{"id":2012,"date":"1998-09-01T00:00:00","date_gmt":"1998-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-79-n-4-automne-1998-chronique-dun-millenaire\/"},"modified":"2022-10-17T18:08:09","modified_gmt":"2022-10-17T18:08:09","slug":"vol-79-n-4-automne-1998-chronique-dun-millenaire","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-79-n-4-automne-1998-chronique-dun-millenaire\/","title":{"rendered":"Vol. 79 N\u00b0 4 &#8211; Automne 1998 &#8211; Chronique d&rsquo;un mill\u00e9naire"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Entrevu par l&rsquo;\u00e9troite lucarne du vingti\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;avenir de notre esp\u00e8ce para\u00eet terriblement compromis. Contempl\u00e9 au travers de l&rsquo;immense baie du mill\u00e9naire, il s&rsquo;annonce au contraire comme une longue ascension vers un sommet aux contours encore inimaginables.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du dernier mill\u00e9naire, deux \u00e9coles de pens\u00e9e se partageaient la frange instruite de la population europ\u00e9enne. La premi\u00e8re annon\u00e7ait le retour imminent du Christ et l&rsquo;av\u00e8nement concomitant de mille ann\u00e9es de bonheur universel; l&rsquo;autre proph\u00e9tisait rien de moins que la fin du monde d\u00e8s la premi\u00e8re seconde du premier jour de l&rsquo;An 1000.<\/p>\n<p>Nous en sommes toujours l\u00e0, \u00e0 quelques variations chronologiques et programmatiques pr\u00e8s. En dignes h\u00e9ritiers des clercs m\u00e9di\u00e9vaux, nos futurologues se partagent eux aussi en deux camps irr\u00e9conciliables\u00a0: d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, ceux qui anticipent une ascension vers de nouveaux sommets de confort mat\u00e9riel; de l&rsquo;autre, ceux qui pr\u00e9voient l&rsquo;effondrement de la civilisation.<\/p>\n<p>\u00c0 premi\u00e8re vue, la th\u00e8se des seconds semble plus plausible. Ensemble ou s\u00e9par\u00e9ment, les menaces qui p\u00e8sent sur l&rsquo;humanit\u00e9 &#8211; famine mondiale, d\u00e9sastre \u00e9cologique, pand\u00e9mies, d\u00e9r\u00e8glement du climat, guerre nucl\u00e9aire ou biologique &#8211; devraient emp\u00eacher notre esp\u00e8ce de survivre mille ans, ou m\u00eame seulement cinq cents.<\/p>\n<p>De tous les risques que nous courons, la surpopulation est sans aucun doute le plus grave. Le nombre des bouches \u00e0 nourrir s&rsquo;accro\u00eet \u00e0 un rythme prodigieux\u00a0: en un demi-si\u00e8cle, il est pass\u00e9 de deux milliards sept cent cinquante millions \u00e0 cinq milliards. Si rien ne change, il doublera encore d&rsquo;ici 50 ans.<\/p>\n<p>Or, les pays accabl\u00e9s par cette explosion d\u00e9mographique sont en proie \u00e0 une mis\u00e8re si effroyable que la faim y fait d\u00e9j\u00e0 des ravages. Quelque 800 millions d&rsquo;\u00eatres humains, plus de 25 fois la population du Canada, croupissent dans ce que les experts de l&rsquo;ONU d\u00e9nomment \u00ab\u00a0pauvret\u00e9 absolue\u00a0\u00bb, condamn\u00e9s \u00e0 la malnutrition chronique. Trois milliards vivent dans une \u00ab\u00a0pauvret\u00e9 relative\u00a0\u00bb\u00a0 qui leur assure logement et nourriture, mais ne leur laisse pas de quoi se v\u00eatir convenablement, se soigner ou s&rsquo;instruire.<\/p>\n<p>Cette croissance d\u00e9brid\u00e9e met \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve bien plus que la capacit\u00e9 de la Terre \u00e0 nourrir ses habitants. Pour tenter d&rsquo;endiguer cette mis\u00e8re, les pays du Tiers Monde s&rsquo;industrialisent \u00e0 marches forc\u00e9es, sans souci des d\u00e9g\u00e2ts potentiellement mortels qu&rsquo;ils infligent \u00e0 l&rsquo;environnement. Leurs vastes for\u00eats, pr\u00e9cieux poumons de notre plan\u00e8te, sont ras\u00e9es pour fournir du bois de chauffage et des terres aux paysans. Pendant ce temps, les zones agricoles les plus fertiles, surexploit\u00e9es, se transforment en d\u00e9serts.<\/p>\n<p>Cette qu\u00eate d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e d&rsquo;espace et de ressources risque fort de d\u00e9boucher sur d&rsquo;atroces guerres intestines ou ext\u00e9rieures qui jetteront sur les routes des l\u00e9gions de r\u00e9fugi\u00e9s. Devant un tableau aussi sinistre, on se demande comment qui que ce soit peut entretenir quelque espoir pour le si\u00e8cle, et plus encore, pour le mill\u00e9naire approchant.<\/p>\n<p>L&rsquo;espoir est permis, pourtant, car s&rsquo;il est une chose que nous enseigne l&rsquo;histoire du second mill\u00e9naire de notre \u00e8re, c&rsquo;est que le progr\u00e8s est t\u00eatu. Il poursuivra sa route, soyez-en s\u00fbrs. Il avancera m\u00eame beaucoup plus vite qu&rsquo;avant, car les ressources \u00e0 sa disposition, au premier chef l&rsquo;intelligence humaine, seront plus abondantes que jamais.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9dictions apocalyptiques prennent presque toutes comme point de d\u00e9part la fin du vingti\u00e8me si\u00e8cle. Premi\u00e8re civilisation de l&rsquo;histoire \u00e0 \u00eatre en communication instantan\u00e9e avec le monde entier, notre soci\u00e9t\u00e9 est devenue incroyablement impressionnable; les m\u00e9dias en font leurs choux gras, sonnant le tocsin au moindre pr\u00e9texte. Il faut croire que nous aimons nous faire peur. Et l&rsquo;auto- annihilation de la race humaine est \u00e9videmment la meilleure histoire d&rsquo;horreur qui se puisse inventer.<\/p>\n<p>Nous sommes soumis \u00e0 un tel barrage d&rsquo;information que nous ne pr\u00eatons attention qu&rsquo;\u00e0 ce qui est nouveau ou sensationnel. Et cela nous porte \u00e0 exag\u00e9rer l&rsquo;importance des tendances actuelles dans le grand mouvement de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>Ce \u00ab\u00a0chronocentrisme\u00a0\u00bb\u00a0(pardonnez le n\u00e9ologisme) am\u00e8ne d&rsquo;\u00e9minents universitaires \u00e0 parler sans rire du \u00ab\u00a0pr\u00e9-vingti\u00e8me si\u00e8cle\u00a0\u00bb\u00a0comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de la pr\u00e9histoire &#8211; comme si tout ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 depuis 3 000 ans n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un vague pr\u00e9lude \u00e0 la glorieuse histoire de notre temps. Seul un enfant de cette \u00e9poque narcissique pouvait intituler un livre <em>La fin de l&rsquo;histoire<\/em>, comme l&rsquo;a fait Francis Fukuyama en 1989, avec un spectaculaire succ\u00e8s de librairie, d&rsquo;ailleurs.<\/p>\n<h3>Durant ces milles ann\u00e9es, s&rsquo;il est une le\u00e7on \u00e0 en tirer, c&rsquo;est que les capacit\u00e9s de notre esp\u00e8ce se sont accrues de mani\u00e8re exponentielle.<\/h3>\n<h3>Le progr\u00e8s engendre le progr\u00e8s<\/h3>\n<p>\u00c0 vrai dire, les h\u00e9rauts de \u00ab\u00a0l&rsquo;Apocalypse demain\u00a0\u00bb\u00a0ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils pr\u00e9sument que les tendances actuelles dureront \u00e9ternellement\u00a0: que le moteur \u00e0 explosion restera roi et ma\u00eetre de la route, polluant l&rsquo;air et \u00e9puisant les r\u00e9serves de p\u00e9trole; que les nappes phr\u00e9atiques et zones humides de toute la plan\u00e8te seront pomp\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus une goutte d&rsquo;eau \u00e0 en tirer; que les chemin\u00e9es d&rsquo;usine continueront \u00e0 vomir leurs fum\u00e9es toxiques, \u00e9largissant \u00e0 l&rsquo;infini le trou dans la couche d&rsquo;ozone; bref, que l&rsquo;humanit\u00e9 ne fera rien ou presque pour cesser de salir son nid.<\/p>\n<p>C&rsquo;est faire fi d&rsquo;une maxime militaire qui a largement fait ses preuves\u00a0: pr\u00e9voir l&rsquo;impr\u00e9visible. Ces probl\u00e8mes apparemment insolubles pourraient demain \u00eatre r\u00e9duits \u00e0 l&rsquo;insignifiance par une d\u00e9couverte inopin\u00e9e, tout comme la variole a \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9e gr\u00e2ce au vaccin, elle qui avait fauch\u00e9 tant de millions de vie qu&rsquo;elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme le pire ennemi du genre humain. C&rsquo;est n\u00e9gliger aussi l&rsquo;une des principales le\u00e7ons de l&rsquo;histoire. Car, enfin, que fait l&rsquo;homme raisonnable lorsqu&rsquo;il est pr\u00e9venu d&rsquo;un danger\u00a0? Il s&rsquo;efforce de le conjurer ou d&rsquo;en att\u00e9nuer les effets.<\/p>\n<p>Nous sommes tellement obnubil\u00e9s par le pr\u00e9sent et le pass\u00e9 r\u00e9cent que nous ne percevons plus les mouvements s\u00e9culaires. Or, les pr\u00e9visions qu&rsquo;ils produisent sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes de celles qu&rsquo;on obtient en projetant simplement les oscillations du moment. Dans son vaste panorama historique du dernier mill\u00e9naire (Millenium, Bantam Press, 1995), Felipe Fernandez-Armesto note \u00e0 juste titre que \u00ab\u00a0les tendances d\u00e9mographiques donnent lieu depuis toujours \u00e0 des pr\u00e9dictions catastrophiques parce que les profanes qui les interpr\u00e8tent supposent que chaque nouvelle s\u00e9rie se prolongera ind\u00e9finiment; pourtant, les pr\u00e9visions bas\u00e9es sur ces tendances ne se sont jamais r\u00e9alis\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 tr\u00e8s court terme\u00a0\u00bb. La Terre, conclut-il, saura toujours nourrir ses enfants.<\/p>\n<p>De fait, si on consid\u00e8re le second mill\u00e9naire de notre \u00e8re dans son int\u00e9gralit\u00e9, on voit que rien, ni les pestes, ni les famines, ni les guerres mondiales, n&rsquo;a pu emp\u00eacher l&rsquo;esp\u00e8ce humaine de progresser. C&rsquo;est que le progr\u00e8s avance comme une boule de neige d\u00e9vale une pente\u00a0: de plus en plus vite \u00e0 mesure que sa masse augmente. Les g\u00e9n\u00e9rations qui devront r\u00e9soudre les probl\u00e8mes du futur disposeront ainsi de toute l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n<p>Puisqu&rsquo;il nous est donn\u00e9 de chevaucher deux mill\u00e9naires, pourquoi ne pas regarder derri\u00e8re nous aussi bien que devant\u00a0? La comparaison ne peut que nous rassurer sur nos chances de triompher des obstacles sur notre route; s&rsquo;il est une le\u00e7on \u00e0 en tirer, en effet, c&rsquo;est que les capacit\u00e9s de notre esp\u00e8ce se sont accrues de mani\u00e8re exponentielle durant ces mille ann\u00e9es. Les nouveaux h\u00e9rauts de l&rsquo;Apocalypse postulent que l&rsquo;homme ne change pas, n&rsquo;apprend pas. Or, l&rsquo;histoire du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire prouve exactement le contraire.<\/p>\n<h3>L&rsquo;av\u00e8nement de la cit\u00e9<\/h3>\n<p>Pour les besoins de la d\u00e9monstration, concentrons-nous sur l&rsquo;Europe occidentale, entre autres parce que c&rsquo;est la r\u00e9gion du monde dont l&rsquo;histoire est la mieux document\u00e9e. La liste des conditions d&rsquo;existence de sa population il y a mille ans ressemble \u00e0 une litanie de mal\u00e9dictions\u00a0: analphab\u00e9tisme, brigandage, despotisme, \u00e9pid\u00e9mies, fanatisme, ignorance, malpropret\u00e9, pauvret\u00e9, servage, superstition, torture, vermine et bien d&rsquo;autres encore.<\/p>\n<p align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/fall1998_1.gif\" alt=\"image\" hspace=\"5\" vspace=\"5\" \/><\/p>\n<p>M\u00eame dans ces t\u00e9n\u00e8bres, les hommes se montrent capables d&rsquo;apprendre, et leurs progr\u00e8s lents mais patients mettront fin \u00e0 cet \u00e2ge sombre. S&rsquo;\u00e9tant r\u00e9appropri\u00e9 la sagesse et le savoir de l&rsquo;Antiquit\u00e9 en traduisant les oeuvres des philosophes et des savants grecs, romains et arabes, ils recommencent \u00e0 d\u00e9velopper les math\u00e9matiques, l&rsquo;architecture, la musique. Leurs \u00e9lites \u00e9changent id\u00e9es et observations \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;un tout nouveau moyen de communication \u00e0 distance\u00a0: le papier et la plume.<\/p>\n<p>Le premier grand progr\u00e8s social du mill\u00e9naire survient vers la fin du treizi\u00e8me si\u00e8cle, avec la naissance des villes. L\u00e0 s&rsquo;\u00e9labore le mod\u00e8le institutionnel qui fonde la civilisation occidentale contemporaine. Ces proto-municipalit\u00e9s sont en effet g\u00e9r\u00e9es par des guildes marchandes et des corporations artisanales; leurs citoyens acqui\u00e8rent graduellement des droits pr\u00e9cis en contrepartie de leurs devoirs civiques. Ces centres urbains deviennent en outre les foyers d&rsquo;une vie intellectuelle intense, attirant les penseurs et faisant vivre les premi\u00e8res universit\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;appartenance \u00e0 la cit\u00e9 engendre au fil des ans une solidarit\u00e9 citoyenne qui inspire la construction d&rsquo;h\u00f4pitaux et d&rsquo;orphelinats. Ces institutions nouvelles t\u00e9moignent de l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;un sentiment qui sous-tend la philosophie politique de la civilisation\u00a0: la conviction que le fort doit assistance au faible et qu&rsquo;il est juste de consacrer une part des richesses collectives \u00e0 cette fin.<\/p>\n<h3>Vers une soci\u00e9t\u00e9 plus humaine<\/h3>\n<p>De si\u00e8cle en si\u00e8cle, la vie quotidienne devient plus supportable pour un nombre croissant de gens. Du quatorzi\u00e8me au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, cette volont\u00e9 de faire mieux nous permet d&rsquo;inventer quantit\u00e9 de choses si utiles qu&rsquo;elles nous paraissent aller de soi\u00a0: les lunettes, l&rsquo;imprimerie, le plombage dentaire, le billet de banque, le service postal, l&rsquo;eau courante, l&rsquo;\u00e9clairage public, la machine \u00e0 coudre, la conserve&#8230;<\/p>\n<p>Au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, le rythme de ce progr\u00e8s technique acc\u00e9l\u00e8re subitement; l&rsquo;heure du d\u00e9collage \u00e9conomique a sonn\u00e9. L&rsquo;invention de la machine \u00e0 vapeur marque le grand tournant civilisateur qui lib\u00e8re l&rsquo;homme de sa d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des forces de la nature\u00a0: la traction animale, l&rsquo;eau, le vent et ses propres muscles.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le se d\u00e9veloppe un mouvement intellectuel au nom profond\u00e9ment \u00e9vocateur\u00a0: les Lumi\u00e8res. Il fera plus pour l&rsquo;avancement de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine que toutes les machines \u00e0 vapeur. C&rsquo;est lui, en effet, qui formule le discours politique contemporain\u00a0: tous les hommes naissent \u00e9gaux (pour les femmes il faudra attendre un peu, h\u00e9las\u00a0!) et doivent donc jouir des m\u00eames droits. Les id\u00e9es des philosophes des Lumi\u00e8res font para\u00eetre r\u00e9pugnantes des pratiques qui \u00e9taient jusque l\u00e0 monnaie courante. Leurs discours sur les droits fondamentaux influencent les monarques les plus \u00e9clair\u00e9s, menant \u00e0 l&rsquo;abolition du servage dans plusieurs pays europ\u00e9ens et, en 1784, \u00e0 celle de l&rsquo;esclavage en France. L&rsquo;Angleterre imitera l&rsquo;exemple de sa voisine. Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand, roi de Prusse, d\u00e9cr\u00e8te m\u00eame la libert\u00e9 de la pratique religieuse et de la presse, sapant une tradition bien ancr\u00e9e d&rsquo;intol\u00e9rance qui tol\u00e9rait tr\u00e8s officiellement&#8230; la torture et l&rsquo;ex\u00e9cution des dissidents.<\/p>\n<h3>Imaginez si, au cours des dix derniers si\u00e8cles, les femmes avaient pu entrer en politique comme elles entraient en religion, si elles avaient eu le droit d&rsquo;aller et d&rsquo;enseigner \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, de faire de la recherche scientifique, d&rsquo;exercer le m\u00e9tier d&rsquo;ing\u00e9nieur; o\u00f9 serions-nous aujourd&rsquo;hui\u00a0?<\/h3>\n<p>\u00c0 partir de ce moment, les progr\u00e8s deviennent quasiment in\u00e9vitables. L&rsquo;\u00e9lan du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle se transmet au dix-neuvi\u00e8me, qui l&rsquo;amplifie au point que d\u00e9couvertes et inventions s&rsquo;y succ\u00e8dent \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame rythme que les mois dans l&rsquo;ann\u00e9e. Nombre des \u00ab\u00a0 n\u00e9cessit\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0de la vie moderne verront le jour bien avant 1900\u00a0: l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, les t\u00e9l\u00e9communications, l&rsquo;automobile, les tissus synth\u00e9tiques, le cin\u00e9ma, l&rsquo;enregistrement sonore, les machines agricoles \u00e0 haut rendement.<\/p>\n<p>L&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9ploiera encore des tr\u00e9sors d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 durant le vingti\u00e8me si\u00e8cle, pas toujours pour la bonne cause, malheureusement\u00a0: l&rsquo;armement consumera une part beaucoup trop grande de nos efforts d&rsquo;imagination. Il n&#8217;emp\u00eache que nous, citoyens des pays industrialis\u00e9s, devons nos remarquables conditions de vie aux inventeurs des deux sexes qui se sont engouffr\u00e9s dans la br\u00e8che ouverte par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Sur le plan historique, l&rsquo;aspect le plus frappant de ce dernier mouvement, c&rsquo;est son extension\u00a0: presque tous les membres des soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9es jouissent d&rsquo;un niveau de confort jadis r\u00e9serv\u00e9 aux riches parmi les riches.<\/p>\n<h3>Les miracles de la croissance<\/h3>\n<p>Ce progr\u00e8s spectaculaire \u00e9tonne d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il s&rsquo;est r\u00e9alis\u00e9 sans l&rsquo;apport d&rsquo;une bonne moiti\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9. Imaginez qu&rsquo;au cours des dix derniers si\u00e8cles, les femmes aient pu entrer en politique comme elles entraient en religion, qu&rsquo;elles aient eu le droit d&rsquo;aller et d&rsquo;enseigner \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, de faire de la recherche scientifique, d&rsquo;exercer le m\u00e9tier d&rsquo;ing\u00e9nieur\u00a0: o\u00f9 serions -nous aujourd&rsquo;hui\u00a0? Et elles n&rsquo;\u00e9taient pas les seules \u00e0 subir cette exclusion honteuse, fruit de la discrimination et de l&rsquo;ignorance. Quand on songe \u00e0 cet immense gaspillage, on se dit que l&rsquo;esp\u00e8ce humaine est tr\u00e8s loin d&rsquo;avoir donn\u00e9 toute sa mesure.<\/p>\n<p>Chose certaine, si les populations des pays industrialis\u00e9s jouissent dans l&rsquo;ensemble d&rsquo;un niveau de vie correct, c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 la croissance \u00e9conomique induite par le progr\u00e8s social et technique. Pourtant, il se trouve des experts, et non des moindres, pour la d\u00e9crier. En 1972, Potomac Associates, une \u00e9quipe de recherche affili\u00e9e au M.I.T., a publi\u00e9 un livre dont le titre \u00e9tait en soi tout un programme\u00a0: Halte \u00e0 la croissance. Sa th\u00e8se portait sur la r\u00e9duction de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique dans le monde, sinon les limites en seraient atteintes avant cent ans.<\/p>\n<p>Quatre ans plus tard, Herman Kahn et ses coll\u00e8gues de l&rsquo;institut Hudson, \u00e0 New York, publiaient The Next 200 Years, une vigoureuse antith\u00e8se dans laquelle ils rappelaient que les pays industrialis\u00e9s avaient tous \u00e9t\u00e9 sous-d\u00e9velopp\u00e9s au sens contemporain du terme, et que c&rsquo;\u00e9tait justement la croissance qui leur avait apport\u00e9 l&rsquo;envergure dont ils jouissaient \u00e0 pr\u00e9sent. Pourquoi devrait-il en \u00eatre autrement pour les pays en voie de d\u00e9veloppement\u00a0?<\/p>\n<p>S&rsquo;agissant de l&rsquo;\u00e9quation malthusienne population\/nourriture, ils posaient le probl\u00e8me en ces termes\u00a0: les pessimistes font grand cas du fait que les \u00ab\u00a0meilleures terres arables\u00a0\u00bb\u00a0sont exploit\u00e9es, mais ils oublient que l&rsquo;homme a d\u00fb les mettre en culture pour qu&rsquo;elles le deviennent. En r\u00e9alit\u00e9, ils ont calcul\u00e9 que la superficie utile de notre plan\u00e8te est au moins quatre fois plus grande que celle qui est effectivement cultiv\u00e9e. Par cons\u00e9quent, la Terre pourrait nourrir trois fois plus d&rsquo;\u00eatres humains sans qu&rsquo;il soit jamais besoin de recourir \u00e0 des moyens artificiels comme la transformation de produits non comestibles ou la culture hydroponique. Du reste, selon l&rsquo;\u00e9quipe de Hudson, le d\u00e9veloppement freinera la croissance d\u00e9mographique du Tiers Monde comme il a ralenti celle des populations occidentales depuis 150 ans parce que l&rsquo;am\u00e9lioration des conditions de vie s&rsquo;accompagnera d&rsquo;un rel\u00e8vement du niveau de scolarit\u00e9. Selon eux, les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er se marieront plus tard si elles passent plus d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<h3>Qui sait si nous n&rsquo;\u00e9changerons pas un jour par radio avec d&rsquo;autres intelligences\u00a0?<\/h3>\n<p>Pour le clan des optimistes, l&rsquo;\u00e9ducation est la planche de salut de l&rsquo;humanit\u00e9. Alvin Toffler, par exemple, observe dans La troisi\u00e8me vague\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais dans l&rsquo;histoire tant de gens bien pr\u00e9par\u00e9s n&rsquo;ont eu acc\u00e8s \u00e0 une si vaste somme de connaissances de toute nature.\u00a0\u00bb\u00a0 Les applications futures de ce savoir &#8211; qui grandit d&rsquo;heure en heure &#8211; apporteront peut-\u00eatre aux probl\u00e8mes contemporains des solutions dont nous n&rsquo;imaginons m\u00eame pas la forme.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/fall1998_2.gif\" alt=\"image\" align=\"left\" hspace=\"5\" vspace=\"5\" \/><\/p>\n<p>Ce que nous pouvons parfaitement imaginer, en revanche, c&rsquo;est un monde dans lequel le savoir de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine aurait r\u00e9gl\u00e9 ou presque bon nombre des probl\u00e8mes actuels. Puisqu&rsquo;on a trouv\u00e9 rem\u00e8de \u00e0 des maladies qui \u00e9taient autrefois mortelles, on devrait parvenir \u00e0 gu\u00e9rir le cancer. Les recherches en cours dans le domaine de l&rsquo;\u00e9nergie peuvent d\u00e9boucher sur une source in\u00e9puisable de carburant propre ou&#8230; sur un moteur qui roule sans carburant. Nous avons beaucoup avanc\u00e9 par nos propres moyens, mais qui sait si nous n&rsquo;\u00e9changerons pas un jour par radio avec d&rsquo;autres intelligences\u00a0?<\/p>\n<p>Cela dit, il faut admettre que le progr\u00e8s technologique ne fera pas notre bonheur si nous devons vivre dans l&rsquo;oppression et la terreur. Fid\u00e8les au principe de l&rsquo;immuabilit\u00e9 de la nature humaine, les proph\u00e8tes de malheur nous d\u00e9peignent des populations d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es se livrant pieds et poings li\u00e9s \u00e0 des d\u00e9magogues vite transform\u00e9s en tyrans. Si le cynique a raison, si l&rsquo;\u00eatre humain n&rsquo;est m\u00fb que par la peur, la cupidit\u00e9, la haine et quelques autres passions inavouables, alors oui, le fort exploitera toujours le faible.<\/p>\n<p>Est-il si s\u00fbr, toutefois, que la nature humaine ne puisse changer\u00a0? Voyez l&rsquo;histoire du dernier mill\u00e9naire. Pour les citoyens des pays d\u00e9velopp\u00e9s, la chambre de torture et le navire esclavagiste ne sont plus que les symboles affreux d&rsquo;un pass\u00e9 si \u00e9tranger \u00e0 leur exp\u00e9rience qu&rsquo;il pourrait appartenir \u00e0 une civilisation extraterrestre. Et nous avons bien du mal \u00e0 croire qu&rsquo;un d\u00e9lit mineur, une fausse signature, ait \u00e9t\u00e9 puni de mort dans l&rsquo;Angleterre du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. La cruaut\u00e9 et l&rsquo;injustice persistent certes dans la soci\u00e9t\u00e9 occidentale contemporaine, mais nous avons psychologiquement rompu avec les horreurs de notre pass\u00e9.<\/p>\n<p>Nous avons invent\u00e9 la coop\u00e9ration internationale pour tenter de combler au moins partiellement l&rsquo;\u00e9cart s\u00e9parant nos conditions de vie de celles du Tiers Monde. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que nous repr\u00e9sentons seulement le tiers de la population mondiale; la grande masse du genre humain vit encore dans des pays o\u00f9 s\u00e9vissent l&rsquo;injustice sociale, la violence, le despotisme et la corruption.<\/p>\n<p>Est-il absurde de lutter pour que les peuples de ces contr\u00e9es ravag\u00e9es par la pauvret\u00e9, la pollution et les conflits jouissent eux aussi de conditions de vie d\u00e9centes\u00a0? Pas quand on pense \u00e0 tous les r\u00eaves insens\u00e9s qui sont devenus r\u00e9alit\u00e9 depuis mille ans. Le monde sera-t-il sauv\u00e9\u00a0? Et surtout, saurons-nous en faire un lieu de vie plus doux pour tous ceux qui l&rsquo;habitent\u00a0? L&rsquo;exemple des pays d\u00e9velopp\u00e9s autorise \u00e0 esp\u00e9rer que m\u00eame la r\u00e9ponse \u00e0 la deuxi\u00e8me question sera oui.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[55],"class_list":["post-2012","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-55"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 79 N\u00b0 4 - Automne 1998 - Chronique d&#039;un mill\u00e9naire - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-79-n-4-automne-1998-chronique-dun-millenaire\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 79 N\u00b0 4 - Automne 1998 - Chronique d&#039;un mill\u00e9naire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Entrevu par l&rsquo;\u00e9troite lucarne du vingti\u00e8me si\u00e8cle, l&rsquo;avenir de notre esp\u00e8ce para\u00eet terriblement compromis. 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