Vol. 39, N° 10 Octobre 1958
L'art d'être employé
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Dans toute société, même la plus
utopique, chaque adulte bien portant doit accomplir un travail
utile, et ce le plus souvent sous la direction ou les ordres
d'un autre. Tout le monde ne peut, ni ne veut, être patron
ou contremaître.
L'ancienne division du travail en travail manuel et en travail
de bureau ne vaut plus. Beaucoup d'employés de l'industrie
sont moins exactement des travailleurs manuels que le médecin
ou l'épicier, par exemple.
Aujourd'hui, les rapports et les tableaux statistiques sur
le travail et la main-d'oeuvre divisent plutôt la population
active d'un pays en deux catégories : « administration
et professions libérales » et « autres ».
Sur les 4,085,000 personnes que comptait la population active
du Canada au moment du recensement de 1951, un peu plus de
4 p. 100 seulement appartenaient à la première catégorie et
95.7 p. 100 à la seconde. Dans les statistiques de 1957 sur
l'impôt des particuliers, seulement 6 p. 100 des contribuables
canadiens étaient inscrits comme « ingénieurs-conseils,
architectes, avocats, notaires, médecins, chirurgiens, comptables,
dentistes, autres professions libérales, propriétaires de
commerces ». Quatre-vingt-quatorze pour cent des contribuables
sont classés comme « autres ».
Il est donc évident, ainsi que le disait S.A.R. le prince
Philip, en acceptant le titre de citoyen d'honneur de la ville
de Londres, que « les sous-ordres apportent une importante
contribution à la vie de leur pays ». Et c'est pourquoi
il doit exister un art d'être employé comme il existe un art
d'être patron.
Voici quelques-unes des qualités requises pour être un bon
employé : la fidélité, la loyauté, l'enthousiasme, l'initiative,
la tolérance et le jugement. Celui qui réunit cet ensemble
de qualités dans son travail atteint au respect de soi, un
des biens les plus précieux que puisse posséder l'être humain.
Élargir son horizon
Parce qu'on est employé, il n'est pas nécessaire d'être
un lourdaud ou un routinier. Le travailleur qui a une idée
du but général de l'industrie et de l'agriculture sera toujours
un meilleur ouvrier et un homme plus heureux que celui qui
travaille à l'aveuglette et au jour le jour.
C'est par son imagination que l'homme se distingue des autres
créatures, et son imagination peut l'élever bien au delà de
la portée de ses mains d'ouvrier. Il est cohéritier avec toute
l'humanité de la grande aventure intellectuelle et scientifique
qui le libère graduellement du travail pénible et de la maladie.
Il développe, de génération en génération, les qualités de
l'âme et de l'esprit qui le différencient de plus en plus
des animaux.
L'homme qui cherche à élargir sa vie envisagera les choses
de loin. Il ne jugera pas de son état actuel par une situation
ou un incident isolé. Les changements vraiment importants
ne se voient pas au bout de quelques jours ou de quelques
semaines. Les grands progrès s'accomplissent petit à petit.
Robert Louis Stevenson, ce frêle génie que la maladie obligeait
souvent à quitter les lieux qu'il aimait et à s'exiler dans
la solitude, connaissait bien toute la valeur de la juste
appréciation des choses. Il écrivit un essai, intitulé On
the Enjoyment of Unpleasant Places, dans lequel il nous
dit que « les choses que l'on examine patiemment sous
toutes leurs faces, l'une après l'autre, finissent en général
par en présenter une qui est belle ».
En suivant ce principe, le travailleur en bleus ou en salopettes,
s'il est habile et ambitieux, pourra élargir les horizons
de son métier. Il saura tirer parti de son propre milieu et
suivre, non pas la voie la plus facile, mais celle qui lui
offre le plus de possibilités de se perfectionner.
Il ne pourra peut-être pas changer grand-chose aux prix
de fabrique ou au volume de production de sa compagnie, mais
il ne dépend que de lui de pouvoir être fier de la rapidité,
de la qualité et de la quantité de son travail, du produit
de son temps et de sa compétence.
En effet, si humble que soit son travail, l'ouvrier peut
en tirer de la fierté, car il n'y a pas de sot métier et l'emploi
le plus ennuyeux sur terre est toujours intéressant par certains
côtés. Il exercera son art pratique comme s'il s'agissait
d'un art libéral, s'appliquant sans cesse à soigner la qualité
et l'apparence du produit de ses mains. Il dédaignera la médiocrité,
la camelote et le succès éphémère. Son travail aura un but,
et ce but conférera de la dignité à tout ce qu'il fera.
Une loi de la vie
Le travail est une loi de la vie, et non pas une punition.
« Je ne veux pas expier, disait Emerson, je veux vivre. »
Le travail est une nécessité économique, et il l'a toujours
été depuis le Paradis terrestre, mais c'est aussi une nécessité
psychologique. Ne pas travailler équivaut en somme à ne pas
exister. Comme l'a affirmé sir Alfred Roberts à la Conférence
d'étude du duc d'Edimbourg : le travail est une nécessité
économique, une obligation sociale, un droit fondamental de
l'homme et un moyen d'épanouissement personnel. Ce n'est que
par le travail de tous les citoyens que la société peut subsister.
Dans son Encyclique Quadregesimo Anno, S.S. le pape
Pie XI écrivait en 1931 : « Personne n'ignore qu'aucune
nation n'est jamais sortie de l'indigence et de la pauvreté
pour atteindre à un degré plus élevé de prospérité, sinon
par l'effort intense et combiné de tous ses membres, tant
de ceux qui dirigent le travail que de ceux qui exécutent
leurs ordres. »
On retrouve partout le travail, même dans les contes de
fées. Le prince qui sauve la princesse, le courtisan qui démêle
les écheveaux de soie, le sage qui devine les énigmes, tous
travaillent pour mériter leur récompense. Peut-on imaginer
un État où il n'y aurait pas de travail ? Et si un tel
lieu existait, ses habitants seraient extrêmement malheureux.
Nos ancêtres vivaient dans une incertitude continuelle ;
ils ne savaient jamais si l'instant d'après leur réservait
la chance de tomber sur un bon repas ou le malheur d'être
dévorés. Aujourd'hui, nous sommes plutôt exposés à croupir
dans l'inertie de la sécurité relative, de l'insouciance du
garçonnet qui est assuré de ses trois repas. Certains d'entre
nous en sont même venus à penser que les seuls buts de la
vie sont le plaisir et le confort.
L'homme qui cherche le bonheur dans le travail - et où le
trouverait-il sinon là ? - doit accepter un nouveau rôle.
Il n'est plus un mineur ni un invalide que l'on tient à l'abri
du danger. Il doit décider quelle est l'attitude qu'il adoptera
à l'égard de son travail, quels sont les buts qu'il veut atteindre
et quelle est l'ardeur avec laquelle il désire le bonheur
qu'il recherche.
Voici quelques préceptes qui pourront lui être utiles :
avoir de l'idéal, prendre conseil des personnes compétentes,
user de son bon jugement, reconnaître la nécessité de la discipline,
avoir l'esprit large, croire en l'honnêteté et la pratiquer,
faire son travail consciencieusement et avec compétence.
Les résultats d'une enquête publiés par l'Alexander Hamilton
Institute semblent révéler l'absence de ces préceptes
chez un grand nombre d'employés : sur 4,000 commis et
employés de bureau congédiés par 76 entreprises commerciales,
10 p. 100 seulement furent renvoyés pour manque de compétence
ou de connaissances ; les autres furent remerciés pour
cause de négligence, de paresse ou d'inaptitude à coopérer.
La question de l'adaptation
Si vous avez l'impression que votre travail ne laisse pas
libre champ à votre imagination, que vous êtes rempli d'idées
qui demandent à s'exprimer, une heure d'appréciation personnelle
vous permettra peut-être de trouver une issue.
Il ne faut pas vous attendre à ce que cet examen vous apporte
la solution de votre problème. Mais si vous le faites en toute
sincérité, il vous donnera une bonne idée de l'emploi auquel
vos connaissances et votre habileté actuelles vous rendent
apte, ainsi que des qualités que vous devez acquérir si vous
voulez vous préparer à exercer un métier qui vous plaît.
Ce qui est encore plus important, cet examen vous révélera
ce qui pourrait vous manquer pour exercer votre métier actuel
avec compétence et satisfaction.
Naturellement, certaines personnes se refusent à une chose
aussi révélatrice qu'un inventaire personnel, tout comme il
y a des gens assez insensés pour remettre un examen médical
à plus tard de crainte d'apprendre qu'ils ont une maladie
redoutable.
Tout le monde n'est pas également bien doué en matière de
caractéristiques physiques, mentales ou sociales. Accepter
ce fait comme une chose toute naturelle c'est faire un grand
pas vers le bonheur. Et il y a fort à parier que si vous couchez
votre problème par écrit, il ne paraîtra pas aussi terrible
que lorsqu'il s'agite dans votre tête d'une façon désordonnée.
Examinez votre travail
Faites aussi un examen de votre métier. Explorez-le en tous
sens, comme si c'était un problème de mots croisés.
Vous serez peut-être surpris des résultats de cette enquête,
que vous pouvez faire sans beaucoup d'effort et en très peu
de temps. Réfléchissez à l'importance de votre emploi dans
le produit ou le service que fournit votre compagnie ;
songez aux avantages que ce produit ou ce service procure
aux clients ; réfléchissez aussi à la contribution de
votre compagnie au bien-être économique de votre ville, de
votre province et de votre pays.
Soyez certain de bien connaître les faits avant de commencer
à faire la critique de votre situation. Une décision vaut
ce que valent les renseignements sur lesquels elle se fonde.
Avant de pouvoir conclure que votre emploi est bon ou mauvais,
il faut avoir une vue d'ensemble de la question. Il est plus
satisfaisant - et moins embarrassant - de discuter avec l'esprit
bourré d'idées que de s'engager dans une impasse avec des
renseignements insuffisants pour appuyer sa cause. De toute
façon, même lorsque les critiques contre son emploi ou son
milieu de travail paraissent justifiées, il ne suffit pas
d'essayer de démolir ce que d'autres ont édifié.
Si vous découvrez qu'il y a quelque chose à améliorer, étudiez
sérieusement la situation. Recherchez les raisons cachées
de l'objet de vos griefs : Quelles en sont les causes ?
Peut-être existe-t-il un motif qui vous était inconnu ?
Ensuite, formulez des idées pratiques, faites des suggestions
qui prouveront avec évidence que vous n'avancez pas un jugement
à la légère, mais une idée émise après mûre réflexion.
Responsabilité et discipline
La responsabilité est étroitement liée à l'expression de
soi. Plus la possibilité de s'exprimer est grande, plus elle
crée d'obligations.
Certains employés préfèrent ne pas accepter de responsabilités
et se contentent de refaire indéfiniment les mêmes tâches
simples. Mais l'acte même de vivre comporte une certaine responsabilité.
Le devoir d'un homme ne saurait se limiter à éviter le blâme.
La vérité est que la nature a imposé à tout être vivant
le devoir d'accepter les responsabilités qui conviennent à
son âge et à ses capacités. L'ouvrier qui accepte toutes les
responsabilités qui entrent dans le cadre de son métier ne
fait pas simplement manifester un vif désir d'avancement ;
il s'assure en même temps la satisfaction personnelle la plus
profonde qui soit. Il prend place parmi les membres d'élite
de la société.
La confiance en soi que procure l'acceptation des responsabilités
est un signe de stabilité émotive, de volonté de faire face
à la réalité, de foi en la valeur de son jugement, de l'habitude
de prendre des décisions et d'en subir les conséquences.
Tout cela suppose de la discipline. Aucun employé ne doit
se permettre de négliger les menus travaux et les procédés
nécessaires. En montant l'échelle, le chef de service a appris
à obéir afin de savoir commander.
Loyauté et dévouement
La responsabilité et la discipline sont des éléments importants
de ce que nous appelons la loyauté, qui est, selon John Ruskin,
« le mot le plus noble du répertoire des vertus sociales. »
La loyauté envers votre entreprise et vos compagnons de
travail est essentielle à votre tranquillité d'esprit et,
en fin de compte, à votre bonheur. Cette qualité n'implique
pas une adhésion aveugle à un établissement ou à une organisation.
Elle ne consiste pas à fermer les yeux sur les faiblesses
ou les méfaits. La loyauté est une vertu positive. Elle veut
que l'on s'efforce de réaliser de meilleures conditions afin
d'améliorer le sort de sa compagnie et des autres employés.
La loyauté doit résister à l'attaque. Elle ne vaut pas grand-chose
si elle s'écroule devant le moindre signe de défectuosité.
La loyauté est individuelle quand elle nous pousse à éviter
le travail bâclé ; elle est collective lorsqu'elle incite
des ouvriers à la solidarité. C'est la vertu qui nous entraîne
à faire sans témoins ce que nous ferions devant tout le monde.
Dans l'examen de nous-mêmes et de notre emploi, n'oublions
pas de penser à nos compagnons de travail. Lorsqu'ils nous
irritent, il ne sert à rien d'être grossier ou impoli à leur
égard. Les hommes sont un peu comme les machines : quand
leur comportement laisse à désirer, il faut en rechercher
la cause. Vous vous faites gloire de réparer les pannes mécaniques,
pourquoi ne prendriez-vous pas plaisir à redresser les relations
humaines lorsqu'elles se détraquent.
Personne n'est tenu d'aimer tout le monde, mais l'homme
qui se respecte se doit d'être aimable et prévenant. Respecter
la dignité et la valeur des autres, c'est faire preuve de
maturité.
Pour être heureux dans son métier, il faut s'intéresser
aux gens et avoir de la considération pour eux. Un homme comme
il faut, a dit quelqu'un, est un homme qui se préoccupe des
droits et du bonheur de ceux pour qui il n'est pas obligé
de le faire.
Le respect pour les autres services a aussi son importance,
car ils sont les membres de l'organisme industriel dont vous
faites partie. Mieux vous connaîtrez leurs fonctions et leurs
problèmes, mieux vous comprendrez votre propre service et
le rôle que vous y jouez. Cette connaissance est la base du
travail d'équipe.
Un mot sur les soucis
Rien ne sert de dire « ne t'en fais pas » à celui
qui a des soucis, ou de lui offrir quelque « friandise »
pour l'aider à surmonter son découragement. Les pilules pour
calmer l'anxiété n'ont jamais d'effet durable.
La solution du problème des soucis tient en deux petites
phrases : si cela peut s'arranger, pourquoi se tracasser ?
Si cela ne peut pas s'arranger, à quoi bon se tourmenter ?
C'est ce que Reinhold Niebuhr, professeur à l'Union Theological
Seminary, de New-York, a su exprimer dans une formule
frappante : « La sérénité d'accepter les choses
que je ne puis changer ; le courage de changer celles
que je peux changer ; la sagesse de connaître la différence
entre les deux. »
La sérénité, le courage et la sagesse nécessaires ne sont
pas uniquement une question de volonté ; elles doivent
s'appuyer sur les faits. À quelle catégorie appartient notre
problème ? Convient-il de l'accepter ou de le résoudre ?
Cherchez dans votre appréciation de vous-même quels sont les
bons points que vous pouvez aligner pour contrebalancer les
points faibles qui vous portent à vous inquiéter.
Après avoir établi les bons et les mauvais côtés de la situation,
parlez-en à quelqu'un. Ne cherchez pas à écarter vos inquiétudes,
n'essayez pas de les esquiver, ne vous faites pas inutilement
du mauvais sang à leur sujet : étudiez-les plutôt jusqu'à
ce que vous trouviez une solution.
Bertrand Russell nous conseille de songer sérieusement et
délibérément à la pire chose qui pourrait arriver. Puis, après
avoir regardé cette fâcheuse éventualité bien en face, de
« nous trouver de bonnes raisons de croire que somme
toute ce ne serait pas un si grand malheur. En mettant les
choses au pis, nous ne serions pas plus à plaindre qu'Oliver
Twist, qui ne savait que faire pour se tirer d'embarras. « Il
changea son baluchon d'épaule, écrit Dickens, et reprit péniblement
son chemin. »
Peut-être êtes-vous soucieux parce que vous avez l'impression
d'avoir échoué dans votre métier ou dans la vie. L'échec est
la différence que l'on perçoit entre ce qu'on espère et ce
qu'on obtient, ou encore la différence entre ce que l'on croit
devoir faire et ce que l'on fait en réalité.
Aucun homme n'est un raté dans son métier si son travail
est nécessaire et s'il le fait avec compétence. Si son métier
n'est pas celui qui lui convient, s'il ne lui fournit pas
la possibilité de faire valoir tous ses talents, son devoir
est de faire le nécessaire pour obtenir l'emploi qu'il lui
faut. Mais il doit déterminer sa position avec soin avant
de donner le coup de barre qui corrigera sa route.
Le respect de soi
Le respect de soi joue un rôle capital dans le bonheur d'un
employé. Un sentiment de dissatisfaction de nos efforts passés
allié au désir de s'améliorer n'est pas incompatible avec
le respect de soi. Celui qui continue à se perfectionner n'a
pas de raison d'avoir honte de ce qu'il a fait jusque-là.
On peut très bien avoir conscience de faire certaines choses
médiocrement et pourtant être fier de celles que l'on fait
bien.
Il existe une tournure d'esprit morbide qui porte l'homme
à avoir peur de faire de son mieux de crainte que son mieux
ne soit pas assez bien. Chacun a ses propres carences, mais
chacun a aussi des qualités dont il doit se réjouir. Il n'y
a rien à redire aussi longtemps qu'un homme fait tout son
possible de jour en jour, qu'il est fidèle à son idéal et
s'applique à l'atteindre.
L'estime de soi ne résulte jamais de l'accomplissement d'une
tâche facile. L'ouvrier qui est content de son sort ne fait
pas son travail à moitié, mais de tout son coeur. Il n'est
pas absorbé par la mécanique au point de ne pas voir les possibilités
d'amélioration.
Il est permis de rêver dans la vie, mais seulement dans
la mesure où cela peut servir à quelque chose. Autrement la
rêverie est vaine et nuisible. Rappelez-vous la réponse de
don Quichotte à sa nièce qui cherchait à le convaincre de
faire des choses utiles : « Si ces pensées chevaleresques
ne ravissaient pas tous mes sens, il n'y aurait chose que
je ne fisse ni curiosité qui ne sortit de mes mains. »
La rêverie qui nous rend si mécontent de nous-même que nous
nous mettons énergiquement au travail pour corriger ce qui
est mal est bien différente de celle qui n'est qu'un moyen
d'échapper à de fâcheuses réalités. Ce qui est dangereux,
c'est de rêver sans agir... comme la mouche d'Esope, qui s'assied
sur l'essieu du carrosse et se vante de soulever beaucoup
de poussière.
Le sens de la recherche et du perfectionnement
Quel que soit son métier ou son rang, l'employé a toujours
intérêt à étendre son champ de vision et à accroître sa vivacité
d'esprit. Il existe des exercices spécialement conçus à cette
fin.
Alex Osborn, auteur de plusieurs livres bien connus sur
les affaires, l'imagination et la pensée créatrice, nous propose
de nombreux exercices de ce genre. En voici quelques-uns qui
ne demandent qu'un crayon, une feuille de papier et un esprit
alerte et chercheur. Notez par écrit toutes les améliorations
qui ont été apportées au simple tournevis en vue d'en faire
un meilleur outil, et indiquez trois nouvelles améliorations.
Nommez au moins trois « inventions demandées » qui,
selon vous, seraient des plus utiles au monde. Comment pourriez-vous
augmenter l'utilité d'une table de salle à manger ? Si
l'on vous demandait de faire le sermon à votre église dimanche
prochain, quel sujet choisiriez-vous ? Quels sont, dans
votre foyer, les objets en saillie qui gagneraient à être
arrondis ?
Ces exercices ne sont que des points de départ. Adaptez-les
à votre travail et à vos occupations préférées. Vous constaterez
que si votre esprit est toujours à l'affût de nouvelles idées,
la vie vous semblera bien plus intéressante que si vous attendiez
leur venue sans rien faire. Vous serez alors attentif aux
occasions magnifiques qui vous frôlent de l'aile et qui s'envolent.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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