Vol. 41, N° 4 Mai 1960
L'homme et la nature
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Depuis son apparition sur la terre, l'homme
a toujours cherché à subjuguer la nature, à soumettre ses
forces à sa volonté ; mais le moment est venu de modifier
notre conception des droits et des devoirs que comporte le
titre de « roi de la création ». Une nouvelle attitude
se fait jour actuellement, car savants et profanes s'aperçoivent
que, selon le mot de Spinoza, « l'humanité n'est pas
dans la nature comme un empire dans un autre ; elle n'est
pas en dehors, ni au-dessus, mais au-dedans ».
À notre époque où des forces d'une ampleur inimaginable
sèment l'étonnement et l'effroi dans le monde, l'homme doit
abandonner ses idées d'« attaquer » la forêt, de
« dompter » les cours d'eau, de « conquérir »
les montagnes, d'« asservir » les plaines, comme
si la nature était une ennemie, et s'efforcer de profiter
de tous les services qu'elle peut lui rendre en tant qu'alliée.
Il est normal que l'être humain domine les autres créatures,
mais il doit maintenir l'ordre au sein des forces implacables
dont il dérange l'équilibre. Et c'est là une rude tâche. Ne
pas la remplir, c'est marcher vers la ruine, ainsi qu'en témoignent
les vestiges des grandes civilisations passées, ensevelies
par le sable ou la végétation.
L'étude du monde vivant, si enrichissante pour l'esprit,
nous apprend que nous faisons partie d'un tout qui remonte
à l'origine des temps et qui se ramifie de toutes parts jusqu'aux
limites de l'univers. Nous sommes les acteurs d'un immense
drame, où chacun joue à la fois le rôle de cause et d'effet.
Les forces mises en jeu par l'activité des animaux et des
bactéries, par la croissance des plantes et des arbres, influent
sur la vie des autres créatures. Les principes qui régissent
ces relations des êtres vivants entre eux et avec leur milieu
sont contenus dans la science qu'on appelle l'écologie. Cette
science nous montre comment se maintient l'ordre dans le royaume
de la nature.
Le présent Bulletin mensuel traite des ressources
renouvelables, c'est-à-dire des choses indispensables de la
vie. Nos ancêtres vécurent des milliers d'années avant d'apprendre
à se servir du fer, du cuivre, du charbon et du pétrole. Mais
jamais l'homme n'a pu se passer d'eau et d'aliments. Voilà
pourquoi les rapports entre les êtres vivants ont une telle
importance pour nous.
La situation actuelle
Dans ce domaine, ainsi que dans tant d'autres, il semble
bien impossible de continuer à agir au hasard, comme on l'a
fait si longtemps. Il faut désormais faire appel à la science
et suivre ses enseignements sur la conservation de nos richesses
naturelles si nous voulons survivre.
Nous avons au moins trois bonnes raisons de faire l'inventaire
de la situation actuelle et de nous renseigner sur notre milieu
physique : (1) les progrès techniques exigent une quantité
toujours croissante de nos ressources ; (2) l'accroissement
continuel de la population rétrécit de plus en plus notre
espace vital ; (3) nous ne subsisterons que si la nature
peut continuer à produire les choses essentielles de la vie.
Outre les changements provoqués petit à petit par les causes
naturelles, comme le climat, l'action imprévoyante de l'homme,
primitif et civilisé, a causé d'incommensurables massacres
de plantes et d'animaux. C'est la destruction de leur habitat
qui a fait disparaître le saumon du lac Ontario, les troupeaux
de bisons de nos plaines de l'Ouest et les tourtes du ciel
de l'Amérique du Nord. Des forêts entières ont été brûlées ;
l'eau a emporté des tonnes de terre arable ; des déserts
se sont créés ; des rivières ont été polluées. « Nous
avons longtemps violé les petites lois, disait récemment le
professeur A.F. Coventry, à Toronto, et maintenant les grandes
lois commencent à prendre leur revanche. »
L'équilibre de la nature
La nature a ses lois, dont l'application assure l'équilibre
entre les êtres. Si une espèce tend à pulluler outre mesure,
une force quelconque interviendra pour freiner son essor.
Dans la nature laissée à elle-même, il existe une proportion
normale entre le mangé et le mangeur, le chasseur et le chassé,
de sorte que les ressources de la terre ne sont jamais oisives.
La domination apparente de certains animaux ou de certaines
plantes sur les autres cesse dès qu'il se produit un déséquilibre
important.
Mais il n'y a pas d'équilibre sans facteur de réduction.
Les êtres vivants ne demandent qu'à se multiplier. Lorsque
la population d'une région devient trop nombreuse pour les
réserves de nourriture, les bêtes de proie entrent en scène ;
et quand il n'y a presque plus rien à dévorer, ces bêtes vont
chercher leur pâture ailleurs.
Avant de nous étonner de la « cruauté » de la
nature, essayons de comprendre la nécessité qui la presse.
Supposons, par exemple, qu'il n'y ait aucun moyen d'enrayer
la prolifération des bactéries du sol, la plus petite et la
plus simple des créatures vivantes. Alors, dans des conditions
favorables, chaque individu se diviserait en deux, environ
deux fois par heure. Même si cela ne se produisait qu'une
fois par heure, la progéniture engendrée par un seul individu
se chiffrerait à 17 millions par jour, et au bout de six jours,
le tout constituerait une masse plus grosse que la terre.
Songeons aussi aux huîtres qui peuvent pondre 500 millions
d'oeufs prêts à éclore en un seul frai. Si tous ces petits
et tous leurs descendants survivaient, il ne faudrait que
quatre générations pour former un amoncellement d'huîtres
huit fois plus gros que la terre. Heureusement que l'équilibre
que maintient la nature nous préserve des calamités de ce
genre.
Le sol et l'eau
Le bon sol est quelque chose de vivant ; sa conservation
est d'une importance capitale pour les plantes et les animaux.
C'est folie de qualifier l'or, l'argent et certaines pierres
de « précieux » et de dire que la terre est « vile ».
Si elle était aussi rare que les pierres ou les métaux précieux,
nous donnerions volontiers des boisseaux de diamants en échange
des quelques poignées de terre qu'il faut pour faire pousser
une fleur.
Le sol se compose d'abord de particules rocheuses, puis
de la matière organique provenant de la décomposition des
substances animales et végétales, et enfin d'une infinité
de plantes vivantes et d'organismes animaux. Il est fertilisé
par les racines, les insectes, les vers et les bactéries,
et aéré par les galeries qu'y creusent les petits mammifères.
La multitude des êtres vivants qui existent dans le sol
ou à sa surface jouent aussi un rôle fondamental. À la station
agricole de Rothamsted, en Angleterre, on a découvert que
la population invertébrée par acre de terre fertilisée s'élevait
à quinze millions, dont huit millions d'insectes.
L'eau est nécessaire à la mise en valeur du sol, comme elle
l'est d'ailleurs à tous les êtres vivants. Mais l'eau est
essentiellement mobile, et l'action la plus nuisible de l'homme
civilisé contre son milieu a été de troubler le cycle du mouvement
de l'eau. Cette perturbation résulte de la destruction du
couvert végétal qui, elle, entraîne la disparition de la texture
spongieuse de cette chose complexe qu'est le sol de surface,
lequel, estime-t-on, ne se forme qu'à raison d'un pouce par
cinq cents ans.
La rupture du cycle des eaux a anéanti des grandes civilisations
en Mésopotamie, en Afrique du Nord et ailleurs, mais à cause
de l'augmentation en flèche de la population mondiale, nous
faisons face à une nouvelle crise. Jamais encore, au dire
des spécialistes, le cycle hydrologique n'a connu un bouleversement
aussi grave pour l'humanité qu'à l'heure actuelle.
Le gaspillage de l'eau, y compris le fait de la laisser
s'écouler inutilement, ou son emploi excessif dans l'industrie
et les habitations ou pour l'irrigation, peut faire baisser
la nappe aquifère souterraine et tarir les sources d'approvisionnement.
Le principal moyen de conserver et d'accroître nos réserves
en eau consiste à protéger et développer la végétation dans
nos bassins hydrographiques. Ce sont ces aires de drainage
qui alimentent, par écoulement et infiltration, les cours
d'eau souterrains et de surface. Faut-il ajouter que le problème
des bassins hydrographiques est le problème du jour par excellence,
car tout ce qui a trait aux ressources naturelles renouvelables,
la sylviculture, la culture, la chasse et la pêche, est étroitement
lié à la question des eaux.
Les plantes et les arbres
Il est juste de dire que toute chair vient de l'herbe, en
ce sens que les animaux ne peuvent absorber directement les
éléments simples de l'air, de l'eau, du soleil et du sol.
Pour subsister, ils doivent manger de l'herbe ou s'entre-dévorer.
La plante, elle, peut transformer des substances inorganiques
en tissus vivants.
Qui donc pourrait alors nier l'importance de la vie végétative
pour la perpétuation de l'espèce humaine. Sans le merveilleux
travail de fabrication qui s'opère en silence dans la petite
feuille verte, sous l'influence de la chlorophylle, du soleil,
de l'air et de l'humidité, nous serions voués à une mort certaine.
Chaque printemps, l'immense usine de la nature reprend infailliblement
son activité productrice ; elle capte l'énergie solaire
qu'elle transforme en matière vivante après l'avoir combinée
avec l'air, l'eau et les sels minéraux. Des racines, la sève
monte dans la tige et les rameaux, apportant l'eau et la nourriture
à toutes les parties de la plante, puis redescend par les
vaisseaux de l'écorce, enrichie de nouvelles substances nutritives
élaborées par les feuilles.
Les forêts sont de vastes étendues d'arbres, d'arbustes
ou autres formes de végétation. Bien que les arbres couvrent
plus de 40 p.100 de leur territoire, les Canadiens se rendent
compte aujourd'hui de la nécessité de protéger et d'augmenter
leurs ressources forestières.
Dans la plupart des pays industrialisés, l'histoire de la
forêt présente les trois mêmes étapes. On l'exploite d'abord
presque toujours à outrance, puis on est obligé d'importer
le bois nécessaire, enfin on s'efforce de reboiser dans la
mesure du possible.
La violation de cette loi de la nature qui établit que la
forêt est indispensable constitue l'un des exemples les plus
tragiques de l'aberration humaine à l'égard de l'ordre si
merveilleux qui règne dans le monde. Mais nous aurions tort
de rejeter sur les pionniers toute la responsabilité de cet
état de choses. En effet, ceux-ci pensaient bien faire et,
après tout, s'ils ont rendu certaines régions arides par un
déboisement inconsidéré et s'ils ont défriché inutilement
des terrains peu productifs, ils ont chèrement payé leurs
méprises, parce que la pauvreté et le découragement sont devenus
leur partage. Mais c'est à nous qui possédons des connaissances
plus étendues sur l'interdépendance de l'homme et de la nature,
qu'il incombe de réparer les dégâts et de prendre les mesures
nécessaires pour éviter la répétition d'une pareille tragédie.
L'importance du milieu physique
Qu'entend-on par milieu physique ? Tous les
facteurs, naturels et artificiels, qui influent sur le développement
des êtres vivants.
La vie est intimement liée au milieu ambiant. Les créatures
cherchent naturellement l'habitat qui leur convient, mais
chaque être existe dans un lieu et dans des conditions bien
déterminés. Quant à nous, êtres humains, notre plus grande
richesse psychologique, c'est d'avoir foi dans le milieu où
nous vivons.
Les possibilités et les ressources d'une région, terrestre
ou maritime, demeurent toujours assujetties aux caprices de
la nature, aussi bien qu'aux fantaisies et aux abus de l'homme.
Les changements ainsi créés rendent parfois l'existence
des êtres assez précaire. Les créatures habitant une certaine
région peuvent bien donner l'illusion d'avoir une existence
stable, mais notre milieu n'est pas du tout une châsse de
musée qui nous tiendrait en permanence à l'écart de la nature.
De fait, il se passe continuellement quelque chose, et il
suffit parfois d'un petit changement pour qu'un groupe ou
même toute une espèce d'êtres vivants disparaissent de notre
planète.
Qui dira jamais le nombre des espèces qui se sont éteintes
au cours des âges pour n'avoir pu s'adapter à leur milieu ?
George L. Clarke, de l'Université Harvard et du Woods Hole
Oceanographic Institution, prétend dans son ouvrage intitulé
Elements of Ecology qu'environ 21,000 vertébrés sont
ainsi disparus et qu'un nombre encore plus grand de plantes
ont eu le même sort.
Aujourd'hui, le genre humain se doit de faire un usage plus
judicieux des ressources à sa disposition et d'administrer
ce qui lui reste d'une façon plus constructive, s'il veut
survivre. Voyons plutôt ce qui se passe dans la forêt, où
les chênes deviennent si gros que leurs propres sauvageons
ne peuvent pousser à leur ombre. Les forêts de chênes disparaissent
pour céder la place à des essences qui ne craignent pas l'ombre,
comme le hêtre, l'érable et la pruche. Ainsi, tant que le
climat actuel se maintiendra, nos forêts continueront de produire
ces trois essences, parce que les jeunes arbres peuvent pousser
à l'ombre des vieux.
Le fait de l'homme
L'homme, il va sans dire, représente la forme la plus noble
de la vie sur la terre. Mais n'est-il pas étrange de constater
que les autres formes de la vie ont une tendance à décliner
dès que l'homme prend possession d'un coin de la planète ?
C'est que l'homme civilisé a un trop grand penchant à dissiper
les biens que lui prodigue la nature avec tant d'abondance.
Les éléments n'ont plus pour nous la même utilité quand nous
nous efforçons de les faire servir exclusivement à nos propres
fins. C'est cette constatation que l'écrivain belge Maurice
Maeterlinck exprimait en ces termes : « Tout semble
indiquer que l'homme, même s'il a été la dernière créature
à faire son apparition sur la terre, sera le premier à disparaître. »
Grâce à son intelligence, l'homme s'est pour ainsi dire
affranchi du joug de la nature. Il s'est en quelque sorte
amusé à jouer avec les manettes d'une machine dont il ne connaissait
pas tous les secrets et l'utilité. Il lui faut maintenant
- et ce n'est pas toujours tâche facile - laisser la nature
réparer les dommages qu'il a causés.
En raison des dangers auxquels notre ignorance nous expose,
nous devons chercher à nous renseigner encore bien davantage
sur la nature, au lieu de nous contenter de ce que nous savons
présentement. Même nos meilleures intentions peuvent nous
conduire au désastre, comme le prouve la lamentable expérience
tentée dans la forêt Kaibab, au nord du Grand Canyon, où dans
le louable dessein d'augmenter le nombre des chevreuils, les
autorités détruisirent force jaguars, coyotes, loups et autres
carnassiers, ce qui permit aux chevreuils d'atteindre le nombre
de 100,000, de 4,000 qu'ils étaient quatorze ans auparavant.
Le sol étant incapable de produire assez de nourriture pour
tant de bêtes, la famine fit périr en deux ans 60 p. 100 de
cet immense troupeau.
La chasse et la pêche sont maintenant considérées, par la
plupart des gens, comme de simples sports. Mais là encore
il y en a qui n'ont guère de véritable esprit sportif et qui
tuent pour le plaisir de tuer.
Le véritable sportsman, c'est celui qui aime assez la nature
pour observer les lois qui protègent le gibier.
Un des résultats les plus révoltants des progrès industriels
de l'homme est la pollution des cours d'eau, qui est la cause
de la disparition du poisson et de presque tout ce qui a vie,
à l'exception des microbes nocifs.
La pêche, qu'on la pratique dans un lac, un étang ou une
rivière, constitue un de nos meilleurs divertissements. Mais
hélas ! nos cours d'eau sont remplis de déchets de toutes
sortes, fruits de la civilisation, et nos lacs ne valent guère
mieux. On ne peut en boire l'eau, et il est dangereux de s'y
baigner ; même les plantes qui sont censées purifier
l'eau ne peuvent survivre dans ce milieu pollué. Disons cependant
que certaines municipalités s'efforcent de remédier à cet
état de choses déplorable. De fait, plusieurs compagnies maritimes
ont été poursuivies pour avoir jeté de l'huile dans nos cours
d'eau, et Terre-Neuve interdit même à tous les bateaux de
jeter de l'huile à la mer dans un secteur qui s'étend à 50
milles de sa côte est.
Et maintenant on nous parle de retombées radioactives !
Les savants ne sont pas tous d'accord sur leurs effets, mais
il semble bien qu'il faudra à l'avenir compter avec elles
comme avec tant d'autres choses.
Or, c'est précisément en raison de cette sorte d'inquiétude
générale que la première conférence sur la conservation de
nos ressources va avoir lieu au Canada l'an prochain. Elle
aura pour thème : « Nos ressources de demain ».
Comment se renseigner
Il est vraiment dommage d'avoir l'avantage de pouvoir voyager
et de ne pas voir le paysage, étant donné que le contact avec
la nature constitue une partie essentielle des agréments de
la vie.
Il est facile de se renseigner sur la nature en lisant des
livres ou en regardant des programmes de télévision. Mais
ce n'est pas suffisant. On voudra ensuite aller faire un tour
dans les bois et contempler leurs beautés.
Les feuilles mortes qui tombent sur le sol depuis des siècles
nous y ont préparé un tapis moelleux, richement décoré de
fleurs magnifiques. Dans les arbres les oiseaux font retentir
leurs chants et les écureuils prennent leurs ébats en bandes
joyeuses, pendant qu'à nos pieds les fourmis s'occupent à
mille travaux divers.
Ces enfants de la nature sont des êtres simples et sans
malice ; chacun d'eux possède un charme qui lui est propre.
C'est à les regarder qu'on se rend compte que le mystère de
la vie n'est pas un problème à résoudre, mais une merveille
qu'il faut admirer et respecter.
Les biologistes savent que l'équilibre dans la nature est
une chose indispensable, et ils en connaissent toutes les
techniques, mais seule l'opinion publique formée au contact
de cette même nature peut prendre les mesures efficaces. Il
n'existe en ce monde aucune force automatique capable de faire
agir un être humain contre sa volonté. Ce dont nous avons
besoin, c'est d'un nouveau credo, celui d'une « fidélité
inébranlable aux différentes manifestations de la vie »,
ainsi qu'une nouvelle détermination, celle de nous efforcer
de bien faire.
Il s'agit essentiellement d'un problème d'éducation et non
d'un simple problème d'arithmétique. Ce problème s'adresse
à ceux qui ont véritablement une âme de dirigeant, à tous
ceux qui s'intéressent plus à l'avenir de l'humanité qu'à
leurs loisirs, à leurs affaires ou aux prochaines élections.
Depuis que le monde est monde, les créatures vivantes ont
été obligées de lutter pour survivre et s'acclimater. Chaque
créature est en somme le centre de son propre petit univers,
mais elle ne peut s'empêcher d'avoir des rapports avec les
autres êtres qui l'entourent. Il s'agit donc, ni plus ni moins,
d'assurer la conservation de notre espèce en rétablissant
et en maintenant son milieu essentiel.
Comme nous le disions au début, la nature est un grand tout,
dont nous faisons partie intégrante. Une maxime orientale
affirme que : « Pour survivre, tous les hommes doivent
s'entr'aider ». Et dans la natures l'homme est lié à
ses frères inférieurs. Il ne peut se désintéresser de leur
sort.
Si nous tenons à conserver notre présent mode de vie, nous
devons nous accommoder avec ce qui subsiste de la forêt, du
sol, de l'eau et de la vie sauvage à l'état naturel, et ce
aux conditions dictées par la nature et non par nous. Si la
nature a des siècles pour réparer ses erreurs ou ses hécatombes,
l'homme dont la vie est brève doit agir avec prudence s'il
ne veut pas devenir la victime de ses propres méfaits.
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