{"id":1984,"date":"1955-08-01T00:00:00","date_gmt":"1955-08-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/aout-1955-le-mot-propre\/"},"modified":"2022-10-17T15:38:58","modified_gmt":"2022-10-17T15:38:58","slug":"aout-1955-le-mot-propre","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/aout-1955-le-mot-propre\/","title":{"rendered":"Ao\u00fbt 1955 &#8211; Le mot propre"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Les mots les plus simples, convenablement                     choisis et heureusement dispos\u00e9s, poss\u00e8dent                     le pouvoir magique d&rsquo;exprimer nos sentiments et de transmettre                     nos id\u00e9es. <\/p>\n<p> Chaque mot que nous \u00e9crivons emporte un message.                     Savoir dire ce qu&rsquo;il faut pour obtenir le r\u00e9sultat                     voulu ne sert pas seulement \u00e0 rev\u00eatir nos rapports                     commerciaux ou sociaux d&rsquo;une certaine \u00e9l\u00e9gance                     litt\u00e9raire, c&rsquo;est une fonction essentielle de la vie\u00a0;                     notre seul moyen de contact intellectuel avec notre entourage.                   <\/p>\n<p> Nous avons port\u00e9 notre syst\u00e8me de communication                     \u00e0 un haut degr\u00e9 de perfection technique. Nous                     sommes capables de converser avec l&rsquo;autre bout du monde et                     de faire renvoyer un rayon de radar \u00e0 la lune. Mais                     nous n&rsquo;arriverons \u00e0 jouir de ces merveilles que si                     nous apprenons \u00e0 mieux nous entretenir les uns avec                     les autres de questions comme la bombe atomique. <\/p>\n<p> Dans le domaine social et \u00e9conomique nous avons besoin                     de pouvoir converser librement et intelligemment si nous voulons                     que nos bonnes id\u00e9es soient convenablement exprim\u00e9es                     et qu&rsquo;elles portent fruit. Nous avons tous \u00e9prouv\u00e9                     le sentiment de savoir des choses d&rsquo;une tr\u00e8s grande                     importance, mais de constater que les mots nous manquent quand                     il s&rsquo;agit de les exprimer. <\/p>\n<p> Comparez l&rsquo;effet et le charme d&rsquo;une lettre dont les mots                     expressifs vous expliquent clairement ce que vous attendez,                     avec la lettre d&rsquo;un homme qui a la paresseuse habitude d&#8217;employer                     des mots vagues qui nous forcent \u00e0 deviner ce qu&rsquo;il                     a voulu dire et, par cons\u00e9quent, ne produisent pas                     l&rsquo;effet voulu. <\/p>\n<p> La premi\u00e8re chose \u00e0 se demander en commen\u00e7ant                     de dicter le matin ou en s&rsquo;installant pour \u00e9crire \u00e0                     un membre de la famille, n&rsquo;est pas \u00ab\u00a0quels mots vais-je                     employer\u00a0?\u00a0\u00bb, mais bien\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi vais-je                     \u00e9crire cette lettre\u00a0? Pour ma propre satisfaction\u00a0?                     Pour que la copie au carbone fasse une bonne impression sur                     mon chef\u00a0? Pour expliquer mes id\u00e9es \u00e0 celui                     \u00e0 qui j&rsquo;\u00e9cris\u00a0?\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Les mots servent \u00e0 exprimer des id\u00e9es. Un                     sermon, une excuse pour se disculper, un article comme celui-ci,                     une d\u00e9cision juridique ou une cause, une lettre \u00e0                     ses parents, une soumission pour une commande d&rsquo;un million                     de dollars\u00a0: ce ne sont l\u00e0 que des mots. Mais                     ce sont des mots que leurs auteurs ont arrang\u00e9s de                     mani\u00e8re \u00e0 leur faire produire le r\u00e9sultat                     d\u00e9sir\u00e9. <\/p>\n<h3>Le mot propre<\/h3>\n<p> Il y a deux mani\u00e8res de juger la qualit\u00e9 des                     mots\u00a0: par leur aptitude \u00e0 exprimer exactement                     ce que nous voulons dire, et par leur son ou leur apparence.                     Il y a des mots dont on se sert dans le conversation mais                     qu&rsquo;on n&rsquo;\u00e9crit pas\u00a0; d&rsquo;autres, qui font tr\u00e8s                     bon effet par \u00e9crit, paraissent trop recherch\u00e9s                     dans la conversation. <\/p>\n<p> Tr\u00e8s souvent, le choix d&rsquo;un mot n&rsquo;est pas dict\u00e9                     par le dictionnaire mais par le jugement de celui qui \u00e9crit.                     Il ne faut pas \u00eatre tr\u00e8s instruit pour savoir                     qu&rsquo;un mot banal ou vulgaire choque l&rsquo;oeil ou l&rsquo;oreille dans                     un texte plus ou moins officiel. On sent instinctivement,                     par la force de l&rsquo;habitude, quand un mot est d\u00e9plac\u00e9.                   <\/p>\n<p> Mais il ne faut pas devenir trop difficile. C&rsquo;est certainement                     un avantage de savoir qu&rsquo;un mot est d\u00e9riv\u00e9 du                     latin ou du grec, ou de toute autre source, mais il n&rsquo;est                     pas n\u00e9cessaire de conna\u00eetre la g\u00e9n\u00e9alogie                     d&rsquo;un mot avant de l&#8217;employer. Il suffit qu&rsquo;il exprime ce que                     nous voulons dire, qu&rsquo;il soit de mise et qu&rsquo;il sonne bien.                   <\/p>\n<p> Il y a des r\u00e8gles qui r\u00e9gissent le choix des                     mots, mais elles ne sont pas absolues. En g\u00e9n\u00e9ral,                     il est bon de ne pas employer deux mots pour rendre une id\u00e9e                     quand un seul suffit. Par exemple, ne pas dire \u00ab\u00a0aimer                     mieux\u00a0\u00bb au lieu de \u00ab\u00a0pr\u00e9f\u00e9rer\u00a0\u00bb.                     Mais il ne faut pas pour cela ne jamais dire \u00ab\u00a0aimer                     mieux\u00a0\u00bb quand on le pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;autre.                     De m\u00eame, la phrase pr\u00e9c\u00e9dente aurait pu                     commencer par \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ralement\u00a0\u00bb qui,                     avec un seul mot, est plus lourd que \u00ab\u00a0en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb                     qui en a deux. C&rsquo;est une affaire de go\u00fbt et d&rsquo;oreille.                   <\/p>\n<p> Ce qu&rsquo;il faut \u00e9viter surtout dans la prose, c&rsquo;est                     la p\u00e9riphrase, c&rsquo;est-\u00e0-dire, dit le Petit Larousse                     \u00ab\u00a0le proc\u00e9d\u00e9 qui consiste \u00e0 exprimer                     par plusieurs mots ce qu&rsquo;on aurait pu dire en un seul\u00a0:                     la ville Lumi\u00e8re, pour Paris\u00a0; le roi des oiseaux,                     pour l&rsquo;aigle\u00a0; l&rsquo;astre de la nuit, pour la lune\u00a0\u00bb.                     Admirons toutefois cette superbe p\u00e9riphrase de Bossuet                     pour d\u00e9signer le confessionnal\u00a0: \u00ab\u00a0Ces tribunaux                     qui justifient ceux qui s&rsquo;accusent.\u00a0\u00bb En somme, la m\u00eame                     pens\u00e9e devient faible ou forte, selon le nombre de                     mots qu&rsquo;on emploie pour l&rsquo;exprimer. <\/p>\n<p> Prenez cette phrase\u00a0: \u00ab\u00a0Les pens\u00e9es \u00e9lev\u00e9es,                     celles qui ennoblissent et exaltent l&rsquo;homme, ont leur origine                     et leur source au fond de votre coeur.\u00a0\u00bb Ce n&rsquo;est pas                     trop mal, mais cela n&rsquo;a rien de saisissant. Voyez maintenant                     comment La Bruy\u00e8re a rendu cette id\u00e9e\u00a0:                     \u00ab\u00a0Les grandes pens\u00e9es viennent du coeur.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>D\u00e9finitions<\/h3>\n<p> On a dit que la plupart des disputes seraient imm\u00e9diatement                     terminales si l&rsquo;un des adversaires prenait le temps et avait                     le courage de dire exactement et bri\u00e8vement ce qu&rsquo;il                     entend par les mots employ\u00e9s dans la discussion. <\/p>\n<p> En effet, quand deux personnes discutent face \u00e0 face                     ou par lettre, elles finissent par s&rsquo;entendre quand chacune                     d&rsquo;elles arrive \u00e0 comprendre ce que l&rsquo;autre veut dire.                     Tant qu&rsquo;elles s&rsquo;en tiennent \u00e0 leurs propres id\u00e9es                     sans se donner la peine de se rendre compte si ces id\u00e9es                     correspondent \u00e0 celles de l&rsquo;autre, elles n&rsquo;arrivent                     qu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;exasp\u00e9rer et \u00e0 fatiguer leurs                     dactylographes. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de d\u00e9finir tous les                     mots, mais seulement ceux qui ne sont peut-\u00eatre pas                     clairs pour l&rsquo;une ou l&rsquo;autre personne, et il est bon de faire                     des dessins ou de tracer des plans qui aident \u00e0 faire                     comprendre ce qu&rsquo;on veut dire. <\/p>\n<p> Mais la d\u00e9finition ne prouve pas qu&rsquo;on a raison.                     Elle n&rsquo;est pas vraie ou fausse, sauf dans les circonstances.                     Un auteur en donne un exemple amusant. \u00ab\u00a0Si je d\u00e9finis                     l&rsquo;homme comme un bip\u00e8de sans plumes, alors, d&rsquo;apr\u00e8s                     ma d\u00e9finition, un poulet plum\u00e9 est un homme.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Les d\u00e9finitions sont utiles comme points de d\u00e9part.                     Elles nous \u00e9vitent des discussions qui ne m\u00e8nent                     \u00e0 rien. Elles emp\u00eachent les pauvres esprits de                     devenir ennuyeux et, quand nous nous en servons dans nos raisonnements,                     elles nous aident \u00e0 rester dans la bonne voie. <\/p>\n<h3>Le vocabulaire<\/h3>\n<p> Plus vous avez de mots dans votre vocabulaire, mieux vous                     \u00eates capable de vous exprimer simplement, et de comprendre                     sans effort ce que l&rsquo;on vous dit. <\/p>\n<p> On n&rsquo;a pas besoin de tous les mots de la langue pour exprimer                     ses id\u00e9es. Shakespeare, qu&rsquo;on cite toujours dans ce                     cas, n&rsquo;en a employ\u00e9 que vingt-cinq mille dans ses ouvrages,                     et il est douteux que Racine et Corneille \u00e0 eux deux,                     en aient employ\u00e9 beaucoup plus. <\/p>\n<p> Les id\u00e9es simples que repr\u00e9sentent quelque                     17,000 mots du dictionnaire, ne suffisent pas \u00e0 faire                     un \u00e9crivain. Celui qui conna\u00eetrait ces 17,000                     mots pourrait bien \u00eatre incapable de tracer une phrase\u00a0;                     car le talent ne consiste pas \u00e0 se servir s\u00e8chement                     des mots, mais \u00e0 d\u00e9couvrir les nuances, les                     images, les sensations qui r\u00e9sultent de leurs combinaisons.                   <\/p>\n<p> Les mots changent avec le temps, et nous sommes oblig\u00e9s                     de modifier l&rsquo;id\u00e9e que nous nous en faisons pour marcher                     de pair avec notre \u00e9poque. Si la langue \u00e9tait                     immuable, si les mots ne prenaient pas de nouveaux sens, et                     si les \u00e9v\u00e9nements ne nous for\u00e7aient pas                     \u00e0 en cr\u00e9er de nouveaux, nous ne serions m\u00eame                     plus capables de penser. En effet, comment pourrait-on expliquer                     les th\u00e9ories d&rsquo;Einstein dans la langue d&rsquo;Euclide ou                     d&rsquo;Aristote, ou donner des ordres aux ouvriers d&rsquo;une usine                     d&rsquo;automobiles en latin, ou m\u00eame n\u00e9gocier un emprunt                     \u00e0 la banque en fran\u00e7ais du XVIIe si\u00e8cle.                     Les mots sont faits pour exprimer les sentiments et les expressions                     d&rsquo;une \u00e9poque, et pour communiquer les id\u00e9es                     qui en d\u00e9coulent. D&rsquo;o\u00f9 leurs changements et                     leurs transformations. <\/p>\n<p> En m\u00eame temps que les mots changent, la langue \u00e9volue,                     et nous n&rsquo;\u00e9crivons plus aujourd&rsquo;hui comme on \u00e9crivait                     au XVIIe si\u00e8cle. \u00ab\u00a0Le style, disait Mme de Sta\u00ebl                     au XVIIIe si\u00e8cle, doit subir des changements par la                     r\u00e9volution qui s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9e dans les                     esprits et dans les institutions\u00a0; car le style ne consiste                     point seulement dans les tournures grammaticales\u00a0; il                     tient au fond m\u00eame des id\u00e9es, \u00e0 la nature                     des esprits. Le style des ouvrages est comme le caract\u00e8re                     d&rsquo;un homme\u00a0; ce caract\u00e8re ne peut \u00eatre \u00e9tranger                     ni \u00e0 ses opinions, ni \u00e0 ses sentiments\u00a0;                     il modifie tout son \u00eatre.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Joubert pr\u00e9cise encore la question\u00a0: \u00ab\u00a0Si,                     sur toutes sortes de sujets, dit-il, nous roulions \u00e9crire                     aujourd&rsquo;hui comme on \u00e9crivait du temps de Louis XIV,                     nous n&rsquo;aurions point de v\u00e9rit\u00e9 dans le style,                     car nous n&rsquo;avons plus les m\u00eames humeurs, les m\u00eames                     opinions, les m\u00eames moeurs.\u00a0\u00bb Le style est non                     seulement la mani\u00e8re d&rsquo;exprimer nos pens\u00e9es\u00a0;                     c&rsquo;est une cr\u00e9ation de forme par les id\u00e9es et                     une cr\u00e9ation d&rsquo;id\u00e9es par la forme. L&rsquo;\u00e9crivain                     cr\u00e9e m\u00eame des mots pour indiquer un rapport nouveau.                     Le style est une cr\u00e9ation perp\u00e9tuelle\u00a0:                     cr\u00e9ation d&rsquo;arrangements, de tournures, de ton, d&rsquo;expressions,                     de mots et d&rsquo;images. <\/p>\n<p> Le rapprochement, l&#8217;emploi de certains mots, leur donne                     une magie sp\u00e9ciale, une po\u00e9sie particuli\u00e8re,                     une signification nouvelle. <\/p>\n<p> Guy de Maupassant a dit quelque part\u00a0: \u00ab\u00a0Les mots                     ont une \u00e2me. La plupart des lecteurs et m\u00eame des                     \u00e9crivains ne leur demandent qu&rsquo;un sens. Il faut trouver                     cette \u00e2me, qui appara\u00eet au contact d&rsquo;autres mots,                     qui \u00e9clate et qui \u00e9claire certains livres d&rsquo;une                     lumi\u00e8re inconnue, bien difficile \u00e0 faire jaillir.                     Il y a, dans les rapprochements et les combinaisons de la                     langue \u00e9crite par certains hommes, toute l&rsquo;\u00e9vocation                     d&rsquo;un monde po\u00e9tique que le peuple des mondains ne sait                     plus apercevoir ni deviner.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> En r\u00e9sum\u00e9, le style est l&rsquo;effort par lequel                     l&rsquo;intelligence et l&rsquo;imagination trouvent des nuances, des                     rapports, des expressions et des images, dans les id\u00e9es                     et les mots ou dans la relation qu&rsquo;ils ont entre eux. <\/p>\n<h3>Les mots sont des \u00e9tiquettes<\/h3>\n<p> Le langage n&rsquo;est pas une science, mais simplement un outil                     pour s&rsquo;instruire. Les mots ne sont pas des choses, mais ce                     sont des \u00e9tiquettes que nous mettons sur les choses                     pour les reconna\u00eetre facilement. <\/p>\n<p> Dans l&rsquo;antiquit\u00e9, les mots avaient un pouvoir magique.                     Il suffisait de dire \u00ab\u00a0S\u00e9same, ouvre-toi\u00a0\u00bb                     pour faire ouvrir la porte de la caverne o\u00f9 les quarante                     voleurs entassaient leur butin. \u00c0 cette \u00e9poque,                     il existait un lien beaucoup plus \u00e9troit et plus r\u00e9el                     entre le mot et la chose ou la personne qu&rsquo;il d\u00e9signait.                   <\/p>\n<p> Aujourd&rsquo;hui ceux qui prennent la peine de r\u00e9fl\u00e9chir                     \u00e0 ce qu&rsquo;ils disent et \u00e0 ce qu&rsquo;ils \u00e9crivent                     se rendent compte du danger d&rsquo;accepter l&rsquo;\u00e9tiquette                     pour la chose m\u00eame, d&#8217;employer la m\u00eame \u00e9tiquette                     pour deux choses ou deux id\u00e9es diff\u00e9rentes,                     ou d&#8217;employer des \u00e9tiquettes diff\u00e9rentes pour                     les choses qui se ressemblent. <\/p>\n<p> En apprenant \u00e0 parler aux enfants, il bon d&#8217;employer                     la formule \u00ab\u00a0on appelle ceci\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0on appelle                     cela\u00a0\u00bb telle ou telle chose en montrant un objet\u00a0:                     par exemple, \u00ab\u00a0on appelle ceci une \u00e9pingle, mais                     on appelle cela un bouton.\u00a0\u00bb Un moment de r\u00e9flexion                     nous montre qu&rsquo;en effet c&rsquo;est beaucoup plus exact que de dire\u00a0:                     \u00ab\u00a0ceci est une \u00e9pingle et cela est un bouton\u00a0\u00bb.                   <\/p>\n<p> Un mot n&rsquo;est pas une chose\u00a0; c&rsquo;est le nom d&rsquo;une chose.                     Les signes que nous tra\u00e7ons sur le papier ne sont pas                     des autos, des machines, des tables, des employ\u00e9s,                     de la tristesse et du bonheur, mais simplement le nom par                     lequel nous d\u00e9signons ces choses. Les mots que nous                     alignons les uns apr\u00e8s les autres ne sont qu&rsquo;une piste                     qui permet au lecteur de suivre la marche de nos id\u00e9es.                     Plus les mots sont clairs, plus le lecteur a de chances de                     ne pas se perdre en route. <\/p>\n<p> Notre mani\u00e8re de penser et d&rsquo;\u00e9crire d\u00e9pend                     enti\u00e8rement de notre vocabulaire. Il est en effet impossible                     de penser clairement \u00e0 une chose dont on ne sait pas                     le nom. Chaque nom repr\u00e9sente une id\u00e9e simple,                     et chaque nom que nous ajoutons \u00e0 notre vocabulaire                     accro\u00eet le nombre de nos id\u00e9es. Un philosophe                     a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Peut-on vraiment savoir ce que c&rsquo;est qu&rsquo;un                     pigeon sans savoir que c&rsquo;est un pigeon\u00a0?\u00a0&#8230; si                     on est incapable de le d\u00e9signer autrement que sous                     le nom d&rsquo;oiseau, on est loin de le conna\u00eetre.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Il y a plus de deux milliards d&rsquo;\u00eatres sur cette terre                     auxquels nous appliquons le mot \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb. Ils varient                     \u00e9norm\u00e9ment sous le rapport de la couleur, de                     la taille, de l&rsquo;\u00e2ge, des habitudes et des connaissances,                     mais ils pr\u00e9sentent des similarit\u00e9s qui rendent                     le mot \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb applicable \u00e0 tous. Il est                     important, quand on veut d\u00e9signer un groupe ou un individu,                     d&rsquo;en nommer les particularit\u00e9s. Nous disons qu&rsquo;un tel                     s&rsquo;appelle \u00ab\u00a0John Smith\u00a0\u00bb et que c&rsquo;est un \u00ab\u00a0Anglais\u00a0\u00bb,                     ou bien nous faisons des distinctions sous le rapport de l&rsquo;\u00e9ducation,                     de la religion, de la profession, ou des mani\u00e8res.                     Tout cela est utile, mais il ne faut pas oublier que ce ne                     sont l\u00e0 que des \u00e9tiquettes commodes, qui ne                     r\u00e9v\u00e8lent pas toute la v\u00e9rit\u00e9.                   <\/p>\n<h3>Le style<\/h3>\n<p> Le style est la mani\u00e8re propre \u00e0 chacun d&rsquo;exprimer                     sa pens\u00e9e par l&rsquo;\u00e9criture ou la parole. Par l&rsquo;\u00e9criture,                     chez l&rsquo;\u00e9crivain, et par la parole, chez l&rsquo;orateur.                     C&rsquo;est l&rsquo;expression, l&rsquo;art de la forme, qui rend sensibles                     nos id\u00e9es et nos sentiments\u00a0; c&rsquo;est le moyen de                     communication entre les esprits. <\/p>\n<p> Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de composer une ode ou d&rsquo;essayer d&rsquo;apaiser                     un client m\u00e9content, celui qui \u00e9crit s&rsquo;efforce                     invariablement de rendre son id\u00e9e aussi claire que                     possible. <\/p>\n<p> \u00catre clair, c&rsquo;est tr\u00e8s bien, mais il s&rsquo;agit                     d&rsquo;\u00eatre clair d&rsquo;une mani\u00e8re agr\u00e9able, et                     cela d\u00e9pend enti\u00e8rement du choix des mots que                     nous employons. <\/p>\n<p> Dans un bijou, on fait la part de la valeur intrins\u00e8que                     et du travail. Une statuette en or de Benvenutto Cellini vaut                     bien plus que son pesant d&rsquo;or\u00a0; un diamant taill\u00e9,                     bien plus qu&rsquo;un diamant brut. Dans le style, on distingue                     le fond et la forme. Le fond, ce sont les mat\u00e9riaux,                     les pens\u00e9es, la substance, le sujet. La forme, c&rsquo;est                     l&rsquo;expression et l&rsquo;habillement des id\u00e9es. On perfectionne                     son style par la lecture des bons auteurs, et il n&rsquo;y a pas                     de mal \u00e0 chercher \u00e0 les imiter, mais seulement                     dans la mesure de nos moyens. <\/p>\n<p> La simplicit\u00e9 est admirable, mais l\u00e0 encore                     il ne faut pas pousser les choses trop loin. D&rsquo;ailleurs la                     simplicit\u00e9 exige beaucoup de travail, t\u00e9moin                     La Fontaine qui n&rsquo;a atteint l&rsquo;inimitable naturel de son style                     qu&rsquo;\u00e0 force de labeur. Il raturait sans cesse et refaisait                     jusqu&rsquo;\u00e0 dix ou douze fois la m\u00eame fable, comme                     on peut le voir par ses manuscrits. En cherchant \u00e0                     \u00e9crire simplement, il faut, autant que possible, \u00e9viter                     les expressions toutes faites. La marque du bon \u00e9crivain,                     c&rsquo;est le mot propre et la cr\u00e9ation de l&rsquo;expression.                   <\/p>\n<h3>Trois qualit\u00e9s<\/h3>\n<p> Les trois qualit\u00e9s \u00e0 cultiver pour bien \u00e9crire                     sont\u00a0: la pr\u00e9cision, la clart\u00e9 et la simplicit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Quand nous avons recueilli tous les renseignements n\u00e9cessaires                     \u00e0 l&rsquo;appui de ce que nous allons \u00e9crire, nous                     sommes en mesure de trouver le mot propre qui rend exactement                     notre id\u00e9e. <\/p>\n<p> Notre but \u00e9tant de nous faire comprendre, il faut                     n\u00e9cessairement que nous nous exprimions clairement.                     La clart\u00e9 d\u00e9coulera en quelque sorte de la peine                     que nous avons prise pour assimiler notre sujet, car, dit                     Boileau\u00a0: \u00ab\u00a0ce que l&rsquo;on con\u00e7oit bien s&rsquo;\u00e9nonce                     clairement.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Nous courons souvent le risque d&rsquo;\u00eatre mal compris                     quand nous employons des mots abstraits comme fraternit\u00e9,                     paix, prosp\u00e9rit\u00e9, etc. Ce sont des mots qui                     repr\u00e9sentent des id\u00e9es, mais nous avons affaire,                     dans nos lettres et nos conversations, avec des gens qui sont                     int\u00e9ress\u00e9s par des r\u00e9alit\u00e9s. <\/p>\n<p> Pour \u00eatre bien compris, il est important d&rsquo;\u00e9crire                     ou de parler avec des mots \u00e0 la port\u00e9e de notre                     auditoire. On ne parle pas aux enfants comme aux grandes personnes,                     et un article de journal ne contient pas des mots savants                     comme une dissertation ou une th\u00e8se. Les philosophes,                     Bergson entre autres, se piquent d&rsquo;\u00e9crire pour le grand                     public. Mais Emile Faguet d\u00e9clarait avoir lu et relu                     les livres de M. Bergson sans jamais en avoir rien compris.                   <\/p>\n<p> Prendre beaucoup de peine pour \u00e9crire simplement                     semble favoriser la paresse du lecteur aux d\u00e9pens du                     travail de l&rsquo;auteur. Mais si on veut se faire comprendre,                     on n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix. Et si on se moque d&rsquo;\u00eatre compris                     ou non, pourquoi se donner la peine d&rsquo;\u00e9crire. <\/p>\n<p> Si nous avons \u00e0 employer un mot peu usit\u00e9,                     prenons soin de l&rsquo;\u00e9clairer par le contexte. Il arrive                     souvent, dans les affaires ou la vie priv\u00e9e, d&rsquo;avoir                     \u00e0 expliquer une situation embrouill\u00e9e. C&rsquo;est                     alors qu&rsquo;il faut fouiller dans son esprit, ou dans un recueil                     de synonymes, pour trouver le mot propre. <\/p>\n<p> Vous serez probablement surpris d&rsquo;apprendre le r\u00e9sultat                     d&rsquo;une enqu\u00eate institu\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9                     d&rsquo;hygi\u00e8ne de la Floride pour s&rsquo;assurer si les malades                     comprenaient bien une vingtaine de mots employ\u00e9s en                     mati\u00e8re d&rsquo;hygi\u00e8ne. Sur 100 personnes interrog\u00e9es,                     seulement 46 connaissaient le sens de \u00ab\u00a0citrus fruit\u00a0\u00bb\u00a0;                     seulement 33 avaient une certaine id\u00e9e de ce que \u00ab\u00a0nutrition\u00a0\u00bb                     voulait dire, et le mot \u00ab\u00a0maternity\u00a0\u00bb n&rsquo;\u00e9voquait                     qu&rsquo;un certain genre de robe pour la plupart des malades du                     sexe f\u00e9minin. <\/p>\n<h3>Soyez explicite et concret<\/h3>\n<p> Un texte explicite a beaucoup plus de chances d&rsquo;\u00eatre                     compris. Tachez que vos noms et vos verbes expriment exactement                     ce que vous voulez dire et ce que vous d\u00e9sirez qu&rsquo;on                     fasse. <\/p>\n<p> Tant que nous nous en tiendrons \u00e0 des g\u00e9n\u00e9ralisations                     et \u00e0 des abstractions au lieu de mots concrets qui                     se rapprochent le plus possible de la r\u00e9alit\u00e9,                     dit un manuel de style, nous ne serons jamais que des \u00e9crivains                     de deuxi\u00e8me ordre. <\/p>\n<p> Souvent nous n&rsquo;avons pas le choix, mais si nous sommes oblig\u00e9s                     d&#8217;employer un mot abstrait, il est presque toujours possible                     de l&rsquo;\u00e9clairer par des mots concrets. Une lettre ou                     un r\u00e9cit n&rsquo;est en somme qu&rsquo;une description, or, pour                     \u00eatre vivante, la description doit \u00eatre mat\u00e9rielle.                     Le ma\u00eetre de la description mat\u00e9rielle, c&rsquo;est                     Hom\u00e8re. <\/p>\n<p> En nous relisant, nous nous apercevrons si la tendance \u00e0                     faire usage d&rsquo;abstractions est caus\u00e9e par la n\u00e9gligence                     ou la timidit\u00e9. C&rsquo;est justement parce qu&rsquo;ils sont vagues                     que les mots abstraits sont si employ\u00e9s. La pr\u00e9cision                     demande beaucoup de travail, et il est parfois dangereux d&rsquo;\u00eatre                     trop pr\u00e9cis. <\/p>\n<p> On sait que Flaubert est un des \u00e9crivains qui ont                     le plus travaill\u00e9 leur style. Il n&rsquo;\u00e9tait jamais                     satisfait tant qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas trouv\u00e9 le mot propre.                     Il avait \u00e9crit, par exemple, dans le Festin des Barbares\u00a0:                     \u00ab\u00a0La joie de pouvoir enfin se gorger \u00e0 l&rsquo;aise                     <em>\u00e9clatait dans <\/em>tous les yeux\u00a0\u00bb qu&rsquo;il a remplac\u00e9                     par \u00ab\u00a0La joie de pouvoir enfin se gorger <em>dilatait                     <\/em>tous les yeux.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Le travail du style<\/h3>\n<p> Les mots sont forts ou faibles, selon la pr\u00e9cision                     avec laquelle ils accomplissent leur besogne. Le mot dynamique                     n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire dans toutes les occasions. Par                     leur emploi trop fr\u00e9quent, des mots comme urgent, danger,                     crise, d\u00e9sastre, fatal, grave et essentiel finissent                     par perdre leur force. On est alors tent\u00e9 de leur accoler                     une \u00e9pith\u00e8te, et on tombe dans le style d&rsquo;Hollywood                     o\u00f9 tout est colossal. <\/p>\n<p> Pour \u00e9crire clairement, avec pr\u00e9cision et                     avec gr\u00e2ce, \u00e9vitons les adjectifs superflus.                     Quand nous ajoutons un adjectif, demandons-nous soigneusement                     s&rsquo;il est bien utile. <\/p>\n<p> Beaucoup de maisons de commerce ont trouv\u00e9 qu&rsquo;une                     annonce dans un style facile et naturel, dont la simplicit\u00e9                     fait parfois sourire les concurrents, produit g\u00e9n\u00e9ralement                     d&rsquo;excellents r\u00e9sultats. <\/p>\n<p> Si nous prenons des exemples dans la vie priv\u00e9e au                     lieu du monde des affaires, nous constatons qu&rsquo;un mot simple                     et connu est de beaucoup pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0                     un mot plus pr\u00e9tentieux. En effet, un accueil chaleureux                     vaut mieux qu&rsquo;une r\u00e9ception cordiale\u00a0; l&rsquo;amiti\u00e9                     vaut mieux que la bonne intelligence, l&rsquo;amour que la charit\u00e9,                     et le bonheur que la f\u00e9licit\u00e9. <\/p>\n<p> Ce qu&rsquo;il y a de plus important \u00e0 se demander au sujet                     d&rsquo;un mot, est s&rsquo;il fait aussi bien et aussi clairement l&rsquo;affaire                     qu&rsquo;un autre. <\/p>\n<p> Nos lettres et nos rapports n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;\u00eatre                     des chefs-d&rsquo;oeuvre litt\u00e9raires pourvu qu&rsquo;ils soient                     soign\u00e9s. \u00c9crivons de la mani\u00e8re qui convient                     \u00e0 notre sujet et au but que nous nous proposons, trouvons                     le mot propre pour exprimer notre id\u00e9e, \u00e9vitons                     les exag\u00e9rations et n&rsquo;oublions pas que les mots ne                     sont que des \u00e9tiquettes, que ces \u00e9tiquettes                     doivent avoir pour le lecteur le m\u00eame sens qu&rsquo;elles                     ont pour nous, et disons-nous chaque matin, en commen\u00e7ant                     de dicter, qu&rsquo;on peut \u00e9viter la monotonie dans les                     rapports et les lettres d&rsquo;affaires. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[27],"class_list":["post-1984","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-27"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v26.7 (Yoast SEO v26.8) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Ao\u00fbt 1955 - Le mot propre - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/aout-1955-le-mot-propre\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Ao\u00fbt 1955 - Le mot propre\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les mots les plus simples, convenablement choisis et heureusement dispos\u00e9s, poss\u00e8dent le pouvoir magique d&rsquo;exprimer nos sentiments et de transmettre nos id\u00e9es. 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