Juin 1948 Les ressources naturelles du Canada
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La grande masse de ressources naturelles
du Canada n'est pas faite pour tenir enfermée sous
l'oeil d'un avare. C'est un trésor de choses naturelles
destinées à être transformées en
choses utiles par notre habileté et notre énergie.
Mais l'homme avisé fait de temps à autre l'inventaire
de ses ressources pour s'assurer qu'il en fait bon usage.
Chaque civilisation repose sur des bases différentes.
Adam, quand il a été forcé de gagner
son pain à la sueur de son front, a tiré sa
subsistance du sol ; et nous, quand nous tirons l'énergie
atomique de l'uranium, nous utilisons non seulement une couche
plus profonde du sol mais aussi notre intelligence. Étant
donné nos vastes ressources matérielles, ainsi
que l'énergie et la capacité, il n'est pas surprenant
de voir le bien-être matériel fleurir comme il
le fait au Canada.
Nous avions, depuis des générations, la réputation
d'être des fournisseurs de matières premières :
mais il s'est produit un grand changement dans l'espace d'une
seule génération. Aujourd'hui le Canada n'est
pas seulement un riche réservoir de matériaux,
mais aussi un pays industriel transformant ses ressources
naturelles en marchandises utilisables.
Échange de ressources
Le fait que chaque pays a des ressources naturelles différentes
pose d'importants problèmes aux membres de la famille
humaine. Quoique aucune nation ne puisse se vanter d'être
favorisée au point de pouvoir s'isoler entièrement
du reste du monde, quelques-unes sont plus en mesure de le
faire que d'autres. Une des questions embarrassantes pour
un pays riche en ressources naturelles est de décider
à quel point il doit renoncer au matérialisme
économique dans l'intérêt du bien-être
international.
Jamais dans notre histoire le reste du monde n'a été
aussi important pour le Canada, et en même temps le
Canada n'a jamais eu une aussi bonne occasion de lui être
utile.
En 1945, la valeur nette de notre production primaire était
de $2,566 millions. Après avoir transformé ces
denrées dans nos usines, nous avons exporté
pour $3,218 millions de marchandises. Cela indique a quel
point nous avons été capables d'échanger
des marchandises de fabrication canadienne pour des marchandises
fabriquées ailleurs.
Bon équilibre économique
Ce n'est pas une seule ressource, si grande qu'elle soit,
qui donne de l'importance au Canada et qui en fait ce qu'il
est aujourd'hui, mais la nature complémentaire de tout
l'ensemble, ce qui forme une économie homogène.
Le Canada possède, par tête d'habitant, plus
de réserves de charbon et de lignite, plus de chutes
d'eau utilisables, et plus de terres arables et cultivées
que tout autre pays. Il occupe le deuxième rang sous
le rapport du minerai de fer et le quatrième sous celui
des pâturages. Quelques chiffres en donneront une idée.
L'énergie hydraulique utilisable par tête, dans
les trente-deux plus importants pays, est de 0.16 h.p. ;
au Canada de 2.27 h.p. Le minerai de fer par tête dans
tous les pays est de 24.6 tonnes ; au Canada, de 217
tonnes. La superficie arable et cultivée est de 1.30
acre par tête dans tous les pays ; au Canada de
5.04 actes.
On estime qu'environ le quart du Canada est couvert de forêts,
et qu'environ un quart de ces forêts produisent du bois
pour le commerce, dont les deux tiers en Colombie-Britannique.
Nous avons un quart de million de milles carrés d'eau
douce, beaucoup plus que tout autre pays. Nous sommes riches
en minéraux importants. La production des ressources
dépend du climat, et le Canada est particulièrement
favorisé sous ce rapport, de sorte que nous pouvons
considérer notre climat comme une ressource naturelle.
Niveau élevé d'existence
Il y a lieu de se réjouir de tout cela. Grâce
aux vastes ressources naturelles de leur pays, les Canadiens
ont à leur disposition plus de marchandises et de services,
plus de force motrice, plus de vivres, plus de maisons, plus
de confort, plus de loisirs et plus d'amusements que n'importe
ou au monde. Et cela a été accompli sans abandon
d'indépendance personnelle, sans régimentation,
sans dictature, sans domination gouvernementale. Le Canada
est un pays libre à l'ancien sens du mot « libre »
qui signifie que chacun est libre de pratiquer le culte qui
lui convient, de choisir sa propre carrière, de parler
comme il lui plaît, de penser et de discuter n'importe
quoi, et de lire une presse libre. Le Canada a un gouvernement
démocratique au sens « démocratique »,
c'est-à-dire, élu par le vote libre du peuple
et responsable envers le peuple.
Quant au niveau de la vie matérielle, il serait aisé
de compter les automobiles, les bains, les radios et les téléphones,
mais cela est mieux exprimé dans le nouveau livre de
Geoffrey Gorer, The American People. Le président
Roosevelt et ses conseillers discutaient les moyens de mettre
des livres entre les mains des Russes pour les convertir du
totalitarisme à la démocratie. Après
avoir mentionné quelques-uns des textes classiques
sur la démocratie, le président Roosevelt dit :
« Si je voulais montrer aux Russes la supériorité
de notre manière de vivre, j'essaierais de leur mettre
entre les mains un seul livre - le catalogue de Sears-Roebuck. »
N'importe quel catalogue de grand magasin à rayons
du Canada, accompagne d'une liste de salaires hebdomadaires
des Canadiens, donne une meilleure idée du niveau élevé
d'existence dans notre pays que des volumes de statistiques.
Forêts luxuriantes
Le Canada a une bonne part des cinq milliards d'acres de
forêt du monde entier. Ses forêts couvrent une
vaste ceinture, large de 600 à 1300 milles, de l'Atlantique
au Pacifique. Elles forment 38 pour cent de nos terres et
contiennent 130 espèces d'arbres dont 33 conifères.
D'après les statistiques publiées l'an dernier
par le ministère des Mines et Ressources, l'industrie
forestière comptait 5,300 établissements en
1945, employait 44,000 personnes et sa production brute était
évaluée à $231 millions ; l'industrie
de la pulpe et du papier avait 109 établissements,
employait 40,000 ouvriers et sa production était évaluée
à $400 millions. Les rapports du ministère du
Commerce estiment à 200,000 le nombre d'employés
dans les industries de la pulpe et du papier avec une production
brute de $1,185 millions en 1945.
Quant aux industries découlant des produits forestiers,
le ministre des Finances a dit à la Lumbermen's Association
en février que les exportations de bois, de produits
du bois et de papier « forment la plus grande catégorie
dans les statistiques et s'élèvent à
$886 millions au cours de 1947, c'est-à-dire 32 pour
cent de toutes les exportations de produits canadiens ».
L'industrie de la pulpe et du papier est au premier rang des
manufactures sous le rapport de la valeur nette de la production
et c'est l'une des plus grandes entreprises industrielles
du monde.
Abondants minéraux
Maintenant qu'il produit tout le blé possible dans
l'Ouest et qu'il s'efforce d'utiliser pleinement son bois,
le Canada s'aventure dans le Nord à la recherche de
minéraux. Une meilleure connaissance de la géologie
du Nord-Ouest et les progrès des transports et des
communications ont permis d'explorer de vastes régions
qu'on considérait jusqu'ici comme un désert
de roches. Une compagnie dépense $50,000 par an pendant
trois ans en explorations, et une autre expédition
ira dans une partie éloignée et inexplorée
de l'Arctique à un coût de $30,000.
Les cinq principaux minéraux métalliques produits
au Canada l'an dernier sont l'or, le cuivre, le nickel, le
zinc et le plomb, évalués à $360 millions ;
les quatre principaux minéraux non métalliques
sont le charbon, l'amiante, le pétrole et le gaz naturel,
évalués à $137 millions ; et en
outre nos produits d'argile et autres matériaux de
construction sont évalués à $73 millions.
Le total de la production minérale est de $619 millions.
Les rues du Canada ne sont pas pavées d'or, comme
on voulait le faire croire aux émigrants du siècle
dernier, mais un sentier au moins avait des pavés d'or.
Une piste bien fréquentée dans la région
du Yellowknife recouvrait une veine que les voyageurs n'avaient
pas remarquée. Quand elle fut découverte, de
petites pièces de quartz, qui avaient été
détachées par les pieds des voyageurs, donnèrent
à l'essai $700 d'or à la tonne.
La production du nickel, principalement dans les mines de
nickel et de cuivre de Sudbury, Ontario, a quadruplé
entre 1914 à 1939, tandis que la production du cuivre
est devenue sept fois plus grande, celle du plomb onze fois
et celle du zinc dix-sept fois.
Le fer fournit les fondements de l'industrie moderne. On
ne connaît pas très bien les ressources du Canada
en minerai de fer. Les découvertes d'il y a quelques
années dans les régions du Lac Supérieur
sont exploitées depuis 1945. Une exploration partielle
des gisements en travers de la frontière du Québec
et du Labrador révèle du minerai de haute qualité.
Il paraît probable, dit l'Annuaire du Canada que
la production de minerai de fer au Canada ira longtemps en
augmentant.
Le Canada a trouvé d'importants gisements de minerai
d'uranium, principale source de l'énergie atomique,
et un autre champ a été découvert en
mars. La mine d'Eldorado est bien connue comme la deuxième
grande source d'un minerai dont on extrait le radium et l'uranium ;
la dernière découverte a eu lieu près
de Flin Flon, Manitoba.
Le Canada a remplacé la Russie comme le plus grand
producteur de platine depuis 1934. L'industrie fait un grand
usage de platine depuis quelques années et absorbe
toute la production des mines dans le district de Sudbury.
Il ne faut pas oublier l'aluminium quoique la matière
qui en est le principal élément ne soit pas
une ressource naturelle du Canada mais qu'elle soit importée
d'autres pays. Sa manufacture au Canada est due à notre
grande richesse d'une autre ressource naturelle, l'énergie
hydraulique.
La Aluminum Company of Canada emploie 15,000 personnes et
a une feuille de paie annuelle de $35 millions. En outre,
il existe 1,500 compagnies qui fabriquent de l'aluminium et
qui emploient environ 50,000 personnes.
La compagnie canadienne, dont le capital engagé est
de $350 millions, manufacture 25 pour cent de la production
mondiale. La production de l'an dernier était évaluée
à $150 millions, dont les exportations ont pris 90
pour cent.
Asbestos, charbon et pétrole
Le Canada est riche en minéraux non métalliques.
C'est la principale source d'asbestos, dont la production
est concentrée dans les Cantons de l'Est de Québec.
La valeur de la production annuelle a augmenté de $24,700
en 1880 à $24,500,000 en 1946.
Le charbon est un de nos problèmes. Notre pays est
un des plus riches du monde en réserves bitumineuses
mais elles sont situées généralement
loin des centres industriels. En conséquence, le Canada
n'a jamais fourni plus que la moitié de ses besoins.
En 1938, nous avons produit 14 millions de tonnes et nous
en avons importé 13 millions ; en 1946 nous avons
produit 18 millions de tonnes et nous en avons importé
26 millions.
Le Canada est anémique sous le rapport du pétrole
et ses puits ne produisent qu'environ le septième de
ses besoins. Des suintements de vaste étendue dans
des formations favorables du bassin du MacKenzie indiquent
la possibilité d'ajouter de nouveaux champs pétrolifères
à ceux de la vallée Turner et de Fort Norman.
Juste l'hiver dernier le pétrole a jailli d'un nouveau
puits à Leduc, Alberta. La production totale en 1947
était de 7,632,204 barils, dont le Nouveau-Brunswick
a produit 22,848 barils ; l'Ontario 124,954 ; la
Saskatchewan 528,932 ; l'Alberta 6,711,276 ; et
les Territoires du Nord-ouest 244,194.
Nous avons d'énormes gisements de pétrole
dans les sables goudronneux de l'Alberta mais la difficulté
est de trouver un moyen économique d'en tirer le pétrole.
D'après l'Annuaire du Canada c'est « la
plus grande réserve de pétrole connue de toute
la terre ». Les géologistes canadiens l'estiment
à 100 milliards de tonnes et le Bureau des mines des
États-Unis à 250 milliards de tonnes.
L'agriculture fleurit
L'agriculture est naturellement la plus importante industrie
du Canada ; elle permet de gagner la vie à environ
un quart de la population et fournit la matière première
à un grand nombre de manufactures. Elle revêt
différents aspects ; les Provinces maritimes produisent
de tout à part les grains, l'Ontario et le Québec
font de la culture générale, les Prairies cultivent
principalement le blé et la Colombie-Britannique les
fruits.
La superficie des terres arables ne peut être estimée
qu'approximativement parce qu'elle augmente tout le temps.
Les terres cultivées et capables de culture, d'après
l'Annuaire du Canada couvrent 548,000 milles carrés
ou 351 millions d'acres. Les récoltes varient depuis
le tabac, le raisin et les pêches des régions
méridionales du Québec et de l'Ontario jusqu'au
blé à maturité rapide dans les districts
où l'été est très court.
Les emblavures de 1947 se chiffrent à 46,700,000
acres dont 24,000,000 d'acres de blé. Nous avons récolté
7,862,000 de boisseaux de blé depuis vingt et un ans,
soit une moyenne de 374,000,000 de boisseaux par an.
Le Canada a remporté le Prix International pour le
blé 29 fois depuis 33 ans, et le Championnat International
pour l'avoine seize années sur vingt.
Les progrès technologiques ont marché de pair
avec l'expansion territoriale. Le nombre des tracteurs sur
les fermes a augmenté de 47,000 en 1921 à 159,000
en 1941, et au dernier recensement il y avait près
de 400,000 automobiles et camions dans les fermes canadiennes.
Le cultivateur canadien, avec l'aide de machines et de la
science, cultive en moyenne quatre-vingt-cinq acres de terrain.
Depuis quatre-vingts ans, le Canada a passé de la
faucille aux faucheuses mécaniques, du wagon tiré
par les boeufs aux camions et aux tracteurs. Zimmerman, dans
son livre World Resources and Industries, compare les
sept millions de cultivateurs en Amérique du Nord avec
les dix millions en Europe et les centaines de millions en
Asie et ajoute : « Il est impossible de trouver
un meilleur exemple de ce que peuvent faire les machines et
les capitaux dans le domaine de la culture extensive et de
l'utilisation des terrains. »
Bonne pêche ; belles fourrures
La pêche est probablement la première industrie
pratiquée par les Européens dans le nouveau
monde. Les Premiers aventuriers prenaient leurs poissons sur
les côtes de Terre-Neuve et des Provinces maritimes,
les salaient ou les faisaient sécher et les emportaient
avec eux pour vendre en Europe. Aujourd'hui, deux des grandes
pêcheries du monde se trouvent à l'est et à
l'ouest des côtes canadiennes.
Il existe de très grandes possibilités d'augmenter
la valeur économique de la pêche dans nos eaux.
La situation des pêcheurs serait plus heureuse si les
Canadiens mangeaient plus de poisson. La prise d'une année
pourrait donner 120 livres pour chaque personne au Canada,
tandis que nous n'en mangeons en moyenne que 30 livres.
Les eaux intérieures des rivières et des lacs
fournissent environ le septième de toute la prise.
Le Canada a 228,000 milles carrés de lacs d'eau douce
qui abondent en poissons de la meilleure qualité. En
douze ans, la valeur moyenne de production annuelle est de :
poissons de mer $50,000,000 ; poissons d'eau douce $8,100,000.
Les exportations comptent généralement pour
70 pour cent de la prise totale.
Les peaux vertes sont le principal produit commercial d'une
grande région au nord du Canada, mais il n'y a pas
autant de trappeurs que le dit un livre publié l'an
dernier. D'après l'auteur : « des dizaines
de milles d'Indiens errent encore dans les forêts vierges
du nord-ouest du Canada et font la chasse aux animaux à
fourrure. » Cela est un peu exagéré, car
la population indienne du Canada n'est que de 126,000, dont
seulement 3,816 dans les Territoires du Nord-ouest et sur
ce dernier chiffre il y a 2,739 femmes et enfants.
Mais tout de même le Canada est un des deux grands
pays producteurs de fourrures du monde. Nous avons une grande
variété de fourrures : ours, loup, renard,
belette, loutre, castor, martre, pékan, vison, lapin
et rat musqué.
Au cours des vingt années jusqu'en 1944 la valeur
de la production des fourrures a été de $15,000,000
en moyenne. L'élevage des animaux à fourrure,
ainsi que l'aménagement des marécages, pour
établir des réserves pour les rats musqués
et les castors, a donné du travail à des centaines
de Canadiens. À présent, les peaux des animaux
élevés dans les fermes fournissent environ 30
pour cent du rendement annuel.
Dix millions de chevaux-vapeur
Nous avons laissé pour la dernière de nos
ressources matérielles celle qui est la plus importante
pour transformer et mettre en valeur toutes les autres :
l'énergie hydroélectrique.
Les cours d'eau sont une importante ressource naturelle
du Canada depuis le temps où les premiers colons construisirent
des moulins pour moudre leur grain. Nos ressources hydroélectriques
ont rendu possible l'évolution industrielle qui a étonné
le monde au cours de la dernière guerre et transformé
notre économie, qui était fondée principalement
sur l'agriculture, en une économie à demi industrielle.
En 1901, le Canada produisait moins d'un quart de million
de chevaux-vapeur, en 1911 il en a produit un million, en
1921 trois millions, en 1931 six millions et demi et un peu
plus de dix millions et demi l'an passé. Ce dernier
chiffre ne représente qu'un peu plus de 20 pour cent
de nos ressources hydrauliques. La moyenne de 834 chevaux-vapeur
par mille habitants pour tout le Canada est répartie
comme suit parmi les provinces : Colombie-Britannique
878, Alberta 130, Saskatchewan 108, Manitoba 618, Ontario
656, Québec 1,584, Nouveau-Brunswick 272, Nouvelle-Écosse
215, Île du Prince Édouard 28 et Yukon et Territoires
du Nord-ouest 817.
Les centrales électriques, d'où le Canada
tire 90 pour cent de son énergie, ont produit 45 milliards
de kilowatt-heures d'électricité en 1947. Comparez
cela à environ 28 milliards il y a dix ans et 12 milliards
en 1926. Au cours de ces mêmes années l'emploi
de l'électricité par tête a augmenté
de 1,270 kwh à 3,600 kwh. Soixante pour cent de toutes
les maisons canadiennes ont l'électricité. Il
y a en voie de construction des aménagements qui produiront
un million de chevaux-vapeur, dont la moitié seront
utilisables en 1948.
Plans d'avenir
Nous traversons une époque si troublée que
la perspective d'un avenir incertain ne nous émeut
pas beaucoup. Les gens insouciants s'inquiètent peu
si le Canada produira du nickel en 2048 ni s'il y aura encore
des arbres dans nos forêts en l'an 2000.
Ceux qui réfléchissent se rendent compte de
leur responsabilité en ce qui concerne la continuité
de l'existence humaine et particulièrement en ce qui
concerne les chances qu'auront les futurs Canadiens de vivre
de façon satisfaisante. La destruction, de nos jours,
peut épuiser le meilleur de nos ressources, au profit
possible de notre génération, mais au risque
d'appauvrir les enfants de nos enfants vers la fin du siècle.
Des rapports soigneusement documentés disent que
la population mondiale a augmenté au point qu'il ne
reste plus que deux acres de sol ou de terre productive pour
chaque personne, et que tandis que les méthodes destructives
font diminuer ces deux acres chaque jour, la population s'accroît
au rythme de près de 50,000 personnes par jour. C'est
ce que dit un rapport qui sera discuté à une
conférence sur la conservation ressources naturelles
renouvelables au mois de septembre.
Conservation ne signifie pas, comme l'affirment ses détracteurs
ou les esprits bornés, restriction d'usage, mais sage
exploitation avec maximum d'utilisation, et maximum de remplacement
des ressources qui sont remplaçables.
Nous avons parlé jusqu'ici des immenses ressources
naturelles et matérielles du Canada, mais les ressources
humaines du pays sont de beaucoup plus importantes.
Une tonne de charbon peut produire plus d'énergie
mécanique qu'un millier d'hommes, mais les cent milliards
de tonnes de charbon sous le sol du Canada ne peuvent pas
contribuer autant d'idées et d'inventions, ou autant
d'énergie intellectuelle qu'un seul être humain.
Le Canada est le pays de treize millions d'habitants, y
compris les hommes, les femmes et les enfants de 46 autres
groupes nationaux qui deviennent canadiens. Qu'ils soient
nés ici ou ailleurs, tous les Canadiens sont les héritiers
de la liberté de ce pays démocratique, dans
lequel ils trouvent, ou aident à créer, un niveau
d'existence qui ne le cède en rien à nul autre
au monde.
Le Canada est arrivé à sa situation actuelle
d'influence et de prestige par l'initiative et le caractère
de son peuple ainsi que par l'énergie que ses fils
ont montrée en faisant intelligemment usage des ressources
du pays. Si nous faisons preuve de prévoyance ainsi
que d'intelligence et de diligence, notre pays aura d'amples
et nombreuses ressources et des industries pendant de longues
années.
Il y a toujours des gens qui demandent des Terres Promises
où la vie est facile à vivre. Le Canada dont
nous venons d'énumérer les ressources ressemble
autant qu'on peut raisonnablement l'espérer à
une Terre Promise, mais il ne promet rien sans travail. Il
met à notre disposition une grande quantité
de matières premières et c'est à nous
de faire le nécessaire pour les transformer en marchandises
utilisables.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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