Vol. 39, N° 1 Janvier 1958
À la recherche
de la santé physique
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Nous contentons-nous tout simplement de
ne pas être malades, ou est-ce que nous désirons être vraiment
bien portants ? Au lieu de dire « pas trop mal »
lorsqu'on nous demande « comment allez-vous ? »,
sommes-nous enclins à répondre par un chaleureux « très,
très bien ! » ?
Nous connaissons bien les funestes effets que peut avoir
la maladie, les suites parfois tragiques de la négligence
en matière de soins corporels, la tristesse d'avoir une santé
chancelante. Essayons maintenant de nous habituer à l'idée
et au fait d'être positivement bien portants.
Hélas ! les hommes d'affaires comptent parmi les plus
mauvais observateurs des règles de l'hygiène. Ils sont peut-être
de bons administrateurs, des directeurs bien renseignés, d'excellents
organisateurs et de grands abatteurs de besogne, mais ils
ont tendance à se montrer négligents et irréfléchis sur le
chapitre de leur santé personnelle, et oublieux de leur devoir
d'enseigner à leur famille le goût de l'effort physique.
Nous ne croyons plus certes que la maladie est l'effet de
la colère des dieux, ni qu'elle se propage à la faveur de
la nuit, ni qu'on peut la guérir par les saignées. Mais que
faisons-nous en réalité pour tirer parti de nos hautes connaissances
sur l'art de rester en bonne santé à notre époque de tension
et de contrainte.
Il est vrai que les impôts que nous payons assurent le fonctionnement
des services d'hygiène publique, qui s'emploient à sauvegarder
notre santé, mais ces services ne peuvent pas tout faire à
notre place. La quarantaine, l'isolement et l'immunisation
contribuent à notre bien-être physique en nous protégeant
contre certaines maladies, mais il est indéniable que nos
esprits évolués ambitionnent quelque chose de mieux encore.
Dès que nous voulons atteindre un niveau de santé physique
plus élevé que la simple exemption des maladies contagieuses,
nous entrons dans le domaine de l'effort personnel. La responsabilité
d'entretenir positivement sa santé est un devoir qui incombe
à chacun en particulier.
La pratique de l'hygiène est très simple ; c'est peut-être
pour cela qu'on la néglige et qu'on la dédaigne si souvent.
La propreté, une nourriture saine, la modération dans l'usage
de l'alcool et des médicaments, l'exercice adapté aux besoins
et aux forces de chacun, la disposition de l'esprit à envisager
les choses avec confiance, optimisme et sérénité, voilà les
règles fondamentales de la santé.
Un rapport bouleversant
L'art de mener une vie salubre n'est pas mis en pratique
en Amérique du Nord à l'heure actuelle, et on ne l'enseigne
pas non plus d'une façon efficace aux citoyens de demain.
Cette affirmation s'appuie sur l'autorité d'un rapport dont
les révélations atterrantes poussèrent le président Eisenhower
à constituer un comité spécial, il y a deux ans. Il s'agit
du rapport du Dr Hans Kraus, de l'Institut de rééducation
de l'Université de New-York, et de Mlle Ruth Prudden, de l'Institut
de santé physique de White Plains (New-York). Ce document
signalait que les États-Unis d'Amérique étaient en passe de
devenir la nation la plus douillette du monde.
Voici les faits mêmes que révélait le Dr Kraus :
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58 p. 100 des enfants des États-Unis, qui furent soumis à des tests, échouèrent dans une ou plusieurs des six épreuves de force et de souplesse musculaires, tandis que 9 p. 100 seulement des enfants européens ratèrent les mêmes tests. |
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44 p. 100 des enfants américains échouèrent dans l'unique test de souplesse (des muscles dorsaux) compris dans les six épreuves, contre 8 p. 100 seulement dans le cas des enfants européens. |
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36 p. 100 des enfants des États-Unis échouèrent dans un ou plusieurs des cinq tests de force, en comparaison de 1 p. 100 seulement en Europe. Trois de ces tests portaient sur la mesure de la puissance des muscles abdominaux et deux sur la puissance des muscles dorsaux. |
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À côté de ces faiblesses, on trouve aussi des bons points
dans notre bilan de santé. Mais, même en faisant la juste
part des choses, disait le Dr F. G. Robertson, à la première
conférence du Commonwealth et de l'Empire sur l'éducation
physique, nous devons reconnaître que les conclusions de cette
étude s'appliquent avec presque autant d'exactitude au Canada.
N'est-il pas renversant, ajoute le Dr Robertson, de voir
« que, malgré ce que nous nous plaisons à considérer,
avec orgueil, comme le niveau de vie le plus élevé du monde,
malgré toute la prospérité matérielle qui nous entoure de
toute part, les enfants des familles qui habitent le florissant
continent nord-américain font aussi piètre figure, dans un
simple test de force musculaire, de vigueur et de résistance
minimums, auprès des enfants appartenant aux familles d'Italie
et d'Autriche, c'est-à-dire de pays qui ont connu tant d'épreuves
et de privations au cours des quelques dernières décades ? »
Une brochure publiée par l'Association canadienne d'hygiène,
d'éducation physique et de récréation confirme que le rapport
vaut aussi pour le Canada en disant : « il n'y a
pas lieu de croire que les enfants canadiens feraient mieux. »
Le Dr Doris W. Plewes, consultante en aptitude physique
et en récréation près le cabinet du sous-ministre de la Santé
nationale et du Bien-être social, écrit pour sa part :
« le manque très évident de vigueur et de résistance
que manifestent les Canadiens dans les concours sportifs a
été une surprise pour plusieurs. »
À qui la faute ?
Pour quelle raison les enfants nord-américains sont-ils
incapables de rivaliser avec les enfants européens sous le
rapport de la santé physique ? Selon l'opinion générale,
cet état de choses serait attribuable au mode de vie propre
à notre continent. Nos enfants vont partout en voiture :
à l'école, au terrain de jeux, au magasin. Même pendant les
fins de semaine et les vacances, dit le Dr Mary O'Neil Hawkins
dans Child Study, ils passent souvent de longues
heures recroquevillés dans les automobiles. Leurs divertissements
prennent un caractère de plus en plus passif et visuel. Le
cinéma et la télévision y occupent une large place.
Il est toujours désagréable de jeter la pierre à quelqu'un
en particulier, mais ceux qui ont étudié la question de très
près n'hésitent pas à dire que la faute en est d'abord aux
parents et ensuite à l'école. D'après Robert H. Boyle, 54
p. 100 des enfants de six ans ratent les tests et, à l'autre
extrémité de l'échelle scolaire, 52 p. 100 des diplômés des
écoles secondaires y échouent également. Dans les écoles privées,
qui consacrent beaucoup plus de temps à l'éducation physique,
la proportion des échecs n'est que de 14 p. 100 en dernière
année.
Quant aux parents, ils ont bien soin de faire inoculer leurs
enfants et de leur faire administrer les vaccins anti-poliomyélite
et autres dès que ceux-ci sont mis au point. Ils considèrent
comme normales la chloruration de l'eau de ville et les autres
mesures du même genre. Mais ils perdent de vue le besoin de
développement musculaire de leur progéniture, qui, dans la
vie plus rude d'autrefois, résultait de l'activité naturelle
de l'enfant. « Le petit parc et le hochet de plastique,
ajoute Boyle, tiennent le bébé hygiéniquement tranquille. »
Que faut-il faire ?
Personne ne nous demande de faire marche arrière et de revenir,
pour prendre de l'exercice, aux corvées qui ne sont plus nécessaires,
comme celles de puiser de l'eau, de rendre des bûches et remplir
la boîte à bois, d'étendre le linge, d'aller chercher les
vaches, de faire les commissions (le téléphone nous en dispense)
et une foule d'autres petits travaux, que l'on confiait tout
naturellement aux enfants. Mais il est essentiel, si nous
voulons préserver notre jeunesse d'une foule de souffrances
et de désagréments dans la vie, de reconnaître que tous nos
appareils automatiques nous imposent le devoir de trouver
d'autres moyens pour remplacer ces exercices physiques, qui
fortifiaient jadis notre corps.
Selon les spécialistes en santé physique, il faut réformer
les programmes d'éducation physique de nos écoles. Nous avons,
d'un côté, une pléthore de sportifs-spectateurs et, de l'autre,
les quelques enfants qui font partie des équipes. Seuls les
petits joueurs, les remplaçants et les « chefs de claque »
prennent de l'exercice musculaire ; les autres sont des
admirateurs, qui n'exercent tout au plus que leurs poumons.
Un programme d'éducation physique bien conçu doit comprendre
un grand nombre d'activités diverses et de jeux d'adresse.
Il ne suffit pas d'avoir des terrains de jeux et du matériel
pour parer à la menace contre laquelle on nous a mis en garde.
On devrait exiger la participation active de chaque enfant
aux exercices de culture physique, avec la même rigueur que
pour l'enseignement scolaire proprement dit. Les privilégiés
qui composent l'équipe se chargeront eux-mêmes de leur développement
musculaire ; ce qui importe avant tout, c'est de s'occuper
des cent ou mille écoliers de chaque école qui ne font pas
partie des équipes sportives.
Quel avantage y trouve-t-on ? Dans une école de la
banlieue de New-York la proportion des échecs chez les élèves
était de 32 p. 100. Les professeurs d'éducation physique ajoutèrent
des exercices spéciaux au programme d'acrobatie et de gymnastique.
En cinq mois, le taux des échecs tomba à 24 p. 100, et, au
bout de onze mois, il n'était plus que de 13 p. 100.
Les causes de maladies
Pour la première fois dans l'histoire du Canada, nous disposons
d'un relevé statistique des causes de maladies par groupes
d'âges. On le trouve dans un rapport publié en octobre par
le Bureau fédéral de la statistique et dont voici quelques
brefs extraits.
Chez les enfants de moins de 15 ans, on a noté une incidence
élevée des maladies de l'appareil respiratoire, après lesquelles
les maladies infectieuses et parasitaires ont été les plus
fréquentes. Les maladies de l'appareil respiratoire ont dominé
dans tous les groupes d'âges.
Les adolescents (15 à 24 ans) ont principalement souffert
des maladies de l'appareil digestif, un sur dix ayant subi
au moins une attaque.
Chez les jeunes adultes (25 à 44 ans), la situation a été
la même, sauf que la proportion est plus forte. Les maladies
des os et des organes du mouvement, dont le taux était plutôt
faible chez les personnes de moins de 25 ans, ont commencé
à devenir proéminentes en enregistrant une augmentation de
9 à 22 cas pour 1000 habitants.
Parmi les personnes d'âge moyen (45 à 64 ans), on a constaté
une proéminence sans cesse croissante des maladies des os
et des organes du mouvement, soit une proportion d'environ
42 pour 1000 habitants. Si l'on avait compté également les
récidives, le taux serait monté à 80 personnes et à 105 cas
pour 1,000. Les maladies de l'appareil circulatoire ont aussi
accusé une progression marquée dans ce groupe d'âges.
Les personnes de 65 ans et au delà ont été le plus souvent
affligées par les maladies de l'appareil circulatoire ainsi
que par les maladies des os et des organes du mouvement. On
a dénombré 146 premières atteintes et récidives pour 1,000
habitants dans le premier cas et 147 dans le second.
Il est évident que tout ce que l'on peut faire dans l'enfance,
l'adolescence et le début de l'âge adulte pour acquérir une
ossature, des articulations et une musculature de toute première
qualité sera d'une très grande utilisé dans l'âge mûr et la
vieillesse.
Ce n'est pas à dire cependant qu'il faille rechercher la
santé physique durant la jeunesse uniquement parce que nous
nous en trouverons bien aux autres époques de la vie. La santé
a toujours une valeur immédiate.
Les accidents font plus de victimes chez les enfants d'âge
scolaire que toutes les maladies prises ensemble, et, dit
le Dr Plewes, la plupart de ces malheureux enfants entrent
dans l'une ou plusieurs des catégories suivantes : bas
niveau d'énergie, lenteur des réactions, maladresse due à
l'empâtement musculaire, lourdeur imputable au manque d'adresse
dans l'exécution des mouvements de base. « Ce sont, pour
ainsi dire, des illettrés physiques. »
Cessons de rester assis
Nous ferions bien de quitter nos fauteuils. « Nous
autres Canadiens, disait le Dr Robertson à la Conférence sur
l'éducation physique, sommes un peuple de voyageurs en véhicules
et de spectateurs, et non pas de marcheurs ni de fervents
de l'exercice physique.
Nous passons la journée assis à nos pupitres, à l'école
ou au bureau ; nous nous rendons en classe ou au travail
et nous en revenons, assis dans l'autobus, le train ou notre
automobile ; nous regardons les programmes de télévision,
les parties de hockey, de baseball et de rugby, assis devant
nos récepteurs ou dans les estrades ; nous prenons notre
voiture ou le tramway pour aller au cinéma, où nous nous installons
de nouveau dans un fauteuil pour assister au spectacle.
Même au foyer, où aucune maîtresse de maison n'avouera que
le travail est devenu trop facile, on reste souvent assis
pendant que les machines à laver, les sécheuses, les repasseuses
et autres appareils automatiques accomplissent les besognes
qui exerçaient autrefois les muscles des jambes, du dos et
des bras. Il faut compenser l'effort dont nous dispensent
ces inventions par quelque autre genre d'activité tonifiante.
Les Canadiens se sont laissé distancer par les autres pays
dans l'appréciation de l'importance et de la valeur de la
santé physique. Le Canada est le seul pays de quelque renom
qui ne possède pas de filiale active de la Fédération internationale
de la médecine des sports. Les autres pays affectent des sommes
et un personnel considérables au développement et au maintien
de la santé musculaire, et font beaucoup de recherches dans
ce domaine.
« La création d'une filiale canadienne de cette Fédération,
nous dit encore le Dr Plewes, ferait beaucoup pour amener
les spécialistes des sciences connexes à se pencher sur les
problèmes urgents de la santé physique. »
Peut-être y aurait-il intérêt à inscrire, parmi les mots
d'ordre de la 14e semaine de la santé nationale du Canada,
le besoin d'une action précise et sérieuse de la part des
particuliers, des familles, des écoles et du public en vue
d'encourager les Canadiens à accroître leur aptitude physique
en développant la vigueur de leurs muscles.
L'aptitude physique individuelle
Tout le monde peut améliorer sa santé physique à condition
de bien comprendre l'avantage que cela comporte et d'attacher
plus d'importance à la nécessité de jouir d'une excellente
santé qu'à celle d'éviter les maladies.
La santé physique prise dans ce sens peut se résumer ainsi :
la capacité de jouer son rôle en tant que membre actif de
la société, sans fatigue et avec une réserve d'énergie suffisante
pour faire face aux efforts imprévus.
Sur le plan du travail quotidien, un pareil état de bien-être
ne pourra avoir que d'heureux effets sur nos chances d'embauchage,
sur nos possibilités d'avancement et sur nos revenus, durant
toute notre vie active. D'une façon plus générale, nous y
trouverons également la stabilité émotive, la tranquillité
d'esprit et l'épanouissement social.
Une certaines proportion de ce qui nous est nécessaire du
point de vue physique a été prévue pour nous dès avant notre
naissance. C'est ce que nous possédons par hérédité :
le corps qui nous est propre, notre ossature, la longueur
et la carrure de notre tronc, le nombre et la nature des fibres
qui forment notre musculature, ainsi que les tendances et
les possibilités de chacun de nos organes. Ce qui importe
cependant, ce n'est pas de savoir si nous avons hérité d'une
excellente ou d'une mauvaise constitution, mais plutôt le
parti que nous en tirons. Une voiture de modèle ancien peut,
si elle est bien entretenue, donner un rendement plus durable
et plus constant qu'une voiture moderne et plus chère, utilisée
avec négligence.
Le problème qui se pose aujourd'hui à chacun des adultes
consiste à adapter leurs corps aux conditions changeantes
de la vie moderne de façon à se maintenir en assez bonne forme
pour tenir le coup dans les moments de « débit maximum ».
Le meilleur moyen de le résoudre est de donner à notre corps
des soins assidus et intelligents : sommeil et repos
en quantité suffisante, régime équilibré et approprié, dose
quotidienne de vigoureuse activité physique.
Des équipes de savants ont signalé que l'insuffisance d'activité
physique pouvait constituer une menace pour la santé et même
pour la vie. Deux spécialistes anglais en recherches médicales
ont découvert que la thrombose coronaire était deux fois plus
fréquente chez les personnes de faible activité physique que
chez celles d'une grande activité corporelle, et qu'en cas
d'attaque la mortalité est beaucoup plus élevée chez les gens
qui prennent peu d'exercice. Leurs conclusions s'appuient
sur une étude comparée des chauffeurs et des receveurs d'autobus
en Angleterre. Les chauffeurs, assis au volant toute la journée,
se sont révélés beaucoup plus sujets à la thrombose coronaire
que leurs collègues plus actifs, les receveurs, qui passent
leur journée de travail à monter et à descendre les escaliers
des autobus à impériale.
La valeur de l'exercice repose sur un principe fondamental :
la loi de l'utilisation. Hippocrate, le père de la médecine,
qui fut le premier à rejeter l'idée que la maladie était un
châtiment des dieux, affirmait ceci au quatrième siècle avant
Jésus-Christ : « Ce que l'on utilise se développe
et ce que l'on n'utilise pas dépérit ».
L'exercice a aussi d'autres avantages. Il tend à diminuer
la tension et la fatigue, et à apaiser les émotions violentes.
Il aide à prévenir l'embonpoint et à faire disparaître un
grand nombre des courbatures causées par le manque de force
et de souplesse musculaires.
Dans l'âge mûr
À mesure que les années passent, la santé physique exige
que nous nous adaptions à de nouvelles contraintes ainsi qu'au
vieillissement des artères. La « survivance des plus
aptes » n'est rien de plus que la survivance de ceux
qui sont le mieux en état de s'accommoder aux circonstances
qui leurs sont particulières.
Nous ne sommes maîtres de notre sort que lorsque nous sommes
en mesure de faire face aux nouvelles conditions qui nous
entourent, que lorsque nous avons appris à baisser pavillon
devant une situation sans grande conséquence et à épargner
nos forces et notre énergie pour les choses importantes de
la vie.
L'homme bien portant trouve facilement le moyen de se tirer
de difficultés qui lui mettraient les nerfs à vif s'il était
malade ou de santé médiocre. Il conçoit pour son entreprise
des idées qu'il n'aurait peut-être pas s'il était mal portant.
Et il a le courage de les mettre à exécution.
C'est une preuve de maturité que de savoir faire la part
de l'exercice et du repos, de savoir quand tenir bon et quand
lâcher prise. Francis Bacon, haut chancelier d'Angleterre,
écrivait il y a environ 360 ans que l'homme qui veut jouir
d'une bonne santé doit être prêt à dire : « Cela
ne me convient pas très bien, donc je vais cesser de le faire. »
Si nous contrarions sans cesse les lois de la nature, nous
courons tout droit au désastre, car la nature a pour elle
le temps, la force et l'immuabilité.
Ne nous contentons donc pas, dans notre maturité, de totaliser
les maladies que nous n'avons pas pour dire que nous sommes
en bonne santé. Une merveilleuse perspective s'ouvre devant
nous : celle de la santé physique positive. Tout ce qui
nous manque, c'est la force de volonté nécessaire pour en
assurer la réalisation dans notre vie personnelle.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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