Vol. 47, N° 11 Novembre 1966
La famille canadienne
en 1967
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Au moment où il entrera
dans son second siècle de confédération,
le Canada devra être résolu, en son âme
et conscience, à restaurer et à sauvegarder
la grande institution de la vie individuelle et nationale
qu'est la famille. La famille où règne l'harmonie
constitue la base la plus solide et la plus complète
du bonheur et de l'épanouissement de la personne humaine
de même que le fondement nécessaire de la société.
En cette dernière partie du vingtième siècle,
nous vivons dans un monde des plus dynamiques. Nul ne tient
ni ne s'attend à ce que la société cesse
de progresser. Personne ne doit prévoir, non plus,
que la famille puisse subir un arrêt de croissance et
d'adaptation. Mais il nous faut veiller à ce que la
famille subsiste, malgré toutes les vicissitudes, en
tant que groupement de personnes unies entre elles par l'amour
commun des choses qu'elles aiment.
En sa qualité d'entité sociale, la famille
n'est pas seulement universelle pour notre temps ; elle
est depuis toujours un élément caractéristique
de toutes les sociétés humaines. Elle était
indispensable à la survie matérielle dans les
premiers âges, et elle demeure aujourd'hui l'espoir
suprême de notre survie intellectuelle et spirituelle.
Les vertus familiales
si le groupement familial remplit si bien son but, c'est
qu'il surpasse en efficacité toutes les autres sortes
d'unités sociales imaginées pour atteindre la
même fin. La famille exerce au moins trois fonctions
principales : elle assure la subsistance et la survivance
matérielles de ses membres ; elle constitue le
premier groupe organisé où l'homme apprend à
vivre en société avec ses semblables ;
elle est un important moyen de transmission des valeurs et
des connaissances culturelles et religieuses. C'est dans son
sein que se développent les vertus d'amour, de compassion,
de sollicitude et de sociabilité.
Il y a une façon froide, sobre et détachée
de définir la famille, qui est celle de la loi :
« Ensemble des personnes vivant dans une même maison
et sous l'autorité d'un même chef. » Comme
cela est loin de ce que l'on appelle la cellule mère
de la société ! Le milieu familial où
l'individu trouve l'épanouissement personnel et social
essentiel à la vie humaine. C'est une île d'affection
au milieu d'une mer agitée. Un endroit où les
gens vivent ensemble en s'entraidant et en se protégeant
les uns les autres.
La famille façonne la personnalité. Ce n'est
que dans le cercle familial que l'on est pleinement soi-même.
Dans tous les autres secteurs de la vie, il faut se frayer
un chemin par son travail ou par ses oeuvres, alors que dans
la famille la seule condition d'admission est la naissance.
Le milieu familial
Tout le monde désire non seulement être une
personne, mais aussi faire partie de quelque chose, appartenir
à un groupe. C'est dans la famille que l'on trouve
ce sentiment de connaissance réciproque, de solidarité
et d'unité dont le « nous » est l'expression
toute naturelle. La caractéristique essentielle du
régime familial, c'est l'acceptation des droits et
des devoirs mutuels. La vertu familiale par excellence, que
l'on appelle « compréhension », est la faculté
d'éprouver et de partager les émotions, les
dispositions, les goûts et l'expérience des autres.
L'esprit d'affectueuse entente que l'on y trouve constitue
l'un des liens les plus forts de la vie familiale et est unique
en son genre. Le respect des opinions, des idées, des
habitudes et des affaires personnelles de chacun est aussi
une marque distinctive de la société familiale.
Le comportement familial est fait d'une foule de petites
choses. Les écrits sacrés abondent en rites
destinés à protéger la famille. Ceux
que l'on observe encore aujourd'hui peuvent servir de base
à une meilleure compréhension, à l'acceptation
des mêmes valeurs et des mêmes buts. L'enfant
de quatre ans s'assimile au groupe familial en demandant à
Dieu, à la fin de sa prière du soir, sur les
genoux de sa mère, de bénir ses parents, ses
soeurs, ses frères et ses grands-parents. La mère
qui fredonne la même chanson tous les soirs, pendant
des années, pour endormir son fils, ajoute une cheville
à la charpente de l'unité familiale.
Les anniversaires peuvent donner lieu à des réjouissances
aussi agréables que riches de signification. Quand
les parents et les enfants se réunissent pour passer
ensemble une soirée tranquille, qu'ils évoquent
les événements familiaux qui se sont déroulés
depuis le dernier anniversaire et qu'ils parlent de leurs
espoirs et de leurs projets d'avenir, ils resserrent utilement
leurs liens de solidarité en se rappelant les uns aux
autres les plaisirs et les joies qu'ils ont connus.
L'âme même de la vie familiale réside
dans l'attitude de ses divers membres les uns envers les autres.
Dans le cercle de famille, les réticences sont réduites
au minimum. Parents et enfants y ont la liberté de
parler franchement, de dire ce qu'ils pensent de leurs affaires
mutuelles et même les uns des autres. Tout se fait entre
soi et la franchise y est de mise.
Les rôles de la famille
Nous sommes loin de la théorie de Platon, qui voulait
que les enfants soient confiés aux soins de l'État.
Dans certains pays situés derrière le Rideau
de fer, les nouveau-nés, placés pour ainsi dire
sur une bande transporteuse, passent d'établissement
en établissement et entrent dans la vie sans n'avoir
jamais connu la douceur des bras d'une mère.
Mais même dans les pays libres du monde occidental,
le rôle de la famille s'est graduellement amoindri,
depuis un siècle, au fur et à mesure que l'État
et la collectivité ont assumé des fonctions
qui incombaient auparavant à la famille.
Il semble toutefois que les familles se soient soudainement
rendu compte que les organismes désignés pour
les remplacer n'étaient pas vraiment à la hauteur.
Aussi l'O.N.U. proclame-t-elle, dans sa Déclaration
universelle des droits de l'homme, que « La famille
est l'élément naturel et fondamental de la société
et a droit à la protection de la société
et de l'État. »
La vie de famille exige des biens matériels, mais
uniquement dans la mesure où il faut des pieds pour
marcher. Quant à savoir où la marche nous mènera,
c'est autre chose. Il importe en outre qu'il y ait au sein
de la famille des buts et des aspirations à réaliser,
qui, tout en tenant compte du besoin d'adapter notre culture
aux exigences de l'âge scientifique, serviront à
stimuler et à développer la personnalité
de ses membres. L'avenir du Canada tient en grande partie
à la formation d'hommes à l'esprit sain, éclairé,
intègre et bien équilibré, et c'est là
sans aucun doute l'une des fonctions de la famille.
La stabilité de la famille
Appliqué à la famille, le mot « stabilité »
ne désigne ni la stabilité du rang social, ni
la stabilité économique, ni la stabilité
imposée par la loi : la stabilité de la
famille a trait aux réalités internes de la
vie familiale.
Le monde, où des impératifs nouveaux succèdent
aux anciens, a de plus en plus besoin d'hommes bien renseignés
sur les problèmes sociaux de l'époque actuelle
et capables d'y faire face. La grande question dans la vie
demeure celle du choix. Il faut encore aujourd'hui juger ou
décider ce qu'il convient de faire sur le plan moral,
et juger et décider quel métier sera le nôtre
sur le plan de l'orientation professionnelle. C'est une obligation
à laquelle nous ne pouvons pas échapper. Et
voilà pourquoi il est d'une si haute importance que
la famille soit l'école où l'on apprend à
choisir et à juger avec sagesse.
C'est dans la famille que les enfants s'initient aux us
et coutumes, ainsi qu'aux multiples aspects de leur héritage
culturel. Ces notions et ces connaissances serviront plus
tard de base à leurs jugements et à leurs décisions.
On peut dans une très large mesure augurer le succès
de la famille au cours de la prochaine génération
d'après son désir de se donner les moyens et
la préparation voulus pour assurer aux jeunes l'orientation
dont ils ont besoin. C'est là un de ses devoirs les
plus impérieux.
Il existe, dans notre société canadienne,
des principes supérieurs de droiture, de bienséance
et de justice. On en retrouve l'origine dans les Institutes
de l'empereur Justinien, qui datent de quatorze siècles :
« vivre honorablement, ne faire tort à personne,
rendre à chacun son dû. »
Ces principes s'enseignent au foyer et ont pour but de préparer
le passage de l'enfant à l'état d'indépendance.
À mesure que la discipline se relâche dans la
famille et à l'école, la nécessité
de la discipline personnelle devient de plus en plus grande.
C'est ce qu'accomplit actuellement le foyer pour inculquer
à la jeunesse les principes de la morale, du savoir-vivre
et de la personnalité qui décidera de l'avenir
économique, social et politique du Canada.
La discipline
La discipline familiale est fondée sur l'amour, la
confiance, la bienveillance, la persuasion et l'autorité.
Les enfants doivent apprendre à obéir s'ils
veulent s'adapter sans peine et sans difficulté aux
situations de la vie adulte. L'observation des directives
et des lois est une nécessité primordiale dans
les affaires comme dans la société.
La discipline n'est pas seulement un moyen de protection,
elle est aussi un moyen de perfectionnement. Le régime
familial a de ce point de vue une double fonction : celle
d'empêcher l'enfant de commettre des erreurs et de servir
de guide à l'inexpérience.
Il est bon, avant d'établir un règlement,
d'en déterminer le but et de fixer les limites que
la raison peut imposer à son application pratique.
Les parents, comme tous les directeurs de bureau ou d'usine,
connaissent par expérience la pression qui s'exerce
à la longue contre le mur du règlement, chacun
cherchant où il est possible de pratiquer un enfoncement
sans être réprimandé ou de faire une brèche
sans être puni.
Il incombe aux parents de veiller avec soin à ne
pas créer d'illégalités artificielles
uniquement pour faire respecter la discipline. Les enfants
voient clair. Certains ont tendance à se laisser aller
si l'on se montre continuellement très exigeant à
leur endroit sans raison évidente.
Les années d'enfance sont importantes, car la vie
humaine réclame aide et tendresse pour faire ses premiers
pas. La psychanalyse a révélé le besoin
pour les enfants d'avoir des parents affectueux, qui les aiment
et s'en font aimer. Si un enfant commence à se détacher
de ses parents, ce n'est pas parce qu'il est méchant,
mais parce qu'il y a eu quelque part un manque d'affection.
Une oeuvre de collaboration
La famille est une entreprise collective. Les parents sont
des associés au service d'une même cause, et,
à mesure que les enfants grandissent, il faut les intéresser
eux aussi à l'oeuvre commune.
Le choix de son conjoint, au moment du mariage, est une
décision d'une extrême importance pour le jeune
homme et pour la jeune fille. Rien dans la vie ne constitue
une aussi rude épreuve que la vie conjugale pour notre
sens commun, notre sentiment des convenances et notre aptitude
à bien nous entendre avec les autres.
Il n'est pas nécessaire que l'épouse comprenne
le métier de son mari ni qu'elle en connaisse tous
les détails techniques, mais il importe qu'elle comprenne
toute l'importance qu'il a pour lui. Quant à l'époux,
il doit être capable d'exprimer à sa femme une
vaste gamme de sentiments et pouvoir se mêler et prendre
de l'intérêt à ses activités.
Il faut aussi que le père et la mère marchent
de pair avec l'évolution de leurs enfants. Certains
parents ne semblent pas se douter, avant qu'il ne soit trop
tard, que la condition de la jeune fille n'est plus la même.
Il n'y a pas si longtemps encore, les femmes étaient
indifférentes à la nécessité de
se faire reconnaître comme membres de la société.
Mais les possibilités économiques leur ont ouvert
de nouvelles portes. Si la voix d'une fille n'est ni entendue
ni respectée au sein du cercle de famille, l'instruction
qu'elle a reçue et le code social d'aujourd'hui lui
permettent de se louer un appartement ou d'aller vivre ailleurs.
Les temps changent
Notre époque a quelque chose de profondément
dramatique. Il ne faut pas s'étonner de voir les enfants
d'aujourd'hui, qui n'ont jamais connu un monde sans automobiles,
sans téléphones, sans récepteurs de radio
et de télévision, sans avions et sans lumière
électrique, réagir d'une façon différente
de celle de leurs grands-parents de l'âge des becs de
gaz et des voitures à chevaux. Quand ces grands-parents
regardaient le ciel ils n'y apercevaient que la lune, les
étoiles et les constellations, mais quand leurs petits-enfants
lèvent les yeux, ils voient des véhicules spatiaux.
Au cours des cent dernières années d'existence
du Canada, la famille a été témoin de
changements marqués en ce qui concerne le problème
des naissances, l'activité économique, les loisirs,
l'instruction et le comportement religieux. Il s'agit maintenant
d'apprécier la valeur des changements, de nous mettre
d'accord sur un idéal de base auquel il faudra nous
en tenir et de nous adapter sans heurt ni déchirement
au nouveau mode de vie.
Il faut nous chasser de l'idée que toute perturbation
dans l'état de choses existant est un signe de détérioration.
Changement n'est pas synonyme de déchéance.
Au lieu de s'alarmer devant le processus de la transformation
et de craindre le pire, la famille devrait être fière
d'avoir l'occasion de vivre à une telle époque,
d'en affronter les problèmes et de jeter des jalons
pour l'avenir.
Il n'est pas suffisant d'étayer les vieilles institutions
contre la marée du changement. Nous avons besoin d'un
type de famille où se reflètent les sources
et les courants profonds des idées de notre temps,
et dont l'orientation se fonde sur des principes qui ont fait
leurs preuves au cours des âges.
L'adolescence
Au fur et à mesure qu'il avance dans l'adolescence,
il est naturel que l'enfant recherche ses distractions et
ses centres d'intérêt hors de la famille. Si
les parents savent dominer leurs sentiments, il leur sera
relativement facile d'accorder graduellement de la latitude
à leurs enfants.
Naturellement, il y a des choses qui ne peuvent se faire
sans entraîner des ennuis. Quand on les met en possession
de libertés ou de pouvoirs qui leur semblent tout à
fait nouveaux, les enfants se font un plaisir de les exercer.
Et ils ont parfois des réactions assez outrées,
comme le débraillé et les manières frustes.
Les parents doivent se garder de donner l'impression à
ces jeunes gens qu'on les abandonne à un point décisif
de leur passage de l'enfance à l'âge adulte ou
qu'ils doivent résoudre leurs problèmes seuls
ou avec l'aide maladroite de leurs copains du même âge.
Mais il ne faut pas sous-estimer la vigueur, la sagesse
et la clairvoyance des jeunes. Leur entêtement et leur
fermeté d'esprit viennent de la fierté naturelle
que leur inspirent les capacités qu'ils croient avoir.
Ils en savent plus long que les vieillards de la génération
précédente ; ils sont mieux renseignés
et ont plus d'émulation. Pourtant, ils ont encore besoin
de la famille.
Si un des jeunes décide de quitter le foyer familial,
il y perd plus qu'il n'y gagne. Il se montrera peut-être
audacieux et fort en face des menues épreuves de l'art
de vivre, mais lorsqu'il s'agit des choses susceptibles d'influer
sur le bonheur de toute sa vie, il faut qu'il puisse s'adresser
quelque part pour demander conseil.
Il est fatigant d'entendre rebattre sans cesse, dans les
entrevues publiées par les journaux et les débats
présentés par la télévision, la
même vieille rengaine : « Ils ne comprennent
pas ». En nous réfugiant derrière ce prétexte,
nous avouons deux choses : que nous nous apitoyons sur
nous-mêmes et que nous sommes incapables de nous faire
comprendre. Tant que les parents comme les enfants ne font
pas un sérieux effort pour comprendre l'autre point
de vue, ils ne peuvent vraiment pas le mettre en doute.
Ce qu'il faut faire
Une bonne façon de réaliser l'entente mutuelle
est de recourir au conseil familial, qui est un excellent
moyen pour assurer les échanges d'idées et d'expériences
et le partage équitable des fardeaux dans une famille
sociable. Chacun acquiert ainsi une vue plus complète
des questions qui intéressent la communauté.
Pour bien accomplir sa mission, le conseil familial doit
être capable d'écouter avec courtoisie, de répondre
avec sagesse, de délibérer avec calme, de convaincre
et persuader au lieu d'imposer ses décisions, de juger
avec impartialité. Il jouera aussi un rôle positif
en faisant naître des idées nouvelles, et les
idées nouvelles sont aussi nécessaires dans
les familles que dans les entreprises commerciales.
Ici, une question intéressante se pose : que
fait-on en réalité pour mettre au point une
méthode de formation spécialement destinée
à venir en aide aux parents et aux futurs parents ?
Même si les sociologues et d'autres spécialistes
s'efforcent d'élaborer le plan d'organisation définitif
de la vie familiale, il n'en reste pas moins qu'une action
immédiate s'impose.
On n'a qu'à écouter les conversations des
parents pour discerner jusqu'à quel point ils se rendent
compte de l'état précaire de la famille dans
notre société. Ils savent que le besoin est
urgent et ils sont prêts à faire quelque chose ;
ce qui n'est pas clair c'est la façon précise
dont il faut s'y prendre. Sans conseils et sans aide, la tâche
est aussi difficile qu'essayer de passer par le trou d'une
aiguille.
Depuis une trentaine d'années, on assiste à
une prise de conscience de plus en plus grande par les membres
de nombreuses professions d'un rôle nouveau, qui est
venu s'ajouter au cadre traditionnel de leurs attributions :
celui de conseiller en matière de problèmes
familiaux et conjugaux. On consulte certes les ministres du
culte, les avocats, les psychologues et les assistantes sociales,
mais on s'adresse aussi au médecin de famille, à
l'instituteur, bref à tous ceux qui paraissent à
même de donner des conseils.
Les églises de toutes les confessions ont un rôle
vital à jouer. Il leur incombe de déployer sans
délai un effort créateur, vigoureux et soutenu
pour devenir le solide rempart des familles en les soutenant,
en les conseillant et en leur offrant le secours et le réconfort
infinis de la religion.
Un besoin ancien d'une urgence nouvelle
La nécessité des bonnes relations au sein
de la famille n'est pas nouvelle. L'un des écrits les
plus anciens du monde, car il date de six mille ans, donnait
ce conseil aux princes de l'Égypte : « Prends
soin de ta propre maison et chéris ton épouse. »
En 1964, Son Excellence le Gouverneur général
et Madame Vanier réunissaient le Congrès canadien
de la famille en vue d'étudier comment parer aux besoins
actuels et futurs.
« Les structures de la civilisation peuvent changer,
disait le Gouverneur dans son allocution inaugurale. L'accent
peut être mis sur des valeurs différentes, mais
une chose reste toujours quand même immuable, la famille. »
Après avoir rappelé que lui et Madame Vanier
avaient souvent exprimé leurs espoirs et leurs craintes
à cet égard, Son Excellence ajoutait :
« Nous avons parlé de nos craintes, car nous avons
pu constater combien parfois notre civilisation tend à
faire oublier que l'union de l'homme et de la femme est une
chose sacrée, comportant des responsabilités
nobles et grandes, et que le développement humain des
enfants dépend de la vitalité des parents ;
de nos espérances aussi, car nous étions sûrs
que les Canadiens prenant conscience ensemble des problèmes
pourront travailler pour former une société
plus juste, plus vraie, plus consciente des valeurs vraiment
humaines, et par là plus respectueuse des liens familiaux. »
De cette conférence est né l'Institut Vanier
de la famille, dont le président est le Dr Wilder Penfield.
L'Institut est chargé de poursuivre la tâche
entreprise par le Congrès en dirigeant de vastes travaux
d'étude, en convoquant périodiquement des réunions
scientifiques et en coordonnant les recherches. L'Office de
la famille, créé en octobre, à Ottawa,
par la C. C. C., entend collaborer étroitement avec
l'Institut Vanier à la « promotion des valeurs
familiales ».
Ainsi s'ouvre une nouvelle page de l'histoire du Canada
et de l'évolution de la famille.
Quel type de famille semble se dessiner au moment où
le Canada s'apprête à célébrer
le centième anniversaire de ce que la ville de Saint-Jean
saluait en 1867 comme « le plus grand mariage des temps
modernes » ? Comme dans les cas de la confédération
des provinces, il s'agit d'une famille fondée sur la
solidarité et où l'accent est mis sur l'étroite
association des personnes. Elle se distingue par un échange
réciproque d'affection, par la reconnaissance de l'égalité
des époux, par le caractère démocratique
des décisions familiales, où les enfants ont
leur mot à dire, par le désir d'assurer l'épanouissement
de la personnalité de ses membres, par la liberté
d'expression compatible avec l'unité familiale, par
l'espoir que c'est dans la famille que se trouve le plus grand
bonheur.
Dans un pays comme le Canada, il ne faudrait pas que l'on
cite d'un ton moqueur ou ironique le vers bien connu « Où
peut-on être mieux qu'au sein de la famille ? »
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
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