Septembre 1952 Conservons le sol
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L'idée d'avoir à
conserver nos ressources étonne certaines gens. Ils
ont encore la vision de vastes territoires vierges - tout
l'Ouest à peupler - le Canada grenier du monde - etc.
On pouvait penser autrefois que le principal but de l'humanité
était d'asservir la nature. Nous nous rendons clairement
compte aujourd'hui que, pour rester rois de la création,
nous devons collaborer avec la nature.
Le fait que les parties du monde propres à la culture
sont limitées nous oblige à employer et conserver
le sol de la meilleure manière possible. Le Dr E. S.
Archibald, directeur du service des fermes expérimentales
à Ottawa, et membre de l'Organisation pour l'alimentation
et l'agriculture des Nations Unies, a estimé en 1949
qu'il n'y avait que deux arpents pour nourrir chaque habitant
du globe.
Ce n'est pas beaucoup par personne, mais cela suffit si
nous en usons intelligemment et soigneusement. C'est pourquoi
les cultivateurs adoptent de nouvelles méthodes, et
apprennent à faire usage de la science et de la technologie.
La conservation fait pour ainsi dire partie de notre manière
de vivre ; elle a pour but d'améliorer et de prolonger
nos moyens d'existence. Le facteur humain est la base de tout
programme de conservation dont il est en même temps
la raison d'être.
Il n'y a cependant aucune occasion de s'effrayer. Il est
vrai que nous n'avons pas encore accompli de merveilles, mais
nous avons fait de grands progrès dans cette voie depuis
quelques années. Les résultats semblent maigres
par rapport à ce qu'il reste à faire. Ils ont
été lents au début parce que le programme
était trop ambitieux et le public s'en est désintéressé.
Mais nous commençons à nous mettre au pas de
la réalité.
Qu'est-ce que la conservation ?
C'est la gestion éclairée et consciencieuse
des ressources. C'est la mise en valeur doublée de
protection. L'emploi économique.
Conserver ne signifie pas seulement mettre un frein à
la production de récoltes et de minéraux ou
à la coupe des arbres. Il ne s'agit pas de thésauriser,
mais de faire des choix judicieux. La conservation s'inspire
de trois principes généraux. D'abord, l'emploi
des ressources principalement pour l'usage qui leur convient
le mieux : par exemple, le pétrole brut peut remplacer
la charbon comme moyen de chauffage mais, sous forme d'essence,
il a d'autres usages auxquels le charbon ne saurait prétendre.
Ensuite, la préférence accordée aux ressources
continuelles ou renouvelables au lieu des ressources fondamentales :
végétation, eau et soleil au lieu de minéraux,
quand la substitution est économiquement possible.
Et enfin, la protection des sources d'approvisionnement.
En un mot, conserver c'est « faire usage sans épuiser ».
C'est en même temps rendre la productivité aux
ressources usées ou délabrées, et choisir
le terrain propre aux meilleurs résultats.
Un rapport du service de la conservation du sol des États-Unis
publié en 1948 dit ceci : Sur environ 450,000,000
d'acres actuellement classées comme cultivables, près
de 60,000,000 devraient être déclarées
impropres à la culture. « Ce sont des terres trop
escarpées, trop pauvres, d'une couche trop mince ou
trop susceptible à l'érosion pour donner de
bonnes récoltes ».
Dans notre système économique qui laisse entière
liberté aux cultivateurs, personne n'a l'autorité
de déclarer une terre impropre à la culture.
Chaque propriétaire fait l'usage qui lui plaît
de son terrain, mais il a toutefois la ressource d'appeler
le gouvernement à son aide.
L'agriculture au Canada
Il est évident que l'exploitation du sol est à
la fois un problème national, un problème local
et un problème individuel.
Le Canada, dit le recensement de l'an dernier, a 174,000,000
d'acres en culture, environ 7½ pour cent de toute sa terre
ferme. Nos exportations de grains ont établi un record
pendant la saison de récolte terminée le 31
juillet 1952 : 509,000,000 de boisseaux, y compris 357,000,000
de boisseaux de blé et farine, 72,000,000 de boisseaux
d'avoine, et 70,000,000 de boisseaux d'orge.
Combien de terrain cultivable nous reste-t-il ? Le
Dr Archibald a dit au cours d'une conférence à
UNESCO en 1949 que la superficie propre à la culture
au Canada varie de 350,000,000 d'actes a environ 130,000,000.
Le premier chiffre comprend le terrain arable, et le dernier
le terrain sur lequel un cultivateur serait à même
de se suffire au niveau des conditions économiques
et techniques actuelles. « Les terres vierges et cultivables
du Canada, propres à l'agriculture d'aujourd'hui »,
a-t-il dit, « n'excèdent probablement pas 40,000,000
d'acres, dont la plus grande partie est encore inaccessible. »
La prospérité agricole constante du Canada
résulte du fait que nos meilleurs cultivateurs pratiquent
depuis des années les procédés inhérents
à un bon programme de conservation du sol.
De nombreuses terres cultivées depuis une époque
antérieure à la Confédération
donnent des récoltes de beaucoup supérieures
à la moyenne. Leurs propriétaires reconnaissent
le fait que l'entretien de la fertilité du sol est
essentiel pour obtenir de bonnes récoltes continuelles.
Ils n'ont pas épuisé leur sol, mais ils l'ont
constamment nourri pour en réparer l'usure.
Les changements survenus depuis le premier labour, et les
changements continuellement en perspective de nos jours, compliquent
énormément l'agriculture. Les jeunes gens qui
se préparent au métier d'agriculteur devront
apprendre la mécanique, l'art de diriger une entreprise
commerciale complexe, ainsi que la chimie et la physique de
la conservation. Ceux qui sont propres à un métier
de ce genre trouveront certainement dans l'agriculture un
moyen de gagner amplement leur vie et de réussir aussi
bien que dans toute autre carrière.
L'indigence dans le reste du monde
Voilà pour le Canada. Mais en dehors du Canada il
y a un monde qui a faim. Depuis le commencement de la révolution
industrielle, la population du monde s'est accrue énormément.
Elle a quadruplé depuis deux cents ans, et les experts
ne prédisent pas de diminution dans le taux d'accroissement
d'ici cinquante ans. Tous les jours, il y a 60,000 personnes
de plus à nourrir et à vêtir que le jour
d'avant.
Environ la moitié de la population du globe, c'est-à-dire
un milliard de personnes, n'a pas assez à manger ou
risque de mourir de faim dit le Dr O. M. McConkey dans son
livre Conservation in Canada publié cette année.
Son chiffre est confirmé par un article dans les Annales
de l'Académie américaine des Sciences politiques
et sociales, dans lequel le Dr H. L. Shirley, doyen suppléant
de State University de New-York, dit : « Dans un
monde où la moitié des gens sont mal nourris
et mal logés, tout gaspillage de ressources est considéré
comme un crime envers l'humanité. » Sir John Orr
(maintenant Lord Boyd-Orr) qui était directeur général
de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des
Nations Unies, a dit en 1947 qu'il faudrait doubler la production
alimentaire du monde pour que tous les habitants mangent à
leur faim.
Nous nous disons quelquefois, au milieu de notre abondance
occidentale, que toutes ces vues sont trop pessimistes. Dans
notre propre intérêt, ne nous moquons pas des
estimations de ressources indiquant qu'il y a une limite
au rendement du sol, et qu'un jour viendra peut-être
où, comme l'a dit le directeur de conservation de la
Izaak Walton League of America : « nous aurons chacun
un plus petit morceau de gâteau. »
Il reste peu de terres vierges fertiles dans le monde, sauf
dans des régions où la culture est impraticable
à cause du climat ou du manque d'eau. Malgré
les différences d'opinion entre les « prophètes
de malheur » et les « prêcheurs d'abondance »,
ils sont tous d'accord que, si nous voulons éviter
le besoin, il faudra que tout le monde comprenne mieux et
pratique, pendant une cinquantaine d'années, tous les
moyens à notre disposition pour éviter le gaspillage
et accroître la production et le rendement.
Trois livres faisant une profonde analyse du problème
ont été publiés ces dernières
années. Ce sont : Our Plundered Planet,
par Fairfield Osborn ; Road to Survival, par William
Vogt, et The Coming Age of Wood, par Egon Glesinger.
L'étendue de notre terrain cultivable étant
limitée, nous devrons exercer toute notre sagesse pour
lui faire rendre suffisamment pour nos besoins à l'avenir.
La conservation exige la collaboration de la ville et de la
campagne, de l'agriculture et de l'industrie.
Toutes nos richesses dérivent principalement du sol
et de l'eau ; l'industrie est donc énormément
intéressée dans la conservation. Elle ne peut
prospérer qu'au moyen des matières premières
dont elle fabrique les produits qu'elle vend. Nos maisons,
nos revenus, nos aliments et nos vêtements proviennent,
à un moment ou un autre, de nos ressources naturelles.
Il entre donc un facteur très humain dans le problème
de conservation.
L'importance de l'eau
L'eau est une ressource naturelle dont l'homme n'a pas compris
l'importance. Nous l'avons acceptée tout naturellement.
La trouvant partout à notre portée, nous l'avons
gaspillée ; nous l'avons laissé courir
à tort et à travers dans nos campagnes.
L'eau qu'on laisse couler sans nécessité,
qu'on gaspille dans l'industrie, à la maison, et en
arrosant, finit par diminuer le niveau souterrain de l'eau
et par en épuiser dangereusement le flot. Dans certains
endroits, l'eau est devenue la plus précieuse ressource
de la terre.
Les animaux et les plantes sont liés à l'eau
par leur cycle d'existence. La plupart des récoltes
ont besoin de 300 à 400 livres d'eau pour chaque livre
de matière sèche qu'elles produisent.
Le conservation de l'eau commence à la ligne de partage
des eaux qui est la région de drainage alimentant les
cours d'eau superficiels ou souterrains par écoulement
ou infiltration. Une ligne de partage des eaux est, ou bien
un petit bassin approvisionnant un ruisseau qui se jette dans
une rivière, ou bien une région de drainage,
couvrant des centaines de milles carrés, qui donne
naissance à un grand fleuve.
Il faut combattre l'érosion dans la ligne de partage
des eaux pour éviter les inondations, pour ne pas laisser
envaser les réservoirs, et emmagasiner l'eau des pluies
et en profiter en temps de sécheresse.
L'aménagement d'une ligne de partage des eaux demande
beaucoup de soins et de connaissances techniques. Il faut
savoir comment utiliser le terrain et construire des barrages
et autres travaux de stabilisation.
Une ligne de partage des eaux qu'on a laissé détériorer
pendant des années ne se répare pas en quelques
jours. C'est un travail de longue haleine dont on recueillera
pendant longtemps les fruits.
Quelques parties du Canada ont trop d'eau et ont besoin
de drainage. C'est particulièrement le cas de l'Est
du Canada, où il est souvent impossible de travailler
le sol glaiseux. Un rapport du Dr McConkey dit que le rendement
moyen du blé a augmente de 23 boisseaux par acre dans
les terrains drainés, la première année,
par comparaison avec les autres.
Dans les régions sans eau, l'irrigation supprime
beaucoup de risques de mauvaise récolte, et on peut
cultiver ainsi une plus grande variété de produits.
Même en Ontario, où la sécheresse n'est
pas aussi sévère que dans l'Ouest, les récoltes
souffrent souvent du manque d'eau pendant les périodes
critiques de croissance.
Pour alimenter les puits, les sources et les cours d'eau,
il faut s'efforcer de faire pénétrer l'eau de
pluie dans le sol, ou l'emmagasiner dans des étangs
sur les hauteurs et à la source des cours d'eau.
On fait maintenant un grand usage d'étangs dans le
programme de conservation dans l'Ouest du Canada. On creuse
la terre dans la partie basse d'un pâturage, ou dans
un ravin, et on construit une digue ou un petit barrage. On
plante ensuite quelques arbres, saules, ormeaux ou érables
autour de l'étang et on sème de l'herbe sur
les bords.
Ces étangs servent non seulement de réservoirs
pour alimenter les ruisseaux mais aussi d'abreuvoirs pour
les animaux domestiques et sauvages.
Le problème est sérieux
Le besoin de conservation mérite d'être pris
au sérieux, même dans un pays aussi bien partage
que le Canada. L'histoire nous apprend que la chute de certains
puissants empires a été causée en grande
partie par le gaspillage de leurs ressources naturelles et
renouvelables. La plupart de ces empires étaient aussi
riches que le Canada.
Dans des régions de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique,
il ne reste plus que les traces, la laideur et les cendres
de civilisations anéanties.
Il existe de frappants contrastes. Le nord de la Chine,
dont le versant des montagnes est dénudé par
la disparition des forêts et autres revêtements
naturels, est un affreux épitaphe d'effort humain mal
dirigé ; tandis que la Corse, dont les collines
sont recouvertes de plantations de noyers, offre l'exemple
d'une conservation soigneusement pratiquée depuis des
siècles.
Le Moyen-Orient, berceau de notre civilisation, a été
déboisé et l'érosion est générale.
Au commencement de l'ère chrétienne, la Palestine
avait trois millions d'habitants ; en 1850, la population
avait été réduite, principalement par
la guerre, l'épuisement du sol et la coupe des arbres,
à moins de 200,000 âmes.
D'un autre côté, voyez ce qui a été
accompli par les habitants du Plateau des Andes en Amérique
du Sud. Le climat était froid et le sol ingrat. Leur
côte était presque aussi aride qu'un désert
de l'équateur, mais ils ont ménagé le
peu d'eau qui descendait du plateau occidental et répandu
la vie sur les plaines par l'irrigation ; les pionniers
du haut plateau ont transformé les versants de leurs
montagnes en terrasses fertiles dont le sol précieux
est retenu par des murs.
Tout le passé est une leçon pour les pays
riches d'aujourd'hui ainsi que pour ceux qui souffrent de
disettes constantes ou périodiques : d'un côté,
de préserver ce qu'ils ont, et de l'autre, de se rétablir
de leur mieux.
Comment s'y prendre
La conservation procède par la correction raisonnée
et continuelle des erreurs anciennes.
Prenez la lutte contre l'érosion, par exemple. Un
ravin, rongé par des eaux furieuses, est un cancer
capable de s'étendre au terrain le plus riche d'un
cultivateur et en causer la ruine. L'érosion par le
vent n'emporte pas seulement le sol, mais il altère
la texture du terrain en enlevant les éléments
fertiles. Des échantillons prélevés sur
la poussière emportée par le vent ont révélé
plus de trois fois autant de matière organique et de
nitrogène, presque cinq fois autant d'acide phosphorique,
et une fois et quart autant de potasse que le sol original.
L'érosion par l'eau commence par la première
goutte de pluie, parce que le choc de la goutte de pluie tasse
le sol, ce qui réduit l'infiltration, favorise l'écoulement
et stimule la dévastation.
Les champs de petits grains comme le blé, l'avoine,
l'orge et le seigle perdent de 16 à 40 fois plus de
sol par érosion due à l'eau que les terrains
boises, les forêts et les pâturages. Le Dr McConkey
donne une table indiquant le degré d'érosion
sur un terrain d'essai de 1945 à 1950. Perte par acre
de sol en jachère, 154.7 tonnes ; terrain planté
de blé, 172 tonnes ; avoine 3.85 tonnes, et luzerne,
0.29 tonne.
À quoi cela revient-il en perte de fertilité
du sol ? Le Dr F. A. Wyatt, professeur de terrains a
l'Université d'Alberta, a dit que la perte d'un pouce
d'épaisseur sur une acre de terrain dans la zone de
terre noire de l'Alberta équivaut à la perte
de 300 livres de phosphore, 1,500 livres de nitrogène
et 15 tonnes de matière organique. Il faudrait 150
tonnes d'engrais agricole pour remplacer la perte de nitrogène,
et la perte de phosphore égalerait le montant enlevé
du sol par 20 récoltes de blé, chacune d'un
rendement de 50 boisseaux par acre.
Quelques mesures préventives sont purement mécaniques,
comme les terrasses pour ralentir l'écoulement, mais
la meilleure manière de conserver le sol consiste à
planter des herbes. Celles-ci rendent le sol fertile. Seul
un sol fertile peut résister à l'érosion.
Le labour suivant les lignes de niveau est une variation de
la terrasse ; la culture en bandes produit de bons résultats
dans l'Est du Canada en ralentissant l'écoulement de
l'eau, et dans l'Ouest du Canada en réduisant le danger
d'érosion par le vent.
L'assolement a son utilité. La succession de différentes
cultures sur le même terrain varie la consommation et
le remplacement de matière organiques et de nitrogène
dans le sol, augmente la capacité d'absorption et réduit
l'écoulement des eaux.
La paille des récoltes qu'on laisse sur le sol empêche
la pluie de tasser le sol, retient l'eau, résiste à
l'action du vent et, en pourrissant, forme un humus qui améliore
la structure du sol.
Cela est très important, car un sol pauvre donne
de pauvres récoltes. Le manque d'humus occasionne un
manque de bactéries dans le sol, et moins de vers de
terre si utiles à l'agriculture, à qui l'on
a donné le nom poétique de « charrues du
Bon Dieu. »
Le terrain du cultivateur n'est pas un entrepôt inerte,
mais un système vivant et dynamique dans lequel des
forces créatrices et destructives agissent constamment.
Ne blâmons pas le passé
L'homme a, souvent dans le passé, couvert la terre
de ruines, mais la diffusion des connaissances nous enlève
l'excuse qu'on pourrait invoquer à l'égard de
nos ancêtres ignorants des découvertes actuelles
de la science.
Sans critiquer le passé, mais arrivés à
la maturité et anxieux d'éviter les erreurs
naturelles de notre jeunesse, il convient de formuler et exécuter
des plans qui feront dire à nos successeurs dans une
centaine d'années, que nous avions l'imagination et
le courage d'accomplir les projets de conservation rendus
possibles par notre science.
Ce qu'il nous faut, c'est une campagne plus intense et plus
sérieuse d'éducation. La conservation des ressources
naturelles du Canada n'est pas un sujet à étudier
à moments perdus, ou à incorporer dans un programme
scolaire.
Pour le Canada dans l'ensemble le garde-manger est encore
assez plein, mais pour les habitants de nombreuses parties
du Canada il paraît terriblement vide.
Notre programme d'éducation et nos efforts de conservation
exigent l'appui de tous nos concitoyens - cultivateurs, industriels,
professionnels, ménagères, marchands, chefs
de syndicat, députés, journalistes et artisans.
Toujours à la recherche de moyens pour économiser
l'eau, combattre les mauvaises herbes et les insectes, adapter
de nouvelles, graines et plantes à notre climat, et
trouver des méthodes de culture destinées à
rendre la vie plus facile dans les campagnes, les directeurs,
savants et techniciens des ministères fédéral
et provinciaux ainsi que des entreprises privées, accomplissent
un bon travail, mais ce n'est pas assez.
Le Gouvernement devrait encourager et aider les méthodes
de conservation que se proposent d'entreprendre les particuliers,
et accepter la responsabilité des entreprises nécessaires
qui dépassent la capacité des particuliers.
Il convient également que le Gouvernement édicte
des règlements, qui sont les règles du jeu,
et tout aussi nécessaires en matière de conservation
qu'en matière de transport, communications et autres
entreprises qui intéressent le bien-être public.
Il est essentiel que tout le monde fasse sa part. En nous
intéressant et en participant au programme de conservation,
nous nous donnons le droit de dire que nous contribuons à
résoudre un problème mondial au lieu de constituer
nous-mêmes une partie du problème. Faisons partie
des organisations nationales, provinciales et autres de conservation
et prenons part ainsi personnellement à une grande
entreprise.
Si nous sommes cultivateurs, nous pouvons réorganiser
nos terres pour faire rendre à chaque arpent son maximum
de production. Il est possible de remodeler une ferme, comme
une usine, pour en perfectionner le rendement.
L'oeuvre de conservation est loin d'être complète.
Il reste encore de gros problèmes à résoudre
et d'importants travaux à exécuter pour les
habitants du Canada, particulièrement pour les propriétaires
de ressources naturelles et les industries. C'est un signe
de haute intelligence que de prendre des précautions
à l'avance au lieu d'attendre d'y être forcé.
Par notre prévoyance et nos efforts, nous pouvons
éviter la nécessité de recourir à
des mesures héroïques de récupération
et rétablissement.
Quiconque détruit, ou laisse détruire par
négligence la fertilité du sol dans n'importe
quel endroit commet un tort envers toute l'humanité.
Citons pour terminer et comme exemple les paroles d'un chef
de tribu de la Nigérie :
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À mon avis la terre appartient à une vaste famille, dont beaucoup de membres sont morts, quelques-uns vivants, et un nombre incalculable encore à naître. |
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