Février 1951 Deux meilleurs brins d'herbe
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Nous sommes habitués à
penser qu'il suffit de défricher des terrains vierges
pour produire davantage, mais nous oublions que les terres
vierges deviennent de plus en plus rares. Nous devons, de
nos jours, songer à faire produire deux fois plus aux
terres que nous cultivons. Ou bien, si nous voulons en augmenter
la superficie, il faut nous contenter de terrains pauvres
ou épuisés, après avoir appris à
les enrichir.
Le sol, les plantes, les animaux et les hommes sont solidaires
les uns des autres. Si nous voulons que la race humaine survive,
nous devons nous appliquer a préserver et conserver
le sol. Il faut le protéger pour qu'il ne soit pas
emporté par les eaux ou le vent, et l'enrichir pour
lui donner les qualités nutritives nécessaires
à nos plantes.
Rien ne sert de manger des pommes pour nous passer des docteurs,
ou des carottes pour améliorer la vue (en supposant
que cela soit possible) à moins que les pommes et les
carottes n'aient tiré du sol et absorbe la bonté
naturelle qu'elles devraient avoir.
Les organismes nationaux et internationaux ont attiré
l'attention sur le piteux état des peuples qui n'ont
pas assez à manger. Il est temps que le Canada s'occupe
de cet autre aspect du problème. Il est nécessaire
de penser à la qualité aussi bien qu'à
la quantité. Un bon navet a deux fois plus de valeur
nutritive que deux mauvais, et si nous pouvons récolter
le même nombre de bons navets que de mauvais, nous doublons
ainsi notre production.
Nous pouvons corriger la pauvreté du sol par du fumier,
des engrais commerciaux et une bonne gestion. Nous sommes
tous exposés à souffrir de cette pauvreté
par nos repas quotidiens, et ces trois points intéressent
virement toutes les personnes du Canada.
Un sol épuisé donne de pauvres aliments. Chaque
récolte prend dans le sol une partie des minéraux
qu'il contient, et tous ceux qui ont un compte de banque savent
bien qu'il est impossible de tirer continuellement dessus
sans jamais rien mettre dedans.
Nous dépendons des cultivateurs
Notre santé est en grande partie entre les mains
des cultivateurs. Le vétérinaire met des remèdes
dans l'auge pour guérir les maladies des bestiaux,
et le médecin prescrit des pilules et des toniques
pour guérir ceux qui souffrent d'une alimentation défectueuse,
mais il appartient au cultivateur d'empêcher l'estomac
des hommes et des bestiaux de se détraquer, en produisant
des récoltes abondamment riches en valeur nutritive.
C'est à nous de rendre notre sol si productif qu'il
nous donne tous les éléments nécessaires
pour la croissance des plantes essentielles à notre
santé.
Nous ne pouvons pas juger les aliments par le goût.
Des générations d'alimentation défectueuse
nous ont fait perdre cette faculté dont jouissent les
animaux. Le professeur J. H. Ellis de l'Université
du Manitoba, dit dans une conférence publiée
par le ministère de l'Agriculture du Manitoba, que
les animaux connaissent par instinct ou par habitude les plantes
qui conviennent le mieux à leur santé. Si on
les laisse en liberté, ils évitent les terrains
pauvres et vont infailliblement aux endroits où le
sol est fertile et riche en minéraux. Quand on leur
donne le choix, ils consomment d'abord les aliments qui sont
le plus nécessaires à leurs besoins.
Cela nous amène à la question de volume par
rapport à la qualité. Pouvons-nous dire que
nous mangeons « bien » parce que nous avons assez
à manger ? Pas du tout. Il est bon d'avoir de
tout en abondance, mais abondance ne signifie pas bonté.
La bonté, en ce qui concerne les récoltes, implique
les qualités nécessaires aux hommes et aux animaux
pour maintenir la chaleur, renouveler l'énergie, activer
la croissance et réparer les pertes. Il appartient
aux cultivateurs de produire cette bonté, et aux procédés
de transformation de la conserver.
Ce qui est nécessaire aux plantes
Passons rapidement en revue les choses que les plantes,
les bestiaux et les êtres humains exigent du sol. Tout
cela fait partie du même cycle de nutrition qui gouverne
toutes les cellules vivantes.
Les plantes sont des êtres vivants. Elles absorbent
la nourriture et la transforment en tissus et en énergie.
Elles prennent l'énergie des rayons de soleil pour
fabriquer leurs tissus avec de la matière inerte.
Mettez un enfant ou une vache sur un tas de minéraux,
avec de l'air et de l'eau ; tous les éléments
chimiques dont leur corps a besoin sont à leur portée.
Ils mourront de faim parce qu'ils ne possèdent pas
la faculté de transformer les éléments
chimiques en nourriture dont leur corps a besoin. Mais semez
de la luzerne ou des micro-organismes dans les minéraux
du sol, arrosez-les et donnez-leur de l'air ; la luzerne
et les plantes pousseront et convertiront les éléments
chimiques en tissus végétaux contenant les aliments
nécessaires à la vache, et celle-ci à
son tour transformera la luzerne en lait qui nourrira l'enfant.
En quelques mots, c'est en cela que consiste le cycle de
nutrition. Le montant de valeur nutritive d'une récolte
dépend de trois facteurs : les racines en contact
avec le sol, le résultat de ce contact et sa durée.
La plante et le sol sont en activité pendant ce contact.
Le résultat est influencé par le soleil et d'autres
facteurs ainsi que par la qualité des matières
dont se compose le sol, mais la valeur nutritive de la plante
dépend presque entièrement de la fertilité
du sol.
Ce qui est nécessaire aux bestiaux
L'élevage des bestiaux épuise moins la richesse
du sol qu'une récolte, parce qu'il reste toujours de
l'herbe après le départ des produits animaux,
et une grande partie de la fertilité du sol est conservée
sous forme d'engrais. Mais l'élevage présente
d'autres problèmes.
Les animaux ont besoin de certains minéraux sous
une forme régulière et suffisante pour croître,
produire et demeurer sains. Il leur faut de grandes quantités
de calcium et de phosphore pour les os, ainsi que du cuivre
et du cobalt, quoique en moindre quantité.
Le bon sens nous dit que le lait ou la viande provenant
de prairies épuisées, pauvres en minéraux
de ce genre, ne peuvent pas posséder la valeur nutritive
des mêmes produits provenant d'animaux sains et de bonne
race élevés dans des prés fertiles et
nourris de bon fourrage.
Sir Robert McCarrison a démontré par des expériences
dans l'Inde que la santé et la maladie dépendent
de la qualité des aliments. Il produisit à volonté
presque toutes les maladies qu'il voulait, en variant simplement
le régime des rats qui servaient à ses expériences.
Il existe deux moyens intéressants de juger la qualité
des récoltes pour nourrir les bestiaux. C'est quelquefois
le manque de valeur nutritive dans le sol qui nuit à
la croissance des plantes, ou l'absence d'un minéral
dont les plantes n'ont pas besoin mais qui devrait être
passée par elles aux animaux.
Il est important de faire paître les bestiaux dans
un terrain fertile et non pas dans un coin qui n'est bon à
rien d'autre. Ce terrain devrait être semé de
plantes productives et de légumes, bien fumé
pour en maintenir le rendement, sans oublier de le faire paître
d'une manière uniforme. Un bon pâturage doit
être à la fois permanent, relatif et temporaire
de manière à fournir de la bonne herbe pendant
toute la saison.
Les éleveurs de bestiaux n'aiment pas qu'on leur
dise qu'ils affament leurs animaux, mais c'est précisément
ce qui arrive quand on voit de petites vaches chétives
dans un pré plus qu'à demi rasé et mal
fertilisé. Une herbe pauvre n'engraisse pas ;
elle remplit, mais sans nourrir.
Les essais pratiqués continuellement à Ottawa
depuis 1930 prouvent qu'on peut accroître économiquement
le rendement des pâturages au moyen d'engrais. Les engrais
font pousser le trèfle et les bonnes herbes, et augmentent
la proportion de protéines et de minéraux dans
le foin.
Santé humaine
La qualité de nos aliments est le principal facteur
de notre santé. Toutes les campagnes, pour la santé
n'aboutiront à rien si nous nous nourrissons mal.
Le professeur Ellis dit dans la conférence citée
plus haut : « Être en bonne santé c'est
être bien nourri. Si les aliments produits par la ferme
et le jardin donnent au corps tout ce dont il a besoin pour
être en bonne santé, nous sommes en mesure de
bien travailler. D'un autre côté... si les femmes
ont le goître, si les bébés sont rachitiques,
si les hommes sont immobilisés par l'arthrite, si les
enfants ont des tâches blanches sur les dents ou si
les fillettes sont anémiques... c'est un signe de sous-alimentation
et de mauvaise nourriture. »
La plupart des sols consacrés aux récoltes
ne contiennent pas une quantité suffisante de minéraux
pour leur permettre de synthétiser les vitamines qui
nous sont nécessaires. De plus, ce qui est pire, nous
ne sommes pas satisfaits de consommer nos végétaux
sous leur forme naturelle, mais nous les soumettons à
un procédé de transformation. À moins
de savoir ce qu'ils perdent par cette transformation et d'y
suppléer par d'autres moyens, notre alimentation est
défectueuse.
Toutes les phases de la production des aliments sont importantes.
Nous avons le droit d'exiger que la valeur nutritive de nos
aliments soit sauvegardée sur toute la ligne, depuis
leur culture et leur récolte dans les champs jusqu'à
leur transformation, leur préparation et leur arrivée
sur la table.
Gestion agricole
Il y a loin des méthodes modernes de culture à
celles des anciens jours. La propriété agricole
est un privilège mais elle implique aussi une responsabilité.
La fertilité du sol est due à la prévoyance,
au travail et aux soins de nombreuses générations.
On peut arriver ainsi à rendre très fertile
un sol naturellement pauvre, et faire produire continuellement
des récoltes de plus en plus nutritives aux sols naturellement
riches.
Tout cela comporte davantage que les mesures usuelles de
conservation du sol telles qu'irrigation, profonds labourages,
ensemencements pour protéger le sol contre les ravages
du vent et le reste. L'emploi des moyens mécaniques
de conservation préconisés par des livres a
désappointé beaucoup de cultivateurs ;
ils ont vu diminuer la quantité et la qualité
de leurs récoltes sans savoir au juste comment y remédier.
Le secret est de régler la quantité et la qualité
des matières organiques et de planter des végétaux
qui favorisent la croissance de la récolte.
Cela commence par la culture. Aux États-Unis, la
superficie en bonne culture et en rangées occupe presque
la moitié des terrains cultivés, tandis qu'elle
ne couvre qu'environ un quart des terres de la France et de
l'Angleterre qui sont cultivées depuis plus longtemps.
L'herbe sert à retenir le sol et à conserver
sa fertilité en lui ajoutant des quantités régulières
de matières organiques.
Le cultivateur se demandera naturellement dans quelle mesure
il doit labourer, cultiver et fumer son champ. L'agriculture
canadienne varie selon les régions et les conditions
du sol. Ce qui est bon dans un endroit ne vaut rien dans un
autre.
Aucun cultivateur ne devrait ignorer ce qui convient à
sa terre. Il peut se procurer les instructions nécessaires
et des formules de questionnaire en s'adressant aux représentants
agricoles et aux écoles d'agronomie qui se feront un
devoir et un plaisir d'analyser des échantillons de
son sol et de lui dire comment le cultiver et l'améliorer.
Mais l'analyse du sol ne suffit pas. C'est comme le diagnostic
du médecin qui découvre le mal et en prescrit
le traitement.
Rien n'est plus compliqué que la sélection
du sol et son traitement, comme nous allons le montrer par
quelques exemples. Prenez le cobalt. Rien n'indique qu'il
est nécessaire aux végétaux, mais le
sol où il existe en trop faibles quantités risque
de produire des récoltes dont le cobalt sera insuffisant
pour les animaux, même quand ils ont assez à
manger sous tous les autres rapports.
L'absence d'autres minéraux dans le sol arrête
la croissance des plantes et réduit leur rendement.
Trop de potassium peut produire un manque de magnésium.
S'il n'y a pas assez de nitrogène, les plantes ne peuvent
pas absorber efficacement le phosphore ou la potasse, même
quand le sol en contient suffisamment. Et, ce qui complique
les choses, si nous suivons la méthode ordinaire de
ne rendre au sol que le nitrogène, le phosphore, la
potasse, le soufre et le calcium, nous hâtons l'épuisement
des autres aliments nutritifs des plantes par un trop grand
rendement.
Maintien de la fertilité
Les engrais, convenablement choisis et appliqués,
sont l'ami indispensable du cultivateur. Nous aurons toujours
besoin des engrais, parce que chaque récolte, ou chaque
brin d'herbe que mangent les bestiaux, enlève au sol
une partie de ses éléments nutritifs. Il faut
déposer pour continuer à retirer.
La fertilité ne peut être maintenue que de
deux façons : en fournissant au sol de grandes
quantités de matières organiques qui forment
de l'humus en se décomposant dans le sol même,
ou en faisant de l'humus en dehors du sol et en l'appliquant
ensuite sur la terre.
Toute personne autre qu'un cultivateur se ferait ce raisonnement :
le sol est mon capital ; il n'est pas inépuisable ;
chaque récolte, chaque bouchée d'herbe que mangent
mes bestiaux, en consomme une partie ; je veux le conserver
intact. Mon meilleur moyen est de m'informer auprès
de mon représentant agricole ou du plus proche collège
agronomique sur les minéraux nécessaires à
mes récoltes, le ferai analyser mon sol pour savoir
ce qu'il contient et ce qui lui manque. Ensuite, j'établirai
un budget. Sachant combien de livres de chaque minéral
qui seront consommées par la récolte que j'ai
l'intention de faire, je pourrai calculer la nature et le
montant d'engrais nécessaires pour cette année-là
avec un peu plus pour les années suivantes.
Engrais naturels ou artificiels ?
Il y a eu souvent des controverses sur la valeur comparative
des engrais organiques d'origine animale par rapport aux engrais
chimiques du commerce. Nous sommes naturellement attachés
à la tradition, mais nous finissons généralement
par faire un compromis avec les nouvelles idées. C'est
le cas en ce qui concerne le fumier et les engrais artificiels.
Il est vrai qu'un trop grand emploi continuel d'engrais
artificiels pourrait parfois causer une perte de structure
du sol, mais d'un autre côté le fumier et les
autres engrais naturels ne suffisent pas, à fournir
tout ce qui est nécessaire à toutes les catégories
de terrains. Les engrais artificiels sont généralement
employés pour la récolte courante, et leur effet
est moins durable que celui du fumier de ferme. Certains sols
ont besoin de fumier et d'autres d'engrais artificiels.
Chaque cultivateur résoudra mieux ce problème
après avoir consulté la Ferme expérimentale
d'Ottawa, son ministère provincial de l'Agriculture,
un collège d'agronomie ou son représentant agricole.
Qualité organique
La qualité organique du sol occupe une place importante
dans notre économie (quoique personne n'y songe ordinairement
sauf les agronomes). C'est une importante ressource naturelle,
un gros facteur dans le volume et la qualité des récoltes
de l'année et de l'avenir, et un point essentiel dans
la vie productive de chaque cultivateur.
Les matières organiques, communément appelées
« humus », sont composées de matières
végétales et animales en voie de décomposition.
Elles contiennent des racines mortes, des feuilles, des fruits
et des tiges de plantes ; des carcasses d'insectes, de
vers et d'animaux ; des microorganismes du sol, morts
et vivants ; et différents produits de décomposition
de tissus morts. Elles servent à resserrer les sols
lâches, à délier les sols durs, et aident
tous les sols à conserver l'eau. En se décomposant,
elles libèrent des éléments nutritifs
dont profitent alors les plantes.
Les méthodes les plus communes de conserver les matières
organiques dans le sol consistent à fumer le terrain,
y semer de l'herbe et y enterrer des résidus. On pourrait
y employer avantageusement à cette fin la paille, les
tiges de blé d'inde, etc. Personne ne saurait déprécier
l'importance des matières organiques dans le sol. C'est
un des facteurs essentiels d'une bonne récolte.
En plus d'enterrer les résidus des récoltes
après la moisson, on peut semer de l'herbe simplement
pour l'enterrer ensuite. La fonction d'un fumier vert de ce
genre est d'ajouter des matières organiques au sol ;
son but est d'empêcher l'érosion, de protéger
le sol des rayons du soleil ou bien de trop geler ou trop
se soulever.
En calculant le coût de chaque mesure, le cultivateur
devrait tenir compte de la valeur de son placement. Il se
peut que ce qu'il retirera en plus de la récolte suivante
ne le paye pas suffisamment pour son travail et la perte de
temps, mais ces mesures auront probablement un effet sensible
sur les récoltes des trois ou quatre années
suivantes. C'est à lui de faire ses plans de manière
à conserver les matières organiques de sa terre
autant que possible en proportion de l'usage raisonnable qu'il
fait de celle-ci.
Engrais du commerce
Les engrais artificiels peuvent être regardés
comme une nécessité essentielle de l'agriculture.
Ils favorisent la production d'aliments nutritifs pour les
végétaux par le sol même, ils améliorent
la qualité de la végétation, et ils aident
à conserver le sol.
Les cultivateurs sont habitués à considérer
les engrais du point de vue du coût et du rendement.
Le meilleur marche par tonne n'est pas nécessairement
le meilleur marché sous le rapport du contenu en éléments
nutritifs pour les végétaux ou comme engrais.
Le prix devrait être en rapport avec les propriétés
nutritives de l'engrais et la manière dont il convient
au sol auquel il est destiné.
Les ventes d'engrais mixtes et de matières fertilisantes
pour appliquer directement au sol par les cultivateurs canadiens
sont de 764,581 tonnes pendant l'année terminée
le 30 juin 1950. Il est intéressant de comparer la
répartition par provinces de ces ventes (en tonnes
de 2,000 livres) : Terre-Neuve, 4,214 ; Île
du Prince-Édouard, 47,279 ; Nouvelle-Écosse,
32,744 ; Nouveau-Brunswick, 71,459 ; Québec,
148,036 ; Ontario, 346,568 ; Manitoba, 21,560 ;
Saskatchewan, 31,015 ; Alberta, 32,876 ; Colombie-Britannique,
28,830.
Les ventes de toutes les matières fertilisantes sont
sujettes aux règlements de la Division des produits
végétaux du ministère fédéral
de l'Agriculture, en vertu de la loi des engrais chimiques.
La pratique de mélanger les engrais artificiels est
devenue habituelle. Le nitrogène, le phosphore et la
potasse sont très nécessaires à la croissance
des plantes, et les engrais du commerce contiennent généralement
un, deux ou tous les trois de ces éléments,
avec d'autres.
Les engrais mixtes sont décrits par une série
de trois chiffres, tels que 5-10-5, ce qui veut dire 5 unités
de nitrogène, 10 de phosphates et 5 de potasse, toujours
dans cet ordre. La loi des engrais chimiques stipule que les
autres substances ou éléments doivent être
indiqués sur le paquet. Si un de ces éléments
est le boron, l'étiquette doit contenir un avis que
l'engrais ne doit être employé que lorsqu'il
est recommandé par une autorité compétente.
Appliquer l'engrais au bon endroit est aussi important qu'une
bonne analyse ou le montant voulu. Les fabricants d'outillage
agricole ont amélioré leurs distributeurs d'engrais
en conformité des résultats de laboratoire et
des essais pratiques.
Il n'y a pas de régie générale, mais
il a été trouvé plus avantageux de mettre
l'engrais à côté de la graine ou de la
plante, où celle-ci en fera usage quand elle en aura
le plus besoin. On peut se servir pour cela d'un distributeur
fixé à la semeuse et combiner ainsi les deux
opérations.
Il est bon de laisser une rangée sans engrais dans
le champ. Cela permet de comparer la croissance des plantes
pendant la saison et d'estimer les avantages des engrais.
Un mode d'existence
Nous pourrions nous étendre davantage sur nos besoins
alimentaires et la nécessité d'une bonne gestion
pour y pourvoir. Il faudrait pour cela remonter l'antiquité
et entrevoir l'avenir après la bombe atomique. Notre
horizon s'élargit à mesure que la science nous
permet d'accomplir plus de travail productif, mais nos obligations
augmentent tous les ans par suite de l'accroissement de la
population et de la hausse constante dans les conditions d'existence.
La conservation des ressources naturelles est un mode d'existence.
Elle va de pair avec la bonté et la générosité,
avec la moralité et les satisfactions de la vie. La
technologie est sa servante.
Nous avons besoin au Canada de bonnes méthodes agricoles
qui préserveront et amélioreront la fertilité
du sol, si nous voulons profiter pleinement de tous les autres
avantages à notre portée. Il faut pour cela
aborder résolument le problème et ne pas employer
de demi-moyens si nous ne voulons pas finir par mener une
demi-existence. L'histoire nous apprend qu'un déclin
de la fertilité du sol est toujours accompagné
d'un déclin dans la vigueur des peuples. La liberté
n'a jamais fleuri dans un pays dont le sol est appauvri et
où les gens ont faim.
Un roman de Michael Gilbert mentionne la Ligue des Cultivateurs,
qui a pour emblème deux brins d'herbe, représentant
l'épargne, croisés devant une faucille, représentant
le dur labeur. Le titre de ce Bulletin est tiré des
Voyages de Gulliver : « Et il dit, qu'à son
avis, quiconque pourrait faire pousser deux épis de
blé, ou deux brins d'herbe, dans un endroit où
il n'en poussait qu'un seul auparavant, mériterait
mieux de l'humanité, et rendrait un meilleur service
à son pays que toute la tribu des politiciens. »
Mais faisons en sorte que ce soit deux meilleurs brins
d'herbe.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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