Vol. 37, N° 3 Mars 1956
L'analyse d'un problème
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Quand nous analysons un problème,
afin de voir quels en sont les éléments, nous sommes déjà
en train de le résoudre. Lorsqu'une chose nous embarrasse
ou nous inquiète, le simple fait d'en chercher les raisons
indique que nous avons l'intention d'y porter remède. Ce sont
la des moyens pratiques et efficaces d'attaquer les problèmes
et les soucis.
Certains hommes d'affaires et quelques écrivains aiment
à laisser croire que c'est entièrement à leur flair qu'ils
doivent leurs « bons coups » et leur « gros
tirage. » En vérité, toute manifestation de l'élan créateur
dans le domaine des affaires, de l'art ou de l'existence,
est le résultat d'une foule de pensées confuses, d'idées vaguement
entrevues, de plans admirablement conçus et jugés impraticables,
d'emprunts et de refus, de ratures et de corrections.
Ces tâtonnements ne sauraient être évites complètement dans
une oeuvre féconde ou originale, mais nous allons tenter dans
le présent article d'indiquer le moyen d'en écarter une partie.
Le secret consiste à envisager les choses de loin. Il ne faut
pas imiter le bouc de la fable de La Fontaine, dont on nous
dit qu'il ne voyait pas plus loin que son nez et qu'il avait
moins de jugement que de barbe au menton.
Pourtant, c'est en somme ce que font les gens qui se laissent
prendre au dépourvu par un problème. Ils ne savent pas où
l'aborder ni comment l'attaquer ou l'éviter. Ils ignorent
même jusqu'à quel point il leur sera possible de le résoudre.
Les natures énergiques cherchent à prévoir l'avenir dans
la mesure où il est humainement possible de le faire et à
prendre les mesures nécessaires pour favoriser la réalisation
de leurs plans. Elles définissent leurs problèmes, recueillent
et étudient tous les faits qui s'y rapportent, et formulent
des solutions. Les indolents, au contraire, ne se soucient
pas des problèmes futurs.
Toutes les grandes industries modernes déploient des efforts
appréciables pour améliorer leurs produits et leurs procédés
de fabrication, mais nous ne voulons pas traiter ici des problèmes
techniques. Le chimiste se base sur les données des siècles
passés ; il mesure avec soin ce qu'il ajoute à telle
ou telle solution et sait assez exactement ce qui va se produire.
L'ingénieur qui résout un problème, calcule des tensions et
applique des principes compliques mais acquis. Mais nous,
qui sommes aux prises avec les difficultés de la vie quotidienne,
que d'inconnus et d'impondérables ne devons-nous pas peser
et calculer. Avant de les examiner il serait peut-être sage
de dresser la liste de toutes les qualités et quantités d'ordre
positif sur lesquelles nous pouvons nous renseigner.
Pourquoi analyser ?
Analyser, c'est décomposer un tout en ses parties. « L'art
de la recherche, nous dit Charles F. Kettering, consiste à
isoler les divers éléments d'un problème. Nous connaissons
déjà un grand nombre de ces éléments, mais le fait de les
séparer nous permet de mieux étudier ceux que nous ignorons. »
L'analyse troublera parfois notre quiétude, et ce sera tant
mieux, car nous serons ainsi amenés à prendre conscience d'un
conflit, à répondre à certaines questions, à découvrir des
besoins non satisfaits. C'est ainsi que l'on apprend à penser,
c'est-à-dire à voir où d'autres ne voient rien.
Comme les autres humains, les hommes d'affaires se sentent
parfois poussés à prendre des risques, à oublier les règles
de la prudence, à obéir à leurs impulsions du moment. Beaucoup
d'affaires qui tournent mal ressemblent au roman policier
où une victime suit son inclination à faire à sa tête et est
sauvée à la dernière page au nom du sens commun. Il vaut infiniment
mieux pour notre amour propre de décider quoi faire après
une analyse minutieuse et critique du problème, appuyés par
toutes nos ressources personnelles et même l'expérience des
autres.
Il est bon d'avoir une destination. Si un homme ne sait
pas vers quel port il se dirige, aucun vent ne lui sera favorable.
Et s'il ignore où il se trouve, il pourra difficilement se
tracer une route. Il aura beau ramer avec vigueur ou avoir
un puissant moteur, ses efforts resteront inutiles s'il n'a
pas une bonne idée de son but. Un mauvais calcul prive souvent
un travail ardu de sa récompense.
Il n'est pas nécessaire d'étudier longuement les chefs d'oeuvre
de la littérature pour voir que tout y est préparé et agencé
selon un plan bien déterminé. Les rimes sonores et exotiques
de José-Maria de Heredia, par exemple, ne sont pas uniquement
dues au hasard.
Bien poser le problème
Il importe de bien poser le problème avant d'en rechercher
la solution. Un problème bien posé est souvent à moitié résolu.
Il n'y a pas de problème sans solution, mais il est parfois
difficile de la trouver. Nous devons transformer des idées
vagues en des notions concrètes et diviser des difficultés
en éléments qu'il est possible d'attaquer un à un.
Dans son Évolution de la physique, Einstein observe
que « la façon de formuler un problème est souvent plus
importante que sa solution, vu que celle-ci n'est parfois
qu'une question d'habileté mathématique ou expérimentale. »
Supposons qu'il s'agisse d'un problème financier. En quoi
consiste-t-il au juste ? Est-ce réellement un problème
ou simplement une espèce d'appréhension de ce qui pourrait
arriver ? Vous est-il nécessaire d'accroître vos affaires
ou votre travail pour augmenter vos revenus, ou de faire des
économies pour conserver ce que vous avez.
Si votre situation paraît sérieuse, vous trouverez le réconfort
et la paix de l'esprit en la réduisant à ses principes essentiels
et en écartant les problèmes connexes, comme les craintes
et les désirs. Vous dégagerez ainsi la véritable question
et vous vous affranchirez de la confusion où vous semblez
vainement vous débattre. Dès que vous cesserez d'éluder les
questions et de vous laisser distraire par vos craintes et
vos désirs, vous commencerez à entrevoir la solution de votre
problème.
Les sortes d'analyses
Plusieurs sortes d'analyses s'offrent à notre choix, mais
elles se résument toutes au principe suivant : rechercher
le noeud du problème, classer les renseignements qui s'y rapportent
en catégories rationnelles et faciles à comprendre, examiner
attentivement les preuves de tel ou tel point que vous avez
découvert et régler la question. S'il s'agit d'analyser une
difficulté, il faut la bien préciser, en vérifier la cause
et trouver le remède.
Voici quelles sont, d'après Alex Osborn, les diverses étapes
de la solution d'un problème : l'orientation, qui consiste
à repérer et à poser le problème ; la préparation, ou
réunion des renseignements qui s'y rapportent ; l'analyse,
qui, en les décomposant, rend les divers éléments plus maniables ;
l'hypothèse où nous examinons les diverses marches que nous
pouvons suivre ; l'incubation ou méditation, dans laquelle
nous cherchons à nous éclairer ; la synthèse, qui remet
les diverses pièces en place ; et la vérification, dans
laquelle nous jugeons les plans élaborés en conséquence.
On peut commencer par établir une liste de rubriques et
de mots-clé qu'il s'agira de vérifier, d'examiner, de modifier
ou de compléter durant la phase des recherches.
Ce genre d'analyse pourrait débuter par l'affirmation générale
suivante : « Il y a quelque chose qui ne va pas
dans mes affaires ». Viendraient ensuite deux subdivisions
embrassant toutes les raisons possibles de cet état de choses :
causes intérieures et causes extérieures. Ensuite, on divise
de nouveau chacune de ces rubriques de façon à y inclure encore
une fois tous les motifs possibles, et l'on indique les remèdes
à appliquer. Ces divisions et subdivisions successives permettent
de limiter de plus en plus les recherches sur un point donné.
Remarquez bien la différence entre ce procédé intelligent
et le vain barbotage de celui qui saute de point en point
sans les relier et qui en oublie d'autres qui pourraient avoir
une influence certaine sur le problème. Dans le système rationnel,
aucun des facteurs concevables n'est omis ; chacun fait
nécessairement l'objet d'un examen attentif ; les liens
entre les divers points ne passent pas inaperçus ; la
valeur d'un facteur par rapport aux autres devient manifeste.
Si notre analyse nous porte à croire que notre mode de publicité
est l'une des causes de la mauvaise marche de nos affaires,
nous pourrions nous poser les questions suivantes : la
publicité en couleurs est-elle nécessaire pour faire face
à la concurrence ? Est-ce une chose excellente, mais
trop coûteuse ? Quels seraient ses effets sur les clients
possibles ? Puis, si nous décidons qu'elle est nécessaire,
nous poursuivrons notre analyse en nous demandant : jusqu'à
quel point devons-nous l'utiliser ? Dans quelle proportion ?
Comment allons-nous l'adapter à notre campagne de publicité
générale ?
Décomposition du problème
La première étape de l'analyse est donc de décomposer le
problème en le divisant en ses divers éléments.
Il faut savoir distinguer, dit le célèbre professeur Erwin
Schell, du Massachusetts Institute of Technology, entre
les problèmes, les fins et les récompenses. « Un jeune
homme dira, par exemple, que son problème consiste à faire
augmenter sa rémunération. Pourtant, ce n'est là en réalité
que la récompense qu'il obtiendra après avoir atteint son
objectif véritable, qui est de se rendre plus utile. Le problème
du jeune homme en question est plutôt de saisir certaines
occasions ou de vaincre certains obstacles qui lui permettront
d'arriver à ses fins. »
Le moyen le plus facile de décomposer un problème est de
poser des questions. Socrate qui a donné son nom à une méthode
d'investigation bien connue, disait qu'« une vie sans
recherche n'est pas digne de l'homme ».
Même avant de prendre une décision ordinaire, il est bon
de se poser des questions. Si l'on vous demande, par exemple,
de diriger une campagne de souscription pour une oeuvre de
charité, voici comment vous pourriez faire votre analyse.
Quel est le but de la campagne ? Pour quel motif devrais-je
accepter cette tache ? À qui nous adresserons-nous ?
Sur quelle aide puis-je compter ? Quels sont les travaux
d'organisation qui s'imposent ? Il pourra y avoir de
vingt à cinquante titres ou sous-titres de ce genre, qui vous
aideront à préciser votre objectif, à confirmer votre décision,
à connaître les données qu'il faut chercher et à progresser
plus rapidement dans l'organisation et la mise en oeuvre de
cette campagne.
L'homme qui a un problème commercial à résoudre voudra aller
plus loin encore. Il se posera une foule d'autres questions,
et ce sera peut-être là la partie la plus révélatrice de la
méthode analytique. Si vous vous posez assez de questions
et si le champ de vos recherches est assez vaste, vous finirez
par tomber sur celle qui vous apportera la solution du problème
même le plus obscur.
Il faut veiller à ce que nos questions aient du sens. Se
demander quel serait l'effet d'une étincelle dans une pièce
remplie de poudre à canon n'est pas du tout la même chose
que se demander quel serait l'effet d'une étincelle parmi
les satellites de Jupiter.
De la définition
Les définitions sont des points de départ très utiles, si
nous nous bornons à les employer comme telles et si nous faisons
en sorte qu'elles restent intelligentes et compréhensibles.
Elles doivent servir à expliquer quelque chose. Toutefois,
il ne faut pas tout définir, mais se limiter aux choses qui
ne sont pas claires.
La définition ne doit pas non plus être faite à l'aide d'un
terme de la même famille que le mot à définir : démon,
être doué de pouvoirs démoniaques. L'analyse, ne l'oublions
pas, est un effort pour se débarrasser du bois mort et faire
clairement ressortir ce qui est important.
Évaluation
Après avoir analysé notre problème, nous devons porter un
jugement à son sujet, c'est-à-dire procéder à une espèce d'évaluation.
Dans la dernière colonne de notre analyse, nous avons isolé
tous les faits requis pour trouver une solution. Nous devons
les peser avec soin afin de nous assurer que nous avons trouvé
ce que nous cherchions. Est-ce vraiment satisfaisant, et non
seulement « passable » ? Gardons-nous cependant
de conclure trop vite que les faits de la dernière colonne
sont nécessairement inexacts parce qu'ils ne sont pas ce que
nous espérions ou ce que nous aurions voulu.
Le temps est venu de délibérer, de repasser dans votre esprit
les diverses voies à suivre. « C'est le moment, dit Shakespeare,
où l'imagination donne des formes aux choses inconnues. »
Ce n'est pas le temps d'essayer de se consoler des fautes
que l'analyse a révélées, ni l'occasion de trouver des moyens
d'y échapper. Ce que nous cherchons, c'est une vérité sur
laquelle nous pourrons édifier l'avenir. Nous voulons démêler
certaines affaires embrouillées, retrouver l'harmonie et appliquer
de nouveau notre énergie et notre esprit à la solution de
notre problème. Nous voulons porter un jugement sur les faits
que nous avons découverts et utiliser ce jugement comme base
d'action.
Toute analyse menée jusqu'au bout fournit matière au moins
à une hypothèse. Nous devons tout mettre en oeuvre pour concevoir
ou imaginer plusieurs moyens d'action possibles.
Les hypothèses ne sont pas nécessairement des formules savantes.
Elles ne sont parfois qu'un choix de manières d'agir fondées
sur les possibilités mises en lumière par notre analyse. Vous
connaissez votre problème, votre analyse est terminée ;
il s'agit maintenant de savoir ce que vous allez faire.
Pour ne citer que quelques-unes des nombreuses formes d'action
possibles, l'hypothèse que vous formulerez vous conduira peut-être
à vous adapter à une nouvelle situation, ou à adapter vos
marchandises à un marché changeant, ou à adapter votre programme
de production aux nouvelles exigences de la livraison ;
elle vous poussera peut-être à remplacer un employé peu satisfaisant,
à acheter une nouvelle machine pour accélérer une production
trop lente, à adopter un ingrédient meilleur marché que celui
qu'on emploie actuellement et qui coûte trop cher, ou à tenter
d'atteindre par une nouvelle tactique le client difficile
à convaincre ; elle vous indiquera peut-être comment
vous pouvez modifier votre manière de vivre pour avoir le
temps de faire ce que vous voulez, réorganiser votre personnel
pour mieux répartir le travail, ou réaménager votre usine,
votre magasin, votre foyer ou votre atelier pour y accroître
le rendement ou le confort. Ces trois moyens hypothétiques
d'action, c'est-à-dire l'adaptation, le remplacement ou la
réorganisation, permettront de résoudre bien des problèmes.
Les deux sortes de renseignements requis
L'analyse exige deux sortes de renseignements : ceux
que nous possédons déjà grâce à notre expérience et à nos
études, et ceux que nous pouvons nous procurer. On arrive
à une solution en mettant ensemble un peu de ce que nous savons
et un peu de ce que nous apprenons.
C'est en essayant divers procédés pour corriger une erreur
que nous découvrons le plus souvent la vérité qui nous permettra
de résoudre un problème. L'homme instruit reste sans parti
pris sur une question jusqu'à ce que l'évidence pénètre dans
son esprit. Il sait que le mauvais côté d'une affaire renferme
parfois des vérités tout aussi intéressantes et nécessaires
que celles du bon côté. Comme le dit Schopenhauer : « Ce
n'est que lorsqu'un homme examine ses connaissances sous tous
les angles et harmonise les choses qu'il connaît en comparant
la vérité avec la vérité, qu'il peut vraiment la saisir et
s'en rendre maître. »
La source à laquelle s'alimente notre raisonnement, ce sont
les renseignements concrets, les faits. Les faits sont comme
de rapides visions que nous avons d'un monde en perpétuelle
transformation, comme les images séparées d'un film cinématographique.
Il faut aussi faire preuve d'une certaine intégrité dans
la recherche des faits nécessaires pour analyser et résoudre
notre problème. Darwin l'avait bien compris ; lorsqu'il
rencontrait des données défavorables à sa théorie, il se hâtait
d'en prendre note. Il savait que les choses en désaccord avec
nos idées préconçues ou contraires à nos désirs ont le don
d'échapper assez facilement à notre mémoire.
Certains faits proviennent des archives, d'autres de notre
observation et d'autres encore des découvertes faites par
d'autres personnes. Les dossiers sont importants, car les
choses qui touchent les affaires de la vie sociale n'arrivent
pas seulement à une époque, à une date unique ; elles
se reproduisent de jour en jour, de semaine en semaine, d'année
en année.
Les signaux d'avertissement
Dans l'analyse des dossiers, des observations et des découvertes,
il convient de tenir compte des quatre signaux d'avertissement
dont parle Alfred Korzybaki dans Science and Sanity.
Ce sont (1) le symbole etc., qui nous rappelle que
nous n'avons trouvé qu'une partie du tout, (2) les dates,
qui nous aident à ne pas oublier que les choses changent,
(3) les nombres indices, qui nous permettent de bien
reconnaître les choses, et (4) les traits d'union,
qui nous rappellent que les événements sont liés les uns aux
autres.
Ces divers signes nous permettent notamment de savoir si
telle ou telle affirmation incorporée dans notre analyse est
vraie à l'heure actuelle, comment elle se rattache aux autres
faits et si nous lui avons accordé trop d'importance. Il est
évident par conséquent que notre conclusion ne peut être acceptée
comme valable que si les connaissances acquises par analyse
sont marquées au coin de la sagesse. Les renseignements et
les faits nous aident à connaître, mais au-dessus de la connaissance,
il y a la pénétration.
L'imagination doit intervenir du commencement à la fin de
l'opération qui consiste à trouver la solution d'un problème.
Nous en avons besoin pour savoir quelles sont les nouvelles
connaissances qu'il nous faut, où trouver les renseignements
requis, comment percevoir les liens qui existent entre les
faits, et comment réfléchir et calculer pour arriver à une
véritable décision. « Il y a peut-être, disent les auteurs
de Managing Your Mind, une façon d'écorcher un chat
ou de résoudre un problème qui est meilleure que les autres ;
mais, d'ordinaire, il faut en trouver plusieurs, les essayer
dans notre imagination, puis choisir celle qui a le plus de
chances de réussir. »
Quelques conseils
Il ne s'agit pas, lorsque nous analysons un problème, de
chercher des raisons pour continuer à croire ou à agir comme
nous le faisons déjà. Cela serait bien peu intelligent, en
vérité. Ce que nous voulons, c'est élargir nos horizons, étaler
sous nos yeux tout ce qui nous aidera à prendre de sages décisions
et concentrer ensuite nos idées sur les choses importantes,
des plus petites jusqu'aux plus grandes.
La découverte de faits bizarres fera peut-être naître dans
notre esprit des pensées bizarres et des idées révolutionnaires.
Celui qui cherche une bonne solution à son problème les examinera
toutes et les mettra à l'épreuve, mais n'agira jamais à l'aveuglette.
Il importe aussi de ne pas se laisser absorber par l'analyse.
La dissection d'une fleur pour mieux l'étudier ne doit pas
nous empêcher d'en admirer l'ensemble. Il ne faut pas être
esclave de l'analyse et de l'organisation au point de ne plus
trouver le temps d'agir. L'organisation n'est pas une fin
en soi, mais un moyen. Nous devons avoir un but et savoir
ce qui justifie les fins auxquelles tend l'organisation.
Celui qui est satisfait de l'état de choses existant ou
qui, ne l'étant pas, se complaît dans l'idée qu'il est impossible
de l'améliorer, ne peut pas faire une bonne analyse. Il y
a en général une façon de faire les choses qui est la bonne,
et le but de l'analyse est précisément de la trouver.
Le sort et les vicissitudes de la vie guettent l'homme qui
marche à l'aventure, mais sans prendre au dépourvu celui qui
a toujours l'esprit en éveil.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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