Vol. 39, N° 5 Mai 1958
La discipline dans
la vie
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L'une des choses les plus nécessaires aux
jeunes gens qui sortent de l'université ou du collège pour
se lancer dans la vie est, sans contredit, la discipline.
Nous devons savoir ce qu'est la discipline, car sans elle
il est absolument impossible de s'entendre avec ses semblables.
Au terme de nos études, nous sommes devenus des personnes
auxquelles leur position au sein d'une collectivité confère
des droits et impose des devoirs.
Certains actes sont commandés ou interdits par l'opinion
générale de l'humanité. La discipline de la loi est la protection
de l'homme de bien contre les actions injustes des autres
hommes. Dans la vie, beaucoup d'autres domaines sont soumis
à des règles acceptées d'un commun accord pour permettre aux
gens de travailler et de jouer ensemble : tels sont,
par exemple, la rigidité des cases et des coups dans le jeu
d'échecs, les règlements des unions ouvrières, les statuts
des sociétés et les codes de la route.
Nous sommes troublés aujourd'hui parce que les disciplines
auxquelles nous nous sommes habitués au cours des siècles
entrent en conflit avec de nouvelles coutumes dans une société
en évolution. Le monde traverse une période confuse, où bien
des gens ont oublié ou jeté par-dessus bord les anciennes
normes sans en acquérir de nouvelles. Nous risquons de nous
trouver brusquement dégagés de nos amarres à l'égard du mariage,
de l'économie, de la politique, du gouvernement, de la liberté,
de la démocratie et d'une foule d'autres choses que nous chérissons.
Cela se produit à une époque où nous avons atteint une certitude
matérielle telle que nous n'en avons jamais connue auparavant.
Sa Majesté la Reine disait dans son message de Noël à la radio :
« Ce ne sont pas les nouvelles inventions qui soulèvent
un problème. La difficulté provient des gens irréfléchis qui
rejettent avec insouciance les idéaux éternels comme on abandonne
des machines vieillies et démodées. »
La discipline de la nature
Quiconque a étudié les mathématiques, la physique et la
chimie est au courant des systèmes et des disciplines de la
nature. Il sait qu'une feuille, une goutte d'eau, un cristal,
un instant, tout se rattache à la perfection de l'univers
et en fait partie. La nature est une discipline. Comme le
dit Confucius : « l'ordre est l'unique loi du ciel ».
Ce que nous admirons comme une manifestation d'ordre et
de beauté dans la forme définitive des phénomènes naturels
est le résultat de la discipline harmonieuse qui en régit
la réalisation, tels le flux et le reflux des marées, la systole
et la diastole de notre coeur. Sans ces mouvements disciplinés,
nulle croissance, nulle oeuvre, nulle pensée, rien ne serait
possible.
N'allons pas croire cependant que discipline est synonyme
de fixité. L'aspect des vagues nous plaît par l'alternance
cadencée des teintes claires et sombres, des creux et des
crêtes, mais nous savons que, si on l'examine de près, chaque
vague révèle des différences qui ne se reproduiront jamais
exactement de la même manière. La nature n'est pas rigide
au point de ne laisser aucune latitude aux diverses créatures
qui la composent.
L'un des avantages qu'il y a à procéder avec ordre et méthode
dans la vie est que cela nous permet de tirer le meilleur
parti possible des choses avec le minimum d'effort. Il y a
2,300 ans, un écrivain athénien citait comme un exemple de
désordre le cas d'un agriculteur qui jetait l'orge, le blé
et les pois tous ensemble dans son grenier et qui ensuite,
lorsqu'il voulait faire du pain d'orge ou de blé, ou de la
soupe aux pois, devait trier ses céréales grain par grain
faute de les avoir entassées séparément.
La discipline sociale
Comme la nature, la société a sa discipline, qui est en
quelque sorte le mode de comportement uniformisé des divers
groupes sociaux.
La discipline de la société peut se concevoir comme une
chose qu'il faut posséder à fond pour atteindre à la maturité.
La société a certaines exigences générales, qui sont la base
sur laquelle les citoyens doivent s'appuyer pour pouvoir collaborer
et régler leur activité.
Il est évident que la société ne peut subsister qu'à certaines
conditions. Les nouveaux venus, comme les jeunes gens qui
sortent de l'adolescence et commencent à voler de leurs propres
ailes, doivent apprendre et maintenir les pratiques et les
règles de la société. De même que dans une classe les élèves
font ce que l'on attend d'eux et que le maître exerce les
fonctions qui lui sont propres, de même sur un plan beaucoup
plus vaste des personnes différentes remplissent des tâches
diverses, mais toutes doivent agir dans les limites d'une
discipline qui assure le bon ordre dans la société.
Il y a peu de niveaux sociaux bien établis au Canada. Chacun
trouve la place qui lui convient dans l'édifice social, suivant
ses capacités et son énergie. En s'efforçant d'atteindre son
idéal, cependant, il ne faut jamais oublier que les coutumes
et les lois ne sont pas des obstacles à enfoncer, à sauter
ou à contourner. On doit les considérer comme les conditions
du fonctionnement vital de la société et les respecter. Elles
sont les conditions de la liberté, car sans le règne du droit
il n'y a que la tyrannie du plus fort.
Les esprits blasés sont plus influencés par les coutumes
qu'ils ne veulent l'avouer. Ils ne s'imaginent pas que ces
coutumes font partie de la discipline sociale. Pourtant, les
neuf dixièmes de ce que nous faisons dans nos heures de veille
s'accomplissent d'une façon inconsciente en conformité d'habitudes,
de normes, de codes, de sanctions et de goûts collectifs qui
existaient longtemps avant notre naissance.
La discipline personnelle
Dans la tourmente actuelle, écrivait lord Beaverbrook, l'homme
« ne peut conserver la totalité de son jugement, la solidité
de ses nerfs et la sûreté de son esprit que par la discipline
personnelle ».
Nous faisons un grand pas vers la maturité le jour où la
discipline intérieure remplace en nous la discipline extérieure.
Deux hommes de formation différente, à plus de deux mille
ans d'intervalle, ont reconnu cette vérité. Socrate, le grand
philosophe grec, enseignait que la subjugation de soi-même
était la première des vertus, disant qu'elle est nécessaire
pour faire valoir les autres vertus, et Charles Darwin, l'auteur
du célèbre ouvrage intitulé De l'origine des espèces,
affirme que « le plus haut degré de culture morale auquel
nous puissions atteindre est celui où nous admettons que nous
devons maîtriser nos pensées ».
Il ne faut pas se représenter la discipline personnelle
comme une sorte de châtiment de soi. Elle ne nous oblige pas
à marcher dans le feu ni à dormir sur des planches à clous,
comme certains ascètes de l'Orient. La discipline personnelle,
nous la trouvons chez le boxeur qui arrête brusquement l'élan
de son bras au son de la cloche, chez le directeur de bureau
qui réfléchit avant de réprimander un employé, chez la mère
qui s'abstient de punir son enfant sous le coup de la colère.
L'homme qui cède au plaisir qu'il éprouve à sortir de ses
gonds, qui ne peut contenir sa mauvaise humeur, verra les
occasions d'avancement lui glisser entre les mains. Il se
peut qu'il soit doué d'une grande habileté et qu'il l'ait
développée par des études intenses de façon à pouvoir faire
de grandes choses, mais il est comme Napoléon, dont sir Walter
Scott a dit : « cet être prodigieux qui aurait pu
gouverner le monde, mais qui ne pouvait commander à son cerveau
en effervescence ».
La discipline ne va pas non plus à l'encontre de la liberté.
Le dérèglement de la conduite n'est pas une preuve de liberté.
Le critère de grandeur de la liberté est la mesure dans laquelle
on peut s'attendre que nous obéirons à la loi que nous nous
imposons nous-mêmes.
Il est faux de prétendre que nous sommes réduits à choisir
entre l'exercice désordonné de notre bon plaisir personnel
et la camisole de force du conformisme, sans disposer d'aucune
marge pour exercer notre faculté de juger avec discernement
et la liberté de décision qui en découle. Ainsi que nous l'avons
constaté en traitant de la discipline de la nature, la vie
repose sur l'ordre, mais c'est un ordre qui comporte des tolérances.
La discipline personnelle consiste à agir, non pas suivant
nos goûts, mais selon les principes du bien et du mal. Elle
nous rend libres dans les bornes de la loi, libres de nous
mouvoir d'une façon réfléchie dans une orbite aux limites
ni moins ni plus vastes que ce qui est en harmonie avec le
maintien de l'ordre général essentiel à la survivance et à
la vie féconde de la société.
L'épanouissement de notre personnalité
L'identification de son moi avec les devoirs et les droits
établis fait partie du processus par lequel un homme acquiert
la personnalité sociale.
Le problème du devoir peut se résumer ainsi : la pire
raison au monde pour ne pas faire une chose est que l'on n'aime
pas à la faire. Ce qu'il importe vraiment de savoir, c'est
si nous devons la faire ou non. L'homme qui n'obéit qu'à ses
caprices n'a pas atteint l'âge adulte.
Pour nous aider à accomplir notre devoir, la société a élaboré
des moeurs et des convenances. Ce sont les règles générales
traditionnelles concernant le bien, le mal, les devoirs, les
choses permises et interdites. Certaines d'entre elles ont
pris la forme officielle de commandements et de principes
moraux. Elles empoignent l'homme informe et sans culture pour
le dégrossir et l'aider à s'adapter à la vie sociale.
La rectitude de notre comportement personnel est assurée
par la conscience, que l'on peut se représenter comme l'esprit
humain appliquant les principes généraux de la bonne conduite
aux actions particulières. C'est le jugement que nous portons
nous-mêmes sur nos actes au moment de les accomplir.
Il y a dans la vie de vastes secteurs où il n'existe ni
obligation ni défense, des secteurs où seules dominent les
lois du devoir,, de l'équité, du goût et de tout ce qui fait
la beauté de l'existence.
Lord Moulton décrit ce domaine d'une façon pittoresque.
C'est, dit-il, la sphère de l'obéissance à ce qui n'est pas
imposé ; l'acceptation par l'homme de ce qu'on ne peut
le forcer d'accepter. Il ne s'agit pas d'une simple chimère,
mais d'un sentiment profondément ancré dans tous les coeurs,
sauf les plus dépravés. Pour illustrer sa pensée, lord Moulton
cite l'exemple du naufrage du Titanic, où « les
hommes se montrèrent gentlemen jusqu'au seuil de la mort ».
La richesse de notre culture occidentale consiste peut-être
en grande partie dans le fait que nous possédons tant de domaines
dans la vie, où ne joue que le mobile de faire ce qui est
bien et juste sans autre forme de contrainte. La véritable
civilisation se mesure peut-être à l'étendue de ce royaume
de l'obéissance librement consentie.
La discipline dans la famille
Lorsqu'on voit quelqu'un s'écarter du droit chemin, dans
sa vie sociale ou sa vie privée, cela peut vouloir dire qu'il
ne s'est pas heurté contre le mur de la discipline à un âge
où il aurait pu s'y habituer sans souffrir.
Tous les parents savent que la tendance naturelle des enfants
est de faire ce qui leur plaît et d'éviter de faire ce qui
ne leur plaît pas. Le premier des devoirs quotidiens du père
et de la mère est d'enseigner à leurs enfants à faire ce qu'ils
doivent, même si cela leur déplaît, et à éviter de faire ce
qu'ils ne devraient pas faire, même si cela leur plaît.
La discipline est nécessaire dans la vie journalière de
la famille, non seulement pour des raisons de santé, de sécurité
et de tranquillité, mais aussi pour engendrer les habitudes
de comportement social nécessaires, qui nous empêcheront d'être
toujours en dispute. Il faut inculquer aux enfants certains
principes fondamentaux, comme le respect des biens et des
droits d'autrui, ainsi que l'estime envers les autres en tant
qu'individus. Ils doivent apprendre, s'ils veulent s'adapter
harmonieusement à la société, à vivre selon la loi et à mener
une vie honnête et saine.
Les enfants doivent obéissance et fidélité à leurs parents.
« On ne connaît pas d'époque, dit carrément le propriétaire
de journal E. W. Scripps, où la violation du quatrième commandement
n'ait pas abouti à une tragédie. »
La vérité est que les enfants croient à la discipline familiale.
Une enquête menée auprès de 96,000 élèves dans 1,300 écoles
secondaires des États-Unis a fait apparaître l'opinion bien
nette que les parents devraient mesurer avec soin les libertés
de leurs adolescents en ce qui concerne les heures de rentrée
à la maison, la fréquence des rendez-vous, les lieux de distraction,
le choix des camarades et l'usage du tabac et des boissons
alcooliques. Au Canada, selon un sondage de l'Institut de
l'opinion publique, au moins les trois quarts de la population
estiment que la discipline familiale n'est pas assez ferme.
Le devoir de l'éducation familiale n'est pas une obligation
dont on peut se décharger sur d'autres institutions. L'école,
l'église et les diverses sociétés ont leur mission propre,
mais aucune institution ne peut remplir en matière d'éducation
et de discipline les fonctions qui appartiennent en droit
à la famille.
Les parents ont besoin de normes. L'enfant qui se sent en
sécurité est celui qui connaît les principes de ses parents
et qui sait qu'il est impossible de les faire dévier de ces
normes par la discussion et la cajolerie. Lorsque les parents
sont sûrs de leurs principes, les enfants sont sûrs de leurs
parents.
Il y a deux grands obstacles qui empêchent les parents de
remplir leur rôle à la perfection. Beaucoup de pères et mères
de l'âge atomique ont perdu les convictions de leurs grands-parents
sans réussir à en trouver d'autres pour les remplacer ;
d'autres tentent de réaliser leurs désirs frustrés dans leurs
enfants. Il en résulte dans les deux cas un relâchement de
la discipline.
La discipline à l'école
La discipline scolaire bien comprise exige que nous établissions
et que nous maintenions de bonnes conditions d'enseignement.
Il ne faut pas demander aux maîtres de changer des enfants
gâtés à la maison en êtres humains disciplinés et bien équilibrés.
L'école ne peut imposer une discipline plus forte que celle
que les parents exercent ou sont disposés à appuyer. « Que
pouvez-vous faire, demande une revue pédagogique, avec un
enfant qui entend dire à la maison que l'école ne vaut rien,
que l'instituteur ne sait pas ce qu'il dit et que le directeur
ferait mieux de bien se tenir ? »
La discipline est nécessaire dans l'école, non seulement
pour assurer la bonne marche des classes et des études, mais
aussi à cause de sa valeur en tant qu'habitude de vie. Nous
devons tous nous conformer à certaines normes dans notre maturité ;
il nous sera plus facile de le faire si nous apprenons à obéir
pendant nos années d'école.
Certains maîtres veulent que leurs élèves les traitent en
copains, mais les enfants ont des amis de leur âge et attendent
autre chose de l'instituteur, et cette autre chose est la
direction. Cette direction doit être positive. Il ne s'agit
pas de briser la volonté de l'enfant, mais de l'amener à désirer
ce qui est bien. Les principes inculqués par la discipline
scolaire seront fondés sur le plaisir de se perfectionner
et de réussir, non pas sur un excès de répression ou d'indulgence.
Au bureau et à l'usine
Comme toute autre activité, les affaires s'exercent dans
un cadre social compliqué où les habitudes, les conventions
et les lois contribuent à déterminer la vie quotidienne. Le
bureau et l'usine doivent avoir de la discipline, et c'est
à la direction qu'il incombe d'appliquer cette discipline.
Les employés doivent travailler de concert pour que leur
effort collectif ait de la valeur. Chacun doit faire sa juste
part de la besogne, contribuer au bon ordre et au succès de
l'entreprise et respecter les sentiments de ses compagnons
de travail.
Le devoir de maintenir la discipline est l'une des tâches
les plus difficiles à faire remplir par les contremaîtres
et les directeurs. La discipline n'est plus aussi simple aujourd'hui
qu'elle l'était il y a un demi-siècle. Autrefois, elle consistait
surtout à imposer la volonté du patron par la force de la
voix, les poings ou la menace du renvoi. De nos jours, la
conception plus humaine de la discipline fondée sur la direction
des hommes gagne rapidement du terrain. Cela exige de la science,
du tact et de la probité. Mais le contremaître qui gagne le
respect de ses employés a presque résolu le problème de la
discipline dans son service ; il s'est assuré leur franche
collaboration.
La discipline idéale ne s'obtient pas en épinglant des règlements
et des consignes sur un tableau d'affichage. Plus un directeur
impose des règles à ses hommes, plus il provoque leur ressentiment,
car il laisse ainsi entendre qu'ils sont incapables de se
diriger eux-mêmes. Il n'en reste pas moins qu'un certain minimum
de réglementation est nécessaire à la bonne marche et à la
sécurité de toute entreprise.
L'esprit de suite
Qu'il s'agisse de la famille, de l'école ou de l'usine,
l'esprit de suite est toujours essentiellement nécessaire
en matière de discipline. Les règles qui ne représentent qu'une
menace, sans jamais être appliquées, sont comme le soliveau
que Jupin donna pour roi aux grenouilles. Elles en eurent
d'abord peur, mais bientôt elles le méprisèrent et le foulèrent
aux pieds.
La clarté est le commencement de l'esprit de suite. Que
vos règles soient claires. Exposez les raisons sur lesquelles
elles se fondent. Dites qui est chargé de les mettre à exécution.
Ayant fait connaître vos règles, il est injuste envers le
personnel de permettre à une ou deux personnes de se conduire
de façon à entraver les efforts du reste du groupe. La mollesse
est cruelle, non seulement pour le groupe dans son ensemble,
mais aussi pour le coupable. Celui à qui l'on a pardonné cent
fois en vient à croire qu'il n'a aucune faute réelle à se
faire pardonner.
Soyez conséquents aussi dans l'application de vos règlements,
même si leur violation n'a pas entraîné de dommages importants.
Voici, pour illustrer ce point, trois exemples puisés chez
les historiens de l'antiquité. À la guerre, les Romains infligeaient
plus souvent des punitions aux soldats qui avaient attaqué
à l'encontre des ordres qu'aux hommes qui avaient abandonné
leurs postes sous le harcèlement de l'ennemi ; un général
grec reçut une couronne en récompense de sa victoire, mais
fut condamné à une amende de mille drachmes pour avoir été
lui-même au combat sans ses armes ; un législateur édicta
une loi interdisant à quiconque de posséder plus de 500 acres
de terrain et fut puni selon sa propre loi lorsqu'on s'aperçut
qu'il en avait davantage.
La dignité personnelle
La récompense que nous apporteront la discipline personnelle
et l'acceptation de nos devoirs sociaux ne sera pas nécessairement
la fortune ou la puissance, mais le respect de nous-mêmes
et le respect des autres. Le fait de savoir nous maîtriser
intérieurement nous empêchera, à tout le moins, d'être entraînés
par la vie comme des esclaves.
Si un homme est incapable de concevoir la discipline comme
une chose qui contribue très largement au bonheur de la vie
- comme une force féconde et protectrice - il doit tout de
même en prendre son parti, car il ne peut y échapper.
Mais il vaut mieux utiliser la discipline comme un moyen
d'obtenir ce que nous demandons à la vie plutôt que de l'accepter
passivement comme une nécessité inéluctable.
La discipline est un facteur de bonheur. Elle ne nous épargnera
pas la peine de prendre des décisions ni, par conséquent,
de commettre quelquefois des erreurs, mais elle nous aidera
à apprécier les chances et à décider avec sagacité. Nous constaterons
très souvent que les décisions pénibles que nous commande
la discipline sont les meilleures et les plus sages.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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