Décembre 1952 Le Canada d'aujourd'hui [I]
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Depuis vingt ans le Canada accomplit
de grands progrès qui attirent de plus en plus l'attention
du monde entier, et ceux des huit ou dix dernières
années sont particulièrement significatifs.
Notre pays a prospéré énormément.
La deuxième guerre mondiale nous a poussés dans
la voie de l'industrialisation, et la demande de l'aprèsguerre
pour nos produits a maintenu notre économie à
un excellent niveau. Nous avons découvert des réserves
de pétrole et de minerai de fer, d'uranium et de nickel
et autres minéraux.
Mais en quoi consiste ce Canada qui nous appartient ?
Estce simplement le plus grand pays des Amériques,
un des trois plus grands du monde, avec une superficie de
3,700,000 milles carrés qui s'étendent des ÉtatsUnis
au pôle nord sur 48 degrés de latitude et 84
de longitude ? Estce simplement une croûte
rocheuse recouvrant des trésors de nickel, d'or, d'argent,
d'amiante, de radium, de fer et une foule d'autres minéraux ;
une vaste plaine, dont la récolte de blé est
la quatrième du monde ; un amas de forêts
inépuisables, et le plus grand réservoir d'eau
douce ?
Le Canada est tout cela, et davantage. La nature l'a comblé
de bienfaits, mais nous ne faisons que commencer à
exploiter ses trésors qui sommeillent depuis des millénaires.
Le Canada peut se vanter a bon droit d'avoir en si peu de
temps réussi à mettre en valeur un si grand
nombre de richesses naturelles avec l'aide d'à peine
1/169e de la population mondiale.
Les Canadiens ont si bien exploré les solitudes,
sondé les roches, cultivé les plaines et construit
des barrages pour faire tourner les roues de leurs usines,
que leur pays compte parmi les plus grands fournisseurs du
monde.
Le Canada est au premier rang des producteurs de nickel,
de papier à journal, d'amiante et de platine ;
au deuxième des producteurs d'or, d'aluminium, de pulpe
de bois et d'énergie hydroélectrique ;
au troisième en zinc, argent et uranium ; au quatrième
en plomb et cuivre, et il occupe la troisième place
dans le commerce international.
Malgré leur petit nombre, ses habitants ont accompli
des merveilles grâce à leur génie inventif
et leur esprit d'entreprise. Ils ont fait valoir les avantages
dont nous jouissons par le fait de notre favorable situation
géographique, de nos abondantes et diverses richesses
naturelles, de nos innombrables chutes d'eau, de nos vastes
moyens de transport par rail, route, eau et air. Ils ont maintenu
leur crédit et la valeur de leur monnaie sur les marchés
internationaux.
Aujourd'hui, le Canada est à la veille de nouveaux
progrès. Ce n'est pas ce que nous avons fait jusqu'ici
qui compte le plus, mais ce que nous sommes capables de faire.
Notre pays est en quelque sorte au centre des quatre grandes
puissances mondiales et en avoisine deux : les ÉtatsUnis
d'Amérique et l'Union Soviétique. Avec les deux
autres, la GrandeBretagne et la France, il a des liens
solides de tradition et d'affection.
Le peuple canadien
Le Canada n'est pas un pays de neige et de glace, à
moitié britannique et à moitié américain,
peuplé principalement d'Indiens, d'Esquimaux, de gendarmes
à cheval et de trappeurs chaussés de raquettes.
C'est un pays d'avenir pour ceux qui cherchent à réussir
et qui n'ont pas peur de travailler. Le Canada doit son éminence
actuelle à l'influence de son climat septentrional,
à l'initiative nécessaire pour vivre dans un
pays neuf, et au courage et à la confiance en soi qu'engendrent
les grands espaces et la liberté d'entreprise, d'action,
de parole, de religion et de politique.
Les Canadiens ne forment pas un groupe compact comme les
Anglais ou les Français, mais ils constituent un assemblage
de races diverses, fondues en une nation, qui se modèlent
sur leur pays d'adoption.
Ils sont unis par l'amour de leur pays, leurs intérêts
communs, et leur loyauté envers la Couronne.
Au moment de la confédération, le plus grand
groupe britannique était celui des Irlandais, et ceuxci
avec les Écossais étaient presque deux fois
plus nombreux que les Anglais. Après 1881, les Anglais
prédominèrent et les Écossais passèrent
au deuxième rang après 1911. Au recensement
de 1941, les principales races occupaient l'ordre suivant :
CanadiensFrançais, Anglais, Écossais,
Irlandais, Allemands, Ukrainiens, Scandinaves, Hollandais,
Juifs et Polonais.
Quand eut lieu le premier recensement en 1666 pour mesurer
les progrès de la colonie française depuis la
fondation de Québec par Champlain 58 ans auparavant,
le Canada avait 3,215 habitants. En passant de ce chiffre
à 14,009,000 au recensement de 1951, le Canada s'est
placé parmi les premiers du Commonwealth sous le rapport
de l'accroissement de la population. Le nombre de nos habitants
est estimé à 14,675,000 à la fin de 1952.
On peut dire sans crainte d'erreur que le Canada ne manque
pas d'attractions pour les étrangers. Ceux qui viennent
chez nous n'arrivent pas les mains vides. Ils ont apporté,
sous forme de capitaux, $60,000,000 en 1950. Ils ont apporté
en outre leurs métiers et, en plus de leur propre personne,
les membres de leur famille à nourrir, habiller et
loger ; 194,000 nouveaux Canadiens ont été
admis en 1951.
L'ancien Canada
Les premiers Canadiens furent les indigènes trouvés
sur la côte de l'Atlantique par les premiers explorateurs
européens, et une tribu - les Kanatas des villages
du SaintLaurent - a donné son nom à tout
le pays.
Le premier européen qui mit probablement le pied
sur le continent de l'Amérique du Nord et rencontra
ses habitants, fut Leif Ericsson, il y a un millier d'années.
John Cabot planta l'étendard d'Henri VII sur le rivage
de l'Atlantique aux environs du Cap Breton en 1497, mais ce
n'est qu'après que Jacques Cartier eut renoncé
à trouver une voie pour aller en Chine en 1535, que
les nations d'Europe commencèrent à considérer
le Canada comme un pays réel au lieu d'un obstacle
au passage par le NordOuest.
Deux cents ans plus tard les Français et les Anglais
se disputèrent sa possession et, en 1763, le Canada
fut finalement cédé à l'Angleterre. Même
en 1815, l'année de la bataille de Waterloo, le Canada
n'avait que quelques habitants sur les bords de ses fleuves
et de ses lacs, et dans les postes des chasseurs de fourrures
de la Compagnie de la Baie d'Hudson.
On peut dire que les lents progrès accomplis à
partir de cette époque aboutirent logiquement et sûrement
à la confédération en 1867. Nous avions
alors les chemins de fer qui permirent aux colons aventureux
d'aller s'établir dans l'Ouest et envoyer vers l'Est
les produits des fertiles prairies.
Notre beau pays
Plusieurs raisons, pour la plupart géographiques,
se sont opposées à un développement économique
plus rapide du Canada. L'Université d'OntarioOuest
divise sa géographie du Canada en 31 sections !
L'Est et l'Ouest du Canada sont séparés au nord
du Lac Supérieur par une bande rocheuse, étroite,
inégale et inhospitalière à travers laquelle
il a fallu construire les voies de chemins de fer qui relient
les deux côtes sur une distance de 4,000 milles. Le
terrain est également rugueux et rocheux entre les
provinces Maritimes et le Québec, et les montagnes
Rocheuses se dressent entre la ColombieBritannique et
les Prairies.
D'un autre côté, le Canada est doué
de ce qui est probablement le plus remarquable réseau
de voies navigables au monde, qui permet de naviguer dans
toutes les directions. Du lac Winnipeg, juste à l'ouest
du milieu du pays, on peut aller par canot jusqu'à
l'Atlantique à l'est, au Pacifique à l'ouest,
à l'Arctique au nord, à la Baie d'Hudson au
nordest ou au golfe du Mexique au sud.
Le Canada est un pays superbe qui offre un choix merveilleux
de sujets aux peintres canadiens. En allant des collines couvertes
de pêchers de la péninsule du Niagara aux toundras
de l'Arctique, des brisants de l'Atlantique sur les côtes
de la NouvelleÉcosse, à travers les provinces
pastorales et industrielles du centre, aux pures brises des
Prairies, et pardessus les Rocheuses, aux versants humides
du Pacifique, on change pour ainsi dire de climat selon la
configuration physique du pays.
Ajoutez à cela les différences de saisons,
et le peintre a un nombre inépuisable de sujets à
sa disposition. Ces attraits rendent également le Canada
irrésistible au touriste, par le fait de leur beauté
naturelle dans un climat fortifiant avec le choix de sports
de toutes sortes en été aussi bien qu'en hiver.
Le Canada est une nation
Comme les ÉtatsUnis, le Canada a eu des hauts
et des bas en politique, mais il jouit d'un gouvernement stable
et autonome. La lecture des journaux de ces deux démocraties
au moment des élections pourrait faire croire qu'elles
n'en sont arrivées où elles sont qu'en commettant
toutes les fautes possibles. Mais leur histoire révèle
une certaine logique, et leur évolution a été
rendue inévitable par la composition de leur peuple.
Le degré de liberté avec lequel les citoyens
critiquent leurs propres institutions est une preuve de leur
démocratie.
L'Acte de l'Amérique du Nord britannique, adopté
en 1867, est le document fondamental de la constitution du
Canada, destiné à unir deux grandes faces et
des territoires éloignés dont les intérêts
économiques étaient opposés, et à
rallier un grand nombre de points de vue largement contraires.
Cette union fédérale avait pour but de préserver,
au moyen de concessions mutuelles, l'attachement de deux peuples
différents à leur culture et leur milieu. Le
fait que cette union était possible et qu'elle a fait
du Canada ce qu'il est aujourd'hui, démontre le génie
avec lequel les Anglais savent collaborer avec les peuples
d'autres races pour transformer leurs colonies en nations
autonomes. Excepté dans le cas des points stratégiques
ou des comptoirs commerciaux, tous les pays du Commonwealth
évoluent vers l'autonomie. Cette autonomie est mesurée
par les capacités croissantes de chaque peuple, amené
à maturité par l'enseignement et l'exemple d'une
juste administration.
Jusqu'en 1931, le Canada a progressé vers l'autonomie
complète. Il a d'abord acquis un droit incontestable
d'égalité dans l'empire, et puis le Statut de
Westminster a légalement couronné l'arche en
déclarant que les dominions avaient tous les mêmes
droits, subordonnés en aucune façon... sous
le rapport de leurs affaires domestiques ou extérieures.
Le Parlement canadien comprend la reine (représentée
par le Gouverneur général), le Sénat
et la Chambre des communes. Comme en GrandeBretagne,
le rôle du représentant de la reine et de la
Chambre haute a constamment diminué, et c'est la Chambre
des communes, dont les membres sont élus directement
par le peuple, qui est principalement chargée de faire
les lois.
Le parti politique au pouvoir choisit un cabinet ou ministère,
qui est responsable envers le Parlement et reste au pouvoir
tant qu'il jouit de la confiance des représentants
du peuple. Le ministère démissionne dès
qu'il est apparent qu'il n'a pas la majorité dans la
Chambre des communes. Tous les sujets britanniques des deux
sexes ont le droit de vote à partir de 21 ans, s'ils
habitent le Canada depuis 12 mois et la circonscription électorale
au moment des élections. Chacune des dix provinces
a une législature et un lieutenantgouverneur.
Nous avons besoin de la paix
Le Canada moderne est l'enfant du siècle dernier,
du libreéchange, des institutions libérales
et de la Pax Britannica. Il désire la paix pardessus
tout et serait très malheureux dans un monde nationaliste.
Il n'imite aucun autre pays. Il décide luimême
sa politique internationale, mais en ayant soin de régler
ses décisions sur celles du RoyaumeUni et des
ÉtatsUnis.
Avant la deuxième guerre mondiale, le Canada et les
ÉtatsUnis avaient déjà pris des
mesures communes en vue de la défense de l'hémisphère
nord et de la collaboration économique en temps de
guerre. Aujourd'hui, le Canada est membre de l'Organisation
du Traité de l'AtlantiqueNord, et en octobre
son ministre des Affaires extérieures a été
élu président de l'Assemblée générale
des Nations Unies.
En partie à cause de l'expansion de son commerce
avec les pays de l'Amérique du Sud (dans les neuf premiers
mois de 1952 nous avons exporté à ces pays $207,500,000
de marchandises), il a été suggéré
d'aller plus loin et de faire entrer le Canada dans l'Organisation
des États américains, mais cela soulève
immédiatement certaines questions concernant sa position
comme membre du Commonwealth britannique et comme nation américaine.
Un délégué à la conférence
de l'Institut canadien des Affaires internationales a dit
à ce sujet : « En faire partie engagerait
le Canada dans les affaires de cet hémisphère
plus profondément que ses traditions et ses intérêts
ne l'exigent. Rester à l'écart pourrait le rendre
suspect de chercher à éviter ses responsabilités,
et lui coûter des relations d'amitié et de commerce
avec les autres pays américains... l'idéal du
point de vue canadien serait de faire entrer l'Union Panaméricaine
à titre de groupe régional dans une organisation
globale de nations. Dans une organisation de ce genre, le
Canada serait en mesure d'être un bon Américain
et de servir ses intérêts hors de l'hémisphère. »
Le revenu national
Sous le rapport économique, le Canada a fait de constants
progrès. La courbe à long terme du revenu national
a monté légèrement au cours des vingt
ans qui ont précédé la deuxième
guerre mondiale, malgré la crise sans précédent
de 1930, et si l'on prenait les chiffres des années
avant la première guerre, la courbe ascendante serait
beaucoup plus prononcée.
Le chiffre du revenu national atteignit $4,600,000,000 en
1920 et diminua de 24 pour cent l'année suivante. Il
se releva continuellement jusqu'en 1929 pour toucher cette
annéelà un maximum de $5,273,000,000.
Au point le plus bas de la crise en 1933, le revenu national
n'arriva qu'à 52 pour cent du total de 1929. La reprise
subit un recul temporaire en 1938, mais le mouvement s'est
grandement accéléré depuis et le total
s'élève à $17,250,000,000 en 1951.
Cette énorme augmentation du revenu national permet
de supporter une dette beaucoup plus forte. La dette nette
du Canada aujourd'hui est trois fois et demie plus grosse
que celle d'avantguerre. En 1913, le montant net par
tête était de $41 ; en 1919, de $189 ;
en 1939 de $279 et en mars 1952 de $775. L'intérêt
annuel de la dette consolidée à la fin du dernier
exercice était de $389,000,000.
Les impôts directs encaissés par le gouvernement
du Canada constituent aujourd'hui environ 55 pour cent des
perceptions totales. Le paiement du lourd impôt sur
le revenu a été rendu plus facile par la méthode
de perception « au fur et à mesure » innovée
par le Canada. L'impôt sur le revenu est déduit
des salaires par les employeurs.
Les énormes dépenses occasionnées par
les préparatifs de défense pèsent lourdement
sur les revenus des particuliers et diminuent les ressources
des grandes entreprises.
L'impôt sur le revenu perçu sur un montant
imposable de $1,000 (après déduction des exemptions)
est de $175, et va jusqu'à 91 pour cent du revenu imposable
au delà de $400,000. Il y a de plus un impôt
de 2 pour cent, avec maximum de $60 par an, pour les pensions
de vieillesse.
Niveau d'existence
Malgré l'effet de deux grandes crises (1873 et 1930)
le niveau d'existence au Canada est toujours allé s'améliorant,
et les dépenses du gouvernement pour le bienêtre
général du pays ont augmenté en proportion.
Les efforts collectifs pour encourager l'expansion économique,
et les mesures communes pour soulager la misère individuelle
et propager le bienêtre et l'instruction, jouent
maintenant un rôle important dans les affaires économiques
du pays. En 1944, le Parlement a ajouté le Canada à
la liste des trentehuit pays qui payent des allocations
familiales. Le montant chez nous est de $5 à $8 par
mois pour chaque enfant audessous de 16 ans.
En outre, le Canada a des pensions pour les aveugles et
la vieillesse, l'assurancechômage et des lois
sur les accidents du travail.
On peut juger du niveau général d'existence
par de récentes statistiques indiquant que le Canada
a une voiture automobile par 6.8 personnes, et ses 21.9 téléphones
par 100 personnes le mettent au troisième rang des
nations. L'indice des salaires a monté de 115 points
entre 1939 et 1950, tandis que la hausse dans le coût
de la vie n'est que de 65 points.
Presque 88 pour cent des logements occupés dans les
neuf vieilles provinces en 1951 sont éclairés
à l'électricité (par rapport à
69 pour cent en 1941). Ajoutons les progrès dans les
domaines suivants (par 100 logements) :
| |
1951 |
1941 |
| Eau courante |
75 |
60.5 |
| Réfrigération |
48 |
21 |
| Radio |
93 |
78 |
Haut niveau de salaires
Ces commodités de la vie sont rendues possibles par
le haut niveau des revenus et la grande facilité de
trouver un emploi.
La maind'oeuvre canadienne a reçu le chiffre
imposant de $922,000,000 en salaires pendant le mois d'août
1952, et $6,980,000,000 pour les huit premiers mois de l'année,
presque $750,000,000 de plus que pendant les huit mois correspondants
de 1951.
Le détail pour les huit mois donne un aperçu
intéressant de l'économie canadienne. En millions
de dollars, la maind'oeuvre a reçu dans les plus
gros domaines économiques :
| Manufactures |
$ 2,347 |
| Utilités, transport, communications,
entreposage et commerce |
$1,764 |
| Finance et services |
$1,525 |
| Construction |
$ 570 |
| Agriculture, forêts, pêche,
fourrures et mines |
$ 542 |
| Autres revenus ouvriers |
$ 232 |
Combien chaque ouvrier reçoitil de ces énormes
montants ? Le salaire hebdomadaire d'un ouvrier à
l'heure dans les industries manufacturières était
en moyenne de $53.91 en septembre ; dans les mines $63.30
en moyenne ; dans le transport électrique et automobile
$60.26 ; dans la construction $60.17, et dans les services,
$31.19. La moyenne des heures de travail par semaine varie
de 41.6 dans les manufactures à 46 dans le transport
électrique et automobile.
Beaucoup d'autres chiffres pourraient servir à mesurer
le niveau d'existence. Par exemple, les ventes des magasins
à rayons pendant les neuf premiers mois de 1952 s'élèvent
à $635,250,000 ; pendant la même époque,
il s'est vendu 311,000 véhicules particuliers et commerciaux
pour $780,000,000 prix de détail ; la construction
de 53,500 logements a été commencée dans
les huit premiers mois.
En petits chiffres, voici quelques exemples plus familiers.
Le Canada fabrique plus de $11,000,000 d'instruments de musique
par an ; 7,500,000 livres de fraises ont été
employées l'an dernier pour faire des confitures ;
nous avons doublé notre consommation d'essence depuis
10 ans ; le prix moyen des billets de cinéma en
1951 était de 38 cents ; en un an nous avons fabriqué
82,400 tonnes de biscuits ordinaires et de fantaisie ;
nous avons fabriqué 94,000,000 de lampes électriques
incandescentes, et 5,250,000 de lampes fluorescentes en 1951,
et le coût moyen du service électrique au Canada
n'est que de $1.61 par kilowattheure.
Culture et justice
La constitution assigne l'éducation aux provinces,
et un système d'écoles élémentaires
et secondaires, financées principalement par les autorités
scolaires locales mais subventionnées par les provinces,
a été établi dans chaque province.
Depuis près de quarante ans, le gouvernement fédéral
accorde des subsides pour l'enseignement agricole, l'instruction
technique et l'apprentissage des jeunes gens.
Dans le domaine de l'éducation supérieure,
le Canada a 32 universités, deux de langue française,
trois bilingues, et le reste de langue anglaise. Les unes
sont de petits collèges, qui n'ont que deux ou trois
centaines d'étudiants, avec des cours en belleslettres
et pure science, et les autres de grandes institutions avec
plus de dix mille étudiants, qui confèrent des
diplômes de bachelier, docteur, etc., en belleslettres,
science, commerce, génie civil, médecine, enseignement,
agriculture, etc. La plupart des diplômes exigent au
moins quatre années d'étude, de septembre à
avril. Les frais d'inscription varient d'environ $150 à
$500 par an, suivant l'université et le cours.
Les juges du Canada ne sont pas élus, mais nommés,
et restent en fonctions jusqu'à la mort ou la retraite.
La Royale gendarmerie à cheval est à la solde
du gouvernement fédéral ; organisée
en 1873 pour maintenir l'ordre dans les Territoires du NordOuest
avec un effectif de 300, elle compte aujourd'hui environ 4,000
membres et elle est considérée comme une des
meilleures polices du monde entier.
La radiodiffusion au Canada est sous la juridiction de la
Société RadioCanada qui, outre la surveillance
des 173 postes privés du pays, exploite de puissants
postes à elle qui forment trois réseaux nationaux.
Par ondes courtes, au moyen de deux transmetteurs de 50,000
watts situés à Sackville, N.B., elle diffuse
en 15 langues dans toutes les parties du monde.
La télévision, encore dans son enfance au
Canada, est également dirigée et exploitée
par RadioCanada.
Le Canada a plus de 100 journaux quotidiens et 900 hebdomadaires,
sans aucune censure sauf en ce qui concerne les nouvelles
de guerre pour raisons de sécurité en temps
de guerre.
(Cet article sur le Canada sera terminé dans
le Bulletin de janvier.)
Publié par RBC Groupe Financier. Tous les numéros
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