Vol. 48, N° 3 Mars 1967
Les souvenirs de notre
passé
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L'histoire du Canada est inscrite
dans la longue et innombrable procession de tous ceux qui
ont foulé avant nous le sol canadien et qui ont laissé
des souvenirs d'eux-mêmes, de leurs oeuvres et des lieux
qui leur étaient familiers. Leur mémoire mérite
une place de premier plan dans les fêtes qui marqueront
le centenaire du Canada.
Les musées, de même que les bâtiments
conservés et restaurés, racontent l'histoire
des hommes et des femmes aux prises avec la nature sauvage,
sans commodités ni confort, et souvent avec peu d'espoir
de pouvoir améliorer leur sort. Leur vaillance se révèle
dans leurs travaux d'artisanat aussi bien que dans les lettres,
les actes notariés, les cessions de terrain et les
vieux portraits, autant de choses qui font le plaisir de l'oeil
et l'édification de l'esprit.
Ces vestiges de notre passé sont chers au coeur de
beaucoup de Canadiens. Les journaux n'ont-ils pas annoncé
qu'une cinquantaine de musées, dont neuf seront de
grandes constructions neuves, étaient en voie de réalisation
pour le Centenaire ? De plus, des maisons ayant appartenu
aux pionniers ont été remises en état,
et certaines d'entre elles groupées en villages. Tout
cela servira à évoquer le souvenir du temps
passé et nous permettra de comprendre comment le Canada
est devenu ce qu'il est aujourd'hui, quelle est notre situation
actuelle et ce que nous pouvons attendre dans l'avenir de
nos progrès antérieurs.
Les musées
De nos jours, les musées ne sont pas considérés
comme des endroits mornes et rebutants. Il ne suffit pas,
pour avoir un véritable musée, de réunir
une brillante collection de vieilles armes, d'oiseaux et d'animaux
empaillés, de flèches et d'assiettes à
soupe indigènes. La plupart des musées de ce
genre sont tristes et poussiéreux ; ils font penser
beaucoup plus à la mort et au cimetière qu'aux
époques mouvementées qu'ils veulent nous rappeler.
Pour le directeur de la Division du musée de l'homme
au Musée national du Canada, le musée a un quadruple
but, dont tous les éléments sont interdépendants,
savoir (1) rassembler des objets d'intérêt scientifique
et historique se rapportant au Canada ; (2) conserver
ces objets, c'est-à-dire les maintenir en bon état
ou les restaurer dans la mesure du possible ; (3) effectuer
des recherches, fondées en grande partie sur l'étude
des collections ; (4) éduquer par des moyens variés :
publication d'ouvrages scientifiques et de vulgarisation,
expositions, visites guidées, conférences, films,
etc.
Les musées du Canada
Il existe, en gros, quatre sortes de musées au Canada :
le Musée national, les musées provinciaux, les
musées locaux et les musées spéciaux.
Au Musée national, les principales collections sont
des reconstitutions du milieu naturel des Indiens et des Esquimaux
ainsi que de la vie sauvage du Canada. On y trouve des dioramas,
d'une admirable conception et d'une facture exquise, de la
vie à toutes les époques de l'histoire du Canada.
Le domaine de ce musée s'étend au pays tout
entier, sa population et son histoire naturelle. Il réunit
un très vaste assortiment d'objets, qui vont des organismes
microscopiques aux énormes canoës de guerre et aux
mâts totémiques ; il recueille tous les
renseignements disponibles au sujet de ces spécimens
et il conserve le tout pour notre génération
et celles de l'avenir. Il se classe parmi les grands musées
de recherche de l'univers.
Comme leurs noms l'indiquent, les musées provinciaux
s'intéressent surtout à leur propre milieu,
mais ils doivent le dépasser dans certains cas afin
de se procurer des objets qui contribuent à faire mieux
comprendre les conditions locales.
Le Musée du Nouveau-Brunswick nous offre un exemple
à petite échelle de cette particularité.
Le débarquement des Loyalistes à Saint-Jean,
le 18 mai 1783, fut un événement important.
Mais ce fait ne saurait être compris à partir
de rien ; c'est pourquoi le Musée a rassemblé
des lettres, des documents de bord et des objets ayant appartenu
aux Loyalistes pendant leur séjour dans leurs lieux
de résidence antérieurs.
La plus importante collection du Musée de Terre-Neuve
est sa collection Boethuck. Celle-ci a pour objet de perpétuer
le souvenir des Indiens indigènes de Terre-Neuve, race
disparue dont la dernière survivante, Nancy Shanawdithit,
est morte en 1829. Ce sont là les gens, nous dit l'Encyclopedia
of Canada, que les Européens abattaient à
coup de fusil, les Français accordant même une
prime pour leur destruction.
À l'occasion de l'année du Centenaire, le
Musée de Québec présentera une collection
des « arts canadiens-français ». Cette exposition
vise à donner un aperçu général
de la peinture, de la sculpture, de la bijouterie, du dessin,
des arts décoratifs et folkloriques depuis les débuts
jusqu'à nos jours.
Le Royal Ontario Museum est le plus grand du Canada.
On peut admirer dans les trois acres de galeries de son bâtiment
principal la structure de la terre, ses animaux, anciens et
actuels, et sa civilisation depuis Babylone jusqu'aux premiers
temps du Canada.
Le projet du Centenaire du Manitoba est son « Musée
de l'homme et de la nature ». Cette désignation
tend à représenter l'homme et la nature en tant
que parties d'un tout indivisible, en reliant à la
fois le passé, le présent et l'avenir dans un
seul grand thème unificateur.
Le Western Development Museum de la Saskatchewan
comprend plusieurs sections, où sont présentés
les instruments aratoires d'autrefois et des articles jadis
en usage dans toutes les familles. Cette province a aussi
commencé à reconstruire un village de pionniers.
Le New Provincial Museum and Archives de l'Alberta,
dont l'ouverture doit avoir lieu en octobre, veut faire connaître
l'Alberta en réunissant, en conservant et en exposant
des objets de caractère important appartenant aux domaines
de l'histoire et de la nature.
La Colombie-Britannique compte un grand ensemble Archives-Musée,
dont la construction est en cours.
Les musées locaux
Le musée local a pour mission de raconter la vie
et l'histoire de la ville ou du comté où il
se trouve. Pour être vraiment significatif, il doit
retracer le processus de l'évolution qui s'est accomplie
depuis l'époque de la pré-colonisation jusqu'au
moment actuel. Les petites choses y prennent une grande importance :
le Musée du comté d'Albert au Nouveau-Brunswick
possède un couvre-pied à signatures utilisé
lors d'une campagne de souscription pour acheter un corbillard
à la localité ; c'est une pièce
très évocatrice des us et coutumes du comté.
Ce qui fait la valeur et le charme du musée local,
c'est qu'il se consacre aux choses de la localité.
Il se doit de montrer d'une façon cohérente
et attrayante à ceux qui le visitent pourquoi et comment
la collectivité en cause est née et s'est développée.
Comme le dit M. Herbert, il est possible de distraire et de
renseigner en même temps, ou encore de ne faire ni l'un
ni l'autre. C'est le choix que l'on fait qui détermine
si c'est un musée, un pavillon d'attractions ou un
mausolée que l'on dirige.
Musées spéciaux
Certains musées locaux se spécialisent dans
certaines périodes ou certains sujets ; il en
est ainsi du U.E.L. Museum, d'Adolphustown, du Brant
Historical Museum, du Bell Homestead, de Brantford,
de même que du South Simcoe Pioneer Museum avec
ses 5,000 outils et instruments. Le presbytère de l'église
de Batoche, en Saskatchewan, a été transformé
en un musée dont les pièces relatent l'histoire
de la rébellion du Nord-Ouest en 1885.
Il existe aussi des musées spéciaux, grands
et petits, consacrés à l'histoire de diverses
activités humaines. Tels sont la Collection aéronautique
nationale, à Ottawa ; le Musée de guerre
canadien, également à Ottawa ; le Musée
des chemins de fer canadiens, à Delson, au Québec.
L'Association historique des chemins de fer canadiens s'est
donné pour mission de rassembler et de conserver les
archives et le matériel d'exploitation des services
de transport ferroviaire et fluvial.
Les maisons restaurées
C'est peut-être dans les vieilles maisons restaurées
et meublées par les groupements féminins et
les sociétés historiques que se reflète
le mieux la vie telle qu'on la vivait il y a un siècle.
En franchissant le seuil, le visiteur se trouve transporté
dans l'existence et l'époque des gens qui y ont vécu.
Une maison d'un intérêt particulier est celle
de Simeon Perkins, à Liverpool, en Nouvelle-Écosse.
Marchand et armateur venu au Canada avec les Loyalistes en
1759, le colonel Perkins bâtit cette maison en 1766.
On y voit encore le pupitre sur lequel il dirigeait des opérations
s'échelonnant des Antilles au Labrador.
À quelques milles de là se dresse la maison
Uniacke, construite par un aventurier irlandais, originaire
de Cork, qui devint membre du conseil de la Nouvelle-Écosse
et procureur général.
Malgré l'influence qu'il exerça au sein du
gouvernement de la Nouvelle-Écosse, le juge Thomas
Chandler Haliburton est surtout demeuré célèbre
en tant qu'auteur d'une série d'historiettes au sujet
de Sam Slick, habile colporteur d'horloges américain.
Sa maison a été conservée, et l'on peut
y voir l'une des horloges originales de Sam Slick avec ses
boiseries.
En 1705, Claude de Ramezay bâtissait son château
à Montréal. Ce fut, après la conquête,
la résidence officielle du gouverneur en chef de l'Amérique
du Nord britannique. En 1775, l'Armée continentale
américaine établissait son quartier général
dans ce château. En 1776, Benjamin Franklin y venait
à titre d'envoyé spécial chargé
d'inciter les Canadiens français à la révolution.
Il subsiste un peu partout dans le Québec des anciens
manoirs, dont on trouve la liste dans de fort belles brochurettes
distribuées par le bureau provincial du tourisme.
L'Ontario compte des douzaines de maisons de pionniers.
Il y a tout d'abord, le Stephen Leacock Memorial Home à
Orillia. On y retrouve les meubles originaux, ainsi qu'un
certain nombre des manuscrits, des livres et des lettres de
Leacock.
L'étrange et pittoresque maison de William Lyon Mackenzie,
chef de la rébellion de 1837, existe toujours à
Toronto. Laurier House, à Ottawa, a été
la résidence de deux premiers ministres. Middleport
nous offre « Chiefswood », lieu de naissance de
la poétesse indienne Pauline Johnson. McFarland House,
près de Niagara-sur-le-Lac, a été construite
en 1800.
Dans le lointain Yukon, on peut visiter la maison en bois
rond du poète Robert Service. Des visiteurs de tous
les pays ont apposé leur signature dans le registre
ouvert sur le pupitre boiteux où l'auteur a écrit
ses oeuvres mémorables.
Les églises
Les pionniers attachaient une grande importance à
la pratique religieuse, et les églises qu'ils ont bâties
demeurent des témoignages historiques de leur piété.
À Barrington, en Nouvelle-Écosse, se trouve
la plus ancienne église non conformiste et non confessionnelle
du Canada, construite en 1765. Le petit-fils de l'un de ses
pasteurs est devenu archevêque de Cantorbéry.
Dans les environs s'élève le monument commémoratif
de la grand-mère de John Howard Payne, auteur de « Home
Sweet Home ». L'église St. Edward, de Clementsport,
érigée par les Loyalistes en 1788, renferme
de nombreuses reliques.
À Montréal, Notre-Dame-de-Bon-Secours, église
des marins, date de 1657. Ravagée par deux incendies,
elle a été remplacée par le bâtiment
actuel en 1772. La ville de Québec compte plusieurs
églises très anciennes et notamment celle de
Notre-Dame-des-Victoires, édifiée en 1688 près
de l'emplacement de la maison originale de Champlain.
La mission originale fondée sur l'emplacement de
Prince-Albert (Saskatchewan), en 1866, est aujourd'hui un
musée. L'English River Mission de l'Église anglicane,
en Saskatchewan, construite en 1850 avec des billes coupées
sur place et des fenêtres importées d'Angleterre,
est toujours ouverte au culte.
Les villages restaurés
Attirant chaque année des milliers de visiteurs,
les villages de pionniers restaurés à travers
le Canada représentent l'un de nos liens les plus populaires
avec notre passé.
Dans ces villages, l'histoire, complètement dépouillée
de tout aspect didactique, se présente non plus sous
la forme d'un récit scientifique de nos conflits politiques
et de notre évolution économique, mais en tant
que tableau concret de la vie de la population.
L'Habitation de Port-Royal, en Nouvelle-Écosse, a
été restaurée conformément aux
plans élaborés par Champlain pour l'original
en 1605. Les visiteurs y pénètrent dans une
salle meublée telle qu'elle l'était lorsque
Marc Lescarbot y écrivit, en 1606, la première
pièce de théâtre jamais présentée
en Amérique du Nord, de même que dans la salle
commune, où Champlain institua l'Ordre du Bon Temps.
Le village de Chambly, près de Montréal, fait
partie de la seigneurie octroyée à Jacques de
Chambly en 1672. On y trouve la maison Saint-Hubert, construite
en 1760, la maison Maigneault, faite de madriers de quatre
pouces d'épaisseur emmortaisés à une
charpente en bois équarri à la main, ainsi que
la maison Lareau, bâtie sur son emplacement actuel en
1775.
L'Upper Canada Village, près de Morrisburg,
en Ontario, est un musée vivant où se retrouve
tout le déroulement de la vie dans la province de 1795
à 1860. Plus de quarante bâtiments, dont plusieurs
provenant des sept villages engloutis sous les eaux lors de
la construction de la Voie maritime, ont été
regarnis avec les meubles authentiques de leur époque.
Parmi les autres villages historiques de l'Ontario, il convient
de mentionner Fanshawe, Muskoka, Jordan, Kitchener, Rockton,
St. Joseph Island et Black Creek.
Sur un emplacement de 60 acres, près de Calgary,
en Alberta, une colonie des prairies des années quatre-vingt-dix
a été reconstruite. Certains des bâtiments
originaux ont été transportés sur les
lieux, puis rebâtis. Tel est le cas, par exemple, de
la caserne de la Gendarmerie du Nord-Ouest, de la forge, du
ranch, du bureau de poste, du salon de coiffure, de la banque,
de l'église et du magasin général.
La Colombie-Britannique a Barkerville, petite ville actuellement
reconstruite telle qu'elle existait pendant la ruée
vers l'or.
Forts et champs de bataille
Les efforts militaires du Canada ont surtout porté
sur l'auto-défense, et les forts, petits et grands,
comme les tours à la Martello, que l'on trouve un peu
partout dans notre pays, témoignent de la détermination
des Canadiens à défendre leur sol.
Pierre par pierre, la puissante ville-forteresse de Louisbourg
renaît de ses ruines sur le littoral atlantique de la
Nouvelle-Écosse. Débarqués dans ces lieux
en 1713, les colons français disposaient dès
1755 d'une place forte de plus de 300 habitations et de 5,000
âmes. Les fortifications coûtèrent tellement
cher que Louis XV affirma qu'il s'attendait, en s'éveillant
un beau matin en France, à en voir les murs se profiler
sur l'horizon.
Aucun autre endroit en Amérique n'a été
témoin d'autant de combats et de sièges que
Fort-Anne, en Nouvelle-Écosse, dont la construction
débuta en 1635. On peut encore y visiter la poudrière,
bâtie avec des pierres expédiées de France
en 1708. La porte originale, qui est encore en place, est
soutenue par un gond français et un gond anglais.
La ville de Québec est chargée de souvenirs.
Ses murs terminés en 1832, ont coûté 35
millions de dollars, et ses portes sont pittoresques. C'est
là que se trouvent les maisons où vécut
Montcalm, et celle où il aurait rendu le dernier soupir
après la bataille des Plaines d'Abraham. Des plaques
commémoratives marquent le lieu où, le dernier
jour de l'année 1775, les deux races fondatrices du
Canada unirent pour la première fois leurs efforts
pour défendre la patrie. Une garnison composée
de Canadiens français et de Canadiens anglais repoussa
une armée révolutionnaire américaine
sous les ordres du général Richard Montgomery
et de Benedict Arnold.
Le premier Fort Chambly, à Québec, fut édifié
en 1665 par un capitaine du Régiment de Carignan. En
1711, une construction en pierre massive, dont les murs sont
encore debout, avait remplacé le fort en bois. Les
Américains capturèrent le fort en 1775, et,
en se retirant, l'année suivante, y détruisirent
tout ce qui pouvait brûler. Le Fort Lennox sur l'Île-aux-Noix,
près de Montréal, fut construit par les Français
en 1759. Il retarda pendant près d'un an l'avance des
Britanniques venant du Sud. Reconstruit en 1775, il servit
de base aux Américains pendant leur marche sur Québec.
En 1812, les Britanniques construisaient le fort actuel et
l'occupaient jusqu'en 1869.
L'un des plus impressionnants monuments aux morts de la
guerre qu'ait élevé le Canada se trouve au Champ
de bataille de Crysler, près de Upper Canada Village.
L'engagement, au cours duquel une unité anglo-canadienne
de 800 hommes mit en déroute une armée d'invasion
américaine de 4000 combattants qui s'avançaient
sur Montréal, eut lieu sur la Ferme de Crysler, qui
est maintenant inondée. Grâce à une heureuse
idée cependant, la terre végétale qui
recouvrait le champ de bataille fut transportée par
camion sur les hauteurs, où on l'employa pour construire
un tertre. Le monument en forme d'obélisque, érigé
par le gouvernement du Canada en 1895, fut apporté
de la vallée et installé sur le monticule.
Le Fort Wellington, à Prescott, a été
partiellement restauré. C'est de là que, pendant
la guerre de 1812, partirent les troupes britanniques et canadiennes
pour aller capturer Ogdensburg, et, pendant l'invasion de
1838, pour repousser les Américains sous le commandement
de Von Schoultz.
Le Fort Henry, à Kingston, fut à l'origine
un blockhaus destiné à protéger l'arsenal
maritime. Lorsque le colonel John By entreprit la construction
du canal Rideau, afin d'assurer un passage intérieur
sûr depuis le lac Ontario jusqu'à Ottawa et Montréal,
la forteresse de pierre fut exhaussée pour protéger
l'extrémité ontarienne du canal. Entièrement
restauré, ce fort offre plusieurs souvenirs du siècle
dernier.
Le Fort York, à Toronto, établi en 1793, a
joué un rôle important pendant la guerre de 1812.
Le Fort George, à Niagara-sur-le-Lac, a été
construit en 1797 et détruit par les Américains
en 1813. Le blockhaus en a été restauré,
et sa poudrière subsiste encore.
Lorsque le chef « Sitting Bull » et les Sioux
qu'il commandait franchirent la frontière de ce qui
est maintenant la Saskatchewan, après la bataille de
« Little Big Horn », la Gendarmerie du Nord-Ouest
établit un détachement à Wood Mountain.
C'est de ce poste, dont un des bâtiments a été
reconstruit, qu'une poignée de policiers réussit
à contenir la fière et puissante nation des
Sioux.
Le Fort Steele est actuellement en cours de reconstruction,
à quelques milles de Cranbrook (C.-B.). Une vingtaine
de maisons et de bâtiments ont été restaurés
jusqu'ici.
Lieux historiques et plaques commémoratives
L'emploi des plaques historiques est parfaitement, justifié
aux endroits où l'on ne retrouve que l'emplacement
des constructions d'autrefois.
Les plaques nationales et provinciales servent à
signaler les lieux que des recherches diligentes ont marqués
d'un « X » pour indiquer, par exemple, qu'un « homme
y est mort en brave, qu'un traité y a été
signé ou qu'une bataille y a été livrée.
Ces plaques doivent se lire facilement. Certaines, comme
nos plaques nationales, sont peut-être fort belles du
point de vue artistique, mais le petit caractère en
est difficilement déchiffrable. Elles ne remplissent
pas leur rôle de communication.
Même en l'absence de tout bâtiment, l'un des
coins les plus mémorables signalés par une plaque
est l'emplacement du Parlement à Niagara-sur-le-Lac.
C'est là que, le 1er mai 1793, fut adoptée la
7e Loi du Parlement, en vue d'affranchir les esclaves dans
le Haut-Canada. Le Canada devenait ainsi la première
possession britannique à édicter par un texte
de loi l'abolition de l'esclavage, 79 ans avant que cette
pratique ne soit abolie aux États-Unis.
Les cimetières aussi racontent à leur façon
l'histoire de notre passé héroïque. Dans
le vieil enclos de St. Andrew, en Ontario, se trouve la tombe
du grand explorateur Simon Fraser, qui fut le premier à
descendre la rivière qui porte son nom. On y voit également
un monument à la mémoire de Miles Macdonell,
jadis surintendant de la colonie de la Rivière Rouge
de Lord Selkirk au Manitoba.
Les pensées qu'éveillent tous ces monuments
et souvenirs ne peuvent qu'inciter les Canadiens à
agir, pendant leur second siècle d'existence en tant
que nation, d'une façon digne de leurs illustres ancêtres.
À l'occasion du Centenaire de la Confédération,
tous ceux qui peuvent le faire voudront sans doute visiter
l'Immeuble législatif de Charlottetown, dans l'Île
du Prince-Édouard. C'est dans une de ses salles que
les délégués délibérèrent
sur l'Union de l'Amérique du Nord britannique.
Une plaque fixée au mur porte cette inscription :
« En l'âme et conscience des délégués
qui se sont réunis dans cette salle le 1er septembre
1864 est né le Dominion du Canada. » Sur la table,
une autre plaque marque l'endroit où furent signés
les articles de la Confédération.
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