Vol. 56, N° 1 Janvier 1975
Afin de vivre longuement
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Certaines personnes aiment le piquant
du danger, mais les dangers d'aujourd'hui sont trop périlleux
pour qu'on s'en moque. Des statistiques révèlent
qu'en Amérique du Nord les accidents évitables
font chaque jour 350 morts. Au cours d'une seule année,
au Canada, 8,480 hommes et 3,551 femmes ont perdu la vie de
façon accidentelle. Les accidents de la circulation
représentent environ la moitié de ces pertes
de vie ; les accidents domestiques, pour leur part, causent
20 p. 100 des accidents mortels.
Depuis qu'il habite cette planète, l'homme a passé
la majeure partie de son temps à lutter pour assurer
sa survivance et la vie de ses enfants.
Les quatre facteurs qui nous permettent d'espérer
une longue vie sont ; le bien-être matériel,
la maîtrise de nos sentiments, la juste appréciation
du danger et le désir de vivre.
Les événements que nous rejetons en tant que
faits du hasard ne sont pas sans cause. Le hasard, a dit Voltaire,
est un mot que nous avons inventé pour désigner
l'effet connu des causes inconnues. Pour être en sûreté,
il nous faut démasquer les choses et les situations
qui menacent notre sécurité ; puis les
supprimer ou les éviter.
Dans les grandes entreprises industrielles, les dangers
physiques font l'objet de nombreuses mesures de protection :
poussières et fumées sont aspirées et
évacuées ; les normes hygiéniques
sont élevées.
La plupart des accidents du travail, environ 85 p. 100 en
moyenne, sont imputables à des imprudences. Si ingénieux
et efficaces soient-ils, les dispositifs de protection restent
vains s'ils ne sont pas utilisés par les ouvriers.
L'existence d'un programme de sécurité n'est
pas une garantie de sécurité, mais un moyen
d'assurer la sécurité qu'il importe de respecter.
Les bureaux, eux aussi, ont leurs dangers : escaliers
et parquets glissants ; tiroirs de classeurs laissés
ouverts ; cordons de téléphone et fils
de machines à écrire pendants ou étalés
sur le sol ; portes battantes ; fauteuils défectueux ;
passages encombrés, etc.
Le secret d'un bon programme de sécurité à
l'atelier, au bureau ou au foyer est l'organisation. Cela
suppose des normes de sécurité, de l'éducation
et de l'entraînement, des signaux d'avertissement et
des mécanismes de protection, ainsi que des inspections.
Dans le secteur des affaires comme dans celui de l'industrie,
beaucoup d'associations s'emploient à promouvoir la
sécurité. Le présent Bulletin s'adresse
surtout aux foyers.
Les causes d'accidents
Parmi les causes qui nous prédisposent aux accidents
viennent en premier lieu nos émotions, l'inquiétude
et les soucis, la colère et la fatigue. Lorsque notre
cerveau fonctionne mal, la poussée de l'émotion
nous mène tout droit vers la catastrophe. L'émotion
peut paralyser la raison et nous rendre vraiment sourd ou
aveugle aux dangers éventuels.
La mauvaise humeur est un état d'esprit dangereux.
Une personne d'humeur gaie, bienveillante, joyeuse est moins
exposée aux accidents que celle qui a le coeur en proie
au mécontentement, au chagrin ou au désespoir.
Quand nous sommes irrités, mal en train ou frustrés,
nous devons redoubler d'attention dans tout ce que nous faisons,
car ces sentiments nous rendent particulièrement vulnérables
aux accidents.
Une personne qui conserve sa bonne humeur est mieux à
l'abri des accidents que celle qui cède à la
colère. La colère n'est pas uniquement l'un
des sept péchés capitaux, mais aussi l'une des
forces déséquilibrantes qui nous inclinent à
commettre des actes dangereux. En diminuant notre capacité
habituelle de penser avec précision, elle met obstacle
à notre pouvoir de nous maîtriser en cas d'imprévu.
Sous le coup de la colère, nous sommes portés
non seulement à parler avec dureté, mais aussi
à agir de façon imprudente. Quand la moutarde
nous monte au nez, toutes nos réactions physiques,
comme le froncement des sourcils, le serrement des poings,
l'accélération des pulsations du cour, se répercutent
sur l'esprit et amoindrissent notre faculté de penser
intelligemment.
La fatigue, autre cause d'accidents, est un moyen employé
par la nature pour nous maintenir dans les limites de la sécurité.
Elle nous commande d'accorder suffisamment de repos à
notre corps et à notre esprit.
Un cas spécial : les enfants
La sécurité des enfants est de tout premier
intérêt pour les adultes, et elle exige une attention
particulière. Toutes les précautions ordinaires
s'imposent dans ce cas, mais il faut faire davantage vu que
l'expérience n'a pas encore enseigné aux tout-petits
à être sur leur garde.
Il n'existe pas de vaccin ni d'anatoxine capable de prémunir
les enfants contre les accidents. Il y a toutefois deux mesures
préventives qu'il y a avantage à utiliser :
l'éducation et l'élimination de tous les dangers
possibles.
La marche à suivre pour assurer la protection des
enfants est la suivante : 1° supprimer les risques ;
2° donner le bon exemple ; 3° surveiller et guider les
enfants.
Si l'on confie de jeunes enfants à un gardien, il
importe de lui laisser une liste d'instructions. Il saura
ainsi où atteindre les parents ; quand faire manger
l'enfant ; quels numéros composer pour appeler
le médecin, la police, les pompiers, le concierge et
les voisins.
Après avoir pris les précautions qui vont
de soi pour la sécurité de vos enfants, réfléchissez
encore un peu à ce que vous pourriez faire de plus.
En cas de danger, une chatte évacue ses chatons, un
par un ; mais, si grand que soit le danger, elle revient
toujours une dernière fois sur les lieux pour s'assurer
qu'il n'en reste pas.
Faire appel à ses sens
Servez-vous de vos sens pour déceler le danger. De
vos oreilles, pour percevoir qu'une machine est défectueuse
ou mal réglée, ou qu'elle a besoin de graisse.
De vos yeux, pour discerner un obstacle présentant
un danger éventuel ou un objet pouvant tomber sur vous.
De votre nez, pour dépister les fuites de gaz ou de
produits chimiques, les odeurs de brûlé ou de
sur-chauffement. De votre toucher, pour détecter les
excès de vibration ou de chaleur.
Le sens commun nous dit que le fait de porter attention
à tous nos autres sens est un gage de sécurité.
Mais rien ne servira de tenir ses cinq sens en éveil
et en bon état si le sens commun sommeille.
Certaines personnes jouent avec la mort sans s'en rendre
compte. Elles refusent de se servir de leur intelligence,
privilège suprême de l'homme. Le savoir et la
sagacité engendrent la sécurité, à
condition qu'on les écoute. La bonne organisation de
la sécurité suppose la clairvoyance nécessaire
pour découvrir les dangers éventuels ;
elle demande que l'on sache reconnaître les rapports
des divers éléments - personnel, milieu, machines
- entre eux et utiliser ces renseignements pour juger ce qu'il
faut faire en matière d'autoprotection.
Votre milieu, c'est votre cadre de vie immédiat.
C'est tout ce qui vous entoure. Il comprend aussi bien les
vêtements que vous portez que les outils et les instruments
que vous utilisez, les appareils mécaniques de l'atelier,
de la buanderie et de la cuisine, les sols sur lesquels vous
marchez.
Lorsque ce milieu vous est bien connu et que vous y circulez
avec prudence, vous favorisez votre sécurité.
Si vous laissez le désordre s'y installer, un risque
d'accident pèse sur votre vie.
À la maison, à l'atelier, au bureau, la bonne
tenue des lieux est un important facteur de sécurité.
Une aire de travail encombrée et en désordre
est une invitation aux ennuis. Pourtant, certains persistent
à couvrir les lieux et les surfaces de travail de tas
et d'amas de toutes sortes, à répandre des substances
graisseuses sur les sols, à y éparpiller les
outils et les matériaux et à laisser des objets
lourds reposer de façon dangereuse contre les murs.
Le moyen de combattre cette menace est de s'entraîner
à faire les choses avec prudence, afin que cela devienne
une habitude. Vous en arriverez ainsi à éviter
automatiquement les situations dangereuses.
Adaptez votre manière d'agir à la nature de
votre milieu ambiant. La prudence est de savoir quels sont
les dangers qui existent, à discerner la nature des
pépins éventuels et d'agir de manière
à éviter le danger.
La patience est un ingrédient de la sécurité.
Certaines personnes sont prudentes et d'autres sont impulsives ;
certains savent attendre, d'autres non. Il est souhaitable
d'apprendre à attendre si cela paraît indiqué
pour sauver sa vie. Celui qui agit habituellement par impulsion
joue avec sa sécurité et souvent subit les cruelles
conséquences de sa trop grande précipitation.
Si vous êtes éveillé et attentif, vous
saurez quand il faut faire attention et redoubler de prudence.
Le danger d'accident naît à la faveur de l'inattention,
qui résulte souvent d'un excès de confiance.
Il y avait autrefois en Écosse une petite ville qui
avait pour devise : « Quand tout paraît sûr,
prenez garde. »
Les accidents sont un indice de déficience. Ne pas
savoir juger la vitesse d'une voiture ; ne pas lire l'étiquette
d'un flacon de médicaments ; négliger de
tourner le bouton avant de changer une ampoule, voilà
autant d'erreurs d'omission qui entraînent des accidents.
Prévoir et observer
À une époque où des organismes du gouvernement
surveillent et notent le niveau des cours d'eau et des lacs
afin d'avertir la population de tout danger imminent d'inondation,
et où d'autres suivent l'évolution des ouragans
à partir de leur naissance afin de protéger
la vie des hommes en diffusant des avis de tempête,
il n'en subsiste pas moins une certaine sphère de vie
individuelle où il nous incombe d'établir nos
moyens de détection et d'alerte.
S'en remettre au hasard dans ce cas est une piètre
façon de s'organiser pour vivre. L'effort à
faire pour assurer sa sécurité, pour autant
qu'on puisse y atteindre, n'est pas un bien grand prix à
payer. Il exige seulement un examen attentif de notre part
en vue de découvrir les habitudes et les lieux dangereux
et de prendre les mesures voulues pour supprimer ou minimiser
les dangers.
Une étude a révélé qu'elles
sont les parties de la maison qui réclament une attention
particulière. Elle indique le pourcentage des accidents
reliés à certaines zones : cuisine et salle
à manger, 30 % ; salle de séjour et chambres
à coucher, 18 % ; portique, cour, etc., 24 % ;
escaliers, 12 % ; salle de bains, 3 % ; cave, 3
%, ; passages, 2 % ;
garage, 1 %.
Inspectez votre maison de fond en comble et faites la liste
de tous les lieux et articles qui peuvent être des sources
de danger. Prenez note des risques d'incendie, des obstacles,
des fils électriques défectueux, des tapis éraillés
et des linoléums déchirés, des sols glissants,
des carpettes mal assujetties ainsi que des objets suspendus
au plafond ou appuyés contre les murs.
Faites appel à votre prévoyance imaginative
dans votre inspection. Le seul fait que personne ne s'est
blessé jusqu'ici en montant sur un tabouret branlant
ou en passant sur un parquet glissant n'est pas une bonne
raison pour ne pas arranger ces choses, afin d'éviter
l'accident qu'il est facile d'imaginer. La sécurité
pour votre famille consiste à prévoir et à
prendre des mesures préventives.
Quelques points critiques
Les chutes comptent parmi les causes les plus fréquentes
de décès et de lésions. Chaque année
la loi de la pesanteur fait des milliers de victimes. Chez
les personnes âgées, les chutes sont souvent
mortelles.
Porter dans ses bras une pile d'articles qui masquent la
vue est un excellent moyen de risquer sa vie. On peut réussir
à descendre ainsi un escalier en tâtant le terrain,
mais on peut aussi se casser la figure.
Les enfants de moins de cinq ans sont particulièrement
exposés à tomber en bas des fenêtres,
des vérandas et des escaliers. Chez ceux de 5 à
14 ans, bien des pertes de vie sont imputables aux chutes
causées pal le jeu et les sports, ainsi qu'au penchant
de cet âge à monter aux arbres, sur les toits
et sur les pentes. Dans la tranche d'âge de 15 à
64 ans, la plupart des chutes surviennent dans les escaliers
ou sur les marches ; beaucoup d'autres sont dues aux
échelles, aux escabeaux et aux boîtes qui en
tiennent lieu. Chez les plus de 65 ans, les chutes dans les
escaliers, sur les sols glissants ou les carpettes sont la
source de la majorité des accidents. Le mauvais éclairage
accroît la fréquence des chutes.
À l'extérieur de la maison, les dangers les
plus redoutables sont les chutes du haut des échelles
et celles que l'on fait en trébuchant sur des branches,
des tuyaux d'arrosage ou des jouets. Un pilote de bombardier
qui avait survécu en 1944 à une chute de 8,000
pieds dans les airs buta trente ans plus tard contre un tuyau
d'arrosage et se fractura la jambe.
Le feu fait chaque année beaucoup de morts. Les statistiques
révèlent que près de la moitié
des incendies domestiques qui se produisent au Canada sont
imputables à l'imprudence des fumeurs. Il y a maintenant
238 ans que Benjamin Franklin a rédigé son texte
sur la façon d'éviter de provoquer des incendies
par accident ou par négligence, mais la négligence
n'en reste pas moins la principale cause des incendies dans
les foyers.
L'inspection de votre maison vous donnera peut-être
l'impression de prime abord que tout est prêt pour éteindre
un incendie éventuel : il y a un extincteur à
chaque étage ; les escaliers, les couloirs et
les portes ne sont encombrés d'aucun obstacle ;
il y a du sable ou d'autres matériaux secs à
portée de la main pour combattre les incendies d'origine
électrique. Mais il faut songer à beaucoup d'autres
choses. Tous les occupants de la maison connaissent-ils les
issues de secours ? Savent-ils se servir des extincteurs
et quel est le numéro de téléphone des
pompiers ?
Les appareils électriques homologués sont
sans danger à condition d'être installés
et utilisés comme il faut. Toutes les réparations,
sauf les plus élémentaires, doivent être
confiées à un électricien. Avant de tenter
le moindre dépannage électrique, coupez le courant
au compteur. Ne vous contentez pas de pousser l'interrupteur
de l'appareil ; débranchez-le ou retirez le fusible
du circuit concerné, ou mieux encore, fermez l'interrupteur
général.
Le règlement de sécurité qui interdit
les interrupteurs et les prises de courant dans les salles
de bains est loin d'être toujours observé. D'où
la nécessité de redoubler de précaution.
Ne touchez jamais à un interrupteur ni à une
prise avec des mains humides. Evitez de toucher en même
temps un appareil électrique et une conduite d'eau
ou un radiateur. Ne manipulez pas les fils électriques
quand vous avez les pieds nus. Voilà des précautions
que chacun, si connaissant soit-il, devrait observer par habitude.
Dans la rue
La plupart des infracteurs des lois sur la circulation refuseraient
certes d'admettre qu'ils ignorent la différence entre
ce qui est bien et ce qui est mal, mais un grand nombre d'entre
eux souffrent de l'incurable ignorance de penser que le mal
est sans importance.
Chaque fois qu'un conducteur s'installe au volant, il commande
du bout du pied l'arme la plus dangereuse qu'il n'aura peut-être
jamais entre les mains.
Le rédacteur en chef des publications d'une grande
compagnie canadienne d'assurance contre les accidents écrit :
« Les collisions ne sont pas des accidents : elles
ont une cause. Sémantiquement, il est temps que nous
cessions de les qualifier par euphémisme d'« accidents ».
Les automobilistes, ayant appris à supprimer la distance,
s'exposent continuellement à se supprimer les uns les
autres. Il est facile de laisser monter l'aiguille de vitesse
sans s'en apercevoir.
Qu'ils se terminent par l'enfoncement du pare-choc ou la
mort, les accidents de la route sont causés par l'ignorance,
l'impatience, l'imprudence, l'égoïsme ou l'agressivité
de quelqu'un.
Il serait difficile de trouver dans l'histoire de l'humanité
un problème aussi mal résolu que celui de la
circulation. L'homme peut aller sur la lune, mais il demeure
impossible d'assurer la sécurité de ses déplacements
d'un lieu à un autre sur la terre. Le honteux bilan
des victimes de l'automobile a été inauguré
à New York le 13 septembre 1895 ; aujourd'hui,
vingt, voire trente accidents mortels de la route dans une
province, au cours d'une fin de semaine, n'est plus une nouvelle
sensationnelle.
La sécurité n'est jamais
parfaite
La sécurité à cent pour cent n'existe
pas. La vie de tous les instants est tissue de possibilités
d'accident. Parlant des difficultés qu'éprouve
l'homme ordinaire de la classe moyenne devant les complications
de la vie sociale et mécanique du XXe siècle,
un humoriste écrit : « La seule solution
que je voie au problème des accidents courants est
que tout le monde reste au lit toute la journée. Et
même alors, le risque d'en tomber subsiste toujours. »
On ne peut délivrer la vie de tout danger, et, si
cela se réalisait, l'existence deviendrait d'une monotonie
insupportable. Un navire qui reste dans le port est en sécurité,
mais ce n'est pas pour cela que sont construits les navires.
Un bon joueur de golf aurait peu de satisfaction à
faire une partie sur un terrain uni tout en pelouse.
La sécurité absolue est une chimère,
mais il importe, au nom du sens commun, de savoir éviter
les traquenards manifestes.
La peur est parfois notre meilleur allié. C'est un
mécanisme salutaire, une cloche d'alarme, un signal
de l'imminence du danger. Elle nous pousse souvent à
nous préparer au pire sans pour autant désespérer.
Pour jouer serré
Le Canada pourrait être un pays où l'on pourrait
vivre encore mieux à l'abri du danger si chaque collectivité
avait un conseil local de sécurité. Il s'agit
là, selon les termes du ministère ontarien des
Transports « d'un groupe de citoyens décidés
à faire de leur localité un milieu de vie plus
sûr en luttant contre le fléau des accidents
évitables. » Les membres de cet organisme sont
des représentants de toutes les classes qui s'intéressent
au bien-être de la collectivité. Le conseil établit
les domaines où un effort s'impose, puis prend des
mesures pour l'encourager. Son action s'étend à
tous les genres de promotion de la sécurité :
au foyer, dans la rue, dans l'eau, durant les loisirs, etc.
Les ligues de sécurité des provinces offrent
des brochurettes sur la prévention des incendies, la
sécurité à la maison, sur les routes
ou à l'usine. L'Association ambulancière Saint-Jean
a fait une série de films d'instruction présentant
des exemples typiques. Les commissions des accidents du travail
de toutes les provinces y ont contribué de leurs deniers.
Bien que destinés à l'éducation en usine
des ouvriers, ces films se sont révélés
d'une utilité remarquable pour favoriser la pratique
de la sécurité dans les foyers des travailleurs.
M. C. J. Laurin, qui s'est signalé par son dévouement
à la cause de la sécurité, a publié
en 1974 un ouvrage d'une centaine de pages intitulé :
Aidez-vous vous-même. Cet homme a été
l'initiateur du Cours de premiers soins de l'Association ambulancière
Saint-Jean réalisé dans le but de dispenser
un enseignement pratique et à très grande échelle
du secourisme à vocation sécuritaire. Avec l'appui
de la Commission des accidents du travail de l'Ontario et
l'Association pour la prévention des accidents du travail,
il a aussi organisé des travaux de recherche de grande
envergure et jamais entrepris auparavant en vue d'établir
le rapport qui existe entre la connaissance généralisée
du secourisme sécuritaire et la réduction de
la fréquence et du coût des accidents. Son livre
est diffusé par l'I.A.P.A., 2, av. Bloor-Est, Toronto
(Ontario).
Les scouts et les guides mettent l'accent sur la sécurité
par la dextérité. Certaines écoles consacrent
des heures de cours à la sécurité. Les
services municipaux de police et d'incendie mettent très
volontiers des moniteurs à la disposition des groupes
désireux de se renseigner sur les mesures de sécurité.
Escompter une longue vie
Au Canada, l'espérance de vie est de 71.4 ans pour
les hommes et de 77.3 ans pour les femmes, ce qui ne garantit
pas que tout le monde atteindra cet âge. Mais pour vivre
aussi longuement, ou plus encore, il faut d'abord éviter
l'instant d'inattention ou d'étourderie qui peut nous
emporter prématurément. C'est là un soin
qu'on ne peut laisser aux autres. Il s'agit d'une affaire
purement personnelle.
Si l'examen de votre foyer et de votre manière de
vivre révèle l'existence d'une situation dangereuse
ou d'une habitude dangereuse, il ne suffira pas de lui tourner
le dos pour qu'elle disparaisse. Il faudra l'affronter carrément
et y remédier de façon intelligente.
Votre sécurité est faite de petites choses.
Faire quelques pas pour tourner un interrupteur, prendre un
meilleur outil, écarter un obstacle sur le parquet ;
reculer de quelques pieds pour mieux voir l'appareil que l'on
va utiliser ; s'arrêter au coin d'une rue pour
attendre le feu vert ou le signal « passez » pour
les piétons ; bien regarder si la voie est libre
avant de déboîter pour dépasser une autre
voiture et faire son signal de changement de direction.
Notre sécurité est une affaire de prévoyance,
de quelques pas ou de quelques secondes bien employés.
Il n'en faut pas plus pour nous permettre d'accroître
la durée de notre vie.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
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