Vol. 40, N° 4 Mai 1959
Conservation et utilisation
de nos espaces libres
Formatage PDF
La conservation est d'un intérêt vital pour
tout le monde. Pour les cultivateurs, les pêcheurs et trappeurs
commerciaux, elle revêt un caractère pécuniaire, car leur
gagne-pain dépend de la conservation du sol, du poisson et
du gibier. Pour d'autres, la vie au grand air est une question
de santé. Pour tous, la conservation consiste à protéger nos
parcs, nos forêts, nos montagnes et nos cours d'eau.
Cette protection assure la conservation des ressources essentielles
à l'existence des hommes et des animaux. La nature qui nous
entoure influe à tel point sur notre survivance qu'il importe
de la respecter.
Il faut y songer plus que jamais, car à notre époque la
machine tend à effacer graduellement toute trace de nature
sauvage.
L'exploitation des ressources naturelles est d'origine assez
récente sur notre continent, mais elle a déjà donné lieu à
un gaspillage et à un pillage effroyables. Des espèces entières
d'animaux ont été exterminées ou réduites à tel point que
leur survivance est douteuse. La hache et le feu ont fait
disparaître d'immenses forêts. Les pâturages intensifs ont
épuisé bien des prairies. L'érosion a détruit la riche surface
du sol.
Il y a cent ans à peine, bien peu d'oiseaux ou de mammifères
étaient menacés d'extinction et notre terre était encore fertile.
Suivirent alors ce qu'on a appelé les « soixante terribles
années ». Les laboureurs défoncèrent le sol sans se préoccuper
de savoir s'il garderait sa fertilité. On chassa le bison
pour en vendre la peau. Les belles plumes des oiseaux servirent
à orner le chapeau des coquettes. L'abatage des arbres qui
ombrageaient les rives et la pollution de l'eau par les déchets
et les ordures entraînèrent la disparition de bien des poissons.
Par notre cupidité, nous avons abusé des biens de la nature
au détriment de nos meilleurs intérêts. Ayant enfin reconnu
que tout s'enchaîne dans la nature, nous nous rendons compte
aujourd'hui que nous avons gravement porté atteinte aux services
qu'elle est appelée à nous rendre en exigeant d'elle plus
que le nécessitaient nos besoins immédiats.
Nous revenons lentement au bon sens, mais il subsiste encore
en nous de fausses conceptions. Ayant délimité certaines régions
sauvages, nous les « améliorons » au point d'en
exclure tout aspect agreste. Nous dépensons en prodigues afin
d'assurer notre confort plus que ne peuvent se le permettre
bien d'autres pays, mais nous détruisons par le fait même
la base même du confort et de la vie.
Nos richesses ne sont pas inépuisables
Dans la nature, ce qui est détruit n'est pas remplaçable.
La prévoyance nous enseigne qu'il faut maintenir l'équilibre
entre la nature et les exigences de l'industrie.
La conservation assure cet équilibre, car elle consiste
dans l'emploi ordonné et judicieux des ressources naturelles
dont il importe de maintenir la qualité, la quantité et la
disponibilité au cours des années. Elle intéresse donc chacun
d'entre nous et non uniquement les gardes forestiers et les
gardes-chasses.
Notre faune n'étant pas inépuisable, il faut évidemment
empêcher ceux qui, par ignorance, folie ou cupidité, l'exterminent
pour satisfaire leurs désirs au détriment du reste de la population.
Dans ce dernier cas, il faut recourir à la loi et l'appliquer
sans merci.
L'Ontario s'en est aperçu en 1821 quand il a adopté une
loi « d'urgence » sur la protection du poisson et
du gibier, mais ce n'est qu'en 1890 qu'une commission royale
fut chargée de faire le recensement de la faune.
Autrefois, le saumon de l'Atlantique abondait dans le lac
Ontario et frayait jusque dans les rivières Don, Humber et
Credit. En 1897, il n'y en avait plus. Les tourtres, qu'on
abattait par millions, et les dindons sauvages, étaient déjà
en voie de disparaître. On chercha trop tard à assurer leur
survivance. La dernière tourtre mourut en 1914.
Depuis trente ans, heureusement, les gouvernements, l'industrie
et le public savent jusqu'à quel point il importe de protéger
notre faune et notre flore. Des associations régionales, provinciales
et fédérales se consacrent à la protection et à l'amélioration
des terres, eaux et forêts et à la multiplication du gibier
et du poisson.
L'ambition qui pousse le propriétaire à améliorer les abords
de sa maison en semant du gazon et des fleurs et en plantant
des arbustes et des arbres anime maintenant les autorités,
mais en plus grand.
Si nous ne faisons pas partie des associations qui se dévouent
à cette mission, renseignons-nous du moins sur les problèmes
et les nécessités de la conservation.
Nécessité des espaces libres
Afin de survivre aux forces hostiles qui l'entourent, l'homme
ne doit pas se contenter de la nourriture, du vêtement et
d'un toit sur la tête : il lui faut vivre en société,
tout en conservant son individualité. Il doit pouvoir communier
avec la nature, telle que Dieu l'a conçue, en passant quelques
heures loin des bruits de la ville. L'air pur des espaces
libres est salutaire à notre santé. Au sein de la nature,
nous retrouvons le calme, l'oubli de nos soucis et l'inspiration
qui naît du repos.
C'est cette inspiration qui nous incite à raconter ce que
nous avons vu dans les bois : les rayons du soleil qui
filtrent à travers les feuilles ; le ruisseau qui cascade
sur les cailloux ; la mousse veloutée sur les troncs
d'arbres morts ; l'eau de source qu'on boit dans le creux
de la main ; les trilliums et les violettes dans les
sous-bois ; les écureuils gambadant sur les aiguilles
de pins ; la fauvette des hales saluant le printemps.
C'est ainsi qu'en protégeant tout ce qui pousse et tout
ce qui vit dans la nature laissée à elle-même, l'homme en
tire son profit et son plaisir.
En demeurant confinés dans les villes, entre les quatre
murs d'une maison, d'une boutique ou d'un bureau, nous perdons
l'occasion de voir et de sentir le miracle de la vie qui croit,
la beauté qui nous entoure, ce spectacle grandiose qui faisait
dire à Lamartine :
 |
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ? |
 |
Notre patrimoine
Nos montagnes et nos plaines, nos rivières et nos lacs constituent
notre premier héritage ; à nous de le conserver et d'empêcher
les autres de le dilapider.
Les visiteurs du vieux continent constatent que nous ne
respectons pas autant qu'eux les sites naturels du pays. Est-ce
peut-être à cause de vieilles légendes propres à certaines
régions ? En Irlande, par exemple, personne n'oserait
pénétrer dans un « rond de fées » (dessiné sur l'herbe
par des champignons) ou abattre « l'arbre solitaire »
dans la lande. Ces superstitions ont leur bon côté, car elles
permettent aux petites bêtes et aux fleurs sauvages de vivre
et de pousser en paix.
On ne croit plus aux fées ni aux farfadets, mais si ces
êtres fantastiques ont pu persuader les humains, par des promesses
ou des menaces, de ne pas troubler la tranquillité des lieux
qu'ils habitent, c'est à se demander si ces légendes n'ont
pas contribué à sauvegarder du pillage certaines régions agrestes.
En dehors des légendes, il nous faut avoir l'esprit de conservation,
en arrêtant l'abatage sans merci de nos forêts et en empêchant
ceux qui ne pensent qu'au confort de gâter nos plus beaux
paysages.
Dans bien des cas, en effet, on détruit le cachet de la
campagne en voulant la rendre plus accessible aux touristes.
Prenons, par exemple, l'étang rendu fameux par Thoreau dans
son livre Walden ou la Vie dans les Bois. Les quatre
familles qui possédaient le terrain environnant l'ont légué
à l'État du Massachusetts afin de le sauvegarder pour la postérité.
Or, aujourd'hui, au lieu de l'étang paisible de Thoreau, on
y a aménagé une plage publique et, de l'autre côté de la route,
se trouvent un parc de roulottes et des restaurants de saucisses
chaudes et de frites. Il faut un grand effort d'imagination
pour se figurer ce que devait être la solitude de Walden.
Même dans les parcs nationaux, on ne cesse de réclamer des
routes, des chalets et des auberges. C'est le cas du parc
de Yellowstone, aux États-Unis. L'intention première était
de conserver l'état naturel de ce parc, mais on n'a pas cessé
depuis de percer de nombreuses routes, d'aménager des lieux
de stationnement et de construire des chalets en grand nombre,
ce qui a fait dire à un rédacteur de Vital Issues :
« À Yellowstone, certains endroits ressemblent plutôt
à des parcs d'attractions ».
Par contre, dans le cas du parc Algonquin, la province d'Ontario
a décidé de ne tolérer les hôtelleries et les attractions
qu'en bordure du parc et d'en laisser le territoire lui-même
à son état naturel.
Centres de vacances
À mesure que les villes empiètent sur la campagne, il devient
de plus en plus impérieux de protéger les beautés naturelles
des lieux propices au repos, durant le temps des vacances.
Le besoin de se récréer est nécessaire aux gens âgés comme
aux jeunes. Nietzsche n'a-t-il pas dit : « Tout
homme a en lui un enfant qui veut jouer ».
Voici ce qu'écrit Jean-Bernard Perrin dans le numéro hors
série sur L'habitation, que vient de publier Science
et Vie :
« Les grandes concentrations urbaines ont non seulement
modifié les habitudes et le rythme de vie, mais elles ont
entraîné de graves inconvénients pour la santé des citadins...
Or, il apparaît que les masses vertes et plantées agissent
comme une succession de filtres et d'écrans vis-à-vis des
gaz, des poussières ou des microbes et qu'elles favorisent
la détente physique et psychique.
La possibilité de se détendre ou de se récréer dans un cadre
de verdure suppose que chaque famille puisse trouver à 4 ou
5 minutes de chez elle un jardin d'enfants et de repos ;
à 10 minutes ou un quart d'heure un parc de plusieurs actes
avec terrains de sports, puis à une distance variable, mais
toujours aisément accessible, des bois et des pelouses de
caractère rustique, enfin, tout à fait en dehors de la ville,
de vastes régions qui auront gardé le charme de la nature. »
Les Canadiens ont le bonheur de posséder des centres de
villégiature aussi variés que nombreux. Ils n'ont que l'embarras
du choix, que ce soit au bord de la mer, le long des rivières
et des lacs, dans les montagnes ou dans la plaine. Il y a
les pentes de ski en hiver, les ruisseaux où l'on pêche la
truite au printemps, le sable chaud des plages en été, les
forêts flamboyantes de couleurs à l'automne.
La leçon de la nature
Des jours passés dans les parcs nous emportons non seulement
des souvenirs agréables mais aussi un bagage de connaissances,
car la nature est un grand livre ouvert. Chaque plante, chaque
animal est une leçon de choses en même temps qu'un spectacle
reposant que le regard absorbe sans que l'esprit s'interroge
sur les propriétés de la matière vivante que même les plus
grands biologistes n'ont pas encore complètement approfondies.
Pour les profanes, il suffit d'admirer la beauté des choses
et des êtres.
Une connaissance rudimentaire de la nature doit faire partie
de la formation des enfants ; non pas une connaissance
acquise dans les manuels ou au moyen d'expériences de laboratoire,
mais plutôt celle qui provient du contact intime avec le monde
naturel.
La vie au grand air les met au courant des problèmes biologiques
que l'homme doit résoudre afin de survivre dans un monde où
la nature a toujours le dernier mot. Ce contact nous force
à surmonter des craintes irraisonnées, puisque c'est l'inconnu
qui nous effraie le plus.
Quelle sorte d'espaces libres ?
Les espaces libres dont nous avons besoin s'étendent des
vastes territoires de milliers de milles carrés de superficie
jusqu'aux petits terrains de pique-nique, pourvus d'une ou
deux tables, que l'on trouve en bordure des routes.
Au Canada, le nom de parc est donné à des régions
remarquables par la beauté de leurs sites ou par leurs curiosités
naturelles. Ce sont des réserves où sont entièrement protégées
la flore et la faune originales. « Ces parcs, comme il
est dit dans une brochure officielle, sont dédiés au peuple
canadien pour son avantage, son éducation et son plaisir et
ils doivent être conservés intacts pour que les générations
futures puissent encore en jouir ».
C'est la découverte de sources thermales sulfureuses, près
de Banff, qui incita le gouvernement fédéral à établir le
premier parc national canadien, en 1885. Aujourd'hui, l'État
possède trente parcs nationaux d'une superficie totale de
plus de 29,000 milles carrés.
Le dernier en date est le parc Terra-Nova, dans la baie
de Bonavista, sur l'île de Terre-Neuve. Sa superficie est
de 156 milles carrés. Chaque parc a son cachet personnel.
Quelques-uns sont plutôt des lieux historiques, surtout des
forts qui remontent au régime français, tels le fort Beauséjour,
la forteresse de Louisbourg, le fort Chambly et Port-Royal,
premier fort bâti en 1605 par Champlain. Le public peut y
visiter l'Habitation où Champlain fonda l'Ordre de Bon Temps,
il y a 350 ans.
Dans les parcs nationaux, 756,000 ombres (salmonidés) et
14,000 livres de truites ont été élevés, au cours des dernières
années, afin d'alimenter les eaux des lacs et rivières.
Aux parcs nationaux viennent s'ajouter les pares établis
par la plupart des provinces. Les principaux parcs de la province
de Québec sont ceux des Laurentides, du Mont Tremblant, de
la Gaspésie, du Mont Orford, de La Vérendrye, de Chibougamau
et de Mistassini.
La superficie totale des parcs provinciaux est de 59,516
milles carrés, tandis que l'étendue des réserves forestières
des provinces est de 210,240 milles carrés.
En Ontario, le parc provincial le plus fréquenté est le
parc Algonquin, à 175 milles de Toronto. C'est une contrée
sauvage de 2,740 milles carrés où abonde la faune la plus
variée, car la chasse est interdite, mais où les amateurs
de pêche peuvent se livrer à leur sport favori.
Depuis plus de vingt ans, la Fédération des naturalistes
de l'Ontario y possède un camp d'été où l'on conseille ceux
qui s'intéressent à l'histoire naturelle ou désirent prendre
des photos d'animaux dans leur habitat.
Dans les villes
Pour ceux qui n'ont pas d'automobile ou ne sont pas assez
riches pour passer leurs vacances dans les parcs nationaux
et provinciaux, il faut des parcs municipaux.
Les villes prévoyantes, qui songent au bien-être et à l'hygiène
des citoyens, se font un point d'honneur de maintenir leurs
parcs et espaces libres.
Dans Technique de l'urbanisme (Collection « Que
sais-je ? », 1953), Robert Auxelle dit à ce propos :
« L'utilité des espaces libres est attestée par une tradition
millénaire : de l'agora ou du forum antique à l'actuelle
place de l'église ou de la mairie, l'activité communale n'a
pas cessé de graviter autour de ce centre attractif. À défaut
de bâtiments appropriés, ces places servent dans les bourgs
et les petites villes, de lieux de réunions ou d'échanges
commerciaux de plein air. Cadre autour duquel se groupent
les édifices et services publies, elles ont été de plus un
des principaux éléments de l'art urbain.
Dans les grandes villes modernes, où cette fonction quasi
administrative subsiste seule, le rôle des espaces libres
est beaucoup plus restreint. Ils se sont souvent transformés
en espaces verts ou plantés, encore amoindris par les voies
de circulation. Disons donc que la conjoncture actuelle tend
à les maintenir dans les petites et moyennes agglomérations
et à les réduire dans les grandes.
Bien au contraire, l'importance des espaces verts ou plantés
grandit chaque jour dans la cité moderne. Ne sont-ils pas
les seuls à lutter contre les dangers de la civilisation mécanique
et, par le milieu qu'ils recréent, n'exercent-ils pas une
bienfaisante influence tant sur les villes que sur leurs habitants ? »
Ainsi la ville de Montréal compte un immense parc (le parc
Lafontaine) sur lequel elle veille jalousement afin de le
conserver dans son entier et dont elle est très fière.
Mais, tout inconcevable que cela puisse paraître, chaque
génération nouvelle se voit en face du problème des espaces
libres et des parcs comme s'il s'agissait d'une question sans
précédent. Par contre, le vieux continent envisage l'urbanisme
comme étant l'unique moyen de conserver la beauté des villes,
en se gardant bien d'obstruer les belles perspectives par
des immeubles de mauvais goût.
Aujourd'hui, bien des municipalités grandissent sans penser
au lendemain, à tel point que la construction aboutit à un
entassement et à un enchevêtrement qui étouffent les places
publiques.
Quel est l'idéal ?
À quoi faut-il donc aspirer ? La solution idéale serait
de mettre à la disposition de toutes les familles un parc
suffisamment grand pour des excursions qui prendraient toute
la journée et dans lequel il y aurait une partie boisée, des
endroits où les fleurs sauvages pousseraient en toute liberté,
un ruisseau d'eau claire et un bel étang. Voilà ce qui favorise
un véritable contact avec la nature. Voilà qui est bien différent
des cours de récréation, des terrains de jeux, des lots vacants
et des plages encombrées.
Ces emplacements, qui font la joie des enfants dont les
parents doivent forcément demeurer en ville, devraient être
protégés par quelque recours légal. Malheureusement, certains
conseils municipaux abrogent parfois les règlements qui protégeaient
ces terrains de jeux pour y permettre l'installation de sous-centrales
électriques, d'usines de filtration, de pares de stationnement.
Tout en tenant compte des besoins actuels, il faut aussi songer
à la santé et au bonheur des générations futures.
Telle est la vision qui a inspiré les fondateurs du Jardin
botanique de Montréal et de l'Association des jeunes naturalistes.
Les promenades dans ce Jardin ou sur le Mont-Royal, sous la
direction de botanistes, permettent aux jeunes de s'instruire
sur notre flore tout en respirant le grand air.
La grande raison
Pourquoi dépense-t-on autant d'argent et d'efforts pour
conserver nos espaces libres et aménager des parcs ?
C'est afin d'assurer la survivance de notre flore et de notre
faune et surtout parce que notre existence même en dépend.
En effet, la protection des arbres qui poussent dans le
voisinage de nos bassins hydrographiques assure le maintien
des nappes d'eau dont la captation, l'accumulation et la canalisation
sont essentielles à la vie humaine.
Nous admirons une fleur pour sa beauté, mais sans eau elle
s'étiolerait.
L'affinité entre les êtres humains et les plantes est plus
étroite qu'on se l'imagine. Chez l'homme, chaque molécule
d'hémoglobine est un atome de fer ; chez la plante, la
chlorophylle est un atome de magnésium. Sans l'eau du sol
et sans l'énergie du soleil, ni l'un ni l'autre ne pourrait
vivre.
Aujourd'hui, il faut que l'humanité règle l'emploi de ses
ressources naturelles et protège son patrimoine national avec
plus de sagesse et plus de clairvoyance. Cette leçon nous
l'avons enfin apprise. Citons à ce sujet un extrait de l'Encyclopédie
pour tous, Paris, Reflets du monde, 1958 :
« Quand les premiers colons arrivèrent au Canada, ils
ne virent qu'une immense forêt, et c'est aux arbres qu'ils
durent s'attaquer d'abord pour pouvoir cultiver le « petit
coin de terre » qui leur permettrait de vivre. Aux conquêtes
successives des pionniers sur la forêt et à celles de leurs
descendants, on doit les grandes étendues de terre labourables
qui couvrent maintenant le sud du Québec et de l'Ontario.
On ne s'attaque plus maintenant à la forêt mais on la soigne
et l'on veille à sa conservation, car d'adversaire qu'elle
était autrefois elle est devenue pour le citadin un cadre
enchanteur où il se retrempe et se délasse et est pour tous
les Canadiens la source d'une de leurs principales richesses. »
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
Also available in English.
[ Retour à
la page d'accueil du Bulletin RBC ]
|