Décembre 1953
Plans de stabilité financière personnelle
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Les difficultés financières
nous font perdre la tête. Elles nous empêchent
d'être tout à notre travail et causent des soucis
dont souffre notre santé. On ne peut pas s'en débarrasser
en essayant de ne plus y penser.
Nous organisons méthodiquement une grande partie
de notre existence, mais nous ignorons malheureusement dans
nos calculs le facteur essentiel pour que tout marche à
souhait - nous ne nous arrangeons pas pour tirer le meilleur
parti de notre argent.
Nous n'aimons pas voir des gens qui gagnent juste autant,
sinon moins que nous, mener une vie plus heureuse que la nôtre.
Ils semblent avoir toujours de l'argent pour se payer les
bonnes choses dont nous sommes obligés de nous priver.
Et ils jouissent en même temps de leur tranquillité
d'esprit.
Le présent Bulletin se propose de suggérer
la manière de s'y prendre pour arriver à établir
un bon programme financier. Faites un plan par écrit :
c'est, à notre connaissance, le seul moyen d'attaquer
les problèmes de payer vos dettes, de joindre les deux
bouts, d'acheter les choses dont vous avez besoin, de parvenir
à la sécurité et de faire des économies.
Vous avez besoin d'un plan qui vous aide à décider
comment employer votre argent, à vous en tenir à
votre résolution, et à vous montrer le résultat.
Il mettra un relief vos propres désirs et ceux de
votre famille et cela vous permettra de choisir entre les
choses dont vous avez le plus besoin. À partir de ce
point, vous n'avez plus qu'à diviser vos revenus de
la meilleure manière possible, et à surveiller
les dépenses pour faire bon usage de votre argent et
vous assurer la sécurité matérielle qui
contribue si grandement à la tranquillité d'esprit.
Il n'y a rien de sordide dans un plan de ce genre. L'idée
de « mettre de l'argent de côte pour un jour de
pluie », comme disent les Anglais, est très recommandable
quoique pas nouvelle, mais il y a des gens qui en sont obsédés
au point de paraître s'attendre à un nouveau
déluge. Un auteur américain dit au sujet d'un
personnage qui ne pensait qu'à économiser :
« il y avait longtemps que sa femme avait cessé
de prier pour qu'il pleuve. »
L'épargne est l'art de bien employer son argent et
d'en tirer le meilleur parti possible le plus longtemps possible.
Parfois, nous en sommes réduits à ne pas dépenser
maintenant pour avoir plus d'argent à dépenser
plus tard.
Choix de dépenses
L'important est de décider ce qui vaut le mieux pour
nous, et ensuite faire des plans pour se le procurer.
Les besoins et les désirs humains sont innombrables,
mais il faut faire un choix entre eux parce qu'il est impossible
de tous les satisfaire. Un budget a pour but de faire clairement
ressortir les choses à la portée de nos désirs,
et de nous indiquer la manière de les acheter à
notre plus grande satisfaction.
Une enquête assez récente parmi des sténographes
révèle plusieurs laçons de dépenser
le même salaire. Une jeune fille économise sur
ses repas pour avoir un appartement au lieu d'une chambre ;
une autre va au bureau à pied pour pouvoir acheter
des livres ; d'autres se passent de ceci ou de cela pour
être capables de mettre plus d'argent à leur
toilette.
Ces sténographes ont calculé ce qu'elles veulent
et décidé que l'argent qu'elles dépensent
comme il leur plaît leur procure ainsi plus de satisfaction
que si elles le dépensaient autrement.
Dans son livre The Mature Mind, H. A. Overstreet
raconte l'histoire de Bouddha à la recherche du bonheur.
Bouddha se soumit à des épreuves, souvent extrêmes
et plus ou moins futiles - il essaya par exemple de ne manger
que quelques grains de blé par jour. Il se mit à
errer ci et là pour observer les gens dans leurs rapports
entre eux et découvrir les causes de leurs malheurs.
Un beau jour il crut avoir fait une découverte concluante :
les hommes sont malheureux parce qu'ils ont des désirs,
et il est impossible de satisfaire entièrement tous
les désirs.
Prenez par exemple le cas d'un homme qui désire une
maison et une auto en même temps que l'indépendance
financière dans une quinzaine d'années. La maison
et l'auto prendront autant d'argent qu'il en faut pour se
constituer un capital pendant le même temps, et si les
revenus de notre homme ne sont pas suffisants pour, les deux,
il faudra qu'il choisisse l'un ou l'autre. S'il entreprend
de faire les deux à la fois, il s'embarquera automatiquement
dans des difficultés financières, devra se priver
d'un tas d'autres choses, et sera harassé de soucis
au point d'en perdre la santé et la bonne humeur.
Sécurité
Le seul mot de « sécurité » suffit
à semer l'effroi du lendemain dans l'esprit de certaines
gens et à leur faire convoiter la clé du bonheur.
Si Abraham Lincoln vivait aujourd'hui dans les circonstances
parmi lesquelles il s'est frayé la voie à l'éminence,
on l'appellerait un déshérité de la vie.
H. T. Webster, dans une de ses caricatures, a dessiné
la cabine de bois de Lincoln avec une pancarte disant :
« Mal logé, mal nourri, mal habillé. »
Par sécurité, on entend trop souvent aujourd'hui
l'espoir de ne manquer de rien grâce à une aide
extérieure, et non pas, comme l'entendait Lincoln,
la récompense d'un travail assidu.
Il n'y a pas de sécurité réelle dans
la vie, mais chacun de nous est capable de trouver un sentiment
de stabilité dans notre propre milieu par le soulagement
de nos anxiétés et la gratification de nos désirs.
La variété est autant nécessaire à
notre bonheur que le sentiment de sécurité,
mais, avant de nous lancer dans les aventures, nous avons
besoin d'un solide port d'attache auquel nous pouvons retourner.
Nous sommes beaucoup plus capables d'édifier notre
propre stabilité financière que nous sommes
parfois disposés à l'admettre. Les mesures à
prendre cet égard consistent à dépenser
sagement, à prévoir nos dépenses et à
nous préparer à les régler, et a éviter
les dettes que nous ne pouvons pas payer.
Un revenu modeste, sagement utilisé, permet à
un homme de vivre raisonnablement à l'aise, d'assurer
une bonne stabilité financière à sa famille,
et de se préparer une vieillesse relativement libre
de soucis financiers. Mais cet heureux état de choses
ne s'obtient pas par hasard : il faut le préparer.
Réserve en cas d'imprévu
Certaines personnes n'aiment pas les budgets parce qu'elles
disent qu'une dépense imprévue suffit à
les bouleverser. Naturellement ! Mais, sans budget, vous
ne savez pas de quel côté vous tourner :
avec un budget vous voyez tout de suite les endroits où
vous pouvez économiser pour parer aux imprévus.
Il a été découvert à la suite
d'enquêtes que les besoins imprévus d'argent
sont moins souvent causes par les dépenses, même
extravagantes, pour la nourriture, les vêtements et
le loyer, que par le manque de prévision. Tout le monde
devrait s'efforcer de prélever, en premier lieu, sur
les revenus, une somme suffisante pour créer un fonds
de réserve.
Cela n'est pas aussi difficile qu'on pourrait le croire,
quand on se prépare à établir le budget.
On fait d'abord la liste de tous les imprévus possibles
auxquels on peut penser ; ensuite, on décide quels
sont ceux dont la responsabilité peut être confiée
à des institutions comme les compagnies d'assurance,
contre les maladies, etc., et enfin on calcule le montant
à conserver sous forme liquide et celui qu'on peut
placer à intérêt.
L'assurance offre le moyen le plus facile de procurer la
protection qu'on désire contre les hasards ordinaires
de la vie. Les gens s'assurent pour protéger leur famille ;
par l'assurance ils transfèrent le risque individuel
à un groupe, contre paiement d'une prime. « L'assurance
met la magie des moyennes à la portée des foules, »
selon la phrase de Churchill.
Voilà pour la protection. Pour réussir financièrement,
il faut avoir un plan d'épargne.
Épargne et placements
Il n'y a guère de plaisir à mettre de côté
$5 ou $50 par mois juste pour voir monter la somme, mais c'est
différent quand nous avons un but que nos économies
nous permettront d'atteindre. Rien n'égale la satisfaction
de pouvoir, à la fin de l'année, regarder en
arrière et constater qu'en nous passant de petites
choses dont nous n'avions pas grand besoin et souvent pas
grande envie, nous avons assez d'argent en banque pour réaliser
un de nos plus ardents désirs.
Ne laissons pas nos économies traîner dans
le tiroir d'une commode. Imaginez votre chagrin en cas de
vol ! De plus, c'est dangereux, car cela vous expose
à la tentation de vous en servir pour ceci ou cela
selon le caprice du moment. Il est facile d'ouvrir un compte
d'épargne ; le livret que vous donne la banque
tient non seulement compte de vos économies et de l'intérêt
mais vous donne un sentiment d'indépendance et de confiance.
Après le fonds de réserve et l'épargne,
nos passons maintenant aux placements en valeurs.
Pour compter comme placement, les actions ou les obligations
doivent remplir au moins les trois conditions suivantes :
sûreté quant au principal, revenu raisonnable
et régulier, et vente facile. Nous épargnons
dans le but d'amasser des fonds pour un but déterminé,
mais nous faisons un placement dans l'intention de faire rapporter
intérêt à notre argent tout en gardant
celui-ci en disponibilité.
Autrefois, il fallait être riche pour faire des placements,
mais aujourd'hui ils sont à la portée de tous
les travailleurs. Cette participation aux placements dans
les grandes entreprises est un des plus grands bienfaits de
notre récente expansion industrielle et financière.
Les banques canadiennes, par exemple, ont 66,000 actionnaires,
depuis ceux qui n'ont qu'une action de $10 chacun, aux familles
qui en possèdent un grand nombre.
Échéances futures
En général, la plupart de nos difficultés
financières sont dues au fait que nous avons négligé
de faire provision pour les dépenses qui arrivent périodiquement
au cours de l'année, telles que primes d'assurance,
impôts, Noël, meubles, vêtements, vacances, et
fonds de pension ou de rente viagère. Le budget embrasse
toute l'année. Il est impossible d'essayer de suivre
un budget hebdomadaire ou mensuel, parce que chaque mois n'amène
pas les mêmes occasions de dépenser.
Le meilleur moyen est de calculer vos dépenses pour
toute l'année et de diviser le total par 12, 26 ou
52 selon que vous êtes payé au mois, à
la quinzaine ou à la semaine. Chaque jour de paye,
mettez de côté, de préférence dans
un compte de banque réservé à cet effet,
la somme que vous destinez aux dépenses infréquentes.
Comptez le nombre de jours de paye jusqu'au moment où
vous aurez à payer le montant, et calculez combien
vous devez prélever sur chaque paye. Si vous avez à
payer $25 dans 5 mois, il faudra donc économiser $5
par mois, mais une fois ces $25 payés, l'année
prochaine cette dépense annuelle de $25 ne prendra
plus que deux dollars et quelques sous par mois.
Pour ne pas être pris à court, il vaut mieux
se laisser une bonne marge dans tous ces calculs, car on ne
sait jamais ce que l'avenir nous réserve. Un programme
d'épargne et de placement nous procure protection et
confort, car il est toujours possible d'utiliser le montant
pour d'autres dépenses imprévues ou pour satisfaire
de nouveaux désirs.
Quand et comment commencer
Après avoir décidé de faire un budget,
commencez tout de suite. Ne vous préoccupez pas de
la date, de votre âge ou de l'état de vos finances.
Votre seule chance de surveiller l'emploi de votre argent
est avant de le dépenser, et cela est vrai que vous
soyez encore étudiant ou sur le point de prendre votre
retraite. Cato se mit à étudier le grec quand
il était octogénaire. Quand on lui demanda pourquoi
il entreprenait une si longue tâche à un âge
si avancé, il répondit que les années
qu'il avait encore à vivre étaient les plus
jeunes qui lui restaient, et il continua d'étudier.
On peut commencer un budget graduellement et y ajouter de
temps en temps. La plus longue partie de la tâche est
au début. Ce qui la rend difficile est que généralement
on n'a pas de chiffres de l'année précédente
sur lesquels s'appuyer.
Il est impossible de donner un modèle « normal »
de budget qui fasse l'affaire de tout le monde. Il n'y a que
vous qui sachiez exactement ce dont vous avez besoin et ce
que vous désirez.
L'objectif, qui est de régler l'emploi de votre argent
de manière à payer vos dettes, d'avoir assez
pour vos besoins courants et de faire provision pour l'avenir,
devrait être accompli le plus simplement possible. Il
vous faut seulement un livre de budget et un endroit pour
garder vos papiers. Ne vous lancez pas dans la comptabilité ;
n'achetez pas un tas de registres coûteux (certaines
institutions, y compris la Banque Royale, distribuent gratuitement
des livres de budget) ; ne vous fixez pas des chiffres
au-dessus de vos ressources ; ne refrénez pas
vos désirs au point de vous faire détester votre
budget (rappelez-vous qu'il a pour but de vous aider à
mieux jouir de votre argent) ; et n'ayez pas peur d'y
apporter des changements quand vous trouvez un meilleur moyen
de l'équilibrer.
Désappointements
On peut dire sans crainte de se tromper que la plupart des
gens abandonnent l'idée de faire un budget pour deux
raisons : ils essaient de suivre un plan préconçu
et trop rigide ou ils se découragent trop vite.
Il est évident qu'aucune formule fixe, basée
par exemple sur tant pour cent de revenu pour chaque catégorie
de dépenses, ne fera l'affaire de toutes les familles.
Les désirs, les modes d'existence et les ressources
varient énormément, et il faut reconnaître
également que tout le monde n'est pas capable d'exercer
la même retenue en ce qui concerne les dépenses.
Quelques familles partent mal en essayant de trop économiser.
Les plats favoris disparaissent de la table, les enfants reçoivent
moins d'argent de poche, les caractères s'aigrissent
et tout le monde est mal à l'aise jusqu'à ce
que les bonnes intentions s'évanouissent et qu'on se
reinette à vivre au petit bonheur.
D'autres familles n'ont recours à un budget que lorsqu'elles
se trouvent dans l'embarras. Il n'est pas juste d'attendre
que la famille ait de grosses dettes pour essayer d'équilibrer
son budget, et puis, une fois sur pied, de se remettre à
dépenser comme auparavant jusqu'à la nouvelle
crise.
Il est essentiel que les dépenses journalières
se conforment aux chiffres du budget. Il ne sert à
rien de marquer tant de moins pour les vêtements, les
plaisirs ou l'imprévu et de s'en tenir là. Les
dépenses ne diminuent pas automatiquement par le fait
que vous leur avez affecté moins d'argent dans votre
budget.
Dettes
Ce sont les dettes qui font échouer les bons budgets.
Le Bureau de la statistique du ministère du Travail
a fait une enquête sur les dépenses de 10,813
familles dans 91 grandes, moyennes et petites villes. En moyenne,
il reste à chaque famille $4,300 après avoir
payé environ 7 pour cent du revenu original pour les
impôts, mais leurs dépenses s'élèvent
à $4,700. Elles comblent la différence de $400
en faisant des dettes, en tirant sur les économies
et, dans certains cas, grâce à quelque bonne
fortune telle qu'un cadeau ou un héritage.
Les familles s'endettent pour une foule de raisons, mais
celles qui ont un programme de dépenses sont capables
de faire généralement face à l'imprévu
et elles ont moins de comptes impayés que les familles
qui dépensent sans savoir où elles en sont.
La première chose à faire pour se débarrasser
de ses dettes est d'en faire la liste et d'additionner les
comptes à payer ; puis de réduire les dépenses
au minimum sans que la santé en souffre ; ensuite
d'appliquer systématiquement le revenu net au paiement
des dettes. Si vous expliquez à vos créanciers
que vous avez fait un budget pour arriver à les payer,
il y a des chances qu'ils accepteront plus volontiers votre
offre de versements réguliers.
Les achats à crédit ont contribué à
faire vivre plus confortablement des milliers de familles.
Ils n'ont rien de répréhensible si on n'y consacre
qu'une partie raisonnable des revenus futurs et si l'intérêt
sur le solde n'est pas trop élevé. Ce sont les
abus et les achats au-dessus de leurs moyens qui empêchent
beaucoup de salariés d'arriver à la stabilité
financière.
Quel que soit le montant des achats à crédit
qu'une famille se propose de faire, elle doit en établir
soigneusement le budget. Il faudra faire les versements, et
ils ont priorité sur les revenus. Les ouvertures de
crédit dans les magasins sont dans le même cas ;
on peut s'en servir avantageusement quand on sait d'avance
ce qu'on veut acheter, et quand en est sûr d'avoir l'argent
quand il faudra payer.
Les dettes personnelles sont capables de causer beaucoup
d'ennuis, mais le crédit bien utilisé peut énormément
contribuer à notre bonheur.
Il est parfois opportun d'emprunter pour payer ce qu'on
doit - ce qui s'appelle consolider ses dettes. Si vous possédez
des obligations ou des actions, il est préférable
d'emprunter sur elles à votre banque au lieu de les
vendre. Si vous les rendez, vous tuez la poule qui pond des
oeufs d'or ; quand vous empruntez sur votre placement,
vous confiez simplement la poule à la banque comme
garantie, et vous continuez à recevoir les oeufs d'or
sous forme d'intérêt.
Tout le monde peut se rendre compte si son crédit
est bon. Regardez votre budget. S'il vous reste quelque chose
à la fin du mois, après avoir fait provision
pour vos frais courants, vos comptes à payer, l'amortissement
de vos dettes, et votre fonds de réserve, ce montant
est la mesure de votre crédit.
Affaire de famille
L'établissement d'un budget est principalement une
affaire de famille, ce qui n'empêche pas les enfants
d'en faire un eux-mêmes dès qu'ils sont assez
grands pour avoir leur argent de poche. Un écolier
ou un étudiant a les mêmes raisons que tout le
monde de surveiller son argent pour en tirer le meilleur parti
possible.
Il y a deux ou trois points à observer à tous
les âges. N'écoutez aucun conseil sur la manière
de dépenser votre argent. Vous seul savez ce que vous
désirez : prenez un crayon et une feuille de papier
et calculez comment l'argent que vous avez, ajouté
à celui auquel vous pouvez raisonnablement vous attendre,
vous permettra d'atteindre votre but.
Ne vous laissez pas influencer par le train de vie de vos
parents. Il leur a fallu beaucoup d'années pour en
arriver là, et il est ridicule de vous croire capable
de partir du même point où ils en sont à
présent. N'essayez pas d'imiter les habitudes de vos
voisins et de vos amis. Faites votre plan selon vos propres
goûts et vos propres ressources.
Tout ce que nous avons dit dans ce Bulletin au sujet du
budget s'applique à la famille, et cela est naturel,
car un budget exige la collaboration. Une enquête menée
à Chicago révèle que les querelles d'argent
causent 40.2 pour cent des désertions de foyer et 45
pour cent des cas de cruauté.
Cela fait réfléchir aux bouleversements qui
menacent les familles dont tous les membres ne s'intéressent
pas aux comptes du ménage, et c'est une bonne raison
de prendre immédiatement des mesures en conséquence.
Une séance budgétaire, avec tous les membres
de la famille prenant part aux plans d'avenir, peut devenir
plus intéressante qu'un programme de radio. Naturellement,
tout le monde n'a pas même voix au chapitre. Ceux qui
apportent le plus d'argent ont le droit de prendre une plus
grande part dans les décisions, et ils ont en outre
plus d'expérience des choses de la vie. Mais tout le
monde est libre de donner son opinion sur ce que la famille
et chacun de ses membres ont l'espoir de faire cette année,
l'an prochain et les années suivantes. Il s'agit ensuite
de faire des plans conformes aux ressources disponibles et
futures.
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Voilà bien du travail, direz-vous, pour établir
un budget de famille et calculer avec soin comment tirer le
meilleur parti de son argent, mais nous estimons généralement
plus précieuses les choses qui nous ont coûté
le plus d'effort et de réflexion.
Procurer la stabilité financière en évitant
les dépenses inutiles et en encourageant l'habitude
de épargne ; préparer une famille à
vivre dans les conditions auxquelles elle aspire : tels
sont les résultats d'un bon budget. Être en mesure
de parer aux secousses de la vie, de prédire et de
diriger jusqu'à un certain point l'avenir de la famille,
d'user ses moyens pour saisir les occasions favorables :
tout cela vaut bien quelques efforts.
Trouver, en même temps, que la famille est unie dans
son désir de faire le bien de tous au lieu de satisfaire
l'égoïsme de chacun ; que le bonheur collectif
est souvent plus accessible que le bonheur individuel ;
et que vos amis jugent votre hospitalité, non pas par
la profusion de vos rafraîchissements, mais, par la
bonne grâce avec laquelle elle est offerte - tels sont
les avantages indirects et inestimables d'un budget.
Un budget bien suivi apporte la stabilité, bannit
la crainte et les soucis, resserre les liens de famille, fait
mieux marcher le ménage, et rend tout le monde heureux.
Tout cela est à notre portée si nous prenons
la résolution de faire sans plus tarder des plans pour
dépenser notre argent de manière à nous
procurer ce que nous désirons dans la vie.
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
de la collection du Bulletin RBC sont disponibles sur notre
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