Vol. 77, N° 2 Printemps 1996
Le Canada dans
le monde
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Bien qu'il compte à peine un pour
cent de la population mondiale, le Canada occupe une place
d'honneur dans nombre de sphères de l'activité
humaine. Voici une brève liste de nos titres de fierté
et des réalisations qui ont fait de nous l'un des peuples
les plus admirés de la planète...
Du fond des abîmes où l'économie canadienne
a parfois été contrainte de ramper, on a souvent
entendu des voix cruelles railler la prédiction de
sir Wilfrid Laurier : le XXe siècle appartiendra
au Canada. Les méchantes langues devront se chercher
une autre tête de Turc, car l'histoire semble vouloir
donner raison au septième premier ministre de notre
pays.
Elle le fait par l'entremise d'une éminente autorité :
l'Organisation des Nations unies. Depuis quelques années,
en effet, l'O.N.U. évalue le degré d'avancement
de ses 186 membres d'après un indice du développement
humain fondé non seulement sur la richesse matérielle,
mais aussi sur des indicateurs sociaux comme le niveau moyen
de scolarisation, l'état de santé et l'espérance
de vie de la population. En 1995, le Canada s'est classé
premier pour la troisième fois, damant le pion à
la Suisse et au Japon. Mesure impartiale du bonheur humain,
l'indice onusien est une preuve éclatante de l'incomparable
qualité de vie dont jouissent les Canadiens.
Toujours en 1995, une autre étude indépendante
a établi que le Canada est le pays le plus riche de
la planète après l'Australie. La Banque mondiale
a totalisé le capital humain et matériel de
192 pays pour arriver à ce classement global des patrimoines
nationaux.
A l'aune du revenu annuel par habitant, notre pays rétrocède
certes au 16e rang, mais il faut voir que cela reste quatre
fois supérieur à la norme mondiale.
Malgré une série de crises économiques
très douloureuses, le Canada a su exalter l'ambition
et combler les aspirations de millions de gens. Depuis 1920,
le revenu moyen en dollars constants y a doublé, non
pas une, mais deux et trois fois.
L'argent ne fait pas le bonheur, mais il rend la vie plus
facile : les Canadiens jouissent ainsi d'une abondance
matérielle inimaginable dans la plupart des pays en
voie de développement. Posséder sa maison est
chose si courante que cela semble quasiment un droit - et
cette maison est d'ordinaire spacieuse et confortablement
meublée. Il en va de même des autres symboles
de l'aisance : voiture, électroménagers,
équipements récréatifs, etc. Pas moins
de 98 p. cent des foyers ont la télévision en
couleurs, 79 p. cent, un four à micro-ondes, 23 p.
cent, un ordinateur et 52 p. cent, un barbecue au gaz.
Les heureux propriétaires de ces barbecues peuvent
y faire griller de succulents morceaux de boeuf sans se ruiner,
car on mange - et on s'habille - bien à bon compte
au Canada, notamment par rapport aux pays avancés d'Europe.
Rien d'étonnant que nous soyons en si bonne santé !
Selon la Banque mondiale, il n'y a que les Japonais pour vivre
plus longtemps que nous. Le Canada occupe en outre l'avant-dernière
place au tragique tableau de la mortalité infantile
(quatre pays se partagent la dernière).
Les statistiques de l'O.N.U. révèlent encore
que notre richesse collective est largement répartie :
seuls cinq pays nous devancent à ce chapitre. La pauvreté,
ce fléau que rien ne semble en mesure d'éradiquer,
frappe encore environ un million de ménages, mais beaucoup
plus nombreux sont ceux qui disposent d'un revenu de 70 000
$ et plus par an. Grâce aux 42 p. cent de femmes travaillant
à l'extérieur du foyer, la famille canadienne
moyenne jouit d'un revenu supérieur à 52 000
$ par an.
Le Canada est l'un des pays qui consacrent les plus forts
pourcentages de leur revenu national aux services sociaux,
principalement la santé et l'éducation. Nous
investissons dans la formation plus d'argent que toute autre
nation exception faite de la Finlande et de la Suisse, ce
qui nous vaut la plus haute proportion de diplômes postsecondaires
du monde industrialisé : selon l'Organisation
pour la coopération et le développement économiques,
41 p. cent des Canadiens de 25 à 64 ans ont un diplôme
collégial ou universitaire. Or, l'éducation
loue un rôle crucial dans la promotion sociale.
Relever le défi du terrain, du climat et de la distance
Obnubilés par la crise des finances publiques et les
autres problèmes qui nourrissent un chômage aigu
et leur imposent de pénibles compressions budgétaires,
les Canadiens s'arrêtent rarement à mesurer le
chemin parcouru depuis la Confédération. Le
pays qui a vu le jour il y a 129 ans n'avait presque pas d'industrie,
encore moins de capital; il est aujourd'hui la septième
économie du monde.
Au sein du Groupe des Sept, il côtoie les plus grandes
puissances de la planète, Etats-Unis, Japon, Allemagne,
France, Royaume-Uni et Italie. Au classement démographique,
sa population de moins de 30 millions d'habitants le renvoie
pourtant au 29e rang mondial, entre la Colombie et le Maroc.
Comment a-t-il réussi à se hisser au niveau
de géants européens deux fois plus peuplés
que lui, sinon davantage ?
La géographie explique une part du mystère.
Le Canada a pour voisin le plus riche marché de la
planète et entretient avec lui un vigoureux libre-échange :
les États-Unis achètent 80 p. cent des marchandises
que nous exportons et diffusent dans notre tissu industriel
le meilleur de leur savoir-faire technique et de leur science
de la gestion. Grâce à quoi nous sommes l'une
des principales nations commerçantes du globe et nous
bénéficions d'une monnaie stable, acceptée
partout, qui nous permet de voyager en grand nombre de par
le monde et d'en importer les produits les plus variés.
L'immensité même du territoire, qui ne le cède
en superficie qu'à celui de la Russie, s'est avérée
avec le temps un atout plutôt qu'un obstacle grâce
aux efforts de ceux qui ont osé relever le double défi
de la distance et du climat.
A peine cinq p. cent de la terre canadienne est propre à
la culture, mais cela représente une telle surface
que l'agriculture est l'un des piliers de notre commerce international.
Appliquant à la vaste prairie qui représente
les quatre cinquièmes de notre potentiel agricole des
méthodes développées spécifiquement
pour elle, les producteurs canadiens de blé et d'oléagineux
se sont hissés parmi les premiers exportateurs du monde.
Et ce n'est pas tout : le sous- sol de cette terre bénie
recèle en effet d'extraordinaires gisements de pétrole,
de gaz, de soufre et de potasse. Plus à l'ouest, les
vallées de la chaîne côtière produisent
les montagnes de charbon qui chauffent et éclairent
l'Asie. L'âpre Bouclier canadien est un authentique
coffre aux trésors qui alimente l'industrie en minerais,
en bois et en hydro-électricité à prix
d'aubaine.
Pour transformer l'obstacle géographique en atout
économique, le Canada a dû former une armée
de spécialistes des transports, des communications
et du génie civil qui transmettent aujourd'hui au monde
entier le savoir acquis sur le territoire national :
les porteurs d'eau de naguère se sont mués en
experts-conseil. Nous exportons encore du bois, mais vendons
de plus en plus d'avions et de matériel de télécommunications.
Tout cela d'une qualité égale à ce qui
se fait de mieux dans le monde.
Notre investissement financier et humain dans les domaines
de pointe ne cesse de croître : entre 1986 et 1993,
la production des industries de haute technologie a progressé
de quelque 16 p. cent, celle des branches anciennes, d'à
peine 1,3 p. cent. Le Canada est l'un des chefs de file de
la révolution informatique; son industrie du logiciel
a grandi d'environ 25 p. cent par an pendant la dernière
décennie.
Notre pays occupe sur la scène sportive et dans le
monde du spectacle une place tout aussi disproportionnée
que dans l'économie mondiale. Il est l'une des rares
nations jeunes à avoir créé un sport
international : le hockey. C'est un Canadien émigré
aux États- Unis, le docteur James Naismith, qui a inventé
le ballon-panier. Nos athlètes ont récolté
68 médailles d'or aux Jeux olympiques depuis 1920 et
une pléthore d'autres titres mondiaux.
Nos artistes et musiciens s'illustrent sur les scènes
et les écrans du monde entier. Nos légions d'humoristes
et de comiques démentissent la vieille réputation
d'éteignoirs qui nous colle à la peau. Aux arts
visuels, nous avons donné des créateurs comme
Alfred Pellan et Jean-Paul Riopelle, devant lesquels même
la critique parisienne s'est inclinée.
Nous avons également fait notre marque dans quantité
de domaines mineurs. Peu de nations distillent un whisky aussi
apprécié que le nôtre. Plus rares encore
sont celles qui peuvent s'enorgueillir de posséder
un corps de gendarmerie aussi célèbre que notre
Gendarmerie Royale. Si les Américains ne
s'intéressent pas beaucoup à leur grand et paisible
voisin du nord, ils consomment des quantités effarantes
de bière et de bacon made in Canada.
Chose assez normale pour un peuple dont le territoire, bordé
par la mer de trois côtés, possède la
plus longue frange littorale du monde, les Canadiens se sont
particulièrement distingués dans la navigation
maritime. Un Néo-Ecossais du nom de Joshua Slocum a
fait, en 1898, le premier tour du monde à la voile
en solitaire. Onze ans plus tard, le capitaine Joseph-Elzéar
Bernier de L'Islet, au Québec, découvrait une
série d'îles dans l'océan Arctique et
établissait la souveraineté du Canada sur le
nouvel archipel. En 1944, le Saint-Roch, un patrouilleur
de la G.R.C. commandé par le capitaine Henry Larsen,
réalisait la première traversée est-
ouest et retour du passage du Nord-Ouest.
Rares sont les Canadiens qui mesurent, même vaguement,
l'extraordinaire apport de leur pays au développement
des sciences et des techniques. Il peut pourtant revendiquer
une kyrielle d'inventions dont le premier moteur marin fonctionnel,
le bateau à vapeur, la sirène automatique, le
puits de pétrole, le câble sous- marin, le rouleau
à peinture et le poste de radio à prise électrique.
Le kérosène d'Abraham Gesner, la radiophonie
de Reginald Fessenden et la motoneige d'Armand Bombardier
sont utilisés d'un pôle à l'autre.
Exemple de la dévolution pacifique du pouvoir aux populations coloniales
C'est un ingénieur canadien, sir Sanford Fleming,
qui a imaginé le système des fuseaux horaires.
Dans le domaine médical et pharmaceutique, la plus
brillante de nos nombreuses contributions demeure l'insuline,
découverte dans les années vingt par Frederick
Banting et Charles Best et grâce à laquelle le
diabète est passé du rang de maladie mortelle
à celui d'affection chronique. Banting a d'ailleurs
reçu le premier des quatre prix Nobel décernés
à ce jour à des chercheurs canadiens pour sa
participation à cette découverte capitale.
Les Canadiens se sont montrés aussi novateurs dans
le domaine politique que dans celui des sciences. Leur plus
grand apport à ce chapitre s'appelle le gouvernement
responsable. Mis en oeuvre dans les années 1840 au
terme d'un long et âpre combat par les chefs politiques
de la province du Canada, Robert Baldwin et Louis- Hippolyte
Lafontaine, avec l'appui des Néo-Écossais J.
B. Uniacke et Joseph Howe, ce système obligeait le
gouverneur britannique de la colonie à respecter la
volonté populaire exprimée par une assemblée
législative élue dans les domaines de politique
intérieure, mais laissait la défense et la diplomatie
entre les mains de la métropole. Grâce à
quoi, le pouvoir fut dévolu sans violence aux populations
coloniales dans une grande partie de l'Empire britannique.
Premier Dominion à acquérir sa pleine autonomie,
le Canada a ainsi tracé la voie de l'émancipation
aux autres possessions impériales.
La Confédération a donné naissance,
en même temps qu'à une nation, à une future
multinationale : la société du chemin de
fer Canadien Pacifique. Ayant accompli l'un des plus grands
exploits technologiques de l'histoire en unissant le Canada
a mari usque ad mare, comme le prônait la nouvelle
devise nationale, elle se lancera dans le transport maritime
et aérien, portant les couleurs canadiennes jusqu'à
Buenos Aires et Manille. Comme elle, beaucoup d'autres entreprises
affrontent aujourd'hui avec brio les porte- étendard
des plus anciennes puissances économiques de la planète.
Il ne fait pas la guerre, mais la paix
Le Canada pèse beaucoup plus lourd dans les affaires
du monde que ne le laisserait penser sa légèreté
démographique. Le prestige inusité dont il jouit,
il le tire d'une pratique tout à fait contraire à
l'usage immémorial : il ne fait pas la guerre,
mais la paix.
Peut-être n'est-il pas le seul pays du monde à
avoir fait de la paix un principe constitutionnel à
l'égal de l'ordre et du bon gouvernement, mais on n'en
connaît pas d'autre dont le monument le plus célèbre
soit baptisé la Tour de la Paix. Unique exemple en
Amérique continentale d'une émancipation politique
sans effusion de sang, la trame tranquille de son histoire
n'a été rompue que deux fois par la violence :
en 1837 par les rébellions du Haut et du Bas Canada,
et en 1885 par celle du Nord-Ouest.
Le Canada a certes collaboré avec les États-Unis
et la Grande- Bretagne à la mise au point de l'arme
atomique durant la Deuxième Guerre mondiale, construisant
l'un des trois premiers réacteurs opérationnels
du monde. Mais les recherches qu'il a menées ensuite
et qui ont abouti à la création d'une filière
nucléaire originale ont toujours eu des fins strictement
civiles. Pendant que les chercheurs d'autres pays perfectionnaient
la bombe H, ceux du Canada mettaient au point une bombe au
cobalt capable d'anéantir... les rumeurs cancéreuses.
Le Canadien en voyage à l'étranger apprend
vite que sa nationalité lui ouvre toutes les portes.
La réputation extraordinaire dont nous jouissons partout,
nous la devons au sang et à l'argent que nos pères
ont versés sans compter pour défendre la justice
sur tous les continents. Aux pires heures de la Première
Guerre mondiale, ils passaient pour les meilleurs soldats
du front occidental. Du début du second conflit mondial
jusqu'en 1942, notre petit pays d'à peine 14 millions
d'âmes a été le principal allié
d'une Grande-Bretagne complètement isolée face
à l'armée hitlérienne; il a fait une
contribution capitale à la bataille de l'Atlantique
et à la reconquête de l'Europe. Ces deux guerres
lui ont coûté quelque 110 000 hommes.
Le moins imparfait des pays d'une terre imparfaite
Depuis la fin des hostilités, les Canadiens sont à
la pointe du combat pour le maintien d'une paix constamment
menacée. L'idée d'envoyer sur les points chauds
du globe des troupes internationales sous le drapeau onusien
vient d'un de leurs diplomates, Lester B. Pearson. Opérant
dans les deux langues officielles de leur pays, les soldats
canadiens sont passés maîtres dans l'art délicat
de s'interposer entre les belligérants. Dans l'exécution
de ces missions de paix, ils risquent quotidiennement la mort,
la maladie et les blessures. L'aide financière et technique
que le Canada accorde aux pays en voie de développement
renforce encore son prestige international. Il y consacre
une part de son produit national brut nettement supérieure
à ce que donnent beaucoup de nations aux économies
plus puissantes. Une catastrophe naturelle se produit-elle
quelque part ? Aussitôt, une noria d'avions-cargos
à l'emblème de la feuille d'érable se
met en place pour livrer vivres et médicaments aux
populations éprouvées. Les organisations non
gouvernementales canadiennes sont en permanence à la
pointe du combat humanitaire.
Le Canada peut d'autant mieux faire entendre sa voix dans
le concert des nations qu'il est l'un des ténors du
Commonwealth et de la Francophonie, l'association des nations
de langue française dont le Québec et le Nouveau-Brunswick
font également partie. Notre pays exerce en outre une
influence considérable au sein de l'O.T.A.N., de l'Organisation
des États américains et de l'O.C.D.E.
Il accueille volontiers les réfugiés, suivant
en cela une tradition instituée par les Loyalistes
pendant la Révolution américaine et perpétuée
par les esclaves en fuite, les membres de sectes persécutées
par le pouvoir tsariste et les victimes de l'antisémitisme.
Au cours des dernières décennies, le Canada
a permis à des milliers d'hommes et de femmes chassés
d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine par la guerre
ou l'oppression de refaire leur vie.
Ces exilés grossissent un puissant flot d'immigrants
qui viennent chaque année par centaines de milliers
chercher non un refuge, mais une chance de mieux vivre et
qui voient dans notre pays quelque chose qui ressemble beaucoup
à la Terre promise. A l'époque coloniale déjà,
le Canada attirait comme un aimant les masses pauvres et affamées
de l'Ancien Monde. Ce sont elles qui ont colonisé les
Prairies. Une grande partie du phénoménal essor
économique des années cinquante est dû
aux trésors d'énergie et d'audace des Européens
déracinés par la guerre.
Les immigrants sont devenus les plus ardents défenseurs
du Canada sans doute parce que, contrairement aux citoyens
de souche, ils ne tiennent pas pour acquis les douceurs de
la vie dans notre pays. Beaucoup s'étonnent encore
de voir que tout y fonctionne comme prévu : que
les autobus partent et arrivent à l'heure, que le téléphone
ne soit jamais coupé, que les routes soient larges
et bien entretenues, que le robinet d'eau chaude donne toujours
de l'eau chaude. Et quel soulagement de n'avoir plus à
se défendre contre les épidémies - ou
la violence dans les rues !
Les nouveaux venus sont tout aussi stupéfaits par
le niveau de vie de la classe moyenne : chez eux, seule
l'élite peut s'offrir des vacances à l'étranger
l'hiver, un abonnement à un club de golf ou un billet
de saison dans une station de ski. Dans la plupart des autres
pays, il faut appartenir à la haute société
pour posséder une résidence secondaire en lisière
d'un plan d'eau et plus encore, une embarcation de plaisance.
Pour les immigrants originaires de pays densément peuplés,
la nature canadienne, si proche et si bien préservée,
est une source constante d'émerveillement.
Tout impressionnants qu'ils soient, ces innombrables avantages
matériels ne constituent pas l'essence du miracle canadien.
Notre bonheur, nous le devons d'abord à des atouts
intangibles comme la civilité et la relative homogénéité
de notre société, la fiabilité de notre
système judiciaire, la moralité qui empêche
la corruption de gangrener le corps politique et de spolier
les plus démunis. Nous le devons encore à l'égalité
et à la liberté d'action et d'expression qui
nous permettent de vivre et d'élever nos enfants dans
un climat empreint de tolérance, à l'abri des
conflits religieux et raciaux.
Un Canadien moyen répondrait sans doute avec sa coutumière
modestie que son pays n'est pas parfait, que l'inégalité,
l'injustice, la tension continuent d'y faire des ravages,
qu'il éprouve de graves problèmes économiques
et politiques, que son existence même est remise en
question. On nous permettra de répliquer, en toute
objectivité, que s'il n'est pas parfait, il est en
tout cas le moins imparfait des pays de la Terre.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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