Vol 79 N°.3 ÉTÉ 1988
Les empires
de l'intelligence
Formatage
PDF
Nous sommes entrés dans une ère
nouvelle où l'intelligence compte plus que le muscle,
et où les anciennes méthodes sont constamment
scrutées à la loupe. Plus que jamais, l'innovation
domine le monde, non seulement en matière de technologie,
mais aussi dans la quête de l'égalité,
de la sécurité et de la paix...
Il y a vingt ans, personne, ou presque, n'avait entendu
parler de Bill Gates. Il avait à peine 23 ans et venait
de créer une société pour exploiter le
fruit de ses études: un langage de programmation pour
le premier micro-ordinateur, le MITS Altair. À l'ère
des ordinateurs centraux, gros comme des autobus, le jeune
homme faisait figure de doux rêveur quand il voyait
des ordinateurs sur chaque bureau et, plus saugrenu encore,
dans chaque foyer.
Aujourd'hui, le nom de Bill Gates est connu de tous, même
de ceux qui, curieusement, pensent que le langage n'est qu'une
question de mots et, le matériel, qu'une question de
quincaillerie. Pdg de Microsoft Corp., le plus gros fournisseur
de logiciels de micro- informatique au monde, Bill Gates est
à la tête d'une vaste entreprise planétaire.
Coqueluche des médias, il tient une chronique dans
la presse, a écrit des livres qu'on s'arrache et est
un mécène des temps modernes.
Bill Gates est sans doute la personnalité la plus
célèbre du monde des affaires depuis Henry Ford,
personnage mythique avec lequel il a beaucoup en commun. Tous
deux sont parvenus à dominer, pratiquement seuls, une
industrie. Tous deux ont marqué une époque:
Ford celle de la mécanisation, Bill Gates celle de
la cybernétique. Tous deux ont cru à l'accession
des masses aux fruits de la technologie, par la facilité
d'acquisition et d'utilisation.
Mais ce qui rapproche le plus ces géants à
l'esprit d'entreprise (à part, peut-être, leur
fortune colossale), c'est d'avoir été des innovateurs
de premier ordre. Un innovateur est quelqu'un qui trouve et
popularise de nouvelles façons de faire. On confond
souvent innovation et invention. Mais, l'invention vient en
premier, l'innovation suit et prend le relais.
Henry Ford n'a pas inventé l'automobile, pas plus
que Bill Gates n'a inventé les logiciels. Tous deux
ont pris un produit existant et l'ont mis à la portée
du grand public: Ford par la simplicité de la conception
et la technique des chaînes de montage qui ont produit
les fameux Modèles T et A, Bill Gates par des systèmes
d'exploitation qui permettent de travailler ou de s'amuser
sur des ordinateurs surpuissants que l'on pose sur ses genoux.
La devise des innovateurs pourrait être « rien
de nouveau sous le soleil », à quoi on pourrait
ajouter « rien de vieux non plus qu'avec un peu d'imagination
on ne peut faire revivre ». Le monde occidental offre
le spectacle d'une multitude de choses jadis jugées
dépassées auxquelles des esprits innovateurs
ont insufflé une nouvelle vie.
Marchand de frites, cafés, vente par correspondance,
messageries ne datent pas d'hier. Mais il a fallu des variations
sur le même thème pour en faire des McDonald's,
Starbuck's, L.L. Bean et autres UPS. Les « espadrilles »
de la fin des années 60 étaient passées
de mode. De nouvelles lignes et un reciblage du marketing
ont, depuis 25 ans, donné un regain de popularité
à ce qu'on appelle aujourd'hui des « chaussures
de jogging ».
Les innovateurs ne se contentent pas d'habiller de neuf
quelques vieilles idées; ils n'hésitent pas
à en combiner deux ou trois pour en faire de l'inédit,
quelque chose de différent. Il y a quelques années,
on connaissait les voitures d'une part, les fourgonnettes
de l'autre. Arrive une équipe d'innovateurs qui conjugue
les deux concepts et crée les « monospaces ».
Les patins à roues alignées sont un hybride
des patins à glace et de ceux à roulettes. Lancé
par Ted Turner de CNN, le réseau d'information continue
est un ménage à trois - réseau de télévision
classique, agence de presse et transmission par satellite.
Sans nier le mérite des inventeurs, force est de
reconnaître que ce sont les innovateurs qui ont modelé
la vie que nous menons en cette fin de XXe siècle.
Pratiquement plus rien de ce qu'en Occident nous utilisons
ou consommons aujourd'hui n'a sa forme d'origine. Pas même
le plus simple et le plus commun des objets: un crayon. Il
comporte au moins une innovation, une gomme au bout.
« il suffit d'imaginer un meilleur piège à souris pour avoir le monde à ses pieds. »
L'innovation structurée
Depuis la découverte du feu par l'homme, les innovateurs
n'ont jamais connu de répit. Le progrès matériel
de l'Homo sapiens suit à peu près le rythme
des innovations au fil des siècles.
Certes, l'innovation n'a pas toujours servi que le bien
de l'humanité. Elle a même souvent exacerbé
la sauvagerie des guerres, et le génie destructeur
dont témoignent certains engins meurtriers est à
faire désespérer du genre humain. Même
pacifiques, beaucoup d'innovations ont des effets délétères
imprévisibles - on se souviendra de Tchernobyl de triste
mémoire.
L'innovation a fleuri plus que jamais au XXe siècle.
Mais jusque vers les années 60 elle était surtout
le fruit du hasard, le domaine de quelques illuminés
bricolant dans leur sous-sol ou leur garage. On y voyait souvent
une source de gadgets, astucieux mais de peu de conséquence.
La croyance dont participaient toutes ces innovations était
qu'« il suffit d'imaginer un meilleur piège à
souris pour avoir le monde à ses pieds. »
Depuis, l'innovation s'est dans une grande mesure structurée.
Elle est devenue une activité systématique,
pratiquée au coeur même de la société
de consommation moderne. Des légions d'hommes et de
femmes sont payés pour trouver des variantes commercialisables
de produits existants - du pruneau au goût d'o range
aux placements défiscalisés. L'innovation est
le ressort du marketing.
Dans tous les domaines, les spécialistes de la recherche-
développement cherchent sans relâche un savoir-faire
nouveau et meilleur. Parfois, leurs trouvailles ont un effet
considérable et font, par exemple en pharmacologie
et en médecine, la différence entre la vie et
la mort. Ces hommes et ces femmes occupent la fine pointe
d'un système économique et social qui, depuis
un demi-siècle, dépend de plus en plus de l'intelligence
et de l'imagination et non plus de la force physique ou de
l'application répétitive d'une technique. Le
rythme d'enchaînement des innovations s'accélère
inexorablement avec la mondialisation. Les technologies de
l'information nous ont tous précipités dans
un monde nouveau régi non pas par la puissance industrielle
ou militaire, mais par la créativité des idées.
On mesure aujourd'hui la portée prophétique
du mot de Winston Churchill prononcé dans les années
40 : « les empires de demain seront les empires
de l'intelligence ».
Toutefois, dans les structures institutionnelles visant
à entretenir le flux des innovations, il y a encore
place pour ceux qui travaillent sur un meilleur piège
à souris. Un exemple entre mille: Robert Dickie de
King City (Ontario) décida dans les années 80
d'améliorer les prises électriques. Il imagina
la fiche plate et en céda la licence à des fabricants
et distributeurs internationaux. M. Dickie avait profité
de l'aide du Centre canadien d'innovation industrielle de
l'Université de Waterloo, une des multiples entités
de ce pays qui ont pour vocation de stimuler l'innovation
par des subsides et un soutien.
« Des idées qui améliorent petit à
petit notre
qualité de vie »
La vitesse et la puissance des ordinateurs ont été
une bénédiction pour les innovateurs, leur permettant
d'effectuer des expériences et des tâches jadis
réservées aux instituts qui disposaient d'ordinateurs
centraux. Avec la rationalisation des grandes entreprises
et institutions, le nombre des innovateurs indépendants
s'est multiplié. Ce ne sont pas seulement des jeunes
qui s'inventent une carrière ou travaillent à
leur compte en réseaux, mais aussi des cadres mûrs
remerciés par de grandes sociétés qui
montent leur propre affaire.
Reste-t-il encore des filons à trouver pour les indépendants,
comme celui de Bill Gates? Pour deux ex-étudiants en
génie électrique de l'Université de Standford,
David Filo et Jerry Yang, la réponse est oui, sans
réserve. Il y a un peu moins de cinq ans, ils ont imaginé
un moyen de trouver leurs sites Internet favoris. Et ils ont
créé un répertoire simple et pratique,
une sorte d'annuaire du Net baptisé Yahoo! Aujourd'hui,
Yahoo! est le site le plus visité du World Wide Web,
et MM. Filo et Yang (qui portent tous les deux le titre de
« Chief Yahoo! » dans la société qu'ils
ont fondée) sont des hommes riches et des personnalités
du cybermonde.
Il reste que l'innovateur indépendant moyen a plus
de chances de trouver beaucoup de satisfaction et peu d'argent
que la fortune au bout du chemin. Car pour une idée
révolutionnaire, il y en a des dizaines de milliers
moins spectaculaires qui améliorent tout juste un peu
notre qualité de vie. Ce n'est qu'en les mettant bout
à bout qu'on peut voir à quel point l'innovation
agit sur notre quotidien. Qui voudrait revenir à l'époque
d'avant les sacs-poubelle et les mouchoirs en papier ?
Les ordinateurs eux-mêmes ont ouvert de tout nouveaux
horizons à l'innovation. Au Canada, de jeunes entreprises
comme Softimage et Discreet Logic ont conquis le monde des
loisirs avec des logiciels qui permettent de manipuler des
images visuelles et de créer des représentations
de créatures et d'objets plus vraies que nature.
Il a été dit que la technologie de ces sociétés
a irréversiblement transformé les techniques
du septième art. IMAX Corp. de Toronto enrichit régulièrement
d'innovations sa trouvaille initiale, un écran géant
tridimensionnel doublé d'un système multiphonique
qui permet de présenter les films les plus spectaculaires.
Les productions IMAX diffusées dans des salles spéciales
font courir les foules dans le monde entier.
Construire le Canada avec des outils
« nouveaux et
améliorés »
Rien d'étonnant à ce que le Canada ait donné
au monde quelques-unes de ses plus grandes innovations. Ce
pays s'est toujours révélé singulièrement
innovateur. On peut affirmer sans se tromper qu'aucun autre
ne dépend plus que lui de l'innovation pour le bien-
être de sa population.
Bien avant que le premier Européen ne pose le pied
en Amérique, les populations autochtones avaient trouvé
des moyens de parer aux rigueurs du climat et du terrain de
la moitié nord de ce continent, obligées qu'elles
étaient de choisir entre improviser ou mourir de froid
et de faim. Elles ont su créer tout ce qui était
nécessaire à la vie dans ces dures conditions
- parka, igloo, traîneau à chiens, raquettes
et canoë - sans aucun doute en les perfectionnant au fil du
temps.
Si le Canada est aujourd'hui le deuxième pays au
monde par sa superficie, c'est notamment grâce au canoë
autochtone en écorce de bouleau que les marchands de
fourrures ont utilisé, perfectionné et agrandi,
pour finir par en faire le superbe « canot de maître »,
qui emportait quatre tonnes de marchandises. C'est dans cette
version « nouvelle et améliorée »
du canoë amérindien que les Français, les Britanniques
et des Canadiens de naissance ont exploré le territoire,
d'un océan à l'autre, l'ont cartographié
et en ont fixé le périmètre.
Une autre innovation a permis le peuplement et le développement
d'une grande partie de l'Ouest canadien, le blé Marquis,
mis au point au début du siècle par Charles
Saunders de la Dominion Experimental Farm d'Ottawa. Auparavant,
l'agriculture dans les Plaines était gravement handicapée
par la courte durée de la belle saison. Avant même
leur maturité, les céréales périssaient
souvent sous le gel.
Au terme de minutieux croisements, Saunders obtint une souche
de blé capable de mûrir avant les premiers froids.
Et ce blé présentait d'excellentes qualités
boulangères. Cette innovation permit aussi d'étendre
la culture du blé au nord, rendant possible le peuplement
d'immenses territoires jusque-là délaissés.
En quelques années, l'innovation de Saunders avait
fait du Canada le grenier à blé du monde.
Des années plus tard, des chercheurs canadiens expérimentèrent
avec différents types de graines de colza et créèrent
le canola, devenu depuis une énorme culture d'exportation
de l'Ouest canadien, source d'huile comestible à faible
teneur en cholestérol.
« Dans ces terres de neige et de glace, de nombreuses innovations ont été inspirées par les rigueurs du climat »
Vivre avec la géographie du pays
Le Premier ministre William Lyon Mackenzie King dit un jour
que le Canada avait trop peu d'histoire et trop de géographie.
Il n'est guère surprenant qu'un grand nombre des innovations
de ce pays aient été motivées par la
volonté de vaincre la distance et l'isolement - wagons-lits,
pipeline, radio, avions à décollage et atterrissage
courts.
L'environnement canadien particulier a donné naissance
à une multitude d'innovations qui ont fait le tour
du monde, dans les secteurs où les créateurs
d'ici sont passés maîtres: extraction minière
et métallurgie (procédé de flottation
du plomb-zinc et compteur Geiger), hydroélectricité
(amélioration des barrages et transport à haute
tension sur de longues distances), pâtes et papiers
(papier kraft de grande résistance), navigation maritime
(corne de brume), chemin de fer (rail de grande résistance)
et aviation (hélice à pas variable, premier
avion à réaction commercial en Amérique
du Nord).
Dans ces terres de neige et de glace, de nombreuses innovations
ont été inspirées par les rigueurs du
climat. La motoneige de J.A. Bombardier, qui avait été
précédée par l'autoneige et a rapidement
été suivie par le chasse-neige rotatif, en est
l'archétype. Le chasse-neige rotatif, d'abord utilisé
pour dégager les voies ferrées, a été
adapté au déblaiement des rues et routes et,
enfin, des entrées privées. Parmi les innovations
canadiennes répondant aux conditions hivernales les
plus récentes, il faut citer un engin amphibie à
redressement automatique destiné à servir de
véhicule de sauvetage dans le froid extrême,
une île artificielle de glace et un engin de damage
de neige qui produit des pistes très résistantes
de circulation automobile et d'atterrissage.
« Toutes les innovations ne sont pas techniques, et le principe consistant à chercher toujours à améliorer les choses s'applique à bien des domaines. »
Le succès récent des systèmes innovateurs
de télécommunication canadiens sur la scène
mondiale s'inscrit dans le prolongement d'une longue tradition.
Le téléimprimeur, combinant les qualités
du téléphone et de la machine à écrire,
a été mis au point au début du siècle
par Fred Creed, de Nouvelle-Écosse. Dans les années
20, la transmission de photos par câble, qui préfigurait
la télécopie, a été développée
par William Stevenson, de Winnipeg qui, alias « l'intrépide »,
devint l'un des principaux agents de renseignement britanniques
pendant la Deuxième Guerre mondiale.
Les innovateurs professionnels conviennent que le manque
de confiance en soi est le principal obstacle auquel se heurte
le découvreur d'une idée géniale. On
pourrait croire que, à l'ombre du grand voisin et dépourvus
des ressources nécessaires pour faire germer leurs
idées, les Canadiens sont particulièrement vulnérables
sur ce plan. Or, il suffit d'examiner la longue liste de leurs
innovations pour se convaincre du contraire. Si des innovations
ne décollent pas dans ce pays, cela tient peut-être
plus à l'attitude de leurs auteurs qu'à la géographie
politique.
D'après des innovateurs expérimentés,
beaucoup de bonnes idées ne voient jamais le jour parce
que leurs auteurs songent trop et trop tôt à
leur faisabilité. Ils appréhendent alors des
difficultés insurmontables avant même qu'elles
ne se manifestent. Akhil Madhani qui a récemment remporté
le prix Lemelson-MIT pour l'invention et l'innovation aux
États-Unis a raconté à Carol Smith, journaliste
au Seattle Post-Intelligencer qu'il est facile d'inhiber l'impulsion
créatrice en se préoccupant trop tôt de
l'application pratique.
À l'en croire, les innovateurs baissent souvent les
bras parce qu'ils ne sont pas préparés à
la résistance au changement que leurs idées
peuvent soulever. C'est le cas notamment des efforts d'amélioration
de l'alto, qui inflige souvent aux musiciens des douleurs
musculaires et des maux de dos et qui est plus difficile à
manipuler que le violon. La nouvelle version de l'alto surprend
par sa forme, mais ses qualités acoustiques sont indéniables.
Il reste que plusieurs chefs d'orchestre traditionalistes
les rejettent tout net.
Quel est l'apanage de l'innovateur? Ce qu'on appelait autrefois
chez les artistes la « divine insatisfaction ».
Les véritables innovateurs ne sont jamais satisfaits,
dit M. Madahni, « ils considèrent que rien n'est
satisfaisant et cherchent toujours à y remédier.
Devant toute chose, ils se demandent pourquoi elle fonctionne
de telle manière et non d'une autre - pourquoi une
tasse a la forme qu'on lui connaît. Jamais ils ne pensent
qu'on ne pourrait pas faire autrement. »
Faire à l'humanité le plus beau des cadeaux
Toutes les innovations ne sont pas techniques, et le principe
consistant à chercher toujours à améliorer
les choses s'applique à bien des domaines, à
l'industrie et au commerce comme aux sciences sociales. Les
innovations sociales qu'ont été l'assurance-chômage,
l'assurance-maladie et la progressivité de l'impôt
sur le revenu ont probablement exercé plus d'influence
sur le mode de vie au Canada que la plupart des innovations
techniques. Dans le domaine économique, l'idée
du crédit hypothécaire étalé sur
de longues périodes a eu un profond effet sur la structure
de notre société en donnant aux classes moyennes
l'accès à la propriété.
Les innovations socio-économiques n'ont jamais été
couronnées d'autant de succès que celles scientifiques
et technologiques. Le meilleur exemple en est peut-être
le communisme soviétique, qu'on peut qualifier d'innovation
par rapport à la vie des premières communautés
religieuses, où tous partageaient le travail et son
fruit. Comme bien d'autres innovations sociales qui l'ont
précédée et suivie, celle-ci a échoué
à cause de ce que d'aucuns appelleraient le « facteur
humain ».
Nulle part l'innovation n'est plus nécessaire, et
nulle part elle n'est plus difficile, que dans le domaine
sensible de la politique. Comme nous l'avons dit, le Canada
est issu de l'innovation. L'innovation la plus importante
y a sans doute été d'ordre politique :
la confédération qui a permis aux colonies hétérogènes
de l'Amérique du Nord britannique de s'unir en un seul
État. On mesure toute l'importance de l'innovation
politique dans le récent accord entre les parties en
lutte en Irlande. On attend avec espoir le jour où
un grand innovateur pourra faire à l'humanité
le plus beau de tous les cadeaux: la paix entre les hommes.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
site web à l'adresse www.rbc.com/responsabilite/bulletin.
Notre adresse électronique est rbcletter@rbc.com.
Also available in English.
[ Retour à la
page d'accueil du Bulletin RBC ]
|