Vol. 49, N° 2 Février 1968
Les accidents mortels
au foyer sont souvent évitables
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Qu'est-ce qu'un accident ? Certains
se représentent l'accident comme une mésaventure.
D'autres refusent d'y penser sous prétexte que c'est
un événement imprévu ou inattendu. Beaucoup
le considèrent comme une question de malchance.
Pour qui veut « vivre longuement » cependant,
c'est une erreur de traiter le mot et la chose avec une telle
désinvolture. Tout accident a une cause : une
imprudence, une habitude dangereuse, un risque mal apprécié.
Ce n'est pas un hasard, terme que nous employons pour cacher
notre ignorance. Si nous tenons à survivre, nous devons
nous servir de notre intelligence pour nous protéger.
L'affreuse réalité est que, comme l'industrie
et la finance qui se sont automatisées pour marcher
de front avec les affaires, la Mort, elle aussi, doit recourir
au calculateur pour dénombrer les victimes des accidents.
Les esprits réfléchis ne peuvent éprouver
que de la consternation en lisant notre triste bilan annuel
de 11,000 hommes, femmes et enfants tués dans des accidents,
de plus d'un million de blessés, d'au delà d'un
million de millions de dollars de pertes économiques,
de 14,000 lits d'hôpital occupés chaque jour
par les accidentés. C'est un déshonneur national.
Les statistiques canadiennes nous révèlent
que sur toutes les 100 personnes qui meurent dans des accidents
en une année, 46 perdent la vie dans des circonstances
où interviennent les véhicules automobiles ;
15 morts sont dues aux chutes ; 10 aux noyades ;
6 aux asphyxies par ingestion de corps étrangers ou
d'aliments ; 4 aux empoisonnements ; et 2 dans chaque
cas sont causées par des objets qui tombent, des machines
ou des armes à feu.
Dans chacune de ces morts « accidentelles », quelqu'un
a commis une erreur ou une maladresse. On a utilisé
un truc sûr de façon dangereuse ; accompli
un acte sans danger de manière imprudente ; employé
étourdiment un objet dangereux ; on n'a pas prévu
les conséquences de ce qu'on allait faire.
Les accidents au foyer
Bien que des progrès sensibles aient été
réalisés en vue de réduire le taux de
mortalité des accidents au foyer, ceux-ci se classent
encore parmi les principales causes de décès,
et le présent Bulletin a pour objet d'étudier
les moyens de les éviter.
Ces accidents surviennent dans toutes les parties de la
maison : 30 p. 100 dans les cuisines et les salles à
manger ; 24 p. 100 dans les porches et les cours ;
18 p. 100 dans les pièces de séjour et de repos ;
12 p. 100 dans les escaliers ; 3 p. 100 dans les salles
de bains ; 3 p. 100 dans les caves ; 2 p. 100 dans
les vestibules ; 1 p. 100 dans les garages ; 7 p.
100 ailleurs.
Et ils se produisent de toutes sortes de façons :
38 p. 100 sont causés par des chutes au niveau du sol ;
14 p. 100 par des chutes d'un plan élevé ;
13 p. 100 par des substances bouillantes ou en combustion ;
9 p. 100 par la manipulation de matériaux ou d'articles
quelconques ; 2 p. 100 par des objets qui tombent ;
10 p. 100 par d'autres choses.
La mort par accident frappe à tout âge :
en un an, on a relevé 492 décès par accident
imputables à toutes les causes dans la catégorie
des enfants de moins d'un an ; 712 morts à l'âge
de un à quatre ans ; 1,137 à l'âge
de 5 à 14 ans ; 2,192 à l'âge de
15 à 24 ans ; 3,111 à l'âge de 25
à 44 ans ; 2,788 à l'âge de 45 à
64 ans ; et 2,521 à l'âge de 65 ans et plus.
Le total des morts par accident au Canada en 1965 s'est chiffré
à 10,978.
La prévention des accidents au foyer pose un grave
problème. La sécurité au foyer est tout
aussi importante dans l'administration de la maison que l'enveloppe
de paie et la préparation des aliments.
Pour jouer un jeu sûr, il y a lieu d'étudier
chaque nouvelle machine et chaque nouvel appareil afin de
découvrir les dangers qu'ils comportent et de prendre
immédiatement les mesures nécessaires pour en
protéger la famille. Cela suppose une vigilance continuelle,
l'examen périodique de tout ce qu'il y a dans la maison
en vue de déceler les dangers nouveaux ou naissants,
ainsi qu'un sens aigu des réalités.
Il est impossible de supprimer tous les risques, mais nous
avons le devoir indubitable de faire prendre conscience à
chacun des dangers qui existent. Sans la collaboration de
tous les membres de la famille, les parents ne peuvent jouer
qu'un rôle limité dans la prévention des
accidents. Comme dans les entreprises industrielles, la prévention
organisée des accidents devrait faire partie intégrante
de la vie du foyer.
Pourquoi ne pas former un conseil de sécurité
familial, où chaque membre de la famille serait chargé
d'examiner régulièrement la situation ?
Si chacun est pénétré de l'esprit de
sécurité, il ne sera pas nécessaire de
harceler ni d'ennuyer personne avec cette question.
Une excellente brochure de 32 pages, que l'on peut se procurer
aux bureaux locaux des compagnies du gaz, a été
publiée par l'Association canadienne du gaz. Intitulée
La sécurité au foyer, cette publication
illustrée traite de tous les aspects de la sécurité
dans la maison, depuis l'antenne de télévision
jusqu'à la cave.
La sécurité des enfants
Les enfants occupent une place spéciale dans le vaste
domaine de la prévention des accidents. Ils ne meurent
pas autant de maladie qu'autrefois, mais les accidents entraînent
chez eux un nombre croissant de pertes de vie et d'infirmités.
Chaque foyer a des possibilités d'accident qui lui
sont propres, et il n'existe pas de formule magique et infaillible
pour protéger les enfants. On reconnaît cependant
de plus en plus le bien que peut apporter la surveillance,
la suppression des dangers connus, l'enseignement des mesures
élémentaires de sécurité et le
bon exemple.
La mère doit tenir compte du passage du temps, car
l'enfant d'aujourd'hui peut très bien faire ce qui
était impossible au nourrisson d'hier. Elle doit penser
au même rythme que son enfant, dont la curiosité
s'accroît d'heure en heure. Déployer les ressources
de son imagination pour suivre l'évolution de l'enfant
en bas âge constitue un jeu difficile, mais la protection
de la vie du bambin en est la récompense.
La protection complète est le commencement de la
prévention des accidents. Le tout jeune enfant est
entièrement à la merci de ceux qui en ont la
garde. Comme le disait un conférencier à un
congrès de pédiatres : « S'il se brûle,
se noie, s'empoisonne, se fait écraser ou mutiler,
c'est parce qu'il a manqué de protection de la part
des personnes chargées d'en prendre soin. »
C'est le propre des enfants en bas âge de se tortiller
et de se rouler ; il ne faut donc jamais les laisser
un seul instant dans une position où ils peuvent se
précipiter au devant du danger. Leurs lits doivent
être épinglés, boutonnés ou bordés
de façon qu'il leur soit impossible de s'étouffer.
L'eau n'est pas sûre tant que l'enfant n'a pas appris
à la respecter. Le ministère de la Santé
publique de la Saskatchewan écrit fort justement dans
une brochure consacrée à la sécurité
des enfants : « Ne laissez jamais un jeune enfant
seul dans une baignoire même pour une petite seconde.
Laissez sonner le téléphone ! »
Les petites précautions sont importantes. Tenez les
lames de rasoir, les épingles, les boutons et les autres
menus objets hors de la portée des enfants. Verrouillez
les portes qui ouvrent sur des dangers éventuels. Rangez
les médicaments dans une haute armoire à serrure.
Lisez avec soin l'étiquette avant d'employer le contenu
d'un flacon ou d'une boîte. Obturez toutes les prises
électriques inutilisées avec du ruban adhésif
ou au moyen de bouchons spéciaux fabriqués à
cette fin.
Ces précautions semblent banales, mais c'est en raison
même de leur banalité qu'il faut toujours y revenir.
Ce sont les petites fautes ou omissions qui causent le plus
de tragédies et de chagrins.
L'enseignement de la prudence
Les dangers se multiplient à mesure que l'enfant
apprend à ramper, à marcher et à grimper.
Il se lance alors dans une exploration effrénée
d'un monde tout nouveau pour lui. Il goûte, tire, touche
et essaie tout ce qui lui tombe sous la main. Il a besoin
de liberté, mais aussi de restrictions. Il faut assurer
une protection absolue contre les accidents qui peuvent entraîner
la mort ou des infirmités, mais l'enfant qui court
partout doit commencer à se constituer une réserve
d'expérience contre les légers mécomptes
et acquérir ainsi des notions pratiques de la douleur,
de la chaleur, de la pesanteur et de ce qui ne se mange pas.
À mesure que les enfants franchissent le stade de
leurs premières années, il convient de leur
enseigner graduellement à se protéger eux-mêmes.
Laissez-les explorer et expérimenter à leur
guise dans un cercle que vous délimiterez avec fermeté
et leur expliquerez avec simplicité.
La discipline est un facteur de sécurité et
une excellente initiation à la maîtrise de soi.
Elle peut s'exprimer par la sévérité
de la voix, la privation d'un privilège et très
souvent, dans les jeunes années, par une tape bien
administrée. Une condition essentielle est que la discipline
soit raisonnable, logique et compréhensible. Les parents
doivent montrer qu'elle procède de l'affection.
Mais pour remplacer le fruit défendu de ce qui est
dangereux pour l'enfant, il faut proposer quelque chose de
sûr. En matière de sécurité, apprendre
ce qu'il convient de faire est tout aussi important que d'apprendre
ce qu'il ne faut pas faire. En interdisant à un garçonnet
de monter sur une clôture où il y a de l'herbe
à la puce ou du fil barbelé, ou de grimper à
un arbre dont les branches ne sont pas assez fortes, un père
doit lui montrer une clôture ou un arbre où il
peut grimper en toute sécurité. Il n'y a rien
de mal à grimper, dit le proverbe, mais encore faut-il
choisir les endroits où l'on grimpe.
Les parents doivent transmettre leurs consignes de sécurité
aux gardiens d'enfants. Ceux-ci doivent toujours savoir où
joindre les parents en cas de nécessité, connaître
les numéros d'appel au secours et être renseignés
sur ce qu'il faudrait faire en cas d'accident.
La prévention des accidents
La bonne tenue du foyer - la propreté et l'ordre
- est un principe fondamental de la prévention des
accidents, car elle en supprime les causes.
Le bon entretien du foyer porte notamment sur la disposition
des meubles, l'enlèvement des déchets et l'état
matériel de la maison. Il veut que les portes qui se
trouvent au haut des escaliers demeurent fermées à
clé ; que les balais, les seaux, les boîtes
de carton et les paquets de toutes sortes ne se trouvent pas
dans des coins sombres ; qu'on ne laisse pas les fils
électriques s'effilocher ou se tortiller ; que
des objets éparpillés de tous côtés
ne risquent pas de faire trébucher quelqu'un.
Les chutes représentent une proportion élevée
et croissante de la mortalité due aux accidents, non
seulement pendant l'enfance, mais aussi aux âges plus
avancés. Seuls les véhicules automobiles l'emportent
dans ce domaine sur les chutes. Les causes sont ici innombrables :
jouets qu'on laisse traîner sur le parquet ; cordes
de balançoire usées, cordons prolongateurs étalés
au milieu des pièces, petites carpettes posées
sur des surfaces lisses, escaliers mal éclairés,
oubli de mettre un tapis de caoutchouc dans la baignoire,
eau ou graisse sur les planchers, linoléum ou tapis
déchirés, emploi pour atteindre un point élevé
de chaises placées sur un parquet ciré.
Toutes ces chutes sont évitables... évitables
par la suppression des causes et de l'imprudence. Chaque fois
que l'on monte sur quelque chose - échelles, chaises,
bancs, marche-pieds, boîtes - il faut le vérifier
et prévoir un objet offrant prise aux mains. Les escaliers
doivent être protégés par des rampes,
et il ne faut jamais laisser rien sur les marches. Mettez
un signe quelconque - une bande de métal ou un trait
de peinture - au haut et au bas des escaliers qui sont raides
ou peu éclairés. En montant ou en descendant
l'escalier, ne portez jamais rien qui puisse vous masquer
la vue.
Le feu menace tout le monde
Vous n'êtes, vous et votre famille, à l'abri
du danger de périr par le feu que dans la mesure où
vous vous protégez par des précautions de sécurité.
Presque tous les incendies sont dus à l'étourderie
humaine. Les avertisseurs, les extincteurs et les issues de
sauvetage ne vous assurent pas la sécurité que
vous pouvez obtenir en prenant toutes les mesures préventives
possibles pour empêcher le feu de prendre naissance.
D'après le bureau du Commissaire fédéral
des incendies, les incendies de maison au Canada sont imputables
aux causes suivantes : imprudence des fumeurs 47 p. 100 ;
appareils de chauffage 16 p. 100 ; déchets et
ordures 12 p. 100 ; installations électriques
10 p. 100 ; liquides inflammables 4 p. 100 ; cendres
3 p. 100 ; autres causes (habituellement sans rapport
avec la protection contre l'incendie au foyer) 8 p. 100.
La sécurité consiste à savoir manier
convenablement l'outillage et le matériel qui peuvent
être dangereux. Il ne faut pas laisser les appareils
de chauffage devenir trop chauds ; les déchets
ne doivent pas s'accumuler ; les fils électriques
ne doivent pas être surchargés ni rester démunis
de leur isolant ; les liquides inflammables ne doivent
pas être stockés dans la maison.
La dangereuse habitude de fumer au lit - et peut-on fumer
au lit sans danger ? - entraîne beaucoup de morts
par le feu et l'asphyxie. Elle est d'autant plus insensée
que personne n'est sûr de ne pas glisser dans le sommeil
sans éteindre sa cigarette.
Si un incendie se déclarait, tout le monde dans la
maison connaît-il les possibilités d'évacuation ?
Il conviendrait de les rappeler de temps en temps aux intéressés
et de procéder à des exercices de sauvetage,
afin que chacun connaisse parfaitement la ligne de conduite
à suivre.
Un manuel d'une trentaine de pages, bien illustré,
a été rédigé par le Commissaire
fédéral des incendies, à Ottawa, en collaboration
avec les directeurs et les commissaires provinciaux des incendies.
Il s'agit de Protection contre l'incendie au foyer,
que l'on peut se procurer en s'adressant directement à
l'Imprimeur de la Reine, à Ottawa, ou aux diverses
librairies du gouvernement canadien. Le prix est de $0.25.
Une autre brochure, intitulée Protection contre
l'incendie à la ferme, complète admirablement
cette publication.
Les poisons se cachent partout
L'empoisonnement est une chose aussi stupide que tragique
parce que toute intoxication accidentelle résulte de
l'erreur ou de la négligence humaine.
La mort par empoisonnement accidentel a fait plus de 400
victimes au Canada en 1965.
Tous les produits toxiques et les médicaments domestiques
devraient être placés hors de la portée
des enfants. Les remèdes les plus simples peuvent être
dangereux. Un adulte qui prend un comprimé inoffensif
à dose légèrement excessive n'en souffrira
peut-être pas gravement, mais lorsque l'effet en est
accru par le jeune âge de l'enfant, il y a là
un danger très réel.
Les méprises qui se commettent dans l'armoire à
pharmacie sont très fréquentes. On cherche distraitement
un flacon de médicament, et l'on saisit en fait un
produit toxique. La grande règle de protection dans
ce cas est de ne jamais prendre ni donner des médicaments
dans l'obscurité, lorsqu'on est mal éveillé
ou sans lire l'étiquette.
Il existe dans certaines localités des centres antipoisons
qui rendent de très précieux services. Ces centres
donnent des renseignements sur les substances toxiques que
l'on rencontre dans les produits ménagers et que l'on
peut manger ou absorber par accident, ainsi que sur les méthodes
de premiers soins. S'il y a un de ces centres dans votre voisinage,
inscrivez-en le numéro de téléphone sur
la liste de vos « appels de secours ».
Les dangers de l'électricité
Laissée à sa place, l'électricité
ne présente aucun danger. Mais l'électricité
en liberté n'épargne personne : si on la
malmène, elle tuera l'octogénaire aussi sûrement
que l'enfant de deux ans.
Examinez souvent les cordons des lampes et les rallonges,
et remplacez-les s'ils sont détériorés
ou si leur isolant est dur et cassant. Soyez prudent même
pour changer les ampoules. Un homme a été électrocuté
parce que son doigt avait glissé dans la douille en
introduisant une nouvelle ampoule dans un accessoire de son
sous-sol. Ne trifouillez pas l'intérieur de votre récepteur
de télévision, même s'il est débranché.
N'employez pas de fusibles d'un calibre supérieur à
15 ampères dans les circuits d'éclairage ;
les autres pourraient surcharger l'installation et provoquer
un incendie.
Assurez-vous qu'il y a une marque de sécurité
sur vos appareils de chauffage électriques ou autres.
Des laboratoires d'essai de réputation nationale, comme
ceux de l'Association canadienne de normalisation, des Laboratoires
des assureurs, de l'Association canadienne de l'électricité,
de l'Association canadienne du gaz et de l'Association des
ingénieurs éclairagistes, vérifient et
étiquettent la plupart des appareils de chauffage au
mazout, au gaz ou à l'électricité suivant
des normes de sécurité agréées.
Un endroit tout à fait spécial
La cuisine est l'une des pièces les plus dangereuses
du foyer. Si tous les dangers qui existent dans une cuisine
se retrouvaient dans une entreprise industrielle, la direction
insisterait davantage sur les dispositifs de protection et
la prévention des accidents.
La cuisine est à la fois une usine, une boulangerie,
une conserverie, une buanderie, une boucherie, un restaurant,
un atelier ménager et un terrain de jeux pour les enfants.
C'est une protection élémentaire que de tourner
les manches des casseroles vers l'arrière de la cuisinière,
pourtant un bon nombre d'enfants meurent ébouillantés
chaque année en renversant sur eux une marmite de soupe
ou une casserole de pommes de terre bouillantes. Des ménagères
se brûlent mortellement parce que leurs vêtements
prennent feu au contact d'une flamme nue.
Le « dessous de l'évier » est un endroit
fort commode pour ranger l'ammoniaque, le savon, les dissolvants,
les détergents, les lessives, les encaustiques et les
produits de nettoyage, mais c'est aussi l'un des lieux qui
attirent le plus les enfants. Il ne faut pas s'attendre qu'un
bambin de deux ans puisse distinguer entre les choses dangereuses
et les jouets inoffensifs que lui offre la batterie de cuisine.
Après tous les conseils donnés à l'école,
à la radio, à la télévision et
dans les journaux, il est difficile de comprendre pourquoi
on persiste à stocker des désinfectants, des
insecticides, de la mort-aux-rats et d'autres produits analogues
à proximité des aliments, des récipients
qui en contiennent et des ustensiles de cuisine. Mais cette
dangereuse habitude continue à faire des victimes.
Pour épargner des vies
Il a été question jusqu'ici de certaines précautions
personnelles et familiales, mais la collectivité peut
aussi contribuer par son intervention à la protection
de la vie humaine.
À l'extérieur du foyer, le spectre des accidents
mortels doit être combattu, par un programme d'action
bien conçu, dans quatre grands domaines : la recherche,
pour trouver des méthodes et des produits plus sûrs ;
la technique, afin d'accroître la sécurité
du matériel et des instruments ; l'application
des lois, pour éviter que la négligence des
uns ne lèse les autres ; l'éducation, pour
que la prudence, dans les idées et dans les actes,
devienne partie intégrante de votre manière
de vivre.
Dans beaucoup de collectivités, les parents ont été
les animateurs des mesures de sécurité. Les
médecins, qui connaissent bien la douleur, la peur
et les pertes de vie dues aux accidents, jouent un rôle
important en renseignant les parents sur les principes de
la prévention des accidents et en patronnant des programmes
de sécurité municipaux.
L'enseignement de la prudence doit attirer l'attention sur
les dangers et les facteurs humains qui sont à l'origine
des accidents mortels et indiquer comment y faire face ou
y remédier. Cette formation commence au foyer, se perfectionne
à l'école et doit se poursuivre chez les adultes.
L'ampleur du problème exige une action sérieuse
et rapide.
L'esprit de prudence
Il est ridicule, à une époque où l'on
découvre tant de médicaments merveilleux et
où l'on invente toutes sortes de dispositifs pour protéger
la vie humaine, que cet ennemi mortel de l'homme que sont
les accidents soit encore une chose qu'il lui appartient personnellement
de combattre et de vaincre.
Le facteur de danger que comporte la vie ne sera jamais
totalement supprimé, mais on peut faire beaucoup pour
l'amoindrir.
La vie est trop précieuse pour être confiée
à la fortune, et l'on ne peut s'en remettre à
son ange gardien ou à sa médaille de saint Christophe
qu'après avoir fait tout son possible pour se protéger.
Si vous avez fait le nécessaire pour parer aux dangers
qui sont prévisibles, vous aurez alors l'esprit libre
pour improviser ce qu'il faut pour faire face à l'imprévu.
Si vous prenez l'habitude d'éviter les situations qui
sont source d'accidents, vous serez en mesure d'affronter
les nouvelles éventualités.
Soyez sûr de ceci : lorsque la mort frappe par
suite d'une action ou d'une omission, ce n'est pas une excuse
admissible ou consolante que de dire « je n'y ai pas
pensé ».
Il est bon et sage de faire appel à la prudence pour
se maintenir en vie, et, de toute façon, il est préférable
de pécher par excès de précautions que
de commettre l'erreur de se faire tuer.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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