Vol. 31, N° 9 Septembre 1950
La vie au Canada
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Pardonnez à cet article
d'essayer de condenser en 3,000 mots l'essence de tout ce
qui constitue notre manière de vivre au Canada ;
en vérité, plusieurs gros volumes n'y suffiraient
pas.
En somme, la vie chez nous a du bon. Dans un monde compliqué
par toutes sortes de nouvelles machines et continuellement
en proie aux bouleversements, les Canadiens mènent
une existence confortable et facile, sans toutefois au point
de végéter. Notre ambition à tous est
de vivre dans l'aisance, plutôt que d'aspirer à
la richesse.
Notre défaut, si cela en est un, est de trouver tout
naturels les avantages dont nous jouissons. Ce remarquable
état de liberté, dans lequel chacun de nous
a les mêmes chances de faire son chemin dans la vie
en toute sécurité, il a fallu que nos ancêtres
le gagnent au prix de luttes et de sacrifices avant de nous
le léguer.
Il y a à peine cent douze ans que le Gouverneur général,
Lord Durham, écrivait au gouvernement britannique :
« Ces petites et insignifiantes collectivités
(Haut et Bas-Canada, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick,
Île du Prince-Édouard et Terre-Neuve) pourraient
fort bien devenir des sociétés d'importance
nationale ». Il est difficile de se rendre compte aujourd'hui
combien ce jugement était présomptueux à
l'époque.
Aujourd'hui, le Canada est au premier rang de la civilisation.
Il y a sans doute des pays qui sont plus grands, plus riches,
mieux armés et plus peuplés, mais sous le rapport
des idées, de l'humanité et des conditions d'existence,
le Canada ne le cède à aucun pays du monde.
La vigueur morale et intellectuelle du Canada se manifeste
de plusieurs façons. C'est le seul royaume dans un
vaste continent de républiques et, pourtant, ses habitants
jouissent d'un degré de liberté égal,
sinon supérieur, à celui de tous les pays d'Amérique.
Il a atteint l'autonomie tout en appartenant à un système
mondial de commonwealth, et entretient en même temps
les relations les plus amicales avec les grandes nations indépendantes.
Son dualisme interne, qui unit deux cultures différentes
en une seule nation, le rend évidemment digne de prendre
place dans le conseil des nations.
Quelles sortes de gens sommes-nous ?
Quelles sortes de gens sont les Canadiens ? Apparemment,
toutes sortes. Les Canadiens de langue française habitent
le pays depuis plus longtemps que tous les autres blancs au
nord du Rio Grande, à part les Espagnols. C'est grâce
à leur énergie, leur versatilité et leur
esprit de famille qu'ils sont parvenus à coloniser
ce pays vierge. Puis vinrent les Écossais, les Anglais,
les Irlandais et les Gallois avec leur esprit méthodique,
leur sens inné de l'ordre et de l'épargne et
leur respect absolu de la loi. Et depuis cent ans, des milliers
d'immigrants sont arrivés de toutes les parties du
globe. Aujourd'hui, il n'y a plus que des Canadiens.
Quand les premiers colons arrivèrent, les Français
et les Anglais étaient déjà des peuples
cultivés sous le rapport de la littérature,
des beaux-arts, de la musique et de la science. Ils n'avaient
pas fait de moindres progrès dans l'ordre social et
avaient posé le fondement de nobles civilisations.
Ce sont toutes ces cultures qui ont servi à forger
le caractère de la nation canadienne. Aujourd'hui,
quelques-unes des différences ont fondu en un mélange
harmonieux et nous échappons à l'uniformité
grâce à celles qui ont survécu. Il est
remarquable de voir, dans le même pays, deux cultures
différentes marcher de pair dans l'amitié et
la tolérance, partager les mêmes idées,
préserver le même idéal et ouvrir les
bras aux habitants d'autres pays.
Nous sommes donc une agglomération complexe de gens
dans un pays de contrastes avec les mêmes problèmes
à résoudre. Ce qu'il y a d'étonnant est
d'avoir réussi à fondre les cultures et les
institutions de tous ces peuples en un tout méthodique
et harmonieux.
À part quelques périodes orageuses, nous avons
entretenu des relations amicales et profitables avec le reste
du monde. Nous avons puisé dans les autres cultures ;
nous avons emprunté leurs meilleures idées aux
pays étrangers ; les immigrants nous ont apporté
leurs talents, leurs aptitudes, leur amour de la liberté
et leur tolérance, et tout cela a enrichi notre démocratie
canadienne. Nous avons appris qu'il n'y a pas seulement deux
côtés à chaque question, mais beaucoup
de points de vue. Nous savons que ce n'est pas le nationalisme
qui fait la grandeur d'une nation, mais le fait d'avoir des
liens de sang, d'esprit et d'idéal avec les autres
nations.
De la lutte au confort
Nous sommes réellement conservateurs par force et
par habitude. La vie n'a pas toujours été facile
pour nous. La glace du pôle est voisine de nos villes.
Montréal, notre grande métropole - île
de 1,507,650 habitants ; le plus grand port intérieur
du monde, à mille milles de la mer ; la plus grande
ville de langue française du monde, après Paris
- n'est qu'à 45 milles des États-Unis. Un peu
plus au nord et à une distance de 120 milles se trouve
Ottawa, capital du Canada. Et au-dessus d'Ottawa, les collines
et les toundras, à peine explorées, jusqu'à
l'Océan arctique.
Pour survivre dans cette étroite bande de terre entre
la plus grande nation industrielle du monde et le Nord aride,
il nous a fallu de la résistance et de la souplesse.
Et il nous en faut encore.
Pourtant, notre pays est au centre des affaires internationales.
À l'est et à l'ouest, au nord et au sud, nos
portes sont ouvertes aux changements imprévisibles
qui ont lieu dans les grandes nations. Nous sommes, littéralement,
au carrefour d'un monde en mouvement.
Sur cette étroite bande de terre, nous avons fondé
une nation dans laquelle il fait bon vivre. Il est absurde
d'idéaliser le passé, parce que nous ne devons
pas notre aisance et notre confort d'aujourd'hui au hasard,
mais au travail et à la prévoyance de nos ancêtres.
Les premiers Canadiens défrichaient un lopin de terre,
construisaient leurs propres maisons, faisaient leurs propres
vêtements et vivaient des produits du sol. Les femmes
et les enfants travaillaient dans les champs et le sommeil
était leur seule diversion.
Maintenant nous avons des fils sur nos toits et les oiseaux
y perchent pour chanter, mais les fils nous apportent des
chansons de toutes les parties du monde grâce à
la découverte de la radio. Nous captons les chutes
d'eau pour produire l'électricité qui fait tourner
les rouet de nos usines sous l'oeil des ouvriers.
Au dernier recensement, 3,600,000 de maisons sur 4,173,000
avaient des réfrigérateurs, 4,003,000 des radios,
2,082,000 des fourneaux électriques, et 3,517, 000
des laveuses électriques. Quand nous comparons notre
Canada moderne avec les débuts, nous avons bon droit
d'être fiers.
La vraie démocratie
Dans les progrès de nos conditions d'existence, il
faut faire une part de plus en plus grande aux services sociaux.
La santé publique préoccupe tous les gouvernements.
Les provinces, aidées par le gouvernement fédéral,
accordent des pensions aux personnes âgées et
aux aveugles. Ajoutez à cela l'assurance-chômage,
les allocations familiales, les pensions de guerre, les prêts
pour la construction de logements, et beaucoup d'autres formes
d'aide financière.
Mais ce sont là des détails ; ce n'est
pas cela qu'on juge une démocratie. La vraie démocratie
se mesure par le degré de liberté dont jouit
le peuple. Cette liberté est un signe de maturité.
On peut dire sans crainte que les Canadiens ne désirent
pas dépendre de leur gouvernement au point de perdre
leur liberté politique, comme cela est arrivé
dans d'autres pays. Tout ce qu'ils demandent est la juste
récompense de l'initiative, de la compétence
et du travail, avec des garanties pour ceux qui sont incapables
de gagner leur vie.
L'hon. Paul Martin, ancien ministre de la Santé nationale
et du Bien-être, a dit au cours d'une conférence :
« On ne saurait répéter trop souvent que
la sécurité sociale n'est pas tout ; ce
n'est qu'une partie de notre système social. Le principal
but de toute société est de produire en si grande
quantité que tous ceux qui désirent et peuvent
travailler puissent gagner confortablement leur vie et celle
de leur famille ».
La peur marche de pair avec la dépendance. Les peuples
qui vivent dans la dépendance de l'État craignent
toujours de déplaire aux autorités et d'être
rayés des listes de distribution.
Dans un pays démocratique, le bon citoyen n'a aucune
raison d'avoir peur. Il peut manger, dormir, travailler et
se distraire en toute sécurité pour lui et sa
famille. Il n'y a pas de chambres de torture ou de camps de
concentration. Un nouveau Canadien, échappé
d'un pays totalitaire, a décrit comme suit son idée
de liberté : « Quand je suis réveillé
le matin par des pas à ma porte, je me rendors immédiatement
parce que je sais que ce n'est que le laitier ».
Liberté
Les Canadiens, nés au pays ou immigrants, sont libres
de vivre et d'agir en toute sécurité dans le
cadre de notre constitution. Nous protégeons non seulement
les droits de l'homme, mais nous avons des lois fondées
sur l'esprit de liberté.
Ainsi, au Canada, on ne dit pas aux citoyens ce qu'ils doivent
faire, comme en Allemagne et en Russie. À la liberté
de penser s'ajoute la liberté d'agir. C'est la seule
manière de permettre à la personnalité
de s'affirmer, et ce n'est que du libre exercice de leur personnalité
que les hommes raisonnables retirent de la satisfaction.
Les gouvernements démocratiques estiment que c'est
leur devoir de permettre aux hommes et aux femmes de choisir
les carrières qui leur plaisent, et de s'ingérer
le moins possible dans les entreprises. Ils laissent les hommes
libres de gagner leur vie dans le métier de leur choix
et ne les contraignent pas au travail. Ils encouragent chacun
à exprimer ses opinions.
La presse est libre au Canada. Les nouvelles sont recueillies
par les agences, les reporters et les correspondants. Les
journaux nous apprennent ce qui se passe au Canada et dans
le monde entier. Nous n'écoutons pas volontiers les
exhortations de ceux qui, animés par la peur, le fanatisme,
l'opportunisme, ou leur propre intérêt, cherchent
à restreindre la liberté de parole et d'expression.
Les Canadiens croient à l'indépendance et
à une plus grande mesure de responsabilité personnelle.
Ils rejettent l'idée qu'on peut faire de bons citoyens
par la force ou par des lois. Ils estiment qu'on peut faire
plus de bien en suivant les préceptes de l'Évangile
qu'en édictant de nouvelles lois tout bout de champ.
Le respect d'autrui, considéré par beaucoup
de gens comme la pierre de touche de toute les autres vertus,
est le principe cardinal de la vie canadienne, à l'intérieur
du pays et dans les rapports internationaux.
Le bon citoyen
Tous ces droits, toutes ces libertés et tous ces
avantages sont à la disposition et au service des bons
citoyens. Pour être un bon citoyen au Canada il suffit
d'avoir le coeur bien placé ; de reconnaître
la dignité et la valeur de tous les genres de travail ;
de se rendre compte que nous dépendons tous les uns
des autres et que la prospérité nationale est
fondée sur la collaboration et le travail de tous les
citoyens ; de sentir le besoin de conserver nos ressources
naturelles en hommes et en matières premières
et de travailler à leur mise en valeur ; de prendre
part aux affaires de sa municipalité, de sa province
et du gouvernement fédéral ainsi qu'à
celles de sa communauté.
La participation des citoyens au gouvernement est une partie
essentielle de la démocratie. On ne fait pas une démocratie
en fabriquant une machine à gouverner, mais en créant
l'esprit qui anime la machine.
Notre gouvernement
Le gouvernement démocratique est une forme de gouvernement
dans lequel le peuple gouverne au moyen de discussions et
de compromis. Les Canadiens attachent un grand prix au droit
de vote qui leur permet d'élire leurs représentants,
et au scrutin secret qui leur donne le droit de choisir. Ce
n'est que de cette manière qu'il est possible d'avoir
un gouvernement du peuple, par le peuple et
pour le peuple.
Au Canada, tous les gouvernements sont élus
et rendent compte au peuple de leur mandat. Le cabinet qui
veille sur toutes les phases de la vie nationale, économiques
et sociales, internes et extérieures, est composé
d'hommes pris parmi les représentants du peuple. Chacun
d'eux est à la tête d'un ministère et
relève directement du Parlement.
Il n'y a aucune distinction de classe ou de croyance dans
les affaires publiques du Canada. Riche ou pauvre, chaque
citoyen a voix au chapitre dans les affaires municipales,
provinciales ou fédérales. Il n'existe pas de
machines de partis et les minorités ont toujours le
droit de se faire entendre.
L'existence d'un parti d'opposition est nécessaire
à notre système de gouvernement. Dans les pays
totalitaires il ne peut y avoir qu'un seul parti et il faut
une révolution pour changer le gouvernement. Dans une
démocratie, le peuple vote contre le gouvernement et
met l'opposition au pouvoir.
C'est là une des raisons pour lesquelles les gouvernements
démocratiques doivent franchement tenir le peuple au
courant. Leur succès dépend du degré
de confiance qu'ils inspirent à toutes les classes
de la population.
Affaires extérieures
Les Canadiens sont intéressés au plus haut
point à tout ce qui se passe dans le monde. La marche
irrésistible des événements, les crises
continuelles et les rivalités de continents exigent
du jugement et de l'assurance plutôt que de l'éclat,
et ce sont justement les qualités que possède
le Canada dans le rôle qu'il est appelé à
jouer dans les affaires internationales.
La paix internationale est plus nécessaire à
la prospérité du Canada que dans le cas de la
plupart des autres pays. Notre commerce extérieur constitue
le tiers de notre revenu national. Si nos exportations s'arrêtaient
ou diminuaient fortement, les feuilles de paye de tous les
Canadiens en souffriraient. C'est pour cette raison pratique,
aussi bien que par un désir naturel de voir régner
l'ordre et la paix dans le monde, que le Canada fait partie
des Nations Unies.
Religion et éducation
Les Canadiens pratiquent selon leur foi, et c'est leur croyance
en Dieu, leur amour du prochain et leur respect d'autrui qui
contribuent à faire d'eux de bons citoyens. Toutes
les religions représentées au Canada, et librement
pratiquées chez nous, enseignent la dignité
de l'âme humaine et regardent tous les individus comme
des membres importants de la famille humaine. L'Église,
quel qu'en soit le culte, est la voix de la conscience nationale.
Cette culture spirituelle, cette force interne qui crée
et soutient les manifestations extérieures de la civilisation,
est le plus grand pouvoir que puisse posséder une démocratie.
C'est une des raisons pour lesquelles les démocraties
prennent tant de peine pour sauvegarder les droits des citoyens
« de pratiquer selon la voix de leur conscience ».
C'est une des plus importantes libertés de notre époque.
L'Église, au Canada comme partout ailleurs condamne
l'athéisme et la tyrannie du communisme. Tous les gens
bien pensants s'accordent naturellement à condamner
tout système de gouvernement qui refuse aux gens le
droit de pratiquer la religion dans laquelle ils ont été
élevés.
Les occasions de s'instruire ne manquent pas au Canada.
À part quelque petites différences selon les
provinces, il y a huit classes d'enseignement élémentaire
et quatre ou cinq d'enseignement secondaire dans les écoles
publiques. Le point important est que cet enseignement est
gratuit. Il existe également des écoles « séparées »
pour les groupes en minorité.
Après les années d'école, l'enseignement
adulte permet aux personnes plus âgées de suivre
des cours de leur choix. Depuis quelques années, ce
genre d'enseignement a fait d'énormes progrès.
Il n'est pas destiné à permettre aux illettrés
et aux retardataires de « se rattraper », mais à
continuer à s'instruire. Le Dr M. M. Coady, de St.
Francis University, en dit ceci : « Même si
tous les Canadiens avaient un diplôme universitaire,
ils auraient encore besoin de l'enseignement adulte ».
L'enseignement adulte fait la principale force de la démocratie.
L'ignorance est le meilleur terrain pour les doctrines subversives
et totalitaires, mais la lumière de la vérité
leur est funeste. C'est pour cela que tous les hommes éclairés
dans les affaires, le gouvernement et les universités
conseillent la propagation de l'enseignement adulte au moyen
de classes du soir, de brochures, films et affiches.
La loi et la police
L'intégrité et l'indépendance des magistrats
et des juges ont toujours fait le plus grand honneur au gouvernement
du Canada. Les juges ne sont pas élus, mais ils sont
nommés à vie par le Gouverneur général
en conseil ou par le vice-gouverneur des provinces, selon
le rang et les fonctions de la cour. Ils n'ont pas le droit
de s'occuper de politique ou de voter. Ils occupent un poste
considéré par tous comme très honorable
et responsable.
Le roi donne le premier exemple du respect de la loi. En
prêtant le Serment du Couronnement il s'engage, dans
toute la mesure de son pouvoir, à faire respecter la
Loi, la Justice et la Miséricorde dans tous ses jugements.
De l'Atlantique au Pacifique, le code criminel du Canada
est uniforme. Le but de la loi est de protéger les
libertés de tous les citoyens. Dans une démocratie
comme le Canada, chacun est libre de vivre à sa guise
pourvu qu'il obéisse à la loi que lui-même,
en sa qualité d'électeur, a aidé à
faire.
Les membres de la police au Canada, peut-être mieux
que quiconque, savent en quoi consistent les libertés
civiles et les droits personnels, parce qu'ils ont pour tâche
de les protéger contre les infractions. Ils sont les
amis de tous les bons citoyens, et les défenseurs de
la liberté dont nous jouissons dans notre mode de vie
démocratique.
La vie économique
L'économie canadienne est complexe. Nous avons des
régions économiques très distinctes,
les unes propres à l'industrie, d'autres à la
production de ressources naturelles comme le bois, le blé
et les minéraux. Il n'y a pas très longtemps
nous produisions et nous exportions surtout des matières
premières. C'était l'époque où
les fermes et les petites collectivités arrivaient
à se suffire.
Puis vint la colonisation de l'Ouest. La grande culture
stimula le commerce et la croissance des villes. Quelques
années après 1920, la population urbaine excéda
pour la première fois la population des campagnes.
Nous nous sommes de plus en plus industrialisés depuis,
et nous manufacturons maintenant nos matériaux avant
de les exporter.
La principale caractéristique de notre progrès
individuel et industriel a été l'initiative,
secondée par une abondante énergie. Depuis la
conquête des forêts vierges par les premiers colons,
l'esprit d'entreprise des générations suivantes
nous a portés aux plus hauts jalons de la société.
Le vicomte Alexander, Gouverneur général du
Canada, a résumé ainsi l'esprit d'entreprise
dans sa causerie aux élèves de l'école
préparatoire de Lakefield en juin dernier : « Il
faut prendre quelques risques. Même vos tortues ne peuvent
pas aller loin sans sortir leur tête de leur carapace
et risquer leur cou. »
Notre avenir
À chaque instant, nous pouvons entendre autour de
nous le bruit d'un pays en mal de croissance. L'air est riche
de promesses. Nous pourrions dire aux enfants qui sortent
cette année de l'école, ce que Voltaire a dit
à sa mort en 1778, aux jeunes gens dans le coeur desquels
il pressentait la grandeur du siècle suivant :
« La jeunesse est heureuse ; elle verra de grandes
choses ».
Nous ne désirons pas une utopie mécanique,
ou un pays aux routes pavées d'or. Le Canada idéal
sera l'oeuvre de son peuple, avec l'aide de la science, mais
fermement enraciné dans la riche héritage du
passé.
La plupart des Canadiens ont vu les montagnes, les forêts
ou l'océan et ressenti le frisson de crainte et de
solitude qu'on éprouve en face de la nature. C'est
dans cette attitude d'esprit que les Canadiens font face à
l'avenir. L'esprit fertile de nos fils nous a dotés
et continuera à nous doter d'un tas d'inventions ;
nos richesses s'accroîtront à vue d'oeil. Avec
un peu d'intelligence dans l'emploi des inventions et un certain
frein dans le succès, nous sommes assurés d'un
brillant avenir.
Un philosophe grec a dit : « L'existence est un
don de Dieu, mais une belle existence est un don de la sagesse ».
Nous avons besoin, à notre époque, d'étendre
notre fonds de connaissances et de perfectionner notre esprit,
tout en pratiquant les simples vertus de la vie - l'honnêteté,
la franchise, la maîtrise de soi-même, la justice,
la loyauté, la dévotion et beaucoup d'autres.
Nous Canadiens, nation de 17½ millions d'habitants, ne convoitons
aucun autre territoire. Nous désirons la paix entre
les nations et ne demandons pas mieux que de collaborer à
cette fin.
Nous désirons faire notre part pour créer
le meilleur monde dont rêvent tous les hommes de bien.
Nous transmettrons aux futurs Canadiens le résultat
de notre travail, dans l'espoir que le temps en polira seulement
les défauts et préservera ce qui en vaut la
peine.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
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