Février 1950 Relations publiques
Formatage
PDF
On dirait que la manière
de définir les « Relations publiques » est
le passe-temps favori de ceux dont c'est le métier.
Ils en ont trouvé des vingtaines, allant d'une phrase
à plusieurs paragraphes. Mais elles se résument
toutes en quelques mots, bien connus de tous ceux qui savent
lire, et qui, mis en pratique, changeraient la face du monde.
L'art des relations publiques consiste beaucoup moins en
paroles qu'en actions, bien qu'un grand nombre d'ingrédients
entrent dans sa philosophie : sociologie, économie
politique, psychologie, communications et autres connaissances.
Tout cela combiné devrait faire un bon système
d'entendement humain. Hélas ! quoique les hommes
aient inventé des sciences qui leur permettent d'accomplir
de grandes choses, ils n'ont pas encore trouvé le catalyseur
capable de transformer ces connaissances en une science de
relations humaines.
Sauf pour les nations belligérantes, les relations
publiques sont nécessaires pour jouir de la vie. Xénophon,
qui était général en même temps
qu'historien, dit qu'il est beaucoup plus facile de grimper
une rude colline sans combattre que de marcher en terrain
plat avec des ennemis de chaque côté. Rien n'est
plus précieux que d'être entouré de bons
amis. Comme dit Lincoln : le meilleur moyen de se débarrasser
de ses ennemis est d'en faire des amis.
Instincts et émotions
Nous nous flattons de croire que notre société
est civilisée. Mais la civilisation est très
récente dans l'histoire de l'humanité. Les historiens
disent que la première civilisation ne remonte guère
à plus de 6,000 ans.
En réalité, la somme de nature humaine dans
notre civilisation est la même que celles des hommes
et des femmes de l'âge de pierre. Notre milieu est différent,
mais foncièrement nous sommes un peuple primitif dans
un monde moderne. Il est dangereux, aussi bien qu'avantageux,
d'être les héritiers du passé sous le
rapport des bienfaits matériels et d'être encore
animés par les désirs et les instincts des premiers
hommes.
Nous avons le choix de trois moyens pour essayer de faire
conformer nos instincts aux règles de la civilisation :
nous pouvons obéir à nos premiers mouvements,
nous pouvons les réprimer, ou nous pouvons les adapter
à des fins qui sont en harmonie avec nos plus ardentes
aspirations.
Ce dernier moyen est le meilleur et exige un grand empire
sur soi-même. Et, dit George Bernard Shaw : « La
survivance des plus aptes est en fin de compte la survivance
de ceux qui savent se maîtriser, car ce sont les seuls
qui puissent s'adapter aux changements perpétuels de
la vie. »
Quand nous avons reconnu la nécessité de nous
maîtriser dans nos relations publiques, et le besoin
de discipliner nos instincts et nos émotions, nous
avons surmonté le premier obstacle. Mais cela ne suffit
pas.
Les relations publiques intelligentes doivent reposer sur
un fond solide de connaissances. Les enfants n'ont aucune
idée du sens de la vie. Ils ne sentent pas la nécessité
de comprendre le milieu dans lequel ils vivent ou les événements.
Mais les adultes gouvernent leur vie par la raison, et le
raisonnement exige des connaissances.
Nous devons parfois nous forcer à raisonner le rapport
entre une chose et une autre ou à tourner autour des
questions. Les gens cultivés doivent connaître
les deux côtés des choses avant de pouvoir juger,
parler ou agir avec sagesse.
Caractères mal faits
La plupart de ceux qui raillent notre idée des relations
publiques sont ces natures égocentriques, des gens
convaincus que la seule manière raisonnable de vivre
est de faire ce qu'ils veulent, d'avoir toujours le dessus,
de s'attribuer le mérite de tout ce qu'ils font ou
que font leurs camarades, et de faire leur chemin aux dépens
des autres.
Ce sont des gens qui absorbent les compliments à
la manière des éponges ; qui vous laissent
toujours payer la note ; qui font des critiques mais
qui ne peuvent pas les souffrir ; qui veulent qu'on s'occupe
d'eux mais qui ne font rien pour les autres. Rien ne les intéresse
à part leur personne et leurs propres besoins. Quand
la fortune leur sourit et leurs collègues et leurs
voisins sont généreux à leur égard,
ils sont polis et vaniteux.
Le tempérament égocentrique est désagréable
et impropre aux relations publiques. L'égocentrique
est l'esclave de soi-même, et ne peut pas être
un ami en conséquence ; c'est un tyran pour ses
voisins, et cela l'empêche d'avoir des amis.
Ceux qui trouvent toujours à redire ont également
le caractère mal fait. Ils rendent la vie désagréable
par leurs critiques continuelles et comme résultat
leurs amis et connaissances les évitent. Ils trouvent
toujours quelque chose qui va mal sans rien faire pour y porter
remède. Ils ne sont pas pour cela malhonnêtes,
stupides ou légers, mais ils ne s'y prennent pas du
bon moyen pour améliorer les relations publiques.
L'envieux ne vaut guère mieux. L'habitude de faire
des comparaisons ne mène à rien. Quand quelque
chose d'agréable nous arrive, jouissons-en sans nous
dire que nous ne sommes pas aussi heureux que Pierre ou Paul.
Si vous aspirez à la gloire, vous pouvez envier Napoléon,
mais Napoléon enviait César, César enviait
Alexandre le Grand, et Alexandre enviait probablement Hercule
qui n'a jamais existé. C'est pourquoi il est futile
d'être envieux, parce que si grands que soient vos succès,
il y aura toujours quelqu'un dans l'histoire ou la légende
qui en aura remporté de plus grands.
L'aversion et la haine sont des passions qui ont un profond
effet sur notre vie physique et qui corrompent notre humanité.
Elles existent chez certaines gens à l'état
de préjugés et comme une sorte de sentiment
général d'opposition.
La crainte est un grand ennemi des bonnes relations publiques.
Nous avons souvent peur de faire de notre mieux de crainte
de ne pas faire assez bien. Nous évitons parfois les
gens de peur qu'ils troublent notre tranquillité. Le
moyen de triompher de ces craintes est de les analyser froidement
à la lumière de la raison, et d'obéir
ensuite au conseil de Napoléon : faites toujours
le premier pas vers vos ennemis et sans vous laisser décontenancer.
Le dernier des facteurs susceptibles de nuire aux bonnes
relations publiques est le fait que nous dépendons
tous les uns des autres. Que nous le voulions ou non, nous
ne pouvons pas arriver au bonheur sans tenir compte de notre
milieu, mais pas au point de lui en laisser toute la responsabilité.
La nature de notre civilisation rend impossible toute indépendance
complète, mais le sage accepte la protection et une
béquille seulement dans la mesure où elles l'aident
à recouvrer son indépendance.
Ne vous attendez pas, par exemple, à ce qu'un pays
totalitaire, avec toutes ses promesses de sécurité,
vous donne de bonnes relations publiques. Le parasitisme,
la confiance aveugle dans l'État, ont toujours eu pour
compagnons la police, les dénonciations secrètes,
la défiance envers les amis et même, comme dans
l'Allemagne d'Hitler, la crainte de votre propre famille.
En jugeant les autres
De cette liste de défauts et de qualités,
du point de vue des relations publiques, se dégagent
quelques principes : jugeons nos semblables généreusement,
tolérons leurs idées, et entretenons des relations
de camaraderie avec nos voisins - et tout cela nous aidera
à nous entendre avec le public.
L'homme honorable est généreux dans ses jugements
sur les hommes et les femmes. Nous sommes tous prêts
à dire que si les gens nous connaissaient mieux ils
nous jugeraient certainement d'une façon plus charitable.
Renversons les rôles. Si nous connaissions mieux la
vie intime de nos semblables, nous serions prêts, nous
aussi, à les juger moins sévèrement.
Un Sioux faisait cette prière : « Grand Esprit,
ne me laisse pas juger un autre homme tant que je n'aurai
pas porté ses mocassins pendant deux semaines. »
Sur quoi basons-nous nos jugements ? Nous tenons compte
du mérite, du succès ou de la consistance, entre
autres choses, mais nous comparons toujours les autres à
nous-mêmes. Le malheur est que nous souhaitons que nos
amis soient conformes à un modèle plus parfait
que nous ne sommes capables ou désireux d'imiter. Nous
voudrions qu'ils ressemblent à l'idéal que nous
nous en sommes fait, et nous les blâmons de n'y pas
réussir.
Quand nous jugeons les gens par le succès ou l'échec,
nous employons une méthode injuste. Nous les évaluons
d'après les conséquences de leurs actions, mais
que dirions-nous si on nous jugeait d'après le résultat
de nos propres efforts, dont quelques-uns ont échoué
sans qu'il y ait de notre faute ?
Nous pourrions adopter, à la place, cette devise
qu'on trouvait affichée dans les bureaux il y a une
vingtaine d'années : « Quand le Grand Marqueur
écrit en regard de votre nom, il ne met pas si vous
avez gagne ou perdu, mais comment vous avez observé
les règles du jeu. »
Quant à demander de la consistance dans nos relations
publiques, cela ne tient pas debout. Les gens ne sont pas
consistants. Ils sont différents comme individus et
comme membres d'un groupe, ainsi que dans des circonstances
différentes et selon les jours.
Si nous nous mettons à juger les gens dans leurs
affaires ou leur profession d'après la façon
dont ils rotent, ou ceux d'un métier par ce que nous
savons d'eux dans une autre sphère, notre jugement
n'aura pas beaucoup de valeur. Par exemple, A est un bon médecin,
mais ce serait trop lui demander que de voter pour notre parti
avant de consentir à nous faire soigner par lui.
Gardons-nous des préjugés
Ce qui rend réellement les relations publiques difficiles,
ce sont les préjugés et l'intolérance
qua nous empêchent de connaître la vérité
et nos semblables.
Les préjugés ont généralement
pour base des on dit ou la tradition. Quelqu'un les a appelés :
« La raison des imbéciles. » Ils nous rendent
aveugles et sourds aux opinions des autres et intolérants
envers ceux qui ne partagent pas nos vues. Le résultat
est que nous choisissons toujours les exemples qui favorisent
notre point de vue et que nous ne voyons pas l'autre côté
de question.
Les progrès de la civilisation manquent de symétrie.
Nos mains sont plus habiles que notre cerveau. Ce n'est que
lorsque nous arrivons à regarder les faits sans émotion
que nous pouvons faire preuve de parfaite tolérance.
Au point où nous en sommes, nous ressemblons dans
une grande mesure aux tribus africaines qui croient que les
crocodiles ne dévorent que ceux qui ont fait le mal.
Deux choses désagréables arrivent à la
victime. D'abord, il est dévoré ; ensuite,
il est perdu moralement, parce que le crocodile l'a mangé
à cause de ses mauvaises actions ou de ses mauvaises
pensées. Nous aussi, nous nous faisons les mêmes
illusions quand nous disons que les gens n'ont que ce qu'ils
méritent. Autant dire que lorsqu'un accusé a
été condamné, s'il n'a pas été
condamné parce qu'il était coupable, il est
coupable parce qu'il a été condamné !
Une simple erreur
L'aversion générale de l'homme pour son semblable
est un trait révoltant de notre monde moderne, et elle
provient d'une simple erreur. Nous posons comme acquise, dans
nos idées et dans nos déclarations publiques,
la fausse supposition que « les hommes sont essentiellement
pareils. » Puis, quand l'expérience nous démontre
qu'ils ne le sont pas, nous perdons de vue la question et
nous nous dénonçons et nous nous persécutons
les uns les autres parce que nous sommes différents,
au lieu d'essayer de trouver pourquoi nous sommes différents
et d'en comprendre la raison.
Parfois, l'intolérance nous rend incapables de pardonner
et d'oublier un tort ou un autre. Les esprits rancuniers poussent
les choses à l'extrême, ont constamment à
l'esprit le tort réel ou imaginaire qu'on leur a fait
et ne se donnent jamais une chance de l'oublier.
Nous ne prétendons pas que nous devons nous laisser
marcher sur les pieds, mais il n'y a pas de raison pour permettre
à l'amertume d'empoisonner nos relations avec les gens
avec qui nous sommes obligés de vivre.
Il n'est pas facile de déraciner rapidement les préjugés.
Il faut d'abord se faire à l'idée qu'il est
bon d'avoir l'esprit large et que cela rendra notre vie plus
complète et plus douce. Tous les préjugés
humains craignent la vérité. Un homme fait preuve
d'intelligence et de culture quand il n'hésite pas
à exposer ses plus chers préjugés à
la lumière de la vérité. Après
tout, l'autre côté d'une question a toujours
des points d'intérêt.
Personne n'a le droit de jouir de bonnes relations publiques
s'il n'est pas disposé à écouter le pour
et le contre d'une question, à tolérer des arguments
qu'il trouve désagréables et à adopter
un parti modéré, favorable et indulgent dans
la plupart des cas.
Sentiment social
Tout ce qui précède paraîtra peut-être
étranger à la pratique des relations publiques.
Les hommes d'affaires qui assistent à une discussion
sur les relations publiques s'attendent à écouter
des conseils sur la manière d'agir. Mais avant « d'agir »,
il faut « comprendre ». Les relations publiques
sont la somme des effets que nous produisons sur les autres
et il est impossible de produire ces effets comme on tourne
l'eau d'un robinet. Dès que nous essayons d'établir
de bonnes relations publiques par des moyens trop ingénieux,
nous sommes sûrs d'échouer.
La plupart des hommes d'affaires pourraient améliorer
leurs relations publiques du jour au lendemain en se mettant
directement en rapport avec leur public et en apprenant ce
qu'ils ont omis de faire. Les pêcheurs vous diront que
ce n'est pas d'après leur propre goût, mais d'après
celui des poissons, qu'ils choisissent leurs appâts.
La sympathie est la plus pure expression de sentiment social,
quand on l'entend dans son sens primitif de « sentir
avec », c'est-à-dire, de partager les sentiments
des autres. Elle adoucit les mauvaises pensées, donne
à un homme une bonne opinion de lui-même, et
lui fait une place dans son milieu. Mais il faut que ce soit
une sympathie réelle. Comparez la sympathie pratique
de Byron qui, estropie et incapable de se battre avec un grand
de sa classe, offrit de recevoir la moitié des coups
qu'il donnait à un autre élève, avec
la « sympathie » égoïste de Pepys, qui
écrit dans son journal : « emprunté
le manteau d'un bonhomme pour 10 sous, de sorte qu'il a fait
tout le voyage, le pauvre, sans manteau. » Une légende
scandinave donne un bon exemple de vaine sympathie :
« Idûna fut servie par des femmes souriantes. Elle
remarqua qu'elles étaient plates par derrière...
Les femmes de son pays n'ont pas de coeur et n'éprouvent
de pitié pour personne. »
Les louanges tiennent de près à la sympathie.
Le proverbe dit qu'on prend les mouches avec du miel, et les
compliments obtiennent de meilleurs résultats que les
reproches. Il est bon, dans les relations publiques, de chercher
les bonnes qualités des gens, même (et peut-être
surtout) chez les gens que nous n'aimons pas. Il ne suffit
pas de ne pas faire de remarques désagréables,
il faut essayer de dire quelque chose d'agréable à
la place.
Bonnes manières
Les relations humaines, individuelles, sociales et internationales
s'en trouveraient beaucoup mieux si les gens avaient seulement
de meilleures manières.
Les manières n'obéissent à aucune loi,
et il ne suffit pas d'observer religieusement les règles
de l'étiquette pour être bien élevé.
Les bonnes manières sont innées. Elles consistent
à respecter les sentiments d'autrui. Elles vous font
traiter les gens de telle façon qu'ils conservent un
bon souvenir de vous - et c'est en cela que consistent les
bonnes relations publiques.
Les grands hommes avaient de bonnes manières. Malgré
que plusieurs amis eussent depuis des années l'habitude
de dîner avec Frédéric le Grand, il ne
manquait jamais de leur envoyer une charmante invitation pour
chaque repas. Gladstone était humble et respectueux,
même envers ses inférieurs. Walter Hines Page,
l'éminent ambassadeur des États-Unis à
la cour d'Angleterre, ne traitait jamais avec mépris
aucune idée, même grotesque ; il prenait
toujours le temps de la discuter, et personne ne sortait jamais
de chez lui en pensant qu'il avait fait une proposition absurde.
Théodore Roosevelt passa une partie de la nuit à
se renseigner sur un sujet auquel il savait que la personne
qui devait venir le voir le lendemain était particulièrement
intéressée.
Un grand nombre de chefs d'entreprises attribuent leur succès
à un heureux mélange d'autorité et de
camaraderie. Ils sont dénués d'arrogance ;
ils sont affables, magnanimes et calmes.
C'est dans les petites choses que s'affirme notre prédisposition
aux relations publiques. La courtoisie n'est peut-être
que la menue monnaie des relations publiques, mais le total
fait une grosse somme.
L'homme qui écrit une lettre à un autre pour
le féliciter d'une promotion accomplit un acte de bonnes
relations publiques. Les personnages les plus importants sont
fiers de montrer à leurs amis les lettres que leur
écrivent des étrangers pour les féliciter
des idées qu'ils ont exprimées dans des discours,
dans des articles ou dans leurs annonces.
Tous les jours - Tout le jour
Mais c'est dans la rue et dans nos rapports continuels avec
les gens que nous avons la meilleure occasion d'établir
de bonnes relations publiques. Pour trouver au juste comment
il est possible d'améliorer nos rapports journaliers
avec les gens, ou a demandé à une centaine d'hommes
et de femmes de nommer les fautes les plus communes contre
les bonnes manières. En voici un sommaire :
Les piétons n'attendent pas la lumière verte ;
ils sont imprudents ; ils marchent à plus de deux
sur les trottoirs, en zigzag, trop lentement ou trop vite,
en rêvassant ou en s'arrêtant en groupes pour
causer.
Les automobilistes observent mal les signaux ; abusent
de la trompe ; éclaboussent les gens ; ignorent
les piétons ; s'arrêtent en avant de la
ligne blanche ; essaient de passer les autres voitures.
Dans les magasins : les commis ne sont pas attentifs ;
les clients se bousculent ; les commis refusent de servir
les gens près de l'heure de fermer ; les clients
font perdre du temps aux commis parce qu'ils ne savent pas
ce qu'ils veulent.
Dans les tramways : les gens poussent ; prennent
plus de la moitié du siège ; manquent de
courtoisie ; encombrent les marches et l'entrée.
Dans les ascenseurs : fumer et refuser de bouger pour
laisser sortir les autres.
Au téléphone : parler trop bas ou bafouiller ;
parler avec la pipe ou la cigarette à la bouche ;
être impatient ; ne pas répondre dès
qu'on entend la sonnette.
Au bureau : des employés font du bruit sans
nécessité ; dictent en fumant ; empruntent
sans rembourser ; attendent la fin de la journée
pour finir leur travail.
Au théâtre : parler haut, craquer des
pistaches ; porter de hauts chapeaux ; remuer les
pieds ; s'accouder aux deux bras du fauteuil ; se
faufiler au commencement ou au milieu d'une queue.
Au restaurant : s'attarder à une table quand
d'autres attendent ; fumer et peigner ses cheveux ;
se mettre du rouge.
Ce sont là des choses dont chaque lecteur a eu certainement
l'occasion de se plaindre, ou qu'il lui est peut-être
arrivé de faire lui-même. De petites choses,
en réalité, qu'il serait facile d'éviter
avec un peu de réflexion. La chose à faire,
naturellement, pour ceux qui ont à coeur d'améliorer
leurs relations publiques, est de partir du commencement de
la liste et de marquer les fautes que nous commettons et que
nous essuierons désormais d'éviter.
Plaisanterie et patience
Aux personnes réellement civilisées, toutes
les actions humaines paraissent parfois un peu comiques. Il
est nécessaire de bien comprendre la plaisanterie pour
réussir dans les relations publiques.
Mais il faut avoir la main douce dans la plaisanterie. Chaque
plaisanterie doit contenir une vérité et cette
vérité ne doit pas faire mal. Une plaisanterie
à nos dépens est le meilleur moyen de désarmer
l'hostilité. C'est en réalité la meilleure
sorte de plaisanterie. Vient ensuite celle qui fait un compliment.
Après cela, il est sage d'en faire aux dépens
d'êtres imaginaires ou de personnes qui sont trop loin
pour s'en offenser.
Il faut également beaucoup de patience. Rien d'important
n'est accompli à la hâte, et nous ne pouvons
pas nous attendre à établir de bonnes relations
publiques en un jour. Cela prend du temps. Mais un petit « merci »
par ici et un petit service par là, une courtoisie
dans le tramway, un bon mot par lettre ou au téléphone,
tout cela finit par contribuer une somme importante à
la création de bonnes relations publiques.
Le moyen d'avancer rapidement est de supprimer les sources
de friction avant qu'elles naissent. Il faut être sincère
et non pas seulement prétendre de l'être. La
confiance est fondée sur la sincérité,
et il est nécessaire que nos voisins aient confiance
en nous pour nous accepter.
Si tous les habitants du monde entier acceptaient un plan
général ayant pour but d'améliorer les
relations entre eux, songez un peu combien il serait agréable
de vivre dans un monde pareil. Ce serait le meilleur âge
de l'histoire, un âge dans lequel nous semons tous heureux
de vivre.
Et, comme nous l'avons dit au premier paragraphe, ce genre
de relations publiques est fonde sur quelques mots bien connus
de tous. Ce sont les paroles de l'Évangile : « Toutes
les choses que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les
leur aussi de même. »
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
Also available in English.
[ Retour à la
page d'accueil du Bulletin RBC ]
|