Novembre 1955 La Bibliothèque Publique
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Depuis une trentaine d'années,
les livres ne sont plus des étrangers pour des millions de
gens. On en trouve chez tous les marchands de journaux à côté
des magazines, et les bibliothèques publiques, beaucoup plus
nombreuses, offrent un meilleur service qu'autrefois.
Cela ne veut pas dire que tous les Canadiens ont à leur
disposition tous les livres qu'ils désirent ou dont ils ont
besoin. Beaucoup de localités, et cela non seulement à la
campagne, n'ont pas de bibliothèque publique.
Une femme du Nouveau-Brunswick a dit à la Commission royale
d'enquête sur l'avancement des arts, lettres et sciences au
Canada (dite « Commission Massey ») : « Nous
avons trop de cuisines de mille dollars et de bibliothèques
qui n'en valent que dix. » Et elle ajouta qu'il était
difficile de persuader les municipalités de se charger d'une
partie des dépenses nécessaires.
Le manque de bibliothèques a des effets sur le commerce,
l'industrie et le progrès matériel du pays. Les étudiants
sortent de nos universités avec des diplômes décernés par
les facultés de science, de génie civil, de hautes études
commerciales, de médecine et autres. Au cours de leurs études
ils avaient à portée de la main toutes sortes de livres pour
se renseigner, faire des recherches et aiguiser leur esprit.
Maintenant, dans la pratique active de leur profession, ils
sont privés de bibliothèques à rayons bien garnis.
Les techniciens ne sont pas les seuls à plaindre à cet égard.
Ce n'est que dans les livres qu'on trouve ce qu'il faut pour
comprendre ce qui se passe autour de nous, et nous désirons
tous être bien renseignés pour pouvoir juger les événements
courants. La bibliothèque publique fait profiter tous les
habitants du voisinage qui le désirent, de la bonne société
de tous les siècles sans qu'ils aient à acheter des livres.
Les bibliothèques du Canada
En 1954 il y avait au Canada 80 bibliothèques publiques
dans les centres urbains de plus de 10,000 habitants, et 26
bibliothèques régionales. Le plus grand nombre (42 et 14 respectivement)
étaient en Ontario.
Ces deux catégories - bibliothèques urbaines et régionales
- représentent la masse des bibliothèques publiques au Canada,
environ 65 pour cent du nombre total des volumes et 85 pour
cent des prêts. Les bibliothèques urbaines, au service de
cinq millions et demi de personnes, contiennent 5,466,887
volumes, dont 509,000 ont été acquis en 1954. Elles comptaient
alors 1,230,657 emprunteurs enregistrés, un chiffre de prêts
de 23,190,793 volumes, et un personnel de 1,454 membres réguliers
dont 563 possédaient un diplôme de bibliothécaire ou l'équivalent.
Les dépenses courantes se chiffraient à $6,773,239, soit $1.30
par tête d'habitant.
Notre plus gros problème est de mettre des livres à la disposition
des gens de la campagne, mais l'Association des bibliothèques
canadiennes dit que la situation s'améliore à cet égard depuis
quelques années. Dans quelques provinces, les systèmes de
bibliothèques régionales ont fait de grands progrès. Une des
premières a été établie dans la vallée du Bas-Fraser de la
Colombie-Britannique en 1929. En 1954 il y avait 26 bibliothèques
régionales, au service de 1,648,000 personnes. Elles avaient
814,373 volumes, dont chacun était prêté juste un peu moins
de cinq fois par an.
Les « bibliomobiles », si on peut les appeler
ainsi, sont de petites bibliothèques roulantes qui font des
tournées avec arrêts fixes à certains endroits : salles
paroissiales, écoles et croisées de chemins. Elles peuvent
contenir de 400 à 4,000 volumes.
La diffusion des livres est au fond une question financière.
Il est vrai que les livres sont relativement bon marché, mais
il y a une foule d'autres choses qui se disputent notre argent.
Les livres d'aujourd'hui, à $2.50 ou $5.00, sont bon marché
quand on en compare le prix à celui payé par la comtesse d'Anjou
au Xe siècle pour un volume de sermons par un moine allemand :
deux cents moutons, une charretée de blé, une de seigle et
une de millet. Mais il n'y avait pas d'annonces dans ce temps-là
pour l'inviter à dépenser son argent ailleurs.
Services rendus par les bibliothèques
Quoique la principale fonction d'une bibliothèque consiste
à mettre ses livres à la disposition du public en les prêtant
ou en permettant de les consulter sur les lieux, les bibliothèques
publiques rendent beaucoup d'autres services.
Dans plus d'un endroit, la bibliothèque est devenue le centre
intellectuel de la localité, autour duquel se groupent les
études et les intérêts du public. La salle de réunion joue
un rôle important dans les succursales. Les nouveautés et
les amusements sont de puissants atouts pour le bibliothécaire
qui cherche à attirer les gens, dont beaucoup deviennent souvent
des lecteurs assidus une fois qu'ils ont découvert l'utilité
des livres.
Quelques bibliothèques offrent des services supplémentaires
et prêtent des films, des disques de phonographe, des tableaux
et des estampes. Elles engagent des conférenciers qui traitent
toutes sortes de sujets, depuis les soins à donner aux enfants
jusqu'à l'urbanisme, et affichent des listes de livres pour
ceux qui veulent poursuivre leurs études.
Les bibliothèques urbaines ont généralement des collections
de livres spéciaux pour les hommes d'affaires, les artisans
et les travailleurs industriels, quoique, dit tristement un
bulletin de la bibliothèque de Newark, au grand désespoir
des bibliothécaires, il y ait encore des hommes d'affaires
peu pratiques qui aimeraient mieux être pris à voler le tronc
des pauvres qu'être surpris à lire un livre.
Les gens pratiques ont constaté qu'une visite à la bibliothèque
publique leur économise du temps, de l'argent et du travail.
En parcourant les livres relatifs à leur profession, ils voient
si quelqu'un n'a pas déjà fait le même travail, et ils trouvent
des renseignements qui rendent leurs calculs plus faciles.
Edison expliquait ses énormes lectures en disant qu'il voulait
commencer où les autres s'étaient arrêtés, au lieu de répéter
leurs tentatives et leurs erreurs.
On cite comme exemple classique à cet égard le cas d'un
bibliothécaire de Pennsylvanie à qui le chimiste en chef d'une
laminerie racontait qu'il venait de résoudre un problème à
l'aide d'une expérience qui avait coûté $10,000. Le bibliothécaire
lui répondit : « Les Allemands ont fait exactement
la même chose il y a quatre ans et ont abouti au même résultat.
Nous avons tous les détails de leurs travaux. »
Sections pour enfants
La plupart des bibliothèques ont des sections pour enfants,
et souvent des spécialistes qui éveillent l'intérêt des enfants
pour les livres et dirigent leurs premiers pas dans la voie
enchanteresse du royaume de la lecture. Il ne suffit pas,
à leur avis, d'interdire les « comiques » brutaux ;
il faut les remplacer par de bons livres d'un intérêt égal,
sous la surveillance d'un bibliothécaire compétent.
Un grand progrès à cet égard a été accompli en 1948 par
la « semaine du livre » organisée par les bibliothécaires
des sections pour enfants et les maisons d'édition de Toronto,
et qui a donné naissance à la Semaine nationale du livre de
la jeunesse canadienne. Le but est de mettre à la portée de
tous nos enfants, riches ou pauvres, dans les villes ou à
la campagne, les meilleurs livres d'enfants.
Les bibliothèques pour enfants ont réussi à faire faire
des livres pour la jeunesse, après s'être rendu compte que
le nombre de livres capables de satisfaire l'intérêt spontané
des garçons et des fillettes était de beaucoup trop restreint
sous le rapport de la variété et de la qualité. Des éditeurs
entreprenants ont publié de nouveaux livres et en ont réimprimé
un grand nombre d'anciens sous un format moderne. Ces livres
et beaucoup d'autres sont étalés sur des rayons spéciaux selon
l'âge des enfants. Une liste des nouveaux livres est affichée
à un tableau, avec les titres de ceux qui sont recommandés
aux clubs scolaires, etc.
Organisation de la bibliothèque
Une bibliothèque n'est pas une collection de livres d'un
même type ; c'est un réservoir de matière à lire appropriée
aux goûts intellectuels de la localité.
L'important, c'est de bien choisir les livres. Il faut qu'ils
soient instructifs, qu'ils donnent une fidèle description
de la vie, qu'ils favorisent le développement individuel en
même temps qu'ils éclairent et accroissent l'intelligence
collective.
Une petite bibliothèque doit posséder une bonne collection
d'anthologies car, a dit un critique, les anthologies portent
à la connaissance du grand publie les plus belles pages des
auteurs anciens et modernes, qui, autrement, ne seraient connues
que des lettrés.
Ayant choisi ses livres, comment le bibliothécaire va-t-il
les mettre à la disposition du public ? D'aucuns prétendent,
mais pas tous heureusement, qu'il n'y a plus qu'à les mettre
sur les rayons. Un bon bibliothécaire s'ingénie à les ranger
avantageusement, à attirer l'attention sur eux par des affiches
et des bulletins, et à trouver des méthodes de nomenclature
qui permettent de les trouver facilement.
Le contenu des périodiques fait l'objet d'un index mensuel,
trimestriel et annuel. Pas besoin de feuilleter tous les numéros
de l'année pour trouver un article de magazine ; il n'y
a qu'à consulter l'index.
Les bibliothèques ont aussi ce qu'elles appellent des « cartonniers »
dans lesquels elles mettent les petites brochures, les rapports
polycopiés, etc., que le bibliothécaire estime pouvoir être
utiles aux habitués. Le Bulletin de la Banque Royale,
par exemple, est envoyé à toutes les bibliothèques publiques
du Canada, et à la fin de l'année nous fournissons une reliure
contenant tout les numéros de l'année avec un index.
Le bibliothécaire
Les bibliothécaires doivent connaître leurs livres et savoir
en prendre soin ; ils doivent connaître leurs lecteurs
et savoir les servir. Ils tiennent dans la localité une place
analogue à celle du curé, de l'instituteur et des fonctionnaires
publics.
Les volumes dont le bibliothécaire a la garde renferment
toute la sagesse du passé et nous aident à comprendre et à
mieux affronter les problèmes d'aujourd'hui. Christopher Morley
dit dans son livre La librairie hantée : « J'aimerais
voir une conférence internationale de libraires sur la paix,
car je suis convaincu que le bonheur du monde dépend en grande
partie d'eux et des bibliothécaires. »
Il n'y a pas beaucoup de bibliothécaires qui se bornent
à acheter et classer leurs livres. On ne juge pas un bibliothécaire
par le nombre de livres qu'il met sur les rayons ni par le
coût des prêts par tête. Sa profession exige davantage de
lui. Il rend d'autant plus de services qu'il sait mieux faire
apprécier et comprendre au public les avantages réels de la
lecture.
Il n'est pas facile d'apprendre la profession de bibliothécaire,
et il est généralement admis, a déclaré la Commission royale,
que les moyens de formation bibliothéconomique sont insuffisants
au Canada. Nous avons besoin de plus d'écoles et de cours
supérieurs pour les bibliothécaires.
Aucune bibliothèque publique n'a les moyens d'acheter tous
les livres, mais le choix demande du soin et de l'adresse.
Il exige de la compétence, la notion exacte des besoins du
public, du courage, et la résolution de prendre la responsabilité
de sa décision. La Canadian Library Association a beaucoup
fait depuis ses débuts en 1946 pour rendre possible cet idéal.
Usage de la bibliothèque
On a dit que la civilisation repose essentiellement sur
trois facteurs : la découverte des connaissances, leur
conservation et leur transmission. Sous un certain rapport,
la bibliothèque n'est qu'une collection de livres, mais sur
un plan plus vaste, elle renferme les symboles de presque
toutes nos connaissances au sujet de l'univers. C'est plus
qu'un amas de livres ; c'est un centre de communication
par l'entremise duquel le conservateur transmet le savoir
à son milieu.
On n'est pas obligé de profiter des avantages qu'elle offre ;
c'est au lecteur d'avoir la volonté d'apprendre. La bibliothèque
contient les meilleurs livres, qui procurent une éducation
exempte de formalisme et des plus libérales : une culture
intellectuelle et spirituelle. Les capacités que nous pouvons
acquérir par son usage ; l'aide pratique qu'elle nous
offre de mieux faire notre ouvrage et mieux comprendre nos
semblables ; les chances que nous avons de jouir plus
pleinement de la vie, tout cela c'est à nous de le prendre
ou de le laisser.
« Je considère les bibliothèques gratuites, a dit Andrew
Carnegie, comme le meilleur moyen d'améliorer le sort des
masses, parce qu'elle ne donnent rien pour rien. Elles n'aident
que celui qui s'aide lui-même. Elles n'appauvrissent personne. »
Les livres nous instruisent sans coups de canne ou sans formules,
sans reproches et sans colère. Quand nous les ouvrons, ils
nous font bon accueil ; quand nous sommes embarrassés,
ils répondent à nos questions ; et même quand nous faisons
preuve d'ignorance ils ne se moquent pas de nous. Nous trouvons
dans les livres un refuge dans le malheur, le repos après
la fatigue, la consolation dans le chagrin, et un guide dans
l'obscurité. Ils nous aident à porter nos regards au delà
de notre tâche journalière et à nous faire une idée d'ensemble
de la vie.
Éducation
La bibliothèque est capable de jouer un rôle plus important
dans les programmes d'études. Il est bon qu'elle serve de
source de renseignements pendant les années de collège, mais
elle pourrait faire plus. Elle devrait contribuer à inculquer
le désir de continuer à s'instruire et à se perfectionner
en s'appuyant sur les leçons du passé.
Les professeurs verront que la fréquentation de la bibliothèque
publique rend de grands services aux élèves. Il est nécessaire
que le personnel de la bibliothèque et le corps enseignant
s'entendent pour décider de quelle façon les élèves pourront
se servir de la bibliothèque pour trouver les renseignements
dont ils ont besoin sur tel ou tel sujet. Les manuels se bornent
à l'exposition des faits, sans faire appel le plus souvent
aux questions ou à la discussion. Mais on trouve dans les
bibliothèques des livres qui ouvrent de nouveaux horizons
sur le sujet et inspirent le désir d'en savoir davantage.
Il est généralement admis qu'il faut continuer à s'instruire
pour être heureux dans la vie, sinon pour survivre. C'est
en cela que les bibliothèques peuvent nous aider. Où trouverons-nous
en effet le moyen de nous instruire après le collège, sinon
dans les livres ?
L'idée que l'éducation des adultes est la principale fonction
de la bibliothèque publique date de 1850, et un quart de siècle
plus tard Melvil Dewey a dit : « Il fut un temps
où une bibliothèque était une sorte de musée, un bibliothécaire
comme un chat au milieu de bouquins moisis, et où les visiteurs
regardaient avec curiosité les vieux tomes et manuscrits.
De nos jours, la bibliothèque est un centre d'enseignement,
et le bibliothécaire un éducateur dans la meilleure acception
du mot. »
Beaucoup de gens qui n'avaient pas fait d'études supérieures
se sont élevés « par la force des poignets » au
moyen de la lecture. Sans avoir la même ambition, on peut
acquérir dans la bibliothèque assez de savoir, de science
politique et de psychologie pour arriver à comprendre ce qui
se passe autour de nous. Cela donne des idées plus larges,
meuble l'esprit et forme le caractère.
Pour entreprendre avec espoir de succès un programme d'études
post-scolaires, il n'est pas nécessaire de se proposer de
lire tous les chefs-d'oeuvre. La lecture est une affaire personnelle
qui dépend de vos habitudes, de vos goûts et du but que vous
avez en vue.
En même temps, il est bon de s'en rapporter au verdict de
la renommée. Quand un livre continue à être lu vingt, cinquante
ou cent ans après sa publication, il faut admettre qu'il a
du bon. Lord Chesterfield conseillait à son fils de parler
des livres modernes sans mépris, des anciens sans vénération,
et de les juger tous par leurs mérites.
Le lecteur
Celui qui cherche à employer utilement le temps qu'il consacre
à la lecture fera bien d'emprunter à la bibliothèque des livres
capables de le renseigner, de l'instruire ou d'éveiller l'intérêt,
sans trop se laisser détourner de son but par ses goûts personnels
et les caprices passagers. Il se rendra compte que s'il veut
sortir de l'ordinaire par l'étude, il faut se lancer dans
l'inconnu et savourer le goût des aventures et des découvertes.
Même une petite demi-heure de lecture par jour fera des
miracles. Plus tard, nous nous apercevrons que ces demi-heures,
prises peut-être par bribes sur nos moments de loisir, comptent
pour beaucoup plus que nous ne l'aurions cru. Depuis un demi-siècle
notre semaine de travail est tombée de soixante à environ
quarante heures, ce qui nous laisse d'autant plus de loisirs
pour faire des choses qui rendront toute la semaine plus intéressante
et plus agréable.
Mieux vaut lire n'importe quoi que pas du tout, mais celui
qui décide de prendre le temps de lire fera bien de se fixer
un but et un programme. Le livre qu'il lit devrait satisfaire
un besoin et faire exactement son affaire. Ce devrait être
le meilleur sur le sujet que possède la bibliothèque, et non
pas un volume qui ne brille que par sa reliure. Il devrait
contenir des principes qui font réfléchir et par conséquent
exercent les facultés intellectuelles.
L'art de lire
Il y a plusieurs façons de lire, suivant le lecteur et le
but de la lecture. On peut feuilleter, « lire des doigts »,
comme on disait autrefois, et donner ainsi aux doigts plus
de travail qu'aux yeux. Emile Faguet dit dans l'Art de
lire que Stendhal lisait beaucoup des doigts, c'est-à-dire
qu'il parcourait beaucoup plus qu'il ne lisait et qu'il tombait
toujours sur l'endroit essentiel et curieux du livre. Faguet
ajoute qu'il faut lire un livre aussi lentement pour en jouir
que pour s'instruire par lui ou le critiquer. Il faut lire
avec lenteur, en se demandant toujours si l'on a bien compris
et si l'idée que vous venez de recevoir est bien celle de
l'auteur et non la vôtre.
Il est bon de varier ses lectures, et le choix ne manque
pas. Il y a des livres d'idées, comme le Discours de la Méthode,
l'Esprit des lois, etc., des livres de sentiments, comme les
Confessions et les Mémoires d'outre-tombe. Il y a des poèmes
dramatiques, des poèmes lyriques, et tous les classiques,
sans compter les bons auteurs contemporains.
L'avenir des bibliothèques
Les bibliothèques canadiennes s'améliorent de jour en jour
parce que nous nous rendons compte que ce sont des institutions
importantes dans notre vie culturelle. La bibliothèque publique
est une école pour adultes, une salle de classe que l'on peut
fréquenter toute sa vie.
Les livres sont les vrais niveleurs des classes sociales.
Ils admettent tous ceux qui s'en servent dans la société des
meilleurs et des plus grands esprits de l'humanité. Ils parlent
le même langage aux pauvres et aux riches.
Celui qui n'a pas de livres ne sait pas ce qu'il perd, le
profit que retirerait son esprit des aliments qu'il repousse.
Les livres qu'il n'a pas lus sont les télescopes, les réflecteurs
et les réverbères de notre vie intellectuelle ; ils contiennent
le pouvoir magique de transmettre les connaissances qui sont
l'apanage d'un esprit cultivé.
Tandis que Spinoza possédait moins de 60 volumes et que
Kant n'en avait que 300, n'importe quel philosophe canadien
en herbe en a aujourd'hui des centaines de mille à sa disposition
grâce à sa bibliothèque publique. Il y trouvera tous les bons
livres qui renferment les espoirs, les arts, la noblesse,
les rêves et les inventions de nos ancêtres à travers les
âges.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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