Novembre 1947
La Santé des Hommes d'Affaires
Formatage PDF
Les hommes d'affaires, dont les
gros impôts contribuent au maintien de l'hygiène publique,
et qui donnent tous les ans des millions de dollars aux hôpitaux,
négligent trop souvent leur propre santé.
Ce n'est pas juste. Même s'ils ne tiennent pas à se faire
vieux (comme on dirait que c'est parfois le cas) chacun d'eux
se doit à sa famille, à son commerce et à son pays. Leur mort
laisse un vide d'autant plus grand qu'ils ont été plus prospères
et plus entreprenants.
Le présent article vous invite à réfléchir et à vous demander
si vous n'allez pas trop vite... et où ? Il n'essaiera
pas de vous dire ce qu'il faut faire ou ne pas faire, et ce
n'est pas une prescription pour votre mal. Il vous donnera
simplement quelques idées sur la santé et vous indiquera le
moyen de prolonger les années utiles d'une existence heureuse.
Toutes les maladies n'ont pas des causes physiques et le
présent Bulletin traitera principalement de celles ayant une
origine mentale. L'étroite relation entre le corps et l'esprit
ne fait aucune doute. C'est pour cela que les médecins abandonnent
de plus en plus la thérapeutique du dernier siècle qui ne
voyait que le corps. Il faut considérer les symptômes de maladies
comme le résultat de la vie antérieure du patient, de son
milieu économique et social et de son éducation.
Dans le présent Bulletin, quand nous ferons une distinction,
dans l'intérêt de la clarté, entre les mécanismes du corps
et de l'esprit, il sera bon de se rappeler que l'homme est
une entité dont l'ensemble des chagrins et des ambitions,
des craintes et des espoirs, contribue à déterminer l'état
physique.
Le train de vie est différent
D'aucuns sont enclins à l'insouciance quand il s'agit de
la santé parce que, disentils, la mauvaise santé est
le résultat inévitable du changement dans notre train de vie.
Les anciens peuples vivaient, par rapport à leur degré de
civilisation, dans des conditions aussi difficiles, aussi
émouvantes et aussi pénibles, mais l'absence d'inventions
modernes les forçait à des périodes d'inactivité.
Prenez par exemple ce qui suit :
L'absence d'éclairage artificiel obligeait les gens à ne
travailler que le jour : aujourd'hui les travaux continuent
pendant la nuit.
La lenteur des transports offrait plus de loisir pendant
les voyages qui étaient toutefois moins confortables.
Par suite des délais de transmission, il fallait plus de
temps pour conclure les affaires.
Comme il n'y avait pas de théâtres, de cinémas ou de radios,
les gens avaient plus de temps pour méditer et réfléchir.
La population était moins nombreuse et plus dispersée, et
les gens avaient moins de rapports entre eux que les habitants
des grandes villes modernes.
Un médecin éminent nous a dit en discutant le sujet :
« Il n'y a pas si longtemps les mots « méditation »
et « contemplation » inspiraient beaucoup de respect.
Des gens publiaient leurs 'Méditations' et 'La vie contemplative'
était considérée très respectable et non sans valeur pour
la collectivité. Depuis, dans notre civilisation occidentale,
nous avons adopté la mode de préférer 'l'action' à la 'réflexion'.
Beaucoup de gens ont pris l'habitude d'employer chaque minute
de leur temps à 'faire quelque chose', de sorte qu'ils sont
incapables de passer une heure en proie à leurs propres pensées
sans s'ennuyer. »
Mais si le train de vie a changé, il y a un principe qui
est toujours vrai : en cas de crise ou de fatigue, le
fouet fera toujours faire quelques pas de plus à un cheval
éreinté, mais le cheval ne s'en trouve pas mieux. À l'occasion,
par exemple en temps de guerre, les hommes et les femmes se
dépensent rapidement. En temps normal, il n'est pas nécessaire
de se surmener jusqu'à l'épuisement physique ou nerveux.
Naturellement, les gens nient qu'ils sont en proie à la
tension ou la fatigue. Ils se garderaient bien d'admettre
qu'ils sont tracassés. Ils accumulent les causes d'irritation,
comme l'ivrogne qui vide verre sur verre et s'excuse chaque
fois en disant : « Celuici ne comptera pas. »
Mais si lui ne le compte pas, cela compte tout de même. Ce
sont ses cellules et ses tissus qui en tiennent compte et
qui n'oublient pas. « Rien e ce que nous faisons, »
dit le professeur James, « ne disparaît jamais complètement,
sous le rapport littéralement scientifique. »
Émotions
On a tort de considérer les émotions comme la simple réflexion
de l'état physique. Elles déterminent le plus souvent la santé
du corps. Ce n'est pas le travail, mais une émotion réprimée
qui ronge souvent la santé des gens et détruit leur tranquillité.
Un médecin de Montréal nous dit que les recherches scientifiques
démontrent que les émotions prennent source dans la partie
du cerveau située audessous des circonvolutions cérébrales
qui sont le siège de la pensée et de l'intelligence. Elles
se manifestent au moyen du système nerveux principalement
rattaché aux organes internes comme le coeur et les vaisseaux
sanguins, le rein, les organes digestifs, les glandes de la
secrétion interne et les muscles réflexes. En conséquence,
comme de juste, les effets des émotions se font principalement
sentir sur ces organes.
Le siège des émotions étant situé audessous du siège
de l'intelligence, il faut croire qu'elles appartiennent à
une phase primitive de notre évolution. Elles constituaient
probablement un important moyen de défense qui a permis à
nos premiers ancêtres de survivre. Par exemple, la colère
ralliait toutes les forces du corps pour la lutte ; la
peur faisait fuir le danger ; l'amour perpétuait la race.
Les fonctions des émotions sont maintenant remplies en partie
par l'intellect, et la réflexion arrive à les modifier dans
une certaine mesure, mais pas complètement. Par exemple, nous
ne pouvons pas nous empêcher d'être en colère, d'avoir peur
ou d'aimer, mais nous pouvons réprimer considérablement l'effet
de nos émotions.
Ces émotions, si utiles et si nécessaires à nos ancêtres,
sont souvent ennuyeuses et dangereuses dans notre ère, mais
elles ne sont pas sans valeur. Ce que nous trouvons peutêtre
de plus difficile dans la vie est de réprimer nos émotions
de manière à en préserver l'utilité et en éviter les ennuis.
Soucis
Les soucis sont une cause de la tension. Tout le monde sait
que celui qui rit, qui chante et qui est heureux, est moins
susceptible d'être maladif ou fatigué que celui qui s'abandonne
au mécontentement, au chagrin ou au désespoir, mais beaucoup
de gens qui remplissent d'importantes fonctions ont besoin
de traitement parce qu'ils se laissent abattre par les soucis.
Il est généralement admis qu'on peut se débarrasser des
soucis si on aborde et si on analyse franchement ses problèmes.
Si vos soucis viennent de vos affaires, n'essayez pas de vous
y dérober. Trouvezen la solution et vous n'aurez plus
de soucis. Si vous ne pouvez pas les résoudre, prenezen
votre parti. Si vos soucis sont étrangers à vos affaires ou
dérivent d'une cause à laquelle vous ne pouvez rien, essayez
de les oublier.
Vous direz peutêtre : « C'est facile à dire,
mais difficile à faire. » Et c'est là qu'est le danger.
Dès qu'un souci inutile s'empare de vous il est temps de prendre
des mesures énergiques. L'effort ne sera pas aussi difficile
que vous le pensez, ni si déprimant que l'effet de laisser
le souci dégénérer en crise nerveuse.
Troubles cardiaques
Les maladies de coeur causent plus de décès en Amérique
du Nord que les autres cinq principales causes de décès. Nous
nous résignons à cela en disant « c'est le destin - il
n'y a rien à faire », comme on acceptait la peste au
14e ou au 15e siècle.
Le Dr Hans Selye, dont le volume récemment publié dans la
monumentale « Encyclopédie de l'endocrinologie »
est regardé comme une importante contribution à la médecine,
dit des choses intéressantes sur les maladies de coeur. Il
a son laboratoire dans l'Université de Montréal, il travaille
depuis dix ans à des recherches, et il a dit récemment à un
rédacteur de Maclean's Magazine qu'il croit que les maladies
du coeur et du système circulatoire sont le résultat de soucis,
de craintes et de surmenage. Ce sont des maladies inconnues
chez les animaux à l'état naturel et chez les peuples primitifs
qui cultivent le sol. Mais une fois atteint, le coeur a besoin
qu'on le soigne, et le Dr Selye entreprend cette partie du
traitement dans les hôpitaux du Canada et des ÉtatsUnis
au moyen d'un régime et de médicaments. Le Dr John A. Oille,
éminent spécialiste canadien des maladies de coeur, a écrit
un article intitulé « Faites travailler le coeur »
dans un récent numéro de « Health ». Si on lui donne
assez de travail, dit le Dr. Oille, le coeur fonctionnera
de manière à faire honte à la meilleure machine.
« Aucun défaut organique »
Nous sommes souvent surpris quand, nous sentant malades,
nous allons voir le docteur qui nous dit que nous n'avons
aucun défaut organique. Mais nous sentons que ça ne va pas.
Si ça continue, même après avoir été rassurés par le docteur,
nous sommes probablement victimes de la tension.
Un mal de ventre, ou une douleur dans le cou, ou l'idée
que vous allez attraper la pneumonie peuvent être provoqués
par la surexcitation et causer des troubles nerveux si on
les néglige. Aucun mal n'est probablement plus incompris malgré
sa fréquence. Dans un article de la Nation's Business du mois
de juin, intitulé « Vous n'avez pas besoin de vous mettre
à découper des poupées de papier », Lawrence Galton dit
que les crises nerveuses font des trouées de plus en plus
grandes dans les rangs des hommes d'affaires grands et petits.
En réalité, ditil, ce n'est qu'un trouble nerveux, dû
non pas au travail ou à la fatigue mais aux soucis.
Le remède consiste parfois à retourner à la vie simple.
Il est dit que tout en soulageant la fatigue physique, les
inventions modernes ont accru la tension nerveuse. Le Dr William
Harvey, qui découvrit le circulation du sang en 1616, a contribué
d'une façon intéressante au soutien de cette thèse par l'autopsie
de Thomas Parr, qui mourut à l'âge assez avancé de 152 ans
et 9 mois, après avoir travaillé dur jusqu'à plus de 130 ans.
Le Dr Harvey attribua le décès de Parr au fait qu'il avait
abandonné la régime frugal de fromage très fort, de lait et
de pain bis pour les mets riches qu'on lui servir à Londres,
et au passage de l'air pur du Shropshire au climat brumeux
de la métropole. Il insista également sur le fait important
que Parr prolongea sa vie en menant la simple existence d'un
paysan, libre de soucis du fait même de sa simplicité. Parr,
dont le fils vécut jusqu'à l'âge de 127 ans, repose dans l'abbaye
de Westminster.
La « simple existence » de Parr a peu d'attrait
pour les hommes d'affaires, et les gens de notre époque tiendraient
peu à échanger la variété et les plaisirs de leur train de
vie pour la chance de s'enterrer pendant 152 ans dans le village
de Parr. Et pourtant, un grand nombre de ces êtres modernes
pourraient jouir plus pleinement et plus longtemps de la vie
s'ils y incorporaient un peu plus du calme, de la régularité
et de la modération dans le boire et le manger que nous associons
généralement dans nos idées avec un village de campagne.
Il n'est pas nécessaire de retourner complètement et pour
toujours à la « simple existence » d'autrefois,
mais il serait bon d'y revenir en partie et de temps en temps,
à l'époque des vacances ou pendant les fins de semaine, par
exemple.
Nous n'employons pas toujours nos heures de loisir au profit
de notre santé ou pour nous reposer. Nous faisons trop souvent
usage du cercle, du club de golf, de notre maison de campagne,
et même de nos vacances, pour inviter des gens avec qui nous
espérons faire des affaires.
Chacun ses goûts, même quand il s'agit de vacances, mais
avec un peu de réflexion on arrive à faire un choix qui nous
fait plus de bien que de suivre aveuglément l'exemple des
amis ou des voisins.
Soins à prendre
La première chose est de commencer de bonne heure à prendre
des précautions et à se soigner, comme nous l'avons toujours
recommandé dans nos articles. Il n'est pas nécessaire d'attendre
que la machine s'arrête avant de la faire réparer. Même quand
il ne s'agit que d'un point faible, il vaut mieux le renforcer
avant que quelque chose casse. Les grosses douleurs et les
mauvais symptômes n'apparaissent souvent que lorsque le mal
est sérieux.
Mais quand quelque chose est arrivé et il est trop tard
pour l'empêcher, il faut prendre des mesures pour se rattraper
et ne pas se laisser aller davantage. Les remèdes de bonne
femme font parfois diversion mais ils ne guérissent pas. Seules
l'analyse de la situation et la découverte de la cause du
mal peuvent conduire au traitement qui produira une guérison
permanente. Il n'y a qu'un bon médecin qui puisse diagnostiquer
votre état.
On peut conserver son corps et son esprit en bon état au
moyen de quelques petites choses très simples. Ralentir le
rythme et se reposer de temps en temps. Le repos ne produit
pas d'effet magique, mais il permet au corps de se rétablir.
Vient ensuite l'exercice. Les personnes qui ont de lourdes
et incessantes responsabilités ont besoin d'exercice au grand
air. Suivre les péripéties d'un sport en spectateur provoque
la tension ; y participer, la détente ; mais ce
sont précisément les gens sérieux et accablés de responsabilités
qui n'ont pas le temps de faire de l'exercice ou qui se contentent
de regarder ceux qui en font. Le genre et la quantité d'exercice
dépendent de l'âge, du poids, de l'état physique, et si vous
n'êtes plus en forme, ne commencez pas subitement sans consulter
votre docteur.
L'alimentation est importante. Le Dr C. Ward Crampton, ancien
président de l'Association de médecine préventive du comté
de New York dit qu'un homme de 60 ans peut être aussi vigoureux
qu'à 40 ans ou décrépit comme un vieillard de 80 ans selon
ce qu'il mange. Les hommes et les femmes d'un certain âge
hésitent à demander des repas différents de ceux du reste
de la famille, et en conséquence ils absorbent le plus souvent
trop de fécule et de sucre et pas assez de calcium, de fer
et de protéine. Quand on n'absorbe pas assez de calcium, par
exemple, le sang en dérobe aux os, ce qui fait que les os
des personnes âgées se brisent facilement. Il est bon de demander
à votre médecin si votre corps fait bon usage de ce que vous
mangez. Le meilleur régime du monde ne vaut rien si votre
appareil digestif ne l'absorbe pas.
L'habitude de s'administrer soimême des médicaments
anodins ne produit aucun résultat, ne guérit rien et ne procure
qu'un soulagement imaginaire. Au cours de l'assemblée annuelle
de la American Psychiatrie Association à Montréal cette année,
un psychiatre de NewYork a dit que l'abus des bromures
cause quatre principales variétés de psychoses, parfois l'une
sur l'autre. L'intoxication causée par les bromures est accompagnée
de lourdeurs, de perte de mémoire et d'irritabilité. Certaines
drogues, administrées par un médecin habile et compétent,
procurent un soulagement temporaire qui permet au malade de
consacrer posément plus de réflexion à ses problèmes.
Une vie plus facile dans les affaires
Il faut beaucoup de choses pour faire un bon homme d'affaires,
mais ce qu'il faut d'abord c'est la santé physique et morale.
Il faut un esprit prompt, un jugement solide et des idées
claires. La tâche de guider ses subordonnés à travers les
obstacles et les dangers exige chez le chef un degré d'énergie
que peuvent seules fournir la vigueur physique et l'acuité
mentale.
Ce qu'il y a de remarquable chez les grands hommes d'affaires
c'est qu'ils ont appris à économiser leurs efforts. Le chef
qui prend les choses posément a apparemment le temps pour
tout. Il ne parait pas accablé de travail et pourtant il accomplit
davantage avec moins de bruit que son voisin qui ne peut vous
accorder que deux minutes. Il a appris à diriger la vapeur
dans les cylindres qui font tourner les roues de la machine,
tandis que son voisin la laisse échapper par le sifflet, fait
beaucoup de bruit mais gaspille ses forces. Plus un homme
est occupé et compétent, plus son bureau est libre de paperasses,
plus son esprit est clair et mieux il est préparé à attaquer
de nouveaux problèmes.
Un plan rationnel d'existence soulagerait énormément la
tension des affaires. Contrairement à l'espoir conçu pendant
les années de guerre, la presse des affaires n'a pas diminué.
Il est probablement temps de ralentir, temps de se défendre
contre les employés dont le principal but dans la vie semble
être de vous créer des difficultés ; temps de ne pas
s'efforcer d'accomplir l'impossible, par exemple d'être parfait
sous tous les rapports. L'homme d'affaires qui a plus souvent
raison que tort se débrouille très bien, et s'il se contente
de tomber juste la plupart du temps, il préserve sa tranquillité
d'esprit. Il est temps de ne plus faire montre de grands accès
d'activité, qui font évidemment beaucoup d'effet, pour se
mettre assidûment au travail à une allure modérée. Il est
temps de se rappeler qu'un homme d'affaires qui s'emballe
n'accomplit pas sa tâche aussi bien que lorsqu'il agit avec
calme. Rien ne sert de prétendre au calme. C'est la paix intérieure
et la détente qui comptent dans la santé, non pas l'effort
de paraître calme.
La vie est plus longue
Il y a plus de gens que jamais qui vivent plus longtemps
après la quarantaine. Il y a un demisiècle, un enfant
pouvait s'attendre à vivre environ 45 ou 50 ans ; aujourd'hui,
presque 20 ans de plus, grâce à la disparition des maladies
qui décimaient auparavant les enfants en bas âge. La médecine,
l'hygiène publique et les progrès de l'agriculture ont contribué
à rendre la vie plus longue.
Notre population se fait plus vieille. Entre 1921 et 1941
le nombre de personnes de 0 à 19 ans a diminué de 47.4 à 37.5
pour cent de la population totale tandis que celui des personnes
âgées de plus de 65 ans est passé de 4.8 à 6.7 pour cent.
Voici les chiffres pour le Canada tirés des recensements de
1921 et de 1941 :
| |
1921 |
1941 |
Augmen- |
Augmen- |
| |
|
|
tation |
tation % |
| Population totale |
8,787,949 |
11,506,655 |
2,718,706 |
30.94 |
| âges 0-19 |
3,816,110 |
4,318,586 |
502,476 |
13.17 |
| âges 0-64 |
8,368,859 |
10,738,840 |
2,369,981 |
28.32 |
| âges 65 et plus |
419,090 |
767,815 |
348,725 |
83.21 |
Nous reviendrons un autre jour sur la signification de cette
dernière colonne. Elle intéresse toute notre vie sociale et
économique, la vigueur de la nation aujourd'hui et au cours
de la génération future. Le présent Bulletin a principalement
pour sujet le fait qu'un nombre croissant de personnes atteignent
des âges qui, sous le rapport de la santé, étaient toujours
appelés « dangereux ». On entend généralement dire :
« Oh, vous savez, après 40 ans, il faut s'attendre à... »
ceci et cela.
Il est vrai que la science n'a pas encore découvert une
injection capable de renouveler la jeunesse à 40 ans, mais
elle peut enseigner à jouir des bienfaits de la jeunesse après
la quarantaine.
L'art de vivre
Il y a quatre facteurs qui comptent surtout dans la vie
après l'adolescence : le travail, la récréation, le santé
du corps et la santé de l'esprit. Quand il y a équilibre entre
eux et nous éprouvons le besoin d'agir, la vie a ses bons
côtés et nous espérons en jouir plus longtemps.
Mais comment arriver à cet équilibre ? Premièrement,
il faut se rappeler qu'il existe un rapport étroit entre les
facteurs. Si votre tranquillité d'esprit est troublée, si
votre occupation vous déplait, et votre besoin d'agir ne trouve
pas à s'exprimer, votre dépression peut causer des symptômes
douloureux dans votre corps.
Rendezvous compte tout de suite qu'aucune parole magique
ne vous guérira. Demandez de bons conseils, subissez périodiquement
des examens médicaux et ayez confiance dans votre docteur.
Ne vous méfiez pas des nouvelles méthodes simplement parce
qu'elles sont différentes de celles auxquelles vos grandsparents
étaient habitués.
Il n'y a pas si longtemps que « psychologie »
passait pour un mot savant et qu'on accusait de manie ceux
qui l'employaient. Aujourd'hui tous les écoliers savent que
c'est la science qui traite de l'esprit humain et de ses facultés,
et qu'elle a apporté des connaissances hors de prix aux personnes
de notre époque.
Pareillement, « psychanalyse » était un mot nouveau
tout dernièrement et il est tombé en mauvaise odeur parce
qu'on l'a mal compris et qu'on en a abusé. Mais il désigne
simplement l'étude de l'inconscient et il n'y a pas à s'en
effrayer ; le fait que quelques disciples de Freud ont
dénaturé les préceptes du maître n'est pas une raison pour
dédaigner un moyen utile de soigner les maladies mentales.
Une nouvelle expression d'usage récent exprime une vérité
de très grande importance pour l'humanité - le rapport entre
l'esprit et la matière. C'est « la médecine psychosomatique »
du grec psyche - âme et soma - corps.
L'homme d'affaires qui décide, malgré le fait qu'il n'éprouve
ni malaises ni douleurs, de prendre des précautions et de
se faire examiner par son médecin, apprendra probablement
qu'il a besoin d'autre chose que de remèdes. Il trouvera les
médecins d'aujourd'hui compétents sous ce rapport. Un nombre
croissant de gens se trouvent bien des soins de médecins qui
se spécialisent en psychothérapie rationnelle.
Personne n'a droit à la santé ou à la richesse : il
faut les gagner. Tout le monde désire vivre de manière à jouir
le plus complètement possible de la vie et c'est en cela que
consiste l'art de vivre. Beaucoup de gens n'y réussissent
pas parce qu'ils ne se font jamais une idée juste de ce qu'il
y a de mieux à faire dans leur cas.
L'être humain est celui de tous les animaux qui se leurre
le plus facilement ; il n'est pas rare de voir des gens
consacrer tout leur temps et tous leurs efforts pour arriver
à un but qui, une fois atteint, n'est pas celui qu'ils avaient
en vue. Vivre bien et sagement est certainement un art, et
celui qui fait preuve d'habileté dans cet art qui est le plus
grand de tous les arts, est le favori des dieux.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
Also available in English.
[ Retour à la page d'accueil du Bulletin RBC ]
|