{"id":2006,"date":"1977-08-01T00:00:00","date_gmt":"1977-08-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-58-n-8-aout-1977-nos-prejuges\/"},"modified":"2022-10-17T15:47:09","modified_gmt":"2022-10-17T15:47:09","slug":"vol-58-n-8-aout-1977-nos-prejuges","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-58-n-8-aout-1977-nos-prejuges\/","title":{"rendered":"Vol. 58, N\u00b0 8 &#8211; Ao\u00fbt 1977 &#8211; Nos pr\u00e9jug\u00e9s"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Les pr\u00e9jug\u00e9s sont notre probl\u00e8me le plus important dans nos rapports avec nos semblables.<\/p>\n<p>Ils nous ferment les yeux aux v\u00e9rit\u00e9s et aux id\u00e9es qui nous permettraient de vivre tous en bonne intelligence, de voter avec discernement, de respecter la libert\u00e9 de conscience et d&rsquo;\u00e9viter les querelles internationales.<\/p>\n<p>\u00c9sope raconte dans une de ses fables que Jupiter, pour jouer un mauvais tour aux hommes, leur donna des lunettes. Chacun en avait une paire, mais aucun ne voyait les objets sous le m\u00eame jour, car les unes \u00e9taient mauves, les autres bleues, noires, rouges, vertes, jaunes ou blanches. \u00ab\u00a0Et cependant, malgr\u00e9 cette diversit\u00e9, dit \u00c9sope, chacun \u00e9tait enchant\u00e9 des siennes, les jugeant les meilleures, et convaincu qu&rsquo;elles lui montraient les choses sous leur vrai jour.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 travers les \u00e2ges et dans tous les pays du monde, les civilisations ont connu diff\u00e9rentes phases. Presque toutes les erreurs sociales et individuelles que nous d\u00e9plorons de nos jours \u00e9taient autrefois coutumi\u00e8res dans un pays ou dans un autre. Et c&rsquo;est de toutes ces pratiques, l\u00e9gitimes et biens\u00e9antes \u00e0 leur \u00e9poque, qu&rsquo;est sortie notre culture actuelle. Le respect des traditions des autres nous aidera \u00e0 mieux nous comprendre et \u00e0 ne pas nous laisser aveugler par les pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous sommes tous enclins, peut-\u00eatre \u00e0 bon droit, \u00e0 avoir du parti pris. Nous avons souvent d\u00e9daign\u00e9 les livres qu&rsquo;on nous conseillait de lire, pour nous en d\u00e9lecter plus tard. La plupart des hommes d&rsquo;affaires n&rsquo;aiment pas recevoir des lettres marqu\u00e9es \u00ab\u00a0dict\u00e9e sans la lire.\u00a0\u00bb Les pr\u00e9pos\u00e9s aux ascenseurs murmurent des mots peu aimables \u00e0 l&rsquo;endroit de ceux qui pressent le bouton avec trop d&rsquo;insistance\u00a0; et comment pourrions-nous \u00eatre bien dispos\u00e9s envers les gens qui nous bousculent dans la rue\u00a0?<\/p>\n<h3>Nous commettons tous des erreurs<\/h3>\n<p>Ce n&rsquo;est pas de ce parti pris que nous d\u00e9sirons parler dans ce <em>Bulletin<\/em>. Les pr\u00e9jug\u00e9s nuisibles sont ceux dont sont imbus les gens qui ne veulent pas admettre que toute question a deux c\u00f4t\u00e9s et qui ne veulent pas voir le v\u00f4tre\u00a0; pour eux, pas de milieu\u00a0; si vous n&rsquo;\u00eates pas de leur avis, vous avez tort.<\/p>\n<p>Il est vrai que plus un homme est ignorant, plus il est s\u00fbr de ce qu&rsquo;il pense, et plus il est belliqueusement enclin \u00e0 regarder votre diff\u00e9rence d&rsquo;opinion comme une insulte.<\/p>\n<p>Les gens intelligents ne se font pas de telles illusions. Ils savent que la certitude absolue est consid\u00e9r\u00e9e par les savants comme une impossibilit\u00e9, et les savants, mieux que le commun des mortels, sont en mesure de contr\u00f4ler le r\u00e9sultat de leurs exp\u00e9riences.<\/p>\n<p><em>Errare humanum est<\/em>. Quel est l&rsquo;homme qui n&rsquo;a jamais commis d&rsquo;erreur dans sa vie. Ceux qui ne se trompent jamais sont les morts, comme les momies embaum\u00e9es depuis quatre ou cinq mille ans.<\/p>\n<p>Nous faisons tort \u00e0 notre intelligence quand nous repoussons la contradiction, quand nous refusons d&rsquo;entendre l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une question, ou quand nous r\u00e9futons une opinion sans \u00eatre au courant des faits. C&rsquo;est l\u00e0 le propre de ceux qui pensent que les nouvelles id\u00e9es ont peut-\u00eatre eu du bon autrefois, mais qu&rsquo;il est temps de s&rsquo;arr\u00eater d&rsquo;en avoir\u00a0; qui fr\u00e9quentent les milieux ennemis des innovations\u00a0; et dont on peut dire, comme Stefan Zweig \u00e0 propos d&rsquo;un c\u00e9l\u00e8bre pasteur protestant\u00a0: fondamentalement honn\u00eate et sinc\u00e8re, mais avec des oeill\u00e8res\u00a0; un de ces hommes \u00ab\u00a0pour qui seule est vraie leur propre v\u00e9rit\u00e9, seule vertueuse leur propre vertu et seul chr\u00e9tien leur propre christianisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Esprits \u00e9troits<\/h3>\n<p>Le malheur est qu&rsquo;il est impossible de prouver qu&rsquo;ils sont dans l&rsquo;erreur aux gens imbus de pr\u00e9jug\u00e9s. La plupart du temps ils vous citent triomphalement quelque cas isol\u00e9 o\u00f9 ils ont eu raison. Ils semblent incapables de saisir le sens des r\u00e8gles et des principes. Ils sont pareils \u00e0 ceux qui riaient de Socrate quand il essayait d&rsquo;enseigner aux hommes une nouvelle m\u00e9thode de raisonner courageusement et qui le condamn\u00e8rent \u00e0 boire la cigu\u00eb, noyant ainsi toute une civilisation dans sa coupe.<\/p>\n<p>La plupart de ces gens-l\u00e0 ont recours \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 qu&rsquo;ils appellent \u00ab\u00a0prendre une d\u00e9cision\u00a0\u00bb et ferment ensuite leur esprit herm\u00e9tiquement. C&rsquo;est un proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 \u00e9viter par ceux qui cherchent \u00e0 se faire une bonne philosophie. Ils rejetteront le dogmatisme, la suffisance, le parti pris et l&rsquo;\u00e9troitesse de vues. Ils se rendront compte que les hommes doivent chercher \u00e0 se comprendre pour jouir pleinement de la vie.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9troitesse d&rsquo;esprit est due \u00e0 diff\u00e9rentes causes. Quand nous \u00e9tions jeunes nous \u00e9tions tous tol\u00e9rants. Nous jouions avec les enfants de nos voisins sans nous pr\u00e9occuper de race, classe ou religion. Mais les principes artificiels de l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr ont \u00e9lev\u00e9 des barri\u00e8res contre cette d\u00e9mocratie de l&rsquo;enfance.<\/p>\n<p>On observe un bon exemple de cet \u00e9tat de choses dans les trains qui emportent chaque soir les \u00e9coliers de Montr\u00e9al vers la banlieue. Il y a parmi eux au moins trois races diff\u00e9rentes, et pourtant ils causent et plaisantent entre eux en bons camarades. On voit \u00e0 leur physionomie franche et ouverte que cette camaraderie est de bon aloi. Ils n&rsquo;ont pas encore de pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<p>Un jour ou l&rsquo;autre ils s&rsquo;apercevront qu&rsquo;on fait des distinctions dans leur famille, dans leurs \u00e9coles et dans presque tous les autres secteurs de leur vie. Beaucoup d&rsquo;entre eux adopteront les distinctions de leur groupe, non pas parce qu&rsquo;ils en partagent les pr\u00e9jug\u00e9s, mais parce qu&rsquo;il est plus facile de se soumettre \u00e0 la loi commune que de la combattre.<\/p>\n<p>Malheureusement, l&rsquo;opinion \u00e0 laquelle ils se trouvent oblig\u00e9s de se soumettre est souvent bas\u00e9e sur le ou\u00ef-dire ou sur la tradition\u00a0: ce que Voltaire a appel\u00e9 \u00ab\u00a0la raison des imb\u00e9ciles.\u00a0\u00bb Bien avant Voltaire, un philosophe de l&rsquo;\u00e9cole cynique avait dit que ce qu&rsquo;il est le plus n\u00e9cessaire d&rsquo;apprendre est de d\u00e9sapprendre les pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<h3>Cause des pr\u00e9jug\u00e9s<\/h3>\n<p>Nous devons beaucoup de nos pr\u00e9jug\u00e9s au fait que nous acceptons aveugl\u00e9ment certaines croyances partag\u00e9es par des membres de notre groupe\u00a0: parfois, au fait que nous ne r\u00e9fl\u00e9chissons pas assez, et souvent parce que nous nous laissons entra\u00eener par nos pr\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<p>L&rsquo;envie est la cause de beaucoup de pr\u00e9jug\u00e9s. Celui qui est incapable de se tirer d&rsquo;affaire est tent\u00e9 de s&rsquo;opposer au succ\u00e8s d&rsquo;autrui. En v\u00e9rit\u00e9, ceux qui feraient g\u00e9n\u00e9ralement tout leur possible pour aider un voisin dans le malheur, sont souvent aigris s&rsquo;il lui arrive un coup de fortune. Les pr\u00e9jug\u00e9s sont purement personnels. M\u00eame lorsque la conduite d&rsquo;un autre a soulev\u00e9 en nous un sentiment quelconque &#8211; envie, col\u00e8re ou peur &#8211; c&rsquo;est nous-m\u00eames qui cr\u00e9ons le pr\u00e9jug\u00e9 par la mani\u00e8re dont nous jugeons cette conduite.<\/p>\n<p>Pourquoi rejeter sur les autres la responsabilit\u00e9 de nos opinions\u00a0? C&rsquo;est \u00e0 nous de mettre bon ordre \u00e0 celles-ci de mani\u00e8re \u00e0 nous \u00e9viter les ennuis et les pr\u00e9jug\u00e9s ainsi qu&rsquo;une foule d&rsquo;autres pens\u00e9es qui nous sont nuisibles. On peut vraiment dire que nos pr\u00e9jug\u00e9s font moins de tort aux autres qu&rsquo;\u00e0 nous-m\u00eames, physiquement, moralement et intellectuellement.<\/p>\n<p>Il nous est facile de tol\u00e9rer les opinions d&rsquo;autrui quand elles nous plaisent, mais c&rsquo;est \u00e0 nous de nous armer de philosophie pour supporter celles qui nous d\u00e9plaisent. La tol\u00e9rance fait la part de l&rsquo;essentiel et ignore le superflu. Elle admet que les fermes convictions sont admirables quand il s&rsquo;agit de choses importantes, mais qu&rsquo;il est dommage de leur laisser provoquer des querelles pour des b\u00eatises.<\/p>\n<h3>Esprits ouverts<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir une opinion sur tout. Notre savoir est infiniment moindre que tout ce qui reste \u00e0 conna\u00eetre. Un savant peut faire des recherches pendant des ann\u00e9es sans arriver \u00e0 une seule opinion. Ses m\u00e9thodes lui imposent de ne rien croire sans preuve. Comme lui, nous trouverons profit \u00e0 travailler assid\u00fbment \u00e0 la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 la contr\u00f4ler avant d&rsquo;exprimer des opinions. C&rsquo;est beaucoup plus int\u00e9ressant et plus profitable que d&rsquo;essayer de prouver qu&rsquo;on a raison.<\/p>\n<p>Quand nous apportons un esprit ouvert \u00e0 nos choix et nos jugements, nous nous apercevons que rien n&rsquo;est enti\u00e8rement vrai ou faux et que rien n&rsquo;est enti\u00e8rement bon ou mauvais. Ce qui appara\u00eet \u00e0 des yeux indiff\u00e9rents comme une tache sur la r\u00e9putation de quelqu&rsquo;un, vous appara\u00eetra peut-\u00eatre, en votre qualit\u00e9 de philosophe, comme une cicatrice honorable.<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de comparer sur ce point les opinions de trois hommes \u00e9minents dans diff\u00e9rents domaines et \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques. Socrate, philosophe grec du IVe si\u00e8cle avant J.-C., dit\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;aimerais beaucoup me laisser persuader, mais pas contre mon propre jugement.\u00a0\u00bb Thomas Carlyle, \u00e9crivain \u00e9cossais, dit\u00a0: \u00ab\u00a0Il est utile, m\u00eame essentiel, de voir les bonnes qualit\u00e9s d&rsquo;un homme avant de se prononcer sur ses mauvaises.\u00a0\u00bb Et Thomas Edison, l&rsquo;inventeur, a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai pas de conclusion \u00e0 offrir\u00a0; je suis seulement en train d&rsquo;apprendre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Relations humaines<\/h3>\n<p>Les relations humaines sont le r\u00e9sultat d&rsquo;un jeu compliqu\u00e9 de pens\u00e9es et de sentiments. Elles aboutissent \u00e0 l&rsquo;accord, au manque d&rsquo;accord ou au malentendu.<\/p>\n<p>Notre attitude envers certaines personnes est souvent dict\u00e9e par notre attitude envers tout le monde en g\u00e9n\u00e9ral, mais il existe des distinctions. Par exemple, on peut aimer sinc\u00e8rement une personne d&rsquo;une autre race ou d&rsquo;une autre religion, tout en ayant des pr\u00e9jug\u00e9s de race ou de religion.<\/p>\n<p>Si nous voyons une personne, que nous croyons bien conna\u00eetre, agir contrairement \u00e0 ce que nous attendons d&rsquo;elle, ou bien nous en sommes choqu\u00e9s, ou bien nous essayons de justifier notre fausse id\u00e9e d&rsquo;elle en disant qu&rsquo;elle a tort d&rsquo;agir ainsi. Ce n&rsquo;est que rarement qu&rsquo;il nous arrive de r\u00e9fl\u00e9chir que c&rsquo;est nous qui avons tort de nous attendre \u00e0 la voir agir selon notre id\u00e9e\u00a0; que nous avons peut-\u00eatre des pr\u00e9jug\u00e9s \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>Nous nous exposons particuli\u00e8rement aux malentendus quand nous h\u00e9sitons \u00e0 faire conna\u00eetre nos id\u00e9es et nos sentiments \u00e0 nos amis, ou quand il existe une sorte de barri\u00e8re entre nous. Les hommes d&rsquo;affaires y sont expos\u00e9s continuellement, parce que la nature m\u00eame des affaires exige la collaboration entre ceux qui accomplissent le m\u00eame travail.<\/p>\n<p>Les gens enclins \u00e0 l&rsquo;introversion ont de la peine \u00e0 comprendre ceux qui sont enclins \u00e0 l&rsquo;extroversion. Ils ob\u00e9issent \u00e0 des impulsions diff\u00e9rentes et ne voient pas la vie sous le m\u00eame jour. Le mieux est de se rendre compte que chacun de nous est dou\u00e9 de sa propre individualit\u00e9. C&rsquo;est le sort de chacun de voir la vie \u00e0 sa mani\u00e8re et d&rsquo;en faire ce qui lui para\u00eet le mieux. Nous \u00e9viterons beaucoup de pr\u00e9jug\u00e9s en nous en souvenant.<\/p>\n<p>Une fois de plus, comme nous l&rsquo;avons dit si souvent dans ces <em>Bulletins<\/em>, en tout il est bon de regarder d&rsquo;abord l&rsquo;aspect positif. Quand nous cherchons ce qu&rsquo;il y a de bon dans un homme, nous avons plus de chances d&rsquo;appr\u00e9cier ses qualit\u00e9s et de trouver qu&rsquo;elles l&#8217;emportent de beaucoup sur ses d\u00e9fauts.<\/p>\n<h3>Communication des id\u00e9es<\/h3>\n<p>Parmi toutes nos affaires humaines, la communication des id\u00e9es est de la plus haute importance. Nous risquons de commettre de graves erreurs de jugement en oubliant que deux choses peuvent \u00eatre appel\u00e9es du m\u00eame nom sans rien avoir de commun.<\/p>\n<p>Tout ce qui existe dans la nature n&rsquo;est pas exclusivement ceci ou cela. La nature va par degr\u00e9s\u00a0: du chaud au froid, de la temp\u00eate au calme, d&rsquo;un organisme minuscule \u00e0 un \u00e9norme animal. Quand nous appliquons cette comparaison \u00e0 ce qui se passe autour de nous chaque jour, nous trouvons qu&rsquo;il existe g\u00e9n\u00e9ralement une harmonieuse gradation d&rsquo;un extr\u00eame \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Kenneth S. Keyes nous donne de pr\u00e9cieux conseils pour \u00e9viter cette erreur. \u00ab\u00a0Il faut, dit-il, faire preuve de patience quand on essaie de nous pousser \u00e0 une position extr\u00e9miste. Si nous tombons dans le pi\u00e8ge&#8230; on nous fera facilement passer pour des imb\u00e9ciles.\u00a0\u00bb M. Keyes nous conseille ensuite d&#8217;employer plus souvent le mot \u00ab\u00a0beaucoup de gens\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0tout le monde\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ralement\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0toujours\u00a0\u00bb\u00a0; \u00ab\u00a0rarement\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0jamais\u00a0\u00bb\u00a0; et \u00ab\u00a0semblable\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0m\u00eame\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un autre moyen d&rsquo;\u00e9viter les pr\u00e9jug\u00e9s est de d\u00e9finir les mots et les id\u00e9es. \u00ab\u00a0D\u00e9finissons nos termes\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas une parole en l&rsquo;air, mais une bonne pr\u00e9caution quand deux personnes discutent une question s\u00e9rieuse.<\/p>\n<h3>N\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une philosophie<\/h3>\n<p>Il est impossible d&rsquo;\u00e9liminer enti\u00e8rement les pr\u00e9jug\u00e9s, (en tout cas, dans l&rsquo;\u00e9tat actuel de l&rsquo;\u00e9volution humaine) mais on peut r\u00e9duire leur influence d\u00e9vastatrice et leur effet pathologique en acqu\u00e9rant la sagesse. Sans la sagesse, l&rsquo;intelligence demeure l&rsquo;esclave des pr\u00e9jug\u00e9s et de la superstition.<\/p>\n<p>Aucun de nous n&rsquo;en sait assez. Il est toujours possible de continuer \u00e0 s&rsquo;instruire en mettant \u00e0 profit l&rsquo;opinion de toutes sortes de personnes sur le m\u00eame sujet et en \u00e9tudiant tous les aspects sous lesquels il se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 leur esprit.<\/p>\n<p>Combien pr\u00e9f\u00e9rable est cette m\u00e9thode \u00e0 celle d&rsquo;arriver \u00e0 des d\u00e9cisions et des jugements en nous appuyant sur de pures conjectures ou des superstitions populaires\u00a0! Songez \u00e0 la futilit\u00e9 de deviner au hasard\u00a0: quand m\u00eame un million de personnes devineraient la distance de la terre \u00e0 la lune, elles ne seraient pas plus avanc\u00e9es, et m\u00eame si l&rsquo;une d&rsquo;elles tombait juste (environ 238,857 milles) elle n&rsquo;en aurait aucune certitude.<\/p>\n<p>Il y a grand avantage \u00e0 voir les choses, de la plus petite \u00e0 la plus grande, comme elles apparaissent aux autres. En lisant un livre ou un contrat, vous pouvez suivre pas \u00e0 pas l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;auteur, mais pour voir ce qu&rsquo;il a vu il vous faudrait ses yeux. Il faut se mettre \u00e0 sa place, se demander dans quelles circonstances il se trouvait et de quels sentiments il \u00e9tait anim\u00e9\u00a0; ce qu&rsquo;il se proposait de faire et par quels moyens il y est arriv\u00e9.<\/p>\n<p>Attendu que dans la plupart des cas nous ne pouvons pas nous faire une id\u00e9e exacte de la situation, pourquoi ne pas dire qu&rsquo;un tel s&rsquo;est conduit de telle ou telle fa\u00e7on \u00e0 un certain moment, au lieu d&rsquo;affirmer p\u00e9remptoirement que c&rsquo;est un imb\u00e9cile, un menteur ou un fat\u00a0? Cette m\u00e9thode nous \u00e9pargnerait beaucoup de chagrins et d&rsquo;ennuis.<\/p>\n<h3>Noir et blanc<\/h3>\n<p>Les savants nous disent que rien n&rsquo;est enti\u00e8rement blanc ou noir. Habituons-nous donc \u00e0 penser en degr\u00e9s de blanc et de noir, de bon et de mauvais, de sain et de malsain.<\/p>\n<p>Keyes, l&rsquo;auteur cit\u00e9 plus haut, parle d&rsquo;un produit chimique appel\u00e9 ph\u00e9nyle-thiocarbimide. Une personne sur cinq le trouve sans go\u00fbt, 65 sur cent le trouvent amer, 5 sur cent aigre, 2 sur cent soutiennent qu&rsquo;il est sucr\u00e9 et 5 sur cent sont persuad\u00e9es qu&rsquo;il est sal\u00e9. D&rsquo;autres lui trouvent un autre go\u00fbt, et il n&rsquo;y a pas deux personnes qui s&rsquo;accordent sur ce point. En cons\u00e9quence, il est futile de nous disputer \u00e0 ce sujet, et nous ne saurions en vouloir \u00e0 nos amis dont l&rsquo;opinion diff\u00e8re de la n\u00f4tre.<\/p>\n<p>Notre m\u00e9thode de raisonnement est souvent incapable de nous servir dans un monde o\u00f9 n&rsquo;existent pas m\u00eame deux choses identiques. Il est vrai qu&rsquo;il y a des similarit\u00e9s, mais cela ne nous autorise pas \u00e0 ignorer les diff\u00e9rences. C&rsquo;est Emerson qui a dit\u00a0: \u00ab\u00a0La nature ne fait jamais rimer ses enfants ni ne fait deux hommes pareils.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, une id\u00e9e ou une pens\u00e9e ne nous vient jamais seule \u00e0 l&rsquo;esprit. Elles se pr\u00e9sentent en foule, toutes en m\u00eame temps ou \u00e0 la suite les unes des autres. Et nous diff\u00e9rons nous-m\u00eames des autres sous le rapport de l&rsquo;intelligence, de l&rsquo;\u00e9ducation, de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, du milieu et des aspirations. S\u00fbrement, en face de toutes ces pens\u00e9es vagabondes, qui menacent toujours de nous faire regretter un mot prononc\u00e9 \u00e9tourdiment ou une action irr\u00e9fl\u00e9chie, il convient de consid\u00e9rer nos id\u00e9es sous tous les aspects &#8211; et peut-\u00eatre de pencher l\u00e9g\u00e8rement vers une conclusion diff\u00e9rente de celle que nous d\u00e9sirons.<\/p>\n<h3>Le juste milieu<\/h3>\n<p>Dans la plupart des cas, il existe un juste milieu dans lequel nous pouvons nous entendre avec ceux qui partagent des opinions diff\u00e9rentes des n\u00f4tres. Au lieu d&rsquo;\u00eatre un compromis, ce juste milieu nous permet de rapprocher nos mani\u00e8res de voir sans nous les imposer l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Comment trouver ce juste milieu\u00a0? Nous en avons des exemples chez les auteurs anciens et modernes, mais l&rsquo;important est de s&rsquo;enqu\u00e9rir de la v\u00e9rit\u00e9, respecter l&rsquo;opinion d&rsquo;autrui et veiller \u00e0 ne pas d\u00e9cider arbitrairement qu&rsquo;une chose ne peut \u00eatre que \u00ab\u00a0noire ou blanche\u00a0\u00bb ou de choisir seulement entre \u00ab\u00a0tout ou rien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Par-dessus tout, peut-\u00eatre, est-il n\u00e9cessaire de se conna\u00eetre les uns les autres. Ceux qui ne partagent pas nos id\u00e9es n&rsquo;en sont pas moins sympathiques. Il existe autour de nous une foule de gens dignes d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9s et fr\u00e9quent\u00e9s. Encore faut-il les conna\u00eetre et nous faire conna\u00eetre d&rsquo;eux.<\/p>\n<h3>Changer d&rsquo;id\u00e9e<\/h3>\n<p>D&rsquo;aucuns s&rsquo;imaginent que c&rsquo;est un crime de changer d&rsquo;id\u00e9e. Cependant rien n&#8217;emp\u00eache de dire une chose un jour et le contraire le lendemain. Le monde change et nous aussi. Ce qui \u00e9tait vrai hier ne l&rsquo;est souvent plus aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un signe de vitalit\u00e9 d&rsquo;admettre que nous avons chang\u00e9 d&rsquo;id\u00e9e\u00a0; cela indique que nous sommes devenus plus sages. L&rsquo;homme sage garde un esprit ouvert de mani\u00e8re \u00e0 reconna\u00eetre les changements importants.<\/p>\n<p>Les gens \u00e0 l&rsquo;esprit \u00e9troit sont port\u00e9s \u00e0 s&rsquo;en tenir aux vieilles id\u00e9es. Ils n&rsquo;aiment pas \u00e0 avoir \u00e0 se demander si elles sont encore bonnes\u00a0; et, de plus, ils se f\u00e2chent quand on attaque leurs opinions.<\/p>\n<h3>Rechercher la v\u00e9rit\u00e9<\/h3>\n<p>Un bon philosophe reconna\u00eet que si une chose est vraie, il faut l&rsquo;admettre, si incroyable ou d\u00e9sagr\u00e9able soit-elle. On n&rsquo;enl\u00e8ve pas sa valeur \u00e0 une chose en apprenant la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 son sujet. Les fausset\u00e9s et les pr\u00e9jug\u00e9s du monde sont impuissants contre la v\u00e9rit\u00e9 et s&rsquo;\u00e9vanouissent quand ils y sont suffisamment expos\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le bizarre roman <em>She<\/em>, de Rider Haggard, la v\u00e9rit\u00e9 est repr\u00e9sent\u00e9e dans le temple de Kor par la statue d&rsquo;une femme, pench\u00e9e en avant les ailes ouvertes. Elle tend les bras comme une femme sur le point d&#8217;embrasser un \u00eatre aim\u00e9. Son attitude est tendre et attirante\u00a0; sa face l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9e. L&rsquo;inscription dit\u00a0: \u00ab\u00a0N&rsquo;y a-t-il pas un homme qui \u00e9cartera mon voile pour regarder mon visage, car il est tr\u00e8s beau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et sir Richard Livingstone, le fameux humaniste, assigne une place \u00e9minente \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 dans le r\u00f4le actuel de l&rsquo;\u00e9ducation\u00a0: la v\u00e9rit\u00e9 est\u00a0: \u00ab\u00a0&#8230;la v\u00e9racit\u00e9 qui s&rsquo;efforce constamment de dire la v\u00e9rit\u00e9, toute la v\u00e9rit\u00e9 et rien que la v\u00e9rit\u00e9\u00a0; qui, dans l&rsquo;incertitude, s&rsquo;avoue incertaine\u00a0; qui, dans l&rsquo;ignorance, ne pr\u00e9tend pas savoir\u00a0; qui est franche et sans parti pris, n&rsquo;abuse pas d&rsquo;un injuste avantage dans une discussion, prend soin de ne pas pr\u00e9senter un adversaire sous un faux jour, ou m\u00e9juger la force de sa cause et la faiblesse de sa propre d\u00e9fense.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quand un homme se soumet ainsi \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, il est libre pour la premi\u00e8re fois de sa vie &#8211; d\u00e9barrass\u00e9 de la superstition, des pr\u00e9jug\u00e9s et du dogmatisme. Il se trouve en possession d&rsquo;un \u00e9trange et nouveau pouvoir, le pouvoir de d\u00e9couvrir et coordonner les faits \u00e0 sa guise. Il peut se dire un homme instruit. Il est pr\u00eat \u00e0 frotter sa cervelle avec calme contre n&rsquo;importe qui.<\/p>\n<h3>Le besoin de discr\u00e9tion<\/h3>\n<p>Nous ne connaissons pas encore tout ce qui se rapporte \u00e0 la vie et \u00e0 la destin\u00e9e de l&rsquo;homme, mais nous nous rendons compte qu&rsquo;il reste beaucoup de chemin \u00e0 faire et beaucoup de choses \u00e0 apprendre.<\/p>\n<p>Ceux qui s&rsquo;efforcent de penser juste et de se d\u00e9barrasser des pr\u00e9jug\u00e9s ont tendance \u00e0 s&rsquo;impatienter contre ceux qui tra\u00eenent la patte.<\/p>\n<p>La tol\u00e9rance nous enseigne qu&rsquo;il ne faut pas s&rsquo;attendre \u00e0 trop de la part des autres. Notre point de vue ne leur para\u00eetra pas toujours raisonnable, et nous nous \u00e9viterons de nombreux d\u00e9sappointements en n&rsquo;exigeant pas qu&rsquo;ils se conforment imm\u00e9diatement \u00e0 notre point de vue.<\/p>\n<p>La retenue dans nos pens\u00e9es nous enseignera \u00e0 faire preuve de retenue dans nos rapports avec les autres. Une l\u00e9gende orientale nous dit\u00a0: \u00ab\u00a0En faisant le g\u00e9nie, les f\u00e9es oubli\u00e8rent un don essentiel, celui de savoir quand s&rsquo;arr\u00eater.\u00a0\u00bb Ainsi, tout en adoptant la tol\u00e9rance dans notre mode de vie, nous courons le danger de perdre tous nos avantages en exigeant qu&rsquo;on nous imite.<\/p>\n<h3>Comprendre les autres<\/h3>\n<p>De toutes les facult\u00e9s dont nous a dot\u00e9s le Cr\u00e9ateur, dans nos rapports avec nos semblables, la plus pr\u00e9cieuse est celle de comprendre. Comprendre notre prochain, c&rsquo;est \u00eatre dispos\u00e9 \u00e0 lui reconna\u00eetre le droit de croire \u00e0 sa guise, sans embrasser n\u00e9cessairement ses croyances.<\/p>\n<p>Mais cela est loin de suffire. L&rsquo;important n&rsquo;est pas de savoir en quoi consiste la vertu, mais de la pratiquer. Il ne suffit pas de savoir en quoi consiste la bravoure, il faut \u00eatre brave\u00a0; ne nous contentons pas d&rsquo;apprendre la d\u00e9finition de la tol\u00e9rance dans le dictionnaire, soyons tol\u00e9rants. Et si nous nous d\u00e9cidons \u00e0 \u00eatre tol\u00e9rants, allons plus loin\u00a0: la tol\u00e9rance vaut mieux que l&rsquo;intol\u00e9rance, mais la charit\u00e9 vaut encore mieux.<\/p>\n<p>Toute cela est simple, pratique, faisable pour tout le monde\u00a0: et agr\u00e9able \u00e0 faire \u00e9galement. La suppression des pr\u00e9jug\u00e9s et le culte de la tol\u00e9rance sont appel\u00e9s \u00e0 jouer un grand r\u00f4le dans la destin\u00e9e de l&rsquo;humanit\u00e9 et le bonheur de chacun de nous, dont ils embelliront l&rsquo;existence.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[49],"class_list":["post-2006","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-49"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v26.7 (Yoast SEO v26.8) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 58, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1977 - Nos pr\u00e9jug\u00e9s - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-58-n-8-aout-1977-nos-prejuges\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 58, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1977 - Nos pr\u00e9jug\u00e9s\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les pr\u00e9jug\u00e9s sont notre probl\u00e8me le plus important dans nos rapports avec nos semblables. 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