{"id":1977,"date":"1946-08-01T00:00:00","date_gmt":"1946-08-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-27-n-8-aout-1946-conservation-du-sol\/"},"modified":"2022-10-17T18:12:35","modified_gmt":"2022-10-17T18:12:35","slug":"vol-27-n-8-aout-1946-conservation-du-sol","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-27-n-8-aout-1946-conservation-du-sol\/","title":{"rendered":"Vol. 27, N\u00b0 8 &#8211; Ao\u00fbt 1946 &#8211; Conservation du sol"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Les coul\u00e9es profond\u00e9ment ravin\u00e9es de Banff font admiration des touristes\u00a0; l&rsquo;\u00e9trange beaut\u00e9 des terres maudites du Dakota-sud les s\u00e9duit\u00a0; ils s&rsquo;extasient \u00e0 la vue des colonnes multicolores du Canyon de Bryce, dans l&rsquo;Utah, et du manteau scintillant de Jacob, dans le d\u00e9sert de l&rsquo;Arizona. Songent-ils parfois que ce sont l\u00e0 des terres mortes\u00a0? &#8211; mortes faute de protection contre le soleil et la pluie &#8211; mortes parce qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9es d&rsquo;eau&#8230; mortes \u00e0 jamais comme le deviendront bient\u00f4t des millions d&rsquo;acres au Canada si l&rsquo;on ne fait imm\u00e9diatement ce qu&rsquo;il faut pour les prot\u00e9ger.<\/p>\n<p>La lutte contre le d\u00e9sert envahisseur ne conna\u00eet pas de tr\u00e8ve. Les anciens pays de l&rsquo;Orient y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 astreints. On y creusait des citernes pour recueillir l&rsquo;eau des pluies, on endiguait les rivi\u00e8res pour capturer l&rsquo;eau que l&rsquo;on conduisait dans les champs au moyen de rigoles. Lorsque le niveau de la rivi\u00e8re \u00e9tait au-dessous de celui de la terre arable, on \u00e9levait l&rsquo;eau au moyen de pompes et de man\u00e8ges, actionn\u00e9s par des hommes ou des chevaux. Quand l&rsquo;eau coulait sous terre on allait la chercher en creusant des puits o\u00f9 on la prenait avec des seaux pour l&rsquo;irrigation.<\/p>\n<p>Ces anciens plans de conservation et d&rsquo;irrigation \u00e9taient assez bons si l&rsquo;on tient compte du fait que les terrasses et les foss\u00e9s devaient \u00eatre construits et creus\u00e9s par la main de l&rsquo;homme mais ils ne souffraient plus aujourd&rsquo;hui\u00a0; en fait toutes les ressources de la science moderne et de l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 humaine ne seront pas de trop si nous ne voulons pas \u00eatre accul\u00e9s, avant peu, \u00e0 la culture \u00ab\u00a0sans terre\u00a0\u00bb des r\u00e9coltes. Il y a seulement trois si\u00e8cles la population du monde n&rsquo;\u00e9tait que de 465 millions\u00a0; elle est aujourd&rsquo;hui de trois milliards. Pour donner trois repas par jour \u00e0 toute cette multitude, il faudra tirer de chaque r\u00e9colte annuelle de c\u00e9r\u00e9ales, de l\u00e9gumes, de bestiaux, de toutes les choses enfin qui entrent dans l&rsquo;alimentation de l&rsquo;homme, 2,775,825,000,000 de repas de plus qu&rsquo;en l&rsquo;an 1650, et c&rsquo;est la terre qui sera appel\u00e9e \u00e0 fournir tout cela.<\/p>\n<h3>Soyons r\u00e9alistes<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9e ainsi sous forme de repas, cette question de la conservation du soi prend un aspect plus saisissant\u00a0; elle sort des brumes de l&rsquo;hypoth\u00e8se\u00a0; elle devient une question d&rsquo;int\u00e9r\u00eat imm\u00e9diat pour toute la population, hommes, femmes et enfants. La destruction des ressources est toujours un mal qui a de tr\u00e8s grandes ramifications, et il n&rsquo;y a pas de ressource plus importante que les huit ou dix pouces de la surface du sol. La question de savoir si le monde pourra continuer \u00e0 nourrir ses habitants dans quelques g\u00e9n\u00e9rations d\u00e9pend de ce l&rsquo;on fera pour prot\u00e9ger le sol contre l&rsquo;\u00e9rosion.<\/p>\n<p>L&rsquo;attention s&rsquo;est port\u00e9e tout particuli\u00e8rement sur l&rsquo;Ouest du Canada, qui a connu des heures tragiques en ces derni\u00e8res d\u00e9cades, mais le besoin de conserver et de restaurer est tout aussi pressant dans l&rsquo;Est. L&rsquo;\u00cele du Prince \u00c9douard, le jardin du Canada, s&rsquo;use peu \u00e0 peu sous l&rsquo;action de l&rsquo;eau. \u00c0 Charlottetown, pour arriver \u00e0 un fond assez solide pour la construction des piliers d&rsquo;un pont, les ouvriers ont d\u00fb percer \u00e0 travers 90 pieds de boue. Cette boue \u00e9tait autrefois le rev\u00eatement fertile d&rsquo;acres qui portaient des r\u00e9coltes. Au Nouveau Brunswick, on affirme que la crue des eaux dans le fleuve St-Jean charrie en une semaine une quantit\u00e9 suffisante de limon fertile pour couvrir 3,000 acres de terre d&rsquo;une couche d&rsquo;un pouce. L&rsquo;Ontario s&rsquo;\u00e9meut, non seulement parce que la bonne terre est emport\u00e9e par l&rsquo;eau et que la d\u00e9vastation caus\u00e9e par les terres abandonn\u00e9es, qui n&rsquo;auraient jamais du \u00eatre ouvertes par la charrue, augmente sans cesse, mais aussi parce que les rivi\u00e8res, autrefois poissonneuses, s&rsquo;\u00e9puisent, car le limon emp\u00eache le poisson de se nourrir et de se reproduire.<\/p>\n<h3>L&rsquo;Ouest canadien<\/h3>\n<p>La colonisation de l&rsquo;Ouest canadien a d\u00fb surmonter bien des difficult\u00e9s depuis 1870, mais aucune de ces difficult\u00e9s, \u00e0 coup s\u00fbr, n&rsquo;\u00e9tait plus grave que celle r\u00e9sultant de la s\u00e9cheresse et de l&rsquo;\u00e9rosion.<\/p>\n<p>Trois rapports avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s sur les ressources de ces territoire avant son occupation\u00a0; le premier en date \u00e9tait celui du Capitaine John Palliser en 1857. Ce rapport \u00e9tait nettement d\u00e9favorable. \u00ab\u00a0Toute cette plaine\u00a0\u00bb, disait-il, \u00ab\u00a0sise dans ce triangle dont la base repose sur la fronti\u00e8re des \u00c9tats-Unis, et dont un c\u00f4t\u00e9 part de Brandon et l&rsquo;autre des lacs Watertown pour atteindre le sommet pr\u00e8s de Saskatoon, est aride.\u00a0\u00bb L&rsquo;opinion de Palliser fut confirm\u00e9e par un g\u00e9ologue anglais, Henry Y. Hind. Quinze ans plus tard, au cours d&rsquo;une p\u00e9riode de pluies copieuses, John Macoun pr\u00e9senta un rapport enthousiaste au gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. L&rsquo;\u00e9tendue arable, disait-il, couvrait 200 millions d&rsquo;acres.<\/p>\n<p>La colonisation suivit rapidement, sans plan d&rsquo;ensemble. Les chiffres suivants relatifs \u00e0 la r\u00e9colte de bl\u00e9 en 1926 et 1937, sur une \u00e9tendue \u00e0 peu pr\u00e8s semblable dans les deux ann\u00e9es donnent une id\u00e9e de la fluctuation de la production dans cette terre promise.<\/p>\n<table class=\"smltabletxt\" border=\"1\" width=\"415\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\"><\/td>\n<td colspan=\"2\" align=\"center\" valign=\"top\">1928<\/td>\n<td colspan=\"2\" align=\"center\" valign=\"top\">1937<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\"><\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\"><em>boisseaux<\/em><\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\"><em>par acre<\/em><\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\"><em>boisseaux<\/em><\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\"><em>par acre<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">Saskatchewan<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">321,215,000<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">23.3<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">36,000,000<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">2.6<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">Trois provinces des Prairies<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">544,508,000<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">23.5<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">156,800,000<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">6.4<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L&rsquo;\u00e9rosion du sol est un grand probl\u00e8me dans l&rsquo;Ouest. Bien des fermes ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es \u00e0 cause d&rsquo;elle. Ce n&rsquo;est pas un fl\u00e9au nouveau. D\u00e9j\u00e0, en 1887, le vent chassait la terre de la ferme exp\u00e9rimentale d&rsquo;Indian Head. Le district de Monarch, dans le sud de l&rsquo;Alberta, para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 faire des efforts \u00e9nergiques pour enrayer l&rsquo;\u00e9rosion\u00a0; il a m\u00eame r\u00e9alis\u00e9 de tels progr\u00e8s dans cette voie depuis 1918 que ce district est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;exemple le plus frappant que l&rsquo;on puisse trouver au Canada de la possibilit\u00e9 de lutter contre ce fl\u00e9au, m\u00eame dans une r\u00e9gion o\u00f9 l&rsquo;on peut s&rsquo;attendre tous les ans ou presque \u00e0 de grands vents.<\/p>\n<p>La terre recouverte d&rsquo;une bonne couche de v\u00e9g\u00e9tation ne s&rsquo;enl\u00e8ve pas au vent\u00a0; elle n&rsquo;est pas non plus emport\u00e9e par l&rsquo;eau quand les hauteurs sont recouvert\u00e9es de for\u00eats qui retiennent l&rsquo;eau des pluies, et les pentes, d&rsquo;herbe ou de plantes qui ralentissent la descente de l&rsquo;eau. Mais qu&rsquo;une parcelle non prot\u00e9g\u00e9e d&rsquo;une ferme soit attaqu\u00e9e par le vent ou l&rsquo;eau, le ravage gagnera les champs, les fermes ou les comt\u00e9s voisins et tout y passera.<\/p>\n<h3>La \u00ab\u00a0mort lente\u00a0\u00bb du sol<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9rosion du sol est une mort lente, a-t-on dit. Elle est en effet funeste, non seulement \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation des plantes, mais aussi au progr\u00e8s humain. Le cultivateur qui voit sa ferme graduellement emport\u00e9e par l&rsquo;eau ou par le vent, qui voit ses r\u00e9coltes et ses revenus d\u00e9cro\u00eetre sans cesse, se d\u00e9courage, son moral s&rsquo;affaiblit.<\/p>\n<p>Une population de cultivateurs heureux et prosp\u00e8res est la plus grande richesse d&rsquo;un pays, mais quand le moral se perd, quand les paysans deviennent apathiques, tout le pays souffre.<\/p>\n<p>La perte de ce capital repr\u00e9sent\u00e9 par la productivit\u00e9 du sol est assur\u00e9ment un des risques les plus \u00e0 craindre. Il n&rsquo;y a pas encore bien longtemps, si quelqu&rsquo;un avait eu la t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 de pr\u00e9tendre qu&rsquo;une ferme devrait \u00eatre administr\u00e9e comme une entreprise commerciale, avec des registres et des comptes, on l&rsquo;aurait trait\u00e9 d&rsquo;insens\u00e9, mais les temps ont bien chang\u00e9 depuis lors.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;administration de la ferme, les relev\u00e9s de la production par acre, indiquent tr\u00e8s nettement les d\u00e9tails sur lesquels l&rsquo;attention doit porter pour maintenir ou r\u00e9tablir la fertilit\u00e9.<\/p>\n<h3>Une calamit\u00e9 nationale<\/h3>\n<p>Le cultivateur et sa famille ne sont pas les seuls l\u00e9s\u00e9s par l&rsquo;\u00e9rosion du sol\u00a0; ses effets s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 toute la collectivit\u00e9. Les contribuables qui paient r\u00e9guli\u00e8rement leurs imp\u00f4ts sont n\u00e9cessaires \u00e0 la municipalit\u00e9. Quand les fonds ne rentrent plus parce que les gens ne peuvent plus payer leurs imp\u00f4ts, quand il n&rsquo;y a plus d&rsquo;argent pour payer les ma\u00eetres d&rsquo;\u00e9cole, la construction des chemins et des ponts, et les nombreuses autres initiatives n\u00e9cessaires et d\u00e9sirables, toute la campagne en souffre.<\/p>\n<p>Le niveau de l&#8217;embauchage dans l&rsquo;industrie manufacturi\u00e8re varie selon le pouvoir d&rsquo;achat de toute la population, et il est \u00e0 noter \u00e0 ce sujet que les cultivateurs forment une proportion de 20 pour cent de la population canadienne. Si le niveau d&rsquo;existence de 20 pour cent de la population d&rsquo;un pays est bas pour une raison quelconque, il est clair que les conditions d&rsquo;existence de toute la population et sur tous les points du pays en souffriront, et que cette d\u00e9t\u00e9rioration entra\u00eenera fatalement le ch\u00f4mage et la d\u00e9pression. On voit donc que la perte constante et criminelle du capital de la ferme, sous forme de sol productif, n&rsquo;est que le premier anneau d&rsquo;une cha\u00eene d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui int\u00e9resse profond\u00e9ment toute l&rsquo;\u00e9conomie du pays.<\/p>\n<p>Mais examinons un autre aspect de cette cha\u00eene de causes et d&rsquo;effets. Quand la terre part au vent, le co\u00fbt de l&rsquo;entretien des lignes de chemin de fer augmente\u00a0; les grandes routes s&rsquo;enlisent\u00a0; les mauvaises herbes roulantes retiennent la terre qui s&rsquo;amoncelle en gros tas, \u00e0 tel point qu&rsquo;un boghey peut passer par dessus une cl\u00f4ture.<\/p>\n<h3>Quelques exemples<\/h3>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, une enqu\u00eate a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que dans un petit district de l&rsquo;Ontario, 75 b\u00e2timents de ferme \u00e9taient class\u00e9s comme passables ou pauvres, tandis que 44 autres \u00e9taient \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s ou d\u00e9molis, r\u00e9v\u00e9lant ainsi une tragique histoire d&rsquo;espoir, de labeur acharn\u00e9 et de d\u00e9ceptions. La terre \u00e9tait bonne au d\u00e9but, mais elle a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e sans pr\u00e9voyance. La charrue l&rsquo;a expos\u00e9e aux attaques des vents et de l&rsquo;eau\u00a0; la productivit\u00e9 a faibli\u00a0; les revenus ont diminu\u00e9. Gar\u00e7ons et filles ont abandonn\u00e9 la ferme pour la ville. Une ferme qui, il n&rsquo;y a encore que peu d&rsquo;ann\u00e9es, nourrissait et habillait une famille nombreuse, ne fait plus vivre personne aujourd&rsquo;hui et constitue un danger pour ses voisins. Autrefois son propri\u00e9taire d\u00e9posait de l&rsquo;argent \u00e0 la banque, il achetait des machines agricoles, il \u00e9tait le soutien principal du commerce de d\u00e9tail local, le meilleur client des maisons de commandes par la poste. Il aidait \u00e0 nourrir la ville. Aujourd&rsquo;hui sa ferme n&rsquo;ach\u00e8te rien, elle ne paie pas de taxes, elle ne produit rien pour ajouter au revenu national ou \u00e0 la richesse du pays. Elle ne nourrit personne.<\/p>\n<p>Certains cultivateurs trouveront peut-\u00eatre des raisons pour justifier leur culture intensive et irraisonn\u00e9e mais la nature n&rsquo;en trouve pas. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public\u00a0; il est aussi contre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat r\u00e9el de l&rsquo;individu parce que la culture fait partie de toute la structure \u00e9conomique du pays, et quand l&rsquo;\u00e9conomie est attaqu\u00e9e, l&rsquo;individu en souffre. En veut-on un exemple\u00a0: Dans le canton de King, le d\u00e9boisement de cinq acres de terre pr\u00e8s de la source d&rsquo;un cours d&rsquo;eau permanent a converti ce dernier en cours d&rsquo;eau temporaire et a ruin\u00e9 l&rsquo;industrie d&rsquo;un moulin. En 1941 il y avait, dans les provinces des Prairies, plus de quatre millions d&rsquo;acres de terre abandonn\u00e9e &#8211; une \u00e9tendue qui, si l&rsquo;on se base sur la moyenne \u00e0 long terme de 15.6 boisseaux par acre, pourrait encore produire 62,400,000 boisseaux de bl\u00e9 par an si la terre \u00e9tait rest\u00e9e intacte.<\/p>\n<h3>Les causes de l&rsquo;\u00e9rosion<\/h3>\n<p>Devant ces effets alarmants de l&rsquo;\u00e9rosion sur la prosp\u00e9rit\u00e9 des cultivateurs, les affaires, la vie de la collectivit\u00e9 et celle de la nation en g\u00e9n\u00e9ral, il convient d&rsquo;examiner sommairement ce que l&rsquo;on entend par \u00e9rosion, comment elle se produit et quelles en sont les cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>Les deux causes principales de l&rsquo;\u00e9rosion sont le vent et l&rsquo;eau. La pente de la terre est un facteur important, de m\u00eame que la temp\u00e9rature et la nature physique du sol. La proportion d&rsquo;eau de pluie qui peut \u00eatre utilis\u00e9e d\u00e9pend de trois facteurs\u00a0: l&rsquo;\u00e9vaporation, la nappe d&rsquo;eau souterraine et l&rsquo;eau de surface ou d&rsquo;\u00e9coulement. En l&rsquo;absence de facteurs retardant l&rsquo;\u00e9coulement, comme la v\u00e9g\u00e9tation, ou les obstacles m\u00e9caniques, comme les barrages ou digues, les terrasses et les foss\u00e9s, l&rsquo;eau qui s&rsquo;\u00e9coule entra\u00eene la terre de la surface, la charrie dans les cours d&rsquo;eau et la d\u00e9pose, \u00e0 la longue sous forme de limon. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on appelle l&rsquo;\u00e9rosion de surface.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9rosion de surface est d&rsquo;autant plus dangereuse qu&rsquo;elle est \u00e0 peine visible. Elle peut se continuer pendant des ann\u00e9es, et le cultivateur ne se rend pas compte de ce qui se passe\u00a0; tout ce qu&rsquo;il voit, c&rsquo;est que le rendement de la r\u00e9colte diminue sur certains points. L&rsquo;\u00e9rosion de surface n&rsquo;est pas aussi grande que le ravinement, mais elle est d&rsquo;autant plus grave qu&rsquo;elle \u00e9chappe \u00e0 l&rsquo;attention. Quand la terre est en pente ou quand la surface du champ est sillonn\u00e9e de petits canaux naturels, il se forme de petites rigoles apr\u00e8s les grandes pluies ou \u00e0 la fonte des neiges. Ces rigoles n\u00e9glig\u00e9es forment des ravins\u00a0; ces ravins peuvent aussi suivre les orni\u00e8res creus\u00e9es par les roues des voitures, les pistes trac\u00e9es par les bestiaux ou m\u00eame les sillons montant ou descendant la pente. Ils se multiplient comme l&rsquo;int\u00e9r\u00eat compos\u00e9. Ils sont nombreux les ravins ayant cent pieds ou plus de profondeur qui engloutissent des tonnes de la terre de surface.<\/p>\n<h3>Les ravages de l&rsquo;\u00e9rosion<\/h3>\n<p>Mais le sol n&rsquo;est pas le seul \u00e0 souffrir. La terre charri\u00e9e par les cours d&rsquo;eau remplit les r\u00e9servoirs. Aux \u00c9tats-Unis la dur\u00e9e de la vie utile d&rsquo;un r\u00e9servoir a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite par l&rsquo;infiltration de limon \u00e0 la moiti\u00e9 de celle que les ing\u00e9nieurs avaient calcul\u00e9e. Gonfl\u00e9es par les torrents d&rsquo;eau qui viennent au printemps de la terre non prot\u00e9g\u00e9 le long de leurs bords, les rivi\u00e8res d\u00e9bordent et causent de grands d\u00e9g\u00e2ts. Port Hope, Brantford, London, Chatham et des douzaines d&rsquo;autres endroits de l&rsquo;Ontario sont presque tous les ans visit\u00e9s par des inondations qui ab\u00eement les propri\u00e9t\u00e9s commerciales et les r\u00e9sidences ainsi que les travaux publics. \u00c0 Galt l&rsquo;inondation a caus\u00e9 pour $125,000 de d\u00e9g\u00e2ts en une seule ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais la conservation du sol n&rsquo;est trait\u00e9e qu&rsquo;au point de vue du cultivateur dans cet article\u00a0; ce qui nous int\u00e9resse particuli\u00e8rement ce sont les plaques beaucoup trop nombreuses de terre d\u00e9vast\u00e9e et les moyens d&#8217;emp\u00eacher leur multiplication. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de parcourir une grande \u00e9tendue de territoire pour se rendre compte de l&rsquo;extr\u00eame importance qu&rsquo;il y a d&rsquo;agir sans plus attendre. Partout, dans presque toutes les localit\u00e9s, la d\u00e9solation commence \u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler.<\/p>\n<p>Autour de Drumheller, dans l&rsquo;Alberta, les cultivateurs ont devant les yeux, tous les jours de l&rsquo;ann\u00e9e, une tragique le\u00e7on de choses. De grandes parties de la vall\u00e9e sont profond\u00e9ment ravin\u00e9es, d\u00e9chiquet\u00e9es par le vent et par l&rsquo;eau en colonnades et monticules fantastiques, gris et morts, aussi inertes, aussi inutiles que la terre lunaire. La seule chose vivante que l&rsquo;on rencontre ici et l\u00e0, est une armoise ou un cactus. Au sud, dans les contreforts des montagnes, les rivi\u00e8res qui, il n&rsquo;y a encore que quarante ans, coulaient toute l&rsquo;ann\u00e9e et o\u00f9 la truite foisonnait, se tarissent maintenant un mois apr\u00e8s la fonte des neiges. M\u00eame dans les collines la seule provision d&rsquo;eau que l&rsquo;on puisse tirer d&rsquo;une source autrefois jaillissante doit \u00eatre extraite de la boue par compression.<\/p>\n<p>Et tout autour de ces sc\u00e8nes de d\u00e9vastation il y a des millions d&rsquo;acres de terre encore productive, portant m\u00eame de fiches r\u00e9coltes, mais qui deviendront un jour un d\u00e9sert, des terres maudites, si l&rsquo;on ne prend les moyens de les prot\u00e9ger.<\/p>\n<p>Il ne suffit pas d&rsquo;enrayer l&rsquo;action de l&rsquo;eau et des vents, de les emp\u00eacher de chasser et de charrier la terre, il faut aussi r\u00e9tablir et maintenir la fertilit\u00e9. La science des sols est une science compliqu\u00e9e\u00a0; la nature des sols varie beaucoup d&rsquo;un district \u00e0 l&rsquo;autre. Il ne suffit pas de fixer la terre en place, il ne suffit pas de la conserver, il faut aussi la faire produire, maintenant et toujours. Apr\u00e8s l&rsquo;avoir fix\u00e9e sur place pour l&#8217;emp\u00eacher de se soulever et de partir au vent et \u00e0 l&rsquo;eau, il faut la recharger de nourriture pour les plantes.<\/p>\n<h3>La terre qui dispara\u00eet<\/h3>\n<p>Le probl\u00e8me ne souffre pas de d\u00e9lai. Deux savants anglais, G. V. Jacks et H. G. Whyte, auteurs du livre sur \u00ab\u00a0La terre qui dispara\u00eet\u00a0\u00bb (Vanishing lands) s&rsquo;expriment en cas termes. \u00ab\u00a0Par suite de l&rsquo;imp\u00e9ritie humaine, les sols sur lesquels les hommes ont cherch\u00e9 \u00e0 fonder des civilisations nouvelles disparaissent, emport\u00e9s par l&rsquo;eau et par le vent. Aujourd&rsquo;hui la destruction de la mince couche de terre vivante a lieu avec une rapidit\u00e9 sans exemple dans l&rsquo;histoire, et lorsque cette mince couverture du sol sera partie, les r\u00e9gions fertiles o\u00f9 elle se trouvait deviendront des d\u00e9serts inhabitables.<\/p>\n<p>Est-il donc exag\u00e9r\u00e9 de dire avec les marchands d&rsquo;instruments agricoles qu&rsquo;une proportion d&rsquo;environ 14 pour cent de la terre de ce continent a d\u00e9j\u00e0 perdu sa capacit\u00e9 de production agricole\u00a0? Ou de dire avec le professeur A. F. Coventry de la Facult\u00e9 de zoologie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Toronto qu&rsquo;il y a dans la partie agricole de l&rsquo;Ontario quelque 5 millions d&rsquo;acres, un sixi\u00e8me environ du total, qui ne peuvent plus servir qu&rsquo;\u00e0 porter des arbres, mais o\u00f9 il n&rsquo;a pas d&rsquo;arbres\u00a0?<\/p>\n<p>Une couche de terre, d&rsquo;un pouce seulement d&rsquo;\u00e9paisseur, enlev\u00e9e d&rsquo;un acre, repr\u00e9sente une perte d&rsquo;environ 700 livres d&rsquo;azote, 155 livres de phosphore et 5,380 livres de potasse. \u00ab\u00a0Cette seule quantit\u00e9 de phosphore,\u00a0\u00bb dit un feuillet distribu\u00e9 par le Minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;Agriculture, \u00ab\u00a0\u00e9quivaut \u00e0 celle qui est enlev\u00e9e du sol par la production de 485 boisseaux de bl\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Mesures pr\u00e9ventives<\/h3>\n<p>Les millions de tonnes de notre terre fertile qui ont \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9es dans l&rsquo;oc\u00e9an par les rivi\u00e8res ne peuvent \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es, et certains proc\u00e9d\u00e9s naturels d&rsquo;\u00e9rosion ne peuvent \u00eatre compl\u00e8tement enray\u00e9s, mais les pertes peuvent \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 des proportions mod\u00e9r\u00e9es. Il est encore temps, mais il faut s&rsquo;y mettre sans tarder.<\/p>\n<p>On attend un grand bien de la loi sur le r\u00e9tablissement de l&rsquo;agriculture des Prairies, promulgu\u00e9e par le Parlement en avril 1935, et destin\u00e9e \u00e0 fournir les moyens de remettre en culture les terres arides si expos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9rosion \u00e9olienne dans les plaines d\u00e9couvertes du Manitoba, de la Saskatchewan et de l&rsquo;Alberta.<\/p>\n<p>La loi en question utilise toutes les ressources n\u00e9cessaires des minist\u00e8res de l&rsquo;Agriculture du Dominion et des provinces, elle coordonne toutes les agences existantes et groupe ses travaux sous trois en-t\u00eates\u00a0: fa\u00e7ons culturales, utilisation de la terre, am\u00e9nagement de l&rsquo;eau. Des millions d&rsquo;acres de terre arable ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 directement ou indirectement des travaux de culture, et environ deux millions d&rsquo;acres ont \u00e9t\u00e9 convertis en p\u00e2turages. La plantation d&rsquo;arbres pour orner les abords de l&rsquo;habitation et former des brise-vents a \u00e9t\u00e9 grandement stimul\u00e9e. On a construit 54,000 digues et r\u00e9servoirs pour pouvoir abreuser le b\u00e9tail, irriguer le sol et accumuler des r\u00e9serves d&rsquo;eau.<\/p>\n<h3>Des m\u00e9thodes \u00e9nergiques qui s&rsquo;imposent<\/h3>\n<p>Ceci ne suffira pas, bien entendu. Il sera n\u00e9cessaire \u00e9galement de reboiser la partie sup\u00e9rieur des bassins de r\u00e9ception des rivi\u00e8res et d&rsquo;assurer le bon entretien de ces r\u00e9serves foresti\u00e8res et d&rsquo;autres terres bois\u00e9es. Il faudra borner le nombre des troupeaux de gros et de menu b\u00e9tail \u00e0 celui que la v\u00e9g\u00e9tation peut faire vivre.<\/p>\n<p>Certaines gens pr\u00e9tendent qu&rsquo;il y a trop d&rsquo;interdictions dans l&rsquo;organisation du r\u00e9tablissement de la terre, mais elles sont n\u00e9cessaires\u00a0; la remise en culture ne peut se faire sans interdictions sans quoi tous les bons travaux ex\u00e9cut\u00e9s par une partie de la collectivit\u00e9 seraient r\u00e9duits \u00e0 n\u00e9ant par l&rsquo;indiff\u00e9rence ou l&rsquo;\u00e9go\u00efsme d&rsquo;une autre partie.<\/p>\n<p>La conservation du sol exige des m\u00e9thodes \u00e9nergiques, brutales.<\/p>\n<p>Un cultivateur convaincu des avantages de la conservation du sol fera bien de tirer parti des moyens que les agences gouvernementales et les organisations agricoles mettent \u00e0 sa disposition.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose est de d\u00e9cider l&#8217;emploi qu&rsquo;il doit faire des diff\u00e9rentes parties de sa terre, en tenant compte du rendement probable des r\u00e9coltes et de l&rsquo;arrangement des r\u00e9coltes, des p\u00e2turages et des bois, de fa\u00e7on \u00e0 prot\u00e9ger la terre le mieux possible contre l&rsquo;action \u00e9rosive de l&rsquo;eau et des vents. La deuxi\u00e8me chose est de voir comment il peut rem\u00e9dier aux conditions qui exigent une intervention de sa part\u00a0: sols lav\u00e9s par l&rsquo;eau, expos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;action du vent. Enfin la troisi\u00e8me est de savoir profiter des connaissances et de l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;autrui et de les appliquer de fa\u00e7on intelligente et \u00e9nergique.<\/p>\n<h3>Agriculture scientifique<\/h3>\n<p>Les cultivateurs canadiens, exploitant une industrie qui repr\u00e9sente une mise de fonds de dix milliards et ayant une production annuelle de $2,500,000,000 de produits agricoles, ils ont parcouru une bien grande distance en ces soixante derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans un article publi\u00e9, il y a quelques ann\u00e9es, dans la Revue de l&rsquo;Institut agricole du Canada, M. L. B. Thomson, pr\u00e9sident de l&rsquo;I.A.S., donnait de sages conseils et des avertissements opportuns\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est par l&rsquo;application de sa propre exp\u00e9rience et des constatations des hommes de science \u00e0 la culture de la terre, \u00e0 l&rsquo;entretien des r\u00e9coltes et \u00e0 l&rsquo;\u00e9levage des bestiaux que le cultivateur a r\u00e9alis\u00e9 ces progr\u00e8s. Toutefois, pour que l&rsquo;agriculture maintienne la position qu&rsquo;elle a acquise dans l&rsquo;\u00e9conomie canadienne, pour que les produits des fermes canadiennes puissent affronter victorieusement la concurrence des produits analogues sur les march\u00e9s mondiaux, il faut, de toute n\u00e9cessit\u00e9, que les cultivateurs adoptent de plus en plus la culture scientifique. Il est admis par tous aujourd&rsquo;hui que les m\u00e9thodes empiriques ne sont plus de mise. Avec l&rsquo;agriculture scientifique l&rsquo;exploitation de la terre est devenue une v\u00e9ritable profession.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La pr\u00e9paration d&rsquo;un plan de conservation est une t\u00e2che pour des sp\u00e9cialistes\u00a0; son ex\u00e9cution exige des hommes poss\u00e9dant une formation scientifique. En ce qui concerne le cultivateur, l&rsquo;appui enthousiaste des soci\u00e9t\u00e9s, agricoles et autres, contribuera puissamment au succ\u00e8s de ces efforts, et cet appui arrive de toutes parts. Les manufactures d&rsquo;instruments aratoires s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 faire comprendre aux cultivateurs la n\u00e9cessit\u00e9 et la possibilit\u00e9 d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;\u00e9tat m\u00e9canique du sol. Les journaux agricoles pr\u00eachent sans cesse l&rsquo;id\u00e9e de la conservation et ils sont bien rares les num\u00e9ros d&rsquo;une revue agricole qui ne contiennent pas au moins un article sur le sujet.<\/p>\n<h3>Les cultivateurs doivent prendre l&rsquo;initiative<\/h3>\n<p>L&rsquo;action s&rsquo;impose &#8211; une action organis\u00e9e, intelligente, syst\u00e9matique. Il serait pr\u00e9f\u00e9rable que les cultivateurs eux-m\u00eames prennent l&rsquo;initiative, qu&rsquo;ils s&rsquo;adressent aux services du gouvernement pour demander des conseils, de l&rsquo;aide, une direction. Des hommes et des femmes s&rsquo;int\u00e9ressant profond\u00e9ment \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 de leurs fermes peuvent se r\u00e9unir en comit\u00e9 autour d&rsquo;une table et tracer le programme de ce qu&rsquo;ils esp\u00e8rent accomplir\u00a0; l&rsquo;ex\u00e9cution de ce programme peut \u00eatre laiss\u00e9e aux experts.<\/p>\n<p>La discussion entre groupes, l&rsquo;\u00e9change d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 des connaissances et de l&rsquo;exp\u00e9rience pour l&rsquo;avantage de tous, aideront \u00e0 r\u00e9duire le gaspillage d&rsquo;efforts, d\u00fb \u00e0 une mauvaise direction ou \u00e0 un manque d&rsquo;exp\u00e9rience. La consultation entre les particuliers, les soci\u00e9t\u00e9s agricoles, les universit\u00e9s, les conseils de comt\u00e9s, les minist\u00e8res de l&rsquo;Agriculture du Dominion et des provinces et les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;am\u00e9lioration agricole, sur la meilleure fa\u00e7on de proc\u00e9der, aidera puissamment \u00e0 pr\u00e9parer des programmes utiles et \u00e0 coordonner ces programmes en un vaste plan d&rsquo;ensemble dont chacun b\u00e9n\u00e9ficiera.<\/p>\n<h3>Travail d&rsquo;\u00e9quipe<\/h3>\n<p>Un d\u00e9tail important est de maintenir la bonne perspective. Il ne faudrait pas que les particuliers attendent, en se croisant les bras, l&rsquo;intervention officielle, ni que les organisations attendent qu&rsquo;on leur pr\u00e9sente des requ\u00eates. \u00catre content de soi ne suffit pas. Que tous les cultivateurs, que toutes les organisations s&rsquo;int\u00e9ressant de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 l&rsquo;agriculture, se mettent \u00e0 l&rsquo;oeuvre sans tarder, pour faire, d\u00e8s maintenant, ce qui peut \u00eatre fait. Il faut aussi envisager la dur\u00e9e. Il y aura sans doute des ann\u00e9es de pluies abondantes, des ann\u00e9es offrant des conditions parfaites pour produire les meilleures r\u00e9coltes et retenir la terre en place, pendant lesquelles on sera tent\u00e9 de n\u00e9gliger les pratiques de conservation, quoiqu&rsquo;aucun cultivateur n&rsquo;ignore que c&rsquo;est pendant les bonnes ann\u00e9es que l&rsquo;on a la meilleure occasion de se pr\u00e9parer contre les mauvaises.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[20],"class_list":["post-1977","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-20"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 27, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1946 - Conservation du sol - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-27-n-8-aout-1946-conservation-du-sol\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 27, N\u00b0 8 - Ao\u00fbt 1946 - Conservation du sol\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les coul\u00e9es profond\u00e9ment ravin\u00e9es de Banff font admiration des touristes\u00a0; l&rsquo;\u00e9trange beaut\u00e9 des terres maudites du Dakota-sud les s\u00e9duit\u00a0; ils s&rsquo;extasient \u00e0 la vue des colonnes multicolores du Canyon de Bryce, dans l&rsquo;Utah, et du manteau scintillant de Jacob, dans le d\u00e9sert de l&rsquo;Arizona. 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