Vol. 46, N° 5 Mai 1965
La vente des produits
et des services
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Nous sommes tous consommateurs de biens
et de services matériels, comme les aliments, les vêtements
et les mille et une commodités de la vie. Mais pour
nous permettre de les acheter, tout le monde joue aussi, d'une
façon ou d'une autre, le rôle de vendeur.
La vente a une importance capitale. Un changement s'est
opéré dans l'ordre économique des choses
au cours des quarante dernières années. Jusque-là,
le grand problème avait presque toujours été
de chercher à produire assez de marchandises pour satisfaire
les besoins de l'homme. Le perfectionnement des techniques
de production pendant les deux guerres mondiales a contribué
à résoudre ce problème, mais il en a
soulevé un nouveau : comment écouler l'énorme
quantité de biens que produisent les usines mécanisées
et continuer à utiliser avec profit une population
active toujours croissante.
La distribution des biens au détail représente
l'entreprise la plus considérable du monde. Son importance
sociale et économique augmente au fur et à mesure
que s'élève notre niveau de vie. Elle exige
une compétence de plus en plus grande chez ceux qui
y exercent leur activité.
La vente assure des chèques de paie aux travailleurs
de l'agriculture, des mines, de la forêt, des pêcheries,
du transport, des industries de la fabrication et de la transformation ;
des honoraires aux membres des professions libérales ;
de l'aide financière aux écoles, aux églises,
aux hôpitaux et aux oeuvres sociales ; des salaires
aux employés des établissements de gros et de
détail. Sans la vente, tout l'édifice de notre
économie s'effondrerait.
Une grande partie des ventes se font dans les petits magasins.
Au moment du recensement de 1961, il y avait 152,620 magasins
de détail au Canada, dont le chiffre de vente a atteint,
la même année, la somme de 16,073 millions de
dollars.
Certains propriétaires ont de bonnes raisons personnelles
de vouloir demeurer de petits commerçants. Les uns
tiennent avant tout à conserver leur indépendance,
ou encore à ne pas s'astreindre à la discipline
des grandes sociétés ; d'autres estiment
qu'ils ne peuvent satisfaire leurs aspirations et leurs goûts
sans être leurs maîtres. Ces hommes ne demandent
qu'à servir les clients qui entrent en passant dans
leur magasin ou qui y sont attirés par la qualité
des marchandises et du service.
Mais il en est beaucoup qui considèrent la petite
entreprise comme une étape initiale et transitoire.
Marchands ambitieux et enthousiastes, ils étudient
leur clientèle et leur territoire, évaluent
la concurrence, analysent les besoins et les tendances, en
vue toujours de l'expansion. Ils examinent systématiquement
les possibilités et les résultats des techniques
commerciales afin d'augmenter leurs ventes, de réduire
leurs dépenses et de trouver de nouveaux débouchés.
Les fonctions de la direction
Toute vente de marchandises exige une direction, qu'elle
émane de l'administrateur en chef d'une grande compagnie
ou du patron d'un petit magasin. La direction est l'art de
faire faire les choses de façon organisée grâce
aux efforts des autres.
Le directeur commercial doit posséder des qualités
spéciales, qu'il peut cultiver si elles ne sont pas
innées chez lui. La préparation constituant
les neuf dixièmes de sa tâche, il aura tous les
jours du travail à faire après les heures, en
prévision des problèmes du lendemain. Il lui
faudra apprendre à concevoir des idées, à
prévoir et à affronter les orages, à
répartir les tâches, à coordonner les
activités, à surveiller les points de vente
et à analyser les résultats en songeant à
les améliorer. Il devra savoir accepter les responsabilités.
Le directeur des ventes n'a pas à se préoccuper
de tous les détails, mais il a le devoir de connaître
exactement le but qu'il poursuit, comment il s'organise pour
l'atteindre, où il en est dans l'exécution de
son plan et comment, à son avis, il se tire d'affaire.
Il lui incombe de fixer les objectifs, d'élaborer un
programme, d'établir des horaires et de s'attacher
en tout à l'essentiel.
L'organigramme où le directeur commercial occupe
la case supérieure est inutile et sans aucun sens si
ce directeur n'a pas pris soin de placer dans les autres cases
des employés qui travaillent énergiquement et
sciemment pour atteindre l'objectif qu'il a choisi.
Le marché en voie d'expansion
Le facteur de base à considérer est le développement
du nouveau marché de masse, en importance et en pouvoir
d'achat.
La population du Canada a augmenté de près
de huit millions pendant les 25 ans qui se sont écoulés
entre 1938 et 1963. Cela équivaut à la création,
chaque année, d'un nouveau marché presque aussi
grand qu'Edmonton, Hamilton ou Québec.
Les revenus se sont sensiblement élevés. En
1939, le revenu des particuliers se montait à 4,290
millions de dollars ; en 1963, il atteignait 32,771 millions.
D'après les statistiques fiscales, près de 51
p. 100 des salariés canadiens gagnent plus de $5,000
par année. Sur le revenu brut de la totalité
des travailleurs, 27,230 millions de dollars ont été
dépensés en biens de consommation et en services
au cours de 1963, en comparaison de 3,984 millions en 1939.
La commercialisation ou l'organisation de la vente est influencée
non seulement par l'augmentation de la population et du revenu,
mais aussi par la hausse des prix. De 1939 à 1963,
le revenu des particuliers s'est multiplié par huit
environ, alors que les prix, si l'on en croit l'Indice des
prix à la consommation, ont tout juste un peu plus
que doublé. Mais la majorité des gens doivent
toujours s'appliquer à en avoir le plus possible pour
leur argent.
Cela exige plus d'habileté de la part du vendeur
comme de celle de l'acheteur, car le distributeur s'abuse
lui-même s'il ne tient pas compte des problèmes
du consommateur.
Un autre facteur à ne pas négliger, c'est
le changement apporté dans les habitudes d'achat par
l'extension des banlieues. Il s'est créé une
nouvelle demande de biens non périssables et d'articles
dont personne n'avait encore ressenti le besoin, ce qui devait
nécessairement avoir un effet sur les achats de certains
biens périssables. Il se vend beaucoup d'automobiles ;
mais en facilitant les déplacements du consommateur,
la voiture met à sa portée un plus vaste choix
d'endroits pour faire ses emplettes. Par ailleurs, l'intensité
de la circulation dans les grandes villes pousse les consommateurs
à accorder leur clientèle aux centres commerciaux
de banlieue.
La stratégie commerciale
La stratégie commerciale doit marcher de pair avec
ces nouvelles tendances, et cette stratégie intervient
partout, depuis le choix des marchandises dans l'achat en
vrac des stocks jusqu'à l'emballage du plus petit des
articles au comptoir de sortie.
Le marchand doit allier la connaissance des hommes à
celle des techniques. Ce n'est pas avec les calculatrices
que se fait l'adaptation des marchandises à l'évolution
des besoins. Les machines aident tout simplement à
apprécier des situations. Une fois que les cerveaux
électroniques ont traité les chiffres qu'on
y a introduits, le directeur doit analyser et coordonner les
résultats afin d'en mettre la signification en lumière.
Sans doute ces résultats indiqueront-ils au directeur
que des améliorations s'imposent dans divers secteurs
de la vente, ou mieux encore finiront-ils par le convaincre
que l'amélioration suppose un travail continuel et
non pas quelques efforts isolés ou exceptionnels.
Voyez les prix. S'ils sont trop bas, ce sera la ruine de
l'entreprise ; s'ils sont trop élevés,
les ventes seront moins nombreuses ; s'ils sont exactement
au bon niveau, il y aura des bénéfices raisonnables
compte tenu de la rapidité d'écoulement des
stocks. Il n'existe pas de meilleur moyen d'accroître
le volume des ventes que d'offrir aux clients ce qu'ils désirent,
au moment où ils le désirent le plus fortement
et à des prix qui les forcent pour ainsi dire à
acheter.
Mais si le directeur veut réussir à prendre
des décisions sûres au sujet des prix, de la
création de débouchés ou de toute autre
chose, il lui faut un peu plus que les bandes quotidiennes
de ses caisses enregistreuses. S'il tient à agir sur
les résultats, il doit d'abord en connaître les
causes.
Il est généralement admis que l'entreprise
commerciale ne peut résoudre avec succès ses
problèmes de vente sans des données précises
touchant plusieurs aspects de ce que l'on appelle la commercialisation.
Ce sont notamment la population du territoire économique
et le pouvoir d'achat des consommateurs ; les besoins,
les désirs et les habitudes des gens ; l'importance
de la concurrence.
Étude du marché
Le fournisseur de biens ou de services qui recourt à
l'étude du marché n'a rien de commun avec Macbeth
consultant les trois sorcières ou le roi Saül, la pythonisse
d'Endor. L'étude du marché a pour but d'éliminer
les pressentiments, les conjectures et les préventions.
C'est la recherche méthodique des faits et des principes.
Dans son sens large, l'étude du marché consiste
à connaître son produit (sinon, impossible de
savoir quel marché étudier) ; ses ressources
(sans quoi, on ignorera l'ampleur à donner à
ses recherches) ; les besoins des consommateurs (autrement,
comment déterminer le genre de clients que l'on veut
atteindre et attirer). Il se commet beaucoup d'erreurs dans
l'appréciation des classes dont se compose le marché,
et bien des ventes sont manquées parce que les commerçants
se contentent d'un marché restreint.
D'une façon générale, l'étude
du marché contribue au succès des entreprises
de plusieurs manières : en montrant quels sont
les besoins du public, ce qui permettra de stocker les marchandises
voulues ; en indiquant la gamme de prix dans laquelle
se font habituellement les achats, ce qui permet de se procurer
les qualités et les marques nécessaires ;
en réduisant, par voie de conséquence, le gaspillage ;
en créant de nouvelles sources d'affaires grâce
à la découverte de besoins non satisfaits ;
en faisant connaître les tendances de l'industrie et
du commerce et en permettant ainsi de prévoir les changements
éventuels du marché ; en révélant
ce qu'offrent les concurrents.
Malgré les idées archaïques de certains
directeurs, qui prétendent réussir sans se servir
de l'étude du marché, il n'existe pas d'entreprise,
si petite soit-elle, qui puisse se passer de toute recherche
ou étude. Même s'il ne s'agit pas d'une étude
scientifique et bien organisée, le commerçant
qui consulte la page financière des journaux, parcourt
une revue professionnelle et lit les lettres commerciales
des banques et des industriels, fait en réalité
de la recherche.
Mais l'étude ou la recherche commerciale vraiment
efficace est quelque chose de beaucoup moins erratique. C'est
une fonction du personnel supérieur de direction, qui
demande l'emploi de techniques spécialisées
sous l'autorité d'un chef ayant le pouvoir d'en mettre
les enseignements réellement en pratique.
On compte de nombreux organismes compétents, qui
se spécialisent dans l'étude des marchés
moyennant rétribution. Les agences de publicité
revendiquent l'honneur d'avoir fait oeuvre de pionnier dans
ce domaine, et les plus grandes d'entre elles possèdent
d'importants services qui se consacrent à la recherche
et à l'analyse en tant que bases essentielles du succès
des campagnes de vente et de publicité.
Utilisation des résultats
L'observation a appris aux conseillers en commercialisation
qu'une des faiblesses les plus courantes consiste à
négliger de donner suite à la recherche, Trop
souvent, les dirigeants d'entreprise se contentent de lire
des rapports ou des résumés de rapports établis
par des adjoints, puis de les approuver en principe tout en
continuant à faire des affaires à l'ancienne
façon. Le triomphe de l'inertie prive la recherche
de toute valeur.
Un chef d'entreprise, particulièrement dans le domaine
des ventes, ne vaut pas son sel s'il ne pense pas continuellement
à l'avenir. Il est facile de s'excuser en disant que
l'on est ballotté par la vie et le travail quotidien,
et que le flot impétueux des événements
ne nous permet que très rarement d'envisager les choses
de loin. Si l'employé subalterne peut se satisfaire
d'une telle excuse, le directeur de la commercialisation doit
bien se rendre compte du fait que les techniques commerciales
ne sont pas statiques et qu'il lui incombe de prévoir
les changements.
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Documentation sur la vente |
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La vente ne suppose pas seulement des principes, elle exige aussi des connaissances et des techniques. |
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Il n'est pas nécessaire cependant de tout réapprendre par expérience personnelle ou par tâtonnements. Mieux vaut profiter des innombrables possibilités d'utiliser l'expérience des autres et de suivre l'évolution des tendances. Nous ne pouvons pas nous permettre de les négliger, quelle que soit l'importance de notre entreprise. |
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Voici quelques publications à consulter. |
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Tout d'abord, un livre de 190 pages environ, publié par le ministère du Commerce, à Ottawa, en 1963, et intitulé Comment administrer une entreprise. On peut se procurer ce petit volume au prix de $1, à l'Imprimerie nationale, à Hull, et dans toutes les librairies du Gouvernement fédéral. |
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D'excellents ouvrages spécialisés sur la recherche et l'étude commerciales ont été édités, ces dernières années, par les soins des Presses Universitaires de France et de la maison Dunod, à Paris. Citons, pour n'en mentionner que quelques-uns : R. Servoise, L'Étude scientifique des marchés. Market-research (P.U.F., 1944) ; F. Bouquerel, L'Étude des marchés au service des entreprises (P.U.F., 1953-1954, 2 vol.) ; H. A. R. Delens, Les Principes de l'étude du marché (Dunod, 1955) ; M. Michel, Stratégie du marché (P.U.F., 1961) ; Les techniques modernes de la gestion des entreprises par un groupe de spécialistes, sous la direction de H. Hierche (Dunod, 1962). |
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Pour se renseigner sur les tendances et la situation actuelles, on consultera avec profit le Weekly Bulletin du Bureau fédéral de la statistique, à Ottawa. Ce bulletin, qui paraît tous les vendredis, ne coûte que $1 par année. Il suffit pour s'abonner d'indiquer le numéro de catalogue 11-002 et d'envoyer un chèque ou un mandat établi à l'ordre du Receveur général du Canada. |
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Il nous faut savoir quelle heure marque l'horloge économique
et où nous nous trouvons dans le schéma des
cycles, des oscillations et des rythmes. La vie est quelque
chose d'essentiellement cyclique, en ce sens qu'elle se compose
de périodes quotidiennes de travail, de loisir et de
sommeil, de cycles saisonniers qui nous dictent quels vêtements
porter, à quelles distractions nous livrer et quand
prendre nos vacances. Et ces périodes sont bien marquées.
La prospérité isolée n'existe pas dans
le commerce, et nous ne pouvons pas, sans courir à
un échec, fermer les yeux sur ce qui se passe autour
de nous. Que le cycle des affaires tende vers la hausse ou
vers la baisse, le directeur de la commercialisation aura
à répondre à cette double question :
obtenons-nous notre juste part du marché actuel ?
Sommes-nous prêts pour la prochaine reprise des affaires ?
Il n'y a rien de plus important dans une entreprise que
son avenir. Son chef doit évoluer et innover s'il veut
aller de l'avant ; sinon, il se condamne à toujours
combattre à l'arrière-garde.
Le fait de préparer l'avenir ne supprime pas tous
les risques, mais il en réduit le nombre. Il empêche
d'oublier des détails dont il importe de tenir compte
lorsqu'on cherche à accroître les ventes, et
il permet de coordonner et de régler ses actions de
façon à faire porter ses efforts là où
un coup de collier s'impose et où l'amélioration
est possible. C'est le meilleur moyen de ne jamais être
entièrement pris par surprise, même dans une
situation instable.
Tout bon programme de vente suppose un but et un plan d'action.
Il doit comporter un objectif et les moyens à prendre
pour l'atteindre. La bonne volonté et l'effort acharné,
si grands soient-ils, ne sauraient compenser les faiblesses
des programmes et de la stratégie.
La vente
Ce qui compte eu définitive, c'est de vendre. L'unique
but de la mise des produits sur le marché n'est-il
pas d'offrir le plus d'articles possible au consommateur au
coût le plus bas possible ?
Mais vous ne pourrez vendre votre maximum de marchandises
sans avoir de bons vendeurs, des vendeurs formés en
vue de vendre la sorte de produits de votre entreprise, et
ce de la façon la plus compétente et la plus
économique qui soit. L'aptitude du directeur commercial
à réaliser un chiffre de vente satisfaisant
dépend d'abord de son aptitude à choisir, former
et animer une équipe de vendeurs vraiment à
la hauteur.
L'art de la vente, au sens fondamental du mot, consiste
à assurer la distribution d'un produit en persuadant
les clients éventuels qu'ils en ont besoin.
L'avènement du libre service ayant fortement ébranlé
cette conception de la vente, il vaut la peine d'en réexaminer
la valeur. Le libre service a-t-il ôté au marchand
certaines ventes dont auraient pu le faire bénéficier
la présence de commis et le contact personnel ?
Compte-t-il trop sur le pré-conditionnement de la part
du fabricant et du grossiste ?
La révolution ainsi opérée dans le
commerce de détail a abouti dans une large mesure à
l'abandon de l'ancienne méthode de vente genre magasin
général de campagne au profit de celle qui est
maintenant en vogue dans les centres commerciaux. Une importante
partie des affaires du pays se font aujourd'hui dans les supermarchés,
où, nous dit un économiste américain,
« le personnel encaisse l'argent et surveille les voleurs
à l'étalage, sans jamais rien vendre à
personne ».
La revue Fortune a fait une enquête, il y
a quelques années, sur la question de savoir pourquoi
certains magasins avaient connu un chiffre d'affaires croissant
alors que le commerce de détail était dans le
marasme. Dans le compte rendu de ses recherches et de ses
constatations, la rédaction écrivait quelque
temps plus tard : « Il s'est avéré
dans chaque cas que ces magasins étaient précisément
ceux qui se sont appliqués à améliorer
la qualité de leur personnel de vente. »
Le client est sensible à l'attention qu'on lui témoigne.
Il est chimérique de vouloir établir un record
de ventes en se basant sur la distribution automatique. La
plupart des gens toléreront les écarts de prix
et même les défauts de fonctionnement si les
relations avec les clients sont bonnes. La survivance du magasin
de quartier et de la boutique spécialisée est
un témoignage éloquent du rôle que joue
le facteur humain dans le choix du consommateur.
Les employés à la vente doivent connaître
leurs marchandises. Qu'on ne dise pas qu'en lisant l'étiquette
le client en sait autant que le commis sur le produit. La
vente n'est plus un art s'il n'y a pas de vendeur capable
d'assurer l'acheteur que tel article lui convient mieux que
tel autre et de lui expliquer pourquoi. Veillons à
ce que les commis vendeurs ne deviennent pas aussi dépersonnalisés
que les rayonnages du libre service, c'est-à-dire des
nullités sachant tout au plus donner à entendre
au public que la marchandise est là et que c'est à
prendre ou à laisser.
La méthode du tout à l'étalage libère
le vendeur des corvées longues et fastidieuses comme
celle de sortir la marchandise et de la remettre en place.
Mais il doit employer le temps ainsi épargné
pour accorder plus d'attention aux ventes elles-mêmes.
Le rapport de l'enquête faite par Fortune renferme
aussi ce passage : « De nombreux témoignages
indiquent que si on leur (les commis) montrait à vendre
et que si on leur offrait un bon encouragement à vendre,
ils vendraient davantage, serviraient mieux le client et,
par la même occasion, tireraient beaucoup plus de satisfaction
de leur travail. »
Une société qui avait consacré un million
et quart de dollars à la formation de ses distributeurs
voulut contrôler l'efficacité de son initiative.
Elle fit donc publier des annonces identiques pour deux de
ses distributeurs. L'équipe de vendeurs de l'un des
distributeurs avait reçu la formation en question,
tandis que l'autre n'en avait pas bénéficié.
Les annonces attirèrent à peu près le
même afflux de clients dans les deux magasins, mais
l'équipe des vendeurs préalablement formés
réalisa trois ou quatre fois plus de ventes que l'autre.
La réclame, bien épaulée par les employés
à la vente, est l'un des principaux facteurs d'expansion
de la distribution.
Si certains commerçants affectent de mépriser
la publicité, c'est qu'ils n'ont pas su en peser avec
soin tous les avantages. Une grande partie des annonces demeurent
sans effet parce que l'annonceur n'a pas fixer d'objectifs
précis dans l'intérêt à long terme
de son entreprise.
La publicité, sauf de rares exceptions, ne remplace
pas les vendeurs, mais elle attire les clients éventuels
et les prépare à l'action des vendeurs. Voilà
pourquoi il importe d'informer les vendeurs des articles annoncés
et de leur dire à quoi tendent les annonces. Ils pourront
alors rafraîchir leurs connaissances sur les produits
en cause, afin d'être prêts à répondre
aux questions.
Par-dessus tout : inspirer confiance
Il va sans dire que la réussite soutenue dans les
affaires nécessite une amélioration continuelle
du matériel, des méthodes et des produits, de
même que l'exploitation des derniers progrès
accomplis dans le domaine de la direction commerciale. Il
ne faut pas exalter la quantité aux dépens de
la qualité. L'intégrité et l'honorabilité
conservent toujours leur puissance.
Il y a un nombre croissant d'industriels et de détaillants
qui cherchent à asseoir la réputation de leurs
produits et de leurs services sur la basé de ces principes.
Vos marchandises et vos services doivent satisfaire à
certaines normes ou exigences, qu'il importe de faire connaître
aux clients éventuels. Il faut que l'acheteur en vienne
à considérer automatiquement votre établissement
Comme l'endroit qui vend exactement ce qu'il annonce.
Voilà l'art de vendre dans toute la force du mot,
et il porte en soi le gage de son succès.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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