{"id":1992,"date":"1963-08-01T00:00:00","date_gmt":"1963-08-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-8-aout-1963-la-frequentation-des-vieux-auteurs\/"},"modified":"2022-10-17T15:27:20","modified_gmt":"2022-10-17T15:27:20","slug":"vol-44-n-8-aout-1963-la-frequentation-des-vieux-auteurs","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-8-aout-1963-la-frequentation-des-vieux-auteurs\/","title":{"rendered":"Vol. 44, N\u00b0 8 &#8211; Ao\u00fbt 1963 &#8211; La fr\u00e9quentation des vieux auteurs"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Certains lisent pour \u00e9chapper                     \u00e0 la vie\u00a0; d&rsquo;autres pour s&rsquo;y plonger et la vivre                     plus intens\u00e9ment. <\/p>\n<p> Ces deux sortes de lectures ont leurs avantages. S&rsquo;il est                     parfaitement l\u00e9gitime de s&rsquo;absorber dans ses livres                     pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s pour se soustraire aux d\u00e9sagr\u00e9ments                     de l&rsquo;existence, on peut lire aussi pour se renseigner, pour                     trouver l&rsquo;inspiration, pour orner son esprit ou pour se distraire.                   <\/p>\n<p> La lecture se distingue de l&rsquo;\u00e9tude. Elle ne nous                     oblige pas \u00e0 analyser et \u00e0 diss\u00e9quer                     des textes pour en chercher le sens profond. L&rsquo;essentiel est                     de lire dans l&rsquo;\u00e9merveillement et dans la joie, comme                     on admire la beaut\u00e9 d&rsquo;une fleur sans la mettre sous                     le microscope. <\/p>\n<p> Il faudrait, en mati\u00e8re de lectures, toujours avoir                     pr\u00e9sente \u00e0 l&rsquo;esprit cette v\u00e9rit\u00e9                     fondamentale\u00a0: les livres sont nos seuls moyens de communication                     avec les grands penseurs du pass\u00e9 et, pour la majorit\u00e9                     d&rsquo;entre nous, le seul interm\u00e9diaire qui nous permette                     d&rsquo;entendre le message des bons \u00e9crivains de notre \u00e9poque.                   <\/p>\n<p> Les livres ne sont pas seulement des assemblages de feuilles                     inanim\u00e9s, o\u00f9 s&rsquo;alignent des caract\u00e8res\u00a0;                     ce sont des objets dynamiques et vivants, capables d&rsquo;illuminer                     et stimuler notre intelligence. Il sera plus particuli\u00e8rement                     question dans le pr\u00e9sent <em>Bulletin <\/em>des oeuvres                     qui ont enrichi la vie humaine au cours des si\u00e8cles.                   <\/p>\n<h3>Les livres pour enfants<\/h3>\n<p> Nos consid\u00e9rations ne sauraient trouver un meilleur                     point de d\u00e9part que le merveilleux royaume des livres                     pour enfants, non seulement parce que c&rsquo;est l\u00e0 que                     nous avons fait nos v\u00e9ritables d\u00e9buts dans la                     vie, mais aussi parce que nous aimons tous \u00e0 y revenir                     par la suite. De m\u00eame que beaucoup d&rsquo;hommes ach\u00e8tent                     des trains \u00e9lectriques \u00e0 leur fils afin d&rsquo;avoir                     ou de ravoir eux-m\u00eames le plaisir de les faire marcher,                     de m\u00eame beaucoup retrouvent, en lisant de vieilles histoires                     \u00e0 leurs enfants ou \u00e0 leurs petits-enfants, un                     peu de leur jeunesse et de leur enchantement d&rsquo;autrefois.                   <\/p>\n<p> Notons tout d&rsquo;abord que la litt\u00e9rature enfantine                     s&rsquo;adresse aux lecteurs de tous les pays, de sorte que nous                     sommes en communion avec le monde entier d\u00e8s que nous                     en abordons la lecture. Les contes de Perrault, de Grimm,                     d&rsquo;Andersen, de Mark Twain, de Collodi, de Selma Lagerl\u00f6f,                     de Lewis Carroll et de Kipling sont aujourd&rsquo;hui la propri\u00e9t\u00e9                     commune des enfants de toutes les parties de l&rsquo;univers. <\/p>\n<p> De plus, ces livres pour enfants sont g\u00e9n\u00e9ralement                     tr\u00e8s bien faits. Le r\u00e9cit se d\u00e9roule                     avec tant d&rsquo;aisance et les images surgissent avec tant de                     simplicit\u00e9 sous leurs yeux que les enfants en acceptent                     tout naturellement le style. Relisez, par exemple, la premi\u00e8re                     page du <em>Vilain petit canard <\/em>d&rsquo;Andersen\u00a0: \u00ab\u00a0Oh,                     qu&rsquo;il faisait bon, dehors, \u00e0 la campagne\u00a0! C&rsquo;\u00e9tait                     l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Les bl\u00e9s \u00e9taient jaunes,                     l&rsquo;avoine verte, le foin \u00e9tait ramass\u00e9 par tas                     dans les pr\u00e9s verts, et la cigogne marchait sur ses                     longues jambes rouges et parlait \u00e9gyptien, car sa m\u00e8re                     lui avait appris cette langue.\u00a0\u00bb Il n&rsquo;y a l\u00e0 aucune                     pr\u00e9tention ni recherche, mais seulement un heureux                     choix de riches et chaudes couleurs. <\/p>\n<p> Apr\u00e8s le travail et l&rsquo;influence du ma\u00eetre,                     les livres sont les principaux instruments de l&rsquo;enseignement.                     C&rsquo;est surtout gr\u00e2ce \u00e0 eux que l&rsquo;enfant peut explorer                     les tr\u00e9sors de l&rsquo;exp\u00e9rience et du savoir humains.                     Tout petit Canadien appartient \u00e0 une d\u00e9mocratie                     qui a de grandes responsabilit\u00e9s, dans notre pays et                     sur le plan international. Comment apprendra-t-il les principes                     du mode de vie qui est le n\u00f4tre, sinon par la lecture\u00a0?                   <\/p>\n<p> Le local le plus important dans une \u00e9cole, c&rsquo;est                     la biblioth\u00e8que, et le premier instrument de formation                     intellectuelle dans un foyer, ce sont les livres qu&rsquo;il offre                     \u00e0 ses enfants. <\/p>\n<h3>Les romans<\/h3>\n<p> Beaucoup de romans ne sont que des oeuvres de circonstance,                     qui n&rsquo;ont qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat \u00e9ph\u00e9m\u00e8re,                     mais il y en a des milliers que leur richesse et leur accent                     profond\u00e9ment humain semblent vouer \u00e0 l&rsquo;immortalit\u00e9.                     N&rsquo;est-ce pas Samuel Johnson qui demandait un jour\u00a0: \u00ab\u00a0Un                     simple mortel a-t-il jamais \u00e9crit quelque chose que                     ses lecteurs attendaient depuis plus longtemps que <em>Don                     Quichotte, Robinson Cruso\u00e9 <\/em>et <em>le Voyage du p\u00e8lerin<\/em>\u00a0?\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> \u00c0 quoi tient notre amour du romanesque, si ce n&rsquo;est                     au fait que quiconque admire ou r\u00e9alise une belle oeuvre                     est plus ou moins romanesque. Se contenter de copier la vie,                     comme le font aujourd&rsquo;hui certains romanciers, c&rsquo;est \u00e9crire                     des balivernes, des choses compl\u00e8tement inutiles. Nous                     n&rsquo;avons que faire de ces masses de d\u00e9tails sur des                     \u00e9v\u00e9nements insignifiants, ou sur la cruaut\u00e9,                     le mal ou la fatalit\u00e9. <\/p>\n<p> Il suffit de lire un roman bien \u00e9crit pour en saisir                     toute la diff\u00e9rence. Quelle conclusion applicable \u00e0                     notre \u00e9poque peut-on tirer, par exemple, des <em>Mis\u00e9rables                     <\/em>de Victor Hugo, publi\u00e9s il y a cent ans\u00a0?                     Ce que l&rsquo;auteur critique, ce ne sont pas les hommes, mais                     les institutions humaines, qui, selon lui, sont devenues la                     source d&rsquo;un terrible danger en affaiblissant le sens des responsabilit\u00e9s                     de l&rsquo;individu. <\/p>\n<p> Quelles grandes le\u00e7ons nous apportent d&rsquo;autre part                     les r\u00e9cits de caract\u00e8re plus personnel, o\u00f9                     sont relat\u00e9es les luttes int\u00e9rieures de l&rsquo;homme\u00a0:                     Hamlet, prince du Danemark, dont l&rsquo;agitation morale dure deux                     mois et demi\u00a0; Faust, pour qui l&rsquo;\u00e9preuve se prolongera                     pendant plus de cinquante ans\u00a0; Robinson Cruso\u00e9,                     qui, pendant vingt-huit ans, dans son \u00ab\u00a0\u00eele du                     d\u00e9sespoir\u00a0\u00bb, r\u00e9ussit par des prouesses                     d&rsquo;\u00e9nergie, de patience et d&rsquo;intelligence pratique \u00e0                     conserver sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et \u00e0 retrouver,                     avec la r\u00e9signation, la foi et la confiance dans le                     Seigneur. <\/p>\n<p> <em>Le Voyage du p\u00e8lerin<\/em>, de John Bunyan, qui                     parut en 1678, connut en dix ans onze \u00e9ditions et plusieurs                     impressions clandestines. Ce livre qui devait p\u00e9n\u00e9trer                     jusque dans les r\u00e9gions les plus lointaines du globe,                     n&rsquo;est pas seulement un guide de vie morale, mais un roman                     passionnant, o\u00f9 fourmillent les incidents dramatiques.                     Quant \u00e0 <em>Don Quichotte<\/em>, qui remonte \u00e0                     1605, s&rsquo;il se lit comme un r\u00e9cit d&rsquo;aventures, c&rsquo;est                     aussi un trait\u00e9 de tol\u00e9rance et de compassion                     indulgente. <\/p>\n<p> Tous ces livres font \u00e9voluer leurs h\u00e9ros dans                     des r\u00f4les d&rsquo;hommes d&rsquo;un grand courage. Ils pourraient                     se r\u00e9sumer dans cette phrase du jeune Jim Hawkins dans                     <em>l&rsquo;\u00cele au tr\u00e9sor<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je fus d&rsquo;abord                     glac\u00e9 d&rsquo;effroi, mais je ne perdis pas mon sang-froid                     pour autant.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>La po\u00e9sie<\/h3>\n<p> La po\u00e9sie n&rsquo;est pas \u00e0 n\u00e9gliger, quel                     que soit le but de nos lectures. Les po\u00e8tes ont toujours                     vu les choses dans une clart\u00e9 parfaite \u00e0 travers                     les si\u00e8cles. Nul ne peut avoir une juste conception                     de la grandeur, de la pl\u00e9nitude et des possibilit\u00e9s                     de la vie s&rsquo;il n&rsquo;a consacr\u00e9 une partie de ses lectures                     \u00e0 la grande po\u00e9sie. <\/p>\n<p> L&rsquo;homme chante et fredonne bien avant de juger et de raisonner,                     et la po\u00e9sie exprime souvent des id\u00e9es et des                     \u00e9motions qui ont un profond accent de v\u00e9rit\u00e9                     pour les hommes de tous les temps. <\/p>\n<p> Un recueil de po\u00e9sie n&rsquo;est pas une collection de                     mots vagues et fleuris, r\u00e9unis d&rsquo;une mani\u00e8re                     plus ou moins heureuse. La valeur d&rsquo;un po\u00e8me r\u00e9side                     dans l&rsquo;intensit\u00e9 avec laquelle l&rsquo;auteur a \u00e9prouv\u00e9                     un sentiment et la fid\u00e9lit\u00e9 avec laquelle il                     en a reconnu et exprim\u00e9 les cons\u00e9quences. <\/p>\n<p> Parmi les po\u00e8tes dont l&rsquo;oeuvre appartient \u00e0                     cette cat\u00e9gorie et qui sont toujours des plus lus \u00e0                     l&rsquo;heure actuelle, il faut mentionner Victor Hugo, Paul Verlaine,                     Beaudelaire, Val\u00e9ry, Claudel. Personne ne peut lire                     ces grands ma\u00eetres sans ressentir un \u00e9largissement,                     un enrichissement et une \u00e9l\u00e9vation des facult\u00e9s                     les plus nobles de son \u00eatre. <\/p>\n<h3>Le th\u00e9\u00e2tre<\/h3>\n<p> Ceux qui estiment que le th\u00e9\u00e2tre est fait pour                     la sc\u00e8ne et non pour \u00eatre lu se privent d&rsquo;un                     des plus grands plaisirs de la lecture. <\/p>\n<p> Mais Racine, Corneille, Shakespeare, dont les pi\u00e8ces                     sont toujours consid\u00e9r\u00e9es comme rentables par                     les \u00e9diteurs et les libraires de tous les pays, prouvent                     que la majorit\u00e9 des gens ne partagent pas cet avis.                   <\/p>\n<p> Leur th\u00e9\u00e2tre conna\u00eet encore aujourd&rsquo;hui                     une forte vente \u00e0 cause de la vie intense qui s&rsquo;en                     d\u00e9gage et de la richesse et de la profondeur des impressions                     qu&rsquo;il nous livre sur les fa\u00e7ons de parler, d&rsquo;agir et                     de penser de l&rsquo;\u00eatre humain. Nous continuons de les citer,                     de les lire et de les \u00e9tudier et d&rsquo;y puiser des id\u00e9es                     sans jamais nous lasser. <\/p>\n<p> Et il en est ainsi de Moli\u00e8re, de Shaw et d&rsquo;Ibsen,                     qui ont \u00e9t\u00e9 le reflet de leur \u00e9poque                     et qui ont scrut\u00e9 et peint le caract\u00e8re de leurs                     contemporains aussi fid\u00e8lement que l&rsquo;avaient fait avant                     eux Aristophane, Euripide, Eschyle et Sophocle. <\/p>\n<h3>L&rsquo;histoire et la biographie<\/h3>\n<p> C&rsquo;est dans les volumes d&rsquo;histoire que se trouve l&rsquo;\u00e2me                     des temps anciens. On peut encore y entendre la voix des nations,                     des cit\u00e9s et des peuples, m\u00eame s&rsquo;ils ont aujourd&rsquo;hui                     disparu de la surface de la terre. En parcourant <em>l&rsquo;Histoire\u00a0;                     essai d&rsquo;interpr\u00e9tation <\/em>de Toynbee (Paris, Gallimard),                     on a l&rsquo;impression que le Temps a relev\u00e9 ses ruines                     et ressuscit\u00e9 sous nos yeux les sc\u00e8nes englouties                     du pass\u00e9. <\/p>\n<p> Il est des historiens qui s&rsquo;adressent aux historiens, mais                     ceux qui ont \u00e9crit pour le profane ont d\u00e9montr\u00e9                     qu&rsquo;il est possible de relater les \u00e9v\u00e9nements                     avec clart\u00e9 sans les d\u00e9former. <em>L&rsquo;Histoire                     de France <\/em>de Michelet, dont la valeur litt\u00e9raire                     est grande, eut autant de succ\u00e8s que les meilleurs                     romans de la m\u00eame \u00e9poque. <\/p>\n<p> L&rsquo;histoire du monde est en somme la biographie des grands                     hommes. C&rsquo;est le livre de la sup\u00e9riorit\u00e9, aussi                     s\u00fbrement que la presse est le livre de la m\u00e9diocrit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Il est n\u00e9cessaire de lire les vies des \u00ab\u00a0hommes                     illustres\u00a0\u00bb, car il y a dans chacune d&rsquo;elles quelque                     chose \u00e0 apprendre. Prises collectivement, elles donnent                     une id\u00e9e des sommets auxquels peut atteindre l&rsquo;\u00eatre                     humain. <\/p>\n<p> Beaucoup de biographes estiment qu&rsquo;il est de bon ton de                     consacrer une partie de leur oeuvre \u00e0 d\u00e9montrer                     la petitesse des grands hommes. L&rsquo;auteur, rabaissant alors                     son sujet \u00e0 son propre niveau, passe de l&rsquo;essentiel                     \u00e0 la banalit\u00e9. Il nous montre Shakespeare l\u00e9guant,                     dans une mention en surcharge, son lit num\u00e9ro deux                     \u00e0 son \u00e9pouse et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat contenu                     de George Washington pour Mme Sally Fairfax. Ce qui importe,                     c&rsquo;est que Shakespeare ait \u00e9crit <em>Hamlet <\/em>et <em>le                     Roi Lear<\/em>, et que Washington ait institu\u00e9 la R\u00e9publique                     am\u00e9ricaine. <\/p>\n<h3>La philosophie<\/h3>\n<p> Comme celle des biographies et de l&rsquo;histoire, la lecture                     des ouvrages de philosophie nous aide \u00e0 acqu\u00e9rir                     le sens des proportions. Pour les anciens Grecs, la faute                     la plus impardonnable, en art comme en morale, \u00e9tait                     le d\u00e9faut de proportion. Chez eux, l&rsquo;homme arrogant,                     le vaniteux ou le pr\u00e9somptueux \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s                     comme de v\u00e9ritables malfaiteurs. <\/p>\n<p> En plus de rabattre notre pr\u00e9somption, la philosophie                     perfectionne notre go\u00fbt et nous fait reconna\u00eetre                     avec plus de facilit\u00e9 que nos opinions les plus ch\u00e8res                     pr\u00e9sentent parfois des lacunes. Elle se nourrit de                     principes, c&rsquo;est-\u00e0-dire des richesses intellectuelles                     les plus vivaces, les plus adaptables et les plus mobili\u00e8res.                   <\/p>\n<p> Prenons <em>le Prince<\/em>, par exemple. Il est impossible                     de le dissocier de la p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;\u00e9crivit                     Machiavel, et pourtant on y trouve, en d\u00e9pit de nombreux                     sophismes, des enseignements de tous les temps. <\/p>\n<p> On fr\u00e9quente les philosophes, soit pour chercher                     des r\u00e9ponses \u00e0 ses questions, soit pour y trouver                     des r\u00e8gles de vie, soit tout simplement pour jouir                     de la compagnie des hommes sages, qui se sont donn\u00e9                     la peine de coucher leurs id\u00e9es par \u00e9crit \u00e0                     notre intention. <\/p>\n<h3>La mythologie<\/h3>\n<p> Tout mythe a exprim\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9                     une v\u00e9rit\u00e9 admissible, qu&rsquo;il s&rsquo;est efforc\u00e9                     d&rsquo;\u00e9noncer le plus exactement possible compte tenu des                     connaissances de l&rsquo;\u00e9poque. La mythologie est une fa\u00e7on                     intuitive de saisir et d&rsquo;affirmer des v\u00e9rit\u00e9s                     universelles. C&rsquo;est la repr\u00e9sentation vivante des aventures                     int\u00e9rieures ou ext\u00e9rieures des hommes qui l&rsquo;ont                     fa\u00e7onn\u00e9e. L&rsquo;important dans la lecture des mythes                     n&rsquo;est pas de savoir qui les a invent\u00e9s ni quelle race                     primitive ils ont fait trembler, mais quel peuple fort les                     a d&rsquo;abord pris pour r\u00e8gle de vie et quel sage les a                     racont\u00e9s sous leur forme la plus parfaite. <\/p>\n<p> Le mythe per\u00e7oit, m\u00eame si c&rsquo;est d&rsquo;une fa\u00e7on                     obscure, des choses qui sont vraies pour tous les \u00e2ges,                     et nous le comprenons et il nous pla\u00eet dans la mesure                     o\u00f9 nous entrevoyons les m\u00eames v\u00e9rit\u00e9s.                   <\/p>\n<p> Ce sont les v\u00e9rit\u00e9s imparfaites exprim\u00e9es                     dans les mythes et les l\u00e9gendes qui ont illumin\u00e9                     l&rsquo;esprit humain aux \u00e9poques recul\u00e9es o\u00f9                     n&rsquo;existait aucune autre lumi\u00e8re. Gr\u00e2ce \u00e0                     elles, l&rsquo;homme a r\u00e9ussi \u00e0 vaincre sa brutalit\u00e9                     et \u00e0 surmonter l&rsquo;effroi que lui inspirait la vie sous                     toutes ses formes. C&rsquo;est par la voix persuasive des mythes                     qu&rsquo;il a d&rsquo;abord appris la science du bien et du mal et qu&rsquo;il                     a commenc\u00e9 \u00e0 se civiliser. <\/p>\n<p> Certains mythes ont compl\u00e8tement disparu apr\u00e8s                     avoir jou\u00e9 leur r\u00f4le dans l&rsquo;\u00e9volution                     de l&rsquo;humanit\u00e9, mais d&rsquo;autres apportent encore des r\u00e9ponses                     aux \u00e9nigmes de la vie. <\/p>\n<h3>La vari\u00e9t\u00e9 dans la lecture<\/h3>\n<p> La splendeur de notre litt\u00e9rature r\u00e9side en                     partie dans son infinie vari\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p> Celui qui veut lire avec profit, sans devenir l&rsquo;homme ennuyeux                     d&rsquo;un seul sujet ou d&rsquo;un seul auteur, pourrait utilement se                     tracer un programme, selon lequel il lirait un ouvrage de                     philosophie, puis un roman, et passerait ensuite successivement                     \u00e0 l&rsquo;histoire, la biographie, le th\u00e9\u00e2tre,                     la sociologie, la religion, les beaux-arts et les sciences.                     Peut-\u00eatre conviendrait-il de garder la po\u00e9sie                     et les essayistes, comme Montaigne, pour l&rsquo;heure du coucher.                     La po\u00e9sie comme les essais nous charment par la vivacit\u00e9                     et la finesse de leurs tours. <\/p>\n<p> Ceux qui n&rsquo;ont ni le temps ni le courage de se dresser une                     liste de livres peuvent toujours se joindre \u00e0 un cercle                     de lecture des grands auteurs. <\/p>\n<p> Les grands auteurs traitent des questions de tous les temps                     et des probl\u00e8mes qui se posent \u00e0 chacun \u00e0                     toutes les \u00e9poques. Leurs livres sont les ponts par                     lesquels leurs lecteurs peuvent, en d\u00e9pit des barri\u00e8res                     de la sp\u00e9cialisation, communiquer d&rsquo;une fa\u00e7on                     agr\u00e9able avec d&rsquo;autres hommes d\u00e9sireux d&rsquo;en                     faire autant. <\/p>\n<p> Ces livres ne sont pas d&rsquo;une lecture trop difficile. Du                     moins les \u00e9coliers des si\u00e8cles pass\u00e9s                     et ceux qui sont aujourd&rsquo;hui des chefs ne les ont pas jug\u00e9s                     tels. Les v\u00e9rit\u00e9s qu&rsquo;ils renferment sont si                     fondamentales et essentielles qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire                     d&rsquo;avoir des connaissances sp\u00e9ciales pour les comprendre.                   <\/p>\n<p> Personne n&rsquo;apprendra chez les grands ma\u00eetres le secret                     de la bombe nucl\u00e9aire ou le moyen de l&rsquo;interdire, mais                     on y trouvera l&rsquo;explication des processus de pens\u00e9e                     qui font les partisans et les adversaires de cette arme. Les                     probl\u00e8mes de base du bien et du mal, de l&rsquo;amour et                     de la haine, du bonheur et de la souffrance, de la vie et                     de la mort n&rsquo;ont gu\u00e8re chang\u00e9. Se renseigner                     sur ces choses, c&rsquo;est acc\u00e9der dans une certaine mesure                     \u00e0 la connaissance du patrimoine commun qui est \u00e0                     la base du monde id\u00e9al dont r\u00eave depuis toujours                     l&rsquo;humanit\u00e9. <\/p>\n<h3>Les classiques<\/h3>\n<p> Quelques-uns des grands auteurs sont des classiques, terme                     qui fait peur \u00e0 certaines personnes. Qu&rsquo;on se rassure,                     le mot \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas synonyme de dess\u00e9ch\u00e9                     par l&rsquo;\u00e2ge, mais de ce qui s&rsquo;est bien conserv\u00e9.                   <\/p>\n<p> En lisant les classiques, nous constaterons souvent avec                     \u00e9tonnement que les v\u00e9rit\u00e9s que nous croyons                     d&rsquo;actualit\u00e9 ont en fait \u00e9t\u00e9 discern\u00e9es                     et, parfois m\u00eame, bien comprises et \u00e9tudi\u00e9es                     sous toutes leurs faces par les anciens. <\/p>\n<p> Les classiques ne sont pas ennuyeux. L&rsquo;Agamemnon d&rsquo;Eschyle                     date de vingt-quatre si\u00e8cles, mais il s&rsquo;ouvre avec                     une animation sans \u00e9gale dans la litt\u00e9rature                     moderne\u00a0: les troupes reviennent dans leur pays apr\u00e8s                     la guerre de Troie&#8230; sur les c\u00f4tes de Gr\u00e8ce,                     le message des feux se transmet de sommet en sommet, apportant                     la nouvelle de la victoire et du retour des guerriers&#8230; C&rsquo;est                     la T.S.F. du temps d&rsquo;Hom\u00e8re. <\/p>\n<p> Voici une anecdote significative \u00e0 propos d&rsquo;Alexandre                     le Grand, que l&rsquo;on trouve dans les <em>Vies <\/em>de Plutarque.                     Ses officiers lui ayant apport\u00e9 un coffret tr\u00e8s                     pr\u00e9cieux d\u00e9couvert parmi le butin pris apr\u00e8s                     la d\u00e9faite de Darius, il demanda \u00e0 ceux de son                     entourage ce qu&rsquo;il convenait le mieux d&rsquo;y mettre. Lorsque                     chacun eut exprim\u00e9 son avis, il leur dit qu&rsquo;il allait                     y placer <em>l&rsquo;Iliade <\/em>d&rsquo;Hom\u00e8re. <\/p>\n<p> Et qu&rsquo;est-ce que <em>l&rsquo;Iliade<\/em>\u00a0? Elle est, avec <em>l&rsquo;Odyss\u00e9e<\/em>,                     un ancien po\u00e8me \u00e9pique grec, l&rsquo;une des premi\u00e8res                     et des plus grandes \u00e9pop\u00e9es de notre civilisation,                     en m\u00eame temps qu&rsquo;un r\u00e9cit des plus passionnants.                     Chaque fois que nous parlons des sir\u00e8nes ou du talon                     d&rsquo;Achille, ou que nous comparons une femme \u00e0 la belle                     H\u00e9l\u00e8ne, c&rsquo;est de ces po\u00e8mes vieux de                     trois mille ans que nous nous inspirons. <\/p>\n<p> On ne trouve dans les classiques aucune trace du climat                     morbide, malsain et pessimiste qui caract\u00e9rise souvent                     la litt\u00e9rature d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Il y a sur les \u00e9talages                     des librairies et des marchands de journaux des livres o\u00f9                     la pathologie a usurp\u00e9 la place de l&rsquo;art et o\u00f9                     l&rsquo;\u00e9crivain, devenu sp\u00e9cialiste des maladies                     nerveuses, nous pr\u00e9sente des personnages malheureux,                     brouillons et d\u00e9faitistes. <\/p>\n<h3>Pourquoi lisons-nous\u00a0?<\/h3>\n<p> Apr\u00e8s avoir lu un bon livre, nous nous sentons meilleurs,                     dans tous les sens du mot. Soulev\u00e9s par le g\u00e9nie                     des grands \u00e9crivains, nous entrevoyons les immenses                     possibilit\u00e9s qui s&rsquo;offrent \u00e0 l&rsquo;esprit humain.                     Un point lumineux est apparu dans la nuit de notre savoir,                     et nous refermons le livre avec des horizons plus vastes,                     une sensibilit\u00e9 plus vive et une plus grande compr\u00e9hension.                   <\/p>\n<p> Pour lire avec fruit, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00eatre                     d&rsquo;accord avec les jugements et les opinions de l&rsquo;auteur\u00a0;                     mais il est toujours int\u00e9ressant et utile de les conna\u00eetre                     et de savoir qu&rsquo;ils existent. La lecture nous permet ainsi                     de pr\u00e9ciser et d&rsquo;alimenter nos id\u00e9es, tout en                     enrichissant nos connaissances. Nous participons \u00e0                     la magie, \u00e0 la puissance et \u00e0 la noblesse qui                     s&rsquo;attachent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude. <\/p>\n<p> Les hommes d&rsquo;affaires pr\u00e9tendent parfois qu&rsquo;il y                     a tant de choses \u00e0 faire dans la vie qu&rsquo;il ne reste                     pas de temps pour lire. Mais l&rsquo;esprit pratique qui \u00e9labore                     des plans de construction ou d&rsquo;achat, de vente ou de distribution                     de marchandises ou de services, a besoin de tous les talents                     cr\u00e9ateurs du philosophe, du po\u00e8te, de l&rsquo;historien                     et du romancier. C&rsquo;est ce qui distingue l&rsquo;expert de l&rsquo;amateur,                     tout en offrant \u00e0 ceux qui poss\u00e8dent ces atouts                     un antidote contre la panique et la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9.                   <\/p>\n<p> La pr\u00e9tention que l&rsquo;on n&rsquo;a pas le temps de lire a                     parfois l&rsquo;air d&rsquo;une vantardise. Ses auteurs semblent vouloir                     dire qu&rsquo;ils sont trop importants et trop occup\u00e9s par                     de grands probl\u00e8mes pour perdre leur temps \u00e0                     lire. Pourtant, la lecture est une activit\u00e9 qui sied                     vraiment au chef d&rsquo;entreprise auquel elle apporte la nourriture                     intellectuelle si n\u00e9cessaire dans les affaires. <\/p>\n<p> La lecture est l&rsquo;un des v\u00e9ritables plaisirs de la                     vie. En notre si\u00e8cle de culture en s\u00e9rie, o\u00f9                     circulent tant d&rsquo;abr\u00e9g\u00e9s, d&rsquo;adaptations, de                     falsifications et de vulgarisations, et o\u00f9 les haut-parleurs                     du mercantilisme ne cessent jamais de braire \u00e0 nos                     oreilles, il est r\u00e9confortant et encourageant pour                     l&rsquo;esprit de pouvoir encore s&rsquo;asseoir seul avec un livre qui                     nous pla\u00eet. <\/p>\n<h3>Le grand dialogue<\/h3>\n<p> La lecture n&rsquo;est pas une occupation passive, mais l&rsquo;un des                     passe-temps les plus actifs de la vie. On a dit que les \u00e9crits                     des grands auteurs \u00e9taient en quelque sorte la transcription                     d&rsquo;une vaste conversation \u00e0 travers les \u00e2ges et                     que nous partageons les pens\u00e9es, les \u00e9motions                     et les observations des ma\u00eetres, comme si nous causions                     avec eux au coin de l&rsquo;\u00e2tre. <\/p>\n<p> Voil\u00e0 des amis d&rsquo;une tr\u00e8s agr\u00e9able                     soci\u00e9t\u00e9. On y trouve des gens de tous les pays                     et de tous les \u00e2ges, qui se sont illustr\u00e9s dans                     l&rsquo;art militaire, le gouvernement ou les lettres. Ils sont                     complaisants, d&rsquo;un humour in\u00e9puisable, toujours pr\u00eats                     \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 nos questions. Nous avons,                     gr\u00e2ce \u00e0 leurs livres, la possibilit\u00e9 de                     jouir de la compagnie des esprits les plus brillants et les                     plus vifs, des plus savants philosophes et des conseillers                     les plus sages. Tout ce qu&rsquo;il faut faire, c&rsquo;est de leur permettre                     de nous dire les belles choses qu&rsquo;ils ont \u00e0 nous communiquer,                     puis de comparer leurs id\u00e9es avec les n\u00f4tres.                   <\/p>\n<p> Ainsi, nous pouvons diff\u00e9rer d&rsquo;avis avec Sophocle                     \u00e0 propos d&rsquo;Oedipe et d&rsquo;Electre, et des complexes auxquels                     ils ont donn\u00e9 leur nom\u00a0; rendre les cheveux en                     quatre avec Platon et son projet de r\u00e9publique\u00a0;                     chicaner Descartes et sa m\u00e9thode\u00a0; admirer l&rsquo;\u00e9rudition                     de cet illustre peintre, sculpteur et inventeur que fut L\u00e9onard                     de Vinci, et m\u00eame avoir notre opinion sur le sourire                     de sa <em>Monna Lisa<\/em>\u00a0; ou encore nous plonger dans                     les <em>M\u00e9moires d&rsquo;outre-tombe<\/em>, de Chateaubriand,                     qui fut le plus beau livre de son si\u00e8cle. <\/p>\n<p> Il y a enfin un autre avantage \u00e0 fr\u00e9quenter                     ces amis silencieux et pourtant si \u00e9loquents que sont                     les livres. Leur message nous para\u00eetra parfois aga\u00e7ant,                     car ils traitent des probl\u00e8mes qui tourmentent depuis                     toujours l&rsquo;esprit de l&rsquo;homme et proposent bien des id\u00e9es                     contradictoires pour les r\u00e9soudre. Mais la conversation                     sera claire, profonde et vari\u00e9e. Et elle servira, aux                     heures de difficult\u00e9, de conflit et de confusion, \u00e0                     combler notre amour nostalgique et toujours ardent de l&rsquo;antique                     chevalerie. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[35],"class_list":["post-1992","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-35"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 44, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1963 - La fr\u00e9quentation des vieux auteurs - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-8-aout-1963-la-frequentation-des-vieux-auteurs\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 44, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1963 - La fr\u00e9quentation des vieux auteurs\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Certains lisent pour \u00e9chapper \u00e0 la vie\u00a0; d&rsquo;autres pour s&rsquo;y plonger et la vivre plus intens\u00e9ment. 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