Juillet 1952 L'art de vendre
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L'art de vendre mérite une
bonne place dans l'estime publique. C'est le vendeur qui fait
marcher le commerce, et nous avons tous quelque chose à
vendre.
L'art de vendre exige certaines qualités qui contribuent
à produire de bons résultats.
Il est difficile d'énumérer ces qualités.
En vérité, il est peu probable que deux chefs
d'entreprise sur cent s'accordent sur les aptitudes qu'ils
préfèrent chez leurs vendeurs, et tout le monde
sait que les vendeurs même ne s'entendent pas sur ce
qui fait un bon vendeur. Mais il existe des qualités
fondamentales dont il convient de tenir compte.
L'art de vendre, qu'on décrit parfois comme l'art
de persuader, est aussi vieux que la parole. Tout le monde
n'est pas un vendeur de métier, mais dans nos contacts
avec nos semblables, nous sommes tous engagés à
vendre. On pourrait même dire qu'un naufragé
sur une île déserte fait lui aussi de la vente :
il réfléchit avant d'agir et se persuade qu'il
vaut mieux faire ceci que cela.
Citons parmi les cas qui ne sont généralement
pas considérés comme des ventes : l'avocat
qui plaide en faveur de son client, l'auteur d'une thèse
sociale, le candidat à une élection, le prêtre
qui fait un sermon en chaire : tous ces gens-là
pratiquent l'art de vendre. Et même ceux qui, pour des
raisons politiques, attaquent le régime de la libre
entreprise, se trouvent à pratiquer les principes de
l'art de vendre pour faire valoir leur point de vue.
Les présidents de nombreuses grosses entreprises
commerciales et financières doivent leur position principalement
au fait qu'ils sont bons vendeurs, même s'ils n'ont
jamais été commis-voyageurs.
La nécessité de la vente
La vente n'est pas simplement un moyen de disposer d'une
plus grande quantité de marchandises que les concurrents :
elle contribue puissamment à maintenir notre mode d'existence.
Un récent article de Fortune dit que pas même
ses plus ardents partisans n'oseraient prétendre qu'elle
peut apporter la prospérité en temps de crise,
mais elle exerce une influence préventive.
Notre plus grand problème industriel est de trouver
les débouchés pour employer profitablement la
masse de notre population ouvrière. Les progrès
de la technologie et de la production ont pose un important
problème. La vente des produits doit marcher de pair
avec la production en gros.
Dans le volume Make Selling Your Career, Percy W.
Ward fait cette remarque qui, malgré sa forme générale,
est conforme aux théories économiques :
« C'est grâce à l'art de vendre que nous
jouissons de la plupart des conforts modernes. Tout ce qui
contribue à la création et l'entretien du foyer
et à la conduite des affaires modernes, tout cela est
possible parce que, dans le cours des événements,
l'art de vendre a joué son rôle. »
D'aucuns prétendent que quelque jour nous n'aurons
plus besoin de vendeurs, parce qu'il n'y aura plus rien de
nouveau à acheter. Mais nos désirs ne seront
jamais satisfaits, et il y aura toujours de nouveaux procédés
destinés à créer de nouveaux besoins.
Il n'y a pas si longtemps que, généralement,
les inventeurs vivaient dans la misère et finissaient
par mourir de faim. Il fallait des années pour que
le produit de leurs idées arrive à la portée
du public. Aujourd'hui, le vendeur se met de la partie :
il introduit l'article, et dans quelques mois ou un an il
a aidé à édifier une industrie florissante
basée sur l'idée de l'inventeur.
Nous trouvons cela tout naturel dans notre système
économique. Ce genre de vente est secondé par
des services qui apportent de nouvelles commandes et qui tiennent
les acheteurs satisfaits.
À vrai dire, toute réduction dans les efforts
de vendre ferait inévitablement baisser les commandes
et ferait par conséquent diminuer la production et
l'embauchage.
La vente comprend tout ce qui s'applique à l'échange
de marchandises ou de services pour de l'argent. Dans son
volumineux ouvrage sur la vente, le Dr Paul H. Nystrom établit
une distinction entre la « vente » et « l'art
de vendre ». Certaines ventes, dit-il, n'exigent aucun
art ou effort. L'art de vendre consiste à présenter
les marchandises de manière à convertir l'indifférence
ou le refus en désir d'acheter ou demande. « C'est »,
dit-il, « le facteur additionnel qui cause plus de transactions
et produit plus de ventes qu'il ne serait possible d'obtenir
autrement. »
Qualités du vendeur
En plus de connaître son produit, le vendeur de marchandises
ou de services est appelé à résoudre
le problème d'apprendre à expliquer ce qu'il
sait de manière à éveiller le désir
d'acheter.
Les qualités morales essentielles au vendeur sont
celles de tout bon citoyen et conformes aux préceptes
de l'Evangile. La sincérité est nécessaire,
et non seulement la sincérité mais aussi l'honnêteté.
La vente n'est pas complète tant que le vendeur n'a
pas acquis la confiance du client. Il n'a remporté
ni prestige pour sa compagnie, ni honneur pour lui-même
sans cela.
Il est nécessaire que le vendeur ait grande foi dans
ce qu'il vend et dans sa compagnie. Il a besoin d'une patience
infinie, basée sur une bonne connaissance de la nature
humaine. Il faut qu'il sache comment s'y prendre avec les
gens pour leur inspirer confiance et leur faire accepter ses
marchandises.
Le vendeur qui excelle dans son métier est celui
qui a le coeur à l'ouvrage. Il analyse chaque futur
client pour découvrir ses besoins, et fait ainsi preuve
du franc désir de l'aider à résoudre
ses problèmes. Il s'analyse également lui-même
de temps à autre pour voir comment il peut perfectionner
ses méthodes de vente, sa connaissance du coeur humain,
et ses services à ses clients.
Le bon vendeur se rend compte qu'il se sentira malheureux
s'il vend quelque chose dont le client ne tirera pas profit.
Il sait que sa tranquillité d'esprit et l'honneur du
métier exigent des qualités commerciales solides
et positives.
L'enthousiasme est nécessaire. Il seconde les efforts
du vendeur et le rend optimiste et dynamique ; de plus,
il crée entre lui et l'acheteur un lien de sympathie
qui transforme l'apathie de ce dernier en intérêt.
Les clients préfèrent généralement
les vendeurs qui sont enthousiastes au sujet de leur produit
et de leur maison, parce que la loyauté du vendeur
inspire confiance au client à la fois dans le produit
et le fabricant.
La personnalité, considérée comme un
si grand avantage, n'est pas un uniforme qu'on revêt
à l'occasion d'une visite aux clients. Elle comporte
toutes les qualités mentionnées ci-dessus, et,
en outre, beaucoup d'autres résultant de la mentalité,
éducation, croyances et expérience du vendeur.
L'amabilité ne suffit pas à remplacer la personnalité.
Le sourire avec lequel le vendeur aborde un client doit sincèrement
refléter l'assurance de pouvoir se rendre utile, la
confiance que donne l'intégrité et le plaisir
de mettre tout cela au service du client.
L'art de vendre exige autant d'étude que d'expérience.
L'étude forme l'esprit, tandis que l'expérience
tire profit des leçons. Les bons vendeurs lisent beaucoup,
non seulement leurs journaux et magazines techniques, mais
des livres et traités d'économie politique,
philosophie, biographie et voyages. Il est bon de se tenir
au courant de sujets que les clients prennent souvent plaisir
à discuter.
Connaître son produit
La chose la plus importante pour un vendeur est de connaître
sa marchandise, et de savoir l'expliquer d'une façon
intéressante à celui qui va s'en servir.
Mieux le vendeur connaît sa marchandise, mieux il
est en mesure d'en vanter les mérites. Quand le vendeur
sait expliquer intelligemment les qualités et les usages
de son produit, le client donne sa commande avec plus de confiance.
C'est trop demander à un client de donner une commande
à un vendeur qui n'est pas familier avec ce qu'il vend.
Un bon vendeur cherche à connaître mieux que
n'importe qui les articles qu'il vend, parce qu'il sait que
lorsqu'il est parfaitement au courant de leur composition
et de leurs usages, il est plus utile à sa compagnie
qui sait l'en récompenser. Un vendeur qui peut donner
bonnes raisons solides en faveur de l'achat de son produit
est en meilleure mesure d'obtenir une commande que celui qui
n'en connaît que cinq. Mais ses dix raisons doivent
être appuyées sur des connaissances précises
de manière à balayer tous les doutes et inspirer
pleine confiance.
Ce n'est pas en consultant les catalogues, manuels et prospectus
qu'on acquiert ce genre de connaissances. Cela exige de l'analyse :
de quoi est fait l'article ? à quoi sert-il ?
quels sont ses bons côtes et ses points faibles ?
combien de temps dure-t-il ? peut-on facilement en remplacer
les pièces ? quels sont les points les plus importants
à faire ressortir ? est-ce le meilleur de son
genre sur le marché ?
Cette analyse exige davantage de la part du vendeur que
la connaissance de son propre article ; il faut en outre
qu'il soit familier avec les articles du même genre
qui font concurrence au sien et qu'il soit capable d'expliquer
pourquoi le sien fera mieux l'affaire du client. Celui-ci
ne sait pas toujours au juste ce qui lui convient le mieux
et il est reconnaissant au vendeur qui est en mesure de l'éclairer.
L'appel au client
Le vendeur a le choix d'un grand nombre de points pour baser
la présentation de sa marchandise, mais s'il est sage,
il s'en tient à ceux qui sont le plus susceptibles
d'intéresser son client du moment.
Il importe avant tout d'avoir à coeur les intérêts
du client. Du commencement à la fin, le vendeur doit
penser à son client et non pas à lui-même
ou sa compagnie.
L'argumentation est une arme dangereuse. C'est par la persuasion
qu'on fait des ventes. À quoi sert de prouver à
quelqu'un qu'il a tort si cela vous fait perdre sa commande.
Le rôle du bon vendeur consiste à gagner les
bonnes grâces des gens et obtenir leur clientèle.
La persuasion est basée, entre autres choses, sur
la connaissance du coeur humain. Elle exige une grande familiarité
avec les instincts naturels qui, malgré les progrès
de notre civilisation, ont encore une profonde influence sur
nos actions.
La persuasion peut s'exercer par la parole ou par un appel
aux sens du client. Elle évite, naturellement, de froisser
les sentiments et d'éveiller l'irritation. Elle s'efforce
d'éclairer le client sans lui faire sentir son ignorance.
Pour persuader, il faut être préparé
aux questions. Le vendeur essaie de prévenir les objections
et d'y répondre d'une manière convaincante.
Souvent, il est bon de ne pas attendre une objection qu'on
sent venir, mais d'y répondre à l'avance sans
en avoir l'air. Quand on donne la chance à un client
d'exprimer une objection ou une critique, il est difficile
de la lui faire oublier.
Dès que le client sent que vous avez réellement
son intérêt à coeur et que vous cherchez
à lui rendre service, vous êtes en bonne voie
d'obtenir sa commande. Il éprouve un sentiment d'importance,
parce que vous avez pris la peine d'étudier son cas.
William James, l'éminent psychologue, a dit que le
plus grand besoin de l'homme est le désir de se sentir
apprécié.
Pourquoi les gens achètent-ils ?
Un vendeur peut faire beaucoup plus de ventes en étudiant
soigneusement les raisons qui poussent les gens à acheter.
Souvent, ils ne savent même pas qu'ils désirent
ce que le vendeur a à vendre ; d'autres fois,
ils se demandent s'ils en ont besoin ou non.
Généralement, l'achat est motivé par
un des désirs suivants : gain, utilité,
prestige, plaisir. Si le produit promet un nouvel avantage,
ou paraît consolider un avantage déjà
acquis, il a naturellement un grand attrait. Il reste maintenant
à permettre au client de décider qu'il existe
une bonne raison logique en faveur de l'achat, et que votre
produit est certain de satisfaire son désir beaucoup
mieux que tout autre produit.
Ces convictions doivent être présentées
d'une manière facile à comprendre et il est
important que le vendeur mette le doigt sur le plus puissant
motif, car sans cela il perd son temps ou risque de manquer
la vente.
Robert S. Moore raconte une bonne histoire à ce sujet
dans son livre The Human Side of Selling publié
l'an dernier. Un commis était en train d'essayer de
vendre un poêle à une vieille dame. Il avait
expliqué en détail la merveilleuse façon
dont il était construit et s'évertuait à
décrire le fonctionnement du registre automatique quand
la bonne femme l'interrompit par cette simple question :
« Dites-moi, monsieur, est-ce qu'il me tiendra au chaud ? »
Parmi toutes les qualités d'un article, il est souvent
difficile de choisir celles qui en favoriseront la vente.
C'est ici que le vendeur a l'occasion d'utiliser sa connaissance
du coeur humain et d'appliquer intelligemment ce qu'il a appris
au sujet de sa marchandise. Le choix est différent
pour chaque client, et dépend de ce que le vendeur
connaît à son sujet et de ce qui l'intéresse
à ce moment.
L'art de vendre consiste principalement à montrer
aux gens la manière dont certains articles remplissent
certaines fonctions. Le bon vendeur sait s'informer adroitement
de ce que son client désire le plus, et ensuite lui
montrer comment le produit ou le service en question fera
son affaire. Quand l'esprit de l'acheteur rencontre l'esprit
du vendeur, une vente s'ensuit.
C'est là un programme qui exige grand travail et
clair raisonnement de la part du vendeur. La tâche n'est
pas facile. Outre la volonté de travailler, le vendeur
doit faire preuve de persévérance, courage,
initiative et imagination. Ajoutez à cela la nécessité
de faire des plans à l'avance. Beaucoup de vendeurs,
excellents sous tous les autres rapports, perdent toute chance
d'avancement parce qu'ils n'ont pas d'ordre et de système
dans leur travail.
La présentation du produit
Le vendeur qui ne se prépare pas à l'avance
s'expose au désappointement quand, il aborde son client.
Il peut lui arriver d'être arrêté immédiatement
par une décision adverse à laquelle il ne sait
pas répondre, et de se trouver ainsi en passe de perdre
la commande avant d'avoir eu le temps de démontrer
son produit.
La présentation, c'est-à-dire la démonstration
du produit, le « boniment » si vous voulez, est
la partie la plus importante de la vente. Le Dr Nystrom dit
dans son Marketing Handbook que l'art de vendre comprend
huit parties : préparer le terrain, apprendre
à qui s'adresser, obtenir un rendez-vous, commencer
la présentation, éveiller l'intérêt
de l'acheteur, établir des réactions favorables,
répondre aux objections, conclure la vente.
Si merveilleux que soit un produit, encore est-il nécessaire
d'en expliquer les qualités au client. Ces qualités
sont peut-être évidentes aux yeux du vendeur,
mais il doit être capable de les faire ressortir en
termes frappants et favorables au cours d'une présentation
claire, complète et convaincante.
Beaucoup de chefs de ventes estiment que les dix premiers
mots de la présentation sont les plus importants et
jouent le rôle de l'en-tête dans un article de
journal. « Vous » ou « votre » figurent
généralement dans les dix. Le vendeur est là
pour dire ce que l'acheteur désire entendre, et non
pas ce que lui-même aimerait dire.
Il est ordinairement admis qu'une démonstration est
avantageuse au cours de la présentation quand la nature
du produit le permet. Elle fait généralement
ressortir les qualités matérielles du produit
ou la facilité et la simplicité de son emploi.
La parole est souvent moins efficace qu'une simple démonstration,
particulièrement lorsqu'il est possible d'y faire participer
l'acheteur, par exemple en l'invitant à goûter
un échantillon, à écouter la pureté
de ton d'un instrument, à prendre et examiner un outil
ou à s'en servir. Une invitation de ce genre engage
l'attention du client, lui donne le sentiment de jouer un
rôle dans l'affaire, et lui offre l'occasion de montrer
ce dont il est capable.
À remarquer cependant qu'il est important de ne pas
inviter l'acheteur à faire fonctionner un appareil
ou une machine à moins d'être sûr qu'il
soit capable de bien s'en tirer. Et de son côté
le vendeur doit se rappeler d'employer son article pour illustrer
sa présentation orale, et non pas sa présentation
pour expliquer l'article.
Malgré tout son désir d'expliquer et de démontrer
son article, le vendeur doit savoir quand garder le silence.
Il arrive souvent que le client se décide tout seul
si on lui donne le temps de réfléchir à
son aise. Beaucoup de gens aiment mieux cela que d'être
pressés d'acheter par le vendeur.
Toutes les présentations mènent au point où
l'acheteur signe son nom au bas de la commande. Aucune vente
n'est profitable tant qu'elle n'est pas conclue.
Les experts comme le Dr Nystrom estiment que la conclusion
de la vente commence au début de la présentation.
Le seul but de l'entrevue est de faire acheter le client.
Les meilleurs vendeurs ne savent pas toujours à quel
point celui-ci se décide à acheter. C'est quelquefois
au début de la présentation, parfois quand le
vendeur est arrivé au milieu. Le point risque d'être
manqué par le vendeur qui manque de discernement et
qui se croit obligé de débiter jusqu'au bout
les pages de son manuel, ou par celui qui ne sait pas interpréter
correctement certains petits signes révélés
par les questions du client.
Arrivé à la partie destinée à
conclure la vente, le vendeur devrait s'efforcer d'éveiller
dans l'esprit du client quelques images relatives à
l'emploi qu'il aura l'occasion de faire de l'article en question,
à la maison, dans la rue, aux yeux de ses amis, etc.
Routine à éviter
On ne compte pas comme vendeurs ceux qui étaient,
comme dans un magasin où on se sert soi-même,
les marchandises qu'ils ont à vendre et qui attendent
que le client décide combien il désire en prendre
et donne une commande.
D'autres emploient la formule ordinaire de présentation,
sans y changer un seul mot. Cette formule préparée
avec soin et soumise à l'épreuve est très
utile au débutant. Elle lui met des phrases toutes
faites dans la bouche en attendant qu'il en trouve de son
cru. Elle est utile, également, les jours où
le vendeur, malgré tous ses efforts, ne trouve plus
rien à dire. Mais le plus souvent elle donne au vendeur
l'air d'un écolier qui récite, un rôle
dans une pièce, sans spontanéité ni conviction.
Le bon vendeur fait usage de sa formule en tenant compte des
modifications nécessaires pour rattacher étroitement
sa proposition aux intérêts du client.
Le succès du vendeur, qu'il soit le représentant
d'une grande entreprise industrielle ou un commis de magasin,
dépend de l'individu. Le plus humble commis dans un
petit magasin peut rendre son métier intéressant
en appliquant, dans le cadre de sa position, les principes
nécessaires aux meilleurs vendeurs : sincérité,
courtoisie, connaissances et désir de se rendre utile
aux clients.
Une bonne méthode
L'art de vendre reconnaît qu'au moins deux personnes
doivent trouver profit à chaque vente : l'acheteur
et le vendeur. Il n'est pas honnête, d'après
le code commercial moderne, de vendre à quelqu'un un
article dont il ne sera pas capable de se servir avantageusement,
pas plus qu'il n'est permis de le tromper sur la qualité
des marchandises.
Le client ordinaire n'est pas expert dans l'art d'acheter.
Il est plus ignorant sous ce rapport que le vendeur. Il convient
donc au vendeur de protéger le client, et de lui donner,
si possible, quelque chose de meilleur qu'il ne s'attend à
recevoir d'après son contrat.
Les vendeurs, les chefs de vente et les maisons qui pratiquent
cette méthode s'en trouvent beaucoup mieux financièrement.
Le succès d'une entreprise, presque dans la majorité
des cas, dépend de la répétition des
commandes, et celles-ci dépendent à leur tour
de ce qui suit : pleine valeur (encore plus, si possible)
dans la première vente ; sincérité
du vendeur à l'égard des intérêts
du client ; intégrité de la maison en ce
qui concerne les promesses du vendeur ; et lettres ou
visites de la part du vendeur ou d'un membre de la direction
pour s'assurer que le client tire le meilleur parti possible
de son achat.
Une vente parfaite n'est jamais finie ; la fin d'une
vente est le commencement d'une autre.
Pour terminer, citons un passage de Salesmanship and
Sales Management par John G. Jones : « Le vendeur
réellement honnête donne à sa maison les
meilleurs services dont il est capable, ne dit jamais que
la vérité au sujet de ses marchandises, ne vend
pas plus à un marchand que celui-ci n'est capable de
revendre, et peut retourner indéfiniment dans son territoire
en acquérant à chaque voyage un nombre d'amis
de plus en plus grand pour lui-même et sa maison. »
Mr. Jones raconte une histoire au sujet d'un vendeur à
cheveux gris et à l'air bénin qui sollicitait
une grosse commande de machinerie et dit, au début
de son entrevue avec le président de la compagnie :
« Je ne suis pas très fort comme vendeur. En effet,
je me suis occupé des achats presque toute ma vie et
je me trouve constamment à prendre le point de vue
de l'acheteur. » Et ce n'est qu'après le départ
du bonhomme qui avait si admirablement exprimé en quelques
mots les principes de l'art de vendre et qui emportait la
commande dans sa poche, que le président et ses collègues
se rendirent compte qu'ils avaient eu affaire à un
excellent vendeur.
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