Vol. 52, N° 3 Mars 1971
À quoi sert le recensement ?
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Toute personne domiciliée
au Canada et née avant minuit le lundi 31 mai 1971
sera dénombrée au cours du Recensement du mardi
1er juin. Cette inscription générale sera de
fait une vue instantanée de la population canadienne
immobilisée sous nos yeux à un moment donné
de son évolution.
L'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867,
aux termes duquel les provinces se sont unies pour former
un pays, prescrivait que le recensement serait effectué
en 1871 et tous les dix ans par la suite.
Cette prescription tient en 43 mots dans la constitution :
« Dans le recensement général de la population
du Canada qui, en vertu du présent acte, devra avoir
lieu en mil huit cent soixante et onze, et tous les dix ans
ensuite, il sera fait une énumération distincte
des populations respectives des quatre provinces. »
En décrétant que chaque province ferait le
dénombrement de ses habitants en tant que citoyens
de cette province, cette clause reconnaissait déjà
l'autonomie provinciale.
À cent ans d'intervalle, notre besoin de renseignements
sur nous-mêmes est plus grand que jamais. La société
devient de plus en plus complexe. Les pouvoirs publics de
tous les paliers - fédéral, provincial et municipal
- doivent disposer d'informations toujours plus nombreuses,
plus variées et plus détaillées pour
élaborer leurs plans. Les entreprises, les autorités
scolaires, les sociétés d'assistance sociale,
les églises, les urbanistes, les économistes
et beaucoup d'autres ont besoin de données pour prendre
de sages décisions.
Comment, sinon par le dénombrement de la population
selon l'âge et la situation de famille, un organisme
public pourrait-il prévoir le coût de mesures
de sécurité sociale comme les allocations familiales
et les pensions de vieillesse ? Par quel autre moyen
qu'un relevé des conditions de logement une municipalité
pourrait-elle déterminer le besoin de construire des
maisons ? Sans la mise en tableaux des niveaux de vie
qui existent à travers le pays, comment un gouvernement
pourrait-il juger de la nécessité et de l'efficacité
de la législation économique et sociale ?
Certains objecteront : « Mais les pouvoirs publics
nous surveillent continuellement et le Bureau fédéral
de la statistique publie chaque semaine des bulletins sur
divers aspects de la vie et des affaires. Pourquoi alors ce
grand branle-bas ? »
Ce qui distingue le recensement des enquêtes partielles
c'est qu'il présente un tableau de la population et
du pays tout entiers à un point précis du temps.
Les estimations de la population qui se font entre les recensements
sont inexactes en ce sens que, tout en étant un moyen
simple de connaître le nombre des personnes habitant
au Canada, elles ne disent aucunement si la situation de ces
gens est meilleure, pire ou sensiblement la même que
celle où ils se trouvaient dix ans auparavant. Les
hommes d'affaires avisés ne se fient pas uniquement
aux sommes qui s'inscrivent de jour en jour dans leurs livres ;
ils font l'inventaire de leur stock à intervalles réguliers.
Transposé sur le plan national, l'inventaire général
que constitue le recensement est une opération de grande
envergure. Il exigera le concours de 50,000 employés,
de machines électroniques de fabrication spéciale
pour traiter des millions de questionnaires, d'ordinateurs
pour ordonner, grouper et stocker l'information. Le coût
de cette entreprise dépassera $35 millions.
Le Canada à l'avant-garde
C'est au Canada qu'est né le recensement moderne,
et notre pays est toujours considéré à
l'étranger comme un novateur mondial dans beaucoup
de secteurs du recensement.
Dès 1666, Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France,
faisait tenir un recensement officiel de la colonie afin de
déterminer dans quelle mesure la population avait augmenté
depuis la fondation de Québec par Champlain en 1608.
Le dénombrement ordonné par Talon établissait
la population à 3,215 âmes et indiquait le nom,
l'âge, le sexe, l'état civil et la profession
de chaque habitant.
La relation de cet événement nous dit que
le célèbre intendant lui-même prit une
part active au travail, « visitant l'une après
l'autre toutes les habitations de Mont Réal, Trois
Rivières, Cap-de-la-Madeleine et tous les lieux en
amont de Québec. »
L'original de ce document de 154 pages se trouve aux Archives
de Paris, mais quiconque s'intéresse à ce fait
historique remarquable peut en voir une transcription aux
Archives nationales du Canada à Ottawa.
Après le recensement de 1871, le Dr J.-C. Taché,
notre premier commissaire au recensement, conçut l'idée
de réunir en un seul bilan tous les dénombrements
antérieurs effectués dans ce qui est aujourd'hui
le Canada, soit au cours d'une période de plus de 200
ans. Ainsi, le Canada devenait le seul pays du monde à
posséder des archives statistiques détaillées
de son évolution et de sa croissance à partir
des temps les plus reculés de son histoire.
La coutume d'obliger les habitants réunis à
se lever et à se faire compter n'a rien de nouveau.
Les comptages de ce genre remontent à 5000 ans dans
le cas de Babylone et de la Chine et à trois ou quatre
mille ans dans celui de l'Égypte et des enfants d'Israël.
Dans les temps anciens, le recensement avait pour but d'établir
le nombre des combattants d'un pays ou de lever des impôts ;
aujourd'hui, il a pour fin de recueillir les renseignements
requis pour élaborer des plans positifs destinés
à assurer le bien-être de tous les citoyens.
La nécessité de ces renseignements ressort
clairement, par exemple, de la poussée démographique,
aussi soudaine qu'imprévue, qui se manifeste depuis
la seconde guerre mondiale. En 1941 encore, la population
du Canada n'était que de 11,506,000 habitants. Suivant
les chiffres les plus dignes de foi à l'heure actuelle,
notre population a atteint les 21 millions en mars 1969. Et
selon une publication du Bureau de la statistique, « le
recensement de 1971 indiquera vraisemblablement une population
de presque 22 millions, soit une augmentation de près
de 100 p. 100 en trente ans.
Les renseignements sont confidentiels
On parle beaucoup aujourd'hui du « viol de la vie privée »
par les gouvernements, mais ce n'est pas le cas du recensement.
Il s'agit plutôt d'un partage confidentiel de renseignements
personnel pour le bien de tous les citoyens.
En remplissant les questionnaires du recensement, il est
bon de se rappeler qu'aucune réponse prise individuellement
n'offre de l'intérêt pour celui ou celle qui
compile les résultats du recensement. Ce n'est que
lorsqu'un certain nombre de réponses ont été
rassemblées et exprimées en pourcentages ou
en moyennes que les chiffres prennent un sens. L'identité
des recensés est sans importance.
Aucun autre service ou organisme gouvernemental, aucun tribunal,
aucun corps de police ne peut être autorisé à
obtenir des renseignements d'ordre individuel provenant du
recensement. Ces renseignements sont conservés sur
microfilms, dans de rigoureuses conditions de sécurité,
à l'intérieur des chambres fortes du Bureau
de la statistique.
Le statisticien fédéral, M. Walter E. Duffett,
ne laisse subsister aucun doute à ce sujet dans la
lettre qui accompagne les questionnaires du recensement :
« Le recensement du Canada est prévu par la Loi
sur la statistique, qui oblige tout le monde à fournir
les renseignements demandés. La même loi garantit
par ailleurs que les renseignements que vous fournirez à
votre sujet, dans le questionnaire du recensement, seront
gardés secrets et serviront uniquement à établir
des statistiques. Seuls les fonctionnaires du BFS connaîtront
vos réponses et ils ne peuvent, sous peine de poursuites
judiciaires, communiquer à qui que ce soit des renseignements
personnels recueillis lors du recensement. »
Il est interdit au Bureau de la statistique de publier ou
de diffuser des données qui pourraient directement
ou indirectement révéler des renseignements
sur une personne ou une entreprise en particulier. Par conséquent,
jamais un élément d'information fourni par le
recensement ne peut être utilisé à des
fins fiscales ou militaires.
Au moment du traitement des questionnaires, l'appareil d'exploration
optique (fosdic) ne « lit » que les cercles noircis
et introduit cette information dans l'ordinateur. Mais il
ne peut pas transmettre les renseignements inscrits sur le
questionnaire. Il est donc impossible d'identifier qui que
ce soit au moyen des données emmagasinées dans
la mémoire de l'ordinateur. Une fois dépouillés,
les questionnaires sont déchiquetés et brûlés.
Un imprimé à remplir
soi-même
Le recensement de 1971 n'est pas tout à fait comme
les autres. Pour la première fois, l'agent recenseur
n'entrera pas dans chaque maison ou chaque appartement afin
de poser les questions et de noter les réponses. Il
devra plutôt, après avoir identifié le
ménage, y laisser simplement un questionnaire et un
livret d'instructions.
Il sera donc loisible au chef de famille d'étudier
le questionnaire au moment propice, de consulter ses papiers
s'il y a lieu et de vérifier auprès des autres
membres de la famille avant d'inscrire ses réponses.
S'il a besoin d'aide, il n'aura qu'à composer un numéro
de téléphone indiqué sur l'imprimé.
Cette innovation est le fruit de plusieurs années
de recherches en vue de trouver une façon plus efficace
de recueillir les renseignements. Le porte à porte
traditionnel obligerait les agents recenseurs à visiter
quelque six millions de ménages et à consacrer
à chacun le temps nécessaire pour inscrire les
réponses à toutes les questions.
N'oublions pas non plus que, de nos jours, le mari et la
femme de milliers de ménages sont tous deux absents
du foyer pendant la journée parce qu'il y a beaucoup
plus de femmes qu'auparavant qui travaillent au dehors. Le
nombre des visites de rappel serait excessif et prolongerait
la durée du recensement.
L'auto-recensement a d'autres avantages. Il diminue les
possibilités d'erreur, car le chef de famille a ainsi
le temps de réfléchir et de contrôler
les points douteux. Il épargne à certaines personnes
l'embarras qu'elles pourraient éprouver en répondant
à certaines questions d'ordre personnel.
Des efforts considérables ont été faits
pour rendre le questionnaire de 1971 aussi facile que possible.
À part les noms, les adresses et les numéros
de téléphone, on répondra à presque
toutes les questions à l'aide d'un crayon spécial,
fourni avec l'imprimé, qui servira à noircir
des cercles.
Dans certaines régions urbaines désignées,
chaque famille sera priée de renvoyer son questionnaire
par la poste, dans une enveloppe adressée et affranchie.
En dehors de ces régions, les agents recenseurs se
présenteront dans chaque foyer pour recueillir les
questionnaires remplis et obtenir des réponses aux
questions laissées en blanc. Ce n'est que dans les
régions éloignées et isolées ou
là où il existe des problèmes spéciaux
que se fera la traditionnelle visite de porte en porte.
Tous les citoyens comprendront que le recensement lui-même
n'aura de valeur que dans la mesure où les réponses
données dans chaque questionnaire seront exactes et
complètes, et où chaque ménage répondra
à toutes les questions qui le concernent.
Voilà pourquoi la loi oblige tout le monde à
donner tous les renseignements demandés. Le refus de
répondre aux questions est puni d'une amende n'excédant
pas $100 ou d'un emprisonnement de trente jours au maximum,
ou encore des deux peines à la fois. Des sanctions
semblables sont prévues contre ceux qui donnent intentionnellement
des faux renseignements.
Ces clauses pénales, qui figurent dans notre législation
depuis 53 ans, ont rarement été appliquées.
Les citoyens ont compris qu'ils participent par le recensement
à un effort national destiné à promouvoir
le bonheur de tous les Canadiens.
Tout le monde y passe
Les organisateurs du recensement ont la tâche immense
de veiller à ce que tout le monde soit dénombré.
Que les gens logent dans un appartement luxueux, un grenier,
un asile pour déshérités, un phare abandonné
ou un poulailler aménagé, l'agent recenseur
est chargé de les trouver. Il n'y a exception pour
aucun résident canadien ordinaire, qu'il soit à
l'hôpital, dans un avion, un train ou un navire, un
bateau de pêche au large de la côte est ou ouest,
dans un pénitencier ou dans un établissement
d'enseignement éloigné de son foyer.
Ce qui est étonnant, nous dit le Bureau de la statistique,
c'est que les plus difficiles à joindre sont parfois
des personnes qui habitent au coeur des grandes villes. Ce
sont des gens sans adresse permanente et des voyageurs de
passage qui changent de lieu du jour au lendemain. Les agents
recenseurs s'efforcent de les toucher tous en visitant les
pensions et les hôtels.
Le questionnaire
La même série de questions sera utilisée
dans tout le pays. Deux familles sur trois recevront un « imprimé
abrégé » et n'auront à répondre
qu'à quelques questions. Tous les trois ménages
se verront poser des questions supplémentaires sur
chaque personne et sur le logement qu'ils habitent.
Le questionnaire abrégé offre un aperçu
complet de la population quant au sexe, à l'âge,
à la situation de famille, au lien avec le chef du
ménage et aux conditions fondamentales de logement.
Le questionnaire complet, remis à un ménage
sur trois selon une technique de sondage scientifique, comporte
des questions supplémentaires portant sur le logement,
l'instruction, la profession, les migrations et le revenu.
En soumettant à certains calculs mathématiques
les réponses obtenues par cet échantillonnage
de la population, le Bureau de la Statistique sera en mesure
de projeter une image exacte de tous les Canadiens, y compris
leur situation socio-économique.
Le choix des questions à poser n'est pas facile.
Une question est retenue, non pas pour la simple raison que
tel renseignement serait intéressant, mais uniquement
à cause de ses répercussions sur les conditions
sociales et économiques. Divers organismes fédéraux
et provinciaux, les entreprises commerciales, les universités,
les urbanistes, les institutions financières, etc.
sont appelés à faire des propositions au sujet
des questions. La sélection définitive, qui
doit recevoir l'approbation du Cabinet, se fait suivant les
critères de l'utilité de la question, des frais
à consentir pour la poser, de la difficulté
d'obtenir des réponses sûres et de l'effort que
devra faire le chef de ménage pour fournir le renseignement.
Au cours des récents recensements d'essai, certaines
personnes se sont opposées aux questions portant sur
les appareils électriques dans les foyers. Vu cependant
que la possession d'un lave-vaisselle, d'une machine à
laver, d'une sécheuse, d'un réfrigérateur
et d'un téléviseur (noir et blanc ou couleur)
est pour le moins un indice de niveau de vie, cette information
demeure utile. Elle a aussi son importance pour les commissions
municipales des services publics et les commissions provinciales
d'énergie hydro-électrique, car tous ces appareils
consomment de l'énergie électrique, et ceux
qui la fournissent ont besoin de connaître l'évolution
de la consommation pour pouvoir se préparer à
répondre à la demande accrue des années
à venir.
Les autres recensements
En plus du questionnaire sur la population et le logement,
les familles agricoles auront un autre document important
à remplir. C'est celui du Recensement de l'agriculture,
effectué tous les cinq ans en vue de recueillir des
renseignements à jour et détaillés sur
la principale industrie primaire du Canada.
Le recensement national de l'agriculture indique aux gouvernements
et aux organismes intéressés si la politique
agricole actuelle est efficace tout en attirant leur attention
sur les secteurs où des problèmes particuliers
pourraient exiger des mesures spéciales.
Remplir cette formule est un devoir aussi ardu qu'important
pour le cultivateur. L'agriculture canadienne a subi une métamorphose
rapide au cours des vingt dernières années,
et les problèmes agricoles sont plus urgents et plus
complexes que jamais auparavant. Les associations agricoles,
les coopératives, les offices commerciaux, les établissements
fournisseurs du cultivateur, les collectivités locales
ont tous besoin de statistiques de dernière heure pour
accomplir leur mission au profit de l'agriculteur.
Il y a aussi un recensement des entreprises de gros, de
détail et de services. Cette enquête montrera
les changements qui se sont produits dans la structure du
marché et les circuits de distribution. Une fois réunies,
ces données qu'il est facile d'obtenir auprès
des entreprises commerciales, constitueront une précieuse
source de renseignements sur les débouchés,
les ventes, les stocks, les emplois et les salaires.
Applications multiples
L'une des principales raisons pour lesquelles le recensement
a été institué au Canada est que l'on
désirait obtenir les renseignements nécessaires
pour établir les limites des circonscriptions électorales
et répartir les sièges du Parlement et des Assemblées
législatives. Les subventions fédérales
versées aux provinces et les subventions provinciales
accordées aux municipalités sont, de façon
générale, fondées sur la population dénombrée
par le Recensement du Canada.
Le recensement nous révèle, par région
économique, par province, par territoire, par comté,
par ville, par quartier et par zone rurale, où les
besoins sont les plus grands. Il nous permet de contrôler
les progrès que nous accomplissons dans la réalisation
de nos objectifs nationaux de l'emploi, du logement, du revenu
et de l'éducation.
Le Conseil économique du Canada utilise les statistiques
du recensement et les autres données qui en découlent
comme base des recommandations qu'il adresse aux pouvoirs
publics de tous les paliers au sujet de l'élaboration
des programmes requis pour lutter efficacement contre la pauvreté.
C'est grâce à l'analyse des renseignements du
recensement, répartis par région, que le ministère
de l'Expansion économique régionale a délimité
avec précision les régions du Canada dont le
développement exigeait une aide spéciale.
La migration de milliers de familles des campagnes vers
les villes et des villes vers les banlieues a soulevé
de nombreux problèmes. Les autorités locales
ont besoin de renseignements dignes de foi sur ces déplacements
pour orienter leurs plans d'action en matière d'écoles,
de circulation, d'égouts, d'incendie et de protection
policière.
Le recensement offre aux hommes d'affaires l'occasion de
s'acquitter plus efficacement de leurs fonctions tant sur
le plan de la prévision et de la vente que sur celui
de la commercialisation et de la publicité. Pour faire
une projection intelligente de leurs opérations dans
l'avenir, le fabricant et le distributeur doivent savoir quel
sera le nombre de leurs clients éventuels, à
quelles catégories d'âge et de sexe ils appartiendront,
où ils habiteront, etc.
En consultant les chiffres du recensement, les banquiers
recueillent les renseignements dont ils ont besoin pour apprécier
avec justesse l'évolution des affaires ainsi que les
conditions et les possibilités d'investissement. Les
chambres de commerce et autres organismes de services du même
genre y trouvent la documentation statistique nécessaire
pour conseiller et aider les autorités municipales
dans leurs travaux de planification collective, d'implantation
de nouvelles écoles, de construction de sous-centrales
électriques, etc.
Parmi les questions capitales qui touchent à la fois
les citoyens et l'avenir économique du pays figure
la situation de chaque individu par rapport à la population
active. Combien y en a-t-il qui travaillent ? Combien
cherchent de l'emploi ? Combien sont exclus de la population
active parce qu'ils restent à la maison, vont à
l'école, sont malades ou à la retraite ?
Ces chiffres présentent un intérêt particulier
pour les syndicats ouvriers.
Le niveau d'instruction général s'élève
sans cesse. Les gouvernements et les éducateurs ont
besoin de renseignements précis et bien à jour
sur cette question pour faire face à la situation pendant
les dix prochaines années.
La nécessité de connaître l'âge
des habitants afin d'établir les perspectives démographiques
est un bon motif de réserver une question du bulletin
de recensement à cette donnée, mais ce n'est
pas le seul.
Sans les statistiques de l'âge, il serait impossible
de prévoir le coût des pensions de vieillesse
et des allocations familiales, et le gouvernement devrait
arrêter son budget à l'aveuglette. Les sociétés
d'assurances ont besoin de ces chiffres pour calculer les
taux de mortalité, et les travailleurs sociaux s'y
réfèrent dans l'étude des problèmes
de dépendance que représentent les personnes
de très bas âge ou d'âge très avancé.
Les autorités scolaires et universitaires des provinces
et des municipalités doivent connaître la population
par groupes d'âge pour assurer des locaux d'enseignement
suffisants.
Un effort de coopération
Ce ne sont là que quelques-unes des raisons pour
lesquelles le recensement est nécessaire, mais toutes
sont de nature à éveiller chez chaque citoyen
le sentiment qu'il est de son devoir de collaborer activement
à faire un succès de cette opération.
Sans une estimation périodique de notre situation
et de nos affaires, le Parlement, les Assemblées provinciales,
les municipalités, les milieux économiques et
les éducateurs travailleraient tous au hasard. Personne
ne saurait si le pays est en bonne voie de réussir
ou sur la pente fatale de la ruine. Nous ne saurions dire
si notre niveau de vie national est en hausse ou en baisse,
ni quelles seraient nos possibilités de progrès
en temps de paix ou de défense en cas de guerre. Nous
n'aurions aucune idée précise de nos besoins
en matière de santé publique, de notre niveau
d'instruction national et d'une foule d'autres points qui
nous permettent de juger des progrès du Canada et de
préparer l'avenir du pays.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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