Vol. 40, N° 9 Novembre 1959
Pourquoi remettre
à demain ?
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De nos jours, tout le monde semble
manquer de temps. On dirait que nous n'arrivons pas à faire
tout ce que nous voudrions. Nous avons peur de rester seuls
avec nos pensées, parce que ces pensées aboutissent invariablement
à ce que nous devrions faire.
Cela provient de la mauvaise habitude de remettre au lendemain
ce qui peut être fait le jour même. L'inertie et le manque
d'organisation sont les causes de cette temporisation.
C'est là un grand mal, car un tel atermoiement nous prive
de bien des satisfactions, et souvent du succès et du bonheur
qui en découlent. La remise à plus tard de l'étude d'un problème
ne fait que le prolonger.
Tempus edax rerum (le temps détruit tout), disait
Ovide dans ses Métamorphoses. Le temps perdu ne revient
pas. Ne pas en profiter c'est manquer l'occasion de réaliser
pleinement nos aspirations et nos espoirs.
En affaires, celui qui hésite est un homme perdu. Il faut
évidemment bien réfléchir avant de prendre une décision, mais
on ne peut s'éterniser ; il y a des occasions qui ne
se retrouvent pas.
Pour la vie de l'esprit, la manie de remettre au lendemain
est aussi préjudiciable. La plupart des gens ont l'ambition
d'acquérir une certaine culture, mais ils ne tiennent pas
tellement à y consacrer beaucoup de temps ou de labeur.
Nous remettons même à plus tard les moments de loisir que
nous pourrions nous procurer. Combien de gens se plaignent
de ne pas avoir le temps de se récréer. Ils sont constamment
pressés. Pour eux, la vie est une corvée sans fin, un éternel
cauchemar. Ils ne savent comment organiser leur existence.
Ils sont incapables d'aborder un travail urgent ou de prendre
une décision.
Pourtant, il n'est guère plaisant, même si nous en avons
l'habitude, de remettre au lendemain. Notre conscience en
éprouve toujours quelque remords ou, du moins, un certain
mécontentement.
Un obstacle au succès
Les hommes qui ont réussi dans leur carrière sont invariablement
ceux qui se sont acharnés à leur travail quand ils étaient
plus jeunes de vingt ou trente ans. Ils n'ont remis à plus
tard aucun des efforts qui pouvaient contribuer à leur avancement.
Songeant au lendemain et à toutes les belles occasions qu'il
pouvait leur offrir, ils ont su accomplir leur besogne de
jour en jour.
Le succès ne frappe jamais à la porte de ceux qui sont toujours
en retard dans leur travail, et l'on ne voit jamais au pinacle
des affaires ou de l'administration des gens mous et nonchalants.
Bien des hommes attribuent leur réussite dans la vie à leur
perspicacité, car ils se sont fait la réflexion suivante :
« Voici ce qui arrivera si j'entreprends telle ou telle
affaire » au lieu de tout remettre à plus tard en disant :
« Je verrai à cela si je m'y vois forcé ».
Ce sont surtout les jeunes qui doivent bien se garder de
remettre au lendemain. Il ne faut pas, comme dirait Boileau,
que leur esprit, « toujours flottant entre mille embarras,
ne sache ni ce qu'il veut ni ce qu'il ne veut pas ».
On flotte souvent, en effet, si bien que lorsqu'on se décide
d'agir, le moment opportun est passé ; on a perdu sa
chance. Arrivé à l'âge mûr, l'homme indécis est encore dans
les rangs des simples employés tandis que son ami d'enfance,
plus entreprenant, occupe le bureau du directeur.
Quand un homme remet tout à la dernière minute et néglige
de se préparer à toutes les éventualités, il rencontre des
obstacles à chaque pas. Tout ce qu'il essaie devient pénible.
Combien de fois des décisions trop hâtives ne le font-elles
pas trébucher ?
Or, voici le paradoxe. En cherchant à en prendre son aise
avec les choses, on ne fait que les rendre malaisées. On dépense
parfois plus d'énergie à chercher par quel moyen éviter une
tâche qu'il en faudrait pour l'accomplir, car on s'épuise
plus à se torturer les méninges qu'à agir. Nous perdons notre
calme en nous efforçant de faire aujourd'hui ce que nous aurions
dû entreprendre hier.
L'atermoiement exerce non seulement une influence néfaste
sur notre vie, mais il incommode grandement tous nos compagnons
de travail. Tous ceux qui ont affaire à un temporisateur,
que ce soit à la maison, à l'usine ou au bureau, sont sur
des épines. Ils s'affolent en cherchant à rattraper le temps
perdu par la faute d'un seul.
Habitude sournoise
L'habitude de toujours remettre au lendemain s'implante
de la façon la plus insidieuse. Peu importe, pensons-nous,
si nous différons la rédaction d'une lettre ou un appel téléphonique
important, ou encore un rendez-vous avec le dentiste. À demain
les affaires sérieuses, disons-nous cavalièrement, mais comme
c'est enfantin !
Darwin avait remis à plus tard la publication de ses théories
sur le transformisme, en dépit du conseil de ses amis, si
bien qu'un autre savant, vivant aux antipodes, le devança
dans l'exposé de cette doctrine. Il en est de même de nos
jours dans les pays les plus civilisés, alors que des gens
se laissent mourir plutôt que d'aller voir leur médecin.
Est-ce vraiment une consolation que de songer aux succès
que nous aurions pu remporter, mais que nous avons laissé
passer parce que nous n'avons pas su prendre une décision.
En nous empressant d'exécuter le travail qui se présente,
nous profitons des meilleures occasions. Mais, si l'on se
dit : « Je suis jeune, j'ai bien le temps »,
le moment propice s'envolera, et nous constaterons bientôt
que nous restons les mains vides.
N'allons pas chercher ailleurs d'autres exemples, car nous
sommes les grands coupables. Nous remettons au mercredi le
rapport que nous aurions dû commencer à rédiger le lundi ;
des travaux pressants se présentent le jeudi et le vendredi,
si bien que nous sommes obligés de travailler en fin de semaine
à la maison, sans personne pour nous fournir les renseignements
qui nous seraient utiles et sans secrétaire pour mettre au
net notre brouillon. Nous remettons à demain la visite d'un
ami malade à l'hôpital, si bien que le malheureux succombe
avant que nous ayons trouvé le temps de lui dire adieu !
Nous remettons à demain quelque réparation à la maison, le
bêchage d'une plate-bande, la mise en terre de bulbes de tulipes,
mais des amis surviennent et la fin de semaine se passe sans
nous avoir permis d'accomplir ce que nous nous proposions.
Le châtiment de notre négligence peut être onéreux. Plus
d'un homme s'est rendu compte, après l'incendie de sa maison,
qu'il avait négligé de payer sa prime d'assurance le mois
précédent. Plus d'un voyageur de commerce ; s'est aperçu
qu'un rival avait obtenu la commande qu'il avait omis de solliciter
le premier auprès d'un client sérieux.
Les causes
Il ne suffit pas de reconnaître que remettre au lendemain
est un défaut ; pour s'en corriger, il faut en examiner
les causes.
La principale cause est l'indolence, vice qui ne procure
qu'une satisfaction mesquine. L'indolence peut être le point
faible d'un homme d'affaires. Elle se manifeste chez l'ouvrier
qui flâne, chez la ménagère nonchalante, chez le vagabond
paresseux. Tous ces gens-là usent de faux-fuyants pour ne
pas se mettre à l'oeuvre. Il leur répugne de mettre la main
à la pâte ; la moindre difficulté les rebute, ou bien
ils tournent en rond.
Ce défaut peut être la conséquence d'une santé débile, car
il faut jouir d'une bonne santé pour avoir l'énergie de s'attaquer
à une besogne et la mener à bien.
Un enfant qui fait mine au lever de ne pas trouver ses vêtements
manifeste peut-être par là sa répugnance à aller à l'école,
et il croit par ce moyen retarder son départ de la maison.
Un homme qui s'emporte au cours d'une réunion d'affaires mettra
sur le compte des autres un retard dont il est peut-être l'unique
responsable et que son irritation cherche à cacher.
Cette habitude que vous avez contractée de toujours remettre
au lendemain, vos parents sont peut-être ceux qui vous l'ont
inculquée sans le vouloir, en se chargeant de tout ce que
vous auriez dû faire vous-même. Vous vous êtes aperçu à la
longue qu'en négligeant vos petites corvées il n'en résultait
rien de grave ; d'autres s'en préoccupaient à votre place.
Mais aujourd'hui, vous constatez que votre négligence est
la cause d'ennuis sans nombre. En remettant toujours au lendemain
votre devoir de chaque jour, vous ne menez plus une existence
utile. Vous vous rendez malheureux parce qu'en ajournant la
préparation de votre avenir, vous ne savez pas jouir du présent
et des belles occasions qu'il peut vous offrir. Ce ne sont
pas uniquement vos responsabilités que vous remettez à demain,
c'est votre succès et le bonheur qu'il procure.
L'écrivain anglais Samuel Johnson, auteur d'un poème célèbre
sur la Vanité des désirs de l'homme, appelle le lendemain
« cette maîtresse fatale des jeunes, des paresseux, des
lâches et des fous ».
Ce qui nous déplaît
À vrai dire, nous sommes tous portés à remettre à plus tard
ce qui nous déplaît ou ce qui présente quelque difficulté.
Nous nous livrons alors à de menues occupations, cherchant
ainsi à apaiser notre conscience. Tout cela est plus fatigant
que le travail, et l'appréhension d'une besogne déplaisante
nous préoccupe à tel point que nous sommes incapables de bien
accomplir nos autres devoirs.
Mais personne ne peut échapper aux tâches difficiles ou
désagréables, et il serait bon d'apprendre par l'expérience
d'autrui et non par nous-même que ce n'est pas les éviter
que de feindre de ne pas les voir. Il arrive un moment où
il faut retrousser ses manches et se mettre à l'oeuvre. En
tergiversant, nous souffrons le martyre.
Hamlet, un des héros les plus énigmatiques du théâtre de
Shakespeare, personnifie bien le conflit entre les nécessités
de l'action et les hésitations de la pensée. Tout à la fois
impulsif et irrésolu, Hamlet est bien l'image de l'homme qui
veut et ne veut pas. Dans le célèbre monologue qui commence
par ces mots « to be or not to be », le jeune prince
danois, ayant d'abord pris la résolution d'assassiner son
oncle, hésite devant l'horreur d'une telle vengeance ;
puis, quand l'occasion se présente de mettre à exécution son
sinistre projet, il prétend que le moment n'est pas opportun.
Il en est tout autrement de celui qui, faisant honneur à
ses engagements, a pris l'habitude d'agir sans retard. Il
n'y a pas de besognes déplaisantes qui traînent. Connaissant
depuis longtemps le danger des atermoiements, il les fuit
comme la peste. Il sait que la négligence d'aller déposer
son bulletin de vote pourra être la cause de l'élection du
mauvais candidat, que la sympathie qu'on refuse de manifester
peut entraîner des inimitiés, que l'appel téléphonique qu'on
remet peut faire perdre une belle commande, qu'un retard à
un rendez-vous peut le priver d'un emploi lucratif.
Attendre l'inspiration
Des écrivains, des compositeurs, surpris à rêvasser, s'excusent
en disant qu'ils attendent l'inspiration. Or, celle-ci frappe
rarement à la porte des paresseux. Elle vient à ceux qui l'invitent
à leur table... de travail.
Sir Arthur Sullivan, compositeur d'opérettes et d'oratorios
célèbres, disait vers la fin de sa vie : « Il y
a des jours où le travail est pénible ; d'autres, par
contre, où tout est facile, mais si j'avais attendu l'inspiration,
je n'aurais jamais rien fait ».
Dans plus d'un bureau, des employés perdent leur temps a
aiguiser des crayons dont ils ne se serviront pas, au lieu
de s'appliquer aux travaux qui se présentent. D'autres compliquent
les problèmes inutilement et s'excusent de leur retard à prendre
une décision en prétextant qu'ils doivent en examiner tous
les angles et songer à toutes les possibilités.
En somme, il vaut mieux opter promptement pour une solution,
plutôt que de compter sur un éclair de génie. Dans un monde
où il faut savoir affronter la concurrence, celui qui attend
le moment opportun s'aperçoit bientôt qu'il a trop attendu.
Retarder une décision afin de prendre le temps de chercher
ou d'obtenir les renseignements pertinents n'est pas tergiverser.
Tous les grands chefs ont su délibérer avec prudence, mais
ils ont aussi agi rapidement dès leur décision prise.
En débattant chaque problème, en attendant l'étincelle qui
fera jaillir la bonne décision, nous deviendrons timides et
indécis dans nos jugements. Les Hamlets qui sont en nous doivent
apprendre qu'il vaut mieux prendre une mauvaise décision que
de ne pas en prendre du tout. Toute erreur nous enseigne au
moins une chose : celle de ne pas commettre la même faute.
Demeurer indécis entre deux choix c'est se placer dans la
situation de l'âne de Buridan qui, pressé par la soif et la
faim, mourut entre un seau d'eau et un picotin d'avoine.
Le devoir n'est pas simplement ce à quoi on est tenu ;
c'est aussi l'obligation de le faire au moment voulu, que
cela nous plaise ou non. Lorsque nous assumons la responsabilité
d'accomplir un travail, de tracer un plan ou de diriger d'autres
personnes, nous sommes obligés par l'honneur de nous y conformer
au moment promis ou attendu.
Cela nous amène à la question de la ponctualité. Des gens
peu sérieux s'excusent d'un retard en disant qu'ils n'ont
aucune notion du temps, sans s'arrêter à penser que si c'était
vraiment le cas ils auraient bien pu arriver avant l'heure
fixée qu'après.
Il y en a d'autres qui, chaque fois qu'ils doivent prendre
le train, partent de chez eux à la dernière minute et sont
tout surpris de voir que le train, soumis à un horaire rigoureux
est parti sans les attendre. Mais les gens qui prennent la
vie au sérieux ne courent pas ; ils préfèrent arriver
à la gare quelques minutes avant le départ. De même lorsqu'ils
doivent rencontrer quelqu'un, ils n'oublient pas que « la
ponctualité est la politesse des rois ».
Songeons un peu à ceux qui doivent attendre. Il y en a qui
s'exaspèrent, tandis que d'autres savent profiter de ces minutes
d'attente. Tel est le cas de Mme Helen Brandon, conseillère
en psychologie, qui raconte qu'en un an elle a dû attendre
pendant un total de 120 heures. « Durant ces heures,
dit-elle, j'ai trouvé mille sujets d'articles, j'ai étudié
les dossiers de plus 100 personnes et j'ai passé au moins
un tiers du temps à me détendre d'une façon ou d'une autre ».
Temps et rendement
Le temps joue un rôle important dans le rendement d'un homme.
Le rendement repose sur l'économie de l'énergie, de l'espace
et du temps. Lord Chesterfield disait ironiquement, en parlant
du vieux duc de Newcastle : « Monsieur le duc perd
une heure le matin et passe le reste de la journée à se demander
ce qu'il en a fait ».
Une vie bien organisée consiste à accomplir chaque chose
à son heure. L'homme qui sait utiliser son temps n'en est
jamais l'esclave. Il ne passe pas son existence à ruminer
de vains regrets, à vivre dans le passé ou à se plaindre de
ce qui n'a pas été fait.
Certaines personnes sont plus portées que d'autres à toujours
remettre au lendemain ce qu'elles peuvent faire aujourd'hui,
mais chacun d'entre nous peut être affligé de ce défaut. Inutile
de hausser les épaules en disant : « Que voulez-vous ;
je suis ainsi fait ! » On ne se corrige pas d'un
défaut en cherchant des prétextes. Les biographies des grands
hommes racontent comment ceux-ci ont su vaincre des faiblesses
de ce genre.
Le plus grand bienfait de l'éducation, celle des jeunes
comme celle des adultes, est de nous apprendre à faire ce
qu'il faut en temps voulu. Cependant, pour se corriger de
la mauvaise habitude de toujours remettre au lendemain, il
suffirait d'appliquer ce que l'on sait déjà à nos problèmes
quotidiens, sans qu'il soit vraiment nécessaire d'apprendre
quelque chose de nouveau.
Il s'agit de s'améliorer petit à petit. Prenez d'abord la
résolution de procéder avec ordre et méthode quand vous lisez
votre courrier. Mettez de côté les lettres qui demandent réflexion
de votre part avant d'y répondre, mais abordez-les tout de
suite après avoir expédié la correspondance courante. Tracez
le plus exactement possible le programme de votre journée,
de la semaine qui commence et même de toute l'année, en tenant
compte des obstacles qui pourraient se présenter. Il est très
probable que vous en trouverez une multitude qui détraqueront
l'horaire que vous vous êtes fixé et que, les connaissant
d'avance, vous vous appliquerez à les éliminer autant que
possible.
Cet effort de votre part changera peut-être complètement
votre façon de vivre, en vous apprenant à distinguer entre
la bonne et la mauvaise manière d'agir. Pourquoi être l'esclave
des habitudes ? Pourquoi faut-il répondre au courrier
avant de s'attaquer au travail important de la journée ?
Pourquoi faut-il vaquer aux soins du ménage avant d'entreprendre
une grosse corvée ?
Dressons le programme de notre journée. Inscrivons tout
ce que nous avons à faire et calculons le temps que nous prendrons
pour chaque besogne. Classons-les par ordre d'importance,
puis mettons-nous au travail.
Le temps comme la marée n'attend personne, dit un proverbe
anglais. Ballottés par les flots de la vie, l'aurore nous
réveille, la nuit nous invite au sommeil. C'est donc entre
les matins et les soirs que se placent les épisodes de notre
existence, nos projets et nos travaux. Les faibles regarderont
s'écouler les heures ; les forts profiteront de chacune
des minutes qui passent.
Que vous jouissiez de beaucoup de temps libre ou que le
travail vous presse, vous serez le plus heureux des hommes
si vous savez tirer le meilleur parti de chacun de vos instants.
Réglez donc le programme de votre journée, et vous n'aurez
pas l'impression de piétiner sur place ou de donner des coups
d'épée dans l'eau.
Une telle discipline vous permettra de concentrer votre
attention sur le travail du moment, tout en vous assurant
une bonne vue d'ensemble. Baden Powell avait inventé pour
ses scouts un jeu appelé « Near and Far ». Au cours
d'une marche dans la campagne, il arrêtait ses jeunes éclaireurs
à certains intervalles et leur ordonnait de faire volte-face,
puis il leur demandait de lui dire ce qu'ils avaient remarqué
à leurs pieds comme à l'horizon quand ils marchaient. Voir
de près et de loin, voilà aussi ce à quoi nous devons nous
appliquer dans l'emploi utile de notre temps.
À la fin d'une journée bien remplie, il est réconfortant
et encourageant de constater tout ce que nous avons pu accomplir
dans les grandes comme dans les petites choses. Parfois, tout
semble aller de travers et des événements imprévus viennent
déranger nos plans ; mais, si nous avons bien travaillé,
nous nous apercevons qu'à tout prendre notre journée a été
fructueuse.
Contre l'inertie
Les savants nous disent que les êtres humains, comme toutes
les autres créatures, sont soumis à ce qu'ils appellent l'entropie,
ou plus simplement à la tendance universelle au repos et à
l'inertie. Ainsi il faut plus d'effort pour entreprendre une
chose que pour la poursuivre, de même qu'il est plus facile
d'arrêter que de continuer sa marche.
Ce n'est pas tout de prendre une décision ; il faut
la mettre à exécution. Décider et ne rien faire peut aboutir
au découragement, à l'irritation, à l'abattement, et même
causer des affections physiques et mentales.
Ne vous attardez donc pas trop devant une besogne avant
de l'accomplir. Même si les progrès sont lents, le fait de
vous mettre à l'oeuvre vous encouragera à continuer.
Tout homme qui ambitionne de réussir dans sa profession
cherchera quels sont ses points faibles afin d'y remédier.
Si notre faiblesse est de toujours remettre au lendemain ce
que nous devons faire le jour même, ne cherchons pas de vaines
excuses, mais efforçons-nous, avec patience, de nous corriger.
Par nos pensées et nos actions fécondes, accompagnées de
la détermination de ne plus laisser d'emprise à notre nonchalance,
nous pourrons faire que l'année qui vient soit beaucoup plus
riche en réalisations, plus heureuse et plus vivifiante que
celle qui l'a précédée.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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