Vol. 53, N° 7 Juillet 1972
Comment améliorer
sa compétence administrative
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Certaines personnes se plaisent
à vivre d'illusions. Elles se laissent aller, attendant
qu'un ami, le gouvernement ou les circonstances viennent les
promouvoir à des meilleurs postes. Malgré leurs
envies passagères d'avancement, elles ne veulent pas
faire le travail préalable et y mettre le prix.
Ces gens ne sont pas de la classe des administrateurs. Ils
ressemblent au jeune homme du livre de Sloan Wilson, L'homme
au complet de flanelle gris, qui proclamait : « Je
ne crois pas être le genre de type qui doit essayer
d'être un grand patron ... Je ne pense pas avoir
la volonté de faire les sacrifices nécessaires.
Je ne veux pas y consacrer le temps qu'il faudrait. »
Toute entreprise sait que c'est dans la bonne administration
que réside la différence entre le succès
et l'échec. La direction d'un personnel, d'une usine
ou d'un bureau est une tâche difficile et compliquée.
Trouver des administrateurs déjà compétents
et résolus à accroître leur compétence
pour satisfaire à de nouvelles exigences est l'un des
problèmes importants de l'industrie. Le Conseil économique
du Canada a publié, en avril 1971, un rapport selon
lequel on s'attend que la demande en personnel de direction
et cadres professionnels croisse deux fois plus rapidement
que le taux d'augmentation des effectifs totaux de la main-d'oeuvre.
Le titre d'« administrateur » n'est pas, comme
une médaille, décerné en reconnaissance
des services passés ; c'est une affectation nouvelle
à une tâche nouvelle comportant des aspirations
nouvelles. Il exige une compétence toujours plus vaste,
qu'il s'agisse de l'administration d'une entreprise, d'une
école, d'un hôpital, d'une paroisse, d'une association
ou d'un foyer.
L'un des devoirs essentiels de l'administrateur consiste
à améliorer : améliorer le travail
des personnes qu'il dirige ; améliorer le produit
de l'entreprise ; améliorer le travail d'équipe
qui fait la valeur de l'entreprise ; améliorer
le travail individuel qui permet de fabriquer le produit le
meilleur en son genre ; s'améliorer lui-même
afin de toujours conduire en marchant à la tête
de ses hommes.
Qu'est-ce qu'administrer ?
Administrer c'est orienter le travail d'un établissement,
d'un service, d'une maison ou de toute autre entreprise vers
une fin prédéterminée. Tout groupe de
personnes désireux d'accomplir quelque chose a besoin
d'un chef. On raconte qu'un orchestre symphonique russe décida
un jour d'essayer de jouer sans chef d'orchestre ; l'expérience
prit fin dès le premier concert.
Voici ce que l'on peut lire dans une des consignes administratives
du Département du Trésor des États-Unis :
« Le personnel se divise le plus souvent en trois catégories :
ceux qui font les événements, ceux qui les regardent
se dérouler et ceux qui n'en ont pas conscience. Le
manieur de situations a conscience des événements,
et il sait aussi les susciter. »
Que l'on dirige une succursale, une chaîne de montage,
une usine, un bureau ou une agence de publicité, il
y a des facteurs communs qui s'appliquent à tous les
cas. Il faut organiser et ordonner les opérations,
mettre les choses en branle et en assurer l'exécution ;
faire marcher l'entreprise de façon utile et harmonieuse.
On peut en tout cela accroître avec exaltation sa compétence
et devenir un maître en stratégie dans la conduite
du personnel et un tacticien émérite en organisation.
On ne sait pas encore exploiter à fond les moyens
techniques dont disposent les administrateurs et les employés
dans les affaires et l'industrie. Les nouvelles méthodes
doivent passer des manuels dans l'usage ; il faut les
mettre en pratique. L'art d'appliquer les systèmes
est une nécessité essentielle chez l'administrateur.
Quelle compétence voulez-vous améliorer ?
Certains diront peut-être que cela dépend des
techniques particulières de la spécialité
de chacun : génie, vente en gros, commerce de
détail, banque, transports, etc. Ce n'est pas exact
en ce qui concerne la compétence dont il s'agit ici.
Ce que vous désirez améliorer, c'est votre compétence
administrative.
Même si son application varie d'un poste à
un autre, la compétence administrative est une chose
en soi ; elle diffère de la simple dextérité,
qui s'exerce dans un domaine donné et limité :
machines, tenue des livres, manutention, etc.
Pour atteindre la compétence
La volonté d'apprendre est une précieuse qualité
chez un administrateur. Il vous faut d'abord établir
ce qui correspond à votre besoin. Ayez un but positif
et déterminé en vue. Il ne suffit pas de vouloir
tout simplement s'améliorer. Cela nous rappelle le
chasseur malchanceux qui disait viser non pas un point précis
du gibier qu'il chassait, mais le gibier en général.
Si vous avez gravi l'échelle dans l'usine, où
vous remplissiez exclusivement des fonctions techniques, vous
aurez sans doute besoin d'étudier l'économie
politique, les qualités propres à l'administration,
la place de votre entreprise dans la galaxie des sociétés,
le contrôle budgétaire, la communication, les
principes de la commercialisation et le développement
des ventes. Ces connaissances vous seront nécessaires
non seulement pour vous permettre d'assurer le bon fonctionnement
de votre service - ce qui est certes important - mais aussi
pour que vous soyez en mesure de parler affaires de façon
intelligente avec les autres membres de l'équipe de
direction.
Chaque pas en avant dans la hiérarchie administrative
vous rapproche des grands problèmes de l'entreprise,
de sorte qu'il vous faut acquérir à chaque palier
de responsabilité des compétences nouvelles.
Dès que l'on accède à un poste de cadre
moyen dans l'administration, il importe de commencer à
étudier pour se préparer au niveau de la prise
des décisions.
Après avoir tracé un programme des compétences
que vous voulez améliorer, il s'agit de vous mettre
à l'oeuvre. Les administrateurs suivent des cours pour
mettre leurs connaissances à jour et améliorer
leurs capacités. Tous ne peuvent pas s'absenter de
leur poste durant de longues périodes, mais les universités
offrent des cours du soir et des mini-cours de trois jours
ou d'une semaine.
S'il ne se donne pas de cours comme tels, tout n'est pas
perdu. Il reste l'étude personnelle, et combien ne
doivent-ils pas leurs succès à leurs livres.
Celui qui se plaint de ne pouvoir se perfectionner parce qu'il
n'existe pas de cours ou qu'ils coûtent trop chers cherche
une excuse à son inaction. Il montre ainsi qu'il ne
devrait pas être administrateur.
L'expérience est précieuse, mais la supériorité
dans l'art de l'administration exige davantage. Un homme peut
devenir bon mécanicien en travaillant à l'établi,
mais l'administrateur qui se contente d'apprendre par expérience
marche sur un terrain glissant. Il est sage de faire appel
à l'expérience pour éviter de faire des
erreurs, mais l'administrateur ne doit pas se laisser entraver
par l'expérience au point de ne jamais regarder au-delà
de ce qui s'est fait auparavant.
Il n'y a pas deux situations qui soient exactement identiques.
Elles peuvent avoir beaucoup de points communs, mais il suffit
parfois d'une particularité nouvelle pour transformer
la situation en un problème entièrement différent,
qui demandera une solution tout à fait nouvelle. Pour
arriver à cette solution, il convient d'allier à
l'expérience le fruit des connaissances acquises par
l'étude.
Qu'est-ce qu'un administrateur ?
La première chose que l'on exige d'un administrateur
c'est qu'il apprenne à diriger son travail. Si quelqu'un
manque des connaissances nécessaires ou ne sait pas
appliquer celles qu'il possède, le titre inscrit sur
la plaque de sa porte n'en fera pas un administrateur.
Certaines qualités sont naturelles, alors que d'autres
sont des talents qu'il faut développer. Selon le professeur
William Gormbley, de l'Université Harvard, que cite
Vance Pachard dans The Pyramid Climbers, voici les
qualités que l'on trouve chez les cadres : ce
sont des hommes brillants ; ils savent s'entendre avec
les gens ; ils ont de l'allant ; ils ont un but
en vue ; ils s'accommodent de ce qu'ils ont ; ils
ne se contentent pas de rester tranquillement assis.
Le métier d'administrateur demande de la force intellectuelle,
morale et physique. Celui qui l'exerce doit être soigneux,
partisan du progrès, persévérant et avisé.
Il doit avoir la réputation d'être un homme sûr,
digne de confiance et loyal. Il tient à savoir ce qui
se passe, afin de suivre la marche des événements.
Sa philosophie, c'est qu'il connaît la réponse
à la question « qu'est-ce que je veux faire »
et qu'il travaille sans relâche au programme qu'il s'est
tracé pour atteindre son but.
Nul ne peut se dire administrateur s'il s'en tient à
maintenir l'ordre chez le personnel et à faire aller
le travail. C'est une performance bien modeste. La valeur
de l'administrateur pour son entreprise exige en outre qu'il
soit capable de comprendre toutes sortes de gens, ses égaux
comme ses subordonnés. Son expression et son abord
agréables, la variété et la distinction
de ses goûts et de ses préoccupations, l'envergure
de son savoir et la largeur de ses vues, voilà autant
de qualités fondamentales dans son attirail. Il doit
les cultiver s'il veut amener les employés à
faire un usage économique des matériaux et de
l'énergie.
Ce qui est le plus nécessaire à l'administrateur,
à supposer qu'il ait l'habileté technique pour
actionner les mécanismes de sa spécialité,
c'est de comprendre les gens. Certains apportent cette qualité
en naissant, d'autres l'acquièrent : l'administrateur
doit la posséder ou par hérédité,
ou par l'étude et la pratique.
Le métier d'administrateur mettra parfois vos talents
de diplomate à rude épreuve. Ce n'est pas assez
de voir quelque chose clairement, il faut aussi convaincre
les autres, et cela peut être une tâche épuisante.
S'il vous faut être agressif, usez de tact. Si vous
avez raison et si les autres se trompent, dites-leur avec
délicatesse. Savoir négocier c'est aussi savoir
quand arrêter. Il est mauvais d'aller au-delà
de ce qui est nécessaire, car cela compromet les chances
de remporter la victoire.
Un nouveau point de départ
Il est parfois difficile à une personne récemment
promue au rang d'administrateur de comprendre que sa promotion
constitue pour elle un nouveau point de départ. Même
s'il est vrai que son avancement confirme sa compétence,
elle ne saurait en rester là. Ses relations avec ses
nouveaux associés et ses supérieurs posent de
nouveaux problèmes. Elle doit se garder de céder
au penchant professionnel qui porte à devenir si épris
de son service que l'on néglige le reste de l'entreprise.
Il lui faut s'attacher à gagner la bienveillance de
ses subordonnés et de ses supérieurs si elle
veut que son entreprise profite d'un travail d'équipe
total et complet.
La propension générale des hommes à
suivre les voies familières fournit à l'aspirant-administrateur
l'occasion de montrer sa créativité. Cela ne
veut pas dire qu'il doive faire de l'éclat, changer
les méthodes et mettre tout le monde en émoi
pour démontrer son énergie et son dynamisme.
Un taureau en rupture d'étable fait certes du remue-ménage,
mais ce n'est pas très profitable.
Faites preuve de compétence en vous attaquant, avec
énergie et un regard neuf, aux vieux problèmes
ou à ceux dont vous avez hérité avec
l'emploi. Demandez et acceptez l'aide des autres et prêtez
généreusement la vôtre. Ne méprisez
pas les spécialistes. Ils ont des capacités
auxquelles il ne vous est pas nécessaire d'aspirer,
mais veillez à comprendre la portée de ce qu'ils
vous disent. Il est possible d'utiliser de nouvelles techniques
pour accroître l'efficacité et la rentabilité
de vos services sans vous égarer dans la méthodologie.
S'il existe des impératifs valables pour tous les
administrateurs, ce sont les deux suivants : 1° Savoir
ce qui se passe ; 2° Être prêt à agir.
L'administrateur est un manieur de situations. Aucune éventualité
ne doit le prendre au dépourvu. L'expérience,
l'étude, l'observation et la réflexion l'ont
familiarisé avec les circonstances, de sorte qu'il
discerne les nécessités de la situation et sait
ce qu'il faut faire.
L'administrateur ne doit pas conclure trop tôt qu'une
série d'obstacles est si terrible qu'il est impossible
de la surmonter. C'est dans les moments critiques qu'un homme
est à même de donner sa mesure. Faire bon accueil
aux difficultés, c'est renoncer à l'excuse néfaste
au succès personnel de l'homme qui impute à
une influence extérieure quelconque le ralentissement
de la productivité ou une crise du marché.
Il se présentera des occasions où l'administrateur
devra être prêt à conclure une sage alliance
avec les circonstances et se soumettre de bonne grâce
à un enchaînement d'événements
auxquels il ne peut rien. Ce qui importe c'est de savoir éviter
de capituler trop facilement.
La personnalité de l'administrateur
Ce qu'est l'administrateur peut avoir plus d'importance
que la connaissance technique qu'il possède de son
métier. Voici comment Mgr Phillips Brooks concevait
la grandeur de Martin Luther : « Certains hommes,
disait-il, sont des événements. Ce n'est ni
ce qu'ils disent ni ce qu'ils font, mais ce qu'ils sont qui
change le monde. » Ils ont de la personnalité.
L'administrateur dont la vie est liée par les règles
ne se fait pas pleinement valoir : il a besoin de principes
pour le guider. Une règle, écrit Stephen Crane,
nous porte en nous prenant sous les aisselles par-dessus les
cols de montagne de la vie, tandis qu'un principe nous permet
d'avoir le pied sûr. Les principes sont faits pour les
chefs qui pensent par eux-mêmes ; les règles
pour ceux qui se contentent d'obéir.
La méthode d'action qui consiste à suivre
le livre n'est pas toujours la plus satisfaisante. Un administrateur
doit entreprendre, imaginer, organiser, stimuler et diriger.
La bonne administration comporte la nécessité
de prendre des décisions, cauchemar de ceux qui ne
possèdent pas les qualités requises pour le
faire. Voilà un talent que l'on peut développer
par la pratique. Il comprend la facilité d'assimiler
les faits, de les coordonner, d'évaluer les données
qui en découlent, de tenir compte des divers choix
et d'arriver à une décision valable.
L'un des secrets essentiels est de savoir discerner le moment
où il y a assez de faits pour justifier la prise d'une
décision. L'essence de la bonne administration ne consiste
pas toujours à attendre d'avoir toutes les données
souhaitables. Mais, comme à toute règle, il
y a une exception : refusez de vous presser lorsque le
bon sens ou l'instinct vous dit que la réflexion s'impose.
Le perfectionnement personnel
Même si l'administrateur suit des cours sur les techniques
de l'administration pour accroître sa valeur, il devra
toujours une grande partie de ses progrès à
son effort personnel. L'auto-perfectionnement d'un administrateur
demeure, et de loin ; le facteur le plus important dans
ses efforts pour accroître sa compétence professionnelle
et la satisfaction qu'il tire de son travail.
Un administrateur qui a de l'ambition ne saurait se renverser
dans son fauteuil, absorbé par des préoccupations
étroites, et attendre que les occasions favorables
et les âmes secourables viennent à lui. Il doit
favoriser le libre cours des idées à partir
de toutes les sources possibles. Il lui faut se tenir continuellement
au courant de l'importance changeante des opérations
et des services, des finances et des marchés. Son intérêt
lui commande d'étudier la gestion par les systèmes
dans les bureaux et les ateliers.
Afin de garder le contact avec une situation mouvante, l'administrateur
aura profit à faire partie d'un groupe de personnes
du même métier ou de la même activité
que lui. Cela lui donnera l'occasion de voir comment ses homologues
des autres entreprises accomplissent leur travail. Il aura
aussi intérêt à élargir ses connaissances
sur les affaires politiques, sociales et économiques
du Canada et des autres pays.
Pour progresser dans l'art de l'administration, il faut
savoir se livrer souvent à la réflexion, et
les affaires recherchent les hommes capables de réfléchir
utilement. Les spécialistes peuvent certes accomplir
les tâches, mais c'est aux hommes capables d'utiliser
intelligemment ce qu'ils ont appris que l'on s'adresse pour
demander conseil ou coordonner la marche des affaires.
L'administrateur ne peut se laisser absorber par les opérations
courantes au point de ne plus disposer que de quelques rares
minutes, entre ses rendez-vous et ses distractions, pour élaborer
des plans. L'ordinateur permet maintenant de traiter les problèmes
quantitatifs avec un degré plus élevé
que jamais de précision et de rapidité. Il incombe
à l'administration de marcher de pair avec ce progrès
en affinant son aptitude à former des jugements qualitatifs.
On comprend d'autant mieux alors la nécessité
pour l'administrateur d'élargir son horizon intellectuel.
Le monde a besoin de personnes cultivées qui ont des
idées. Une vaste connaissance générale
des humanités n'assure peut-être pas à
un homme les qualités techniques nécessaires
pour conclure une affaire importante, mais elle le prépare
à saisir les éléments essentiels d'une
situation humaine, et toute affaire, grande ou petite, se
ramène en fin de compte à une question de relations
humaines.
Penser à demain
Rares sont les entreprises qui comptent des voyants sur
leur feuille de paie, mais tout administrateur doit posséder
dans une certaine mesure le don de clairvoyance. À
lui d'utiliser la boule de cristal qui lui convient.
Avant de partir, à la fin de la journée, asseyez-vous
pendant dix minutes sans autre chose sur votre bureau qu'un
bloc et un crayon. Pensez à demain et prenez des notes.
Que faut-il entreprendre, terminer, réparer ?
Où pourrait se produire un goulot d'étranglement ?
Quelle accalmie y aura-t-il, où vous pourrez insérer
quelques petites tâches ? Y a-t-il une période
de pointe qu'il est possible de ramener au niveau normal ?
Vous n'êtes pas administrateur pour aujourd'hui seulement ;
il faut donc réserver un regard à ce qui se
produira demain. Les plans d'expansion actuels de votre service
sont-ils suffisants ? Le nouveau système que vous
projetez d'adopter répondra-t-il aux besoins de ces
plans dans cinq ans d'ici, ou faudra-t-il le remplacer par
quelque chose de nouveau ?
Faites un retour sur les progrès accomplis par votre
entreprise au cours des cinq ou dix dernières années,
en concentrant votre attention sur les fourches de la route
où l'on aurait pu prendre une direction différente.
Humez l'air : avez-vous le vent dans les voiles ?
Y a-t-il un souffle d'intensification de la concurrence ?
Des nuages se profilent-ils dans le ciel économique
national ou international ?
Cette rétrospective, ce tour d'horizon vous permettra
de discerner où en sera et où devrait en être
demain votre entreprise ou votre service.
Objectifs et plans
Précisez, par écrit, les résultats
que vous souhaitez atteindre en fin de compte dans votre effort
pour accroître votre compétence. Parmi les activités
qui conduisent à ces objectifs, établissez quelles
sont celles qui sont immédiates et notez les autres
par ordre de priorité. En perfectionnant votre habileté
à saisir l'ensemble de la situation et en organisant
votre travail, vous aurez fait un grand pas en avant.
Élargissez graduellement votre champ de vision, de
façon à y englober aussi les objectifs de votre
entreprise. Vous serez alors en mesure, le moment venu, de
participer dans les meilleures conditions possibles à
l'étude des moyens à prendre pour les atteindre.
Lorsque vous serez bien au courant des objectifs, de la politique,
des projets et des budgets de votre maison, vous pourrez adapter
vos talents personnels de manière à fournir
une contribution maximale.
Certaines personnes ont peur du mot « plan ».
Le plan suppose en effet beaucoup de travail, mais c'est un
élément nécessaire au succès de
n'importe quelle initiative. Pour pouvoir faire une chose,
il faut d'abord la concevoir et en élaborer le plan.
Faire des plans, ce n'est pas, comme on le croit trop souvent,
faire des prédictions. Il ne s'agit pas de recourir
à l'horoscope pour prédire les résultats,
mais de prendre le « pic et la pelle » pour construire
les fondations.
Une fois les plans terminés, l'administrateur apportera
dans leur exécution sa vigueur d'esprit, son talent
d'improvisation pour combler les lacunes, ainsi qu'un grain
de génie particulier qui lui vaut d'appartenir à
la direction.
La satisfaction personnelle
Il y a un point important à ne pas oublier dans le
plan de perfectionnement de vos aptitudes à l'administration.
Une vie personnelle féconde ne consiste pas uniquement
à atteindre des buts d'ordre professionnel. Un homme
doit avoir de la valeur à ses yeux s'il veut que sa
vie ait un sens. La pierre de touche de l'esprit et du caractère
d'une personne est de savoir si ses tentatives de progrès
contribuent à la qualité de ses pensées
et de l'idée qu'il se fait de lui-même.
Votre valeur en tant qu'administrateur se mesure en fin
de compte par la qualité de votre direction et non
par vos notes d'examen ou les symboles de votre réussite
sociale. Le métier d'administrateur comme celui de
roi ou de président est essentiellement une sorte de
service. Pour réussir dans le service de chef il faut
concevoir la tâche, la structurer, l'étoffer,
la façonner dans un but réfléchi et encourager
ses collaborateurs à en mener l'exécution à
bonne fin.
Il y a très peu de descentes en roue libre dans les
affaires qui réussissent. L'embrayage ne comporte pas
de point mort. Si l'administrateur ne progresse pas à
pas de géant, il n'en doit pas moins poursuivre sa
marche petit à petit. Il lui faut accepter comme acompte
ce qu'il accomplit, puis s'attaquer à ce qui reste
à faire.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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