Vol. 55, N° 11 Novembre 1974
Avoir une attitude
positive
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Les mots positif et négatif
sont des termes de portée et de sens très éloignés.
La distance qui les sépare est le champ clos où
se joue le succès ou l'échec de toute entreprise
commerciale et où se décide le bonheur ou le
malheur de la vie des hommes.
La victoire a tendance à favoriser les concurrents
qui joutent sous l'étendard positif. Ce sont des personnes
qui se sont habituées à penser « Quelle
initiative vais-je prendre ? » au lieu de « Qu'est-ce
qui va m'arriver ? »
Pour venir à bout des difficultés et satisfaire
ses aspirations dans la vie, il importe de déterminer
ce qu'il faut faire pour devenir ce que l'on veut être,
puis de l'accomplir. Il importe aussi de savoir quels sont
les outils et les talents dont on dispose et comment en faire
le meilleur usage. Si le sort ne vous a pas permis de faire
des études supérieures, ne vous croyez pas pour
autant exclu du tournoi des affaires ou de la vie sociale :
vous ferez de votre mieux avec l'instruction que vous avez
et vous vous armerez de courage pour en acquérir davantage.
Charles Darwin soutenait, à la fin de toute une vie
d'observation critique, que les hommes diffèrent moins
par leur capacité que par leur zèle et leur
détermination à utiliser leurs aptitudes.
L'attitude positive est un élément constitutif
de l'initiative, qui est le don de réfléchir
et d'innover. Certaines personnes achoppent sur les occasions
favorables comme si c'étaient des obstacles, alors
que les esprits positifs recherchent les bons côtés
des choses.
La découverte de la pénicilline nous apporte
un exemple de l'avantage qu'il peut y avoir à envisager
les choses de façon positive plutôt que négative.
« Bien des bactériologistes avaient observé
que les cultures de microbes s'altéraient si on les
exposait aux moisissures, mais leur seule conclusion était
la nécessité de garder les cultures de ces moisissures.
Il fallait un coup de génie pour déceler les
possibilités médicinales de l'observation initiale. »
Cette citation est tirée d'un ouvrage de Hans Selye
sur la recherche fondamentale, intitulé Adventures
of the Mind.
Nous voyons par là, d'autre part, qu'il faut parfois
bien peu pour faire tourner les choses à son avantage.
Noter les menus détails, en observer la nature et relier
les réflexions qu'ils suscitent aux connaissances déjà
emmagasinées dans l'esprit, voilà un moyen de
découvrir des idées nouvelles. Shakespeare entendit
parler d'une petite île de corail, et c'est à
partir de ouï-dire qu'il écrivit sa magnifique
féerie la Tempête.
L'enthousiasme est constructif
Tous les progrès de la civilisation sont attribuables
à la pensée constructive des peuples. Les annales
de l'humanité proclament les actions des hommes et
des femmes qui ont dit : « J'en suis capable »,
tandis qu'elles sont le plus souvent muettes sur ceux qui
ont dit : « J'en suis incapable ». Les esprit
positifs estiment qu'il vaut mieux échouer dans l'exécution
d'un projet que ne pas échouer pour n'avoir pas essayé.
L'enthousiasme est une qualité nécessaire
pour accomplir une tâche avec succès. Les grandes
réalisations sont souvent le fruit non pas de la force
mais de la persévérance. En principe, l'artiste,
le scientifique, l'homme d'affaires, l'inventeur et l'écrivain
sont mus par un désir si irrésistible de créer
que loin de faire la grève pour obtenir un salaire
plus élevé et des heures plus courtes, ils acceptent
même de payer pour avoir la chance d'accomplir quelque
chose de nouveau.
Ils savent qu'il est loin d'être aussi intéressant
de suivre la voie facile de l'inaction que de s'attaquer à
une difficulté et de la vaincre. Ce que les autres
déclarent impossible est soumis chez eux à un
examen attentif. Peu de victoires apportent autant de satisfaction
que celle d'organiser un travail que tout le monde considère
comme irréalisable, puis de se mettre à l'oeuvre
et de l'exécuter.
Savoir où l'on va
La vie ne peut être que terne et dénuée
de sens pour qui ne se fixe pas certains buts et ne s'engage
pas à s'efforcer de les atteindre. Si l'on adopte l'attitude
négative d'envisager la vie comme un torrent sans forme
ni destination, où personne n'a le moindre avenir,
il ne reste aucune raison d'espérer ou de travailler.
Nous devons nous river à des buts qui nous intéressent
vraiment et qui sont compatibles avec nos talents et nos règles
de conduite.
D'où la nécessité de bien choisir dans
la vie ce qui nous servira de normes de succès. Tout
sera ensuite rattaché à cette norme, du côté
plus ou du côté moins, du côté positif
ou du côté négatif. Nous appliquerons
notre effort de réflexion à ce qui est important
et essentiel, évitant ainsi de confondre les buts secondaires
avec les valeurs primordiales.
Le désir d'une chose est plus qu'une simple disposition
à recevoir. C'est un sentiment positif, tenace, énergique
et créateur. Il est mû par notre initiative,
notre énergie et notre persévérance,
et ce sont là des forces positives. Grâce à
elles, on ne quitte plus des yeux la destination que l'on
veut atteindre.
Le sage construit lui-même son avenir. Il se donne
corps et âme à quelque chose qui dépasse
la satisfaction des besoins immédiats. Il n'ajoute
pas foi au sort, à la destinée et aux mirages
du futur. Ce sont là des abstractions. Il étudie
plutôt les moyens de décider dès maintenant
de sa carrière. La croyance à la prédestination
est parfois une lâche dérobade devant la responsabilité
de prendre une décision péremptoire et d'accomplir
un geste positif.
Elaborer ses plans avec prudence
Il est nécessaire d'avoir un plan en tête.
Sinon, toutes nos petites briques de reconstruction pourraient
tout aussi bien rester dans la briqueterie. L'enchaînement
des conséquences ne suit pas toujours le plan que nous
avons tracé, mais autant l'orienter au départ
dans la bonne direction.
Le plan a valeur de préservatif. Les personnes qui
se révèlent les mieux équilibrées
et les plus habiles dans les situations difficiles sont sans
doute celles qui ont prévu le pire et ce qu'il faut
faire dans ce cas. Rappelons-nous l'exhortation de « Father
Duncan » dans le roman d'Elizabeth Byrd, les Fleurs
de la forêt : « Soyez prudents dans vos
prières de crainte que Dieu ne les exauce. »
Un esprit créateur n'observe pas la règle
servilement, bien qu'il doive la connaître. Shakespeare
et Tintoretto n'ont-ils pas connu un certain succès
en s'écartant, l'un, des règles du genre dramatique,
l'autre, de celles de l'art. Il faut parfois sauter sans voir
ce qu'il y a derrière le mur. Cela revient à
dire : « Avec les lumières dont je dispose
en ce moment, voici le parti que je choisis, bien que je puisse
demain en savoir plus et faire un choix différent. »
Le désordre des idées et des actes est un
obstacle au progrès, donc quelque chose de négatif.
Faites que reste simple tout ce qu'il est possible de simplifier.
La complexité des méthodes et du matériel
est une fausse qualité, qui rend le travail plus pénible.
Presque tous les hommes d'affaires pratiques reconnaîtront
que la bureaucratie leur met trop de paperasserie sur les
bras. Il appartenait au président de la Roumanie de
leur en indiquer le remède en décrétant
une réduction de 50 p. 100 des stocks de papier destinés
aux bureaux.
La prise de décision
Il se peut qu'un homme accomplisse son séjour terrestre
sans être confronté une seule fois avec une grande
question dont la décision modifiera son avenir, mais
chacun est appelé quotidiennement à trancher
des problèmes embarrassants dans la vie.
Différentes options nous sont offertes. Devant une
croisée de chemins, où il faut décider
quoi faire, quatre choix sont possibles : s'asseoir,
s'engager dans l'une ou l'autre des voies divergentes, ou
encore tourner le dos au problème et rentrer chez soi.
L'important c'est de se renseigner suffisamment sur les
avantages respectifs de chaque option pour être en mesure
d'en arriver à une décision intelligente. Consultez
votre guide routier, les passants et les données des
panneaux indicateurs. Si vous avez votre calepin, établissez
le pour et le contre de chaque possibilité.
En général (il y a des exceptions à
toute règle de conduite), il est plus sage de prendre
ses décisions nettement et rapidement que de s'y attarder
et perdre son premier élan. Retarder une décision
en attendant de connaître les faits nécessaires
pour agir avec sagacité n'est pas la même chose
que l'indécision fondée sur la répugnance
à fixer son choix. L'homme de science cherchant la
solution d'un problème d'importance capitale peut fort
bien suspendre son jugement définitif avant d'avoir
toutes les preuves entre les mains, mais il lui est permis
dans l'intervalle de faire connaître les conclusions
provisoires auxquelles le conduit l'état actuel de
ses renseignements.
Nul ne peut exceller dans son domaine à moins de
penser par lui-même, d'en arriver à ses décisions,
d'en vérifier l'exactitude et de leur donner suite.
Ceux qui hésitent entre le pour et le contre sont dans
une situation malheureuse. En voulant ménager la chèvre
et le chou, ils encourent le danger de tout perdre.
Les personnes qui occupent des postes où il faut
prendre des décisions judiciaires s'efforcent de trouver
une règle particulière au lieu de juger les
causes particulières en fonction de règles générales.
Il est malhonnête de s'en tenir aux généralités
lorsqu'on dispose de précisions, mais la connaissance
des principes généraux permet de résoudre
de façon plus constructive les cas particuliers.
Le premier trait caractéristique de la droiture de
pensée est son souci d'envisager les faits. C'est par
la franchise d'esprit, en distinguant entre ce que l'on sait
et ce que l'on tient simplement pour acquis que l'on évite
la perpétuelle imprécision dans laquelle restent
tant de gens.
Optimisme et discrétion
Nous ne savons jamais quand la Fortune viendra frapper à
notre porte, alors pourquoi ne pas vivre dans l'expectative ?
Comme l'a dit Norman Vincent Peale : « Nulle bonne
chose n'est trop bonne pour être vraie. »
Il faut avant tout adopter une attitude constructive. Jamais
une idée lumineuse ni une oeuvre féconde n'est
sortie d'un cerveau négatif ou chicanier. On entend
parfois la triste lamentation qu'il est impossible de changer
le monde. C'est peut-être vrai (bien qu'il soit peut-être
possible d'en améliorer une infime partie), mais rien
ne nous oblige à baisser pavillon et à nous
ranger du côté des éléments de
détérioration qui s'y trouvent.
Il n'y a nulle satisfaction pour un esprit sain à
pester contre les choses. Selon le précepte de Confucius :
« Mieux vaut allumer une petite chandelle que de maudire
l'obscurité. » Le pessimiste est celui qui se
fait un plaisir de condamner ce qu'il considère comme
peu souhaitable sans rien faire pour y remédier. Il
refuse les possibilités qui lui sont offertes, alors
que l'optimiste profite des difficultés qu'il rencontre
en les maîtrisant.
Bien sûr, l'attitude positive ne consiste pas à
agir avec précipitation, dans l'espoir de voir se réaliser
immédiatement tout ce qui est bon. Les personnes patientes,
celles qui sondent le terrain avec soin, sont des esprits
positifs à condition qu'elles progressent, même
si c'est à pas lents. Le doute a ses heures :
l'esprit positif entreprend alors des recherches, et les recherches
mènent à la vérité.
Les temps de réflexion
Au cours de sa carrière, tout homme doit de temps
en temps se ménager une diversion, un répit,
une pause, pour tenter de comprendre sa vie, juger des faits
du moment et mesurer le chemin parcouru pour réaliser
ses projets à long terme.
La réflexion a un double aspect : elle peut
servir à stimuler un idéal qui aura pour effet
de transformer et d'orienter notre vie, ou tout simplement
à nous replier sur notre moi envisagé dans la
grisaille du quotidien. La tour d'ivoire est l'endroit indiqué
où se retirer pour se préparer à l'action,
pour aller au fond des choses, pour reprendre ses forces.
Ce qui est malheureux, c'est qu'elle est devenue le symbole
d'un repli sans retour.
La retraite dans un lieu tranquille, soustrait à
toutes distractions visuelles et sonores, peut être
une source d'énergie dirigée. Que l'on nous
ait parlé dans notre enfance du charme de s'asseoir
devant le feu pour rêver et trouver des idées,
cela est fort bien. L'ennui c'est que les idées sont
exposées à s'envoler par la cheminée
et à se perdre. Il paraît plus avantageux à
notre époque de s'installer à une table, avec
un crayon et du papier, afin de fixer nos pensées pour
les analyser.
Une action concrète s'impose toujours devant les
problèmes. Le sens commun nous invite à ne pas
nourrir l'espoir généralement répandu
qu'il suffit de tourner le dos à un problème
pour le voir disparaître. Cela est aussi insensé
que de prendre une chandelle pour regarder l'heure la nuit
sur un cadran solaire.
L'esprit positif est celui qui, lorsque quelque chose ne
va pas, non seulement le sent par intuition, mais a la patience
et le courage de chercher la réponse adéquate
du problème, ou peut-être même rien qu'une
bonne réponse, et d'y donner suite.
Nous parlons souvent de l'embarras d'être enfermé
dans un dilemme. Un dilemme est le fait d'avoir à choisir
entre deux partis également désagréables.
En pareil cas, analysez la situation. Les deux éventualités
s'excluent-elles vraiment et épuisent-elles à
elles deux toutes les possibilités ?
Adopter une attitude négative à l'égard
d'un problème avant de l'avoir soumis à un examen
de ce genre n'est guère profitable. Définissez
le problème. Appliquez les méthodes et les principes
connus à la solution. Ne cherchez pas de contradictions
où il n'y en a pas. Le chaud et le froid, le pâle
et le foncé, le bon et le mauvais, le fort et le faible
ne sont pas des contraires mais des degrés et des différences.
La clef d'un problème, la solution d'une discussion,
le choix d'une ligne de conduite résident souvent dans
le juste milieu.
Il est des gens, dont beaucoup de bonne éducation,
qui sont contre tout par tempérament. Ceux qui prennent
une initiative nouvelle ou proposent une manière différente
de voir les choses sont parfois paralysés dans leurs
efforts par la crainte de ce que diront ces personnes. Il
est toujours quelqu'un pour se présenter à une
réunion de comité avec des liasses de papier
couvertes de notes sur les raisons pour lesquelles il est
impossible de faire tel changement ou de réaliser telle
nouvelle idée. Ces critiques sont négateurs
par principe. Leur décision est prise avant même
qu'on leur expose les faits nécessaires pour en arriver
à une conclusion intelligente.
Lorsqu'on demande à un homme quelles sont ses convictions,
que de fois n'entend-on pas, au lieu d'une réponse
affirmative, une kyrielle de choses qu'il condamne :
le bilinguisme, l'unilinguisme, la fluorisation, le tabac,
la vitesse, le gouvernement, etc.
Il est raisonnable d'être contre des réalités
comme l'esclavage, la pollution, la maladie et le péché
pourvu que l'on soit pour quelque chose qui est de
nature à rendre ces maux impossibles ou à y
remédier.
La peur et la frustration
Envisagez la peur de façon positive. Recherchez-en
la cause : si elle est fondée, faites le nécessaire ;
si elle est sans fondement, chassez-la. Dès qu'ils
apprirent que la terre était ronde, les gens cessèrent
d'avoir peur de tomber dans le vide.
L'une des grandes victoires de la vie tient à la
capacité des hommes d'affronter la peur et la frustration
positivement. Nous devons nous attendre à subir notre
bonne part de frustrations. Elles font partie du cours normal
de l'existence, comme les fosses de sable sur un terrain de
golf.
On ne peut s'instruire sans commettre des erreurs, et quiconque
fait quelque chose se trompe fatalement de temps en temps.
Lorsqu'on est dans l'erreur, il est noble de le reconnaître
et de corriger rapidement et de bon coeur ce qui est de travers.
Il est vain de chercher à s'excuser.
« Si » est un mot négatif. Combien de personnes
n'entendons-nous pas l'employer pour déplorer leur
manque de progrès ou de bonheur : « Si j'avais
une voiture neuve ; si j'avais 20 ans de moins ;
si j'étais plus instruit ; si j'avais un bon patron ;
si j'avais meilleure santé. » Elles espèrent
se disculper de leur échec en en déclinant la
responsabilité.
Nos rapports avec les autres
N'est-il pas beaucoup plus facile de s'entendre sur une
question en recherchant les similitudes plutôt que les
différences de point de vue, le positif plutôt
que le négatif ?
Dans la rédaction des lettres d'affaires, il y a
intérêt à donner un tour positif à
ses idées. Faites des affirmations précises.
Évitez le langage anodin, hésitant, non compromettant.
S'il vous faut contredire votre client ou refuser ce qu'il
demande, ne vous contentez pas d'un simple « non ».
Vous avez l'obligation de proposer une solution de rechange.
Avant d'engager un débat, il faut se demander s'il
y a intérêt à le faire. La façon
constructive d'aborder une discussion consiste à réfléchir
avec soin à la fin désirée : écoutez,
concédez, soyez modéré, citez vos sources
et laissez la porte entrouverte afin de permettre à
votre adversaire de passer de votre côté sans
perdre la face.
Louez lorsque la chose est possible. La reconnaissance et
les éloges sont des valeurs positives quand ils sont
naturels et sincères. Il est honorable et juste de
se montrer sensible au succès des autres et de les
féliciter de bonne grâce. C'est une preuve que
l'on sait discerner la compétence.
Un « réalisme » tenace veut que l'on considère
uniquement les réalités de la vie, sans tenir
compte des idéaux ni des personnes en cause. « C'est
le propre du barbare, dit Richard Weaver, qu'on le trouve
à une époque préculturelle ou qu'il sorte
de terre aux jours de déclin d'une civilisation, de
tenir absolument à voir une chose 'telle qu'elle est'.
Cette exigence témoigne qu'il n'a rien en lui avec
quoi la spiritualiser ; il s'agit d'un rapport de chose
à chose où l'imagination n'a aucune part. »
Avoir un idéal
L'idéal est la plus noble création de l'imagination.
Même s'il est parfois hors de portée, il n'en
demeure pas moins un point de visée nécessaire.
Ce conseil d'un administrateur en témoigne : « Soyez
ce qu'un cadre devrait être selon vous avant de parvenir
à ce rang. »
Qui que nous soyons, notre sentiment de ce qui est bon,
important et souhaitable doit tenir compte de notre milieu
de vie et du caractère individuel de notre nature humaine.
Le sens des valeurs est une force motrice positive. Il est
vrai qu'il nous impose beaucoup d'efforts dans la vie, mais
sans lui nous retomberions dans le négativisme des
espèces inférieures qui ont reçu le droit
de vivre sans rien désirer de plus.
Parler des « droits » c'est parler négativement
puisque les droits ne peuvent mener qu'à l'organisation
de la résistance. Le devoir est positif. Au nombre
des obligations positives auxquelles nous devons porter attention
figurent notamment celles de nous maintenir, nous et notre
famille, en santé et dans l'aisance ; de payer
nos dettes ; d'accroître notre prospérité
en augmentant notre rendement.
Pratiquer cette manière de vivre positive ce n'est
pas s'accommoder des maux de la société en essayant
de se tirer d'affaire le mieux possible, mais édifier
sa vie sur un sens des valeurs qui place les banalités
de l'existence quotidienne dans une perspective pratique.
Pensée et action
La réflexion est une nécessité. L'intelligence
vaut mieux que la voyance. Il est plus sensé de se
laisser guider par son esprit que par les astres.
Seule la réflexion nous permet de mettre notre talent
au jour et de l'utiliser. Un homme à qui l'on demandait
s'il savait jouer du piano répondit très franchement :
« Je l'ignore, je n'ai jamais essayé. »
L'activité positive jointe à la lucidité
de vue peut produire des résultats marqués au
coin du génie, c'est-à-dire de l'aptitude à
concevoir des idées et des choses de haute qualité.
Lorsque la pensée a élaboré un plan
rationnel, il convient de le mettre en pratique. Les hommes
et les femmes ne sauraient conserver leur caractère
vraiment humain ni contribuer au progrès de la civilisation
en se contentant d'exister comme spectateurs non engagés
de la vie. La passivité est quelque chose de négatif.
Une décision ou un projet qui reste sans suite est
un vain effort. L'hésitation, voilà le vice
de fabrication capital de bien des hommes et des femmes. Napoléon
nous dit que la raison de l'échec de certains généraux
excellents par ailleurs fut leur incapacité de saisir
le bon moment pour agir. Un départ si modeste soit-il
est quelque chose de positivement profitable.
L'un des fondateurs du pragmatisme, le psychologue William
James, écrit que « pour vaincre les tendances
émotionnelles peu désirables qu'il y a en nous,
nous devons assidûment, et surtout de sang-froid, exécuter
les mouvements extérieurs des dispositions contraires
que nous voulons acquérir. »
Etre positif c'est détourner ses pensées des
choses qui nous sont adverses et les fixer sur la multitude
de celles qui nous sont favorables. Puis, ayant décidé
d'accomplir quelque chose de positif, ne pas ménager
sa peine : le faire bien et jusqu'au bout. C'est l'usage
que nous faisons de nos aptitudes qui décide du succès
de nos efforts.
Sachez donner de la vitalité à vos idées
positives. Devant sa propre vie, chacun de nous est comme
le chef d'orchestre devant ses musiciens : il anime,
guide, contient, coordonne, interprète les multiples
qualités de son être. Il doit avoir de l'envergure
et de l'assurance.
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