Vol. 76, N° 3 Mai/Juin 1995
Un devoir civil
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La civilité n'est pas une forme froide
de la politesse; c'est un lubrifiant qui huile les rouages
essentiels de la machine sociale. Elle tient un rôle
si primordial dans les affaires humaines que certains philosophes
en font un devoir civil. Pour les sociétés hétérogènes
comme celle qui s'est forgée au Canada, elle devrait
être encore davantage : un signe d'identité.
À lire les dictionnaires, personne n'imaginerait
que la civilité joue un rôle vital dans les affaires
humaines. L'un des plus réputés l'assimile tout
bonnement à l'observation des convenances; son principal
concurrent la considère comme un équivalent
vieilli du mot courtoisie. De là à conclure
que la civilité, c'est l'hypocrisie polie du diplomate
en poste dans une capitale hostile ou la correction hautaine
du maître d'hôtel d'un grand restaurant parisien,
il n'y a qu'un pas. On aurait tort de le franchir. Car les
lexicographes, peut-être effrayés par l'ampleur
et la profondeur du concept, n'en décrivent que la
surface, la partie visible.
Au lieu de rappeler la fonction sociopolitique essentielle
de la civilité, ils se limitent à souligner
le caractère distant qui la distingue des autres grâces
sociales. Distante, elle l'est; mais à juste titre.
Son inébranlable réserve traduit en effet le
noble souci de ne pas se mêler des affaires d'autrui.
Et aussi, il faut bien l'avouer, le fait qu'elle s'exerce
au premier chef à l'égard des inconnus.
Comme en témoigne la racine du vocable, la civilité
relève des comportements publics, non des agissements
privés. « Civil » s'applique à ce
qui intéresse l'ensemble des citoyens; civilité
et incivilité désignent ainsi des manières
d'être et d'agir face à ses concitoyens. La convivialité
d'une société dépend dans une large mesure
de la civilité des rapports entre ses membres.
Si nous avons tant de mal à cerner la vraie nature
de la civilité, c'est peut-être parce que nous
nous obstinons à y voir une vertu individuelle comme
la politesse alors qu'elle est un amalgame de plusieurs qualités.
Les bonnes manières la fondent, mais ne la circonscrivent
pas. À ce propos, il ne faudrait pas confondre :
les bonnes manières ne sont pas ces pratiques prétentieuses
qui visent essentiellement à exclure ou à imposer
une présumée supériorité sociale.
Au contraire, elles s'adaptent aux personnes et aux circonstances.
L'essence de la civilité réside dans le souci
de mettre ses interlocuteurs à l'aise. Quels qu'ils
soient et où qu'il se trouvent.
Les bonnes manières ne sont toutefois que la manifestation
la plus visible de ce qui est moins un code de conduite qu'un
esprit, un fonds d'idées et de sentiments qui inclut
la considération, le tact, la bonne humeur et le respect
des droits et opinions d'autrui. Le qualificatif qui le résume
peut-être le mieux est « obligeant ». Dans
cette optique, la civilité est une variation sur le
thème évangélique du « fais aux
autres... ».
Mais foin de définitions savantes ! La jolie
fable du pasteur Richard Cecil, célèbre prédicateur
anglais du XVIIIe siècle, illustre mille fois mieux
la mystérieuse nature de la civilité. Deux chèvres
s'étaient malencontreusement engagées en même
temps sur un pont trop étroit pour qu'elles puissent
se croiser ou faire demi-tour. L'une d'elles eut l'idée
de se coucher pour permettre à l'autre de l'enjamber,
les tirant toutes deux de leur mauvais pas. La civilité
venait de naître.
Pareille abnégation exige beaucoup de discipline.
Et cela nous fait voir que le lien entre civilité et
civilisation n'est pas uniquement étymologique. On
pense souvent que le niveau de civilisation est fonction du
raffinement culturel. Ce n'est pas forcé. Une société
civilisée est d'abord et avant tout une collectivité
dont les membres ont, sinon en totalité du moins en
très grande majorité, le réflexe de placer
le bien commun avant leur intérêt individuel.
La civilité est la fondation sur laquelle nous avons bâti ce pays digne d'envie.
Renversez la perspective : dans une société
qui n'est pas civilisée, rien ni personne n'empêche
les plus forts d'écraser, les plus malins d'exploiter
leurs concitoyens moins bien lotis pour satisfaire leurs appétits.
La civilisation apparaît lorsque s'instaurent des coutumes
ou des lois destinées à établir un équilibre,
non moins réel pour être imparfait, entre les
puissants et les faibles. Ce qui fait la valeur de ce code
n'est pas son existence, mais son acceptation par l'ensemble
des citoyens. Et cela, c'est fondamentalement une marque de
civilité.
Les organes judiciaires et électifs d'un régime
démocratique basent leur fonctionnement sur un principe
intimement lié à la notion de civilité.
À savoir que chaque citoyen doit s'efforcer de comprendre
les points de vue qui diffèrent du sien et de résoudre
démocratiquement ces différends. Donc, qu'il
doit dialoguer avec ses adversaires de manière pacifique
et tenter d'arriver à des compromis mutuellement acceptables.
Un grand expert des bonnes manières comme lord Chesterfield
considérait que les gentillesses, attentions et petits
sacrifices que se font mutuellement les gens civilisés
forment l'essence du contrat social. La société
canadienne témoigne de la justesse de son intuition :
par convention tacite, la plupart de ses membres s'interdisent
de faire ce qui leur plaît s'ils savent que l'ensemble
de la collectivité risque d'en souffrir.
« Ce que j'aime du Canada, c'est sa civilité,
observe Jane Jacobs, urbaniste américaine de réputation
mondiale. La discussion y est toujours raisonnablement polie. »
Les Canadiens ont une réputation si ancrée de
civilité qu'on les caricature volontiers là-dessus.
« Écrasez le pied d'un Canadien, racontait un
humoriste américain dans son numéro, et il
vous demande pardon. » Les étrangers ont une idée
surfaite de notre politesse ! N'empêche qu'elle
nous a permis de faire les compromis nécessaires pour
bâtir un pays digne d'envie sans violences graves ni
rancoeurs durables malgré d'intenses rivalités
régionales et culturelles.
Cette civilité, sommes-nous en train de la perdre ?
La question se pose quand on lit l'article publié par
Mark Kingwell, professeur adjoint de philosophie au collège
de Scarborough et auteur de A Civil Tongue : Justice,
Dialogue and the Politics of Pluralism. Dans ce texte
qui reprend les principaux thèmes de son ouvrage, Kingwell
raconte le choc qu'il a éprouvé à son
retour à Toronto, après un séjour de
plusieurs années à l'étranger, en voyant
les gens « se bousculer sur le trottoir, s'injurier dans
les autobus, piquer des crises au Centre Eaton ». Le
ton plus agressif, plus cruel de la politique nationale ne
l'a pas moins troublé. Il en conclut que « nous
risquons d'oublier l'importance de la civilité. Sa
présence dans nos rapports sociaux est si ténue
à présent qu'on peut craindre qu'elle ne soit
en voie d'extinction. »
Si la civilité est menacée, c'est entre autres
à cause des valeurs qui « montent » à
l'heure actuelle. Au nom de la liberté individuelle,
notre société admet désormais toutes
les conduites ne figurant pas explicitement dans son code
criminel. Simple réaction aux contraintes sociales
qui garantissaient jadis le pouvoir des élites en étouffant
l'expression des individualités ? Soit, mais il
faut reconnaître que cette tolérance tous azimuts
a gravement entamé notre capital de civilité
en sapant l'autodiscipline qui en est le fondement.
Le mouvement de libération sociale qui est né
dans les années soixante voulait amener les gens à
s'exprimer davantage, et cela était bon. Le problème,
c'est que les médias y ont vu une licence pour tout
montrer et que leur exemple, comme il fallait s'y attendre,
a été largement suivi.
Au petit et au grand écran, les réalisateurs
n'hésitent plus à truffer leurs films de spectaculaires
explosions de rage, histoire d'en maximiser l'impact émotif.
Pire, le héros qui renverse une table chargée
de vaisselle pour se venger d'un service pourri ne suscite
chez les spectateurs que des rires indulgents, comme s'il
était admissible, voire bien vu, de se défouler
en cassant tout et en semant la pagaille.
La grossièreté est également en hausse
à la bourse des valeurs sociales. Dans les médias,
la goujaterie est même devenue un art à part
entière. Sarcasmes et insultes gratuites sont les deux
armes favorites des héros de cinéma postmodernes
pour abattre ceux qui se mettent en travers de leur chemin.
Les mauvaises manières font recette. Sinon, comment
expliquer la vulgarité ahurissante des comédies
télévisées, la popularité des
humoristes qui insultent leur public, les fortunes qu'on paie
à ces animateurs de radio et de télévision
qui engueulent leurs auditeurs et menacent leurs invités ?
La civilité a pris un coup de vieux le jour où
un journaliste a vu une vertu civique dans la « franchise
brutale » de quelqu'un. Il n'en fallait pas davantage
pour inciter tout le monde à se montrer sinon franc,
en tout cas brutal à souhait, selon le principe infantile
que plus vous faites de tapage, plus on s'intéresse
à vous. Le débat sur les questions d'intérêt
public semble désormais se réduire à
un cri : prends ça ! Les émissions
d'actualités nous abreuvent d'images sur des démonstrateurs
et revendicateurs dont la véhémence n'a d'égale
que la royale indifférence aux besoins réels
de la société. Et si vous trouvez que la politique
de la rue manque de classe, ne comptez pas sur nos parlements
pour relever le niveau du débat. La télédiffusion
des échanges de nos honorables élus montre qu'ils
se consacrent soit à plaider pompeusement des causes
partisanes soit à couvrir d'injures leurs « amis
d'en face ».
Notre politesse obstinée est-elle un signe de servilité ?
Bien parler, c'est se respecter. Cette petite phrase, écho
lointain d'une campagne ancienne en faveur du bon français,
n'a sûrement pas marqué les esprits, car de la
cour d'école à la salle du conseil, la vulgarité
a désormais valeur de norme linguistique. Le plus souvent,
elle trahit uniquement une paresse intellectuelle aiguë, le
sacre de service se substituant au mot juste qu'il faudrait
faire un effort pour retrouver. Si les jurons avaient perdu
tout pouvoir de choquer ou de blesser, ce serait un demi-mal.
Mais voilà : ils demeurent parfaitement capables
d'intimider, d'humilier, d'empêcher l'autre d'opiner
à son tour.
L'antique vertu civile de la discrétion agonise,
elle aussi. Le droit fondamental de vivre en paix, sans être
épié ni jugé par ses concitoyens, est
constamment foulé aux pieds par des censeurs autoproclamés
qui prétendent dicter leur conduite aux autres dans
des détails qui vont bien au-delà de ce qu'exige
la loi ou la simple décence. La civilité suppose
l'existence d'un sentiment d'égalité, d'une
espèce de complicité face aux contraintes de
la vie en société; ceux qui tentent d'imposer
leur volonté aux autres n'agissent pas en égaux,
mais en supérieurs.
Comme si ces assauts conjugués ne fragilisaient pas
assez la traditionnelle civilité des Canadiens, certains
intellectuels soutiennent à présent qu'elle
ruine le prestige de notre nation. À les entendre,
notre affabilité serait un objet de ridicule dans leurs
mecques culturelles : elle nous y ferait passer pour
un peuple terne et ennuyeux. La réserve et la discrétion
qui nous valaient jadis le respect général seraient
perçues comme des marques d'une indécrottable
servilité.
Là où règne la civilité, la force n'est pas un argument.
Récemment, une journaliste est allée jusqu'à
assimiler la civilité canadienne à une perte
de « virilité morale ». La plupart du temps,
écrit-elle, les Canadiens « défendent leurs
convictions avec la vigueur d'un poisson mort ». Sa chronique
traitait d'un sujet complètement étranger à
la question qui nous occupe, mais sa petite phrase illustre
bien le courant d'opinions qui cherche à nous convaincre
que nous souffrons d'un excès de civilité, non
d'une insuffisance, et que ce « joug » nous rendrait
incapables de revendiquer nos droits avec l'énergie
voulue.
Ce n'est pas vrai, pas plus d'ailleurs que ne l'est notre
réputation d'apathie et d'insipidité. Notre
presse quotidienne peut témoigner que nous aimons la
controverse, que nos débats politiques et sociaux ne
sont pas ce qu'on appelle feutrés et que les diverses
composantes de notre société n'ont pas peur
de revendiquer. Les Canadiens, doux comme des agneaux ?
Si seulement c'était vrai ! Notre histoire compterait
quelques tristes épisodes de moins, et les centres
de nos grandes villes ne risqueraient pas le saccage pour
une victoire ou une défaite sportive.
Ces réserves faites, il faut reconnaître que
« le civisme fondé sur la civilité existe
toujours au Canada », comme l'écrit Mark Kingwell,
et déplorer avec lui la précarité de
cette existence. Car un pays comme le nôtre, voué
à un multiculturalisme grandissant, ne peut pas s'en
passer. « Dans une société pluraliste,
observe Kingwell, la civilité est le fondement de la
vie politique; sans elle, en effet, le dialogue permanent
qui garantit la pérennité de l'édifice
social deviendrait impossible... Bien comprise, elle nous
fournira le facteur de cohésion sociale le plus solide,
le plus progressiste que nous puissions concevoir. »
Jusqu'à présent, la civilité nous a
bien servis. Ses règles nous ont permis de redresser
bon nombre de torts historiques. Ils n'ont pas tous disparus,
mais la vie en démocratie ne sera jamais exempte d'injustice,
entre autres parce qu'en essayant d'en corriger une, on aboutit
souvent à en créer d'autres. C'est en quelque
sorte la rançon du changement. Certains diront qu'elles
s'estomperaient plus vite si les victimes étaient moins
patientes, moins compréhensives, plus promptes à
réclamer leur dû. Sauf que cette attitude est
un ferment de désordre qui peut mener au pire des maux :
la guerre intestine.
Du reste, la civilité n'interdit pas la discussion,
ni même la controverse; elle n'oblige personne à
renoncer aux principes qui lui sont chers. Elle se contente
d'introduire un certain décorum dans les débats,
une mesure de courtoisie et de raison dans la défense
des positions. Là où elle règne, c'est
l'intelligence qui préside à l'analyse et au
règlement des différends, non la puissance de
l'artillerie verbale, critère injuste s'il en est.
Les bonnes manières n'empêchent pas d'avancer dans la vie. Au contraire !
John Rawls, un philosophe américain contemporain,
va jusqu'à imputer un devoir de civilité
aux citoyens d'un État démocratique. Pourquoi ?
Parce que la société est composée de
groupes disparates, aux intérêts divergents,
qui se font, le plus sincèrement du monde, des idées
très différentes de la justice. Donc, de conclure
Rawls, « le maintien du régime constitutionnel
dépend des concessions qu'ils acceptent de faire à
leurs rivaux ».
Dans A Theory of Justice, Rawls affirme que les
citoyens sont tenus d'agir de bonne foi et de présumer
la bonne foi chez leurs vis -à-vis tant qu'ils n'ont
pas la preuve du contraire. Ils doivent admettre que le système
ne peut faire droit à toutes les revendications et
qu'il leur arrivera de perdre la bataille.
« Nous avons, poursuit-il, le devoir civil de ne pas
arguer des failles de l'appareil social pour nous soustraire
à ses règles, de ne pas exploiter les inévitables
lacunes du règlement pour avancer nos pions. Ce devoir
de civilité nous impose d'accepter de bonne grâce
les imperfections des institutions et de ne pas chercher à
en tirer grossièrement parti. En nous dérobant
à cette obligation, nous fragilisons le lien de confiance
qui nous unit. »
À cette hauteur, le débat peut sembler très
éloigné de la table familiale où nos
enfants apprennent les bonnes manières - ou les mauvaises
- en nous regardant faire. Car on n'impose rien dans ce domaine.
La fillette dont les parents ne disent jamais s'il vous
plaît ou pardon n'utilisera pas ces drôles
de mots en présence des invités. Si le père
sacre, si la mère jure comme un charretier, comment
le fils pourrait-il apprendre à parler autrement ?
Les adultes qui refusent obstinément de rendre le moindre
service ou de reconnaître leurs torts élèvent
une progéniture à leur image et ressemblance.
Le philosophe allemand Johann Kaspar Spurzheim estimait
que les manières enseignées aux enfants devraient
comprendre « tout l'éventail des gestes charitables
qui naissent de la conscience de leurs obligations envers
leurs semblables ». Leur somme produit cette « bonne
éducation » que nos grands-parents définissaient
comme « la bienveillance dans les petites choses et l'habitude
de penser d'abord aux autres ».
Faire d'un enfant un bon citoyen devrait être une
raison suffisante pour lui inculquer les règles de
la civilité, mais l'effort se justifie également
pour des motifs plus terre à terre. Le sagace lord
Chesterfield n'y voyait pas pour rien « le fruit du bon
sens »; les petits sacrifices que nous consentons pour
plaire aux autres nous valent en général de
grandes indulgences.
Nous avons donc une raison bassement matérielle d'être
civils : cela facilite notre ascension socioprofessionnelle.
Qu'on vende des biens, des services ou sa propre personnalité,
on gagne toujours à se montrer affable. Dans le secteur
privé comme dans le service public, ceux qui aspirent
aux premiers rangs doivent gagner la loyauté de leurs
collègues, et cela exige une considération sans
faille qui entretienne leur bienveillance.
Ce succès-là n'est rien, cependant, à
comparer à la paix de l'âme. L'estime de soi
est une denrée rare de nos jours. Or, les bonnes manières
en sont une source intarissable. Ceux qui savent se conduire
en société ne doutent pas d'être bien
reçus partout. Ceux qui traitent correctement les autres
sont certains d'être traités correctement en
retour. En réconfortant leurs semblables, ils se réconfortent
eux-mêmes.
Ces échanges d'amabilités contribuent pour
une grande part à la qualité de la vie dans
un pays ou une collectivité. Ciment social universel,
la civilité est particulièrement nécessaire
dans une société pluraliste comme celle qui
s'est forgée au Canada. Ce n'est pas une tare, au contraire !
Fermons nos oreilles au chant des sirènes qui nous
invitent à hausser la voix, à durcir le ton,
à brandir le poing, sous prétexte que le monde
moderne « ne fait pas de cadeau ». Nous passons
pour des naïfs, les scouts de l'humanité ?
Il y a des réputations moins enviables. La B.A. est
une invention scoute.
Gardons-nous de toute complaisance, toutefois. C'est un
fait que la civilité et donc, la civilisation, ont
régressé au Canada. Il appartient à tous
ceux qui ont une influence sur la jeunesse et aux parents
en particulier de reprendre le flambeau de la politesse que
notre société a laissé échapper.
L'effort est d'autant plus urgent que les jeunes sont bombardés
d'exemples contraires. Au lieu de rougir de notre civilité,
nous devrions en faire un trait distinctif de notre identité
collective, un motif de fierté nationale.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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