de vie a apport\u00e9es dans les relations humaines. La soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;a pas aboli la distance entre les besoins sociaux et la science sociale de la m\u00eame mani\u00e8re que nous avons aboli celle entre les besoins mat\u00e9riels et les sciences physiques.<\/p>\n<p>Il faut penser \u00e0 l&rsquo;avenir. Il faut pr\u00e9parer aujourd&rsquo;hui les plans pour satisfaire les besoins de l&rsquo;avenir. Pour notre propre pr\u00e9servation, celle de la soci\u00e9t\u00e9 et de la race humaine, il faut consacrer toute notre \u00e9nergie \u00e0 des fins utiles et penser aux cons\u00e9quences sociales de nos actes.<\/p>\n<p>Malheureusement, notre demande, int\u00e9ress\u00e9e en apparence \u00e0 satisfaire g\u00e9n\u00e9reusement nos besoins, perd souvent de vue son principal objet. Nous sommes tellement assaillis au dedans et au dehors par des id\u00e9es contradictoires que notre bon sens en est fauss\u00e9. En Chine, des chauffeurs de taxis s&rsquo;ameutent pour protester contre la fermeture des cabarets de nuit, pendant qu&rsquo;autour d&rsquo;eux la libert\u00e9 est sur le point de dispara\u00eetre \u00e0 jamais\u00a0; aux \u00c9tats-Unis des femmes se mettent en campagne pour demander de meilleurs programmes de radio tandis qu&rsquo;en Europe une nation tombe sans lutte entre les mains d&rsquo;un despote.<\/p>\n<p>Pour conserver le sens des proportions, nous devons prendre la mesure de nos besoins et calculer le prix que nous sommes dispos\u00e9s \u00e0 les payer. Le bon sens est aussi utile dans ce cas \u00e0 l&rsquo;homme ordinaire que le meilleur raisonnement des \u00e9conomistes. La satisfaction de nos d\u00e9sirs devrait nous aider \u00e0 nous cr\u00e9er un monde agr\u00e9able, ou comme l&rsquo;a dit Leacock \u00e0 une autre occasion \u00ab\u00a0\u00e0 nous en faire du moins accepter un qui aurait pu \u00eatre pire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[58],"class_list":["post-2016","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-58"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v26.7 (Yoast SEO v26.8) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Avril 1948 - Les besoins humains - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/avril-1948-les-besoins-humains\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Avril 1948 - Les besoins humains\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00ab\u00a0Que d\u00e9sirons-nous\u00a0?\u00a0\u00bb Voil\u00e0 la grande question de la vie. 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