Octobre 1949
Le climat et la température du Canada
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On dirait que le climat se plaît à
bouleverser notre vie et à déjouer nos plans.
Il nous impose notre économie nationale, la manière
de nous habiller, de nous loger et de nous nourrir ;
il rend notre existence laborieuse ou facile et décide
même l'époque et le lieu de nos vacances. Les
agriculteurs et les chefs d'entreprise doivent lui obéir ;
tous les animaux, depuis l'insecte à l'éléphant,
vivent et meurent sous son règne.
L'homme n'a jamais connu de climat « normal ».
En 1949, nous sommes à la fin d'une époque glaciale,
à la suite des plus grands bouleversements climatiques
de notre globe. La croûte terrestre révèle
plusieurs époques glaciales et il y a eu entre chacune
de longues périodes clémentes et uniformes que
les géologues appellent « époques normales ».
Le climat procède par cycles. On trouve aux alentours
de Rainy Lake, dans l'ouest de l'Ontario, des formations rocheuses
très anciennes dues à des phénomènes
physiques peu différents de ceux d'aujourd'hui.
Le cycle journalier des zones tempérées est
familier à tous : maximum de chaleur au milieu
du jour et minimum juste avant le lever du soleil. Pendant
l'année, beau et mauvais temps, pluie, neige ou vent
selon les saisons.
Nous attachons également une grande importance au
cycle de 11 ans qui correspond aux variations des taches solaires.
Les observations de plus de deux cents ans indiquent que l'ampleur
ou l'intensité de ces taches augmente et diminue tous
les vingttrois ans en moyenne. Attendu que le soleil
est la source de notre chaleur et la cause fondamentale des
changements de notre température, il est naturel de
supposer que les cycles de température correspondent
aux changements qui se produisent dans le soleil, mais cela
n'est pas encore prouvé.
Il fait plus chaud.
Un point sur lequel tout le monde semble être d'accord
est que la surface de la terre se réchauffe. Il y a
juste un mois, le professeur G. H. T. Kimble et le professeur
F. K. Hare, tous deux de la faculté de géographie
de l'Université McGill, ont ajouté l'indice
de cet été à leurs diagrammes, et conclu
qu'il se produit un changement de climat dans les pays du
bord de l'Atlantique.
Les étés, disentils, sont plus chauds
et plus longs ; les hivers plus doux. Mais, s'empressentils
d'ajouter, nos observations ne remontent pas assez loin -
seulement quelques secondes par comparaison à l'âge
de la terre. La modification actuelle, remarquée depuis
1880, n'est peutêtre qu'un accident, mais il se
peut qu'elle marque le retour à un climat très
différent. Il y a à peine 4,000 ans que l'Est
du Canada était aussi chaud que le désert de
l'Arizona aujourd'hui.
Nous sortons d'une époque de froid qui atteignit
son maximum d'intensité il y a 1,500,000 ans. Les glaciers
reculent rapidement dans toutes les parties du monde ;
le soussol commence à dégeler lentement
dans le Nord du Canada. Les navires peuvent maintenant aller
au Spitzberg, au nord de la Norvège, pendant neuf mois
de l'année au lieu de trois il y a trente ans. Quand
nous serons sortis entièrement de l'âge glacial,
il y aura d'épaisses forêts à l'intérieur
du Groenland, dans les endroits maintenant recouverts d'une
couche de glace épaisse de deux milles.
Climat et nourriture
Rien ne produit plus d'effet sur les civilisations qu'un
changement de climat. L'homme est poussé à agir
énergiquement dans certaines régions et maintenu
dans un état léthargique, à la fois physique
et intellectuel, dans d'autres. Nous pensons et nous agissons
par suite de la combustion qui se produit dans le corps humain,
et le rythme de combustion dépend en grande partie
de la nourriture et de l'exercice. Nous nous fatiguons rapidement
quand la température est trop chaude et trop humide.
C'est pourquoi nous apprenons à le prendre à
l'aise dans les tropiques.
Il est important d'avoir des vivres à notre portée.
On voit des algues, qui sont une forme inférieure de
vie végétale, pousser à merveille dans
les sources d'eau chaude à 200 degrés, et il
y a des plantes en Sibérie dont les racines survivent
à 90 degrés audessous de zéro,
mais la plupart des végétaux poussent dans une
étroite limite. La date de floraison des plantes de
la même espèce est retardée de 4 jours
par degré de latitude au nord de l'équateur
et par 400 pieds de hauteur audessus du niveau de la
mer en Amérique du Nord.
Température et santé
La température, qui change rapidement mais moins
vite que le climat, a beaucoup d'importance sur notre santé.
Il y a évidemment un rapport entre certains genres
de température et certaines maladies. La fièvre
des foins appartient à l'automne ; ce qu'on appelle
généralement les maladies de « poitrine »
sont plus fréquentes au printemps qu'au milieu de l'été ;
et les temps humides apportent les rhumatismes. Le climat
des tropiques est favorable aux organismes qui causent les
maladies infantiles et le paludisme, et en même temps
diminue notre résistance aux maladies de tous genres.
L'homme est un animal exposé à mourir si la
température de son corps varie trop audessus
ou audessous de 98.6 degrés. Par les extrêmes
de température, du plus bas point enregistré
au Canada (81 audessous de zéro) au plus haut
(115), le corps réussit à maintenir une température
constante grâce à son propre système de
chauffage. Quand il fait froid, il active la production de
chaleur, contracte la surface des vaisseaux sanguins et active
même la circulation par des frissons. Quand il fait
chaud, il dilate la surface des vaisseaux sanguins pour transporter
plus rapidement la chaleur de l'intérieur à
l'extérieur, et l'évaporation de la sueur produit
un effet rafraîchissant.
Dans le climat tempéré du Canada qui est favorable
à une existence énergique, c'est la fatigue
et l'épuisement qui causent le plus grand nombre de
maladies. La Prudential Life Assurance Company of America
a trouvé que les maladies de poitrine sont très
nombreuses au Brésil, en Ecuador et en Colombie. Dans
ces pays, il y a un grand contraste entre les 95 à
100 degrés de température dans l'aprèsmidi
et les 50 degrés que le thermomètre enregistre
la nuit dans les hautes altitudes. Les Canadiens qui vivent
en hiver dans un climat de 70 degrés a l'intérieur
et qui sortent pour bavarder au coin de la rue à 20
degrés audessous de zéro sont - pour le
moins - imprudents.
Quand aux rhumes, les médecins reconnaissent franchement
qu'ils n'y connaissent pas grand'chose mais tout le monde
a ses propres idées à ce sujet. Il y a des gens
qui croient que les rhumes sont causés par le manque
de nourriture ou de boisson ; d'autres pensent qu'on
les attrape au contact de ceux qui sont enrhumés ou
en s'exposant à un courant d'air.
Pepys, l'auteur anglais du 17e siècle, semble avoir
été particulièrement sujet aux rhumes,
comme l'indiquent plusieurs extraits amusants de son journal :
« Attrapé un rhume pour être resté
trop longtemps assis sans chapeau pendant que maman brossait
mes cheveux et lavait mes oreilles... Rhume de cerveau pour
avoir ôté mon chapeau pendant le dîner
et être resté assis avec un courant d'air dans
le cou... Attrapé un rhume pour avoir laissé
mon gilet déboutonné. » À la suite
de ces mésaventures, Pepys invente un tas de remèdes
et de précautions qui étonneront beaucoup de
médecins et de gens enrhumés : « En
bonne santé pour ma part, mais très sujet à
attraper des rhumes, de sorte que par ces journées
de chaleur je porte, par précaution, une ceinture de
flanelle autour du ventre. »
Les vagues de chaleur offrent également des dangers
aux Canadiens. Nous pouvons avoir des difficultés à
diminuer notre feu intérieur assez vite pour compenser
la différence en perte de chaleur. Nous sommes exposés
à attraper des coups de chaleur plus ou moins sérieux
à des températures qui n'offrent aucun inconvénient
pour les habitants des tropiques. Nous sommes enclins à
nous exposer au soleil après avoir mangé trop
d'aliments sucrés, gras et féculeux. Nous élevons
ainsi la température intérieure du corps pendant
que nous absorbons la chaleur de l'extérieur.
Le climat du Canada
Le Canada est dans la zone tempérée du nord.
Cela signifie, d'après un mauvais plaisant, un climat
où vous pouvez rester dans le même endroit pour
y geler en janvier et y attraper des coups de soleil en juillet.
Vous pouvez constater cela au moyen du tableau au bas de
la page. Remarquez la grande portée des observations
- de 31 ans à 105 ans. Dans tout ce tempslà
il n'y a aucune station météorologique qui n'ait
pas enregistré de températures audessous
de zéro, et toutes ont eu 95 ou audessus tandis
que les moyennes annuelles vont de 17 à 49.5. degrés.
Une telle variété impose une discipline sévère
aux corps et aux esprits. Aux gens accoutumés à
des températures plus égales, le climat du Canada
paraît rigoureux. Il produit des hommes et des femmes
à l'esprit actif et au corps robuste.
Le progrès est un produit d'adversité moyenne
et non d'aise et de langueur, et les Canadiens ne sont pas
nés favorisés de la fortune sous ce rapport.
Nous avons appris à nous tirer d'affaire : grâce
a notre énergie, nous avons des maisons, des usines
et des fermes qui ne le cèdent en rien à aucun
pays du monde, et un niveau d'existence que beaucoup de pays
nous envient.
La plupart de nous possèdent un pardessus, un imperméable,
des caoutchoucs, un parapluie, un costume de bain, un cachenez,
du sirop pour la toux et des pilules d'aspirine. Et il y en
a même qui ont aussi des bottes fourrées, des
couvreoreilles et des casques solaires. Avec tous ces
accessoires, nous pouvons nous débrouiller facilement.
Climatisation
Le nord du Canada est, à certaines parties de l'année,
un réfrigérateur presque parfait. Les Montagnes
Rocheuses dans l'Ouest empêchent les nouvelles couches
d'air d'entrer dans la région. Pendant des semaines
l'air reste immobile. La fraîcheur du sol et la glace
des lacs refroidissent l'atmosphère. Une immense masse
d'air uniformément glacé, sec et clair, s'étend
des Montagnes Rocheuses au Labrador, depuis les prairies jusqu'à
l'extrême nord, et jusqu'à la stratosphère.
C'est comme un glacier d'air. Les météorologistes
appellent cela une masse d'air polaire.
Les couches d'air qui ont de 500 à 1000 milles d'un
bout à l'autre sont les seules choses qui puissent
encore traverser les frontières nationales sans passeport,
visa et permis. L'air polaire descend jusqu'au Golfe du Mexique ;
l'air des tropiques remonte jusqu'au bord de l'Arctique.
Notre Frontière Polaire
La science météorologique d'aujourd'hui est
basée sur l'idée que les changements de température
sont causés par le conflit entre grandes masses d'air
chaud et d'air froid le long de cette « frontière
polaire », où l'air chaud qui monte vers le nord
rencontre l'air froid qui descend vers le sud.
M. A. J. Connor, Division de la météorologie,
ministère des Transports, nous a explique le temps
extraordinaire qu il a fait cette annéeci. Il
dit :
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Au Canada, nous nous attendons en été à de fréquentes incursions d'air polaire dans les régions méridionales. Elles servent d'abord à soulever l'air plus chaud et plus humide à des niveaux où commence la pluie et, en deuxième lieu, à donner aux régions méridionales un jour ou deux de température fraîche avec basse humidité. Cette annéeci les incursions d'air polaire ont été plutôt faibles dans le centre du Canada, ce qui a permis à l'air chaud et humide du sud de séjourner plus longtemps que d'habitude sans interruption. La pluie a par conséquent été rare et l'humidité oppressive dans les régions du centre. |
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L'hiver dernier, l'air venant du pôle a préféré suivre une voie le long ou immédiatement à l'est des Cordillères, ce qui a produit de grosses neiges et un hiver plus long que d'habitude dans la partie occidentale du continent. |
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Le vent et la température
Nous sommes habitués, depuis l'antiquité,
à associer certains vents avec certains genres de température,
et nous avons raison la plupart du temps. Et pourtant, disent
les experts, il n'y a aucun réel rapport entre les
deux. Il est possible, dit le Dr. Kimble, que le vent du sud
apporte la sécheresse aussi bien que la pluie, et des
vagues de chaleur ont parfois accompagné le vent du
nord. Ce sont les masses d'air et non pas la direction du
vent qui font la pluie ou le beau temps.
Quand la différence de température entre les
régions de l'équateur et les régions
polaires produit de grands mouvements d'air, ceuxci
sont modifiés par la rotation de la terre, ce qui établit
des zones de vent et des zones de calme. Il y a quatre zones
principales : la zone des calmes, les calmes du Cancer,
les vents alizés, et les vents de l'ouest.
Les vents de l'ouest sont au nord et au sud de la zone du
Cancer. L'air tend à échapper de la haute pression
des latitudes du Cancer pour aller vers les pôles et
il est détourné par la rotation de la terre
de sorte que les vents soufflent du sudouest dans l'hémisphèrenord
et du nordouest dans l'hémisphèresud.
La plus grande partie du Canada se trouve sur la route des
vents de l'ouest.
Les eaux
Quand l'air s'élève, il se dilate et devient
plus frais qu'à la surface du sol. Sa vapeur d'eau
se condense et forme ainsi une grande masse de gouttes minuscules,
et cette masse d'humidité visible est appelée
nuages.
La plupart des nuages ressemblent à des paysages.
C'est réellement le cas des cumulus qui sont
des masses épaisses de nuages que l'on voit souvent
en été à environ un demimille du
sol. Le cumulus est le plus majestueux des nuages ;
il se déplace lentement et pompeusement avec des lignes
nettement formées. On dit que le grand peintre Turner
déclara qu'il n'y avait que deux aspects de la nature
qu'il n'essaierait pas de peindre, la neige au sommet des
Alpes et un cumulus.
Les cirrus ressemblent à des filaments ténus
ou des plumes légères, composés de cristaux
minuscules de glace, à une hauteur de trois à
dix milles audessus du sol. Les stratus sont
des nuages affectant la forme d'une longue bande que l'on
voit souvent à l'horizon au commencement de la journée
à environ huit cents pieds de hauteur. Les nimbus,
sont les nuages familiers de pluie ou de neige, d'une teinte
grise uniforme ; ils se tiennent généralement
de quelques centaines de pieds à un mille de hauteur.
Un pouce d'eau représente le montant d'eau tombé
sur un pouce de sol. Quand nous disons, par exemple, qu'il
est tombé 42.80 de pluie à Frédéricton,
cela veut dire que dans les endroits où elle est tombée,
l'eau pourrait couvrir le sol à une hauteur de 42 pouces
80. En général, il faut dix pouces de neige
pour faire un pouce d'eau. Un pouce de pluie représente
113 tonnes d'eau par acre.
Humidité
Nous savons tous ce que veut dire humidité mais nous
voulons dire plus que cela lorsque nous parlons « d'humidité ».
Nous voulons dire le degré d'humidité dans l'air.
Nous exprimons cela en pourcentage qui représente le
montant d'eau dans l'air par rapport au montant qui serait
présent si l'air était saturé à
la même température. Une humidité relative
de 40 pour 100 veut dire que l'air contient 40 pour 100 du
maximum d'humidité qu'il est capable de contenir à
cette température. Quand l'air est complètement
saturé, on dit que l'humidité relative est 100
pour 100.
Quand l'excès d'humidité empêche le
corps de perdre sa chaleur, parce que l'air est déjà
si humide qu'il ne peut pas absorber toute l'humidité
dont notre corps aimerait à se débarrasser,
nous ne sommes pas confortables. Et quand une vague d'humidité
est brisée par une averse, nous sommes plus à
l'aise.
Il serait utile d'avoir une échelle fixe de confort
en ce qui concerne la température et l'humidité.
(Il a été établi que 68 degrés
est la meilleure température pour le travail de bureau
avec une humidité d'environ 60 pour cent.) Mais un
graphique de ce genre est difficile à établir
attendu que tout le monde ne s'accorde pas sur ce que nous
appelons confortable. Le travail dans la plupart des bureaux
et des usines irait beaucoup mieux si la température
était adaptée au goût des gens normaux
et si on laissait les autres s'habiller en conséquence.
Prévisions Atmosphériques
Le bureau météorologique ne publie pas ses
prévisions atmosphériques pour le bon plaisir
des gens qui ont l'intention d'aller faire un piquenique.
Les prévisions sont à l'intention des aviateurs,
des marins, des cultivateurs, des expéditeurs de marchandises
périssables, des gardiens de forêts et des hommes
d'affaires. Les effets de la température sur les bénéfices
peuvent être très importants.
Les prévisions atmosphériques au Canada sont
publiées par le ministère des Transports à
titre de service public, et notre service météorologique
compte parmi les meilleurs du monde. Les stations principales
sont à Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Toronto, Montréal,
Halifax, et Gander avec des correspondants dans tout le continent.
Quand la station principale a reçu tous les rapports
de son propre district, de tous les autres districts, des
ÉtatsUnis, de l'Alaska et du Mexique, des onze
stations du Canada au nord du cercle arctique, de l'Europe
et des navires en mer, le météorologiste a une
bonne idée du temps qu'il va faire au cours des 24
heures suivantes.
Les prévisions sont rendues difficiles par le grand
nombre de facteurs dont il faut tenir compte en même
temps. Le public demande une prévision capable d'être
exprimée autant que possible en un ou deux mots :
beau temps, temps couvert, pluie. Cela ne permet pas au météorologiste
de donner toute la mesure de son talent, parce qu'il lui faudrait
au moins un paragraphe pour décrire tout ce qui pourrait
arriver dans les 24 ou 36 heures suivantes. Il peut y avoir
de grandes différences à peu de distance dans
des endroits très rapprochés : il y a quelque
temps, il a plu dans la rue StJacques à Montréal
et pas du tout dans la rue Craig a un bloc de là. Quoi
que puissent dire les prévisions, les gens dans l'une
de ces rues penseront toujours que le météorologiste
s'était trompé.
Tout ce que le météorologiste se propose de
faire est de dire qu'il est probable que, si aucun changement
ne se produit, certaines choses arriveront, mais quelque chose
peut survenir au dernier moment pour hâter ou retarder
le temps qu'il a prédit.
Contrôle de la température
Au cours des dernières années un grand nombre
d'averses locales ont été causées au
moyen de glace sèche semée sur les nuages. M.
J. L. Orr du Conseil national des recherches a dit à
la conférence scientifique des Nations Unies en août
que 24 pour cent de tous les essais au Canada ont produit
de la pluie ou de la neige. Quand les nuages ont été
choisis avec soin, les résultats ont été
de 45 pour cent.
M. Orr a ajouté : « Du point de vue scientifique,
les résultats obtenus sont remarquables et nous avons
réussi à modifier la structure de la plus grande
partie des nuages pour produire la pluie, et même dans
certaines circonstances à produire des nuages.
Les résultats obtenus jusqu'ici et les connaissances
acquises dans ce domaine indiquent qu'il sera bientôt
possible de produire la pluie à volonté et cela
aura une grande valeur financière dans les cas où
certaines récoltes manquent d'humidité ou lorsque
nos chutes hydroélectriques menacent d'être
à sec. Mais, ajoute M. Connor, dans une lettre sur
les travaux de la Division météorologique du
Canada, « Si nous parvenons jamais à contrôler
la température sur la terre, cela occasionnera des
guerres de la part de ceux qui voudront en accaparer les bienfaits
pour leur propre pays ». Et il ajoute facétieusement :
« Même chez nous, nous aurons besoin d'un bataillon
pour assurer l'ordre ! ».
Nous aimerions, naturellement, plus de méthode dans
les phénomènes météorologiques.
Nous ne voyons pas d'inconvénient à la neige
et à la glace en hiver pour travailler dur de manière
à avoir plus de loisirs quand le printemps arrive.
Le printemps devrait être une saison délicieuse,
avec des fleurs, des abeilles et des oiseaux qui font leurs
nids. Et il devrait durer deux mois. L'été devrait
être assez chaud pour réchauffer notre corps,
tanner notre peau, et faire pousser les légumes et
les fleurs dans notre jardin. L'automne devrait être
assez long pour nous donner le temps de nous reposer après
les exercices et la vie au grand air de l'été,
assez pittoresque pour réjouir nos yeux et juste assez
frais pour nous préparer aux rigueurs de l'hiver.
Chaque saison devrait avoir le bon sens d'arriver à
une époque fixe ; nous saurions ainsi à
quelle époque il faut changer nos vêtements et
si nous avons assez de charbon pour la saison ou s'il faut
en acheter une autre tonne.
Tant qu'il n'en sera pas ainsi, les fabricants de vêtements,
les magasins à rayons, les marchands de charbon et
les consommateurs en seront réduits à consulter
les almanacs, le bureau météorologique, et à
deviner euxmêmes le temps qu'il va faire. Il en
est peut être mieux ainsi, parce que si le temps n'avait
plus de mystère pour nous, nous serions privés
d'un important sujet de conservation.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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