Vol. 43, N° 1 Janvier 1962
Visages et emblèmes
des entreprises
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Dans les années vertigineuses
que nous traversons, il est naturel que nous cherchions des
mots et des termes nouveaux pour désigner les découvertes
et les innovations qui surgissent de toutes parts. Des millions
d'hommes s'acheminent à l'heure actuelle, non seulement
vers des niveaux de vie plus élevés, mais aussi
vers de nouvelles normes de valeurs, de conduite et de comportement.
Les anciens mots et symboles ne répondent plus aux
nécessités des affaires et de la vie sociale.
Une révision s'impose. Nous en trouvons une preuve
manifeste, sur le plan politique, dans l'invocation en 1961
par le Portugal de son traité de 1373 avec l'Angleterre.
En cas d'agression contre l'une des parties contractantes,
dit ce traité, l'autre partie devra fournir « des
troupes, des archers, des frondeurs, des bateaux et des galères
suffisamment armés pour combattre ». Sans doute
le sens de ces vieux mots estil clair pour les intéressés
- Churchill a réaffirmé ce pacte à la
Chambre des communes à propos des Açores - mais
il serait assez embarrassant pour le commerce et la société
de rester attachés à ces façons de s'exprimer
d'un autre âge.
Depuis une vingtaine d'années, et en particulier
depuis une dizaine d'années, les affaires et l'industrie
se préoccupent vivement de leurs relations publiques.
Que penseton de nous ? se demandent les entreprises.
C'est de leurs constatations qu'est née la notion que
les Américains appellent le « corporate image »,
c'estàdire l'image ou le visage que présente
l'entreprise aux yeux du public ou dans un sens plus général
la réputation extérieure de la maison.
Cette image extérieure n'a rien d'abstrait
ni de contemplatif ; c'est quelque chose de dynamique
et de concret, qui tend essentiellement à l'action
et au progrès.
Il est très important pour tous les Canadiens, quels
qu'ils soient, de savoir ce que l'on pense d'eux. Nos idées
évoluent de plus en plus vite et dans tous les domaines :
économie, sociologie, sciences, questions politiques.
Il nous faut absolument apprendre à nous connaître
tels que les autres nous voient.
Mais il ne suffit pas d'acquérir cette connaissance.
Après avoir constaté en quoi nous sommes audessous
de l'idéal que les gens se font de nous, nous devons
nous efforcer de réaliser cet idéal. D'où
la tendance de plus en plus marquée des entreprises
à se faire bien voir au dehors.
Toute compagnie, petite ou grande, a comme telle une personnalité
et une réputation, qui sont le reflet de ses rapports
avec le public, de sa ligne de conduite, de ses principes,
de son personnel, de ses produits. Tout ce que l'entreprise
accomplit de jour en jour dans ces divers secteurs contribue
petit à petit à former l'idée que l'on
se fait d'elle.
La nécessité de la bonne
réputation
Pour qui considère l'état du marché
à l'heure actuelle, il saute aux yeux que la bonne
réputation extérieure d'une entreprise est d'une
importance capitale. Autrefois, quelques maisons spécialisées
fabriquaient tel ou tel produit en quantité limitée
et l'écoulait sans difficulté. Mais aujourd'hui
l'automatisation permet aux usines de déverser dans
nos entrepôts et nos magasins d'innombrables articles
d'utilité, de qualité et de prix analogues,
offerts par des maisons concurrentes avec des moyens de publicité
à peu près identiques.
C'est pourquoi le choix initial du client ne se fonde plus
uniquement sur la qualité et le prix, mais aussi, et
de plus en plus, sur son opinion du fabricant et du marchand.
Les questions qu'il se pose, souvent d'une façon subconsciente,
sont cellesci : Quelle est la réputation
de la maison qui fabrique ces marchandises ? Comment
sa personnalité se révèletelle
à travers le battage de la vente ? Quelle impression
cette entreprise me faitelle ?
Nous en trouvons un exemple frappant dans les réflexions
que se fait la maîtresse de maison qui veut acheter
un appareil électroménager. Les opérations
commerciales ne l'intéressent pas du tout, et elle
sait que les appareils de qualité comparable se vendent
à peu près le même prix partout. Alors,
que se demandetelle ? Le fabricant estil
digne de confiance ? Quel accueil me feront le fabricant
et tel magasin si mon appareil a besoin de réparations ?
Ce marchand consentiratil à échanger
l'article s'il ne plaît pas à mon mari ?
Le fabricant et le distributeur s'efforcentils de me
rendre service ou tout simplement de me vendre quelque chose ?
C'est en s'inspirant de ces questions et surtout de leurs
réponses que les hommes d'affaires et les industriels
s'appliquent à créer et à entretenir
chez le client une image aussi séduisante et aussi
expressive que possible de leurs entreprises. Ils comptent
avant tout sur cette marque d'identité spéciale
pour conserver leur clientèle et l'inciter à
rester fidèle à leurs produits.
Mais cette image ou cette réputation ne peut se créer
artificiellement, par des mots ou des trucs. Elle doit découler
de la vie et de l'activité de l'entreprise, et même
des principes qui sont à la base de son action. Elle
embrasse tout, depuis l'achat des matières premières
jusqu'à la réclame qui se fait chez le détaillant :
conditions existant à l'usine, relations avec les employés,
esprit de civisme, rapports avec le distributeur, probité
dans la fabrication et véracité de la publicité.
Pour être bien vu du public en général
et de la clientèle en particulier, l'entreprise doit
déterminer ce qu'elle veut qu'on pense d'elle, puis
faire en sorte de se conformer dans la pratique aux exigences
de cette réputation idéale.
Les gens ont tendance à se représenter les
entreprises à l'image de l'homme et à leur attribuer
les caractéristiques de la personnalité. Ils
les classent d'un seul mot, tout comme leurs connaissances.
C'est ainsi qu'il y aura des maisons « sympathiques »,
« larges », « solides », « qui se
respectent », etc. Leur faveur va naturellement aux fournisseurs
dont ils ont une bonne opinion.
Ainsi apparaît avec netteté l'impérieux
devoir pour tous et chacun, au sein de l'entreprise, de travailler
à assurer la bonne réputation de la maison.
Cadres et employés doivent apporter leur contribution.
Les allocutions publiques du président, l'attitude
du directeur général envers son personnel, la
fierté et la satisfaction des actionnaires, les relations
du contremaître avec les ouvriers et les ouvrières,
l'amabilité de la téléphoniste, tout
concourt de près ou de loin à faire la bonne
ou la mauvaise renommée de l'établissement.
Si tout est dans la note, le public aura tôt fait de
reconnaître qu'il s'agit d'une entreprise avec laquelle
il fait bon faire des affaires.
La réputation doit être
réelle
La vraie réputation extérieure d'une entreprise
ne ressemble en rien au Costume neuf de l'empereur.
Elle n'est ni une duperie ni une chose imaginaire. On pourrait
même dire, en prenant le contrepied du conte d'Andersen,
que seul un petit enfant pourrait nier que la réputation
d'une entreprise est quelque chose de réel, de profitable
et de nécessaire.
Mais cette idée que le public se forme de l'entreprise
n'est pas élaborée par des magiciens dans une
pièce secrète. Elle est issue de plans bien
étudiés dans lesquels le personnel supérieur
de l'entreprise a un grand rôle à jouer.
Une bonne réputation ne s'impose pas en claironnant
sa valeur sur la place publique. Avant de pouvoir rayonner
au dehors, elle doit s'édifier, au dedans, sur les
bases de toute oeuvre créatrice, savoir : la vérité,
l'intelligibilité et la vraisemblance.
On n'insistera jamais trop sur l'importance des petites
choses. Les gens jugent les entreprises comme les individus,
c'estàdire par leur comportement, non pas
dans les grandes circonstances, mais dans la vie de tous les
jours. Pour les sociétés comme pour les particuliers,
chaque jour est une nouvelle pierre de touche. Dans le courant
de la journée, l'entreprise sera jugée par des
milliers et des milliers de personnes, dont l'appréciation
se fondera infailliblement sur l'une ou l'autre particularités
de son organisation : sa correspondance, sa façon
d'accueillir les clients, ses méthodes de vente, la
courtoisie de ses commis, de ses camionneurs, de ses garçons
d'ascenseurs, les dispositions de ses chefs de service. Ce
qui compte pardessus tout lorsqu'il s'agit de se faire
une réputation, c'est la satisfaction personnelle du
client à l'égard des employés et des
produits de l'entreprise.
Songer au public
Mais le visage de notre entreprise ne vaut pas grandchose
s'il représente uniquement ce que nous pensons de nousmême.
Il y a parfois assez loin entre ce que nous voulons être
et ce que l'on pense de nous.
Il est donc souvent nécessaire de faire une étude
de notre public. Le portrait extérieur d'une société
ne se brosse pas dans une salle de l'arrière, où
les dirigeants seraient isolés du public sur lequel
il s'agit d'exercer une influence. Ce portrait doit être
conçu et tracé non pas pour nous flatter, mais
bien pour permettre à notre public de se faire une
juste idée de nos buts, de notre sincérité
et de nos réalisations.
Qui est ce public dont nous avons parlé si souvent
jusqu'ici ? Il comprend d'abord, cela va de soi, nos
clients et nos clients éventuels. Notre succès
est entre leurs mains. Pour eux, le critère fondamental
de la valeur est d'en avoir pour leur argent, mais leur conception
de la valeur a évolué. À une époque
où le crédit à la consommation est plus
abondant que jamais auparavant, les gens recherchent moins
qu'autrefois ce qui est bon marché. Ils se préoccupent
beaucoup plus de la notoriété du fabricant et
du détaillant.
Puis viennent les employés. L'homme ou la femme qui
travaille pour une entreprise ayant une bonne réputation
auprès du public, est fier d'en faire partie et tout
dévoué à son service. Le renom extérieur
de l'entreprise influe à la fois sur la productivité
et le recrutement du personnel.
Il y a ensuite les actionnaires. Certains acheteurs de valeurs
veulent avant tout réaliser rapidement des gains élevés,
mais l'actionnaire sérieux recherche quelque chose
de solide et durable. La considération dont jouit la
société peut donc jouer un rôle déterminant
dans l'achat des actions ; c'est pour le moins un argument
favorable.
Et nous en arrivons au grand public, à ceux qui n'ont
aucun lien particulier avec l'entreprise. Leur opinion a cependant
son importance, car elle parviendra à travers leurs
observations et leurs critiques jusqu'aux trois grandes catégories
de personnes mentionnées cidessus. Le grand public
comprend aussi les éléments de la population
qui sont encore trop jeunes pour utiliser les produits ou
les services de l'entreprise, mais qui pourront devenir plus
tard des clients. Du visage que nous leur offrons aujourd'hui
dépendra leur attitude de demain.
La concurrence
Le monde où nous vivons est un monde extrêmement
bruyant. Chaque jour, des centaines de voix assaillent nos
oreilles, à la radio et à la télévision.
Nous avons à peine le temps de cligner des paupières
qu'une nouvelle réclame apparaît à nos
yeux. Ces voix et ces images se disputent l'attention du public.
Pourtant, à travers ce barrage, notre message doit
arriver à destination. Et pour cela il ne suffit pas
de crier plus haut que les autres ou d'occuper une plus grande
surface publicitaire.
Il faut que nos idées soient bonnes, qu'elles tiennent
compte de la réaction affective du client devant une
personnalité attrayante. Notre stratégie en
face de la concurrence doit comporter un effort délibéré
de créer l'image distinctive et positive d'une entreprise
soucieuse de répondre aux besoins et aux désirs
de la clientèle.
Le mélange d'audace et de discrétion qui s'impose
dans ce domaine doit émaner de la plus haute autorité
de l'entreprise. Il n'est plus possible au chef de se replier
sur luimême et de laisser ses services de vente
et de publicité s'occuper de ses contacts avec le public.
C'est du coeur même de l'entreprise, non de ses bras
ou de ses jambes, que doit provenir l'idée que l'on
s'en fait.
Autour de ce centre vital doit s'organiser une éducation
intérieure destinée à mettre clairement
en lumière l'importance pour la compagnie de donner
une bonne impression et à s'assurer la collaboration
de tous les employés sous ce rapport. Les paroles qui
s'échangent au comptoirs, les ventes, la correspondance,
les appels téléphoniques, tout contribue à
graver la physionomie de l'entreprise dans l'esprit des gens.
Deux choses entrent ici en ligne de compte. Les employés
doivent concourir à la bonne réputation de la
maison, mais celleci doit aussi être pour eux
une source d'inspiration. L'image extérieure ne peut
être que le reflet de l'image intérieure. Et
l'une et l'autre seront d'autant meilleures que le personnel
aura l'impression de participer à la vie de l'entreprise
et d'y trouver des motifs de satisfaction et de fierté.
Le point de départ
Lorsqu'il s'agit de décider qu'elle est l'image extérieure
que son entreprise aurait intérêt à présenter,
le chef ou son délégué doit commencer
par s'en faire une idée claire et précise. Il
ne suffit pas de savoir que le besoin existe ; il faut
aussi en bien étudier la nature.
L'image que le chef se propose de créer chez le public
répondelle exactement à la fin particulière
qu'il a en vue ? Embrassetelle tous les aspects
de son entreprise ? Ceux qui l'ont conçue et ceux
qu'il chargera de la réaliser ontils toute sa
confiance ?
Une fois ébauché le portrait idéal,
il importe d'examiner la situation actuelle, de considérer
d'un oeil critique ce qui se fait dans le moment, dans tous
les services importants de l'entreprise, en vue d'offrir une
image extérieure favorable.
Il est bon de réunir toutes les idées imaginables
avant de fixer son choix. Peutêtre faudratil
tracer une vingtaine d'esquisses avant de trouver la bonne ?
Ne laissez rien en doute, même si vous devez vous faire
l'avocat du diable et contredire vos meilleurs conseillers.
Gardezvous enfin de charger le portrait d'éléments
étrangers ; l'image doit être à la
fois simple et représentative.
Enfin, le chef se fera un devoir de suivre de près
tout ce qu'accompliront ses collaborateurs pour mettre son
idée en oeuvre. Quels que soient les moyens techniques
utilisés, ils doivent rester subordonnés à
l'autorité générale de la haute direction,
et il faut toujours veiller à ce que personne ne puisse,
même involontairement, affaiblir ou gâcher la
réputation de l'entreprise.
Le choix d'un emblème
L'emblème est une figure ou un signe distinctif et
rationnel qui représente en abrégé l'image
extérieure de l'entreprise que le directeur veut faire
connaître. Il sert, s'il est bien employé, à
relier entre eux tous les éléments d'une société :
siège social, succursales, usines et débouchés,
ainsi que tous les produits et services connexes de l'entreprise.
La forme de l'emblème peut exprimer l'union, la puissance,
la serviabilité ou tout autre sentiment, selon l'effet
désiré. Il s'agit de choisir celle qui convient
le mieux dans une situation ou un cas particulier.
L'emblème est essentiellement personnel et original.
Mais pour qu'il le soit vraiment, il ne suffit pas de griffonner
des signes sur une planche à dessin. À partir
de l'idée qui lui sert d'inspiration, l'artiste évoque
un sentiment et donne un cachet de nouveauté créatrice
aux choses les plus familières et les plus banales.
Il arrondit les angles et avive les traits qu'il faut mettre
en relief.
Pour être utile, un emblème doit demeurer à
la page. Celui que l'on aurait adopté au moment de
l'invention de la locomotive à vapeur ne serait certes
plus de mise à notre époque où les astronautes
se préparent à s'envoler vers d'autres planètes.
Il faut donc, si l'on veut en assurer la continuité,
soit le remplacer, soit le rajeunir ou le moderniser de temps
en temps.
L'emblème est avant tout un moyen d'attraction. D'où
la nécessité de songer à son aspect esthétique
ou du moins de s'assurer qu'il ne blesse pas le bon goût.
Il faut avouer que les emblèmes vraiment bien faits
sont rares. On cherche à frapper les regards par tous
les moyens. Certains dessins flamboyants, présentés
sans tenir compte du visage de l'entreprise, nous épatent
par leur nouveauté, mais nous nous en lassons vite,
et leur succès est souvent éphémère.
Dans le domaine des emblèmes comme dans tant d'autres,
les meilleurs sont généralement les plus simples.
Le bon sens le plus élémentaire vaut encore
mieux que les fioritures s'il exprime bien l'idée voulue.
Notre esprit s'accommode mal de la complexité. Nous
sommes plutôt portés à réduire
à l'essentiel tout ce qui est long ou trop compliqué.
N'avonsnous pas schématisé des nations
et des peuples sous les traits simplifiés de personnages
humoristiques, comme John Bull, Baptiste Canadien, l'Oncle
Sam ?
Il faut se garder, d'autre part, de tomber dans l'excès
contraire. Un enchevêtrement de lignes droites et courbes
ne dirait à peu près rien au profane. Seuls
les géomètres et les initiés y comprendraient
quelque chose.
Notre nouvel emblème
Ces quelques considérations sur les emblèmes
nous sont dictées par le fait que le présent
Bulletin mensuel coïncide avec l'adoption d'un
nouvel emblème par la Banque Royale. Les études
et les travaux de tous ceux qui en ont permis la réalisation
sont encore frais dans notre mémoire.
L'équipe de dessinateurs engagés par la banque
créa un grand nombre de modèles, y compris des
abstractions, des couronnes, des ovales, des triangles, ainsi
que des modifications de l'ancien emblème, qui était
en usage depuis un siècle. Un petit comité de
directeurs et de hauts fonctionnaires de la banque participa
à l'étude des divers projets, et, après
plusieurs séances, deux dessins seulement furent retenus.
Le choix définitif fut effectué par le comité.
Il parut évident dès le début qu'il
était vain de tenter d'exprimer en un seul emblème
toutes les qualités de la banque que le comité
avait à l'idée : dignité, solidité,
progressivité, service, bienveillance, sans compter
toutes les autres. On décida donc de s'attacher aux
quelques points fondamentaux suivants : conserver quelque
chose de l'ancien emblème, qui représente la
longue tradition de service de notre banque, l'habiller d'un
vêtement neuf, adapté à l'esprit progressif
de la banque, et souligner l'envergure de notre institution,
non seulement au Canada, mais dans le monde entier.
Il eût été inutile de chercher à
condenser dans un seul emblème toute la réalité
de la vie quotidienne de la Banque Royale, où un personnel
aimable et courtois reçoit des dépôts,
établit des mandats, encaisse des chèques, accorde
des prêts, loue des coffrets de sûreté,
émet des chèques de voyage, effectue des opérations
de change et assure tous les autres services qu'offre la banque.
Nous avons voulu nous limiter à faire ressortir dans
notre emblème qu'à la base de tout cela se trouve
notre tradition de stabilité qui rend ces services
possibles et leur confère toute leur valeur.
Cet emblème devait être pratique, c'estàdire
pouvoir être utilisé sur les chèques,
les livrets, les annonces, le papier à lettres, les
circulaires et tous nos imprimés ; sur les camions
et les tableaux d'affichage, et, avec le temps, sur chacune
de nos succursales du Canada et de l'étranger. Il fallait
qu'il fût compris par nos clients et nos autres amis,
qui parlent diverses langues : l'anglais, le français,
l'espagnol, le portugais, l'allemand, le japonais, le hollandais
et l'italien.
Il s'agit maintenant pour la Banque Royale de mettre son
nouvel emblème en usage, car un emblème ne sert
à rien s'il n'apparaît pas partout où
son proriétaire entre en contact avec le public. On
édictera des règles sur son emploi quotidien,
afin de mettre en relief la personnalité morale de
la Banque et de toutes ses succursales, qui sont comme un
orchestre symphonique où des douzaines d'instruments,
ayant chacun leur registre et leur timbre propres, forment
en combinant leurs sons une seule et unique « image »
musicale.
Tâche positive et constructive
La création de l'image extérieure de l'entreprise
comme le choix de son emblème sont des tâches
éminemment positives et constructives, qui exigent
de la vigueur, de l'imagination et de l'enthousiasme. On ne
cherche pas à être bien vu du public tout simplement
parce que cela fait chic, comme on achète une voiture
ou une maison neuve, mais bien parce que c'est une condition
essentielle de succès en affaires.
La sympathie et la bienveillance du public ne s'obtiennent
pas par des machines électroniques, si grosses et si
compliquées soientelles. Il faut pour les gagner
mettre en oeuvre toutes les ressources de son intelligence.
Ce qui importe avant tout, au départ, c'est de décider
quel est exactement le visage que l'on veut présenter.
Cela peut sembler une vérité de La Palice, mais
il est étonnant de constater combien d'entreprises
n'ont que des idées floues à ce sujet. N'oubliez
pas que la bonne réputation de votre établissement
est une chose durable et que vous avez tout avantage à
bien tracer votre plan et à construire sur le roc.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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