Janvier 1955
Les journaux hebdomadaires du Canada
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Il y a au Canada 963 journaux hebdomadaires
dont le tirage global atteint 2,475,140 exemplaires. Quelques-uns
ne publient que quelques centaines de numéros par semaine,
tandis que d'autres sont tirés par milliers. Individuellement
ou collectivement, ces hebdomadaires exercent une profonde
influence sur les idées et les actions de nos gens.
La vie de chacun de nous se déroule pour ainsi dire dans
deux cercles concentriques. Nous appartenons par la naissance
ou par préférence à divers milieux intimes comme nos parents,
notre entourage et nos amis. Nous faisons également partie
de la grande société canadienne, et nous vivons dans un système
solidaire de nations. Le journal hebdomadaire a son propre
milieu.
Formuler une opinion générale au sujet des journaux serait,
pour le moins, hasardeux, étant donné la grande différence
dans la manière dont chacun s'acquitte de sa fonction. Il
y a des journaux qui avilissent le goût du public et faussent
l'opinion publique. Mais on peut dire que la majorité des
journaux hebdomadaires canadiens veillent à conserver une
très haute tenue.
Tout journal est à la fois une entreprise commerciale qui
doit faire vivre le propriétaire et sa famille et en même
temps un instrument de diffusion populaire ayant des devoirs
envers le public. Chez nous, où la presse est libre en vertu
de la loi, les journaux hebdomadaires remplissent leurs fonctions
d'une manière qui leur fait honneur et rend service au pays.
Un journal ordinaire appartenant à l'Association des journaux
hebdomadaires canadiens, dit William H. Cranston, propriétaire
du Midland Free Press Herald, dans un article écrit
pour The Financial Post en août dernier, entre dans
82 pour cent des familles de son territoire, tire à moins
de 1,500 numéros payés par semaine, et il est composé par
moins de dix personnes. Le personnel comprend généralement
le propriétaire qui est souvent à la fois rédacteur, prote,
gérant de la publicité et gardien de l'entreprise.
Il y a peu de millionnaires parmi les 535 propriétaires
de journaux qui sont membres de l'Association, mais chaque
hebdomadaire représente un bon montant de capitaux par rapport
à l'importance de la ville. C'est généralement, une affaire
de famille profondément attachée à la ville par sa loyauté.
M. Cranston fait remarquer que 95 pour cent des propriétaires
d'hebdomadaires ou de journaux qui paraissent deux ou trois
fois par semaine ont été une ou plusieurs fois présidents
de la Chambre de commerce ou du Board of Trade de leur localité ;
45 pour cent ont été maires ou présidents du conseil municipal
ou ont exercé d'autres hautes fonctions ; 97 pour cent
ont fait partie d'un club social et 90 pour cent en ont été
présidents.
Importance des petits centres
Dans un monde où la vie paisible, interne et régulière des
petits centres a été si rudement secouée, nous pouvons nous
considérer heureux de la façon dont notre pays s'est développé.
En passant des fermes isolées aux quelques maisons groupées
en village servant de noyau à une vaste région agricole, et
de là aux petites et aux grandes villes, nous avons réussi
à garder contact avec le sol.
Pendant un certain temps les gens ont afflué des collectivités
rurales aux grandes villes. L'attraction de l'évolution industrielle
a créé des centres urbains surpeuplés qui se sont épanouis,
surtout au cours des dix dernières années, en milliers de
satellites suburbains, dont chacun a ses propres intérêts,
sa fierté et ses tracas.
Le retour aux petits centres où chacun se connaît, contribuerait
grandement à nous redonner le sens de la dignité et du mérite.
Aucun autre milieu ne saurait inspirer les sentiments intimes
et les actes de sympathie et d'assistance mutuelle ainsi que
les chaudes marques d'amitié dont l'ensemble constitue l'esprit
de la démocratie. C'est le petit centre qui est la base réelle
de l'oeuvre qu'accomplit le Canada au sein des nations.
Le journal hebdomadaire est chez lui dans un pareil centre.
Ses lecteurs ne sont pas des êtres anonymes perdus dans une
foule d'inconnus, mais ce sont les gens de la maison voisine,
ou de l'autre rue, que l'on connaît et que l'on comprend.
Le journal hebdomadaire sait que son grand pouvoir réside
dans sa capacité de se faire lire. Pour attirer un grand nombre
de lecteurs, il faut que la presse soit libre, et pour être
libre il faut qu'elle fasse ses frais.
On a beaucoup écrit au sujet de la « liberté de la
presse ». Ceux qui y réfléchissent froidement se rendent
compte que ce n'est pas seulement cette liberté qui est en
jeu mais l'existence même d'une société libre. Tous les genres
de liberté sont menacés dans un pays où les hommes ne sont
pas libres d'échanger leurs idées. Une presse « subventionnée »
renonce à son rôle et à son privilège de donner des informations
exactes et des conseils honnêtes.
On peut dire qu'en somme la presse hebdomadaire du Canada
a conscience de ses devoirs sociaux, qu'elle a maintenu sa
stabilité financière et économique de manière à pouvoir résister
aux influences officielles ou privées, et qu'elle fait de
son mieux pour user activement de sa liberté dans l'intérêt
de son public.
Les journaux hebdomadaires, en général, ne se répandent
pas en polémiques politiques ou autres, mais cherchent au
contraire à harmoniser les vues du citoyen et de son gouvernement
par des articles destinés à soulever l'enthousiasme pour les
avantages pratiques à obtenir. Citons, entre autres, l'amélioration
de la santé publique et des conditions d'existence, la conservation
et l'utilisation des ressources naturelles, les travaux d'urbanisme
et l'embellissement de la localité.
Les annonces
Pour arriver à publier ses nouvelles et ses opinions sans
avoir recours à une aide extérieure, le journal hebdomadaire
a besoin de vendre des annonces. Un bon hebdomadaire est un
excellent moyen d'atteindre rapidement le public, dans la
plus grande mesure possible avec la certitude que l'annonceur
en aura pour la valeur de son argent.
Les annonces sont bon marché dans les hebdomadaires, les
tarifs étant principalement basés sur l'emploi régulier d'assez
grandes annonces par les marchands locaux. On peut prendre
une annonce de dix pouces sur deux colonnes pour onze dollars
en moyenne par insertion. Quelques-uns des plus gros journaux
qui paraissent une, deux ou trois fois par semaine et associés
sous le nom de « Class A Newspapers of Canada »
se sont spécialisés dans la publicité d'envergure nationale,
et 58 d'entre eux ont publié 18 millions de lignes de grandes
annonces nationales l'an dernier. En même temps, plus de 200
millions de lignes d'annonces locales de détail ont paru dans
leurs colonnes. D'après les mesures des journaux, il y a environ
14 « lignes » par pouce sur une colonne, de sorte
que les chiffres ci-dessus représentent respectivement plus
de 1,285,000 et 14,285,000 pouces sur une colonne.
L'emploi de la publicité dans les journaux hebdomadaires
a fait des progrès constants, non seulement chez les marchands
locaux mais aussi parmi les maisons qui font des annonces
dans toutes les parties du pays. Ces annonceurs nationaux
se rendent compte que la publicité qui est bonne pour les
marchands locaux est également bonne pour eux.
Nous ne voulons pas dire par là que la presse hebdomadaire
est une nouveauté, mais qu'elle entre dans une ère nouvelle
maintenant que les annonceurs et leurs agents commencent à
l'apprécier à sa juste valeur. Le premier journal publié au
Canada fut la Gazette d'Halifax du 23 mars 1752, et
le premier imprimé entièrement en français, Le Canadien
du 22 novembre 1806. Depuis cette époque, il s'est produit
une augmentation satisfaisante dans le nombre et la qualité
de nos journaux.
Qu'entend-on par « nouvelle » ?
Les journalistes sont loin de s'entendre sur la définition
du mot « nouvelle », et quand les lettrés et les
philosophes s'en mêlent la confusion empire.
Pour le rédacteur, ce qui constitue une nouvelle dépend
du moment et du lieu d'un événement, ainsi que des personnes
intéressées et de son importance, le tout d'après le point
de vue et le milieu des lecteurs. S'il arrive à l'autre bout
du monde quelque chose qui touche les intérêts des gens dans
un village canadien de 200 habitants, c'est une nouvelle,
et le journal hebdomadaire fera de son mieux pour renseigner
ses lecteurs et leur montrer en quoi cela les intéresse.
Il faut, toutefois, tenir compte d'un autre facteur :
l'à-propos. Le rédacteur en chef d'un hebdomadaire paraissant
le jeudi sait bien que les événements du vendredi précédent
ont été rapportés par les journaux quotidiens, par la radio
et peut-être par télévision. Ils ont peut-être déjà paru au
cinéma. Sans ignorer le fait peu probable que quelques-uns
de ses lecteurs ne regardent pas la télévision, ne vont pas
au cinéma, ne lisent pas les quotidiens et n'écoutent pas
la radio, le rédacteur évite de remplir ses colonnes de vieilles
nouvelles, si importantes qu'elles soient.
L'esprit agile du rédacteur tourne aisément la difficulté,
comme le prouve chaque numéro d'un bon journal hebdomadaire.
Impossible de ne pas mentionner une déclaration de guerre,
l'assassinat d'un président, les ravages causés par une inondation.
Ce sont des nouvelles, et aucun journaliste n'y peut rien
changer. La seule chose à faire est de traiter la nouvelle
par rapport aux gens qui lisent le journal hebdomadaire. Quelle
sera pour eux la conséquence de ces événements, du point de
vue économique et social ? Est-ce que les institutions
de l'endroit en souffriront ? Y a-t-il eu des victimes
parmi les familles des environs ? Tout cela donne l'air
de nouvelles fraîches aux lointains événements de la semaine
dernière.
Le rédacteur avisé doit en outre reconnaître et satisfaire
l'intérêt courant de ses lecteurs tout en contentant leur
curiosité au sujet des événements internationaux et des « grandes »
nouvelles locales. Par exemple, il accorde une place bien
méritée aux règlements destinés à prévenir les pertes de vie,
aux articles qu'il juge capables de contribuer à l'amélioration
des conditions d'existence et à la propagation du bien-être.
Il ne néglige pas un sujet aussi banal que les conditions
atmosphériques, mais il essaie de le rendre intéressant en
informant ses lecteurs de l'effet du beau ou mauvais temps
de la semaine dernière sur leurs entreprises agricoles et
commerciales et sur l'économie de la région.
Nouvelles locales
Au Canada, les « nouvelles » sont encore en grande
partie locales ou régionales. Nous habitons la moitié d'un
continent, et nous ne pouvons guère nous tenir au courant
de tout ce qui s'y passe partout. Le fait que nous nous intéressons
à ce qui est près de nous ou à ce qui nous est familier, n'est
pas la marque d'un esprit de clocher, mais une nécessité imposée
par les circonstances. Le journal hebdomadaire, si son rédacteur
est actif et observateur, pourvoit éminemment à nos besoins.
Les habitants des petits centres, ruraux ou suburbains,
s'intéressent vivement à tout ce qui sort de l'ordinaire.
L'employé qui descend du train après son travail en ville
veut savoir pourquoi les terrassiers creusent la rue ;
il s'intéresse à la construction de la nouvelle école, à sa
date d'ouverture, au nombre d'années pendant lesquelles elle
suffira aux besoins, et aux chiffres sur lesquels le conseil
a fondé son jugement ; il est curieux de tout ce qui
se passe dans son voisinage, même quand ce n'est pas important.
Il n'y a pas d'incident, si insignifiant qu'il soit, dont
un reporter d'un journal hebdomadaire ne puisse faire un bon
article, et fréquemment ces articles sont plus intéressants
que les « grandes » nouvelles qu'on trouve dans
les autres journaux.
Les traités de journalisme insistent sur l'importance de
ce que les Américains appellent « l'intérêt humain »,
c'est-à-dire de ce qui touche le coeur du lecteur, dans le
reportage et les articles de fond. Les gros journaux quotidiens
ont plus de peine à faire intervenir cet appel aux sentiments
dans leurs articles que les hebdomadaires, pour la bonne raison
que les milliers de personnes qui lisent le journal quotidien
ne s'intéressent pas à la victime d'un accident mais aux détails
même de l'accident, tandis que les centaines de lecteurs du
journal rural ou suburbain s'intéressent à la personne même
de la victime, parce qu'ils la connaissent. Il n'est pas nécessaire
que ce qui est arrivé à un voisin soit sensationnel, il suffit
que ce soit une bonne fortune ou une petite mésaventure, ou
quelque chose qui aurait pu arriver au lecteur.
Le rédacteur en chef
Lorsqu'on sait s'y prendre d'une façon intelligente, le
prestige et la publication d'un journal hebdomadaire au Canada
procurent des satisfactions qui ne sont pas sans attraits
pour les hommes de talent.
Le propriétaire indépendant d'un hebdomadaire est toujours
bien connu et respecté. Il est le défenseur de ce qu'il y
a de meilleur dans sa localité, le champion de toutes les
justes causes, le parrain et le partisan des changements qui
dénotent le progrès, l'ancre dans la tempête, et l'éveilleur
de la conscience publique quand elle s'endort. C'est lui qui
répand les idées, les solutions et l'enthousiasme.
Un bon rédacteur visite souvent sa localité afin de connaître
les intérêts de ses lecteurs. Il ressemble au peintre de l'ancienne
Rome qui se cachait derrière ses tableaux pour écouter les
critiques des passants. Il doit être doué d'un esprit extrêmement
sensible, capable de recueillir toutes les impressions qui
pourraient intéresser ses lecteurs. Les gens viennent le consulter,
parce qu'il est bien renseigné et impartial. Il s'efforce
de voir les deux côtés de chaque question, et ne supprime
pas les nouvelles qui doivent être publiées ou celles qui
représentent les vues d'une section de l'opinion publique.
Toutes ces qualités contribuent à en faire un homme dont
le journal est lu et digéré pour son excellence. M. W. Telfer,
directeur général de l'Association canadienne des journaux
hebdomadaires, dit dans une lettre adressée au Bulletin :
« Si l'on me demandait d'énumérer les qualités de la
presse hebdomadaire, je mettrais en tête l'art d'en inspirer
la lecture. Pour qu'un journal ait de l'influence, il faut
non seulement qu'il ait des abonnés, mais qu'il soit lu attentivement.
Mon opinion, et, j'ajouterai, celle de nombreux lecteurs et
propriétaires de journaux avec qui j'en ai parlé, est que
les journaux hebdomadaires ont peut-être meilleur droit à
ce mérite que les autres journaux. »
Force culturelle
Les rédacteurs considèrent le journal hebdomadaire comme
une institution essentielle et vitale qui pénètre jusqu'aux
bases de l'armature sociale de la collectivité et qui en reflète
la vie, les coutumes et la culture. La Commission royale d'enquête
sur l'avancement des arts, lettres et sciences dans son rapport
de 1951, hésite à accorder ce rôle à la presse.
En parlant de l'ensemble de la presse, le rapport dit :
« On peut discuter sur l'apport de la presse du Canada
au développement des arts et des lettres dans notre pays.
Nombre de nos grands journaux accordent, depuis longtemps,
une place généreuse à la chronique des livres, à la critique
musicale et artistique, et nous avons, parmi nous, des journalistes
qui savent écrire avec profondeur et distinction ; mais
nous ne saurions nous prononcer quant à l'influence de ces
éléments sur notre vie culturelle. »
La moitié des Canadiens dénombrés à l'époque du dernier
recensement étaient nés avant 1924. Ils avaient passé leurs
années de formation dans une société qui avait relativement
peu d'appareils de radios, qui ne connaissait pas la télévision,
et dans laquelle la fréquentation du cinéma n'était pas encore
une habitude. Il est certain que, dans une société de ce genre,
le journal local devrait partager avec l'église, l'école et
la bibliothèque du village, le mérite d'avoir été une source
d'arts, de lettres et de science pour la population.
Les grands mouvements de ce que le rapport de la Commission
royale appelle « la vie culturelle », comme le petit
théâtre, ont débuté modestement par des cercles d'art dramatique
locaux avec l'appui de la presse. Les journaux, et surtout
les hebdomadaires, peuvent à juste titre s'attribuer le mérite
d'avoir obtenu l'appui de leurs lecteurs pour les orchestres
et les sociétés artistiques, et d'avoir encouragé les jeunes
poètes en publiant leurs premiers travaux. Il serait intéressant
de savoir, et peut-être une commission future nous le dira-t-elle,
combien d'écrivains, d'artistes, de musiciens et autres virtuoses
bien connus du Canada, ont trouvé leurs premiers encouragements
publics dans leur journal hebdomadaire.
Page éditoriale
Les journaux réservent généralement une page aux opinions
du rédacteur et de ses lecteurs. C'est l'endroit où les nouvelles
et les tendances du jour sont discutées et analysées, et où
le choc des idées fait jaillir la lumière. Le rédacteur du
journal hebdomadaire y trouve amplement l'occasion d'accomplir
un travail agréable et satisfaisant.
Le rédacteur en chef qui prend sa tâche à coeur est en mesure
d'exercer une bonne influence sur sa localité en se prononçant
franchement, tantôt avec retenue et tantôt avec vigueur, sur
les questions qui réclament l'attention.
Il sait que les grands mots n'expriment pas nécessairement
de grandes idées, et il écrit simplement et clairement, dans
un style émaillé de phrases et d'expressions familières. Les
éditoriaux reflètent les besoins et les idées du commun des
mortels. Ils sont pleins de bon sens et de candeur. M. Cranston
dit dans son article : « Il n'y a pas un député
à Ottawa, ou un seul membre d'une législature provinciale
qui ne surveille attentivement ce que dit le rédacteur de
son journal hebdomadaire. »
Le rédacteur a pour tâche de considérer le monde tel qu'il
est dépeint dans les colonnes du journal et d'essayer de le
comprendre. Quand les nouvelles demandent de l'action, c'est
à lui de suggérer, avec des raisons appuyées sur les faits
dont il dispose, dans quel sens il faut agir. En effet, par
suite de son impartialité et du soin qu'il met à se renseigner,
il est en mesure de signaler l'importance essentielle et peut-être
incomprise d'un projet local. Selon la bonne tradition, il
invoque la vérité, la raison et l'intelligence, au lieu de
faire appel au parti pris, aux sentiments et à l'ignorance.
Un rédacteur de cette trempe emploie sa page pour exprimer
des opinions, démasquer les préjugés et inviter à la discussion.
Il transforme sa colonne de « l'opinion des lecteurs »
en un forum expressif, ouvert à tous ceux qui ont quelque
chose d'important à dire. Les idées y font jaillir des étincelles
et les opinions contraires finissent par se concilier. Le
rédacteur qui réussit à publier chaque semaine plusieurs lettres
sur une question d'intérêt local contribue dans une grande
mesure à la stabilité et au bien-être de sa localité.
Importance continuelle
La presse présente de trop nombreux aspects pour pouvoir
la juger par des statistiques, mais d'après les derniers chiffres
il est du moins apparent que le Canada possède une vigoureuse
presse hebdomadaire, dont le tirage et la publicité vont en
augmentant.
On peut dire avec certitude que c'est par la voie de la
presse que les gens reçoivent les renseignements qui leur
permettent d'améliorer leurs conditions d'existence. Quand
il présente ces renseignements sous forme de faits bien ordonnés,
en expliquant le but à atteindre et l'autre côté de la question,
avec d'adroites remarques et suggestions, le journal s'acquitte
hautement de sa fonction.
Pour cela il faut évidemment que l'éditeur possède talent,
autorité et force de caractère, et qu'il connaisse bien son
métier. C'est le genre de journal que lord Hewart, président
du Tribunal du Banc du Roi en Angleterre avait en vue quand
il a dit : « Pensons-nous jamais avec autant de
gratitude que nous le devrions, ou rendons-nous même justice,
au remarquable talent, à la diligence, au soin et aux connaissances,
à l'esprit, à l'humour, à l'adresse et à la souplesse d'esprit,
au sens du devoir, au courage, à l'honnêteté et au rude travail
qui sont nécessaires pour produire le meilleur genre de journal ? »
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