Vol. 45, N° 1 Janvier 1964
Offensive contre
la maladie
Formatage
PDF
Il serait temps que les adultes
commencent à se préoccuper davantage de leur
santé. Ils ont pensé à établir
des cliniques et des programmes d'immunisation pour leurs
enfants, à créer une institution des Nations
Unies, spécialement chargée de sauvegarder la
santé dans le monde, à installer des feux de
circulation et cent autres moyens de protection contre les
accidents, mais ils ne se soucient guère de leur santé
à eux tant qu'ils ne tombent pas malades.
Songer à sa santé, d'une façon intelligente
et pratique, ce n'est pas se laisser aller à l'hypocondrie,
cet état d'anxiété morbide qui ennuie
nos amis et gâche notre joie de vivre. Ce qui importe
aujourd'hui c'est en quelque sorte d'établir un pont
entre l'enfance et l'âge adulte.
Pourquoi les maladies de l'enfance ont-elles été
vaincues ? N'est-ce pas parce que les parents et les
instituteurs ont fait et font encore le nécessaire
pour assurer l'application des mesures préventives ?
Les enfants n'ont pas le choix dans ce domaine. Qu'ils le
veuillent ou non, nous en prenons soin avec affection et tendresse
pendant leur bas âge et leurs années de classe.
Puis, c'est la période de relâchement. Comme
il n'y a plus personne pour nous obliger à profiter
des bienfaits que nous offre la science médicale, nous
nous laissons emporter jusqu'aux premières années
de l'âge mûr sans porter attention à notre
santé et en ne demandant à la médecine
que le service négatif de ramasser les morceaux de
nos constitutions croulantes.
Mais le moment est venu de regarder au-delà de l'adolescence
et d'améliorer le bien-être physique des personnes
qui ont atteint ou dépassé la vingtaine.
Voici ce qu'on pouvait lire dans le Bulletin statistique
de la Metropolitan Life Insurance vers le milieu
de l'année 1963 : « La mortalité totale
est déjà si peu élevée chez les
enfants et les jeunes adultes que l'abaissement du taux des
décès dans ces catégories d'âge
n'apporterait qu'une augmentation relativement faible à
la durée moyenne de la vie aux États-Unis. Par
exemple, s'il était possible de supprimer tous les
décès pendant les 25 premières années
de la vie, l'espérance de vie à la naissance
ne se trouverait accrue que de trois ans. »
C'est pourquoi une action énergique s'impose à
l'heure actuelle contre les maladies de l'âge adulte.
Un grand nombre des 1,391,000 citoyens du Canada qui ont 65
ans ou plus se voient talonnés par des maladies qu'ils
auraient pu prévenir s'ils avaient continué
dans la maturité à traiter leur corps avec autant
de soin et de sollicitude qu'ils en avaient manifesté
pour leurs enfants.
Notre organisme est en principe un excellent mécanisme,
et, pour peu que nous nous en occupions en vieillissant, nous
sommes assurés d'en obtenir un bon rendement durant
toute notre vie. Au lieu de le laisser envahir par la décrépitude
à partir de vingt, trente ou quarante ans, nous devons
agir de manière à pouvoir continuer à
jouir de la vie à cinquante, soixante ou soixante-dix
ans.
« Il est permis, dit Hans Selye, de considérer
le vieillissement comme une maladie. De même que les
autres maladies, il est probablement évitable et curable. »
Les tensions
C'est dans le cabinet du médecin que ressort avec
tout son triste cortège de maux notre incapacité
de faire face avec succès aux atteintes de l'âge
adulte. Le médecin ne peut rien changer au rythme de
la vie moderne, mais il peut nous dire ce que nous devons
faire pour adopter celui qui nous convient vraiment.
Pendant des millénaires et des millénaires,
l'organisme humain a dû se développer dans des
conditions extrêmement dures afin de survivre dans la
jungle terrestre. Puis, subitement, en quelques siècles,
nous avons édifié une civilisation sans cependant
faire le nécessaire pour nous adapter à ce mode
de vie entièrement nouveau. Comme des tracteurs agricoles
en train de se démantibuler sur une chaussée
de béton, nos organismes détraqués roulent
avec un bruit de ferraille sur la route du progrès.
Il n'y a pas que notre système digestif qui en souffre.
Nous sommes frappés de troubles de la circulation,
d'embarras de la respiration, d'affections de la peau d'origine
nerveuse et de dérangements d'ordre émotif et
mental. Et à tout cela s'ajoutent les soucis.
Ce qu'il faut, c'est dépouiller la maladie de sa
dignité. La maladie est une faiblesse qu'il importe
de prévenir ou de surmonter. Malheureusement, c'est
là un principe fort négligé. Pour beaucoup
d'entre nous, nos bobos sont des sujets de conversation du
plus haut intérêt et non des choses déplorables
auxquelles il convient de remédier.
Il n'y a pas de cloison étanche entre le corps et
l'esprit. Toute impression mentale ou émotive extériorisée
ou refoulée dans notre for intérieur exerce
une répercussion sur le physique. Les tissus corporels
constituent la base sur laquelle repose tout le processus
de la pensée. Nos esprits influent en retour sur nos
corps parce qu'ils sont capables de centraliser notre énergie
sur nos actions, bonnes ou mauvaises.
D'où la nécessité de coordonner l'activité
de notre esprit et de notre corps, afin d'assurer leur harmonieuse
collaboration, si nous voulons être vraiment bien portants.
Prévention et traitement
La médecine a réussi à vaincre ou à
enrayer plusieurs sortes de maladies en l'espace de quelques
années : le diabète par l'insuline, l'anémie
pernicieuse par l'extrait de foie, le goitre par le sel iodé,
le rachitisme par la vitamine D, la fièvre typhoïde
et les maladies du même genre par l'hygiène,
et beaucoup d'infections aiguës grâce aux antibiotiques.
Des milliers de victimes de ces maladies, qui, hier encore,
auraient été irrémédiablement
perdues, mènent aujourd'hui une vie utile à
la société.
D'autre part, les progrès de l'immunisation ont fait
disparaître un grand nombre de maladies contagieuses.
La diphtérie, la variole et le tétanos sont
parfaitement évitables à l'heure actuelle, tandis
que la poliomyélite et la coqueluche le seront bientôt.
La victoire n'est pas encore complète au Canada,
même si nous avons de la prévention à
revendre. Il y a toujours des Canadiens qui ne sont pas immunisés
malgré l'efficacité fulgurante de l'immunisation.
On a peur de l'aiguille, on ne veut pas être dérangé,
ou l'on croit compromettre sa dignité en recherchant
la sécurité. Pour ne pas l'avoir fait vacciner,
Benjamin Franklin se vit ravir un fils par la variole et regretta
toute sa vie sa malheureuse obstination.
Les succès obtenus par le Canada dans le domaine
de la prévention des maladies contagieuses sont en
grande partie attribuables à la Ligue canadienne de
santé, organisme bénévole fondé
en 1919. La lutte acharnée qu'elle a menée pour
faire accepter l'inoculation contre la diphtérie mérite
toute notre admiration. En 1924, on relevait dans notre pays
9,507 cas de diphtérie et 1,281 morts dues à
cette maladie ; en 1959, avec une population deux fois
plus nombreuse, on ne déplorait aucune perte de vie
par la diphtérie.
S'il n'est pas encore possible de prévenir le diabète,
il est encourageant de savoir que la mortalité qui
lui est imputable s'est sensiblement abaissée grâce
au perfectionnement des méthodes de diagnostic, au
régime alimentaire, à la surveillance des malades
par le médecin, à l'emploi de l'insuline et
à l'éducation du publie. On estime qu'il y a
au Canada 250,000 diabétiques, mais il y a aussi beaucoup
de cas non connus. Ceux qui sont au courant de leur état
et qui se font traiter comme il convient ont de plus en plus
de chances de s'en tirer, mais quand la maladie est inconnue
ou négligée, elle entraîne après
elle de nombreuses affections du coeur, des vaisseaux sanguins
et du foie.
La grande « meurtrière »
Notre attitude à l'égard des maladies les
plus meurtrières est complètement illogique.
Chaque mort causée par un accident d'automobile est
annoncée dans les journaux, et, si deux ou trois personnes
se font tuer, la nouvelle passe à la télévision.
Mais on n'informe guère le public des 70,000 victimes
que font chaque année les maladies du coeur. Pourtant,
beaucoup de ces morts sont tout aussi évitables que
celles qui sont dues à l'automobile.
Les maladies du coeur comprennent plusieurs affections,
dont l'artériosclérose, c'est-à-dire
le durcissement et le rétrécissement des artères,
est de loin la plus importante et la plus meurtrière.
Or, on ne peut guère se protéger contre cette
terrible maladie avant d'en découvrir l'existence,
et c'est là une des excellentes raisons pour se soumettre
à l'examen médical périodique. Ainsi,
si nos artères commencent à durcir, il sera
possible de s'en rendre compte à temps, et le médecin
pourra prendre la situation en main. Le traitement consistera
en grande partie à mettre le malade en garde contre
son état, à l'habituer à vivre désormais
au pas plutôt qu'à la course, à éviter
la fatigue et à se méfier des émotions
trop violentes.
La maladie de coeur n'est pas une fatalité à
laquelle il faut se résigner, mais un état contre
lequel on doit faire quelque chose. Voilà précisément
pourquoi la Fondation canadienne pour les maladies du coeur
a été organisée : afin de réduire
la mortalité et l'invalidité chez les 1,400,000
Canadiens qui en sont atteints chaque année, et dont
350,000 restent gravement invalides tandis que 72,000 autres
en meurent.
Le coeur possède une puissance de récupération
extraordinaire. Il est capable de reprises beaucoup plus vigoureuses
que la plupart de nos autres organes. Personne ne doit se
laisser abattre par le verdict de « la maladie de coeur ».
Le célèbre William Osler n'a-t-il pas dit un
jour que la crise cardiaque a sauvé la vie à
bien des hommes. Il voulait dire par là que l'homme
prévenu par une attaque bénigne pouvait vivre
plusieurs années, à condition de prendre soin
de sa santé et de se limiter à une activité
en rapport avec ses forces.
Le second fléau
La maladie la plus meurtrière après les affections
cardiaques est le cancer, nom génétique sous
lequel on désigne les excroissances anormales et destructrices
qui s'attaquent aux organes et aux tissus corporels.
Bien que la lutte de la science contre le cancer soit la
plus grande entreprise dans toute l'histoire de la médecine,
la cause ou les causes de cette maladie demeurent encore inconnues.
Depuis quelques années, il est permis de parler de
la prévention du cancer, contre lequel on peut se protéger,
soit directement en évitant de s'exposer outre mesure
au soleil et aux radiations, ainsi qu'à l'action nocive
des gaz et de la fumée du tabac, soit indirectement
en se maintenant en aussi bonne santé que possible
par des visites régulières chez le médecin.
La Société canadienne du cancer signale que
le taux global de survie chez les cancéreux est d'environ
50 p. 100, ce qui représente une augmentation de quelque
7 à 10 p. 100 au cours des dix dernières années.
Ce gain résulte jusqu'à un certain point, nous
dit la Société, de l'amélioration des
méthodes de traitement, mais il est dû en majeure
partie au fait qu'une proportion de plus en plus grande de
cas sont dépistés dès le début.
Les statistiques sur les décès causés
par le cancer au Canada depuis vingt-cinq ans indiquent une
augmentation chez les hommes et une diminution chez les femmes.
D'après la Société, cette augmentation
chez les hommes est presque entièrement imputable au
cancer du poumon, qui est le plus meurtrier de tous les cancers.
La tuberculose n'a pas disparu
La tuberculose, qui, en 1900, se classait au premier rang
dans la liste des causes de mortalité, mais qui descendit
ensuite à la septième ou huitième place,
n'est pas encore vaincue au Canada. Les médecins en
diagnostiquent encore 6,000 nouveaux cas chaque année,
et l'on a dénombré 785 morts en 1962.
La norme fixée par l'Organisation mondiale de la
santé est d'en arriver à ce qu'à l'âge
de la sortie de l'école un enfant au plus sur cent
réagisse à l'épreuve de la tuberculine.
Avec beaucoup de travail et un peu de chance, le Canada peut
espérer atteindre cet objectif en 1967. Il appartiendra
ensuite à l'Association canadienne antituberculeuse
et aux dix organismes provinciaux qui y sont affiliés
de solliciter un dernier effort de la part des Canadiens en
vue de rayer complètement la tuberculose du tableau
des causes de décès.
Une autre campagne de santé s'impose depuis longtemps.
Il s'agit de la pasteurisation du lait. Des millions de pintes
de lait cru se consomment chaque année au Canada, et
chaque goutte de ce lait peut transporter les microbes de
la fièvre ondulante, de la tuberculose bovine, du mal
de gorge streptococcique, de la scarlatine, de la dysenterie
et de la diarrhée aiguë de l'enfance.
On peut lire dans un relevé publié par le
médecin en chef de l'Hôpital des enfants, de
Toronto, que l'on a réussi, entre 1914 et 1917, à
supprimer la tuberculose bovine à Toronto grâce
à la pasteurisation. « Il est prouvé de
façon incontestable, dit l'auteur, que, là où
l'on a fait des études sérieuses, de 15 à
20 p. 100 des cas de la tuberculose des os, des glandes et
de l'abdomen chez les enfants sont d'origine bovine, et que
la pasteurisation scientifique constitue une protection absolue
contre ce genre de tuberculose.
Le rhumatisme
Le mot rhumatisme est un terme très général
que l'on applique communément à un groupe d'affections
caractérisées par la manifestation de douleurs
et de raideurs au niveau des muscles et des articulations.
Le rhumatisme et l'arthrite, qui appartient à la
même famille, affligent plus d'un million de Canadiens,
dont 285,000 sont considérés comme invalides
et 63,000 comme entièrement ou gravement invalides.
Ces maladies entraînent chaque année une perte
de neuf millions de jours de travail et de 75 millions de
dollars en salaires.
Presque tout le monde en vient tôt ou tard à
faire connaissance jusqu'à un certain point avec l'arthrite.
Mais ceux qui en sont victimes ne se trouvent pas pour autant
dans une situation désespérée. Tout arthritique
peut être soigné et soulagé, et il a de
bonnes chances de pouvoir mener une vie normale, sauf quelques
petites restrictions. Le diagnostic précoce joint à
un traitement approprié permet aujourd'hui d'éviter
l'invalidité grave dans quatre cas sur cinq.
Le remède définitif contre les affections
rhumatismales demeure dans le domaine des probabilités
scientifiques. Les succès remarquables de la médecine
depuis le début du siècle ne peuvent que nous
inspirer confiance dans la victoire finale. Le principal artisan
de cette attaque concertée contre l'arthrite et les
autres formes de rhumatisme au Canada est la Société
canadienne de l'arthrite et du rhumatisme.
Un individu au moins sur vingt parmi ceux qui ont dépassé
65 ans présente des symptômes de la maladie de
Parkinson, maladie à évolution lente caractérisée
par la rigidité des muscles, la lenteur des mouvements
et le tremblement.
Si le mal est découvert dès le début
et soumis à un traitement intensif, le malade peut
espérer qu'il continuera pendant plusieurs années
encore à faire partie de la population active. La Fondation
pour le traitement de la maladie de Parkinson s'efforce d'obtenir
l'appui du public en vue d'assurer la coordination de tous
les efforts dans ce domaine.
Ironie de la nature, la carie dentaire, qui fait notre tourment
pendant notre existence, s'arrête dès notre mort,
et nos dents survivent à tous nos autres restes. Chaque
année, les Canadiens dépensent plus de 100 millions
de dollars pour se faire traiter les dents ; or, on pourrait
réduire sensiblement ce montant en suivant les trois
conseils que voici, formulés par la Ligue de la santé :
(1) Ajouter du fluor à l'eau potable distribuée
par les services publics, dans la proportion de 1 pour 1 million,
ce qui aurait pour effet de réduire la carie dentaire
chez les enfants de 60 p. 100 ou même davantage ;
(2) Se brosser les dents dix ou quinze minutes au plus après
avoir consommé un aliment quelconque, à partir
de l'âge de deux ans, et se faire examiner les dents
tous les six mois ; (3) Manger des mets riches en protéines,
en vitamines et en minéraux, et supprimer les bonbons
entre les repas.
Notre responsabilité envers
la nature
On peut, jusqu'à un certain point, éviter
bien des maux grâce à la prévoyance et
à des soins appropriés. La nature nous tient
responsable de notre comportement, volontaire ou non. Le poison
que nous absorbons par erreur, le microbe que nous recueillons
par négligence, la blessure que nous ne nous soucions
pas de traiter : voilà trois causes de mort aussi
certaine que les tentatives de suicide les plus délibérées.
On traite certaines maladies beaucoup trop à la légère.
Prenons la rougeole, par exemple. Le symptôme de cette
maladie est une éruption épidermique, et c'est
ainsi que la plupart des gens se représentent la rougeole.
Mais, ce qu'on semble ignorer, c'est que cette éruption
s'étend à tout le système bronchique,
de sorte que, si la maladie n'est pas traitée convenablement,
elle peut dégénérer en broncho-pneumonie.
Il existe aussi des maladies rares, dont nous n'entendons
pas souvent parler. Telle l'hémophilie, par exemple.
Il s'agit d'une pénible affliction, causant des douleurs
atroces, et dont environ 2,000 Canadiens sont atteints. Il
y a quelques décennies, cette maladie fauchait 90 p.
100 de ses victimes chez les enfants ; heureusement,
grâce aux efforts des savants et de la Société
canadienne de l'hémophilie, cette proportion a sensiblement
diminué.
Il est plus que probable que vous n'avez jamais entendu
parler de la myasthenia gravis (myasthénie aiguë),
désordre musculaire grave dont souffrent près
de 6,000 Canadiens. Ce n'est qu'en 1961 qu'a été
organisée la Fondation ontarienne pour la myasthénie
aiguë ; mais, au mois d'octobre 1963, elle avait déjà
réussi à dépister 200 cas de cette maladie,
dans huit provinces.
La maladie mentale n'est pas une grande faucheuse de vies
humaines, mais, comme beaucoup de ses victimes sont frappées
d'invalidité, elle nécessite plus de lits d'hôpitaux
que toutes les autres maladies mises ensemble. M. Donald Sinclair,
directeur de la division de l'Ontario de l'Association canadienne
de la maladie mentale, déclarait en octobre 1963 :
« Si le Canada comptait autant de malades physiques que
de malades mentaux, le gouvernement déclarerait l'état
d'urgence national. »
Que faut-il faire ?
Grâce aux efforts dévoués des chercheurs,
la lutte contre la maladie enregistre des progrès sur
tous les fronts. On pourrait faire davantage, toutefois, s'il
était possible d'intensifier les recherches. C'est
pourquoi chaque association et société fait
campagne pour recueillir des fonds destinés à
aider les hommes de science à étendre leurs
travaux.
Mais, dans notre propre intérêt, nous ne saurions
nous croiser les bras et attendre la découverte de
médicaments miraculeux. C'est dès maintenant
que nous devons prendre les mesures qui sont déjà
à notre portée.
Au premier rang de ces mesures se trouvent les soins que
nous devons apporter à notre santé en général,
afin de raffermir notre constitution et la rendre apte à
résister aux assauts de la maladie. Viennent ensuite
toutes les mesures d'immunisation disponibles, dont nous nous
devons de profiter. Enfin, il importe de réagir intelligemment
à tout malaise annonciateur d'une maladie, en cherchant
à en connaître la cause. Que chaque symptôme
de maladie, quel qu'il soit, constitue pour chacun de nous
un avertissement qu'une partie quelconque de notre organisme
a été lésée. Même le banal
mal de tête signifie que la nature cherche à
nous prévenir de quelque chose.
Une chose est certaine : le parfait bien-être
ne s'acquiert pas sans effort. Seuls le connaîtront
ceux qui s'emploieront à en suivre les préceptes.
Les prescriptions magiques et fabuleuses des anciens Égyptiens
nous font sourire, et pourtant nombre d'entre nous sont aussi
crédules. Nous consommons de vastes quantités
de comprimés pour soulager des douleurs que nous devrions
traiter et pour trouver un peu de calme sur la route cahoteuse
de nos problèmes personnels.
Il vaudrait beaucoup mieux confier nos malaises au médecin
et écouter ses conseils, puis mettre en pratique, une
fois guéris, les résolutions prises quand nous
étions malades.
La remise au lendemain
Nous courons toujours le risque de remettre à quelque
lendemain indéterminé la chose même pour
laquelle il vaudrait la peine de vivre ce lendemain.
Tous les conseils sur la sauvegarde de la santé en
général et sur le dépistage précoce
des maladies resteront inutiles si nous ne mettons pas en
pratique ce que nous apprenons. Il est certes impossible d'échapper
à tout danger, mais nous pouvons du moins veiller à
corriger ce qui ne va pas.
Personne ne saurait se contenter de traîner une existence
de demi-vivant. Il faut toujours aspirer à la plénitude
de la santé et de la vitalité. Mais c'est là
un privilège qui se gagne par l'effort et la volonté.
Voilà pourquoi la Ligue canadienne de santé
vient tous les ans nous rafraîchir la mémoire
pendant la Semaine nationale de la santé, qui débutera
cette année le 8 mars.
En plus de veiller d'une façon plus intelligente
sur notre santé personnelle, peut-être pourrions-nous,
en nous inspirant du vif succès remporté par
l'Année géophysique, demander qu'un siècle
de science et de technique soit consacré à l'humanité.
Il est permis d'espérer que l'offensive contre la maladie
prendrait alors une envergure mondiale.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
Also available in English.
[ Retour à
la page d'accueil du Bulletin RBC ]
|