Vol. 42, N° 8 Octobre 1961
Quelques conséquences
humaines des progrès
de l'industrialisation
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C'est une grosse erreur de ne voir
dans le commerce et l'industrie qu'un amas de statistiques
et de machines. Ce sont en réalité des instruments
dont les hommes doivent se servir pour atteindre certaines
fins.
Fondée sur la science et la technologie, l'industrialisation
accroît l'empire de l'homme sur la nature et le libère
des servitudes de la vie animale. Elle lui permet de consacrer
de plus en plus de temps et d'énergie aux activités
qui sont la marque de son humanité.
Il est également faux de croire que l'industrialisation
a rendu l'homme esclave de ses moyens d'existence. Les hommes
n'ont-ils pas toujours dû, depuis le commencement des
temps, se soumettre à certaines contraintes pour gagner
leur pain ?
L'industrialisation est essentiellement une technique de
production fondée sur la découverte et le perfectionnement
de méthodes améliorées pour produire
des marchandises. Pour en tirer le meilleur parti, nous devons
nous renseigner sur la nature de l'homme et de ses besoins
matériels : la nature de l'homme en tant qu'être
social et la nature de l'industrie comme facteur de bien-être
matériel et social.
Afin d'étudier ces problèmes, trois cents
hommes et femmes des pays du Commonwealth se sont inscrits
à la seconde Conférence d'étude de S.A.R.
le duc d'Édimbourg. Il s'agit de personnes de 25 à
45 ans qui sont appelées à occuper des postes
de commande dans l'administration industrielle ou les organisations
ouvrières.
Cette conférence ne se propose pas d'examiner la
question des salaires, des heures de travail ou des conventions
collectives, mais de concentrer son attention et ses recherches
sur l'effet de l'industrialisation sur les gens et les collectivités
où ils vivent.
En plus du caractère nettement canadien que revêtira
cette conférence, les membres appartenant aux pays
d'outre-mer seront invités à établir
des rapprochements entre les faits constatés au Canada
et les situations qui existent chez eux. Trois des études
porteront sur les sujets suivants : la mécanisation
agricole, l'exploitation pétrolière-deux domaines
où le Canada marche en tête des autres pays du
Commonwealth et les « villes fantômes » industrielles,
comme Springhill en Nouvelle-Écosse et Elliot Lake
en Ontario, dont on retrouve des équivalents dans toute
société qui évolue.
Il ne s'agit pas d'une initiative gouvernementale. Organisée
sous le haut patronage du prince Philip, cette conférence
a pour président le très honorable Vincent Massey,
ancien gouverneur général du Canada, et le programme
en a été élaboré par un conseil
de 90 membres composé de représentants de l'industrie
et du travail au Canada, avec l'aide de divers groupes choisis
dans toutes les parties du Commonwealth.
Les membres de la conférence seront les hôtes
du monde de l'industrie et du travail canadien pendant 25
jours et parcourront le Canada d'un océan à
l'autre. Après l'allocution d'ouverture que prononcera
le prince Philip à Montréal et un séjour
d'une journée à Ottawa, les membres se répartiront
par groupes d'études de quinze et visiteront les fermes,
les usines et les localités en vue de se renseigner.
Pour ce qui est de la nature des études, le prince
Philip a donné le mot d'ordre en parlant, à
Ottawa, de la conférence sur l'Université d'Oxford
en 1956. « Ce qu'il importe de se rappeler, disait-il
alors, c'est que les organisateurs doivent demeurer les pieds
fermement posés sur le terrain des problèmes
et des cas pratiques. L'entreprise est vouée à
l'échec si on la laisse s'engager dans l'atmosphère
raréfiée de la théorie. » Il a l'espoir
que la conférence fera naître chez ses membres
des idées nouvelles et intéressantes sur les
choses qui contribuent à la bonne marche des usines,
à la prospérité des collectivités
et au bonheur des citoyens.
Impossible de revenir en arrière
Quels sont les problèmes dont s'entretiendront vraisemblablement
les membres de la conférence avec les directeurs, les
contremaîtres et les ouvriers de nos usines, avec les
cultivateurs, les pêcheurs et les marchands de bois,
avec les syndicats et les dirigeants des collectivités ?
Nous ne pouvons pas revenir à un mode de vie plus
simple. La fabrication en série a contribué
à relever le niveau d'existence de millions de personnes
dans tout l'univers jusqu'à un degré jamais
connu auparavant. Sans elle, nous ne pourrions même
pas produire assez de marchandises pour satisfaire nos besoins
élémentaires. Nous sommes au milieu du vingtième
siècle, comme les pilotes d'un vol transatlantique
qui ont dépassé le point où l'on ne peut
plus revenir sur ses pas, et qui, n'ayant pas assez de carburant
pour rebrousser chemin, doivent quoi qu'il arrive poursuivre
leur route.
La rapidité avec laquelle la société
fondée sur l'agriculture a fait place à une
société fondée sur l'industrie nous a
fait perdre notre équilibre. Autrefois, la vie semblait
se résumer à cultiver la terre et à assister
au miraculeux phénomène de la germination de
la semence et de sa multiplication. Mais il y eut les travaux
et les découvertes de Papin, de Jacquard, de Watt,
et soudain la vie se trouva pour ainsi dire transplantée
des fermes dans les usines.
Usages, coutumes, relations entre l'homme et ses semblables,
entre l'homme et la femme, les parents et les enfants, le
patron et l'ouvrier, tout dut être modifié pour
répondre aux nouvelles conditions. Bientôt l'attrait
des vertes campagnes commença à pâlir
devant l'éclat des villes, de leurs plaisirs faciles
et de leur vie agitée et trépidante.
Il est impossible de dire exactement à quelle date
tout cela a commencé. Tout ce que nous savons, c'est
qu'une poussée se produisit, vers 1660, dans l'emploi
de la machine et inaugura ce que nous appelons la Révolution
industrielle. Il suffit alors de quelques inventions pour
déclencher une longue série de découvertes
techniques qui se prolonge encore sous nos yeux. Chaque invention
a engendré des centaines de rejetons, dont chacun devait
soulever une multitude de problèmes.
L'un des derniers-nés de ces enfants terribles est
l'automation, et il est si près de nous que nous le
croyons encore pire que les autres.
Un illustre professeur de l'université de Paris,
Jean Fourastié, nous rassure cependant en affirmant
que l'automation obligera l'homme « à se spécialiser
dans l'humain. » Elle favorise, selon lui, ce qui dans
l'homme est le plus essentiellement humain en lui permettant
de développer les formes les plus hautes de la vie
et de se débarrasser d'une foule de démarches
serviles dont il pourra de plus en plus se décharger
sur la machine.
Les avantages de la machine
Il y a certes beaucoup à redire contre l'industrialisation,
mais il faut cesser de critiquer les joueurs et prendre le
temps de regarder le tableau des points enregistrés.
Dans la plupart des pays du monde, l'industrialisation a
fait progresser la civilisation matérielle, haussé
le niveau de vie, amélioré la situation sociale
et accru l'influence politique des petits et des humbles.
La santé est devenue meilleure, la vie plus longue,
le travail moins pénible, les loisirs plus nombreux.
L'ouvrier d'aujourd'hui jouit de commodités qui, pour
les princes et les barons d'il y a 300 ans, ne pouvaient appartenir
qu'au monde des fées.
La vie individuelle est devenue plus large grâce à
l'augmentation des produits de consommation. Au Canada et
aux États-Unis, presque tout le monde peut disposer
des biens matériels nécessaires pour mener une
vie heureuse sans travailler de trop longues heures et d'une
culture intellectuelle suffisante pour que les loisirs soient
vraiment agréables.
Le président du Conseil canadien de la productivité,
Mr H. G. Young, écrivait naguère dans une revue :
« ... la productivité n'a pas uniquement pour
but d'accroître les bénéfices, les salaires
ou les dividendes. Elle vise à procurer une plus haute
récompense à tous les membres de l'équipe
de collaborateurs : propriétaires, employés,
clients et gouvernements ».
La vie pleine et débordante ainsi offerte aux hommes
dans toutes les parties de l'univers ne pourrait être
sans l'imposant attirail de l'industrie et de la technologie,
mais l'âge pré-industriel comportait des valeurs
qui lui étaient propres et que l'on a peut-être
sacrifiées sans raison. Gandhi a soutenu qu'il fallait
conserver la petite industrie pour échapper à
la domination du rythme abrutissant de la machine, et les
industriels cherchent maintenant par divers moyens à
rétablir jusqu'à un certain point dans leurs
usines l'esprit de solidarité qui existait dans les
anciennes corporations.
Le machinisme transforme le milieu
Chaque invention devient partie intégrante du milieu
matériel auquel la société doit s'adapter.
Le remplacement du travail manuel par la force de la vapeur
a obligé les travailleurs à s'habituer à
une situation nouvelle, où c'est la machine et non
plus le conducteur qui règle l'allure.
Lorsque nous considérons la rapidité des changements
survenus au cours des deux cent dernières années,
nous ne nous étonnons plus de constater qu'il y a eu
des à-coups. Voyez, par exemple, la similitude qui
existe entre le peuple juif du temps du roi Salomon et notre
pays au moment de l'établissement du premier Parlement
du Bas-Canada en 1792 ; les hommes de ces deux époques
portaient des vêtements tissés à la main,
s'éclairaient à la lampe à pétrole,
se chauffaient au bois et voyageaient dans des voitures tirées
par des chevaux. Entre Salomon et notre gouvernement responsable
3,000 ans se sont écoulés ; mais il n'y
a que 170 ans qui nous séparent de 1792.
L'automation ne fait pas que remplacer les anciennes techniques
et nous apporter de nouveaux produits : elle crée
de nouvelles façons de vivre. Elle supprime les travaux
qui ne sont qu'une perpétuelle répétition
des mêmes gestes. Mais elle a surtout pour effet d'exiger
une plus grande compétence technique et de nouvelles
spécialités.
L'une des craintes les plus répandues est celle du
chômage. On dit que si les machines et les procédés
automatiques augmentent le rendement de chaque travailleur,
il deviendra possible de satisfaire nos besoins de biens et
de services sans avoir à employer la totalité
de l'effectif ouvrier. Mais dans l'ensemble, depuis le début
de la révolution industrielle, l'emploi ne s'est-il
pas maintenu, grâce à une augmentation générale
de la consommation, dans le domaine de la production comme
dans celui des services ?
Que faut-il faire ?
Dans ces conditions, il nous est nécessaire de savoir
quels sont les devoirs des dirigeants et des travailleurs.
Les conséquences humaines de l'industrialisation
ne s'arrêtent pas au banc du menuisier et au poste du
machiniste. Elles intéressent aussi le directeur, les
chefs de service, les propriétaires, les bailleurs
de fonds. Ils ont la lourde charge d'administrer les capitaux
requis pour faire produire les machines et de diriger l'entreprise
à l'avantage des actionnaires, des employés
et des clients.
La direction ne consiste pas à dominer les gens,
mais à organiser au mieux leur activité.
Et il y a dans cette organisation un élément
qui est à la base même des conséquences
pour l'homme de notre société industrielle :
les employés qui travaillent dans nos usines, nos magasins
et nos bureaux doivent avoir l'impression de compter pour
quelque chose.
Il se produit aujourd'hui un tel bouleversement des techniques
de travail que les directeurs doivent faire preuve d'une grande
habileté dans la conduite de leurs services. Nous avons
besoin, pour former les ouvriers et les employés, d'hommes
qui ne sont pas seulement des compétences, mais aussi
des êtres humains et intelligents. Il nous faut également
réviser nos programmes scolaires, comme on commence
à le faire au Canada, afin de jeter les bases d'un
enseignement fécond et profitable.
Les stimulants
L'ancienne méthode des récompenses et des
menaces, de la carotte ou du bâton, a perdu son efficacité.
Dans les États dotés de l'assurance-chômage
et de la médecine gratuite, la crainte de se faire
mettre à la porte n'a plus le même effet qu'autrefois.
L'argent en soi n'est pas le plus puissant des stimulants.
On raconte qu'une société avait installé
sur chaque machine de son usine un petit moteur dont le tic-tac
comptait le salaire de l'employé de la même façon
qu'un taximètre. Mais les ouvriers se désintéressèrent
rapidement de ces instruments, jugeant qu'il valait mieux
fixer leur attention sur leur travail.
La plupart des hommes trouvent leur plus grand plaisir à
vaincre des difficultés et à résoudre
des problèmes. Une augmentation de salaire remplacera-t-elle
jamais la perte du bonheur ou la joie de faire un travail
qui nous plaît. L'un des principes de la bonne administration
interdit de faire quoi que ce soit qui pourrait blesser l'amour-propre
des employés et les abaisser aux yeux des autres. Il
y a là, en effet, quelque chose de beaucoup plus important
que le prestige que procure l'achat d'une nouvelle voiture
ou le fait de démarrer le premier quand le feu circulation
devient vert. L'estime de soi est une chose personnelle et
fondamentale.
Il est hors de doute que l'être humain doit avoir
une conception de la vie dans laquelle son travail trouve
son sens. L'homme a besoin de se sentir utile, de s'enthousiasmer
pour quelque chose et d'avoir la conviction de rester égal
à lui-même. Laissons la machine accomplir le
travail ardu et ennuyeux, cela lui est naturel, mais conservons
chez l'homme le goût instinctif du beau travail, la
certitude d'avoir un rôle à jouer, la volonté
de réussir.
L'importance du moral
Le moral est une disposition d'esprit par rapport à
un but commun à atteindre. Un bon moral pousse ceux
qu'il anime à rechercher les moyens d'arriver à
cette fin commune et favorise le travail d'équipe qui
change les projets en réalités.
Cela exige une communication des idées beaucoup plus
développée que celle qui existe habituellement.
La grande entreprise est essentiellement impersonnelle, et
la disparition des contacts personnels entre l'ouvrier et
le patron est devenue avec les années l'un des plus
grands maux de l'évolution industrielle.
L'administration qui a lieu d'être satisfaite des
services qu'elle offre au public et de ses relations avec
ses employés doit le faire savoir. Ce n'est qu'à
cette condition que le personnel s'intéressera plus
à son rendement qu'à ses prérogatives
et que la direction pourra compter sur l'acceptation des responsabilités
croissantes que la mécanisation et l'automation imposent
aux ouvriers.
Il n'est pas suffisant de lire des livres, comme il s'en
publie à la douzaine chaque année, sur les techniques
de l'administration. Nous devons observer les réalités
qui nous entourent, les étudier en fonction des vies
humaines et nous appliquer à trouver de nouvelles combinaisons.
Ce qui s'est fait dans la première moitié
du siècle n'est que le prélude de ce qui se
fera dans la seconde si nous savons tirer le meilleur parti
des qualités caractéristiques de l'homme. De
même que l'homme ne marche qu'en mettant un pied devant
l'autre, de même l'industrie ne peut progresser qu'en
mettant une idée devant une autre. L'idée nouvelle
qu'il s'agit aujourd'hui de mettre devant l'idée de
la machine, c'est celle de la valeur et de la dignité
de l'homme, de la personne humaine qui a conscience de participer
aux progrès de l'âge industriel.
La préparation
Le progrès technique oblige depuis toujours les ouvriers
et les employés à acquérir des connaissances
et des spécialités nouvelles.
Les spécialités de demain feront essentiellement
appel à l'intelligence, et non pas à la force
musculaire et à la dextérité. On demande
plus que jamais des gens instruits. Les trucs ne suffisent
plus. Même pour les tâches courantes, l'automation
exige l'habitude de penser, une imagination développée,
un bon jugement, la connaissance des méthodes logiques
et des mathématiques, et beaucoup plus que des notions
du niveau primaire de la lecture et de la rédaction.
Il est navrant de voir des jeunes qui ont été
formés comme des machines douées de mémoire
achopper lamentablement parce qu'ils ne peuvent s'appuyer
sur la connaissance des principes pour déduire la solution
d'un problème inaccoutumé.
Deux qualités sont nécessaires au technicien
d'aujourd'hui : il doit au moins être capable de
lire des instruments délicats d'une façon intelligente,
c'est-à-dire en sachant bien ce qu'ils veulent dire
et de quoi il s'agit, et il doit percevoir les rapports de
causalité qui existent entre les éléments
dans sa sphère d'activité propre, de manière
à prévoir les conséquences de ses actes.
Il lui faut rattacher les observations faites avec ses instruments
à d'autres observations et fonder ses décisions
sur une vue d'ensemble de la situation.
Les hommes et la société
Si les mains de l'homme se mécanisent, il faut éviter
que cette mécanisation gagne son esprit et son coeur.
La machine ne doit pas nous isoler des grands problèmes
de la nature et de la société, mais nous y plonger
plus profondément. Dans beaucoup de pays, les améliorations
sociales clopinent péniblement et en protestant derrière
les progrès techniques et économiques.
La tâche qui nous incombe est d'adapter nos méthodes
sociales aux exigences des conditions nouvelles. Nous ne pouvons
prospérer en marchant un pied dans le vingtième
siècle et l'autre dans le dix-huitième.
Les groupements sociaux ont pour raison d'être la
satisfaction des besoins matériels et économiques,
le maintien d'une collaboration spontanée entre tous
les rouages de l'organisation et la réalisation des
aspirations légitimes des hommes. Chacun de ceux qui
en font partie doivent y trouver la liberté de s'exprimer
et de vivre dans la paix, le bien-être et la dignité.
Dans une telle société, les hommes et les femmes
ont le loisir de penser à leur mission et à
leurs fins. Ils en éprouvent un sentiment de sécurité,
d'assurance et de solidarité.
Idées, clairvoyance et courage
Pour pouvoir avancer dans notre monde industrialisé,
nous avons besoin d'idées, de clairvoyance et de courage.
Ce sont là des qualités personnelles, qui ne
se fabriquent pas dans les comités et les commissions.
Les psychologues nous disent que nous ne progressons qu'en
adaptant notre comportement à notre univers tel qu'il
est, en cherchant à en apprendre le fonctionnement
et les lois naturelles. Nous pouvons ensuite tenter de modifier
cet univers selon nos désirs ou encore, si la chose
est impossible, nous appliquer à nous changer nous-même
pour nous mettre en harmonie avec le nouvel état des
choses.
Il ne fait aucun doute que l'industrialisation est entrée
définitivement dans nos moeurs. Le monde ne saurait
se passer de tous les produits et services que seule l'industrialisation
peut nous fournir. Voilà la situation à laquelle
nous devons nous adapter.
Le danger du machinisme pour la société ne
provient pas de la machine elle-même, mais de ce que
nous en faisons. Et il est certain que, si nous ne savons
pas nous en servir, le machinisme finira par réduire
l'ouvrier à l'état de machine et par créer
ce que Daniel-Rops appelle un monde sans âme.
Mais il est possible d'éviter un pareil désastre
grâce à la réflexion et à l'action
conjuguée des hommes et des femmes qui pensent, des
groupes de travail éclairés et des directeurs
conscients de leurs responsabilités.
Nous ne pouvons pas vivre selon les normes d'une époque
non industrialisée à jamais révolue,
mais n'est-il pas possible d'en tirer des enseignements qui
faciliteront notre marche ? Le crépuscule apparent
des choses n'est pas nécessairement le crépuscule
du soir ; il n'en tient qu'à nous d'en faire le
crépuscule du matin.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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