Vol. 57,N° 1 Janvier 1976
Pourquoi remettre
à demain ?
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De nos jours, tout le monde semble
manquer de temps. On dirait que nous n'arrivons pas à
faire tout ce que nous voudrions. Nous avons peur de rester
seuls avec nos pensées, parce que ces pensées
aboutissent invariablement à ce que nous devrions faire.
Cela provient de la mauvaise habitude de remettre au lendemain
ce qui peut être fait le jour même. L'inertie
et le manque d'organisation sont les causes de cette temporisation.
C'est là un grand mal, car un tel atermoiement nous
prive de bien des satisfactions, et souvent du succès
et du bonheur qui en découlent. La remise à
plus tard de l'étude d'un problème ne fait que
le prolonger.
Tempus edax rerum (le temps détruit tout),
disait Ovide dans ses Métamorphoses. Le temps
perdu ne revient pas. Ne pas en profiter c'est manquer l'occasion
de réaliser pleinement nos aspirations et nos espoirs.
En affaires, celui qui hésite est un homme perdu.
Il faut évidemment bien réfléchir avant
de prendre une décision, mais on ne peut s'éterniser ;
il y a des occasions qui ne se retrouvent pas.
Pour la vie de l'esprit, la manie de remettre au lendemain
est aussi préjudiciable. La plupart des gens ont l'ambition
d'acquérir une certaine culture, mais ils ne tiennent
pas tellement à y consacrer beaucoup de temps ou de
labeur.
Nous remettons même à plus tard les moments
de loisir que nous pourrions nous procurer. Combien de gens
se plaignent de ne pas avoir le temps de se récréer.
Ils sont constamment pressés. Pour eux, la vie est
une corvée sans fin, un éternel cauchemar. Ils
ne savent comment organiser leur existence. Ils sont incapables
d'aborder un travail urgent ou de prendre une décision.
Pourtant, il n'est guère plaisant, même si
nous en avons l'habitude, de remettre au lendemain. Notre
conscience en éprouve toujours quelque remords ou,
du moins, un certain mécontentement.
Un obstacle au succès
Les hommes qui ont réussi dans leur carrière
sont invariablement ceux qui se sont acharnés à
leur travail quand ils étaient plus jeunes de vingt
ou trente ans. Ils n'ont remis à plus tard aucun des
efforts qui pouvaient contribuer à leur avancement.
Songeant au lendemain et à toutes les belles occasions
qu'il pouvait leur offrir, ils ont su accomplir leur besogne
de jour en jour.
Le succès ne frappe jamais à la porte de ceux
qui sont toujours en retard dans leur travail, et l'on ne
voit jamais au pinacle des affaires ou de l'administration
des gens mous et nonchalants.
Bien des hommes attribuent leur réussite dans la
vie à leur perspicacité, car ils se sont fait
la réflexion suivante : « Voici ce qui arrivera
si j'entreprends telle ou telle affaire » au lieu de
tout remettre à plus tard en disant : « Je
verrai à cela si je m'y vois forcé ».
Ce sont surtout les jeunes qui doivent bien se garder de
remettre au lendemain. Il ne faut pas, comme dirait Boileau,
que leur esprit, « toujours flottant entre mille embarras,
ne sache ni ce qu'il veut ni ce qu'il ne veut pas ».
On flotte souvent, en effet, si bien que lorsqu'on se décide
d'agir, le moment opportun est passé ; on a perdu
sa chance. Arrivé à l'âge mûr, l'homme
indécis est encore dans les rangs des simples employés
tandis que son ami d'enfance, plus entreprenant, occupe le
bureau du directeur.
Quand un homme remet tout à la dernière minute
et néglige de se préparer à toutes les
éventualités, il rencontre des obstacles à
chaque pas. Tout ce qu'il essaie devient pénible. Combien
de fois des décisions trop hâtives ne le font-elles
pas trébucher ?
Or, voici le paradoxe. En cherchant à en prendre
à son aise avec les choses, on ne fait que les rendre
malaisées. On dépense parfois plus d'énergie
à chercher par quel moyen éviter une tâche
qu'il en faudrait pour l'accomplir, car on s'épuise
plus à se torturer les méninges qu'à
agir. Nous perdons notre calme en nous efforçant de
faire aujourd'hui ce que nous aurions dû entreprendre
hier.
L'atermoiement exerce non seulement une influence néfaste
sur notre vie, mais il incommode grandement tous nos compagnons
de travail. Tous ceux qui ont affaire à un temporisateur,
que ce soit à la maison, à l'usine ou au bureau,
sont sur des épines. Ils s'affolent en cherchant à
rattraper le temps perdu par la faute d'un seul.
Habitude sournoise
L'habitude de toujours remettre au lendemain s'implante
de la façon la plus insidieuse. Peu importe, pensons-nous,
si nous différons la rédaction d'une lettre
ou un appel téléphonique important, ou encore
un rendez-vous avec le dentiste. À demain les affaires
sérieuses, disons-nous cavalièrement, mais comme
c'est enfantin !
Darwin avait remis à plus tard la publication de
ses théories sur le transformisme, en dépit
du conseil de ses amis, si bien qu'un autre savant, vivant
aux antipodes, le devança dans l'exposé de cette
doctrine. Il en est de même de nos jours dans les pays
les plus civilisés, alors que des gens se laissent
mourir plutôt que d'aller voir leur médecin.
Est-ce vraiment une consolation que de songer aux succès
que nous aurions pu remporter, mais que nous avons laissé
passer parce que nous n'avons pas su prendre une décision.
En nous empressant d'exécuter le travail qui se présente,
nous profitons des meilleures occasions. Mais, si l'on se
dit : « Je suis jeune, j'ai bien le temps »,
le moment propice s'envolera, et nous constaterons bientôt
que nous restons les mains vides.
N'allons pas chercher ailleurs d'autres exemples, car nous
sommes les grands coupables. Nous remettons au mercredi le
rapport que nous aurions dû commencer à rédiger
le lundi ; des travaux pressants se présentent
le jeudi et le vendredi, si bien que nous sommes obligés
de travailler en fin de semaine à la maison, sans personne
pour nous fournir les renseignements qui nous seraient utiles
et sans secrétaire pour mettre au net notre brouillon.
Nous remettons à demain la visite d'un ami malade à
l'hôpital, si bien que le malheureux succombe avant
que nous ayons trouvé le temps de lui dire adieu !
Nous remettons à demain quelque réparation à
la maison, le bêchage d'une plate-bande, la mise en
terre de bulbes de tulipes, mais des amis surviennent et la
fin de semaine se passe sans nous avoir permis d'accomplir
ce que nous nous proposions.
Le châtiment de notre négligence peut être
onéreux. Plus d'un homme s'est rendu compte, après
l'incendie de sa maison, qu'il avait négligé
de payer sa prime d'assurance le mois précédent.
Plus d'un voyageur de commerce s'est aperçu qu'un rival
avait obtenu la commande qu'il avait omis de solliciter le
premier auprès d'un client sérieux.
Les causes
Il ne suffit pas de reconnaître que remettre au lendemain
est un défaut ; pour s'en corriger, il faut en
examiner les causes.
La principale cause est l'indolence, vice qui ne procure
qu'une satisfaction mesquine. L'indolence peut être
le point faible d'un homme d'affaires. Elle se manifeste chez
l'ouvrier qui flâne, chez la ménagère
nonchalante, chez le vagabond paresseux. Tous ces gens-là
usent de faux-fuyants pour ne pas se mettre à l'oeuvre.
Il leur répugne de mettre la main à la pâte ;
la moindre difficulté les rebute, ou bien ils tournent
en rond.
Ce défaut peut être la conséquence d'une
santé débile, car il faut jouir d'une bonne
santé pour avoir l'énergie de s'attaquer à
une besogne et la mener à bien.
Un enfant qui fait mine au lever de ne pas trouver ses vêtements
manifeste peut-être par là sa répugnance
à aller à l'école, et il croit par ce
moyen retarder son départ de la maison. Un homme qui
s'emporte au cours d'une réunion d'affaires mettra
sur le compte des autres un retard dont il est peut-être
l'unique responsable et que son irritation cherche à
cacher.
Cette habitude que vous avez contractée de toujours
remettre au lendemain, vos parents sont peut-être ceux
qui vous l'ont inculquée sans le vouloir, en se chargeant
de tout ce que vous auriez dû faire vous-même.
Vous vous êtes aperçu à la longue qu'en
négligeant vos petites corvées il n'en résultait
rien de grave ; d'autres s'en préoccupaient à
votre place.
Mais aujourd'hui, vous constatez que votre négligence
est la cause d'ennuis sans nombre. En remettant toujours au
lendemain votre devoir de chaque jour, vous ne menez plus
une existence utile. Vous vous rendez malheureux parce qu'en
ajournant la préparation de votre avenir, vous ne savez
pas jouir du présent et des belles occasions qu'il
peut vous offrir. Ce ne sont pas uniquement vos responsabilités
que vous remettez à demain, c'est votre succès
et le bonheur qu'il procure.
L'écrivain anglais Samuel Johnson, auteur d'un poème
célèbre sur la Vanité des désirs
de l'homme, appelle le lendemain « cette maîtresse
fatale des jeunes, des paresseux, des lâches et des
fous ».
Ce qui nous déplaît
À vrai dire, nous sommes tous portés à
remettre à plus tard ce qui nous déplaît
ou ce qui présente quelque difficulté. Nous
nous livrons alors à de menues occupations, cherchant
ainsi à apaiser notre conscience. Tout cela est plus
fatigant que le travail, et l'appréhension d'une besogne
déplaisante nous préoccupe à tel point
que nous sommes incapables de bien accomplir nos autres devoirs.
Mais personne ne peut échapper aux tâches difficiles
ou désagréables, et il serait bon d'apprendre
par l'expérience d'autrui et non par nous-même
que ce n'est pas les éviter que de feindre de ne pas
les voir. Il arrive un moment où il faut retrousser
ses manches et se mettre à l'oeuvre. En tergiversant,
nous souffrons le martyre.
Hamlet, un des héros les plus énigmatiques
du théâtre de Shakespeare, personnifie bien le
conflit entre les nécessités de l'action et
les hésitations de la pensée. Tout à
la fois impulsif et irrésolu, Hamlet est bien l'image
de l'homme qui veut et ne veut pas. Dans le célèbre
monologue qui commence par ces mots « to be or not to
be », le jeune prince danois, ayant d'abord pris la résolution
d'assassiner son oncle, hésite devant l'horreur d'une
telle vengeance ; puis, quand l'occasion se présente
de mettre à exécution son sinistre projet, il
prétend que le moment n'est pas opportun.
Il en est tout autrement de celui qui, faisant honneur à
ses engagements, a pris l'habitude d'agir sans retard. Il
n'y a pas de besognes déplaisantes qui traînent.
Connaissant depuis longtemps le danger des atermoiements,
il les fuit comme la peste. Il sait que la négligence
d'aller déposer son bulletin de vote pourra être
la cause de l'élection du mauvais candidat, que la
sympathie qu'on refuse de manifester peut entraîner
des inimitiés, que l'appel téléphonique
qu'on remet peut faire perdre une belle commande, qu'un retard
à un rendez-vous peut le priver d'un emploi lucratif.
Attendre l'inspiration
Des écrivains, des compositeurs, surpris à
rêvasser, s'excusent en disant qu'ils attendent l'inspiration.
Or, celle-ci frappe rarement à la porte des paresseux.
Elle vient à ceux qui l'invitent à leur table...
de travail.
Sir Arthur Sullivan, compositeur d'opérettes et d'oratorios
célèbres, disait vers la fin de sa vie :
« Il y a des jours où le travail est pénible ;
d'autres, par contre, où tout est facile, mais si j'avais
attendu l'inspiration, je n'aurais jamais rien fait ».
Dans plus d'un bureau, des employés perdent leur
temps à aiguiser des crayons dont ils ne se serviront
pas, au lieu de s'appliquer aux travaux qui se présentent.
D'autres compliquent les problèmes inutilement et s'excusent
de leur retard à prendre une décision en prétextant
qu'ils doivent en examiner tous les angles et songer à
toutes les possibilités.
En somme, il vaut mieux opter promptement pour une solution,
plutôt que de compter sur un éclair de génie.
Dans un monde où il faut savoir affronter la concurrence,
celui qui attend le moment opportun s'aperçoit bientôt
qu'il a trop attendu.
Retarder une décision afin de prendre le temps de
chercher ou d'obtenir les renseignements pertinents n'est
pas tergiverser. Tous les grands chefs ont su délibérer
avec prudence, mais ils ont aussi agi rapidement dès
leur décision prise.
En débattant chaque problème, en attendant
l'étincelle qui fera jaillir la bonne décision,
nous deviendrons timides et indécis dans nos jugements.
Les Hamlets qui sont en nous doivent apprendre qu'il vaut
mieux prendre une mauvaise décision que de ne pas en
prendre du tout. Toute erreur nous enseigne au moins une chose :
celle de ne pas commettre la même faute. Demeurer indécis
entre deux choix c'est se placer dans la situation de l'âne
de Buridan qui, pressé par la soif et la faim, mourut
entre un seau d'eau et un picotin d'avoine.
Le devoir n'est pas simplement ce à quoi on est tenu ;
c'est aussi l'obligation de le faire au moment voulu, que
cela nous plaise ou non. Lorsque nous assumons la responsabilité
d'accomplir un travail, de tracer un plan ou de diriger d'autres
personnes, nous sommes obligés par l'honneur de nous
y conformer au moment promis ou attendu.
Cela nous amène à la question de la ponctualité.
Des gens peu sérieux s'excusent d'un retard en disant
qu'ils n'ont aucune notion du temps, sans s'arrêter
à penser que si c'était vraiment le cas ils
auraient bien pu arriver avant l'heure fixée qu'après.
Il y en a d'autres qui, chaque fois qu'ils doivent prendre
le train, partent de chez eux à la dernière
minute et sont tout surpris de voir que le train, soumis à
un horaire rigoureux est parti sans les attendre. Mais les
gens qui prennent la vie au sérieux ne courent pas ;
ils préfèrent arriver à la gare quelques
minutes avant le départ. De même lorsqu'ils doivent
rencontrer quelqu'un, ils n'oublient pas que « la ponctualité
est la politesse des rois ».
Songeons un peu à ceux qui doivent attendre. Il y
en a qui s'exaspèrent, tandis que d'autres savent profiter
de ces minutes d'attente. Tel est le cas de Mme Helen Brandon,
conseillère en psychologie, qui raconte qu'en un an
elle a dû attendre pendant un total de 120 heures. « Durant
ces heures, dit-elle, j'ai trouvé mille sujets d'articles,
j'ai étudié les dossiers de plus de 100 personnes
et j'ai passé au moins un tiers du temps à me
détendre d'une façon ou d'une autre ».
Temps et rendement
Le temps joue un rôle important dans le rendement
d'un homme. Le rendement repose sur l'économie de l'énergie,
de l'espace et du temps. Lord Chesterfield disait ironiquement,
en parlant du vieux duc de Newcastle : « Monsieur
le duc perd une heure le matin et passe le reste de la journée
à se demander ce qu'il en a fait ».
Une vie bien organisée consiste à accomplir
chaque chose à son heure. L'homme qui sait utiliser
son temps n'en est jamais l'esclave. Il ne passe pas son existence
à ruminer de vains regrets, à vivre dans le
passé ou à se plaindre de ce qui n'a pas été
fait.
Certaines personnes sont plus portées que d'autres
à toujours remettre au lendemain ce qu'elles peuvent
faire aujourd'hui, mais chacun d'entre nous peut être
affligé de ce défaut. Inutile de hausser les
épaules en disant : « Que voulez-vous ;
je suis ainsi fait ! » On ne se corrige pas d'un
défaut en cherchant des prétextes. Les biographies
des grands hommes racontent comment ceux-ci ont su vaincre
des faiblesses de ce genre.
Le plus grand bienfait de l'éducation, celle des
jeunes comme celle des adultes, est de nous apprendre à
faire ce qu'il faut en temps voulu. Cependant, pour se corriger
de la mauvaise habitude de toujours remettre au lendemain,
il suffirait d'appliquer ce que l'on sait déjà
à nos problèmes quotidiens, sans qu'il soit
vraiment nécessaire d'apprendre quelque chose de nouveau.
Il s'agit de s'améliorer petit à petit. Prenez
d'abord la résolution de procéder avec ordre
et méthode quand vous lisez votre courrier. Mettez
de côté les lettres qui demandent réflexion
de votre part avant d'y répondre, mais abordez-les
tout de suite après avoir expédié la
correspondance courante. Tracez le plus exactement possible
le programme de votre journée, de la semaine qui commence
et même de toute l'année, en tenant compte des
obstacles qui pourraient se présenter. Il est très
probable que vous en trouverez une multitude qui détraqueront
l'horaire que vous vous êtes fixé et que, les
connaissant d'avance, vous vous appliquerez à les éliminer
autant que possible.
Cet effort de votre part changera peut-être complètement
votre façon de vivre, en vous apprenant à distinguer
entre la bonne et la mauvaise manière d'agir. Pourquoi
être l'esclave des habitudes ? Pourquoi faut-il
répondre au courrier avant de s'attaquer au travail
important de la journée ? Pourquoi faut-il vaquer
aux soins du ménage avant d'entreprendre une grosse
corvée ?
Dressons le programme de notre journée. Inscrivons
tout ce que nous avons à faire et calculons le temps
que nous prendrons pour chaque besogne. Classons-les par ordre
d'importance, puis mettons-nous au travail.
Le temps comme la marée n'attend personne, dit un
proverbe anglais. Ballottés par les flots de la vie,
l'aurore nous réveille, la nuit nous invite au sommeil.
C'est donc entre les matins et les soirs que se placent les
épisodes de notre existence, nos projets et nos travaux.
Les faibles regarderont s'écouler les heures ;
les forts profiteront de chacune des minutes qui passent.
Que vous jouissiez de beaucoup de temps libre ou que le
travail vous presse, vous serez le plus heureux des hommes
si vous savez tirer le meilleur parti de chacun de vos instants.
Réglez donc le programme de votre journée, et
vous n'aurez pas l'impression de piétiner sur place
ou de donner des coups d'épée dans l'eau.
Une telle discipline vous permettra de concentrer votre
attention sur le travail du moment, tout en vous assurant
une bonne vue d'ensemble. Baden Powell avait inventé
pour ses scouts un jeu appelé « Near and Far ».
Au cours d'une marche dans la campagne, il arrêtait
ses jeunes éclaireurs à certains intervalles
et leur ordonnait de faire volte-face, puis il leur demandait
de lui dire ce qu'ils avaient remarqué à leurs
pieds comme à l'horizon quand ils marchaient. Voir
de près et de loin, voilà aussi ce à
quoi nous devons nous appliquer dans l'emploi utile de notre
temps.
À la fin d'une journée bien remplie, il est
réconfortant et encourageant de constater tout ce que
nous avons pu accomplir dans les grandes comme dans les petites
choses. Parfois, tout semble aller de travers et des événements
imprévus viennent déranger nos plans ;
mais, si nous avons bien travaillé, nous nous apercevons
qu'à tout prendre notre journée a été
fructueuse.
Contre l'inertie
Les savants nous disent que les êtres humains, comme
toutes les autres créatures, sont soumis à ce
qu'ils appellent l'entropie, ou plus simplement à la
tendance universelle au repos et à l'inertie. Ainsi
il faut plus d'effort pour entreprendre une chose que pour
la poursuivre, de même qu'il est plus facile d'arrêter
que de continuer sa marche.
Ce n'est pas tout de prendre une décision ;
il faut la mettre à exécution. Décider
et ne rien faire peut aboutir au découragement, à
l'irritation, à l'abattement, et même causer
des affections physiques et mentales.
Ne vous attardez donc pas trop devant une besogne avant
de l'accomplir. Même si les progrès sont lents,
le fait de vous mettre à l'oeuvre vous encouragera
à continuer.
Tout homme qui ambitionne de réussir dans sa profession
cherchera quels sont ses points faibles afin d'y remédier.
Si notre faiblesse est de toujours remettre au lendemain ce
que nous devons faire le jour même, ne cherchons pas
de vaines excuses, mais efforçons-nous, avec patience,
de nous corriger.
Par nos pensées et nos actions fécondes, accompagnées
de la détermination de ne plus laisser d'emprise à
notre nonchalance, nous pourrons faire que l'année
qui vient soit beaucoup plus riche en réalisations,
plus heureuse et plus vivifiante que celle qui l'a précédée.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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