Novembre 1952
Les loisirs d'un homme d'affaires
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La santé est notre plus
précieuse possession. On peut avoir gloire, richesse
et talent - et une excellente situation - mais à quoi
bon tout cela sans un corps sain pour en jouir.
La santé est à la portée de la plupart
des gens, s'ils veulent se donner la peine de collaborer avec
la nature. Il suffit de traiter notre corps avec un peu de
soin et d'intelligence. Nos loisirs nous offrent une bonne
chance pour cette sorte de ré, ou plutôt,
de recréation.
La vie mouvementée que nous menons prélève
un impôt sur notre système physique et mental.
La plupart du temps, comme dans le cas de l'impôt sur
le revenu, nous nous contentons de nous en plaindre. Mais
il est dangereux de négliger tout ce qui affecte le
corps.
Les hommes d'affaires sont accablés de responsabilités,
harassés par de nombreux menus soucis et, dans la confusion
des idées politiques, philosophiques et autres, ils
sont peutêtre plus particulièrement exposés
aux défaillances.
À part les médecins, peu de gens étrangers
aux affaires se rendent compte de la dépense physique
qu'elles exigent. À mesure que la position d'un employé
devient plus importante, ses responsabilités augmentent,
la tension s'accentue, et il a moins d'occasions de soigner
sa santé.
Les hommes d'affaires et les professionnels commencent généralement
à faire leur chemin après 40 ans. Ils avancent
rapidement quand ils arrivent à 45 ans, et continuent
du même pas ou même plus vite jusqu'à ce
qu'ils se tuent à la tâche. On ouvre rarement
un journal sans lire le décès inattendu d'un
homme d'affaires dans la fleur de l'âge.
L'effort en vaut la peine
Ne perdons pas de temps à déplorer cet état
de choses et occuponsnous des moyens d'y porter remède.
Une des raisons pour les maladies qui affligent les gens
est leur désir insensé d'être quelqu'un,
de faire quelque chose, de réussir à tout prix.
Ils forcent vigoureusement le pas sans distractions ni repos.
Ils partagent l'idée qu'on se faisait autrefois du
jeu pour les adultes. C'était trop frivole. Cela faisait
perdre du temps. Cela ne pouvait avoir rien de bon.
Mais quand on réfléchit, on ne peut s'empêcher
de convenir que les loisirs sont probablement le plus important
facteur pour maintenir la santé morale et physique.
Ce sont les heures pendant lesquelles on rafraîchit
la vie par des pensées et des actions qui diffèrent
de celles du travail quotidien. Un avocat avait eu la bonne
idée d'installer un établi de menuisier dans
son soussol. « Quand je travaille dans mon atelier, »
ditil, « j'oublie tous mes soucis et toutes mes
responsabilités, et mon esprit s'éclaircit comme
le ciel après un orage. Cela vous paraîtra peutêtre
ridicule, mais quand j'ai fini une pièce bien tournée,
j'éprouve la même satisfaction que Léonard
de Vinci a dû éprouver quand il a contemplé
sa Mona Lisa après le dernier coup de pinceau. »
Les loisirs bien occupés font partie d'un intelligent
mode d'existence. Ils offrent l'occasion de faire ce qu'on
désire et d'y trouver plaisir, qu'il s'agisse de construire
une cathédrale ou de réparer une chaise de cuisine.
L'importance des loisirs consiste dans l'emploi qu'on en fait,
et non pas en ce que le monde pense du résultat.
L'emploi des loisirs a de plus un effet psychologique :
les gens ont parfois un sentiment d'infériorité
ou d'insécurité qu'on peut réprimer ou
réduire par l'usage qu'on fait des loisirs.
Avertissements
Le corps humain a besoin de repos régulier et de
beaucoup de sommeil pour éliminer les poisons qu'il
accumule et permettre aux organes de se remettre de la fatigue.
Le cerveau a besoin de ventilation pour héberger de
nouvelles pensées et nouvelles idées. La contemplation
est nécessaire pour l'élévation de l'esprit.
Tout cela a lieu pendant les heures de loisir.
Il n'y a jamais un « bon moment » pour se reposer.
Nous invoquons toutes sortes d'excuses pour continuer à
travailler. Quand les choses vont mal, nous disons que nous
ne pouvons pas nous arrêter ; quand elles vont
bien, nous concluons qu'il faut en profiter. La vérité,
depuis longtemps admise et de plus en plus ignorée,
est que chacun devrait faire école buissonnière
au moins un jour par semaine.
Quant aux avertissements, il est malheureux que la plupart
ne soient pas des douleurs physiques, car nous sommes plus
enclins à tenir compte d'une douleur musculaire que
d'un signe plus subtil de fatigue. Un des premiers signes
du besoin de repos est l'irritabilité et la mauvaise
humeur. Quand nous commençons à être irrités
par de petites choses qui en temps ordinaire nous font à
peine hausser les épaules, et quand elles nous portent
à nous en prendre à notre famille ou à
nos collègues, c'est un signe que nous avons besoin
de changer d'air.
Les plus hautes autorités médicales insistent
depuis quelques années sur le besoin de surveiller
les premiers signes de fatigue. Si vous avez des moments de
fatigue, disentils, si vous sentez que vous perdez du
terrain, si vous avez des douleurs et des malaises, si vous
vous sentez lourd au bout de la journée, si vous êtes
nerveux et agité, si les moindres erreurs et les plus
petites fautes d'inattention font monter votre température,
il est temps de subir un examen médical.
Il est possible que vous n'ayez jamais eu un seul jour de
maladie ; vous êtes probablement fier de votre
vigueur et vous hésitez à admettre qu'elle ait
pu baisser mais, si vous accordez à ces signes l'intelligente
attention que vous apportez à vos affaires, vous éviterez
de graves dangers et vous préserverez ce qui, à
lui seul, vous permet de continuer à mener une existence
satisfaisante.
Soyons raisonnables
Rien n'est plus bête que de sacrifier une bonne santé
pour n'importe quelle raison. L'homme d'affaires qui croit
pouvoir négliger sa santé et continuer d'être
aussi sagace, aussi prévoyant et résolu qu'auparavant,
commet une sérieuse erreur de jugement. Celui qui néglige
de se soigner est terrassé par des difficultés
qu'il pourrait aisément vaincre s'il était en
bonne santé. Il se trouve de plus en plus dépourvu
de nouvelles idées. Et en fin de compte, il n'a plus
l'imagination nécessaire pour faire des plans, ni l'étoffe
et la résolution pour les mettre en oeuvre.
Si votre médecin vous a déclaré en
parfaite santé et n'a trouvé aucune raison physiologique
pour vos sensations de fatigue et votre manque d'intérêt,
il est temps de chercher ailleurs. Quand on est en bonne santé
on n'éprouve pas des sensations de fatigue.
Peutêtre vous prenez les choses trop au sérieux.
Le moyen de vous guérir est d'en chercher la raison.
Parmi les facteurs susceptibles de causer des affections physiques
ou mentales il faut citer : ennui, soucis, sentiment
d'infériorité, peur, supersensitivité,
troubles émotifs, sentiment d'avoir manqué à
son devoir ou mal agi envers quelqu'un, frustration, etc.
Même quand on se livre à un travail purement
physique, la lassitude commence dans l'esprit avant de se
faire sentir dans le corps. Cela vaut la peine d'y réfléchir.
La preuve est que celui qui travaille à une tâche
qui est pour lui un jeu souffre rarement de lassitude.
Peu importe la forme d'exercice, l'important est de nous
induire à nous y adonner. Nietzsche remarque dans sa
préface de Ainsi parla Zarathustra : « Mes
périodes les plus créatrices ont toujours été
accompagnées d'une activité musculaire exceptionnelle. »
Évidemment, quand on cherche une idée ou la
solution d'un problème dans un bureau, il est difficile
de déployer beaucoup d'activité musculaire.
On manque de facilités, et il faut préserver
sa dignité. Cela rend l'exercice encore plus important
pendant les heures de loisir, parce que c'est alors que l'homme
d'affaires peut créer les réserves sur lesquelles
il pourra tirer pendant ses heures de travail.
L'exercice a pour but de faire jouer tous les muscles du
corps. C'est le seul moyen de nettoyer et de mettre à
point la machine humaine.
Questions à se poser
Nos sentiments jouent un rôle dans la santé.
La conscience d'un effort soutenu provoque dans notre esprit
un sentiment d'inquiétude qui se traduit dans le corps
par des sensations de fatigue. Il nous arrive parfois de nous
trouver dans cet état quand nous lisons, ou quand on
nous raconte quelque chose de triste. En nous apitoyant sur
notre propre sort, ou en nous abandonnant au « noir »,
nous faisons purement et simplement un effort involontaire
mais réel pour gagner notre propre sympathie et celle
des autres.
Quand nous commençons à éprouver des
sentiments de mécontentement et à douter de
notre santé mentale ou physique, il est grand temps
de prendre des mesures pour trouver la solution de nos difficultés
et soulager notre fardeau.
David Seabury donne dans son livre How to Worry Successfully,
une liste de questions très utiles sous ce rapport.
Les voici : « Qui me fait perdre du temps ?
Qui me trouble l'esprit ? Qui me critique ? Qui
excite mes émotions ? Qu'estce qui détourne
mon attention ? Qu'estce qui me tracasse ?
Qu'estce que je désire et puis avoir mais que
je néglige ? Qu'estce que je fais qu'un
autre pourrait faire ? Quelles sont les mauvaises habitudes
dont je pourrais me corriger et qui nuisent à mes affaires ?
Quels sont les facteurs qui pourraient contribuer à
mon succès et que je néglige ? De quelle
façon estce que je gaspille mon temps, ma force
et mon attention ? »
Essayez, recommande Seabury, de corriger un de ces défauts
par semaine. Il n'y a pas de doute qu'en découvrant
ainsi ces facteurs négatifs on puisse arriver à
mener une saine existence sous le rapport physique et mental.
Ne perdons pas de vue l'importance des rapports humains dans
la vie. Rien n'est plus affligeant que le souvenir d'avoir
manqué d'égards envers quelqu'un ou de l'avoir
blessé même involontairement, mais le fait de
s'en rendre compte est le premier pas dans la bonne voie.
Comment disposer des soucis
Le seul autre choix est de continuer à avoir peur,
et la peur inutile use notre fibre. Quand il n'y a pas de
blé sous les meules, la pierre broie la pierre.
Nous ne pouvons pas nous débarrasser de toutes les
choses qui nous accablent. Chaque jour nous apporte un nouveau
genre de fardeau. Mais nous pouvons nous fortifier pour supporter
ce qui fait partie nécessaire de notre vie, et après
avoir surmonté une partie de nos difficultés,
devenir indifférents à celles que nous sommes
incapables de changer. On peut dire sans exagérer,
qu'après un examen de ce genre, nous trouverons que
nous pouvons jeter au panier la plupart, sinon la totalité,
de nos peurs, de nos soucis et de nos problèmes.
Voici quatre manières de disposer de nos anxiétés :
elles s'évanouissent une fois réalisées ;
elles deviennent inoffensives quand nous apprenons à
ne plus les craindre ; elles ne s'appliquent plus à
la situation présente ; nous en sommes débarrassés
par un sentiment de sécurité dans lequel elles
n'ont plus prise.
Quand nous avons un problème, abordons4e résolument,
au lieu de nous tourmenter simplement à son sujet.
Nous sommes capables d'une énorme somme de travail
quand nous ne laissons pas les soucis multiplier notre tâche.
On a comparé les soucis à « l'intérêt
que nous payons sur nos difficultés avant l'échéance. »
La somme augmente quand nous passons de longues heures à
la calculer. Un jour dans une maison d'aliénés
un fou dit au docteur : « Je regrette d'avoir à
vous quitter mais il faut que je retourne à mes soucis.
J'en ai un tas en retard. »
Beaucoup de gens disent qu'ils se font des soucis parce
qu'ils ont de grosses difficultés. Mais beaucoup de
difficultés nous paraissent grosses parce que nous
les voyons de trop près. Avec un peu d'imagination,
de ressource et de persévérance, on arrive à
bout de la plupart des difficultés. Les hommes d'affaires
surtout devraient avoir assez de bon sens et d'initiative
pour réduire leurs difficultés à zéro.
Savoir surveiller le terrain, faire des plans intelligents
et complets, et les mettre résolument à exécution,
voilà les qualités nécessaires dans les
affaires et les moyens de vaincre les difficultés.
Prenons notre temps
Aucun besoin de se hâter dans cette campagne pour
le bonheur. Trop de hâte indique que nous entreprenons
une tâche audessus de nos forces ; nous la
rendons de ce fait plus difficile et nous augmentons les chances
de défaite.
Quand allonsnous mettre tous ces beaux projets à
exécution ? La plupart des gens ont des heures
fixes consacrées à gagner leur vie, et en outre
des heures occupées par le train ordinaire de la vie.
Il est difficile de se livrer à des exercices physiques
ou intellectuels pendant ces heureslà, mais pendant
les loisirs, c'estàdire les minutes et
les heures qui ne sont pas prises par le travail et le train
de vie, nous avons le temps de réfléchir, de
créer et de nous perfectionner sous tous les rapports.
Le temps, en ce qui concerne chacun de nous, consiste en
vingtquatre heures multipliées par 365 jours,
et le total multiplié par le nombre d'années
que nous avons à vivre.
Voici un petit calcul qui montre combien de temps nous avons
de libre pour faire ce que nous voulons. Tout le monde ne
trouvera pas le calcul juste, parce que nous avons tous des
idées différentes au sujet de nos loisirs. Les
uns, par exemple, comptent les voyages comme heures de loisir,
parce qu'ils passent agréablement le temps à
lire ou à flâner. D'autres ne considèrent
pas les repas comme un travail, parce que pour eux c'est un
plaisir. Les uns considèrent comme un devoir le temps
passé à jouer avec leurs enfants ; les
autres mettent dans la colonne « travail » les heures
consacrées aux services sociaux ; les voyageurs
de commerce comptent certainement comme heures de travail
le temps passé à voyager (y compris les cinémas
et les parties de baseball). Mais nos chiffres serviront
toutefois de modèle et démontreront que nous
avons beaucoup plus de temps que nous ne pensons pour cultiver
« la santé de l'âme avec la santé
du corps », selon la fameuse maxime de Juvénal,
et élargir notre horizon intellectuel.
| Voici le calcul : |
|
Heures |
| 365 jours dans un an |
|
8760 |
| Moins 8 heures de sommeil par jour |
2920 |
|
| Moins 5 jours de travail à 8 heures
par jour pendant 49 semaines, (en comptant 2 semaines
de vacances et 7 jours de fête) |
1960 |
|
| Moins 2 heures de voyage par jour de travail |
490 |
|
| Moins 3 heures par jour pour les repas |
1095 |
|
| Moins 1 heure par jour pour s'habiller
et se déshabiller |
365 |
6830 |
| Heures de loisir |
|
1930 |
Ce qui égale 80 journées de 24 heures - presque
22 pour cent de l'année.
Faisonsnous le meilleur usage possible de toutes ces
heures de loisir ? À chacun de répondre
à sa manière. Pour les uns, les heures de loisir
sont celles où ils ne trouvent rien à faire ;
d'autres trouvent leur travail si intéressant qu'il
devient un jeu.
Supposons que nous évaluions ces 1930 heures de loisir
au taux de notre salaire. Estce que nous en obtenons
en santé pour la valeur de notre argent ? Probablement
que non, et c'est là le sujet du présent Bulletin.
Il existe une manière d'employer nos loisirs qui nous
récompensera audelà du prix auquel nous
les estimons, et qui nous aidera à réaliser
toutes nos ambitions.
Nous aimons tous avoir des moments dont nous pouvons disposer
à notre guise, mais pour réussir dans la vie
il faut tenir ces moments au minimum. La flânerie ne
rapporte rien. La paresse est souvent plus fatigante que le
travail. « Il est difficile de se reposer quand on ne
fait rien » disaient les Romains.
Emploi de nos loisirs
Il est faux de supposer qu'il vaut mieux choisir des distractions
aussi éloignées que possible de nos occupations
ordinaires ; c'est l'erreur qui donne lieu aux amusements
vulgaires. En nous demandant à quel usage nous pourrions
employer notre temps, il est bon de se rappeler la devise
pendue dans le bureau d'Arthur Brisbane : « Cinq
minutes passent lentement. » Si nous n'avons pas assez
de temps pour faire ce que nous voulons, nous apprendrons
facilement à en trouver.
On s'habitue aisément à « passer le temps ».
Deux heures après une partie de cartes, après
avoir distraitement feuilleté un magazine ou écouté
la radio d'une oreille tout en faisant la causette, on se
rend compte soudainement que le temps qu'on vient ainsi de
dépenser ne nous a rien rapporté.
Mettons à profit non seulement les heures de loisir,
mais aussi les minutes. Si nous attendons d'avoir beaucoup
de temps pour commencer à prendre soin de notre santé,
nous ne commencerons peutêtre jamais. Mais nous
avons chaque jour quelques quarts d'heure pendant lesquels
nous n'avons rien à faire. Ce sont les moments de liberté
dont il faut profiter pour faire preuve d'ingéniosité
et d'originalité. Et, après avoir pris la ferme
décision d'utiliser ainsi ces moments de loisir, prenons
garde de ne pas nous en laisser détourner par des amis
bienveillants qui, avec les meilleures intentions du monde,
se proposent de nous aider à « passer le temps ».
Le sommeil
Il va sans dire que le sommeil est la plus importante occupation
pendant nos heures de loisir. Il y a des gens qui s'imaginent
que le sommeil est une mauvaise habitude acquise avant l'invention
des signes électriques et la vogue des spectacles nocturnes.
D'autres ont de la peine à se procurer tout le sommeil
dont ils ont besoin pour faire face à leurs responsabilités
et réaliser leurs ambitions.
Quand on ne peut pas dormir, c'est probablement parce qu'on
se couche avec des soucis. Comment s'endormir quand on continue
à se faire du mauvais sang, à regretter ce qui
est arrivé, à avoir peur de ce qui pourrait
arriver, à réfléchir et à se tourmenter
l'esprit.
Quand nous nous couchons, oublions le rôle que nous
avons joué pendant la journée. La pièce
est finie, baissons le rideau. Les heures d'entr'acte nous
préparent à affronter le lendemain. « O
sommeil », dit Hélène dans le Songe d'une
nuit d'été, « toi qui fermes l'oeil du
souci, viens m'emporter loin de moimême. »
Au lieu de réfléchir à des choses désagréables,
pensons à ce qui nous est arrivé d'intéressant
et d'amusant. Cela nous reposera l'esprit en reposant le corps,
et nous nous endormirons tout doucement le sourire sur les
lèvres.
Mais le sommeil ne suffit pas. Notre cerveau fonctionne
mal quand nous avons les nerfs tendus. L'homme d'affaires
qui prend le temps de détendre ses nerfs plusieurs
fois par jour agit dans son propre intérêt et
celui de sa maison. Un chef d'entreprise qui va souvent à
la pêche et qui s'en va en vacances toutes les fins
de semaine dit que « ses affaires exigent son absence. »
À son retour, il est frais et dispos, en même
temps que de bonne humeur et ses employés s'en trouvent
aussi bien que lui.
Quand nous n'utilisons pas nos loisirs pour tonifier notre
système, nous sommes irritables au lieu d'être
agréables, agités au lieu d'être en repos,
et excitables au lieu d'être calmes. Observez certains
hommes d'affaires qui attendent une réponse au téléphone.
Ils tambourinent sur la table avec les doigts, se trémoussent
sur leur chaise, se lèvent et se rasseoient, au lieu
de profiter de ces quelques minutes de loisir pour se reposer
et détendre leurs nerfs.
La détente
La détente nous aide souvent à trouver la
solution d'un problème qui nous échappe quand
nous faisons tous nos efforts pour y arriver.
« Le loisir (de licere, permettre) » dit le Dictionnaire
des Synonymes de Bourguignon et Bergerol, « est un intervalle
plus ou moins long entre les travaux ordinaires, le temps
agréable de repos et de liberté qu'on emploie
généralement soit à se récréer,
soit à se livrer à des occupations nonobligatoires
et qui nous plaisent. »
« La récréation, d'un autre côté,
(du préfixe ré, et de créer) est le repos
que l'on se donne pour se refaire, après avoir travaillé ;
elle vient toujours à la suite des occupations dont
elle est l'intermède en quelque sorte nécessaire
et elle soulage d'une fatigue antérieure. »
Nous invitons ceux qui tiennent à tirer le plus grand
profit possible de leurs loisirs à réfléchir
sérieusement aux meilleurs moyens de se récréer.
Ils compareront les différents genres de récréation,
et emploieront leurs loisirs au développement de leurs
forces naturelles et d'idées étrangères
à leur travail quotidien. Ils choisiront le genre de
récréation qu'ils sont capables de pratiquer
et de continuer une année après l'autre, ce
qui leur permettra, à chaque étape de leur vie,
de réaliser leurs plus chères ambitions.
L'habit qui va bien à une personne va mal à
une autre. La récréation est comme un habit.
Pour qu'elle vous convienne, il faut qu'elle soit faite à
votre mesure.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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