Vol. 46, N° 2 Février 1965
Les carrières médicales
et paramédicales
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Si ce bulletin avait été écrit
en 1865 au lieu de l'être en 1965, au moins la moitié
de ceux qui le lisent aujourd'hui ne seraient plus en vie.
Parmi les disparus, un sur cinq environ aurait été
emporté dès le bas âge par les coliques,
la coqueluche, la fièvre typhoïde ou l'une des
multiples autres maladies communes de l'enfance à cette
époque. À peu près un sur dix serait
mort avant l'adolescence, victime de la diphtérie,
de la scarlatine, de la variole, de la rougeole, de carences
nutritives ou de certaines autres affections. Parmi ceux qui
auraient atteint l'âge adulte, un sur douze approximativement
aurait succombé, avant trente ans, au tétanos,
au diabète, à l'appendicite ou à quelque
autre maladie contre lesquelles il n'existait pas encore de
traitement efficace. Un sur six environ aurait été
fauché avant l'âge de cinquante ans par la pneumonie,
la tuberculose, la typhoïde ou un autre fléau
de ce genre.
Mais la situation a bien changé grâce aux progrès
de la médecine et de la pharmacie. Ces deux professions
existent depuis toujours, mais les recherches méthodiques
n'y ont vraiment commencé que vers le milieu du dix-neuvième
siècle. Au cours des cent années qui suivirent,
une véritable révolution s'est accomplie dans
l'art de conserver et de rétablir la santé.
Les Canadiens ont de plus en plus conscience du fait que
la conservation de la santé concourt dans une large
mesure à rendre la vie plus heureuse. Nous en avons
une preuve évidente dans les sommes qu'ils consacrent
au soin de leur santé personnelle. En 1961, nous dit
l'Annuaire du Canada, le montant en a été
de 1 milliard 652 millions de dollars, soit un peu plus du
double du chiffre correspondant en 1953.
Les besoins du Canada
Pour avoir un bon service de santé, il faut d'abord
disposer d'un nombre suffisant de personnes compétentes.
L'une des tâches confiées à la Commission
royale d'enquête sur les services de santé, instituée
en 1961, consistait à examiner si le Canada est en
mesure de faire face aux besoins de personnel qui se présenteront
au cours des prochaines décennies. Son rapport, publié
en 1964 et en vente à l'Imprimerie nationale, souligne
la nécessité pressante du recrutement et de
la formation.
On peut affirmer que l'effectif médical du moment
est assez nombreux dans les circonstances actuelles, mais
qu'il y aura avant longtemps pénurie si le rendement
des écoles de médecine n'augmente pas sans délai.
L'accroissement de la population et la demande de plus en
plus grande de services de santé exigent l'augmentation
du nombre des médecins par rapport au nombre d'habitants,
l'intensification des recherches médicales, un plus
grand nombre de professeurs compétents, une aide financière
accrue en faveur des douze écoles de médecine
du Canada et la création d'autres écoles.
Les écoles existantes ont formé une moyenne
de 785 médecins par an au cours des vingt dernières
années. Quelques médecins de l'étranger
sont venus grossir les rangs de notre corps médical,
mais comme le dit le rapport de la Commission royale, « la
question de savoir pendant combien de temps le Canada peut
espérer voir les autres pays payer les études
des médecins dont il a besoin, est un problème
qui doit nous préoccuper ».
En 1961, le Canada ne comptait qu'un peu plus de 21,000
médecins, soit un médecin pour 857 habitants.
Pour assurer aux Canadiens les services de santé dont
ils auront besoin à l'avenir, notre corps médical
devra obligatoirement s'accroître d'au moins 19,350
nouveaux praticiens avant 1991. Mais pour pouvoir former ce
personnel sanitaire de base d'ici 1991, il nous faut plus
de 1,000 places pour les étudiants en médecine,
ce qui suppose l'agrandissement de nos écoles de médecine
et la construction de nouvelles écoles.
À moins d'une augmentation immédiate des services
d'enseignement et du nombre des étudiants, la proportion
des médecins par rapport à la population commencera
à décroître dès 1971.
Le choix d'une carrière
Il y a beaucoup de raisons qui attirent les étudiants
vers la carrière médicale. La principale d'entre
elles est peut-être la tendance naturelle à mieux
connaître les sciences et leur application dans le domaine
de la santé, jointe à un désir véritable
de rendre service aux autres.
Le médecin est un homme qui a décidé
de consacrer sa vie à la prévention et au traitement
des maladies ainsi qu'au rétablissement des malades.
Grande source de satisfaction personnelle, cette profession
permet à celui qui l'exerce de fournir son apport à
la science médicale et de contribuer de façon
importante à relever les normes de santé dans
sa localité. Le médecin peut aussi mettre son
intelligence et son art au service de la santé publique
et de la médecine industrielle, et favoriser l'enseignement
de l'hygiène.
Cet éventail d'activité remarquablement vaste
offre un champ d'action à tous les talents et à
tous les goûts, tant dans les domaines de la médecine
générale, des spécialités, de
la recherche et de l'enseignement que dans ceux du service
de santé de la fonction publique et de l'administration.
La rémunération entre aussi en ligne de compte.
Le revenu annuel ordinaire des médecins dépasse
quelque peu la moyenne applicable dans les autres professions
libérales au Canada. Elle était de $16,323 en
1960, en comparaison de $15,670 pour les ingénieurs
et les architectes, de $14,597 pour les avocats et les notaires,
de $12,238 pour les dentistes et de $11,446 pour les comptables.
Mais les jeunes ne doivent pas se diriger vers la médecine
dans l'idée de pouvoir vivre dans l'oisiveté
après leurs études. Comme l'a dit si justement
l'un des grands médecins de notre siècle, sir
William Osier, « le mot clef en médecine, c'est
le mot travail ».
L'enseignement de la médecine
Aucun étudiant en médecine ne saurait brûler
les étapes et faire ses études en un an ou deux.
Le but fondamental de l'enseignement médical est de
former des médecins parfaitement compétents.
Le diplômé en médecine n'est pas un technicien,
c'est un homme qui exerce une profession libérale,
qui pratique un art et qui remplit une mission humanitaire.
Une pareille carrière ne peut qu'exiger des études
et des qualités de tout premier ordre.
Les candidats à l'admission dans les facultés
de médecine du Canada ne sont pas rares. Nous sommes
dans une phase d'expansion rapide de la population étudiante,
dit le secrétaire général de l'Association
médicale canadienne, et la médecine en reçoit
sa part. En réalité, on compte environ trois
bons candidats pour chaque place qui existe dans les classes
de plus en plus grandes offertes aux nouveaux étudiants.
Les écoles de médecine et d'art dentaire manquent
à un tel point de personnel que certains bons candidats
doivent aller étudier aux États-Unis ou en Europe.
L'Université de Toronto a dû refuser deux étudiants
sur trois en prémédicale ; la faculté
de médecine de l'Université Laval s'est vue
dans l'obligation d'écarter 275 candidats admissibles
au début de l'année 1964-1965, et le doyen de
la faculté, le Dr Gingras, prévoit que plus
de 3,000 devront subir le même sort au cours des dix
prochaines années à moins que l'on ne dispose
de fonds plus considérables et des installations d'enseignement
indispensables.
En présence de cette situation, la Commission royale
en est arrivée à la conclusion que le problème
qui se pose au peuple canadien ne consiste pas uniquement
à assurer le financement des services des médecins,
mais aussi à pourvoir aux besoins en personnel de toute
la gamme des services essentiels : psychiatriques, médicaux,
dentaires, hospitaliers, pharmaceutiques, infirmiers, prothétiques,
de soins à domicile et ophtalmologiques. Elle a proclamé
la nécessité d'accroître les installations
et les moyens de formation dans tous les domaines qui intéressent
la santé.
Cet organisme a également recommandé que l'état
accorde des fonds en vue d'assurer l'expansion maximale des
écoles universitaires d'infirmières existantes
et la création de dix autres de ces écoles ;
l'agrandissement et la rénovation des installations
dont disposent les écoles de médecine actuelles
jusqu'à concurrence de cinquante pour cent des frais
et de la moitié des frais de construction de nouvelles
écoles de médecine à sept autres universités ;
la prise en charge de la moitié des frais relatifs
aux installations dans les nouveaux hôpitaux universitaires
ou l'expansion des moyens d'enseignement hospitalier existants
jusqu'au maximum de dix lits par étudiant ; l'octroi
immédiat de la moitié des frais d'expansion
et de rénovation de cinq de nos écoles d'art
dentaire et la moitié des frais de construction de
cinq nouvelles écoles dentaires.
En ce qui concerne l'aide à fournir aux étudiants,
la Commission est d'avis qu'il conviendrait d'augmenter la
subvention de formation professionnelle de façon à
verser, sur demande, la somme de $2,000 à tout étudiant
canadien en médecine qui obtient des résultats
satisfaisants pendant ses troisième et quatrième
années de médecine.
Ces recommandations sont d'autant plus significatives qu'elles
sollicitent une aide financière considérable
de la part de l'état fédéral en faveur
de l'enseignement dans le domaine des professions médicales,
contrairement au principe traditionnel selon lequel l'instruction
relève presque exclusivement des gouvernements provinciaux.
Elles dénotent à la fois l'intérêt
du publie pour les questions de santé et la conviction
croissante que la santé de la nation est d'une importance
vitale pour le Canada.
Prenant la parole devant les membres de la Conférence
nationale des universités et des collèges canadiens,
en octobre dernier, le Premier ministre disait entre autres
choses : « Aux points où les recherches et
l'enseignement se rejoignent, il y a un certain chevauchement
des responsabilités fédérales et provinciales,
tout comme c'est le cas là où la responsabilité
de l'emploi chevauche avec la responsabilité de l'enseignement
technique et professionnel. Nous avons, je crois, établi
des formules satisfaisantes de collaboration fédérale-provinciale
dans ce dernier domaine ; j'espère que nous aurons
le même succès dans le domaine des recherches
et des études supérieures. »
Le travail d'équipe
Si le médecin représente l'élément
le plus important des services de santé, il n'est pas
seul pour remplir la tâche. Le soin de maintenir la
population en bonne santé est essentiellement un travail
d'équipe.
Mais même si le médecin peut demander l'aide
ou l'avis de ses coéquipiers, c'est à lui qu'incombe
en dernier lieu la responsabilité du malade. Le pays
ne saurait se passer des services d'un vaste corps d'omnipraticiens
instruits et compétents. C'est sur eux avant tout que
comptent les malades.
Ce qui manque en profondeur au médecin de famille
- les connaissances spéciales qui rendent le spécialiste
indispensable dans les cas spéciaux - est largement
compensé par son envergure. Il s'occupe de tout avec
compétence, des troubles propres à l'enfance
jusqu'aux rhumatismes de la vieillesse. Pour lui, le malade
est un être humain qui vit dans certaines conditions
et non pas simplement un cas dans un registre de rendez-vous.
Il doit d'abord juger de la nature, de la cause et de la gravité
de la maladie, puis prescrire le traitement requis ou renvoyer
le malade au spécialiste voulu.
La science médicale s'est diversifiée à
un tel point que la pratique de la médecine comprend
aujourd'hui plusieurs spécialités, dont trente
sont officiellement reconnues par le Collège royal
des médecins et chirurgiens.
Pour devenir spécialiste, il faut consacrer de trois
à cinq ans à l'étude intensive - théorique
et pratique - d'une spécialité médicale
avant de se présenter aux examens d'aptitude. Il ne
s'ensuit pas que le spécialiste limite son intérêt
à un champ d'activité aussi restreint qu'exclusif.
Il ne peut vraiment exercer la médecine avec fruit
s'il n'y apporte que sa spécialité. Le Dr Will
Mayo, de la célèbre clinique du même nom,
soutient pour sa part que la spécialisation ne devrait
être rien de plus que l'adjonction d'un centre d'intérêt
particulier à la pratique générale.
Les progrès scientifiques et techniques exigent des
connaissances toujours plus vastes et plus approfondies. Prenons,
pour ne citer qu'un cas, l'exemple de la durée sans
cesse croissante de la vie humaine et du vieillissement de
la population qui en découle. Il y a cinquante ans,
on comptait au Canada 203,537 personnes de soixante-dix ans
et plus ; au dernier recensement, le nombre en était
passé à 904,052, soit une augmentation de 344
p. 100. Ce fait pose évidemment de nouveaux problèmes
à la médecine, et c'est là ce que plusieurs
médecins étudient maintenant sous le nom de
gériatrie.
Les branches de la médecine
Les catégories générales de la chirurgie
et de la médecine embrassent aujourd'hui de multiples
sphères d'activité professionnelle. Les psychiatres
sont des médecins spécialistes des maladies
mentales. Les radiologues et les radiothérapistes sont
des médecins qui ont fait des études spécialisées
dans l'art de diagnostiquer et de traiter les maladies par
les rayons X. L'optométrie est la profession qui traite
les affections des yeux grâce à la détection
et à la correction des défauts de la vision.
L'ophtalmologiste ou oculiste est le médecin qui a
suivi des études complémentaires en chirurgie
et thérapeutique oculaires.
L'ostéopathie, dont l'origine remonte à 1899
dans notre pays, est une théorie médicale qui
préconise l'importance de l'ossature et des articulations
de l'organisme pour établir la cause et le diagnostic
des maladies et en assurer le traitement et la prévention.
La podologie est la branche de la médecine qui s'occupe
des maladies des pieds.
L'art dentaire est l'une des spécialités les
mieux pourvues, et pourtant le Canada ne comptait en 1961
qu'un dentiste pour 3,037 habitants en comparaison de un pour
1,900 aux États-Unis. Les Canadiens dépensent
moins de deux cents par personne et par année en recherches
dentaires ; par contre, ils consacrent environ $5 chacun
aux traitements, qui consistent la plupart du temps à
réparer le mal déjà causé. La
Commission royale d'enquête estime qu'il nous faudrait
14,420 dentistes en 1991 et recommande l'agrandissement des
écoles existantes, la construction de quatre nouvelles
écoles et le recrutement de 624 professeurs.
Les services auxiliaires
Il existe un grand nombre de services médicaux auxiliaires
pour lesquels nous avons besoin d'hommes et de femmes instruits
et bien préparés. Leur concours libère
le médecin, le chirurgien ou le spécialiste
de certains travaux et lui permet de s'adonner plus entièrement
à l'accomplissement des tâches professionnelles
qui exigent formellement l'art et la science dont lui seul
dispose.
Ainsi, les diététiciennes se chargent d'adapter
le régime alimentaire aux besoins particuliers des
malades. Les pharmaciens s'occupent de la préparation
et de la distribution des médicaments. Le technicien
de laboratoire médical exécute des épreuves
diagnostiques dans un hôpital ou un laboratoire. Le
technicien en radiologie prépare les malades à
la radiographie et à la radiothérapie et fait
fonctionner les appareils de radiologie.
Le physiothérapiste a pour rôle de traiter
les malades et les blessés au moyen des agents physiques :
électricité, massage, exercice, etc. L'ergothérapie
ou « thérapie par le travail » consiste à
recourir à certaines activités créatrices,
manuelles, techniques ou industrielles, prescrites par le
médecin pour soigner les invalides. Les orthophonistes
et les audiologistes sont rares au Canada ; on en compte
seulement un pour 280,000 habitants, alors qu'il en faudrait
un pour 25,000. Les prothésistes et les bandagistes
assurent respectivement l'ajustement des membres artificiels
et la fabrication des appareils de contention.
En 1961, le nombre total des infirmières « licenciées »
au Canada, qui a augmenté de 50,000 en vingt ans, s'élevait
à 78,340, mais la pénurie demeure grave. Il
faut que l'effectif des infirmières diplômées
augmente encore de plus de 20,000 avant 1971 si l'on s'en
tient aux normes actuelles, et une augmentation de près
de 42,000 serait souhaitable si l'on veut prodiguer de meilleurs
soins aux malades.
Les hygiénistes dentaires sont des personnes munies
d'un diplôme officiel en hygiène dentaire et
dûment autorisées à travailler sous la
direction d'un dentiste. Ils sont très recherchés
au Canada, où l'on n'en compte que soixante-dix environ.
Les techniciens dentaires réparent, retouchent ou fabriquent
les appareils artificiels dont se servent les dentistes.
Dans le domaine de la santé publique, dont les ramifications
sont exposées en détail dans un volume publié
en 1959 par l'Association canadienne d'hygiène publique,
on trouve des inspecteurs des aliments et produits pharmaceutiques,
des inspecteurs sanitaires et plusieurs services, comme la
division de la protection contre les radiations, où
l'on a besoin de techniciens et de spécialistes.
Recherches et enseignement
Quiconque fait partie de l'un ou l'autre de ces nombreux
services de santé doit suivre les progrès continuels
de la médecine, s'intéresser aux recherches
et transmettre son savoir à ceux qui viendront après
lui.
Dans les hôpitaux et les universités comme
dans les fondations et les établissements spéciaux,
des hommes et des femmes s'emploient activement à reculer
les frontières de l'inconnu, à découvrir
de nouvelles connaissances et à appliquer les idées
et les moyens déjà connus à de nouvelles
fins thérapeutiques.
Mais il n'y a pas assez de travaux de recherche. Selon le
témoignage de l'Association médicale canadienne,
« parmi toutes les insuffisances qui entravent l'expansion
des travaux de recherche au Canada, la plus grande et la plus
difficile à surmonter est le manque de chercheurs doués
de l'ambition, du tempérament et de l'instruction nécessaires
pour entreprendre des recherches médicales ».
La formation et la présence d'investigateurs scientifiques,
fervents et dévoués, dans les écoles
de médecine est de la plus haute importance pour la
mise en valeur des connaissances nouvellement acquises, pour
la formation des futurs professeurs de médecine et
pour la bonne qualité des traitements médicaux.
La recherche médicale est loin d'être une chose
étrangère à la vie quotidienne. Comment
aurions-nous appris, sans le concours de chercheurs et chercheuses
zélés et compétents, que l'antitoxine
est efficace dans le traitement de la diphtérie, que
l'anatoxine immunise contre cette maladie et que la réaction
de Schick montre si un sujet est réfractaire ou non
à la diphtérie ? Il y a quarante ans, le
taux des décès dus à ce fléau
était de 1,281 sur 9,033 cas ; en 1964, on n'a
relevé que neuf morts, et le nombre de cas par cent
milliers d'habitants a été trop faible pour
être enregistré.
Il ne faudrait certes pas laisser péricliter des
recherches qui ont permis de réaliser des progrès
aussi importants, car les mêmes exploits se sont répétés
dans la lutte contre plusieurs autres maladies, notamment
la variole, la tuberculose, le diabète, la coqueluche
et la scarlatine. Les dépenses consacrées par
le Canada aux recherches médicales en 1964-1965 se
chiffrent à 10.9 millions de dollars. En s'en tenant
à la proportion entre notre produit national brut et
celui des États-Unis, le montant en serait de 90 millions
de dollars, et de 126 millions de dollars en se basant sur
la population respective des deux pays.
Il est à noter, dit l'Association médicale
canadienne, que là où on néglige les
recherches, le niveau des services médicaux tend à
s'abaisser. Selon le directeur de la Société
canadienne de l'arthrite et du rhumatisme, « à
moins que le gouvernement canadien ne change d'attitude à
l'égard de l'encouragement à apporter aux recherches
médicales, le personnel de nos écoles de médecine
se composera dans quelques années de professeurs et
de diplômés de second ordre... et la population
canadienne devra, par voie de conséquence, se contenter
de soins de second ordre. »
Le problème actuel
Si le Canada veut subvenir à ses besoins, il lui
faut compter pendant sept ans, dans ses universités,
sur une moyenne annuelle de quarante nouveaux professeurs
de sciences fondamentales et de soixante-dix professeurs de
clinique à temps complet, de même que sur des
remplaçants pour les membres du corps enseignant qui
viendraient à émigrer, à prendre leur
retraite ou à mourir. Sans un nombre suffisant de professeurs
dans nos écoles de médecine, affirme la Commission
royale, tout projet d'expansion des services de traitement
du Canada aura de graves obstacles à affronter.
Le Canadien d'aujourd'hui désire jouir d'une santé
aussi parfaite que possible. Il ne fait en cela qu'obéir
à l'une des plus anciennes aspirations de l'humanité,
mais la science est parvenue à créer des conditions
où il est possible à l'homme de réaliser
ses voeux dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres.
Hippocrate, le Père de la médecine, qui vécut
il y a 2,400 ans, s'est fait l'interprète de la culture
de son époque en disant que le but ultime de la médecine
est d'assurer à tous la meilleure santé possible.
Pour atteindre ce but, les services de santé ont
encore des ravins à combler et des collines à
aplanir. Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis l'art
rudimentaire de guérir des peuples primitifs, mais
qui dira où le progrès doit s'arrêter.
La tâche exaltante de notre temps consiste pour l'individu
à faire le meilleur usage des connaissances et des
moyens dont nous disposons aujourd'hui et pour les institutions
à pourvoir aux nécessités éventuelles
de demain.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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