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Vol. 48, N° 7 Juillet 1967
Le bois à l'âge
de la mécanisation
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Il ne faut pas oublier, même
à notre époque de la primauté des métaux
et des plastiques, que nos forêts demeurent toujours,
pour une large part, à la base de notre prospérité.
L'histoire des progrès accomplis par l'homme depuis
l'âge des cavernes jusqu'à la haute civilisation
actuelle, ne peut se retracer sans de fréquentes allusions
à ses rapports avec la forêt. Dès les
temps les plus reculés, c'est elle qui assure à
l'être humain l'ombre, l'abri, la protection, la nourriture,
les vêtements, les outils et le combustible dont il
a besoin. Dans le Canada de l'année du Centenaire,
le bûcheron, personnage légendaire des temps
passés, continue d'occuper une place importante dans
notre vie économique.
Au moment où le Canada ne comptait que quelques colons
munis d'instruments rudimentaires, notre patrimoine forestier
semblait vraiment inépuisable. Mais avec l'accroissement
de la population, nos exigences insatiables et nos énormes
machines, la situation est radicalement différente.
Il est maintenant en notre pouvoir d'éventrer la couche
arable de notre sol et de la laisser emporter par l'eau ;
de promener le bulldozer dans nos forêts ; de polluer
et d'ensabler nos cours d'eau, en l'espace de quelques années,
et de transformer le Canada en désert.
Le mot « inépuisable » est donc une épithète
dont il faut aujourd'hui user avec circonspection en parlant
de nos forêts.
Il importe de prévoir et d'agir sans tarder si l'on
veut que le Canada conserve son titre de pays forestier. Dans
l'état actuel des choses, notre situation est enviable.
Plus de la moitié de notre territoire est recouvert
de forêts ; un quatorzième seulement en
a été aménagé ou mis en pâturage.
La moitié au moins du million et demi de milles carrés
de forêts que nous possédons sont capables, grâce
à une sage administration, de produire continuellement
de nouvelles récoltes. Les neuf dixièmes de
ces forêts appartiennent à la population canadienne
et sont de ce fait soumis à la surveillance du public.
Dans les forêts accessibles et productives, quelque
80 p. 100 du bois marchand se composent de conifères,
c'est-à-dire d'arbres à bois tendre et à
feuillage persistant. Les peuplements les plus considérables
se trouvent, par ordre d'importance, en Colombie-Britannique,
en Ontario et au Québec. Il existe 35 espèces
de conifères indigènes et 136 sortes d'essences
feuillues. Tous ces arbres sont décrits et illustrés
dans la publication du ministère des Forêts et
du Développement rural, intitulée Arbres
indigènes du Canada, en vente chez l'Imprimeur
de la Reine, à Ottawa, au prix de $2.50.
Les forêts de bois tendre fournissent la majeure partie
du bois utilisé au Canada, mais les forêts de
l'Est renferment de précieux peuplements d'arbres feuillus,
comme le bouleau, l'orme, le frêne, le hêtre et
l'érable, qui sont largement utilisés dans la
fabrication des meubles et des parquets, ainsi qu'à
d'autres fins spécialisées.
La valeur des produits provenant de nos forêts est
de quelque 2,700 millions de dollars par année. Les
industries qui utilisent les arbres pour fabriquer du bois
de construction, de la pâte, du papier et d'autres produits,
représentent donc une partie importante de l'économie
canadienne. Elles emploient plusieurs milliers de personnes,
et leurs produits, exportés en très grandes
quantités, contribuent à équilibrer notre
balance internationale des paiements.
Il ne s'agit pas d'un besoin passager
Les besoins en bois ne constituent pas une étape
passagère de l'évolution de l'humanité.
L'expansion de l'économie mondiale confère une
importance croissante aux terres forestières. Le bois,
sous l'une ou l'autre de ses innombrables formes physiques
ou chimiques, est indispensable à la production, à
la distribution et à l'utilisation d'à peu près
tous les produits que consomme l'homme civilisé. C'est
un matériau pour lequel il n'existe pas de succédané
complet. De son état brut comme combustible à
son usage très raffiné dans les travaux de génie
de grande précision, l'arbre est une source d'avantages
et de services inestimables pour l'espèce humaine.
Le bois tend de plus en plus à devenir un matériau
que l'on transforme en d'autres substances, dont sont tirés
divers produits finis et où il n'est pas toujours facile
de le reconnaître. Traité et combiné avec
d'autres matériaux, il sert à fabriquer du papier,
de la rayonne, de la cellophane, des films photographiques,
des panneaux de fibres, des assiettes en carton, du cuir artificiel,
du fourrage, des montures de lunettes, des stylographes, des
jetons de poker, des matériaux isolants, des articles
de toilette, des berceaux de voyage pliants et des robes de
papier à $1. L'éventail des applications chimiques
du bois n'est encore qu'entrouvert, mais les recherches effectuées
dans les laboratoires indiquent qu'il sera largement déployé
d'ici quelque années.
Bois de construction et bois d'oeuvre
Il existe, au Canada, environ 8,000 scieries, petites ou
grandes, qui produisent le bois nécessaire aux applications
les plus variées dans notre pays et pour l'exportation
vers toutes les parties du globe. Après de modestes
débuts, au temps des défricheurs, alors que
la fabrication de la planche, des madriers, des poutres et
autres formes utilisables du bois se faisait uniquement à
la main, c'est-à-dire, avec la hache, la scie à
bûches, la masse et le coin, la production du bois est
devenue une industrie hautement mécanisée. Aujourd'hui,
certaines scieries sont capables de débiter jusqu'à
un demi-million de pieds-planche de bois en huit heures de
travail.
Le bois de sciage comprend la planche, le bois de charpente,
les poutres, les poteaux, les parquets, le platelage, les
revêtements, les parements et les panneaux. Sciés,
équarris ou ronds, les bois d'oeuvre sont utilisés
dans les galeries, les puits, les gradins et autres installations
de mine. On n'a trouvé jusqu'ici aucun matériau
capable de remplacer le bois dans la fabrication des traverses
de chemin de fer. Les poteaux de bois sont largement employés
dans la construction des lignes téléphoniques,
télégraphiques et d'électricité.
Les auteurs d'un mémoire provincial, présenté
à la Commission royale d'enquêtes sur les perspectives
économiques du Canada, affirmaient qu'entre 1955 et
1975, le nombre des personnes employées par l'association
en question dans l'industrie de l'abattage passerait de 16,000
à 22,000, et que dans la totalité des industries
forestières (abattage et transformation) l'augmentation
serait de 70,000 à 110,000. Selon l'Annuaire du
Canada de 1966, la valeur des expéditions de tous
les produits et sous-produits de scierie s'est élevée
en 1963 à 691 millions de dollars.
Pâte et papier
Notre industrie des pâtes et papiers se classe parmi
les plus grandes entreprises de production au monde. Dans
le domaine du papier journal, son rendement est plus de trois
fois supérieur à celui de tout autre pays, et
elle contribue pour environ 25 p. 100 aux exportations mondiales
de pâte à papier.
Plus de 74 p. 100 de la pâte de bois fabriquée
est transformée en d'autres produits au Canada, tandis
que le reste est expédié à l'étranger.
Le papier journal représente environ 75 p. 100 de tous
les produits du papier manufacturés, mais il existe
plusieurs autres sortes d'articles en papier : sacs et
boîtes, carton, panneaux de construction et papier-toiture.
En 1965, le total des exportations de pâte et de papier
s'est chiffré à près de 1,500 millions
de dollars, soit 16.21 p. 100 de la totalité des exportations
du Canada.
La première fabrique canadienne de pâte de
bois n'a été établie qu'en 1864. Aujourd'hui,
quelque 45 p. 100 des pages des journaux du monde libre sont
imprimées sur du papier journal canadien, et la demande
augmente si rapidement que l'on prévoit qu'en 1980
la production atteindra le double de ce qu'elle était
il y a dix ans. Le Canada fabrique trois fois et demie plus
de papier journal que les États-Unis. Les plus grands
utilisateurs canadiens sont le Toronto Daily Star et
le Star Weekly, dont la consommation se chiffre à
près de 66,000 tonnes par année.
Pour fabriquer cette énorme quantité de papier
journal, il faut des machines très perfectionnées
et très compliquées. La machine à faire
le papier journal est une merveille d'ingéniosité
mécanique. Plus longue qu'un terrain de rugby, elle
coûte 10 millions de dollars et débite une feuille
de papier continue de plus de 20 pieds de largeur à
une vitesse d'un demi-mille à la minute tout en contrôlant
des tolérances de l'ordre de un dix millièmes
de pouce.
Consommation des produits forestiers
Au cours des années 1958-1962, la consommation du
bois au Canada a été en moyenne de 3,241 millions
de pieds cubes par année. Dans ce total, les grumes
et les billots destinés à l'industrie du bois
de construction ont figuré pour 43.7 p. 100 ;
le bois de chauffage et le charbon de bois pour 9.3 p. 100 ;
les poteaux et les pilotis, le bois rond de mine et autres
produits divers pour 1.8 p. 100 ; les billes et le bois
à pâte d'exportation pour 4.8 p. 100 ; les
incendies de forêt pour 8 p. 100 ; les rondins
pour les fabriques de pâte et de papier pour 32.4 p.
100. Avec le tiers de la consommation totale, les usines de
pâte et les papeteries ont rapporté plus de revenus
au Canada que toutes les autres industries forestières
prises ensemble.
Il n'y a pas tellement d'années, il se trouvait encore
de nombreuses forêts accessibles, et inoccupées
pour répondre à nos besoins croissants en pâtes
et en papiers. Aujourd'hui, il n'existe plus de grandes forêts
disponibles de bois à pâte à proximité
des usines, - et il n'est pas facile de prendre une usine
de 50 millions de dollars et de la transporter près
d'un nouvelle forêt. D'une façon générale,
les usines doivent se tirer d'affaire avec leurs concessions
actuelles. Afin de réussir dans cette voie, l'industrie
de la pâte et du papier a adopté en 1946 la méthode
d'exploitation à rendement perpétuel. Les sociétés
exploitent leurs peuplements en se fondant sur le principe
qu'une nouvelle récolte de bois pourra être effectuée
au même endroit tous les 60 ou 120 ans, selon les essences,
puis elles font appel à l'art et aux sciences sylvicoles,
à la planification, à la protection et au bon
sens pour que cette hypothèse se réalise.
En plus d'apporter des améliorations à la
gestion des forêts, l'industrie des pâtes et papiers
s'efforce d'utiliser plus économiquement ses ressources
en bois. Le bois propre à la fabrication de la pâte
est dirigé vers l'usine pour y être transformé ;
d'autres arbres sont réservés à la fabrication
des contre-plaqués ; les billes de sciage deviennent
du bois de construction ; les déchets de scierie
sont transformés en copeaux pour faire des pâtes
chimiques.
En Colombie-Britannique, les déchets de scieries
représentent plus de la moitié du bois utilisé
par les fabriques de pâte et de papier.
Grâce à l'amélioration des méthodes,
il est maintenant possible de fabriquer une plus grande quantité
de pâte avec une corde de bois qu'on ne pouvait le faire
il y a quelques années ; de meilleurs moyens d'utilisation
des écorces comme combustible ont été
mis au point ; et un plus grand nombre de produits commerciaux
secondaires, comme l'alcool, les jusées, les liants
routiers, la térébenthine et la levure, sont
maintenant fabriqués avec ce que l'on considérait
autrefois comme des déchets de la fabrication de la
pâte.
Autres produits du bois
Le contre-plaqué est un matériau composé,
constitué de couches de bois collées ensemble
et dont les fils sont croisés selon des angles déterminés,
le plus souvent à angle droit. C'est un produit aux
usages multiples, dont les applications sont de plus en plus
nombreuses et variées. Il est fort, léger, décoratif,
et existe en feuilles de presque toutes les dimensions.
Le bois lamellé est un produit d'usinage obtenu en
cimentant des planches ou des madriers à l'aide de
substances adhésives. Les membres de charpente ainsi
fabriqués peuvent être façonnés
en arcs de grandes dimensions que l'on utilise dans les églises,
les amphithéâtres et les stades, où de
vastes pans de toit sans support sont nécessaires,
et ces arcs gardent toute la beauté naturelle du bois.
On se sert aussi, quelquefois, de panneaux de particules
dans l'industrie du bâtiment. Ces panneaux sont fabriqués
en agglomérant de petits copeaux ou flocons de bois,
avec lesquels on forme des feuilles de dimensions courantes.
La fabrication des placages a acquis une importance de plus
en plus grande. Ces matériaux varient de moins d'un
cinquantième de pouce à un quart de pouce ou
plus d'épaisseur. Les placages minces sont appliqués
sur la surface du bois ou des panneaux de particules utilisés
dans la fabrication des meubles, des pianos ou d'autres ouvrages
d'ébénisterie de qualité, auxquels ils
permettent de donner un très beau fini.
La laine de bois - copeaux très déliés
largement utilisés dans l'emballage des articles fragiles
- se fait à l'aide d'une machine à pointes d'acier
acérées, qui coupe de courts billots de bois,
habituellement de peuplier. La farine de bois, ingrédient
important de la dynamite, de certaines sortes de linoléum
et de quelques nouveaux produits en plastique, est obtenue
en broyant des copeaux, de la sciure et d'autres déchets
de scierie en une poudre fine. Le charbon de bois, fabriqué
avec les bois les plus durs, est utilisé pour allumer
les feux et pour faire la cuisine, comme désodorisant
ainsi que dans la préparation de beaucoup de médicaments.
Les tanins qui sont tirés de l'écorce des arbres
sont abondamment employés pour le tannage des peaux,
la fabrication de l'encre et comme moyen de fixation des colorants
azoïques.
Parmi les autres matériaux fournis par les arbres,
il convient de mentionner l'essence de thuya, utilisée
dans la fabrication des insecticides, des produits d'entretien
pour les parquets et les meubles, des parfums, des cirages
à chaussures et des graisses ; le baume du Canada,
employé dans l'industrie de l'optique, dans la fabrication
des vernis à l'alcool et comme antiseptique ;
la levure, qui sert à produire des protéines
comestibles, élément qui fait le plus défaut
dans le régime alimentaire de la majeure partie de
la population du globe.
Conservation
Nous ne pouvons pas nous permettre de gaspiller les ressources
forestières qui nous restent. En pratiquant des méthodes
d'abattage inconsidérées et imprévoyantes
dans certaines régions, nous avons souvent par le passé
exclu toute possibilité d'obtenir une seconde récolte
d'arbres pour remplacer ceux que nous avions coupés.
C'est à notre négligence que sont imputables
80 p. 100 environ de tous les incendies de forêts qui
ont dévasté en moyenne plus de deux millions
d'acres de terre par année au Canada. En 1961, le feu
a ravagé plus de 9 millions d'acres de terres boisées.
Nous avons dépensé des centaines de millions
de dollars pour réparer les dommages causés
au cours des cent dernières années ; pour
réensemencer et replanter des superficies boisées
soumises à un régime de coupes faites au hasard
ou incendiées par l'étourderie des hommes ;
pour régulariser le débit de cours d'eau qui,
jusqu'à notre entrée en scène, réglaient
eux-mêmes leurs régimes grâce à
la présence de bassins recouverts de forêts.
Parmi les modes d'exploitation forestière qui sont
considérés comme répréhensibles
par les spécialistes en sylviculture il y a lieu de
ranger : l'utilisation des forêts sans égard
à l'avenir ; l'abattage du bois sans mesures suffisantes
pour assurer le renouvellement des forêts ; l'action
de profiter de la valeur, de l'utilité et des services
de la forêt sans considération pour les autres ;
l'usage abusif des droits forestiers ou pour l'avantage exclusif
de l'exploitant.
Ces erreurs sont regrettables, mais c'est un fait que seulement
40 p. 100 environ des forêts en exploitation dans le
monde sont administrées selon le régime du rendement
soutenu. Cela veut dire que les méthodes d'abattage
sont jusqu'à un certain point de nature destructive
dans le cas de 60 p. 100 des ressources forestières
mondiales.
Le Canada a au moins accompli un premier pas dans la voie
de l'utilisation rationnelle de ses forêts. Les efforts
visant à protéger les forêts contre l'incendie,
les insectes et les maladies ont été intensifiés
dans toutes les parties du pays. Des voies d'accès
permettant aux pompiers et aux gardes forestiers de se rendre
rapidement sur les lieux où leur intervention est nécessaire
sont en cours de construction. Un renouveau d'intérêt
se manifeste au sein des ministères des forêts
fédéral et provinciaux, et les grands exploitants
industriels de produits forestiers s'efforcent d'informer
le public de la nécessité de la conservation,
tandis que les spécialistes en conservation insistent
sur le besoin de protéger la surface forestière
des bassins hydrographiques dans l'intérêt de
la vie humaine.
Les travaux de recherches sont nombreux. En ce qui concerne
les produits du bois, celles-ci se divisent en deux grandes
catégories : Les recherches fondamentales et les
recherches appliquées ; les premières fournissent
les données de bases essentielles sur les propriétés
mécaniques, physiques, chimiques et anatomiques des
bois canadiens ; les secondes portent sur la mise au
point d'applications nouvelles et améliorées
du bois, le perfectionnement des méthodes et une utilisation
plus complète des matières premières
offertes par les coupes annuelles.
Le ministère des Forêts et du Développement
rural compte sept établissements régionaux,
y compris un certain nombre de stations d'expérimentation
forestière, dans lesquelles s'effectuent des recherches
sur des problèmes aussi nombreux que variés
portant sur la croissance et la régénération
des forêts ainsi que sur les méthodes de protection
et de gestion. Le ministère possède également
deux laboratoires de produits forestiers de même que
plusieurs instituts de recherches où l'on poursuit
des études dans des domaines spécialisés
visant à la fois à servir les intérêts
du Canada dans son ensemble et à compléter le
travail des laboratoires régionaux.
D'autre part, l'Institut canadien de recherches sur les
pâtes et papiers procède continuellement à
des recherches fondamentales et appliquées sur les
terres boisées et les activités des fabriques
de pâte et de papier. Il s'agit là d'un organisme
sans but lucratif, dont la direction est confiée à
un conseil d'administration composé de représentants
de l'Association canadienne de la pâte et du papier,
de l'Université McGill et du gouvernement canadien.
Ses travaux concernent tous les aspects de l'industrie, depuis
la croissance des semis en forêt jusqu'à la fabrication
des produits finis que l'on trouve dans le commerce.
L'avenir
Il est incontestable que tes progrès techniques accroîtront
les possibilités d'utilisation éventuelle des
ressources forestières. Au cours des quarante dernières
années, les recherches chimiques ont placé le
plus ancien des matériaux utilisés par l'homme
à la base des industries ultra-modernes. La mécanisation
aura également pour effet de rendre la production du
bois économique même dans les peuplements clairsemés
où les anciennes méthodes rendaient l'abattage
impossible.
Au cours du Congrès national de la forêt, en
1966, certaines prévisions ont été signalées
par le président de l'Association canadienne de la
pâte et du papier, M. R. M. Fowler, également
président de la séance plénière.
La demande à l'égard de la pâte et du
papier sera dans 34 ans d'ici cinq fois et demie plus considérable
qu'elle ne l'est aujourd'hui ; les besoins en bois durs
auront presque doublé en 1975. La demande de bois tendres
et de contre-plaqués augmentera d'environ 50 p. 100
en 1975 et les chiffres de 1975 auront doublé en l'an
2000. « Il est permis d'affirmer, a ajouté le
président, qu'un effort de grande envergure s'imposera
pour répondre à ces niveaux éventuels
de la demande. ... En songeant à l'an 2000, il
est évident qu'avec les méthodes et les mesures
actuelles, nous n'aurons pas suffisamment de bois pour satisfaire
les besoins prévus. »
Voilà pour l'aspect industriel, mais nous ne devons
pas oublier que la forêt a d'autres avantages. La vue
des forêts est toujours un enchantement pour les touristes,
et chaque arbre, considéré individuellement,
est une chose très belle. Ces touristes sont des consommateurs
de produits et de services. Leurs dépenses profitent
aux marchands, aux cultivateurs, aux journaliers et à
beaucoup d'autres. Les nouvelles devises qu'ils apportent
dans notre pays jouent un rôle important dans notre
balance des paiements internationaux, car elles exercent le
même effet que les nouvelles exportations de marchandises.
Quant à nous, habitants d'un pays doté de
riches forêts, la beauté naturelle des bois reposent
nos sens, stimulent notre esprit et calment nos âmes
troublées. Il importe de ne pas laisser périr
une richesse aussi merveilleusement belle.
Les arbres qui sont abattus et transportés par flottage
ou par camions jusqu'aux scieries et aux fabriques de pâte
forment la matière d'une autre existence et acquièrent
ainsi une vie nouvelle. Un tronc coupé devient, par
son utilisation, quelque chose d'actif et de profitable. Mais
il faut le remplacer par un arbre sur pied et bien vivant.
Les forêts sont renouvelables, la Nature se chargera
de les reconstituer à condition que l'on ne gêne
pas son action. Mais il est possible aussi de les dépouiller
et de les détruire, sans pouvoir jamais les renouveler.
Si nous entravons l'oeuvre de la Nature dans nos forêts,
il faudra employer nos talents à les entretenir.
Le simple civisme doit inciter chaque Canadien à
exiger et à appuyer l'élaboration d'un programme
permanent d'exploitation forestière et à assumer
sa part de responsabilité personnelle en matière
de conservation des forêts.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
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