Vol. 57, N° 4 Avril 1976
À quoi sert l'instruction ?
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Dans une lettre qu'elle adressait
à la Banque Royale du Canada en 1956, une écolière
ontarienne posait cette question : « Pourquoi pensez-vous
que je doive rester à l'école et continuer de
m'instruire ? »
Le présent Bulletin est
la réponse donnée il y a vingt ans. C'est encore
la même que nous ferions si c'était aujourd'hui.
Nous sommes heureux de répondre à votre lettre
pour deux raisons. La première est que nous espérons
pouvoir vous être utiles et la seconde que nous voulons
féliciter votre institutrice d'avoir eu l'initiative
de vous encourager à nous écrire.
Nous pourrions nous borner à faire ressortir les
avantages matériels d'une bonne instruction et à
vous dire qu'elle vous aidera principalement à obtenir
une bonne place, etc. Mais tout cela, nous sommes sûrs
que vous le savez déjà. Un garçon ou
une fille qui ne profite pas des occasions de s'instruire
à l'école trouvera la concurrence difficile
plus tard dans la vie.
Nous n'allons pas vous conseiller de vous bourrer la tête
d'un tas de faits, car l'utilité réelle de votre
instruction sera de vous aider à juger et à
comprendre les faits et non pas d'en avoir beaucoup retenu.
Le principal but de l'instruction, à notre avis, est
d'enseigner à penser.
C'est seulement en apprenant à penser et en apprenant
à choisir les idées qui sont vraiment importantes
que vous serez le mieux en mesure de jouir de la vie. N'est-ce
pas là une excellente raison de désirer rester
à l'école et de vous instruire ?. L'instruction,
celle qui en vaut la peine, vous aidera à voir clair,
à distinguer entre l'essentiel et l'inutile, à
préparer votre esprit à raisonner juste dans
les affaires de la vie.
Sans l'instruction (1) vous ne sauriez espérer réellement
comprendre le monde, ses habitants ou ses événements ;
(2) vous ne pourriez vivre ni vous sentir à l'aise
dans un milieu qui n'est pas toujours aussi bien disposé
à votre égard que votre foyer et votre école ;
(3) vous n'arriveriez jamais à comprendre suffisamment
les problèmes d'autrui ni à acquérir
la tranquillité d'esprit et le discernement nécessaires
pour traverser les crises auxquelles nous sommes tous sujets.
Nous estimons qu'il vaut vraiment la peine d'étudier
et nous espérons que les succès que vous remporterez
dans vos études vous rendront la vie plus heureuse.
Vous savez sans doute que tout le monde a des problèmes
et des difficultés dans la vie, et éprouve des
infortunes et des chagrins. Cela paraît inévitable.
Mais les jeunes gens instruits sont mieux en mesure d'y parer,
de résoudre ces problèmes et de surmonter quelques-unes
de ces difficultés, de sorte qu'en fin de compte ils
en éprouvent moins de bouleversement et de douleur.
L'instruction, à notre idée, permet à
un garçon ou à une fille d'espérer un
certain degré de succès et de sécurité
dans la vie - non pas le genre de sécurité qui
dépend de l'aide d'autrui, mais celle qui nous vient
de nous-mêmes et qui est solidement fondée sur
nos idéals, notre compétence et notre compréhension.
Ce que nous voulons dire, c'est que l'instruction est absolument
essentielle, sans toutefois entendre par là ce qu'on
avait l'habitude d'appeler « un savoir livresque »
et rien de plus. Il s'agit plutôt de l'instruction qui
vous enseignera à réfléchir et à
raisonner, qui accroîtra vos chances matérielles
de succès, qui vous donnera plus d'aplomb et d'assurance,
qui développera votre jugement et qui, en somme, vous
apportera la réussite et le bonheur dans la vie.
Tel est le genre de vie que nous vous souhaitons.
Le sens des valeurs
Une des choses le plus à craindre dans notre société
c'est l'ignorance ; non pas simplement le manque de connaissances,
mais par-dessus tout l'ignorance qui consiste à ne
pas savoir qu'il existe de meilleures choses dans la vie,
de meilleurs moyens de les accomplir et que notre devoir envers
la société est de les comprendre et de les accomplir.
L'instruction vous aidera à raisonner clairement
et à juger exactement l'importance relative des différentes
activités dont se compose la vie humaine. Quelles sont
ces activités ? Les unes ont trait directement
à notre conservation, comme la nécessité
de nous nourrir et de nous maintenir en bonne santé ;
d'autres consistent à élever nos enfants ;
d'autres intéressent nos rapports sociaux et politiques ;
et certaines d'entre elles se rapportent à nos loisirs.
Elles exigent toutes des soins, des efforts et du temps.
La valeur de chacune d'entre elles dépend de la valeur
que vous attribuez aux autres.
Un philosophe grec a dit que l'instruction a pour but de
nous enseigner à aimer ce que nous devrions aimer et
à détester ce que nous devrions détester.
L'instruction vous offrira le moyen d'aimer le vrai, le
beau et le bien, d'éviter la vulgarité et les
faux sentiments, en vous fournissant des normes pour juger
les valeurs. Elle vous permettra de décider ce qui
fera votre bonheur dans la vie. Sans instruction, comment
pouvez-vous décider ce qui est bon pour vous ?
distinguer entre le bien et le mal ? entre le vrai et
le faux ?. entre le beau et le laid ?
Le monde change
Nous autres, Canadiens, avons pleinement conscience de nos
ressources naturelles, parce que notre économie est
fondée sur elles, c'est-à-dire sur nos forêts,
nos fermes, nos minéraux et notre énergie hydraulique,
nos pêcheries et nos animaux sauvages. Mais elles ne
seraient d'aucune utilité sans l'intelligence et l'initiative
de notre peuple.
Nous avons plus besoin que jamais de connaissances et d'esprit
d'entreprise, parce que nous vivons à une époque
de profonds changements sociaux et culturels. La jeunesse
d'aujourd'hui ne s'en rend pas compte, parce que c'est la
seule époque qu'elle connaisse, mais depuis une soixantaine
d'années notre monde devient de plus en plus étrange
et terrifiant.
Il y a moins de deux générations, les gens
ordinaires vivaient une vie normale. Nous avions bien des
crises, qui survenaient peut-être tous les dix ans -
un tremblement de terre, quelques débats politiques
sur les tarifs ou une menace de guerre - mais ces problèmes
étaient résolus avec aplomb et dextérité
par des spécialistes.
Aujourd'hui, nous subissons continuellement des crises dans
notre pays et à l'étranger, et elles ne concernent
pas seulement les organismes de secours, les hommes politiques
et les militaires : nous y sommes tous intéressés.
C'est pourquoi nous avons besoin de l'instruction pour nous
mettre au courant des événements et acquérir
la sagesse.
Les jeunes ont de plus en plus de choses à apprendre
à mesure que notre culture se fait plus complexe. L'instruction
nous fournit les outils nécessaires pour dominer les
forces matérielles qui étaient autrefois nos
ennemies et les transformer en esclaves soumises à
nos ordres, mais elle doit aussi nous enseigner maintenant
comment vivre et nous comporter dans la nouvelle société
actuelle.
La technologie scientifique a détruit la vie paisible
familière à nos grands-parents. Elle a transformé
le simple artisan en spécialiste. Parfois sa tâche
est si secrète que ni ses enfants ni ses voisins n'en
comprennent la vraie nature.
Nos ancêtres devaient se contenter d'avoir juste un
peu plus qu'il ne faut pour subsister ; demain, la science
aura fait un pas de plus en avant, les machines seront dirigées
par des machines, la main-d'oeuvre sera classée par
ordre de compétence et le jugement prononcé
contre l'homme sans instruction sera sans appel.
Qu'est-ce que l'instruction ?
Il faut que l'instruction soit utile. Nous ne voulons pas
dire utile dans le sens de nous rendre capables de manipuler
des leviers et des manettes. Tous les jeunes qui liront ce
bulletin désirent faire mieux que cela. Vous voulez
être en mesure de remplir avec justesse, compétence,
magnanimité et satisfaction personnelle tous les devoirs
de la vie.
Le but d'une maison d'enseignement est de donner aux élèves
un bagage de connaissances bien vivantes, dont ils puissent
tirer des idées. Quand vous êtes capable d'apporter
des exemples pertinents à l'appui d'un problème,
de coordonner les faits, de percevoir leurs rapports, d'apprécier
les valeurs en cause et de former un jugement, vous êtes
réellement instruit.
Alors vous n'avez plus à craindre d'être désorienté
par les changements ou bouleversé par le malheur, car
vous êtes en mesure de déterminer trois points
importants : où vous êtes, où vous
allez et ce que vous avez de mieux à faire dans les
circonstances.
En cherchant à acquérir cette instruction,
faites usage de votre imagination. Vos dix ou douze premières
années ont été l'époque romanesque
de votre vie. Quand vous preniez un télescope pour
étudier les étoiles, vous n'aperceviez pas des
blocs de matière flottant dans l'espace, mais la gloire
des cieux. L'école secondaire est l'âge de la
précision. Il importe alors d'apprendre les choses
correctement, exactement et complètement, parce que
ces choses sont le compte de banque sur lequel vous tirerez
toute votre vie. Après l'école secondaire, vous
entrez dans la période de généralisation.
Vous commencez à appliquer ce que vous avez appris
et à adapter les principes du savoir aux problèmes
généraux de la vie. À mesure que vous
gravirez un pic, d'autres pics apparaîtront à
l'horizon et vous inviteront à les escalader. Vous
ne pourrez les gravir avant d'en atteindre le pied, mais ils
sont là et vous attireront éternellement.
Mais, direz-vous, « un tel a réussi dans la
vie sans faire de grandes études ». C'est vrai.
Beaucoup d'hommes et de femmes n'ont pas eu les chances de
s'instruire offertes aujourd'hui à tous les enfants
du Canada. Ils ont quitté l'école et commencé
à travailler avant la fin de leurs études secondaires ;
il y en a même qui ne sont allés qu'à
l'école primaire. Mais ils ont continué à
s'instruire tout en travaillant. Ils ont réussi malgré
toutes les difficultés et non pas grâce à
elles. Ils avaient en eux le désir et l'énergie
de s'instruire en étudiant chez eux, en suivant des
cours du soir, ou par tout autre moyen. Sir Winston Churchill,
qui a rendu tant de services au monde, dans la guerre comme
dans la paix, disait au cours d'une conférence, à
Boston, il y a quelques années : « Je n'ai
pas fait d'études techniques ou universitaires, et
j'ai été obligé de glaner ce que j'ai
pu çà et là. »
Les jeunes Canadiens d'aujourd'hui n'ont pas de telles difficultés
à surmonter. Dans la mesure de leur pouvoir et de leur
savoir, leurs parents ont fait tout leur possible pour permettre
à leurs enfants de s'instruire autant qu'ils le désirent
et qu'ils en sont capables.
Ne vous attendez pas à vous instruire sans effort
de votre part. Ce n'est pas à souhaiter. Vous verrez
les choses sous un jour plus intéressant et plus utile
si vous les cherchez vous-même. Vous ne trouverez aucun
profit à accepter les faits sans poser de questions,
à accepter les mots au lieu de chercher à comprendre.
Formation spéciale
Aujourd'hui, le choix d'une carrière ne consiste
pas à succéder docilement à son père
comme il y a un demi-siècle. Il existe des professions,
des commerces et des métiers qu'on ne connaissait pas,
d'autres dont on n'avait pas même l'idée quand
les diplômés d'aujourd'hui sont nés.
Il n'est pas bon de pousser votre instruction technique
au point de négliger votre culture générale.
Les contremaîtres disent qu'un ouvrier qui a pris l'habitude
d'apprendre à l'école est généralement
apte à apprendre plus facilement à l'usine.
Il se met plus vite au courant, non seulement des « méthodes »
mais des « raisons » de sa tâche. Il comprend
mieux et plus vite ses problèmes. Il possède
la largeur de vues et la capacité de raisonner qui
sont essentielles à l'avancement.
Si vous voulez vous lancer dans le commerce, ne croyez pas
un seul instant qu'il vous suffit de savoir lire, écrire
et calculer, même si vous y ajoutez la comptabilité,
la sténographie et la dactylographie. Il vous faut
une bonne connaissance des réalités de la vie
économique moderne.
Les hommes d'affaires sont d'avis qu'on devrait accorder
plus de place dans les écoles et les collèges
à l'art de transmettre les idées. Vous n'irez
pas loin dans une maison de commerce si vous n'êtes
pas capable de bien exprimer vos idées. Il est impossible
d'acheter ou de vendre, de donner des ordres à ses
subordonnés, de rédiger un rapport, de se faire
des amis ou d'influencer les gens, sans être capable
de dire clairement et agréablement ce que l'on veut
dire.
Si vous avez l'intention d'apprendre un métier, ne
vous contentez pas de devenir un spécialiste en « savoir-faire »
plutôt qu'en « savoir ». L'homme que vous
allez être est plus important à la longue que
l'habileté que vous pouvez acquérir.
L'apprentissage bien compris d'un métier vous fournira
quelques principes généraux et vous habituera
à les appliquer avec compétence à certains
cas.
Si vous songez à entrer à l'université,
il est bon de savoir que l'enseignement supérieur a
deux fonctions : disséminer les connaissances
déjà amassées et encourager l'étudiant
à en acquérir de nouvelles. La formation universitaire
a pour but d'habituer l'esprit à penser ; de faire
reculer les barrières du passé et d'élargir
le champ de nos connaissances ; de découvrir des
problèmes à résoudre.
Élargissez vos horizons
L'espace nous manque pour examiner plusieurs buts importants
de l'instruction, qui en sont pourtant l'un des aspects les
plus intéressants : s'instruire pour le plaisir
de s'instruire, la largeur de vues, la culture, les services
à rendre à la société, la bonne
vie de famille et le bonheur personnel. Il convient toutefois
de résumer ces inestimables bienfaits de l'instruction
en un ou deux paragraphes avant d'indiquer ce que les jeunes
gens doivent faire pour acquérir une bonne instruction.
Il est nécessaire de cultiver son imagination. La
connaissance des mécanismes dont vous vous servez est
certainement utile, mais ce sont l'imagination et l'audace
qui font les vrais animateurs.
Aucune formation technique n'est complète sans culture
générale. Celle-ci nous enseigne ce que d'autres
ont fait et nous fait entrevoir ce que nous pouvons faire.
Elle nous permet de mieux juger nos problèmes.
La formation générale nous aide à cultiver
un plus grand nombre de nos talents et à avoir des
idées plus larges. Elle nous fournit de puissants outils
pour découvrir et manier les faits. De plus, elle nous
rend capables de nous élever au-dessus des faits et
de saisir des points de vue d'ordre supérieur.
Nous avons écrit au Dr Sidney Smith, président
de l'Université de Toronto à ce sujet et il
nous a répondu : « Il y a des gens qui disent
qu'il est bon d'apprendre un métier ou une profession,
mais qui ne voient pas l'utilité des études
classiques. C'est stupide. Toutes les études sont utiles.
« Huckleberry Finn de Mark Twain perdit tout intérêt
pour Moïse quand il apprit qu'il était mort, parce
qu'il faisait peu de cas des morts. Aujourd'hui, beaucoup
de gens font peu de cas des langues mortes, ou même
des langues vivantes autres que la leur... Enseignez donc
[la langue], disent-ils. N'enseignez pas la littérature...
N'enseignez pas la grammaire, - les gérondifs et les
participes ne sont bons que pour les pédants...
« Mais c'est celui qui étudie les autres langues
et la littérature qui est capable d'employer sa propre
langue avec précision et imagination. L'algèbre,
l'histoire, la philosophie et la physique, loin d'être
inutiles, ajoutent à la puissance et à la souplesse
de l'esprit. L'utilité de la culture générale
est de faire des citoyens utiles et indépendants, et
dans ce domaine c'est souvent par la plus longue route qu'on
arrive le plus tôt à son but. »
Courage, travail et discipline
Méfions-nous des idées inertes. Il y a des
gens pour qui il est facile d'apprendre par coeur des pages
entières, comme les pies qui ramassent tout ce qui
brille. C'est peut-être utile dans un concours de radio
ou de télévision, mais pas dans les aventures
de la vie. L'instruction ne sert à rien si elle n'engendre
pas l'action. Il faut mettre nos connaissances à l'oeuvre.
Alors, travaillez. Pour bien se préparer à
la vie, il faut apprendre à travailler. On a dit que
la paresse engendre bien des maux ; en tout cas, elle
détruit l'ambition. La vie n'est pas facile. Peut-être
devrait-elle l'être et le sera-t-elle un jour, mais
elle ne l'a jamais été encore et ne l'est pas
aujourd'hui.
Nous ne devons pas trop nous efforcer de rendre l'instruction
facile. Il y a des choses difficiles à faire et qu'il
faut faire, bon gré mal gré. L'instruction a
pour but de nous préparer à faire face courageusement
aux difficultés, à persévérer
avec constance et à travailler consciencieusement :
trois qualités essentielles au succès dans le
commerce et l'industrie comme dans les sciences.
Vient ensuite la discipline. Impossible d'imaginer une idée
utile ou pratique émanant d'un esprit autre que discipliné.
Qu'est-ce en somme que la discipline ? Elle comprend
l'habitude de faire volontiers les tâches qui nous incombent,
d'obéir aux règles qu'on nous impose ou que
nous nous imposons nous-mêmes et d'aborder les problèmes
sans préjugés.
Le dernier point dont il faut tenir compte en cherchant
à s'instruire est de ne pas faire fi des examens. Ils
sont essentiels dans l'ordre actuel des choses. Ils vous donnent
la mesure de vos progrès et montrent à vos professeurs
les points faibles que vous avez besoin de renforcer.
Ne vous découragez pas si vous n'arrivez pas parmi
les premiers, malgré tous vos efforts. Les résultats
d'un examen sont parfois trompeurs. La nervosité y
joue un grand rôle. Les examens scolaires ne sont pas
un but final, ce sont simplement des indicateurs le long de
votre chemin.
Mais les examens font partie de votre formation individuelle.
Vous en passerez tous les jours de votre vie. Un des meilleurs
moyens de comprendre une chose est d'essayer de l'expliquer
à d'autres, ou de leur dire ce que vous en pensez.
N'est-ce pas là un examen ?
Et après l'école... ?
Un peu d'instruction vaut mieux que pas du tout. Nous sommes
certainement d'accord là-dessus. Par conséquent,
il est encore mieux d'avoir une instruction au-dessus de la
moyenne.
Il est impossible d'acquérir assez de connaissances
à l'école pour en avoir durant toute sa vie.
D'autre part, on n'est jamais trop vieux pour s'instruire,
mais on ne fait plus de progrès quand on cesse d'apprendre.
À 45 ans, nous sommes encore capables de mieux apprendre
qu'avant l'âge de 14 ans, et même à 65
ans nous pouvons encore apprendre aussi rapidement qu'à
25 ans.
L'instruction ne finit qu'avec la vie. Nous devons ajouter,
chaque année, des connaissances à celles acquises
à l'école et les transmettre aux autres. Vous
serez surpris de voir combien même une courte demi-heure
d'étude ou d'exercice par jour vous aidera à
vous rendre maître d'une technique ou d'un sujet. Il
est facile de s'habituer à flâner, mais il est
également facile de s'habituer à mettre chaque
instant à contribution.
Pour retirer le plus grand profit de votre instruction,
ayez des visées hautes. Vos efforts pour vous instruire
vous conduiront à un but qui n'est pas facile à
atteindre, mais à l'époque incertaine où
nous vivons, c'est un grand avantage d'avoir un but important,
qui exige de la réflexion et de l'énergie.
Enfin, ne vous contentez pas de demi-mesures. Un auteur
écrivait il y a une soixantaine d'années :
« Le bien est l'ennemi du mieux. » Ne nous contentons
pas du passable, si bon soit-il.
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