Vol. 39, N° 7 Juillet 1958
La préparation
d'un discours
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Parler en public n'est plus, comme
autrefois, un fait exceptionnel pour l'homme ordinaire. Même
ceux qui ne sont pas appelés à monter sur l'estrade ne peuvent
guère espérer de nos jours ne jamais avoir à se lever et à
prendre la parole.
Les hommes d'affaires sont de plus en plus recherchés pour
parler au nom de leurs entreprises et pour diriger des campagnes
de toutes sortes. Ils doivent savoir s'exprimer devant les
actionnaires et les employés, les associations syndicales,
les solliciteurs des oeuvres de bienfaisance, les groupements
d'hommes et de femmes des organismes paroissiaux et scolaires
et les convives des déjeuners-causeries. Lorsqu'un homme se
voit inviter de plus en plus souvent à prendre la parole,
c'est un indice qu'il acquiert de l'importance.
Étant donné les nombreuses occasions que nous avons de parler
en public, il importe de bien comprendre la valeur de la parole.
Le présent bulletin n'est pas une étude sur le maintien
de l'orateur, l'emploi des gestes et autres choses de ce genre.
Il traite avant tout de l'élément essentiellement fondamental
de tout discours : la préparation de ce qu'on veut dire.
L'entraînement personnel
La parole publique exige un entraînement personnel :
entraînement à maîtriser son vocabulaire, entraînement à bien
utiliser sa voix et entraînement à parler devant un auditoire.
Mais ce qui importe avant tout c'est l'entraînement à ordonner
ses idées. Votre discours n'aura de force et de persuasion
que dans la mesure où il s'appuiera sur une matière préparée
d'avance.
Ce conseil ne vaut pas seulement pour les amateurs. Les
plus grands orateurs de l'histoire préparaient leurs discours
avec soin. Démosthène, qui est considéré comme un modèle d'éloquence,
ne se levait jamais à l'assemblée, même sur les instances
du peuple, à moins d'avoir préalablement étudié le sujet en
discussion et de s'être préparé à prendre la parole.
Le pire orateur est l'homme qui n'a rien de prêt à dire
et qui pourtant peut douloureusement faire perdre une demi-heure
à un auditoire.
Un discours doit être bien construit. Il vous faut une base,
une charpente et l'édifice qu'elles supportent. Si vous savez
assembler ces éléments, si vos paroles exposent les faits
relatifs à un problème ou à une situation de telle façon que
les auditeurs puissent suivre votre raisonnement sans effort,
et si, à la fin de votre allocution, l'auditoire se trouve
dans l'état d'esprit que vous désirez, vous avez fait un excellent
travail.
La préparation d'une causerie publique de quelque nature
que ce soit exige que vous vous procuriez des renseignements
authentiques, récents et intéressants sur votre sujet ;
disposez ces renseignements selon un ordre logique, de manière
à progresser vers le but que vous avez en vue, et remplissez
le canevas ainsi obtenu avec des faits, des chiffres et des
exemples.
La préparation vous permettra de toucher tous les aspects
de votre matière. Ne concentrez pas votre attention uniquement
sur les arguments favorables à votre thèse. Même si vous n'en
parlez pas, vous devez connaître les idées des antagonistes.
Il y a peut-être des considérations que vous avez laissées
de côté et qui tendent à détruire la force de votre plaidoyer.
Un bon discours, comportant une demi-douzaine de points forts,
peut être démoli par un adversaire qui s'attaque au seul point
faible autour duquel l'orateur n'a pas eu la prévoyance d'ériger
une ligne de défense. Vous auriez peut-être avantage, à ce
stade de votre préparation, à consulter le Bulletin mensuel
de septembre 1951, sur l'art de bien penser.
Vos devoirs envers l'auditoire
Vous avez des devoirs envers vos auditeurs. Ceux-ci sont
venus pour vous écouter parler de votre mieux. Ils espèrent
entendre quelque chose qui justifiera leur présence à la réunion.
Votre discours doit être approprié à la circonstance. Établissez
le fait que votre sujet est important pour vous et pour votre
auditoire, et maintenez-vous toujours à ce niveau d'intérêt.
La négligence et le débraillé sont les plus vils des péchés
esthétiques.
Quel est, à l'heure actuelle, le sentiment général de votre
auditoire sur la question que vous vous proposez de lui exposer.
Préparez votre discours de façon à tenir compte des goûts
et des préférences de chacun, mais insistez tout particulièrement
sur les points susceptibles d'intéresser ceux que vous pouvez
amener à partager votre manière de voir.
Ne comptez pas trop sur l'inspiration que vous puiserez
chez votre public lorsque vous vous lèverez pour prononcer
votre allocution. Mettez plutôt de l'inspiration dans votre
discours au moment où vous l'écrivez, afin de stimuler votre
auditoire.
Le meilleur moyen de bien se tirer d'affaire est de s'adresser
aux auditeurs en faisant appel à ce qui les intéresse et en
l'exprimant d'une manière frappante. Cette règle s'applique
aux discours comme à toutes les autres activités qui ont trait
aux relations avec le public : pensez, parlez et agissez
en fonction des goûts et des préférences des gens.
Il faut tâcher d'imaginer quelles sont les questions que
les auditeurs nous poseraient si nous étions assis à notre
pupitre et de répondre à ces questions dans notre discours
ou notre allocution. Cet art d'introduire les réponses dans
son discours en l'écrivant est ce qui fait la différence entre
parier « avec » et non pas « à » son auditoire.
Fixez-vous un but
La première condition à remplir pour faite un discours,
c'est évidemment d'avoir quelque chose à dire. Et il faut
entendre par là non pas simplement quelque chose que l'on
peut dire, mais quelque chose que l'on doit dire, quelque
chose qui pèse lourdement sur l'esprit jusqu'à ce qu'il en
sorte.
L'orateur doit connaître la tâche qui lui incombe et savoir
jusqu'où il a le devoir de conduire l'auditoire. La question
à laquelle il doit premièrement répondre n'est pas « qu'est
ce que je vais dire », mais « pourquoi ». Pour
quelle raison m'a-t-on invité à parler ? Quelles connaissances
ou expérience spéciales ai-je à communiquer à ces gens ?
Vous ne voulez peut-être pas vendre un article, gagner un
vote ni organiser une société, mais si vous ne vous êtes pas
fixé un but, si vous n'avez pas établi d'une certaine façon
la réaction que vous attendez de vos auditeurs, votre discours
manquera de vigueur.
Du commencement à la fin
Comme l'a dit un sage de l'antiquité, il y a trois parties
dans un discours : le commencement, le milieu et la fin.
Cela peut sembler une vérité de la Palisse, mais en réalité
c'est un principe grandement négligé.
L'introduction doit servir à attirer l'attention de votre
auditoire sur le but de votre allocution. Dans le corps de
votre discours, vous exposerez et développerez les faits et
les arguments sur lesquels repose votre thèse. La conclusion
est l'endroit et le temps indiqués pour amener les auditeurs
à accepter votre point de vue et, peut-être, à donner suite
à vos propositions.
Ce que vous dites dans vos premières phrases devra viser
à gagner la bienveillance de l'auditoire, à éveiller l'intérêt
et à arriver sans interruption à la partie principale de votre
discours.
Ne vous servez pas de l'introduction pour vous excuser.
On entend des orateurs s'excuser de tout ; d'être là,
d'oser parler sur le sujet, de n'être pas convenablement préparé,
etc. Si vous n'avez rien à dire qui mérite d'être écouté,
ne parlez pas. Et si vous avez quelque chose à dire, parlez
sans tourner autour du pot.
De grâce soyez modeste, mais ne dépréciez pas votre auditoire.
Si vous commencez par dire que l'on vous a pressé de parler,
que l'on vous a invité parce qu'un autre n'est pas venu ou
qu'on vous a enjôlé malgré votre manque évident de compétence,
vous avouez en somme que le président de l'assemblée n'a pas
jugé l'auditoire assez important pour trouver un bon conférencier.
Le corps du discours
Que vous prononciez une allocution devant les actionnaires,
une causerie sur la sécurité devant les scouts, une « harangue »
dans un club de bienfaisance sociale ou tout autre discours
devant un groupement quelconque, il y a un principe qui doit
toujours vous guider. Il ne s'agit pas pour vous d'épater
ou de déconcerter vos auditeurs par de brillants artifices
de rhétorique, mais d'accroître la compréhension et les connaissances
de ceux qui vous écoutent, afin qu'ils vous suivent dans la
voie que vous avez choisie.
Vos arguments doivent s'enchaîner suivant un ordre progressif.
Il doit y avoir de la vie dans votre discours. Vous n'obtiendrez
pas ce résultat en vous effaçant et en ne pensant qu'à votre
sujet, ni en observant les règles de l'élocution imitative.
Vous n'y arriverez que si vous savez mettre de l'entrain dans
votre discours en l'écrivant et maintenir une attention de
tous les instants pendant que vous êtes devant vos auditeurs.
Variez votre débit. Si votre style est plutôt lent ou, comme
disent certains manuels, prosaïque, essayez de rédiger quelques-uns
de vos paragraphes avec des phrases courtes et des mots saisissants.
Si vous êtes porté à parler trop vite pour que l'on vous comprenne
facilement, insérez quelques phrases bien sonores dans votre
discours pour ralentir votre allure.
Ne vous écartez pas de la question. Les digressions et les
détails inutiles ne peuvent qu'amoindrir votre force de conviction,
sans compter qu'ils rendront votre causerie ennuyeuse. Plus
le temps qui vous est accordé est court, plus vous devez couper
sans pitié les détails intéressants mais superflus.
La conclusion du discours
La conclusion est votre grand moment. C'est là que vous
et votre auditoire parvenez à la destination pour laquelle
vous vous êtes embarqués ensemble.
Ne laissez pas vos auditeurs entre ciel et terre ;
finissez en beauté ; sachez vous arrêter une fois pour
toutes.
Le danger à ce stade, c'est que l'orateur détruise tout
l'effet de son allocution en tirant par les cheveux quelque
question nouvelle ou hors de propos, ou en retombant dans
des banalités. Que de fois n'avons-nous pas entendu un beau
discours, bien débité, suivi de stupides remerciements à l'auditoire
pour sa bienveillante attention ou d'insipides excuses d'avoir
été trop long.
Si vous résistez à ces tentations, qui vous entraîneront
lentement à votre perte, vous pourrez vous rasseoir en triomphe,
laissant croire à l'auditoire que vous auriez pu continuer
encore une demi-heure sur un plan aussi élevé, mais que vous
vous en êtes abstenu par modestie.
Les qualités du discours
Pour composer un discours qui réunit ces conditions, il
y a cinq ou six qualités qu'il importe de ne pas perdre de
vue : la simplicité, la correction de la langue, la vivacité,
la précision et la sincérité.
Ne cherchez pas à faire étalage de votre érudition dans
votre discours. Si votre auditoire ne comprend pas ce que
vous voulez communiquer, votre effort est vain et vous vous
rendez ridicule. Demandez-vous souvent, en rédigeant :
qu'est-ce que cela veut dire ?
Ce n'est pas l'étincelle extérieure qui fait la valeur d'un
discours, mais la flamme intérieure qui allume la sympathie
des auditeurs.
Exprimez-vous toujours en bon français. « Commettre
une faute de français, dit André Moufflet, ce n'est pas seulement
pécher contre la grammaire et contre le vocabulaire, c'est
bien souvent trahir la pensée qu'on prétend détenir et transmettre. »
On ne donne pas de vivacité à un discours en débitant de
vieux clichés ou des formules usées jusqu'à la corde. Votre
allocution doit renfermer des idées claires et nettes, que
vous imprimerez dans la mémoire des gens par l'emploi d'un
vocabulaire approprié et d'exemples bien choisis.
Arrangez-vous pour avoir au moins un fait bien établi et
un bon exemple, dans chaque point de votre discours. Ces faits
seront tirés de votre expérience ou de vos lectures, mais
il devront être brefs, clairs et appropriés. Vos exemples
pourront être sérieux ou amusants, empruntés à la poésie ou
aux journaux, mais veillez à ce qu'ils soient à propos.
Il ne faudrait pas sacrifier la précision aux figures de
rhétorique ou à d'autres ornements du discours. Assurez-vous
bien que vous savez tout ce que vous devez savoir de votre
sujet. En analysant à fond votre sujet, vous dresserez une
barrière contre l'imprécision et l'ambiguïté, ces deux grands
ennemis de la communication des idées.
Comparez votre texte avec vos sources. Cette tache vous
sera plus facile si vous notez dans le marge de votre manuscrit
où vous avez trouvé vos citations, vos idées ou vos faits.
Les abréviations sont très commodes dans ce cas : par
exemple « ADC 126 » signifiera » tiré de l'Annuaire
du Canada, page 126 » ; « BM juin 58, 3
voudra dire « lu dans le Bulletin mensuel de juin
1958, page 3 », etc.
De la persuasion
La persuasion est une qualité qui doit figurer dans le texte
même du discours. Si la chose n'est pas là pour gagner l'appui
de l'auditoire, le mode de présentation manquera le
plus souvent le but. Il s'agit, en effet, d'atteindre l'esprit
de vos auditeurs, et non pas seulement leurs oreilles.
Votre discours ne devra pas se borner à une simple description
de la ligne de conduite que vous préconisez ; il devra
éveiller le désir de la suivre. Vous y parviendrez en énonçant
votre but avec vigueur, imagination et enthousiasme.
Voici un canevas sur lequel vous pouvez bâtir un discours :
(1) montrez qu'il y a un problème à résoudre ou une situation
à redresser ; (2) expliquez les éléments essentiels du
problème ou les divers aspects de la situation ; (3)
parlez de l'échec des tentatives antérieures ; (4) dites
pourquoi votre solution est la meilleure ; (5) évoquez
la mise en pratique de votre solution, y compris les avantages
qu'elle apporterait aux autres et la satisfaction qu'en tireraient
ceux qui contribueraient à la faire adopter.
N'oubliez pas d'inclure une suggestion bien précise dans
votre conclusion. Indiquez en termes clairs et nets la nature,
le lieu, le moment et le mode de la réaction que vous désirez
de vos auditeurs.
Il va sans dire que la persuasion doit être sincère. Quel
que soit le plan sur lequel elle s'exerce, dans les affaires
comme dans la vie sociale, la communication des idées soulève
toujours la question de la vérité et de l'honnêteté.
Et maintenant, au travail
Certaines personnes peuvent dicter ou composer un discours
sans effort, mais la plupart d'entre nous n'avons pas cet
avantage ; nous devons y travailler.
La façon la plus facile de commencer est d'esquisser à grands
traits vos vues sur le sujet. Notez vos idées comme elles
vous viennent. N'attendez pas que le sujet soit mûr pour le
cueillir ; cueillez le d'abord et mûrissez-le ensuite.
Couchez quelque chose sur le papier sans tarder. Faites
un premier jet, si vous le désirez, en vous inspirant des
grandes rubriques suivantes : problème, cause, étendue,
remède. Peut-être aurez-vous avantage à utiliser ici l'une
ou l'autre des façon de procéder indiquées dans « La
rédaction d'un rapport » (Bulletin mensuel de février
1952).
À partir de ce moment, les six conseils qui suivent vous
seront très utiles :
(1) Réfléchissez sur le sujet choisi. Pensez à vos auditeurs
et à leurs connaissances. Dressez une liste de toutes les
questions qui présentent un intérêt capital pour votre auditoire :
bénéfices, amour des parents, ambition, confort, instinct
de conservation, etc. Demandez-vous comment vous pouvez les
rattacher à votre sujet de façon à mettre votre opinion en
lumière et à renforcer vos arguments.
(2) Songez à ce que vous allez dire dans votre introduction,
où vous devez bien préciser votre but ; dans le corps
de votre discours, où vous exposerez vos faits et vos arguments
avec ordre et logique ; et dans votre conclusion, où
vous rappellerez et résumerez les principaux points de votre
argumentation et pousserez votre public à l'action.
(3) Lisez beaucoup afin d'amplifier vos idées. Renseignez-vous
sur tous les aspects de la question ; c'est le seul moyen
de pouvoir répondre dans votre discours aux objections qui
pourraient surgir dans l'esprit de vos auditeurs.
(4) Écrivez votre discours.
(5) Révisez votre manuscrit. Est-il complet, clair et convaincant ?
A-t-il suffisamment de caractère ?
(6) Répétez votre discours, debout et montre en main, et
faites les coupures nécessaires.
De la documentation
Le conseil numéro trois est très important. Il est essentiel,
pour faire un beau et bon discours, que l'orateur soit au
fait des vérités de la question qu'il traite.
Quels critères nous permettront de juger de la valeur de
la documentation, et où trouverons-nous les matériaux nécessaires ?
Le plus important des critères est l'exactitude. Vos matériaux
sont-ils techniquement exacts ? Sont-ils de date récente ?
Sont-ils véridiques, non seulement en eux-mêmes, mais aussi
dans leur application actuelle ? Sont-ils à la portée
de votre auditoire ?
Lorsque vient le moment de consulter les livres, choisissez
quelques-uns des textes les plus sûrs et les plus prometteurs,
parcourez-les jusqu'à ce que vous trouviez ce qui convient
le mieux à votre objet et concentrez-y votre attention. S'il
y a des vides entre ce que vous avez sous la main et ce qu'exige
votre esquisse, comblez-les en faisant d'autres lectures,
sans toutefois vous laisser entraîner dans des sentiers écartés.
S'il s'agit d'une question d'actualité, consultez les derniers
numéros des bons périodiques pour voir s'il ne s'y trouve
pas des renseignements plus récents que ceux de vos livres.
La rédaction du discours
Vous devez mettre vos notes en ordre afin que vos auditeurs
puissent vous suivre facilement lorsque vous vous adresserez
à eux. Il faut soigner à la fois la forme et le fond de votre
discours.
Commencez ensuite à rédiger. Laissez courir votre plume :
couchez vos idées sur le papier et attendez à plus tard pour
émonder et astiquer. Écrivez comme si vous parliez, car en
fin de compte le discours écrit n'est que la préparation du
discours parlé.
La longueur de votre texte dépendra naturellement du temps
qui vous est accordé pour parler, de ce que vous avez à dire,
de la nature de votre sujet et de la vitesse ordinaire de
votre débit. L'allure généralement acceptée pour la parole
publique est de 125 mots à la minute. Si vous disposez de
25 minutes et si vous avez suffisamment de matière appropriée,
vous pouvez faire un discours de 3,125 mots, soit à peu près
de la même longueur que le présent Bulletin. Il ne
faut pas avoir honte d'avoir un manuscrit devant soi lorsqu'on
parle. Vos auditeurs n'y trouveront pas à redire, car le fait
de vous être préparé à leur intention leur permettra de mieux
vous suivre.
Cicéron lui-même, ce grand orateur romain, avait l'habitude
de préparer ses discours avec soin et de prononcer les plus
importants avec un texte. Ceux qui ont regardé les chefs politiques,
à la télévision, pendant la dernière campagne électorale ont
vu des hommes, rompus à la parole publique, débiter des discours
écrits, même s'ils répétaient les mêmes choses tous les soirs.
Ces hommes savent combien il est important de ne pas s'écarter
du sujet et d'être sûr d'employer les mots justes pour exprimer
ce qu'on veut dire.
Si vous voulez être un bon orateur, vous devez préparer
votre discours en pensant aux règles de l'élocution. En voici
quelques-unes : ne parlez pas d'une voix toujours uniforme ;
ne laissez jamais votre auditoire éprouver un sentiment d'infériorité ;
mettez du rythme et du mouvement dans vos paroles ; que
votre discours ait de la vie et de l'animation.
La préparation d'un discours est, dans ces conditions, une
tâche assez simple. À côté des conseils compliqués que nous
donnent les manuels de rhétorique, ces quelques recettes semblent
bien superficielles ! Mais pour la plupart des hommes
et des femmes qui veulent, non pas devenir de grands orateurs,
mais communiquer leurs idées, elles sont suffisantes.
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