Vol. 53, N° 3 Mars 1972
La retraite :
et après ?
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C'est avant le jour de la retraite
qu'il importe de répondre à la question « Et
après ? ». Même si on ne la prend qu'à
soixante ou soixante-cinq ans, il convient des quarante ans
de se renseigner sur la retraite, de se préparer à
y faire face et de réunir les choses nécessaires
pour la rendre agréable.
Quand un enfant atteint l'âge de la scolarité,
quand un adolescent entre à l'école secondaire
ou à l'université, quand un homme ou une femme
commence à travailler ou décide de se marier,
personne n'y voit des atteintes de l'âge, mais des événements
courants de la vie, des changements d'état. De même,
il faut considérer la retraite comme l'aube d'un nouveau
mode d'existence.
Toute personne qui prend sa retraite est un cas particulier
et doit par conséquent faire une étude spéciale
de sa situation. Il n'existe pas de règle générale,
mais chacun peut profiter de l'expérience des autres
en l'adaptant à ses besoins. Il est triste de voir
ceux qui abordent la retraite aux prises avec des difficultés
qu'ils auraient pu éviter par leur prévoyance
et leur réflexion.
Des vues jeunes
C'est s'exposer à des déceptions que de compter
sur sa réputation ou ses souvenirs du passé
pour se réconforter dans le présent. Il n'est
pas nécessaire d'imiter les moeurs des adolescents
ni de jouer les évaporés pour avoir des vues
jeunes. Si la gravité de la vieillesse peut tempérer
l'ardeur de la jeunesse, l'entrain de la jeunesse peut aussi
vivifier la circonspection de la vieillesse.
Ceux qui profitent le plus des bienfaits et des joies de
la retraite, ce sont les sages qui commencent à s'organiser
tôt dans la vie, afin que la transition de leur première
à leur seconde carrière s'effectue sans inquiétude.
Même si nous sommes actuellement encore très
éloignés de la vieillesse, nous avons lieu de
prévoir - voire d'espérer - que nous vivrons
assez longtemps pour atteindre cet âge.
L'homme qui aborde la retraite sans autre programme en tête
que de faire un peu de pêche ou un voyage d'un mois
en automobile se prive de beaucoup de satisfaction et d'agrément.
Il est insensé de croire que le hasard fera surgir
une occupation intéressante. Comme une société
commerciale se fixe des objectifs de production et de bénéfices
pour les années à venir, ainsi il convient d'établir
les objectifs de la retraite que l'on désire et de
les revoir périodiquement.
Grâce à l'expérience acquise, l'organisation
de ce second mode d'existence sera plus intelligente que celle
du premier. Ce qui est judicieux c'est de dresser une liste
des choses que l'on aimerait faire en quittant son emploi,
puis de s'y essayer dans ses loisirs. Il ne suffit pas de
penser que vous vous plairiez à travailler avec des
outils : procurez-vous-en et faites des essais. Ne rêvez
pas seulement d'avoir un jardin maraîcher ; passez
deux semaines de vacances dans une entreprise de ce genre
et faites du bêchage, de l'arrosage, du binage et de
la cueillette.
C'est en traçant un plan noir sur blanc, en faisant
l'inventaire de son potentiel d'aptitudes, de talents, d'intérêts
et de biens matériels qu'un homme peut vraiment évaluer
dans quelle mesure ses projets lui permettront d'établir
un équilibre approprié entre ses besoins et
ses désirs et de bien remplir sa vie.
Occuper son temps
Ne vous disposez pas à prendre votre retraite avec
l'idée que vous allez pratiquer des jeux auxquels vous
n'êtes pas habitué ou que vous n'aimez guère
afin de passer le temps et de tromper votre ennui. Au terme
d'une vie de travail ardu ou pénible, certaines personnes
éprouvent le désir légitime de se reposer,
et c'est probablement ce qu'elles ont de mieux à faire,
à condition de se trouver quelque distraction paisible
pour conserver leur vitalité d'esprit.
Durant ses années d'activité, un homme consacre
chaque jour une grande partie de son temps à réfléchir
à son travail, à l'accomplir avec application
et à se réjouir à bien l'exécuter.
Cela devient une habitude du corps et de l'esprit. Et ce n'est
pas avec des loisirs improductifs que l'on va remplacer cette
habitude. Une cuillère vide n'assouvit pas la faim
d'un homme qui a besoin de nourriture substantielle. Il lui
faut quelque chose qui satisfasse son appétit.
Mais qui dit travail satisfaisant ne dit pas nécessairement
salaire. Il peut s'agir, par exemple, de réaliser ses
aspirations culturelles. Certains retraités s'adonnent
à des activités artistiques, littéraires
ou intellectuelles qui valorisent les loisirs dont ils disposent.
Peut-être y a-t-il un livre que vous voudriez écrire :
un roman, une autobiographie, des fragments d'étude
sur la nature, un manuel sur votre métier ou votre
profession, une anthologie des paroles de sagesse ou des mots
d'esprit que vous avez relevés dans vos lectures. Contraint
de se retirer de la politique, Machiavel trouva le temps de
rédiger les oeuvres qui lui ont valu l'immortalité.
Être utile à la société
En quittant le champ de notre vie active de salarié,
nous ressentons un vif désir de faire profiter les
autres de nos connaissances, de notre expérience et
de notre sagesse. Nous avons l'impression, comme l'écrit
Tennyson, qu'un certain travail de noble caractère,
qui ne messied pas aux hommes, peut encore être accompli.
La réalisation de ce désir procure une profonde
satisfaction personnelle et fait naître le sentiment
que la vie méritait d'être vécue. Elle
assure à l'homme non seulement une occupation, mais
aussi la consolation d'employer son talent à faire
quelque chose pour la société une fois sa vie
de travail normale terminée. Tout retraité a
acquis des connaissances et des capacités qui peuvent
largement contribuer au bien-être de la collectivité.
L'occasion s'offre maintenant à lui d'enrichir de quelque
façon la culture de son milieu, afin que les autres
générations puissent recevoir, parce qu'il a
vécu, un plus bel héritage.
« C'est la grande consolation de ceux qui ne sont plus
jeunes, dit Bertrand Russell, que de constater qu'ils peuvent
encore être utiles. » Si sa situation matérielle
le permet, une personne retraitée aura peut-être
la satisfaction, pour la première fois de sa vie, de
consacrer librement de longues heures à aider les autres,
ce qui a souvent beaucoup plus de valeur que les dons d'argent.
Le retraité trouvera partout des occasions - dans
les petits villages comme dans les grandes villes du Canada
- de travailler de façon constructive au progrès
de la collectivité : par exemple au rajeunissement
de la vie communautaire, afin d'en faire un milieu favorable
pour les personnes de tout âge. C'est là une
tâche particulièrement passionnante et agréable.
Une preuve remarquable de la satisfaction que l'on éprouve
à venir en aide aux autres nous est fournie par le
Service administratif canadien outre-mer (SACO). Celui-ci
est un organisme sans but lucratif que dirige depuis 1967
un groupe de chefs d'entreprise avec l'appui que lui prête
le gouvernement canadien par l'entremise de son Agence de
développement international.
Habituellement, l'aide extérieure est un service
de gouvernement à gouvernement ; le SACO, au contraire,
accorde une assistance directe aux industries particulières
qui ont des problèmes et qui ont besoin du savoir-faire
et des talents de personnes compétentes.
Les demandes d'aide technique et gestionnelle que reçoit
le SACO proviennent d'organismes du secteur privé et
du secteur public des pays en voie de développement.
Les Canadiens en retraite, versés dans la technique,
une spécialité ou la direction, peuvent profiter
de cette occasion pour apporter un concours bénévole
et utile au bien-être de leurs semblables. Le travail
à l'étranger n'est pas rémunéré.
Le SACO paie le billet d'avion du mari et de sa femme à
destination du pays en cause, et l'organisme demandeur se
charge des frais de subsistance normaux des époux pendant
leur séjour. La durée maximale d'une mission
est de six mois.
Les personnes désireuses d'offrir leurs services
sont priées d'écrire au SACO, suite 420, 1010
ouest, rue Sainte-Catherine, Montréal 110.
Talents, passe-temps, travaux divers
Chacun a des qualités et des aptitudes qu'il lui
est possible de faire valoir après la retraite. Ainsi,
le don de la direction mis jusque-là au service d'une
entreprise sera dorénavant employé avec utilité
et agrément au profit de la collectivité ;
la facilité pour les chiffres qui servaient à
résoudre des problèmes financiers peut déboucher
sur l'étude des mathématiques et de l'astronomie,
ou encore être mise à contribution pour tenir
les livres d'une église, d'une association, d'un petit
établissement ; les connaissances en mécanique
acquises dans un garage ou une usine s'avéreront précieuses
pour qui ouvrirait dans son sous-sol un atelier de réparation
ou de fabrication de petits appareils.
Les violons d'Ingres choisis à soixante ans en prévision
d'une retraite prochaine ont peu de chances d'être satisfaisants
ou absorbants. Chercher quelque chose à faire le lendemain
de la retraite, puis se cravacher pour le faire, c'est aller
à l'encontre du but même de la chose. Un violon
d'Ingres est par définition quelque chose d'agréable.
Le passe-temps qui plaisait pendant quelques heures par semaine
sera peut-être ennuyeux si l'on s'y livre à plein
temps.
Certains divisent les violons d'Ingres en trois catégories :
les activités, les travaux d'artisanat et les collections.
Les activités comprennent le jardinage, les travaux
de peinture, la réparation des petits appareils en
panne, la pratique de la radio amateur, l'observation des
oiseaux et la photographie des scènes de la nature.
Les travaux d'artisanat sont nombreux : tissage, tricot,
confection de couvre-pieds, construction de modèles,
peinture, sculpture, musique, photographie, travail du cuir,
des métaux, du bois, de l'argile, etc. Les collections
portent notamment sur les timbres, les pièces de monnaie,
les médailles, les pochettes d'allumettes et les fleurs
desséchées.
Une occupation secondaire doit être un stimulant pour
l'esprit et non pas une espèce de découpage
de poupées de papier. Un retraité a imaginé
un moyen de rendre la philatélie vraiment fascinante :
au lieu de se contenter de collectionner des timbres et de
les coller dans un album, il les dispose tout autour des pages
et réserve le centre pour écrire leur histoire.
Les recherches qu'il doit entreprendre à cette fin
sont pour lui une chasse aux renseignements des plus passionnantes.
Des milliers de personnes se complaisent dans la pratique
d'un art ou d'un travail manuel en tant que passe-temps ou
occupation à temps complet ou incomplet. Il y a en
chacun de nous un besoin fondamental de créer quelque
chose de nos mains. Fabriquer quelque chose, découvrir
quelque chose, concourir à quelque chose, c'est donner
libre cours à notre esprit créateur.
Voyager uniquement pour voyager laisse bien des gens sur
leur appétit. Certains apprennent à s'intéresser
à diverses choses - un art, la musique, les cultures
nationales - et voyagent pour les admirer et mieux se renseigner
à leur sujet.
Il est bien de profiter de ses voyages pour visiter des
lieux où il y a des choses instructives à voir
et se tenir ainsi l'esprit en éveil. Pour les amis
de la nature, il existe, dans toutes les provinces, des associations
et des groupes qui organisent des réunions, des projections
de films, des excursions et des camps de vacances. Pour l'amateur
d'art, il y a presque toujours dans les environs un musée
offrant ses collections de peintures et de sculptures et même
des conférences et des cours.
Avoir une attitude positive
La retraite ne nous oblige pas à abandonner en bloc
nos activités et nos goûts, mais simplement à
modifier l'ordre d'importance et à réapprécier
la valeur des diverses tâches de notre vie quotidienne.
Envisagez la retraite de manière positive. Elle n'est
ni une abdication ni un temps de flânerie, mais une
nouvelle forme de participation à la vie. Elle nous
permet d'être notre propre maître, de travailler
pour notre satisfaction personnelle et non plus pour une enveloppe
de paye, de faire des choses que nous n'avons jamais eu le
temps d'entreprendre. La retraite, c'est l'occasion de s'instruire,
de découvrir, de vivre une existence nouvelle. Ce peut
être une aventure passionnante de vie féconde
et de participation active.
Un homme a besoin d'une activité utile et constructive.
La retraite lui offre une occasion et une incitation dont
il doit profiter pour explorer de nouveaux horizons, pour
rechercher et trouver de nouvelles possibilités d'épanouissement,
pour penser à l'avenir.
À mesure que la retraite approche, vérifiez
vos plans : essayez-les pour voir. Tous vos choix doivent
se fonder sur des échantillons prélevés
dans les meilleures et les pires conditions. Le village qui
vous a emballé l'été où vous l'avez
visité sera peut-être bien différent en
hiver et quand vous n'aurez plus le statut privilégié
de touriste.
De quelques problèmes
Il existe des moyens de s'épargner des soucis qui
sont utiles toute la vie, mais dont on a surtout besoin à
l'âge de la retraite : par exemple, une liste indiquant
où se trouvent nos documents importants. Certaines
personnes font un résumé de leurs baux, polices
d'assurance, testaments, contrats, engagements, etc. qu'elles
gardent à la maison tandis qu'elles protègent
les originaux en les déposant dans un coffre de sûreté
à la banque.
Une autre façon de s'éviter des ennuis est
de consulter des spécialistes compétents. La
décision de vendre sa maison ou une autre propriété,
d'acheter du matériel coûteux, de signer un bail
ou un contrat comportant des obligations pour l'une et l'autre
des parties en cause, voilà autant de questions qui
peuvent susciter des embarras et qu'il convient de soumettre
à un avocat.
La retraite n'est pas tissue de rêves. Il y a des
réalités à affronter, parmi lesquelles
figurent en première place la question financière.
Un régime de retraite, qu'il s'agisse de l'État
ou de l'entreprise privée, n'a pas pour but de nous
assurer une vie de luxe, mais de nous procurer un sentiment
de sécurité. Même ceux qui bénéficient
d'une généreuse pension doivent réfléchir
aux aspects financiers de la retraite.
La plupart des gens se proposent de réduire leurs
dépenses. Les frais de transport, de stationnement,
d'essence, de déjeuners, de réception seront
moindres. Hommes et femmes peuvent économiser sur les
vêtements. Ils peuvent épargner en faisant eux-mêmes
ce qu'ils n'avaient pas le temps de faire quand ils travaillaient,
comme les petites réparations et les travaux d'amélioration
courants.
L'analyse méthodique du programme financier de l'après-retraite
doit se faire longtemps d'avance. Les principaux points à
examiner sont les suivants : Quel revenu vous faudra-t-il
pour vivre dans une aisance relative ? Que vous apportera
votre régime de retraite de l'État ou du secteur
privé ? Disposez-vous d'une rente viagère,
c'est-à-dire d'un revenu que vous constituez en ce
moment par voie de versements et qui vous sera payable périodiquement
après la retraite ? Avez-vous des assurances qui
arrivent à l'échéance ? Quels dividendes
rapporteront vos placements ? Si tout cela n'apparaît
pas suffisant pour subvenir à vos besoins, que pouvez-vous
faire pour combler la différence ?
Le choix du lieu de résidence vient ordinairement
en deuxième place sur la liste des choses à
prévoir. Certains époux entrevoient une seconde
lune de miel dans une maison remise à neuf ; d'autres
décident d'aller s'installer à la campagne ;
d'autres encore prennent un appartement, afin de se délester
de la corvée d'entretenir une maison.
Au moment de choisir votre endroit d'habitation, ne vous
fondez pas sur des hypothèses : établissez
les faits. Notez les points qui ont de l'importance pour vous :
le climat, les amis, les activités commerciales, les
moyens de transport, l'église, les associations et
les clubs.
Une bonne façon de s'assurer contre les déceptions
en matière de déménagement est de prendre
des vacances prolongées dans la localité qui
vous intéresse : renseignez-vous par vous-même
sur les conditions climatiques, le coût de la vie, les
possibilités de se faire des amis, l'église
et les associations paroissiales et autres, les oeuvres bénévoles
ou rémunérées, etc.
Le troisième élément sur la liste des
choses à prévoir est la santé. Même
si votre pèlerinage terrestre a été marqué
jusqu'ici par une parfaite et imprudente insouciance de votre
état physique, la retraite est un tournant où
il convient d'essayer de faire le bilan.
Il serait insensé de croire que l'on sera épargné
par les infirmités qui accompagnent le troisième
âge, et c'est folie d'en nier l'existence. Les cheveux
grisonnent ou disparaissent ; la démarche se modifie ;
le dos a tendance à se courber ; il faut surveiller
son alimentation et prendre suffisamment d'exercice.
La famille et les amis
Il importe que la famille s'intéresse assez tôt
au programme de retraite de celui qui en est le chef, non
seulement par affection, mais aussi parce que ses projets
en touchent tous les membres. Le succès de ses efforts
est loin de leur être indifférent.
Le mari et la femme feront bien de s'entendre sur ce qu'ils
espèrent des années de retraite et ce qu'ils
ont l'intention de faire pour s'y préparer. Les concessions
et les adaptations mutuelles seront alors aussi nécessaires
que pendant les mois de la lune de miel.
Les amitiés devront subsister. L'homme et la femme
ne sont pas faits pour vivre seuls. Ils ont besoin de contacts
avec les autres, d'avoir le sentiment de compter, d'aimer
et d'être aimés.
La pierre de touche de l'amitié est la similitude
d'intérêts. Les personnes âgées
peuvent entretenir avec les jeunes des amitiés profitables
pour les uns comme pour les autres, s'ils s'intéressent
vraiment aux jeunes, à leurs espoirs, à leurs
craintes et à leurs activités.
Mais le retraité doit conserver sa personnalité.
Il ne tient pas à devenir une donnée statistique,
un membre anonyme de la catégorie dite « des personnes
âgées ». Son succès professionnel
et sa réussite sociale lui ont permis de tenir le coup
pendant les années actives de sa vie adulte, mais il
est maintenant privé de ces étais. À
quoi bon lui dire, en lui présentant la montre en or,
qu'il a accompli sa quote-part de travail et qu'il doit se
reposer. Il veut encore être utile et se croire important ;
le sentiment de sa valeur personnelle lui demeure nécessaire.
Ces désirs il espère les satisfaire dans son
milieu social, mais tous les milieux sont loin d'offrir les
mêmes possibilités et les mêmes services.
Le public est de plus en plus favorable, non pas au genre
de services que l'on dispense dans les maternelles - ce que
ne souhaitent pas les retraités - mais à une
insertion accueillante dans la vie de la communauté
et à la création de centre de réunion
et d'activités.
Les églises, les synagogues et les autres institutions
religieuses sont, en raison de leurs croyances, de leur autorité
et des bonnes volontés sur lesquelles elles peuvent
compter dans une situation idéale pour collaborer à
cette oeuvre humanitaire. Une église, une société
de jeunes gens, une association de bienfaisance ou de loisirs
pourra, par exemple, fournir certaines installations, établir
des programmes, proposer certaines initiatives, assurer des
moyens de transport, encourager les travaux manuels, etc.
Là où il n'existe pas de centre d'activité
pour les retraités, il y a souvent moyen d'en organiser
un grâce au concours de l'église paroissiale,
du conseil scolaire, d'une association de bienfaisance, ou
encore en y intéressant le rédacteur du journal
de la localité.
Ne pas se laisser aller
Le point capital pour l'homme qui prend sa retraite est
de ne pas se laisser aller. La vie est mouvement. Dans un
monde qui se meut aussi vite que le nôtre, personne
ne peut garder l'équilibre s'il demeure immobile ou
inactif. L'existence de chacun doit avoir une orientation
et un but.
L'activité, besoin fondamental de l'homme, est aussi
essentielle au retraité qu'à l'adolescent qui
termine ses études secondaires. Sans elle ni l'un ni
l'autre ne sauraient éprouver le moindre sentiment
de capacité, de réalisation personnelle et d'utilité.
La retraite est le moment de choisir des occupations nouvelles
et utiles, adaptées à nos possibilités.
Une vie de relâchement est le contre-pied de la vie
active, et elle ne satisfait en rien notre besoin permanent
de dignité.
Quand sonne l'heure de la retraite, un homme a déjà
affronté une foule d'autres situations exigeant une
certaine adaptation : début et fin des années
de scolarité ; premier emploi ; mariage ;
naissance et éducation des enfants ; départ
des enfants, etc. La retraite n'est qu'une circonstance de
plus qui nous oblige à nous adapter à notre
nouvelle place dans l'ordre social. Chaque époque de
la vie a ses avantages et ses inconvénients. Chacune
comporte des impératifs et des conditions auxquels
il faut satisfaire et se plier.
La seule façon de répondre avec assurance
à la question « Et après ? »,
c'est de commencer tout de suite à être attentif
aux choses de la retraite et à rechercher la solution
des problèmes avant qu'ils commencent à nous
harceler.
Rien n'oblige qui que ce soit à s'apitoyer avec crainte
sur son sort au moment où il débouche sur son
second bel âge. Il est peu probable en effet qu'il lui
arrive alors des choses capables de rivaliser avec les maux
du corps et de l'esprit qu'il a pourtant réussi à
surmonter dans ses jeunes années.
Maintenant que sa faculté de juger s'est développée
et affranchie de la passion qui afflige souvent la jeunesse,
le retraité a l'occasion de déployer le dynamisme
de sa maturité, de continuer à se rendre utile
et de s'engager dans une vie qui pourra le combler de satisfaction.
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