{"id":2008,"date":"1979-08-01T00:00:00","date_gmt":"1979-08-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-8-aout-1979-vivent-les-americains\/"},"modified":"2022-10-17T15:43:39","modified_gmt":"2022-10-17T15:43:39","slug":"vol-60-n-8-aout-1979-vivent-les-americains","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-8-aout-1979-vivent-les-americains\/","title":{"rendered":"Vol. 60, N\u00b0 8 &#8211; Ao\u00fbt 1979 &#8211; Vivent les Am\u00e9ricains\u00a0!"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Nous consid\u00e9rons ici nos voisins du sud avec amiti\u00e9 et estime. Ils ont leurs d\u00e9fauts, qu&rsquo;ils sont les premiers \u00e0 reconna\u00eetre. Mais les avantages de vivre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;eux l&#8217;emportent largement sur les inconv\u00e9nients. D&rsquo;ailleurs, un pays qui a invent\u00e9 le base-ball peut-il \u00eatre enti\u00e8rement mauvais\u00a0?<\/p>\n<p>Les Canadiens savent fort bien &#8211; ou devraient savoir &#8211; qu&rsquo;ils habitent un grand pays. Ce qu&rsquo;ils savent peut-\u00eatre moins, c&rsquo;est qu&rsquo;ils habitent aussi un grand continent, et ce non seulement au sens g\u00e9ographique du terme. Leur appartenance \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord est pour tous les Canadiens une r\u00e9alit\u00e9 spirituelle aussi bien que mat\u00e9rielle. Et cela en raison surtout du mode de vie, des coutumes et des valeurs des 220 millions d&rsquo;habitants des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Les Canadiens se plaignent souvent que les Am\u00e9ricains les consid\u00e8rent comme quantit\u00e9 n\u00e9gligeable. Leur ignorance de notre pays frise parfois le ridicule. \u00ab\u00a0Lorsqu&rsquo;on a mentionn\u00e9 le Canada, disait cet \u00e9blouissant produit de la culture am\u00e9ricaine que fut Marilyn Monroe, j&rsquo;ai cru que c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0-haut quelque part dans les montagnes.\u00a0\u00bb Sur un plan plus s\u00e9rieux, rien n&rsquo;irrite autant les Canadiens que d&rsquo;entendre insinuer de temps \u00e0 autre par Washington que, parce que les \u00c9tats-Unis adoptent une certaine ligne de conduite diplomatique, le Canada devrait automatiquement faire de m\u00eame. Mais ne tenons-nous pas, nous aussi, pour n\u00e9gligeable l&rsquo;avantage d&rsquo;avoir pour voisin un peuple aussi magnanime\u00a0? Nous avons tendance \u00e0 consid\u00e9rer ses qualit\u00e9s de bons voisins comme notre d\u00fb, tout en faisant impertinemment un monde de ses erreurs, de ses \u00e9checs et de ses d\u00e9fauts.<\/p>\n<p>Certains chauds partisans du nationalisme canadien pr\u00e9tendront peut-\u00eatre qu&rsquo;il est illusoire de parler des bienfaits de notre proximit\u00e9 du pays de la CIA, du hamburger institutionnalis\u00e9 et des multinationales. L&rsquo;avantage primordial qui sous-tend tout le d\u00e9bat est si consid\u00e9rable et si simple \u00e0 la fois qu&rsquo;il est facile de l&rsquo;oublier. C&rsquo;est que nous avons v\u00e9cu en paix avec les \u00c9tats-Unis durant plus d&rsquo;un si\u00e8cle et demi, ce qui repr\u00e9sente sans doute un record pour un pays relativement petit limitrophe d&rsquo;une grande puissance. Pendant tout ce temps, alors que les canons et les bombes saccageaient par intervalles de vastes secteurs du globe, les Canadiens sont rest\u00e9s \u00e0 l&rsquo;abri des horreurs de la guerre sur leur territoire. Et cette protection n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 acquise au prix de la subordination. Les Canadiens ont r\u00e9ussi \u00e0 vivre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec une grande nation militaire tout en conservant un niveau d&rsquo;ind\u00e9pendance politique, de s\u00e9curit\u00e9 et de prosp\u00e9rit\u00e9 qui ferait l&rsquo;envie de bien des pays du monde.<\/p>\n<p>Pourtant, m\u00eame les Canadiens qui ne sont pas nationalistes sont port\u00e9s \u00e0 regarder les \u00c9tats-Unis avec des sentiments partag\u00e9s. L&rsquo;importance des capitaux am\u00e9ricains dans notre \u00e9conomie et la puissance de p\u00e9n\u00e9tration de la culture am\u00e9ricaine parmi nous sont depuis longtemps des sujets de pr\u00e9occupations politiques. Des lois destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9duire l&rsquo;influence \u00e9conomique et culturelle des Am\u00e9ricains ont re\u00e7u au moins l&rsquo;approbation tacite de l&rsquo;\u00e9lectorat. Il importe toutefois de ne pas prendre pour de l&rsquo;anti-am\u00e9ricanisme le d\u00e9sir que manifestent les Canadiens de demeurer diff\u00e9rents des Am\u00e9ricains, m\u00eame si l&rsquo;on tente parfois, pour servir des int\u00e9r\u00eats personnels, d&rsquo;en fausser ainsi le sens.<\/p>\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, le Canadien qui a une animosit\u00e9 quelconque envers les Am\u00e9ricains en tant qu&rsquo;individus est plut\u00f4t rare. Les Canadiens en g\u00e9n\u00e9ral t\u00e9moignent d&rsquo;une cordiale estime pour les Am\u00e9ricains, m\u00eame si certains n&rsquo;approuvent pas toujours <em>les <\/em>Am\u00e9ricains et ce qu&rsquo;ils font. <em>Les <\/em>Am\u00e9ricains, ce sont les candides pachydermes de la finance mondiale, avec leurs tout-puissants capitaux, leurs marques commerciales omnipr\u00e9sentes, leurs men\u00e9es politiques, leurs ogives nucl\u00e9aires. Ce sont ces gens qui parlent anglais avec un accent et un vocabulaire particuliers, qui n&rsquo;aspergent pas leurs frites de vinaigre, qui aiment leur bi\u00e8re douce, leurs cigarettes fortes et leur th\u00e9 glac\u00e9.<\/p>\n<p>Ils forment une faune color\u00e9e, adorant les voyages, les v\u00eatements voyants, les \u00ab\u00a0gadgets\u00a0\u00bb, les aliments dans lesquels on mord et les audacieuses variations m\u00e9taphoriques sur la langue anglaise. Ils pr\u00e9f\u00e8rent les pr\u00e9noms aux noms de famille, et, dans la conversation, vous appellent par votre petit nom \u00e0 toutes les deux phrases. Ils pratiquent ou regardent une vari\u00e9t\u00e9 d\u00e9concertante de jeux. Ils sont membres de clubs et de loges portant des noms d&rsquo;animaux. Ils parlent aux \u00e9trangers aux coins des rues et dans les casse-cro\u00fbte. Comme ils diraient eux-m\u00eames, ils sont affables en diable.<\/p>\n<p>Ce sont l\u00e0 certes des g\u00e9n\u00e9ralisations, car il se trouve des Am\u00e9ricains de toute taille et stature, de toute couleur et de toute nuance d&rsquo;opinion. Ils ont pourtant certains traits communs superficiels, et d&rsquo;autres aussi qui sont plus profonds. \u00c0 tout prendre, ce sont des gens d&rsquo;une bonne volont\u00e9 constante, m\u00eame si elle est parfois malencontreuse. Ils tendent \u00e0 \u00eatre intelligents, laborieux et comp\u00e9tents. Ce qui ne les emp\u00eache pas d&rsquo;\u00eatre hospitaliers, sans fa\u00e7on et plaisants. Ils ne se prennent pas trop au s\u00e9rieux. Leur don de se moquer de leurs travers nationaux est tr\u00e8s vif, et ils l&rsquo;exercent plus que personne au monde dans leurs media.<\/p>\n<p>Pour employer un lieu commun, ce sont des gens agr\u00e9ables\u00a0: agr\u00e9ables \u00e0 conna\u00eetre, agr\u00e9ables \u00e0 entendre, agr\u00e9ables \u00e0 c\u00f4toyer. Les Canadiens trouvent qu&rsquo;il est facile de s&rsquo;entendre avec les Am\u00e9ricains sur le plan personnel, car il existe entre les deux nationalit\u00e9s une familiarit\u00e9 unique au monde. Les voyages et les op\u00e9rations commerciales entre les deux \u00c9tats sont plus nombreux qu&rsquo;entre chacun d&rsquo;eux et leurs autres voisins. Les deux pays ont connu dans leur histoire de larges \u00e9changes de population, ainsi qu&rsquo;en t\u00e9moignent les Franco-Am\u00e9ricains de la Nouvelle-Angleterre et les descendants des fermiers et des cow-boys qui jou\u00e8rent un grand r\u00f4le dans la colonisation de l&rsquo;Ouest canadien. Jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment la fronti\u00e8re est rest\u00e9e grande ouverte \u00e0 l&rsquo;immigration dans les deux sens.<\/p>\n<h3>Le confort mat\u00e9riel, symbole de l&rsquo;id\u00e9al am\u00e9ricain de la libert\u00e9<\/h3>\n<p>Les Am\u00e9ricains sont fiers de ce qu&rsquo;ils appellent leur \u00ab\u00a0savoir-faire\u00a0\u00bb. S&rsquo;il a servi quelquefois \u00e0 soutenir la cause de la destruction, il a tendu beaucoup plus souvent \u00e0 am\u00e9liorer le sort des hommes dans la vie. Le Canada a \u00e9t\u00e9 le principal b\u00e9n\u00e9ficiaire de ce m\u00e9lange de technique munificente et de franchise dans la mani\u00e8re d&rsquo;assurer la bonne marche des choses. Nos industries et nos professions utilisent des m\u00e9thodes et des techniques am\u00e9ricaines, et l&rsquo;on trouve partout au Canada des machines, des appareils et du mat\u00e9riel \u00e9lectronique de conception am\u00e9ricaine. L&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 am\u00e9ricaine, jointe \u00e0 la passion de la commodit\u00e9, a \u00e9limin\u00e9 une grande partie des corv\u00e9es de la vie courante des Canadiens, de celle des ma\u00eetresses de maison en particulier. L&rsquo;id\u00e9al am\u00e9ricain de la libert\u00e9 se perp\u00e9tue dans l&rsquo;aspirateur et le lave-vaisselle, symboles en l&rsquo;occurrence de la lib\u00e9ration du labeur inutile.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;outillage, les techniques et les id\u00e9es, le Canada a \u00e9galement import\u00e9 des \u00c9tats-Unis beaucoup de talents humains. C&rsquo;est un fils de l&rsquo;Illinois, W. C. Van Horne, qui surveilla la construction du Pacifique Canadien, destin\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir les r\u00e9gions \u00e9parses de notre pays, et qui contribua ensuite \u00e0 int\u00e9grer ce chemin de fer \u00e0 un r\u00e9seau international de premier rang. Un demi-si\u00e8cle plus tard, un ministre d&rsquo;\u00c9tat canadien n\u00e9 au Massachusetts, C. D. Howe, ouvrait la voie \u00e0 la formation d&rsquo;une ligne a\u00e9rienne nationale, exemple typique des nombreuses institutions qu&rsquo;il cr\u00e9a. Il s&rsquo;assura aussi les services d&rsquo;un directeur am\u00e9ricain chevronn\u00e9 des entreprises de transports a\u00e9riens, Philip Johnson, pour faire prendre l&rsquo;air aux devanciers d&rsquo;Air Canada.<\/p>\n<p>Ces quelques exemples pris au hasard illustrent l&rsquo;immense contribution individuelle apport\u00e9e par certains Am\u00e9ricains au progr\u00e8s et au bien-\u00eatre du Canada. Que beaucoup d&rsquo;entre eux aient opt\u00e9 pour la nationalit\u00e9 canadienne, ce n&rsquo;est pas l\u00e0 la question. La question, c&rsquo;est qu&rsquo;en raison de leurs affinit\u00e9s, les Am\u00e9ricains et les Canadiens ont toujours \u00e9t\u00e9 en mesure de travailler ensemble dans un esprit de libre collaboration. Cet esprit se changea en d\u00e9vouement mutuel pendant la Seconde Guerre mondiale, o\u00f9 les citoyens des deux pays combattirent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te pour d\u00e9fendre la d\u00e9mocratie. L&rsquo;histoire des relations canado-am\u00e9ricaines est parsem\u00e9e de causes communes, et les deux peuples partagent les m\u00eames id\u00e9aux fondamentaux.<\/p>\n<p>Ils partagent aussi beaucoup d&rsquo;autres choses. Que de Canadiens et d&rsquo;Am\u00e9ricains travaillent pour la m\u00eame entreprise, appartiennent au m\u00eame syndicat, applaudissent la m\u00eame \u00e9quipe sportive, conduisent la m\u00eame voiture, regardent les m\u00eames \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision et s&rsquo;habillent \u00e0 peu pr\u00e8s de la m\u00eame fa\u00e7on. C&rsquo;est l\u00e0 une cause de consternation pour nos nationalistes canadiens, qui semblent ignorer l&rsquo;existence de pays comme l&rsquo;\u00c9cosse, l&rsquo;Autriche, la Belgique et le Portugal, qui connaissent la m\u00eame situation par rapport \u00e0 leurs voisins du m\u00eame genre, sans \u00e9prouver de difficult\u00e9 \u00e0 conserver leur identit\u00e9 culturelle propre. Ils ne paraissent gu\u00e8re au fait non plus de l&rsquo;attrait et de la force de la culture am\u00e9ricaine dans toutes les parties du monde\u00a0: les blue-jeans sont fort pris\u00e9s dans les pays de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et des distributeurs automatiques de coca-cola ornent le vestibule du Quai d&rsquo;Orsay. Une grande part de notre r\u00e9sistance \u00e0 la culture am\u00e9ricaine semble teint\u00e9e de mesquinerie et d&rsquo;\u00e9troitesse de vues. Il est \u00e0 croire qu&rsquo;elle se dissipera \u00e0 mesure que les Canadiens prendront plus nettement confiance dans leurs capacit\u00e9s et la place de leurs pays dans le monde.<\/p>\n<h3>Pour aimer les illustr\u00e9s et la citrouille, on n&rsquo;en est pas moins Canadien<\/h3>\n<p>Entre-temps, la majorit\u00e9 des Canadiens continueront de savourer les fruits de la culture am\u00e9ricaine sans se sentir moins Canadiens pour autant. Ils riront des bandes dessin\u00e9es, renifleront sur les t\u00e9l\u00e9romans, mastiqueront du chewing-gum et mangeront de la dinde et de la tarte \u00e0 la citrouille le Jour d&rsquo;action de gr\u00e2ce, f\u00eate que nous c\u00e9l\u00e9brons en octobre et non en novembre en guise de variation typique sur un th\u00e8me am\u00e9ricain. Ils copieront l&rsquo;argot et le vocabulaire am\u00e9ricains et liront les livres \u00e0 succ\u00e8s de la liste publi\u00e9e par le <em>New York Times<\/em>.<\/p>\n<p>Les artistes canadiens bien dou\u00e9s persisteront \u00e0 fixer les yeux sur le Broadway et Hollywood, comme le font d&rsquo;ailleurs les acteurs de bien d&rsquo;autres pays. Leur mobile ne sera pas tant l&rsquo;argent que le d\u00e9sir de mesurer leurs dons aux meilleurs talents du monde. Car s&rsquo;il y a bien des choses superficielles et minables dans la culture am\u00e9ricaine, il en est aussi beaucoup qui sont excellentes. Si les \u00c9tats-Unis sont la patrie de la discordante musique rock, du t\u00e9l\u00e9policier insipide, des com\u00e9dies de situation sans esprit, ils sont \u00e9galement celle du jazz, de l&rsquo;op\u00e9rette du Broadway et de sept prix Nobel de litt\u00e9rature. L&rsquo;art distinctivement am\u00e9ricain de George Gershwin, de Duke Ellington, d&rsquo;Andrew Wyeth, de Mark Twain et de Tennessee Williams, pour ne citer que ceux-l\u00e0, est promis \u00e0 une dur\u00e9e sans fin.<\/p>\n<h3>La d\u00e9mocratie conteste les d\u00e9cisions de l&rsquo;arbitre<\/h3>\n<p>Pour observer les Am\u00e9ricains sous leurs meilleurs traits h\u00e9r\u00e9ditaires, il n&rsquo;est que de regarder leur passe-temps national, le paisible et bucolique sport du base-ball. Ce jeu, qui doit autant \u00e0 l&rsquo;intelligence qu&rsquo;aux muscles, est r\u00e9gi par un ensemble de r\u00e8gles dignes de la plume d&rsquo;un brillant avocat. Pendant les longs intervalles d&rsquo;inaction apparente qui s\u00e9parent les grandes pouss\u00e9es d&rsquo;activit\u00e9, une fascinante guerre de strat\u00e9gie se d\u00e9roule dans chaque lancer de la balle et dans chaque mouvement des joueurs.<\/p>\n<p>Le base-ball fait ressortir un certain nombre de caract\u00e9ristiques fondamentales des Am\u00e9ricains. C&rsquo;est un sport individualiste dans un contexte de jeu d&rsquo;\u00e9quipe. Un sport d\u00e9mocratique, dans lequel fervents, entra\u00eeneurs et joueurs se croient en droit de protester hautement contre les d\u00e9cisions de ce symbole d&rsquo;autorit\u00e9 p\u00e9remptoire qu&rsquo;est l&rsquo;arbitre. Un jeu qui demande beaucoup d&rsquo;effort et de d\u00e9vouement.<\/p>\n<p>Ce jeu porte en lui ce qu&rsquo;on pourrait appeler la mystification am\u00e9ricaine\u00a0: son allure trottinante, insouciante, indolente cache la prudence et le s\u00e9rieux de sa d\u00e9termination. Cette mollesse apparente a souvent tromp\u00e9 les ennemis des \u00c9tats-Unis\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne vois pas grand avenir pour les Am\u00e9ricains\u00a0\u00bb, a dit un jour Adolf Hitler. Les chefs politiques am\u00e9ricains eux-m\u00eames ont parfois \u00e9t\u00e9 dupes de l&rsquo;air d&rsquo;apathie et de docilit\u00e9 de leurs compatriotes. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 50, on aurait dit que le s\u00e9nateur Joseph McCarthy avait enti\u00e8rement affermi son emprise sur la conscience nationale en cr\u00e9ant l&rsquo;hyst\u00e9rie de la \u00ab\u00a0menace communiste\u00a0\u00bb. Mais il avait sous-estim\u00e9 l&#8217;empressement que mettent les Am\u00e9ricains \u00e0 changer brusquement de cap d\u00e8s qu&rsquo;ils s&rsquo;aper\u00e7oivent qu&rsquo;ils font fausse route. La pernicieuse influence du s\u00e9nateur fut an\u00e9antie par l&rsquo;arbitre souverain des affaires politiques aux \u00c9tats-Unis\u00a0: l&rsquo;opinion publique.<\/p>\n<h3>Une dimension plus humaine au \u00ab\u00a0r\u00eave am\u00e9ricain\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Ce qui n&rsquo;est gu\u00e8re surprenant, les critiques les plus acerbes de la <em>vox populi <\/em>am\u00e9ricaine ont \u00e9t\u00e9 les Am\u00e9ricains eux-m\u00eames. Le grand journaliste H. L. Mencken a invent\u00e9 l&rsquo;expression \u00ab\u00a0<em>Boobus Americanus<\/em>\u00a0\u00bb pour condamner la masse de ses compatriotes qu&rsquo;il traite de vulgaire, d&rsquo;avaricieuse, de racaille ignorante \u00e0 la remorque de chefs de troisi\u00e8me ordre dans une croisade contre les id\u00e9es nouvelles. Mais cela se passait \u00e0 l&rsquo;heureuse \u00e9poque des ann\u00e9es 20, o\u00f9 Mencken se permettait d&rsquo;affirmer\u00a0: \u00ab\u00a0La R\u00e9publique am\u00e9ricaine, comme disent les gens, a v\u00e9cu une vie s\u00fbre et tranquille, sans conna\u00eetre d&rsquo;ennemis s\u00e9rieux, ni \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur ni \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, ni de lutte acharn\u00e9e contre le besoin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pendant la m\u00eame d\u00e9cennie florissante para\u00eet <em>Babbitt<\/em>, de Sinclair Lewis, le joyeux conformiste de Gopher Prairie, qui devait devenir un personnage typiquement am\u00e9ricain. Les fougueux et stupides Babbitt de ce monde croyaient implicitement en quelque chose de mal d\u00e9fini appel\u00e9 \u00ab\u00a0le r\u00eave am\u00e9ricain\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait surtout, comme l&rsquo;a signal\u00e9 Eugene O&rsquo;Neill, contemporain de Lewis, un r\u00eave de mat\u00e9rialisme.<\/p>\n<p>Bien de choses sont venues depuis att\u00e9nuer l&rsquo;outrecuidance du r\u00eave am\u00e9ricain et lui conf\u00e9rer une dimension plus humaine. L&rsquo;effondrement du march\u00e9 des valeurs et la Grande Crise \u00e9conomique ont sinistrement d\u00e9montr\u00e9 que les \u00c9tats-Unis n&rsquo;\u00e9taient pas n\u00e9cessairement la terre promise. Le conflit avec le Japon et l&rsquo;Allemagne leur a enseign\u00e9 que la guerre n&rsquo;\u00e9tait pas une perspective r\u00e9jouissante. Et la guerre froide qui s&rsquo;ensuivit avec l&rsquo;Union sovi\u00e9tique leur a donn\u00e9 une id\u00e9e de l&rsquo;isolement que pouvait comporter la ma\u00eetrise des affaires mondiales.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les Am\u00e9ricains se sont trouv\u00e9s confront\u00e9s \u00e0 leurs propres points faibles. Le scandaleux traitement des noirs am\u00e9ricains n&rsquo;a pu passer plus longtemps inaper\u00e7u devant la revendication de leurs droits civils par les noirs et leurs alli\u00e9s blancs. Le probl\u00e9matique engagement des U.S.A. au Viet-nam, joint au d\u00e9senchantement de larges fractions de la jeunesse am\u00e9ricaine, a suscit\u00e9 le dissentiment des masses et le d\u00e9sordre. Le scandale du Watergate a montr\u00e9 que l&rsquo;obsession de la victoire \u00e0 n&rsquo;importe quel prix pouvait aboutir en fin de compte \u00e0 la d\u00e9faite.<\/p>\n<p>Dans tout cela, l&rsquo;opinion publique am\u00e9ricaine est demeur\u00e9e divis\u00e9e. Il n&rsquo;est jamais facile, dans une soci\u00e9t\u00e9 hautement \u00e9mancip\u00e9e et o\u00f9 les opinions sont innombrables, de r\u00e9aliser l&rsquo;unanimit\u00e9. Mais en derni\u00e8re analyse, il s&rsquo;est toujours trouv\u00e9 assez d&rsquo;Am\u00e9ricains qui croyaient vraiment aux id\u00e9aux humanitaires consacr\u00e9s par leur Constitution pour maintenir leur pays dans la voie de la justice et de l&rsquo;honneur. Laborieusement, tardivement et souvent sous les sifflets du reste du monde, les Am\u00e9ricains se sont employ\u00e9s \u00e0 r\u00e9parer leurs erreurs nationales.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Boobus Americanus<\/em>\u00a0\u00bb et Babbitt se sont \u00e9vanouis tout doucement dans la soci\u00e9t\u00e9 assagie et attentive qui a grandi depuis leurs beaux jours. M\u00eame l&rsquo;Am\u00e9ricain bien tranquille, cr\u00e9\u00e9 par Graham Green dans son roman des ann\u00e9es 50 sur la guerre d&rsquo;Indochine, semble en train de rendre son dernier soupir. \u00c0 leur place ont surgi des gens capables d&rsquo;affronter les \u00e9checs de l&rsquo;histoire avec toute la souplesse et la d\u00e9termination qui en ont fait un grand peuple \u00e0 l&rsquo;origine. L&rsquo;amiti\u00e9 ind\u00e9fectible des Canadiens leur \u00e9tait acquise depuis longtemps\u00a0; leurs r\u00e9centes infortunes leur ont valu notre respect imp\u00e9rissable.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[51],"class_list":["post-2008","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-51"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 60, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1979 - Vivent les Am\u00e9ricains\u00a0! - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-8-aout-1979-vivent-les-americains\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 60, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1979 - Vivent les Am\u00e9ricains\u00a0!\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Nous consid\u00e9rons ici nos voisins du sud avec amiti\u00e9 et estime. 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